enregistrement livre jeunesse luxembourg

Depuis 2016, la bibliothèque communale de Nassogne  dans la province du Luxembourg en Belgique participe au projet Éléonore. Le but est simple: permettre à des jeunes aveugles ou malvoyants de voter comme n’importe quel autre participant pour le Prix Farniente, un prix littéraire décerné par les jeunes. Chaque année, une dizaine de livres audio sont enregistrés dans le cadre de ce concours. D’habitude, la bibliothèque de Nassogne réalise l’un d’eux. Cette année, ce sont trois livres audio qui ont été enregistrés par les Nassognards.

«Pour un gros livre, on compte environ soixante heures d’enregistrement», explique Amélie Dumont, bibliothécaire et porteuse du projet à Nassogne. Outre la gestion des enregistrements, elle s’occupe aussi d’un premier montage des bandes sonores. Cette année, l’expérience a rassemblé près de quarante participants. Les livres audio contiennent donc de multiples voix, et différents niveaux de lecture, aussi.

«Le livre est découpé et les jeunes reçoivent leurs pages un peu à l’avance. Ils se préparent chacun à leur manière. Le groupe est composé en grande partie d’adolescents mais les plus jeunes sont âgés de 10 ans et il y a aussi des jeunes adultes de 20 ans qui ne veulent pas s’arrêter», explique Amélie Dumont. Les séances d’enregistrement se passent à la bibliothèque, pendant le week-end ou après l’école. «Certains sont angoissés face au micro mais ils se détendent très vite. Ça finit souvent en rires », se souvient Amélie.

Noé, 13 ans, participait au projet pour la première fois. Grand amateur de lecture, c’est naturellement qu’il s’est lancé dans l’aventure «pour aider les autres, ceux qui ne peuvent pas lire, à écouter une histoire.» Partager le plaisir de découvrir de nouveaux livres et rendre service, faire une bonne action, c’est ce qui motive les jeunes participants. «Au départ, on ne reçoit que le texte que l’on doit enregistrer, explique Noé. Donc on ne comprend pas toujours toute l’histoire. Moi, j’avais la fin. J’étais assez curieux de savoir ce qu’il se passait avant. Depuis, j’ai pu lire le livre en entier.» Son meilleur souvenir? Les ratés lors de l’enregistrement. «Tout se passe dans une bonne ambiance et quand on rate, c’est plutôt drôle», raconte-t-il. Parfois, ce sont le chien du voisin, l’alarme incendie ou un coup de téléphone qui obligent les lecteurs à réenregistrer.

Une fois finalisés, les livres audio sont prêtés aux jeunes aveugles ou malvoyants par les bibliothèques spécialisées de la Ligue Braille et de l’ASBL «La Lumière». Ils ont quelques mois pour les découvrir et voter pour celui ou ceux qu’ils préfèrent.

Source: Le JDE