BNF galerie Mazarine

Joyau du site historique de la Bibliothèque nationale de France au 58, rue de Richelieu (IIe arrondisment de Paris), la galerie Mazarine est en pleins travaux. Spécialistes des décors peints, des stucs ou des dorures, une trentaine de restaurateurs, dont certains venus de Florence, s’emploient à redonner leur éclat aux fresques de la voûte de cette splendide galerie baroque, classée monument historique.  Un ouvrage titanesque : 12 000 heures de travail sont nécessaires pour restaurer les peintures et 7 000 pour les stucs ! Représentant des scènes mythologiques (Romulus et Rémus…), ce décor grandiose a été peint en 1647 par l’artiste italien Giovan-Francesco Romanelli.

« Nous avons réussi à dégager complètement les panneaux peints de leur encrassement et de leur vernis. Fissures, taches d’humidité… : la galerie était dans un état pitoyable. Les deux restaurations menées à la fin du XIXe siècle, et dans les années 1978, avaient obscurci l’ensemble. Aujourd’hui, nous avons retrouvé l’état des fresques du XVIIe siècle », explique Alix Laveau, restauratrice.

Mené sous la responsabilité de Michel Trubert, architecte en chef des monuments historiques, ce chantier va permettre à la galerie Mazarine, conçue par le cardinal Mazarin pour y exposer sa collection, de retrouver sa fonction initiale de salle d’exposition.  La création d’un musée au sein de la BNF sera d’ailleurs l’une des grandes nouveautés du lieu où les visiteurs pourront notamment voir le manuscrit du roman de Victor Hugo, « Les Misérables », lors de la réouverture à l’automne 2021. Chacun pourra aussi déambuler dans le jardin Vivienne agrémenté d’un café et même traverser le sacro-saint quadrilatère puisqu’un passage reliant les rues Richelieu et Vivienne sera aménagé.

Moyennant un budget de 241 M€, la rénovation des 58 000 m2 du site Richelieu de la BNF, supervisée par l’architecte Bruno Gaudin, aura été menée depuis 2010 en deux tranches. La première, de la salle Labrouste (rouverte en décembre 2016) à la cour d’honneur, s’est concentrée jusqu’en 2016 côté rue Richelieu. La seconde en cours, s’attaque à l’aile de la rue Vivienne, de la galerie Mazarine à la salle Ovale.

« Plus ancienne institution culturelle de France », selon sa présidente Laurence Engel, la BNF « accueillera les lecteurs sans aucune condition d’accès dans la salle Ovale avec ses fameuses lampes en opaline, espace qui compte 150 places et que nous prévoyons d’ouvrir le dimanche », annonce la présidente.

Inaugurée en 1932, cette salle de 1 000 m2 (comme la salle Labrouste) doit son nom à la forme de la verrière qui la surplombe à 25 m de hauteur. A l’abri de la pluie sous un grand chapiteau de toile, les verres encrassés par les ans ont été déposés et seront remplacés par un verre translucide à l’identique qui redonnera sa lumière zénithale à la salle de lecture. Après nettoyage, les mosaïques des coupoles qui scandent les noms des grandes bibliothèques du monde, de Londres à Alexandrie, sont en cours de rénovation. Quant à la couronne qui orne le plafond, elle va être restaurée à la feuille d’or.

Source: Le Parisien