les treize salopard

De la solidarité, de l’humour, de la littérature et des verres de rosé qui circulent joyeusement entre les piles de livres dans les allées bondées de monde. Ce vendredi soir, jusque tard, un collectif d’écrivains à succès et autoproclamé « les 13 salopards du vendredi 13 » a réussi son coup ! Faire la fête, le buzz, faire rentrer de l’argent et surtout mobiliser tout un quartier et au-delà… Les treize artistes en question - Olivier Norek, Guillaume Musso, Bernard Minier, Niko Tackian, Ian Manook, Samuel Delage, Laurent Scalese, Claire Favan, Cendrine Wolf, Anne Plichota, Jérôme Attal, Jacques Saussey et René Manzor - ont organisé un apéro pour sauver la librairie L’œil écoute. La boutique, située au 77, boulevard du Montparnasse  dans le XVIème arrondissement de Paris qui existe depuis 44 ans, est étranglée par les dettes et menacée de fermeture : « La concurrence avec Internet dont Amazon qui ne paye pas de charges en France, l’Urssaf, les problèmes de distribution, la bouche de la station de métro Montparnasse-Bienvenuë de la ligne 4 fermée pendant trois mois mais surtout Internet », énumère lasse mais combative Armelle Lainé-Vairet, la libraire.  La chic sexagénaire, regard bleu pétillant, débordée, sollicitée de toute part, est « touchée par tout ce monde ». Un peu plus loin, Brigitte, sa sœur, confirme « que les auteurs qui se mobilisent comme ça, ça met du baume au cœur ».

Au fond de la librairie, Marie-Lise, lectrice, déchaînée, carrure imposante, venue de Seine-Saint-Denis « où les livres malheureusement se vendent surtout en grandes surfaces », pousse tout le monde pour arriver aux écrivains installés à une table de fortune devant leur livre à dédicacer.

Debout sur l’une des tables, l’un des « 13 salopards », René Manzor, écrivain et scénariste, en pleine forme, crâne rasé et mitaines aux mains, harangue la foule : « Votre mission, si vous l’acceptez, c’est de verser un petit peu d’argent, même la somme d’un livre de poche, sur la cagnotte sur le site web. Il sauver la librairie ! », insiste-t-il. La cagnotte, ouverte jusqu’au 21 octobre, a déjà récupéré 10 000€ mais a besoin de 25 000€ ! 

« Il faut soutenir cet endroit de culture, de convivialité, de partage », assène Jeanne, retraitée, qui habite de l’autre côté du boulevard Montparnasse (XIVe). Jérôme, la trentaine, de passage, venu de Bordeaux (!) attend Guillaume Musso. « Ma femme l’adore. Je vais lui ramener L’appel de l’ange dédicacé. Ça va lui faire trop plaisir ». L’auteur à succès enchaîne gentiment les signatures. « J’ai habité rue Campagne-Première pendant des années, juste derrière. Je venais souvent à L’Œil écoute. C’est ouvert tard le soir. Je suis attaché à cette librairie ».

Source: Le Parisien