arbre à livres Nancy

Nancy n’est guère connue pour faire pousser les arbres sur ses pavés. Hors les parcs magnifiques, l’arboriculture y est rare. Si ce n’est quand il s’agit d’y voir éclore des livres. Hier, la place Charles-III, pourtant très minérale, saluait l’installation d’un arbre à livres. Qui n’a rien d’un arbre… L’arbre à livres est spécimen singulier, où poussent abondamment feuilles… reliées, celles de bouquins plus que divers laissés à disposition… de chacun. Et déposés par tous. Un livre en trop dans la bibliothèque familiale ? Un roman qu’on a absolument envie de partager ? Un vieil ouvrage à qui on aura envie de donner une seconde vie ? Il suffit de l’ajouter à la collection, d’autres viendront s’en saisir. Gratuitement bien sûr. Pour le garder, ou l’y redéposer une fois lu. Ce type de structure à ciel ouvert n’est pas une première sur Nancy  (Meurthe-et-Moselle), où l’arbre à livres de la place Saint-Epvre a véritablement pris racine en quelques années. Après celui de la place Charles-III, d’autres devraient suivre, comme l’annonçait hier Raphaël Vuitton, conseiller municipal délégué à la culture et à l’art dans la ville. On en attend un Passerelle Lecreulx mais aussi dans une cabine téléphonique. Une belle idée qui essaime donc avec succès. En revanche, celui qui avait été érigé au Haut-Dul n’a mis que quelques jours pour être vandalisé… Exposé sur la place publique, l’arbre en cristallise toutes les humeurs, fussent-elles mauvaises. 

Quoi qu’il en soit, l’arbre à livres a le don d’attirer artistes et architectes : 29 candidatures se sont déclarées à l’appel à projet de la mairie, qui a fini par retenir l’idée du Studiolada Architectes. Ainsi s’est postée cette arche (qui a résisté à la tempête de cette semaine !), où il fera bon non seulement piocher, mais aussi se poser, pour un moment de convivialité. Le bel objet tout en bois et en courbes est livré à tous, associations comprises, qui voudraient organiser de petits événements dans son ombre. Mais c’est la MJC Lillebonne et ses bénévoles qui en assureront la gestion quotidienne. Une opération de mécénat a, pour beaucoup, permis à la structure de voir le jour, par la grâce et la générosité d’un donateur anonyme souhaitant rendre hommage à ses parents, étalagistes sur le marché couvert jusqu’en 1944. On sait peu de lui, si ce n’est qu’il est lui-même un grand dévorateur de littérature. Cultivant sans doute l’espoir qu’avec cet arbre soient semées de nouvelles envies de lecture !

Source: L'est Républucain