fuites BNF

La fonte des neiges a des conséquences inattendues dans un des monuments historiques phares de la capitale. Après 250 M€ engagés dans les travaux du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BNF, IIe), des malfaçons se font jour, avec des fuites d’eau à répétition, notamment dans la salle de lecture aux boiseries historiques. A cela s’ajoutent d’autres conséquences inattendues après six ans de travaux engagés : climatisation défectueuse, ascenseurs en panne, collections en danger, sécurité des portes aléatoires, début d’incendie. « Trop c’est trop » dénoncent les employés de la BNF relayés par l’intersyndicale.

« C’est incroyable, cela coule sur les murs de la salle de lecture qui donne sur la cour d’honneur, comme s’il y avait un robinet ouvert, dénonce aujourd’hui Gael Ménage, secrétaire général adjoint de la CGT. Mais en plus, des fuites ont été identifiées sur le toit du monument, dans des parties qui n’ont pas été rénovées. L’eau passe aussi à travers les fenêtres. Des bureaux des services des manuscrits moyenâgeux et contemporains ont même dû déménager… » « Nous sommes réellement dépités. On fait ce qu’on peut, mais le fonctionnement de la BNF se dégrade et les collections courent des risques », ajoute un employé de la bibliothèque nationale qui déplore que deux ouvrages du XVIIe aient déjà été dégradés par les infiltrations d’eau. A qui la faute ? Une suite de malchances. Le site aurait été remis en fonctionnement trop tôt avant même de tester les équipements. La seconde phase du chantier encore en cours pourrait créer des écoulements imprévus. Selon les personnels et leurs représentants, la responsabilité de l’Oppic, l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la Culture, sous la tutelle du ministère de la Culture, est avérée. « Nos équipes travaillent à trouver les solutions », assure un représentant de l’Oppic.

« Tout cela n’est pas satisfaisant, reconnaît Sylvaine Tarsot-Gillery, directrice générale de la BNF. Nous faisons face à la conjonction à la fois de la vétusté des locaux, à une phase délicate d’un chantier en cours et à des conditions climatiques exceptionnelles. Notre préoccupation est de trouver maintenant des solutions pérennes ». Une inspection générale de la toiture va être notamment bientôt lancée.

En attendant, les pompiers tentent de parer au plus pressé en créant des gouttières de fortune, dans la salle de lecture où les lecteurs tentent de travailler avec un chauffage… défectueux.

Source: Le Parisien