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La cocotte bouillonne depuis plusieurs mois et, cette fois, la soupape est sur le point de sauter. Le tribunal administratif de Poitiers confirme: il vient d’être saisi par le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Plusieurs recours ont été déposés par la société 9eArt+, organisatrice de l’événement, et l’Association historique du festival, contre les collectivités locales. Sont poursuivies successivement: la Ville d’Angoulême, GrandAngoulême, le Département de la Charente et la Région Nouvelle-Aquitaine.  Les requêtes des plaignants sont toutes semblables: elles réclament l’annulation des délibérations prises ces dernières semaines par chaque collectivité lors des conseils et assemblées plénières par lesquelles elles décident d’adhérer à l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême. Cette association, présidée par Bruno Racine et créée à l’initiative du ministère de la Culture au terme de longs débats consécutifs aux crises qui ont agité le festival, a vu le jour pour, selon les mots employés dans les rapports, «assurer une meilleure coordination et implication des partenaires dans les orientations importantes du festival et dans l’utilisation des moyens financiers qui lui sont alloués».

Ce que le Festival conteste, ce n’est pas l’adhésion en tant que telle, mais les termes utilisés dans les délibérations. La nouvelle association y est notamment présentée comme un «outil durable de gouvernance» .

«Inacceptable», pour Delphine Groux, la présidente de l’association historique, soucieuse de rappeler qu’elle seule est «propriétaire» du festival. Sur la même ligne que 9eArt+ , elle décèle dans les termes employés une volonté d’ingérence des financeurs et redoute une mise à mal de «l’indépendance éditoriale» de l’événement. «Nous ne voulons pas d’une structure parasitaire susceptible de nous faire une concurrence déloyale», craint-elle.

Le ministère de la Culture et Bruno Racine ont beau clamer qu’il ne sera «jamais» question d’interférer dans les choix éditoriaux, les piliers du festival ne sont pas convaincus.

«Toutes les ambiguïtés ne sont pas levées. Et c’est bien là le sens de nos requêtes devant la justice», poursuit Delphine Groux. Avec ces procédures, nous nous mettons sous protection de la justice pour faire valoir nos droits».

Un moyen de pression? Elle s’en défend. «C’est une question de droit.» Si festival n’a pas souhaité attendre avant de porter plainte, c’est parce que la loi prévoit qu’au-delà de deux mois, il n’est plus possible de contester des délibérations. «C’est une étape. Il y en aura d’autres.»

Qu’en pensent les collectivités poursuivies? «Pas de commentaire», répond la mairie d’Angoulême «saisie de rien» sur le sujet. «Ils portent plainte? Et bien qu’ils le fassent», balaie Jean-François Dauré, le président de GrandAngoulême, 

Qu’en pensent les collectivités poursuivies? «Pas de commentaire», répond la mairie d’Angoulême «saisie de rien» sur le sujet. «Ils portent plainte? Et bien qu’ils le fassent», balaie Jean-François Dauré, le président de GrandAngoulême, qui découvre lui aussi les procédures engagées.

L’élu en reste persuadé: il était nécessaire de porter l’Association pour le développement de la bande dessinée sur les fonds baptismaux. «Parce que le Festival de la BD suscite des convoitises et qu’il faut tout faire pour qu’il s’ancre sur le territoire pour les 40 prochaines années.»

Source: Charente Libre