Baudelaire inédit

Vendredi 22 novembre, la maison Art Valorem, sous le ministère de Maître Myrtille Dumonteil, proposera aux enchères à Drouot un exemplaire unique de l’édition originale des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire (1821-1867). En feuilletant le précieux exemplaire, le lecteur découvrira page 53, à la suite du poème Les Bijoux, une neuvième strophe manuscrite inédite, ajoutée de la main du poète:

"Et je fus plein alors de cette Vérité :

Que le meilleur trésor que Dieu garde au Génie

Est de connaître à fond la terrestre Beauté

Pour en faire jaillir le Rythme et l’harmonie."

Cet exemplaire était connu par Yves Le Dantec, grand spécialiste de Charles Baudelaire, qui mentionne l’existence de cette strophe dans les notes et variantes de l’édition de la Pléiade de 1961. Dans une correspondance avec la propriétaire de l’ouvrage, datée du 20 février 1920, qui a refusé que soit publiée cette strophe inconnue, Yves de Dantec écrit : « Je n’ai pas besoin d’insister auprès de vous sur l’intérêt primordial que représente cette découverte d’une strophe inédite du grand poète ». L’auteur a également annoté le livre de quatre corrections orthographiques, déjà connues des bibliographes puisqu’elles apparaissent dans d’autres exemplaires. L’exemplaire proposé aujourd’hui aux enchères avait été adressé par Baudelaire à Gaston de Saint-Valry (1828-1881). Il porte l’envoie autographe signé au crayon : « à Gaston de Saint-Valry / témoignage d’amitié / Ch.Baudelaire ». Journaliste et critique littéraire, l’ami du poète fut, avec Auguste Poulet-Malassis (1825-1878), à l’origine de la refonte du Journal d’Alençon. C’est avec ce dernier que Charles Baudelaire signe le contrat de publication des Fleurs du mal, le 30 décembre 1856. Le recueil de poèmes est publié en 1857 et fait rapidement l’objet d’un scandale. Six poèmes jugés immoraux sont censurés – cette édition originale comprend les six poèmes . Estimé 60 000 - 80 000 €, ce livre rare est issu de la collection de Charles Busquet de laquelle proviennent également deux dessins de Victor Hugo (1802-1885), ainsi qu’un tableau et un dessin d’Eugène Delacroix (1798-1863) présentés aussi dans cette vacation.

Source: Communiqué de presse  Druot Paris