Clermond Bibliothèque

6,7 %. C’est le taux de personnes qui résident dans la communauté de communes du Clermontois et qui sont inscrites dans l’une des bibliothèques du secteur. Soit environ 2 500 personnes parmi les 38 280 habitants. Ce chiffre est le résultat d’une étude qui vient d’être présentée aux maires des 19 communes. La situation est ainsi jugée alarmante pour le centre de l’Oise, qui pourrait atteindre les 55 000 habitants d’ici à vingt ans. « Dans des territoires équivalents, la norme se situe à 11 %. Le chiffre monte à 25 % dans les meilleurs cas », constate l’un des membres du cabinet ayant réalisé l’étude. Les préconisations pour inverser la tendance seront rendues au mois de juin. Isabelle Moreau, directrice de la bibliothèque de Clermont, ne nie pas ce triste bilan. « Nos bibliothèques ne sont pas adaptées au public ni aux besoins, reconnaît-elle en pensant à son lieu de travail situé au premier étage de la mairie. Nous ne proposons pas d’accès à la musique, n’avons pas d’espace de travail… » Le Clermontois possède pourtant huit bibliothèques. Quatre nouvelles sont d’ailleurs en projet ou en réflexion.

Et la dynamique n’est pas positive. Sur les trois dernières années, la bibliothèque de Clermont a perdu près de 140 inscrits. Une diminution importante ainsi qu’une « surreprésentation des enfants parmi les adhérents et une présence particulièrement faible des 30-60 ans », selon l’étude. Seules 4 000 personnes du territoire ont pu être touchées « grâce à des partenariats ou actions culturelles ». Isabelle Moreau propose d’organiser « plus d’expositions, des rencontres, lancer une campagne de pub pour désacraliser ces lieux ».

Et la gratuité ? « Pourquoi pas », songe la responsable. « 40 € pour l’abonnement à l’année, c’est un peu cher », admet Sophie, inscrite à la bibliothèque de Clermont. Même s’il y a aussi de nombreux autres points à revoir, appuie celle qui s’agace d’en voir certains s’installer dans les escaliers pour bouquiner… L’étude n’en dit pas moins, et pointe des incohérences : aucune médiathèque moderne et attractive, pas de coordination entre les structures, horaires restreints et peu adaptés, politique tarifaire dissuasive, offre numérique réduite… Du côté des élus, une prise de conscience aurait eu lieu. « Il va falloir recruter et débloquer des budgets », prévoit Lionel Ollivier, président de l’intercommunalité. « Il faut attirer les jeunes avec autre chose que des livres, observe Laurent, 49 ans, habitant de Neuilly-sous-Clermont. Je ne les fréquente plus, j’ai une liseuse numérique à la maison. »

Source: Le Parisien