loi livre Italie

Approuvée par la chambre des députés en première lecture le 16 juillet 2019, la loi sur le livre et la lecture, qui marque notamment un retour au prix fixe avec une remise maximale de 5 %, été adoptée par le Sénat le 5 février. Elle est rétroactive et prend effet au 1er janvier 2020, et succède à la loi dite Loi Levi, datant de 2011.  

Afin de soutenir la librairie indépendante, la remise accordée par les libraires passe de 15 à 5 %, et de 20 à 15 % pour les livres scolaires. Les maisons d’édition ont cependant la possibilité de faire une remise plus importante un mois par an (à l’exception de décembre) mais sur des titres ayant plus de six mois.  Pour constituer un réseau, un label "librairie de qualité" sera attribué aux librairies indépendantes qui proposent un assortiment diversifié de titres, une qualité de service, des activités et des évènements culturels (en liaison avec les pactes locaux pour la lecture soutenus par la loi). Des incitations fiscales sont aussi prévues pour les libraires.

Les deux mesures s’inscrivent dans un ensemble plus large intitulé Plan d’action national pour la promotion de la lecture. Le plan prévoit ainsi:
- des "pactes locaux" pour la lecture, en liaison avec les régions, les communes, les institutions scolaires et culturelles et privées ;
- le développement de bibliothèques scolaires appuyé par des formations ;
- ainsi que la proclamation d’une ville, "capitale italienne du livre", sélectionnée sur des projets initiatives et des activités en faveur de la promotion de la lecture, financés à hauteur de 500 000 euros.
Enfin, le plan poursuit l’expérience de la "Carte de la culture" (l'équivalent du Pass Culture), d’une valeur de 100 euros pour l’achat de livres, papier ou numérique, et de produits et services culturels, destinée "aux citoyens italiens et étrangers résidant en Italie et appartenant à des familles économiquement défavorisées", pour laquelle l’Etat débloque un budget d’un million d’euros. Le budget de l’ensemble est de 10 250 000 euros pour 2020, autant pour 2021 et 9 250 000 € pour 2022. 
 
"Ceux qui perdent avec cette loi sont les lecteurs" a commenté Ricardo Franco Levi, président de l’AIE (Associazione italiana editori) et auteur de la loi précédente, qui conteste le prix fixe et l’abandon des réductions sur le prix de vente des livres. Il chiffre à 75 millions d'euros et 2 000 postes les pertes pour le secteur, "à un moment délicat où il tente de se consolider et de récupérer le niveau d’avant la crise". Il réclame des mesures immédiates de soutien, à commencer par le renforcement du Pass Culture et une déduction fiscale pour l’achat de livres, et surtout du temps pour l’entrée en vigueur de la loi, afin que le secteur s’adapte aux nouvelles normes.

Source: Livres Hebdo