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1 juin 2024

Bataille de bibliothèques pour récupérer un manuscrit breton millénaire mis aux enchères

Un rare manuscrit breton datant de la fin du XIe siècle sera mis aux enchères, le mardi 11 juin, chez Christie’s, à Londres. D’ores et déjà, la bibliothèque des Champs libres de Rennes et la médiathèque de Quimper, ainsi que le Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) de l’université de Brest, se mobilisent pour trouver des mécènes et faire revenir à son lieu d’origine ce témoignage du riche passé monastique de la Bretagne. Une course contre la montre est lancée pour rapatrier sur ses terres d’origine un manuscrit breton millénaire qui sera mis aux enchères, le mardi 11 juin, chez Christie’s, à Londres. Ce manuscrit a été produit vers l’an 1100 pour l’abbaye de femmes de Locmaria, un monastère aujourd’hui disparu qui se situait à Quimper (Finistère). Il est estimé de 300 000 à 500 000 livres sterling, soit 350 000 € à 585 000 €. C’est la copie d’un Commentaire de l’Évangile selon saint Marc dû à Bède le Vénérable, un célèbre moine et lettré anglo-saxon du Moyen Âge.

Eugenio Donadoni, spécialiste du département « manuscrits et livres anciens » chez Christie’s, est enthousiaste : « C’est extraordinaire ! Bien souvent, on trouve des feuillets, des fragments, quatre ou cinq lignes d’un texte de Bède. Là, il est complet. C’est le plus ancien exemplaire vendu aux enchères depuis les années 1960. »

Au Moyen Âge, les manuscrits sont les moyens de diffusion de l’Évangile. « Il y a eu beaucoup d’échanges entre la France et la Grande-Bretagne, précise Eugène Donadoni. On peut parler d’influence insulaire, avec l’Irlande, le Pays de Galles, pour les copistes. On peut très bien imaginer un moine copiste itinérant, un Gallois, ou même un Breton formé à l’étranger. »

En Bretagne, cette pièce rare intéresse tous ceux qui s’intéressent aux manuscrits anciens ayant un lien avec l’histoire de la région. D’ores et déjà, deux bibliothèques à vocation patrimoniale, la bibliothèque des Champs libres de Rennes et la médiathèque de Quimper, ainsi que le Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) de Brest, se mobilisent pour réunir les fonds nécessaires pour enchérir le 11 juin. « Nous pouvons réunir une partie, mais pas la totalité du financement, explique Malik Diallo, directeur de la bibliothèque des Champs libres. Nous avons donc lancé un appel au mécénat d’entreprise et au mécénat privé. »

Le manuscrit breton mis aux enchères chez Christie’s est issu de l’une des collections de manuscrits les plus importantes et les plus complètes jamais réunies, la collection Schøyen. Il n’a rien de spectaculaire. De petit format, de la taille d’un livre de poche actuel, il comporte quatre-vingts feuillets. Il ne comporte pas d’enluminures. Mais sa valeur est indéniable.

« Nous avons peu de manuscrits de cette époque en Bretagne, souligne Malik Diallo. I l est intéressant du point de vue de l’histoire des femmes, de l’identité bretonne et des échanges culturels entre la Bretagne et les îles britanniques au Moyen Âge. »

Autant de raisons qui justifieraient que ce texte ancien revienne à son lieu d’origine. Le texte en latin est rédigé en minuscule caroline de type irlandais. « C’est une écriture typique des manuscrits produits en Irlande, au pays de Galles et en Bretagne, indique Julien Bachelier, enseignant d’histoire médiévale au pôle universitaire de Quimper et chercheur au CRBC. Ce manuscrit a sans doute été copié par un moine de l’abbaye de Landévennec, où se trouvait l’un des plus importants ateliers d’écriture de l’époque. » Sur la dernière page du document, il est écrit en rouge : « Lib [er] S [an] c [t] e Marie S [an] c [t] i Loci », ce qui veut dire « Livre appartenant au saint lieu de Sainte Marie ». Cette mention accrédite le fait qu’il a bien été réalisé pour l’abbaye de Locmaria, l’une des deux seules abbayes de femmes existant en Bretagne à la fin du XIe siècle, avec l’abbaye Saint-Georges de Rennes.

« C’est la première mention connue de Locmaria », signale Julien Bachelier.

La rareté de ce manuscrit fait également sa valeur. « Moins d’une dizaine de manuscrits antérieurs à la première moitié du XIIe siècle sont conservés en Bretagne , précise Julien Bachelier. Ils sont détenus par les archives départementales ou les archives diocésaines. Celui-ci est rarissime. C’est le seul que l’on puisse rattacher à une abbaye de femmes. »

Au total, on connaît pour l’époque antérieure à la première moitié du XIIe siècle l’existence de 225 manuscrits bretons que détiennent bien souvent des institutions étrangères, comme la New York Public Library ou la bibliothèque Bodléienne d’Oxford. La mise en vente de manuscrit du Commentaire de l’Évangile selon saint Marc est donc une occasion unique d’enrichir le patrimoine breton.

Source : Ouest France

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7 janvier 2024

Des manuscrits de Rimbaud : cadeau de Noël pour la ville de Charleville-Mézières

Lettre Arthur Rimbaud Charleville

Deux semaines après Noël, c’est un magnifique cadeau que vient de recevoir la Ville de Charleville-Mézières. Le maire Boris Ravignon, lors de ses vœux aux habitants ce dimanche, a fait part de sa « joie » en annonçant la surprise : deux lettres manuscrites d’Arthur Rimbaud, ainsi qu’un poème de lui, mais de la main de Paul Verlaine, rejoindront bientôt les collections du musée Rimbaud, grâce à un « généreux donateur » qui souhaite pour l’instant rester anonyme. Pour tenter de comprendre, il faut faire un bond dans le temps et revenir un mois plus tôt, au 8 décembre, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. Ce jour-là, les projecteurs sont braqués sur la vente aux enchères qu’organise la maison Piasa  : plus de 200 lots consacrés à la poésie française du XIXe siècle. Le manuscrit de « L’Éternité », un des poèmes les plus connus d’Arthur Rimbaud, dont le manuscrit a disparu depuis plus d’un siècle, est le clou du spectacle. Mis à prix à 150 000 euros, estimé entre 200 000 et 300 000. 

Ce lot atteint me prix de  702 000 euros (*) ! Un « record mondial, toute littérature confondue, pour un poème d’une page seulement », selon les commissaires-priseurs.

Charleville-Mézières compte déjà de précieux manuscrits de Rimbaud, en particulier les chefs-d’œuvre « A la musique » et « Voyelles ». Au total, Boris Ravignon cite sept manuscrits, ainsi que des lettres et des dessins. Il n’empêche, les trois nouveaux documents du donateur, plus celui acheté par la Ville, vont sacrément enrichir la collection du musée Rimbaud, lequel n’a pas toujours eu de veine aux enchères. Le sort ayant voulu que le poète le plus cher au monde soit originaire d’une ville loin d’être richissime, Charleville a parfois été frustrée  : en 2020, elle passait à côté d’une lettre illustrée par un dessin montrant Rimbaud et Verlaine, partie à 200 000 euros, deux fois la somme que la Ville était prête à payer. Quatre ans plus tôt, le fameux pistolet avec lequel Verlaine aurait tiré sur Rimbaud à Bruxelles, estimé à 70 000 euros, s’envolait à… 360 000 euros ! Hors de portée, le pistolet échappait à la Ville. Celle-ci a cependant eu plus de succès lors de certaines ventes. En octobre 2016, elle s’est vu adjuger, pour 51 000 euros, déjà chez Piasa, un article de 1888 de Paul Verlaine, annoté par lui-même et consacré à Rimbaud. Dans un texte supplémentaire d’une vingtaine de lignes manuscrites, Paul Verlaine y évoque son admiration pour le poète ardennais. En 2021, Charleville a aussi réussi à acheter, pour 19 300 euros, un portrait de Rimbaud par le peintre cubiste Fernand Léger, réalisé en 1948. Puis en 2022, elle a pu acheter un dessin représentant le poète, de la main de sa sœur Isabelle, moyennant 180 000 euros, grâce à un appel aux dons et à 80 % de subventions de l’État et la Région. Mais ce qui nous préoccupe se passe juste après, avec les lots 139 à 143. Alors que la Ville a renoncé à « L’Éternité » (malgré de nombreux échanges, jusque dans la dernière ligne droite, avec le ministère de la Culture, pour tenter de l’acquérir), elle a jeté son dévolu sur le lot 140, une des trois lettres de Rimbaud mises en vente. Dans ce courrier de deux pages adressé à sa mère, Vitalie, en février 1891, depuis Harare, le poète évoque les débuts de sa maladie, ses « douleurs dans cette maudite jambe »… La Ville rafle la mise pour 78 000 euros, dont 50 % payés par l’État et la Fondation du patrimoine et 20 % par la Région. La lettre la plus prisée, et aussi la plus coûteuse, vient juste après. Le poète est désormais dans un lit d’hôpital, à la Conception à Marseille, une jambe en moins, lorsque le 23 juin 1891 il écrit à sa sœur Isabelle. Sur une page, il dit sa souffrance et sa solitude. « Je ne fais que pleurer jour et nuit, je suis un homme mort, je suis estropié pour toute ma vie (…). Enfin notre vie est une misère, une misère sans fin ! Pourquoi donc existons-nous ? »

Cette lettre déchirante, estimée entre 60 et 80 000 euros, part à trois fois ce prix-là : 179 400 euros, soit le quatrième lot le plus cher de la vente. Et c’est le fameux donateur anonyme qui, participant à distance, signe le chèque et vient d’en faire don à la Ville. Ce n’est pas tout. Dans le paquet, il a glissé deux autres surprises. D’abord le lot 139 (59 800 euros), une autre lettre d’Arthur, adressée à sa mère et à sa sœur, écrite à Aden le 15 janvier 1883. « Il ne pleut jamais. Voici un an que je couche continuellement à ciel ouvert. Pour moi j’aime beaucoup ce climat, et j’ai toujours horreur de la pluie, de la boue et du froid », écrit-il à sa famille, qui traverse l’hiver à Roche, au cœur des Ardennes. Le dernier lot acheté (143), moyennant 39 000 euros, puis offert, est une curiosité en soi : un poème d’Arthur Rimbaud, « Ce qui retient Nina ! », remontant à 1870, avec cette particularité qu’il est recopié à la main et même signé « Arthur Rimbaud » par… Paul Verlaine, qui imite la signature de Rimbaud ! Ce poème de cinq pages écrites à l’encre noire est joint à une édition originale du recueil Reliquaire, datée de 1891. Pour l’anecdote, rappelle la maison Piasa, le livre avait été mis en vente à Paris le 10 novembre de cette année-là, le jour de la mort du poète…Que va-t-il se passer désormais ? Les manuscrits, que Boris Ravignon n’a évidemment pas présentés au public pour ne pas les endommager, seraient déjà arrivés à Charleville. Ils devraient être présentés en février, sans doute au musée Rimbaud. En présence du donateur ? Nul ne le sait.

23 novembre 2023

Un manuscrit du Diable au corps de Radiguet vendu plus de 350.000 euros

Enchères Radiguet Le Diable au Corps

Le premier des deux manuscrits d'un roman qui fit scandale il y a un siècle, Le Diable au corps de Raymond Radiguet, a été vendu aux enchères pour 352.800 euros, a annoncé la maison Christie's mercredi. C'est la seconde fois que son propriétaire tentait de vendre cette pièce de l'histoire de la littérature française. La première, en 2015, il avait échoué, le prix de réserve n'étant pas atteint. L'acheteur est un collectionneur privé qui a tenu à rester anonyme, a précisé Christie's France. L’écrivain prodige Raymond Radiguet, tué à 20 ans en 1923 par la fièvre typhoïde, a laissé deux romans qui ont marqué la littérature du XXe siècle. Le Diable au corps, publié six mois avant sa mort, est le premier et le plus connu. Inspiré de l'expérience de l'auteur, il raconte les amours entre un adolescent et la jeune épouse d'un soldat lors de la Première Guerre mondiale. Cette histoire dramatique, qui fit scandale, aura été adaptée dès 1947 au cinéma par Claude Autant-Lara, avec un couple d’acteurs légendaire, Micheline Presle et Gérard Philipe.

Le manuscrit mis en vente est un premier jet sur un ensemble de 13 cahiers d'écolier, soit 241 pages, que noircit Radiguet en août 1921 à Lège-Cap-Ferret (Gironde). L'héroïne se prénomme encore Alice, comme la jeune femme tombée amoureuse de Radiguet, alors qu'elle deviendra Marthe dans la fiction. Certains passages restent inédits, d'autres diffèrent du texte finalement retenu. Par exemple, Radiguet commença son roman par une phrase finalement barrée: «À l'âge où l'on n'est plus assez suffisamment un enfant et, cependant, rien d'autre, je geignais à l'idée d'une promenade à faire, comme si j'étais le cheval qui eût dû nous porter dans la voiture».
Ces cahiers proviennent du legs de Roland Saucier, bibliophile avisé qui dirigea la librairie Gallimard de 1921 à 1964. Un second manuscrit du même roman, sa mise au net, appartient à la Bibliothèque nationale de France depuis 1983, grâce à un legs. Lors de la même vente, une édition originale d'un ouvrage de Thomas et William Daniell qui montre des vues de l'Inde dans les années 1790 et 1800, Oriental Scenery, a été vendue pour 604.800 euros, très loin au-dessus de l'estimation supérieure, à 150.000 euros. Enfin, une édition de 1615 de la deuxième partie du Don Quichotte de Miguel de Cervantès a été adjugée pour 252.000 euros.

Source : Le Figaro

3 octobre 2023

Le tapuscrit d'une oeuvre iconique de Cortazar mis aux enchères en Uruguay

Cortazar Enchères

Découvert dans une bibliothèque privée après la mort de son propriétaire, le tapuscrit original de "Cronopes et Fameux" de Julio Cortazar, comprenant sept histoires inédites du célèbre écrivain argentin, sera mis aux enchères à Montevideo le 12 octobre. Les maisons Zorrilla Subastas (Uruguay) et Hilario (Argentine) proposent ce texte dactylographié comportant des annotations manuscrites de Cortazar (1914-1984) avec une mise à prix de 12.000 dollars (environ 11.400 euros). La valeur estimée varie de 15.600 à 21.000 dollars.

"La vente aux enchères, qui s'effectuera en présence réelle sous le marteau de Sebastian Zorrilla, sera organisée conjointement avec la maison Hilario, dont le directeur, Roberto Vega, a été chargé du catalogage", explique à l'AFP Guillermo Gonzalez de Zorrilla Subastas.

Le catalogue en ligne vante un matériel "exceptionnel", assurant qu'il est "en très bon état" et se trouve dans un coffret spécialement conçu pour sa conservation.

Le tapuscrit, réalisé à Paris en 1952, contient 46 brefs récits sur soixante pages tapées d'un seul côté.

Parmi ces récits, 35 ont été publiées "presque sans modifications" dans la première édition de "Cronopes et Fameux" par la maison d'édition Minotauro de Buenos Aires en 1962 et quatre autres par la suite, selon le catalogue. Sept autres sont restées inédites.

"Ce tapuscrit a été découvert à Montevideo, dans la bibliothèque d'un particulier qui était décédé. Il était placé dans un coffret sans être répertorié, la manière dont il s'est retrouvé là reste inconnue", raconte M. Gonzalez.

Les préparatifs de la vente aux enchères ont pris environ une année, avec la consultation de deux experts de Cortazar: l'écrivain uruguayen Aldo Mazzucchelli, docteur en lettres de l'Université de Stanford, et le libraire argentin Lucio Aquilanti, auteur d'une "bio-bibliographie" sur Cortazar en 2014.

"On peut affirmer sans aucun doute qu'il s'agit d'un original de l'auteur, dactylographié, d'une extraordinaire transcendance", écrit M. Aquilanti. Il souligne l'utilisation de la même machine à écrire, une Royal, que celle avec laquelle Cortazar produisit par la suite d'autres textes.

Le manuscrit constitue le lot 187 de la vente de 199 oeuvres d'art, livres, gravures, cartes anciennes, photographies et objets historiques. La vente sera retransmise en direct depuis le siège de Zorrilla Subastas au centre de Montevideo, avec la possibilité d'enchérir en ligne via les plateformes Invaluable (Etats-Unis) et Drouot (France). Considéré comme l'un des plus grands écrivains latino-américains, Julio Cortazar est né à Ixelles (Belgique) le 26 août 1914. Il rejoint l'Argentine quand sa famille y revient en 1918, avant de la quitter à nouveau en 1951 pour la France, en protestation contre la dictature du général Peron. Il meurt à Paris le 12 février 1984. Mêlant souvent le fantastique ou le réalisme magique typique de la littérature sud-américaine, son œuvre est traduite dans une trentaine de langues. Son livre le plus connu, "Marelle" (1963), est un roman-labyrinthe de 600 pages qui entremêle récits à Paris et à Buenos Aires et que le lecteur peut lire dans l'ordre ou en sautant d'un chapitre à l'autre (il y en a 155) sans suivre la numérotation.

Source  : TV5 Monde

3 juin 2023

Exposition pour expliquer la génèse de Vingt Mille Lieues sous la mer de Jules Vernes à Amiens

Jules_Verne manuscrit 20000 lieus sous les mers

Dans le cadre du programme « Dans les collections de la BnF », la Bibliothèque nationale de France s’associe avec le musée de Picardie d’Amiens pour présenter les manuscrits autographes de Vingt Mille Lieues sous la mer de Jules Verne, ainsi qu’une série d’ouvrages et de photographies en relation avec la genèse et l’édition du roman. Cette exposition a commencé aujourd'hui et se termine le  1er octobre prochain.

« J’espère que vous nous conduirez bientôt dans les profondeurs de la mer. » Ainsi écrivait le 25 juillet 1865 George Sand à Jules Verne, pour remercier le jeune romancier de l’envoi de ses premières œuvres. En quelques années, Vingt Mille Lieues sous les mers allait devenir l’un des romans emblématiques de la « reconnaissance des mondes connus et inconnus », programme que s’était assigné Jules Verne dans Les Voyages extraordinaires.

Selon la pratique éditoriale courante au XIXe siècle, le roman paraît d’abord sous forme de feuilleton, entre le 20 mars 1869 et le 20 juin 1870, au sein d’un magazine pour la jeunesse, le Magasin d’éducation et de récréation. Journal de toute la famille. Cette première parution est rapidement suivie d’une édition non illustrée (1869-1870), puis, en 1871, d’une édition illustrée de cent onze gravures. Les premières ébauches de Vingt Mille Lieues sous les mers ne nous sont pas parvenues, mais, dans les deux lourds volumes qui rassemblent aujourd’hui les feuillets du manuscrit, on discerne différentes étapes de rédaction, de la phase d’écriture proprement dite au travail de réécriture. Le premier volume , à l’écriture serrée et minuscule, réunit deux versions déjà remaniées du texte, qui demeurent sans doute proches de la toute première rédaction. Le second quant à lui, présente les caractéristiques d’une copie destinée aux imprimeurs : l’écriture est aérée et nette, et le chef d’atelier du Magasin d’éducation a porté au crayon bleu les noms des ouvriers typographes chargés de la composition. Les premières ébauches de Vingt Mille Lieues sous les mers ne nous sont pas parvenues, mais, dans les deux lourds volumes qui rassemblent aujourd’hui les feuillets du manuscrit, on discerne différentes étapes de rédaction, de la phase d’écriture proprement dite au travail de réécriture. Le premier volume , à l’écriture serrée et minuscule, réunit deux versions déjà remaniées du texte, qui demeurent sans doute proches de la toute première rédaction. Le second quant à lui, présente les caractéristiques d’une copie destinée aux imprimeurs : l’écriture est aérée et nette, et le chef d’atelier du Magasin d’éducation a porté au crayon bleu les noms des ouvriers typographes chargés de la composition.

Source : BNF

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18 mars 2023

Un palimpseste découvert à la Bibliothèque ambrosienne de Milan

Manuscrit retrouvé Italie

Comme après un long sommeil, un texte perdu de l'Antiquité tardive a refait surface, chargé de ses secrets oubliés. Des chercheurs ont renoué avec des pages du VIe-VIIe siècle, dissimulées dans un exemplaire ancien des Étymologies, une encyclopédie rédigée par l'évêque Isidore de Séville. Il s'agissait d'un palimpseste, c'est-à-dire d'un manuscrit dont le texte original a été effacé. Cette besogne de réemploi, plutôt que de censure, a été menée à bien vers le VIIIe siècle dans les profondeurs du scriptorium italien de Bobbio, entre Gênes et Milan. Les riches archives de ce site abbatial réputé du Haut Moyen Âge avaient inspiré à Umberto Eco la bibliothèque interdite du Nom de la rose Les scientifiques n'ont pas retrouvé la trace du chapitre perdu d'Aristote sur la comédie, convoité par les héros du roman. Ils ont, en revanche, mis la main sur la copie d'un texte grec inédit attribué à l'astronome Claude Ptolémée. Figure majeure des sciences antiques, Ptolémée vécut dans l'Égypte romaine du IIe siècle ; il est notamment connu pour son géocentrisme, remis en cause à la Renaissance, et pour s'être intéressé au calcul de la circonférence de la Terre. Le nouveau texte de Ptolémée, joliment calligraphié et accompagné de diagrammes, portait en revanche sur tout autre chose. Il s'agissait d'un manuel pratique.

«Nous avons découvert six pages consacrées au Météoroscope, un instrument que mentionnait Ptolémée dans sa Géographie, l'un de ses traités les plus connus», raconte Victor Gysembergh, chercheur du centre Léon Robin (Paris-Sorbonne & CNRS) et co-auteur de l'étude du nouveau manuscrit parue le 9 mars dans la revue scientifique Archive for History of Exact Sciences . Le Météoroscope ? Une sphère armillaire à neuf anneaux. D'usage astronomique, le mécanisme représente la sphère céleste et servait autant d'outil de navigation que de pédagogie. Dans le texte tout juste déchiffré, Ptolémée s'attache à en décrire précisément la fabrication et la fonction. «Il s'agit à ma connaissance du premier texte connu entièrement consacré à la description d'un instrument scientifique et de la manière de s'en servir, précise Victor Gysembergh. C'est, en somme, le premier mode d'emploi conservé !».

Ces anciens traités scientifiques et philosophiques de haut niveau avaient probablement peu de lecteurs à l'abbaye de Bobbio. Cela a facilité, voire motivé, leur recyclage. Les moines s'en chargeaient par un ponçage long et laborieux des manuscrits. 

«Non seulement la nature du texte ne devait pas les intéresser, mais leur contenu leur était sans doute aussi strictement incompréhensible», s'amuse Victor Gysembergh. 

La lecture du grec avait, en effet, pris un sacré coup dans l'Italie du VIIIe siècle. Difficile pour un manuel technique, jargonneux et étranger de rivaliser avec les merveilles du monde décrites par Isidore de Séville. En latin, qui plus est ! Aujourd'hui conservé à la Bibliothèque ambrosienne, à Milan, le palimpseste a pu être étudié dans le cadre du projet RESCAPALM. Ce programme de recherche consacré au déchiffrement de manuscrits anciens est porté par Sorbonne Université et le CNRS. Pour élucider les mystères de certains palimpsestes restés jusqu'alors impénétrables, les chercheurs mobilisent les dernières innovations en matière d'imagerie multispectrale. Cette technologie non invasive permet de retrouver la trace des textes disparus, en complément d'autres techniques comme la fluorescence des rayons X. Les précédentes campagnes de recherche ont déjà permis de découvrir plusieurs inédits anciens, dont des commentaires latins sur l'œuvre de Platon, ou encore un catalogue d'étoiles du IIe siècle av. J.-C., écrit par Hipparque, un des pères de l'astronomie.

«L'abbaye de Bobbio était fameuse pour ses palimpsestes et une grande partie de ceux que nous possédons aujourd'hui peuvent être rattachés à son scriptorium, mais nous ignorons d'où provenaient ces manuscrits qu'elle recyclait», ajoute le chercheur, qui suggère que les moines pouvaient avoir récupéré des textes dont l'on n'avait plus usage dans l'Italie du Nord. Les précieuses collections de Bobbio sont dispersées depuis au moins la fin du Moyen Âge au sein d'une multitude de bibliothèques européennes.

Deux autres textes anciens se cachent dans le palimpseste d'Isidore de Séville. Déjà identifiés par le passé, ils correspondent à un traité mathématique anonyme dédié à des considérations d'optique, ainsi qu'à l'Analemme, un petit traité astronomique de Ptolémée. Les chasseurs de palimpsestes du centre Léon Robin ne comptent pas se reposer sur leurs lauriers. : leurs prochaines enquêtes manuscrites devraient les mener cet été à la poursuite des secrets encore indéchiffrés de la Bibliothèque nationale de France.

Source : Le Figaro

4 février 2023

Concours de manuscrits sur TikTok lancé par Robert Lafont

Tiktok concours robert lafont

Les éditions Robert Laffont ont lancé ce mercredi un concours littéraire pour trouver un nouveau romancier ou une nouvelle romancière. Originalité de l’événement destiné aux jeunes adultes : les candidats devront présenter leur projet sur TikTok.

« Le principe : pitcher son roman sur TikTok et faire lire le manuscrit aux éditeurs », a expliqué Robert Laffont dans un communiqué.

Si le principe du concours pour se lancer dans une carrière d’écrivain n’est pas nouveau, la maison d’édition du groupe Editis innove en demandant non seulement un manuscrit mais aussi une vidéo de présentation du roman, de 2 minutes maximum.

 Les deux seules conditions pour participer au concours sont de ne jamais avoir été publié et d’avoir plus de 18 ans. « Il n’y a pas de limite d’âge, mais on imagine qu’on attirera une certaine catégorie d’âge », précise Robert Laffont. 

L’idée est notamment d’attirer les « booktokeuses » pour le catalogue jeunesse de Robert Laffont, la collection R. Le jury est d’ailleurs composé de dix d’entre elles, comptant chacune entre 10.000 et 174.000 abonnés. Les manuscrits et vidéos sont attendus jusqu’au 31 mars, en vue d’une proclamation du roman vainqueur en juin et une publication fin 2023.

Source: 20 minutes

31 janvier 2023

Attribution d'un manuscrit anonyme à Lope de Vega grâce à l'intelligence artificielle

Attribution manuscrit IA

Un ouvrage jusqu'à aujourd'hui anonyme, intitulé La francesa Laura , qui se trouve dans la riche collection de manuscrits de la Bibliothèque nationale d'Espagne (BNE) , composé de quelque 85 000 exemplaires, dont 11 500 pièces de théâtre, a depuis mardi auteur, nul autre que le Phénix d'esprit, Lope de Vega (Madrid, 1562-1635). L'attribution a été possible grâce à l'intelligence artificielle (IA), à travers des programmes de transcription de texte et sa comparaison ultérieure avec les comédies de l'âge d'or espagnol, y compris celles de cet auteur prolifique. Après presque un an de travail, les machines ont révélé que derrière ces vers (sonnets, redondillas, romances...) se cachait le créateur de classiques tels queFuenteovejuna ou Le Chevalier d'Olmedo .

"Lope a écrit cet ouvrage cinq ou six ans avant sa mort, ce qui nous situe entre 1628 et 1630", raconte par téléphone Germán Vega, professeur de littérature espagnole à l'Université de Valladolid, le chercheur responsable de la découverte avec Álvaro Cuéllar, de l'Université de Vienne. Vega précise qu'il ne s'agit pas de l'autographe de Lope : "C'est une copie d'une autre copie, ou peut-être de l'original, il est daté de la fin du XVIIe siècle, plusieurs décennies après la mort de Lope, et il est écrit à trois mains , un par acte" . C'est peut-être pour cette raison qu'il n'a guère de ratures ou de corrections, bien qu'il ait les annotations nécessaires, puisqu'il s'agissait d'un manuscrit à l'usage des compagnies de théâtre.

Source: El Pais

23 août 2022

Un faux manuscrit de Galilée dans les collections de la bibliothèque universitaire du Michigan

Faux manuscrit galilée

La bibliothèque de l'université du Michigan aux Etats-Unis a annoncé que l'un des bijoux de sa collection, un manuscrit attribué à l'astronome italien Galilée était en réalité une contrefaçon. Un réexamen du document a conclu que celui-ci datait du XXe siècle. Le papier jauni laisse entrevoir plusieurs séries de lignes rédigées en italien à la main. La première est le brouillon d'une lettre, la dernière un ensemble de notes faisant référence à des observations télescopiques. Et pas n'importe lesquelles : des observations qui ont permis en janvier 1610 à l'astronome italien Galilée de découvrir l'existence des lunes de Jupiter. Sauf que ces inscriptions manuscrites n'ont rien d'authentique. C'est ce que vient d'annoncer dans un communiqué la bibliothèque de l'université du Michigan aux Etats-Unis. Après avoir mené un réexamen du document, les experts ont conclu que ce dernier était une contrefaçon fabriquée au XXe siècle et n'avait donc pas été rédigé par le célèbre astronome lui-même.

Ce manuscrit constituait pourtant l'un des bijoux de la collection de l'institution américaine. Il a fait son apparition en mai 1934 lorsqu'une maison de ventes, American Art Anderson Galleries, a mis aux enchères la bibliothèque d'un riche collectionneur de manuscrits et d'anciens livres. Parmi les pièces, figurait le fameux document attribué à Galileo Galilei. Authentifié par le cardinal italien Pietro Maffi, il a été acquis par un homme d'affaires et collectionneur de livres, Tracy McGregor, puis légué à l'université du Michigan en 1938 après sa mort. A l'époque, personne n'avait alors eu l'idée de remettre en question l'authenticité de la précieuse pièce. Le brouillon de lettre figurant en tête du document correspond à une présentation d'un nouveau télescope que Galilée a bien réalisée en 1609 auprès du doge de Venise. Une version finale de cette même lettre est d'ailleurs connue dans les archives d'Etat de Venise en Italie. De même pour les annotations astronomiques dont il existe une version finale conservée à Florence.

'est un historien de l'université d'Etat de Georgie, Nick Wilding, qui a commencé à instiller le doute. En examinant une image numérisée du manuscrit en mai 2022, il a jugé que les formes de certaines lettres et le choix de certains mots étaient étranges. Il a également constaté que l'encre utilisée pour chacune des séries de notes était remarquablement similaire.

"C'est supposé être deux documents différents se retrouvant sur une même feuille de papier. Pourquoi tout est exactement de la même couleur brune ?", a-t-il expliqué au New York Times. Il a fait part de ses doutes dans un courrier électronique au curateur de la bibliothèque de l'université du Michigan qui a lancé une enquête interne.

"C'était assez déchirant quand nous avons appris pour la première fois que notre Galilée n'était en réalité par un Galilée", a confié Donna L. Hayward, doyenne par interim des bibliothèques de l'université. Mais l'institution a voulu en avoir le cœur net. "Balayer ça sous le tapis est contraire à ce que nous défendons", a-t-elle justifié.

Après trois mois d'enquête, les experts ont mis en évidence plusieurs éléments confirmant que Nick Wilding avait raison. L'un d'eux concerne le papier. Les fabricants utilisaient autrefois des filigranes pour identifier leur papier. Le soi-disant manuscrit de Galilée comporte ainsi les initiales "AS" ainsi que des lettres "BMO" faisant référence à un site de production à Bergame.

Or, aucun papier comportant le filigrane "BMO" n'est connu avant 1770, année après laquelle il est devenu assez commun. Ce qui suggère que le document ne peut être antérieur à cette date. Par ailleurs, un autre exemple de contrefaçon a été découvert au Morgan Library and Museum avec un papier similaire daté avec certitude de 1790.

L'autre indice concerne la provenance de la pièce. Après recherches, les spécialistes n'ont retrouvé aucune trace de l'existence de ce manuscrit avant les années 1930. Quant à son authentification, elle semble avoir été réalisée en le comparant avec deux autres documents de Galilée conservés à Pise... Qui se sont eux-mêmes avérés être des faux.

A l'origine des contrefaçons : Tobia Nicotra, un faussaire italien très prolifique condamné en 1934 à deux de prison et une amende pour avoir fabriqué de faux manuscrits, y compris des pièces attribuées à Galilée. Selon l'université du Michigan, il est donc tout à fait possible que son précieux document soit une autre œuvre de Nicotra.

"Wilding a conclu que notre manuscrit de Galilée est une contrefaçon du XXe siècle exécutée par le célèbre faussaire Tobia Nicotra. Après que nos propres experts ont étudié ses preuves les plus convaincantes et réexaminé le manuscrit, nous sommes d'accord avec sa conclusion", a annoncé l'institution dans son communiqué.

Source: Géo

13 juillet 2022

Une ébauche de l'œuvre de Proust restaurée par la BNF

Proust restauration BNF

On les appelle "les soixante-quinze feuillets". Ils sont la première ébauche connue du grand cycle romanesque de l'écrivain, À la recherche du temps perdu, dont la publication commence en 1913 et s'achève en 1927, cinq ans après sa mort. Ce trésor longtemps méconnu est confié à Frédérique Pelletier, dans un atelier sous les toits de la BnF rue de Richelieu, en plein centre de Paris. 

"On va effectuer des restaurations minimalistes, pour bloquer les problématiques de déchirures et de lacunes", dit-elle, en collant des morceaux de papier japonais ultra-léger (2 g/m²). 

Le but n'est pas de retrouver l'hypothétique état d'origine du manuscrit. Le pliage est conservé. Une restauration artisanale d'un feuillet déchiré, à une époque et par une main inconnues, est maintenue.

"Le choix a été fait de ne pas gommer pour redonner une teinte uniforme. Après analyse, on a compris que certains feuillets étaient maculés de la poudre Legras avec laquelle Proust se faisait des fumigations. C'est intéressant à voir", ajoute la restauratrice.

Il a fallu longtemps pour qu'émergent ces fameux "soixante-quinze feuillets" (en vérité, 76 pages). Dans les années 1950, l'auteur de Du côté de chez Swann n'intéressait plus grand-monde. Sa nièce Suzy Mante-Proust avait fait confiance à un jeune chercheur, Bernard de Fallois, pour mettre en ordre la montagne de papiers laissés par son oncle. Celui-ci en révèle l'existence en 1954, dans la préface de Contre Sainte-Beuve, un essai posthume de Proust, recomposé à partir d'un projet inachevé et de diverses notes sur la littérature. En 1962, quand les brouillons des romans entrent à la Bibliothèque nationale, les experts proustiens en sont pour leurs frais: les fameux "feuillets" n'y sont pas. Bernard de Fallois les a gardés. Ils ne rejoindront les collections publiques qu'après la mort en 2018 de celui qui est devenu entretemps éditeur. Lorsque ce manuscrit a échu à la BnF en 2020, "il n'était pas en très bon état (...) Il présentait sur quasiment chaque feuillet des éléments de détérioration, qu'il fallait traiter", se souvient le chef du service des manuscrits modernes, Guillaume Fau.

Mais tout est lisible. La désagrégation qui guette nombre de manuscrits du XIXe ou du début XXe, à cause des encres ferro-galliques qui finissent par attaquer le papier, n'est pas encore perceptible ici. Le pari était de montrer ces feuillets au public lors de l'exposition Marcel Proust, la fabrique de l'oeuvre, à partir d'octobre 2022 à la bibliothèque François-Mitterrand. "Travailler en un an et demi environ, si on fait le calcul, c'est un peu serré. Mais c'est un calendrier qu'on a pu tenir. On est allé très, très vite aussi parce que les chercheurs attendaient ce manuscrit", souligne encore Guillaume Fau.

Sa transcription est disponible en librairie, publiée par les éditions Gallimard en mars (Les soixante-quinze feuillets et autres manuscrits inédits). La numérisation permettra ultérieurement de le lire sur internet. Le début n'est pas le célèbre "Longtemps, je me suis couché de bonne heure", mais une phrase de 40 mots, caractéristique du style du romancier, sur l'arrivée de la pluie. Des fragments en parviendront dans Combray, la première partie de Du côté de chez Swann. Au bout de la dernière phrase, qui compte 73 mots, Proust n'a pas posé de point final: pour lui, tout reste à écrire.

Source: France Info Culture

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