Ventes BD France

Les bulles n'en finissent pas de grimper ! Année après année, le marché de la BD fait preuve d'un impressionnant dynamisme, alors que le reste de l'édition fait plutôt grise mine. En 2019, la performance a encore battu des records : une croissance des ventes de près de 9 % selon nos informations. Un chiffre qui vient s'ajouter et confirmer les deux belles années précédentes : + 9 % déjà en 2017 et + 2,5 % en 2018. Cette superforme du 9 e art est également confirmée par les chiffres communiqués le 21 janvier par le syndicat de la librairie française. Comme en 2018, la plus forte progression (hors livres scolaires) sur 2019 est réalisée par la bande dessinée : + 7,4 %. Et elle n'est pas uniquement due à l'effet potion magique d' Astérix. « C'est le manga (+ 16,4 %) et la bande dessinée pour la jeunesse (+ 14,5 %) qui évoluent le plus favorablement », détaille le communiqué des librairies indépendantes.

Les titres qui se sont le mieux vendus? Astérix, bien sûr, meilleure vente de livres toutes catégories confondues en France (1,573 million) avec « La Fille de Vercingétorix ». Derrière, dans les 10 premiers, pratiquement que des « classiques » : « Blake et Mortimer » (3 albums classés!), « Le Chat », « Largo winch »…Mais dans le top 50, le manga continue à faire la loi avec la présence de 19 titres (« Dragon Ball super », « One piece »…). Enfin, la BD jeunesse assure avec notamment une nouvelle star : « Mortelle Adèle ». 

« C'est une bonne année, avec des chiffres qui sont au-dessus de nos prévisions. Tintin, par exemple, a très bien marché. Les séries traditionnelles sont toujours appréciées, même si leurs ventes baisses en volume », estime Benoit Mouchart, directeur éditorial chez Casterman. Chez Glénat, on annonce une année record, avec + 22 % en manga et presque + 13 % en BD.

L'année 2019 confirme une tendance lourde : la BD est devenue une nouvelle « passion culturelle française », comme l'a estimé le ministre de la Culture. En 10 ans, le marché a connu une croissance de 34 %. Aujourd'hui, près de 8,4 millions de Français achètent des albums et un Français sur trois en lit régulièrement. « La BD reste à mon sens un des derniers arts populaires : accessible, capable d'éveiller toutes les curiosités et intergénérationnel », estime Laurent Parez, libraire à Antibes.

Pour autant, la bonne santé du secteur ne doit pas masquer des réalités beaucoup moins joyeuses. Pendant que les chiffres d'affaires augmentent, les auteurs s'appauvrissent et peinent de plus en plus à gagner leur vie. La surproduction, en partie responsable de la situation, est chronique depuis des années. « Je crois qu'on arrive maintenant à 56 000 titres par an contre environ 800 dans les années 1990. C'est en grande partie en multipliant ainsi le nombre que les éditeurs augmentent leur chiffre d'affaires. Si vous regardez la vente moyenne par titre, elle a plutôt tendance à baisser, analyse Benoît Peeters, scénariste et spécialiste de la BD. Alors oui, la BD s'en sort mieux que le reste de l'édition. Mais moi, je ne vais pas crier au miracle. »

Source:  Le Parisien