Orséry

Il faut se pincer pour y croire : dans la librairie La Ruche aux livres de Wavrin (Nord),  une nouvelle machine – il n’en existe que quatre en France de ce type – peut vous sortir un livre neuf, à la demande, en dix minutes.  Il a fallu casser un bout de mur pour faire rentrer, derrière les rayonnages, ce que les deux salariés appellent «  le monstre  ». Olivier Barbier, libraire, préfère user d’un doux surnom : Orséry (du nom de l’entreprise). La bête donc, ressemble à une imprimante en trois fois plus gros. Grâce à elle, la librairie de Wavrin s’est transformée en imprimerie.

Imaginez. Vous arrivez dans à La Ruche aux livres pour vous procurer un bon polar qu’on vous a conseillé : un Robert Harris. Dommage, il est épuisé. Dans la vraie vie, vous feriez demi-tour, déçu. Là, le libraire farfouille sur son ordinateur, appuie sur un bouton. La « bête » se met en marche. Au bout de dix minutes, il suffit d’ouvrir un tiroir : à l’intérieur un livre,aussi neuf que s’il avait été placé sur un rayonnage. Vous le payez au même prix. On l’a testé pour vous et le résultat est bluffant : impossible de voir la différence entre cet ouvrage-ci et un, qui viendrait d’une imprimerie professionnelle. La machine « Orséry » n’existe qu’en quatre exemplaires en France. Sa commercialisation, en partenariat avec la marque RICOH, a débuté l’an passé. Elle a atterri à Wavrin – Olivier Barbier l’a inauguré mi-septembre – car ce libraire passionné, un temps passé par l’informatique, est tombé en pâmoison devant un prototype, lors d’un Salon du livre à Paris. «  J’ai pourri la vie du président pour qu’il réponde à toutes mes questions, c’est parti comme ça.  »

Aujourd’hui, les machines Orséry possèdent 6 000 références de livres possibles mais cela devrait monter en puissance. Tous les éditeurs qui le souhaitent peuvent y placer leurs ouvrages gracieusement. Pour Olivier Barbier, c’est clair, cela va révolutionner le monde des libraires, des éditeurs et mêmes des auteurs. Celui qui se définit comme «  un libraire de campagne  » voit, dans Orséry, l’opportunité de renforcer ce qu’il fait depuis des années à Wavrin : «  Apporter du service aux gens, éviter qu’ils prennent leur voiture juste pour aller acheter un bouquin au Furet.  » «  Cela permet aux petits libraires d’avoir une offre plus large sans pousser les murs  », vante de son côté Anne-Sophie Dallies, directrice marketing de la société Orséry.

Quant aux clients lecteurs, ils peuvent accéder, en allant au centre de leur village, à des livres personnalisés, épuisés, étrangers… Ils payent le même prix et ont le temps de boire un petit café le temps que leur livre sorte tout chaud du ventre d’Orséry. 

Voici comment marche cette machine:

 

Source: Nord éclair