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«Vous voici réunis, enfin, autour de mon cercueil.» Ça, c’est l’homme mort qui parle, au début du roman. Il voit passer un à un ses amis, ses amantes, ses ennemis, sa «fille gothique», son «fils businessman». Puis la parole est à ses proches, chapitre après chapitre. Un ami éditeur, un copain de foot, un auteur, des femmes amoureuses des livres mais pas que… Chacun raconte à son tour le génial éditeur établi à Lausanne qu’ils ont côtoyé, Yougoslave puis fondamentalement Serbe dans les années 90. Jean-Michel Olivier a imaginé Roman Dragomir – dont le prénom annonce d’emblée le genre fictionnel du récit – en tant que sosie de l’éditeur phare de L’Age d’Homme, Vladimir Dimitrijevic, décédé dans un accident de la route en juin 2011. Que l’on se rassure, l’auteur de L’amour nègre n’a pas traité le sujet à grand renfort de détails orgiaques, sa spécialité. Avec habileté, finesse, imagination et symbolisme (mais si!), il narre dans ce roman, où «le 90% est faux mais où tout est vraisemblable», l’histoire romanesque d’un homme qui a fui son pays, est devenu footballeur dans l’équipe de Granges, libraire puis éditeur, et a joui d’un rayonnement international en publiant des auteurs russes et slaves censurés pendant la période communiste. Ceux qui ont côtoyé «Dimitri» le reconnaîtront sans peine. Les autres y découvriront une belle histoire. Entretien, entre quatre yeux, avec l’auteur de L’ami barbare.
Source: La Tribune de Genève