Shakespeare and Co café

Quel Parisien n'a pas au moins une fois dans sa vie mis les pieds dans cette librairie anglo-américaine pour dénicher un roman neuf ou d'occasion en V.O.? Installée depuis 1951 dans une petite maison de la rive gauche du quartier Notre-Dame, le Shakespeare and Company Bookstore est non seulement une référence littéraire mais le point de chute de nombreux anglophiles qui s'y rendent uniquement pour le plaisir. S'il existe déjà une résidence d'écrivains, il manquait un café pour abriter ces rencontres fortuites ou organisées. Lorsqu'il débarque à Paris en 1950, l'Américain George Whitman, imprégné de culture alternative et proche de la Beat Generation, reprend le petit local d'une épicerie, pour en faire le repaire des intellectuels anglo-saxons. Parmi les habitués, Anaïs NinHenry MillerAlan Ginsberg (qui y viendra régulièrement jusqu'à sa mort) s'y retrouvent pour des lectures. Sylvia, la fille de Whitman, reprend le flambeau en 2005. Avec son mari franco-britannique David Delannet, elle étend petit à petit son domaine. Après le magasin de livres rares et un agrandissement de 30 m2 à l'arrière, le couple rafle le local mitoyen (à la barbe du glacier Amorino), que convoitait déjà le patriarche. Dans le décor simple et convivial - tables et bancs en bois, fenêtres à guillotine d'origine -, on déguste du café artisanal torréfié chez Lomi (XVIIIe), des cookies, bagels, crumpets et scones préparés par Marc Grossman, l'Américain de Bob's Kitchen, patron des cantines végétaliennes/riennes à succès (8 à 9,50 € le sandwich du jour). Comme à Brooklyn, on trouve du no gluten, des livres de recettes en anglais (of course!), du cidre normand, du thé anglais et des jus faits à la minute. En cas de pluie, il y aura les «Rainy day tea time» du mercredi, sorte de goûter gourmand pour se réchauffer. Le self abrite une quinzaine de couverts, plus une trentaine à l'extérieur avec une vue imprenable sur Notre-Dame. En plus des rendez-vous littéraires du lundi, des concerts, duChildren's hour le mercredi et des happenings, Benjamin Millepied, ami de la maison, pourrait prochainement venir créer une petite chorégraphie… 

Source: Le Figaro