Le-Petit-Prince-de-Saint-Exupery-aux-encheres

Samedi 16 juin se tenait au célèbre hôtel Drouot une prestigieuse vente aux enchères d’objets issus de la moins reluisante collection Aristophil. Cette société crée par Bernard Lhéritier surnommé le «Bernard Madoff de la collection» a en effet escroqué plus de 18 000 personnes grâce à un ingénieux système de promesse de rendement de 8% annuel impossible à tenir, calqué sur le modèle de la pyramide de Ponzi. Les 130 000 pièces amassées dans cette collection doivent être mises en vente, de manière dispersée, sur plusieurs années, afin de rembourser les investisseurs escroqués. Au total, plus de 942 lots sont mis aux enchères sur quatre jours, du 16 au 20 juin, pour une estimation basse de 15 millions d’euros. Des objets très divers sont proposés : des manuscrits datant du XVème siècle, comme des lettres de poètes et d’écrivains célèbres (Proust, Céline…) et même des partitions d’illustres compositeurs comme Stravinsky ou Bach…. Mais la vente qui aura attiré l’attention des acheteurs est celle du «Petit Prince». Le lot contient dessins, croquis, aquarelles, lettres personnelles ainsi que plusieurs extraits du manuscrit qui ne furent finalement pas intégrés dans la version finale du célèbre livre.

«Cet engouement» n’étonne pas Francis Priest, cofondateur d’Artcurial et commissaire-priseur de la vente. «C’est une œuvre internationale que presque tout le monde a lu durant son enfance, poursuit-il. C’est surement parce que cela fait appel à notre période tendre que des gens sont aussi touchés par ces lots. Parmi les acheteurs en direct nous avions plusieurs Américains, preuve que cette œuvre traverse les frontières. Saint-Exupéry représente le rêve absolu, le ciel que l’on veut atteindre sans ailes, la notion même de rêve».

Le record de la vente a été atteint par un lot de onze pages des correspondances amoureuses entre «Saint-Ex» et une mystérieuse jeune femme adjugé 240 500 euros, alors qu’il n’était estimé au départ qu’entre 150 000 et 200 000 euros. Cette femme avec qui il vécu un amour non réciproque pourrait lui avoir inspiré le personnage de La Rose dans «Le Petit Prince». Illustrée par de magnifiques aquarelles jusque-là inédites, cette correspondance aurait eu lieu entre avril 1943 et mai 1944, soit deux mois avant la disparition de l’écrivain. Ses derniers mots d’amour peut-être, ses derniers dessins, sûrement.

Source:Paris Match