Nouveau blog
/image%2F1174414%2F20261006%2Fob_8bac36_424402.jpg)
Le groupe Nosoli, maison mère en redressement judiciaire des librairies Furet du Nord, a lancé ce lundi 5 octobre un appel d'offres pour la cession de son autre réseau d'enseignes, Decitre, surtout présent en Auvergne-Rhône-Alpes.
"Cette décision, prise dans un contexte de marché des biens culturels toujours fortement fragilisé, doit permettre au groupe Nosoli de concentrer ses moyens sur le Furet du Nord et son réseau de librairies", a expliqué le groupe, en redressement judiciaire depuis le 1er juin.
L'appel d'offres, décidé en concertation avec les administrateurs judiciaires, concerne "la cession des sociétés Decitre et Decitre Interactive, regroupant les activités de ventes aux professionnels et son réseau de librairies à Annecy, Chambéry, Écully, Levallois-Perret et Lyon Part-Dieu, a détaillé Nosoli.
Le groupe nordiste indique vouloir également céder la société Générale du Livre, spécialisée dans la vente de livres et services aux professionnels.
Le Furet du Nord avait acquis Decitre en 2019, et leur ensemble avait donné naissance en 2022 au groupe Nosoli.
Le secteur des librairies est en souffrance actuellement en France, confronté notamment à la concurrence toujours plus exacerbée de l’e-commerce et au déclin de la lecture sur papier.
Source : BFM TV
/image%2F1174414%2F20261006%2Fob_c09d64_hulzivz3d5brdmse7tfq4tutym.jpg%3Fauth%3D36471a0427026e1c4d6321740ae6b37d3c5c6452f466b94a6880c1835b8767dd%26width%3D1200)
Un précieux ouvrage présentant des œuvres de divers artistes, avec une couverture conçue par Salvador Dalí, a été volé la nuit dernière dans un musée d'Issoire, en Auvergne, ont rapporté lundi les médias locaux. Le parquet de Clermont-Ferrand a ouvert une enquête sur le vol de ce livre de 210 kilogrammes, a-t-il indiqué dans un communiqué.
Le parquet n'a pas fourni de détails supplémentaires sur le vol, qui a eu lieu au Centre d'art contemporain Issoire, galerie dirigée par le collectionneur Christian Karoutzos et située en périphérie de cette ville d'environ 15 000 habitants, où l'œuvre était exposée jusqu'à la fin du mois. Le parquet l'a décrite comme « une œuvre exceptionnelle de grande valeur, une pièce exceptionnelle et unique ».
D'après le collectionneur qui l'a acquis en 2003, le livre pèse 210 kilos, ce qui en fait le plus lourd et le plus cher au monde. La couverture à elle seule, conçue par Dalí en bronze incrusté d'or, d'aiguilles et de coquillages, pèse 150 kilos.
Le projet fut imaginé par Joseph Foret, un modeste fromager auvergne, passionné d'art, qui rencontra Dalí à Paris dans les années 1950 et devint par la suite éditeur d'art. Foret entreprit de créer le livre le plus cher du monde et contacta sept peintres, dont Dalí, Léonard Foujita, Bernard Buffet, Georges Mathieu et Ossip Zadkine, ainsi que plusieurs écrivains, tels que Jean Cocteau, Jean Giono et Emil Cioran. Il leur demanda à tous de créer des œuvres et des textes inspirés du Livre de l'Apocalypse .
Lors du lancement du livre, Karoutzos expliqua que Foret avait également souhaité inclure Pablo Picasso, mais que ce dernier l'avait contraint à choisir entre lui et Dalí. Il opta pour le surréaliste. Pendant trois ans, les différents artistes travaillèrent à la main sur l'ouvrage, et la calligraphe Micheline Nicolas composa les caractères sur quelque 200 feuilles de parchemin.
En 1961, l'ouvrage fut présenté au Musée d'Art Moderne de Paris et, pendant des années, il voyagea dans des expositions à travers le monde, jusqu'à ce que, ruiné, Foret soit contraint de le vendre en 1970. Sa trace fut perdue au Japon, où Karoutzos le retrouva en 2003 avec l'intention d'en faire un patrimoine national.
Source : El Pais
/image%2F1174414%2F20261005%2Fob_cfbc1a_hall3-francfort.png%3Fitok%3DufvS8oMO)
Publiée traditionnellement pour l'ouverture de la Foire de Francfort qui se tient du 7 au 11 octobre, l'étude sur les marchés mondiaux du livre sur le premier semestre 2026, établie par NielsenIQ BookData et GfK Entertainment, a été dévoilée ce lundi 5 octobre. Si 11 des 19 marchés observés affichent une croissance de leur chiffre d'affaires, la France est loin d'en faire partie : dans l'Hexagone, le marché perd 5,4 % en valeur et 6,2 % en volume (à 124 millions de livres vendus sur le semestre) par rapport à la même période en 2025. Seule la Pologne fait pire, avec un recul de 11,7 % en valeur et de 11,3 % en volume. La Wallonie décroche également, à −4,9 % en volume. Les moteurs de la croissance mondiale se situent du côté de l'Inde (+ 16,7 % en valeur, + 8,3 % en volume) et du Brésil (+ 12,6 % et + 10,5 %), suivis par l'Océanie avec la Nouvelle-Zélande (+ 7,2 %) et l'Australie (+ 5,6 %). En Europe, l'Italie (+ 5,1 %) et l'Espagne (+ 3,9 %) tiennent le haut du tableau de la croissance.
À noter que les prix moyens progressent dans 11 territoires sur 19, mais le plus souvent en deçà de l'inflation mondiale projetée par le FMI pour 2026, estimée à 4,7 %.Dans le détail des genres, la fiction adulte reste le principal relais de croissance, et accentue même sa domination. Le rayon représente désormais, en moyenne sur l'ensemble des pays étudiés, plus d'un tiers des livres imprimés vendus. Trois territoires sur quatre y enregistrent une hausse de chiffre d'affaires, souvent à deux chiffres.
Le polar et le thriller portent l'essentiel de cette dynamique, avec un nom qui revient partout : Freida McFadden. La série La Femme de ménage figure dans les 20 meilleures ventes du semestre dans 13 territoires, et place plusieurs titres dans les dix premiers de nombreux marchés : huit apparitions en Wallonie, six en France et autant en Suisse romande. La science-fiction et la fantasy restent tout aussi recherchées, tirées par la romantasy et ses figures installées, Rebecca Yarros (série Empyrean) et Sarah J. Maas (Keleana). Des phénomènes de vente qui confirment le rôle désormais structurant de BookTok, qui continue d'amener la fiction de genre vers un lectorat plus jeune et de plus en plus international. La croissance la plus spectaculaire du semestre est celle du roman graphique, dont les rayons mondiaux progressent en valeur de plus de 30 % dans de nombreux pays. À l'inverse, la non-fiction reste sous pression. Quatre pays seulement y enregistrent une croissance en valeur.
Le développement personnel, longtemps locomotive du segment, accuse les reculs les plus marqués. Atomic Habit de James Clear et The Let Them Theory de Mel et Sawyer Robbins continuent de figurer parmi les meilleures ventes internationales, mais la catégorie a perdu son élan, déclinant dans l'ensemble des territoires étudiés, à la seule exception de la Nouvelle-Zélande. Le marché du livre jeunesse et young adult affiche enfin des résultats partagés, avec dix territoires en croissance. L'analyse repose sur les données de sortie de caisse du livre imprimé pour les six premiers mois de 2026, dans 19 territoires : Australie, Belgique (Flandre et Wallonie), Brésil, Colombie, Espagne, France, Inde, Irlande, Italie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Afrique du Sud et Suisse (régions germanophone et romande). La couverture de marché et les catégories retenues varient d'un pays à l'autre. Deux absences de poids, donc : les États-Unis et l'Allemagne, premier et troisième marchés mondiaux, qui ne figurent pas dans le panel.</p>
Source : Livres Hebdo
/image%2F1174414%2F20261003%2Fob_09266a_ccacvi-web-actu-biblis-en-folie-2026-1.jpg)
Et si vous alliez dans la bibliothèque ou la médiathèque la plus proche de chez vous ? La 3ᵉ édition de l'événement "Biblis en folie" se déroule ce week-end. Plus de 3.000 événements ont lieu samedi 3 et dimanche 4 octobre dans toute la France.
L'objectif de cette opération est de moderniser l'image de ces lieux mais aussi d'encourager la pratique de la lecture. "Les bibliothèques sont toujours très actives dans ce domaine en inventant des médiations pour continuer à valoriser la lecture auprès de tous les âges", souligne Pascale Issartel, coordinatrice de l'événement au service du Livre et de la Lecture du ministère de la Culture au micro de TF1.
Elle met en avant l'importance d'organiser une telle opération, notamment pour les "adolescents qui décrochent des bibliothèques et de la lecture plus facilement".
La France compte un peu plus de 15.000 établissements. Il s'agit de l'un des réseaux de bibliothèques les plus denses au monde. Selon le ministère de la Culture, il y a eu 146 millions d'entrées en 2025, soit une augmentation de 18% par rapport à 2023.
/image%2F1174414%2F20261002%2Fob_aedd44_frankfurter-buchmesse-2026-jpg.webp)
Signes positifs pour l'édition italienne jusqu'à présent en 2026 : au cours des neuf premiers mois , le marché commercial , c'est-à-dire les ouvrages de fiction et de non-fiction imprimés vendus dans les librairies physiques et en ligne ainsi que dans les supermarchés, a progressé de 3,2 % en valeur , pour un chiffre d'affaires total de 1 026,5 millions d'euros, et de 2,7 % en nombre d'exemplaires , pour 69,8 millions de livres vendus.
Les effets du bonus de bibliothèque
Comme l'a souligné Innocenzo Cipolletta , président de l' Association des éditeurs italiens , « le marché a bénéficié de la prime de 60 millions d'euros accordée aux bibliothèques, avec des taux de croissance soutenus, notamment entre février et juin. Mais les effets positifs de cette prime vont bien au-delà de ces chiffres, puisqu'elle soutient et promeut la lecture dans tout le pays, avec une attention particulière, comme l'a demandé le ministre de la Culture Alessandro Giuli , aux zones défavorisées. C'est pourquoi il est important que cette mesure soit confirmée et pérennisée. »
Les données compilées par le panel NielsenIQ BookData Market Libri Italia seront analysées en détail lors du Salon du livre de Francfort le 7 octobre à 11h00 , à l'occasion de l'inauguration de l'Espace Italie. Le stand collectif italien, organisé par ICE-Agenzia en collaboration avec l'Association des éditeurs italiens, sera situé dans le hall 3.1, stands B134 et B102. Sur les 134 exposants italiens présents au Salon du livre de Francfort (groupes d'édition, maisons d'édition indépendantes et agents littéraires), 66 seront présents à l'Espace Italie.
Source : Il Libraio
/image%2F1174414%2F20261001%2Fob_840b88_1870508-thelyson-orelien-a-la-28e-edit.jpg)
Son livre était déjà un succès, mais la situation tourne au raz-de-marée pour Thélyson Orélien. En six semaines, 64.966 exemplaires de son premier roman C'était ça ou mourir ont été vendus en France, dont plus de 18.000 depuis les premières accusations, lundi 21 septembre. L'auteur canado-haïtien de 38 ans est soupçonné d'avoir utilisé l'intelligence artificielle, ce dont il se défend. Il a même dû interrompre sa promotion et quitter la France. Mais si la profession semble avoir tourné le dos à Thélyson Orélien - son livre a été retiré de la sélection de l'Académie Goncourt -, les lecteurs sont au rendez-vous. À la librairie l'Écume des Pages à Paris, le livre est exposé en plein milieu de la première table.
"Généralement, ils (les clients, ndlr) nous demandent si c'est le fameux livre qui suscite la polémique. On leur répond oui et du coup, les gens l'achètent", explique Sylvain, un libraire. Des exemplaires qui partent comme des petits pains : 350 livres déjà vendus. "Avec oui, une dizaine par jour depuis une semaine. Avant ils l'achetaient parce que les critiques étaient toutes dithyrambiques, maintenant ils l'achètent parce qu'il y a un succès de curiosité".
Pour Véronique, une cliente fidèle de la librairie, "ChatGPT est un outil moderne comme on a Wikipédia, le GPS ou je ne sais pas quoi". Ajoutant : "Si le livre est bon, suscite de l'émotion et que ça plaît aux gens, on s'en fout comment il a été écrit."
Paul, un autre client amoureux de la littérature française, poursuit : "Si la conséquence de tout ça, c'est qu'il y a plus de gens qui lisent un livre pour se faire leur propre idée, je pense que ça sera positif au global." Le Parisien conclut : dans le futur, on parlera plus d'un auteur qui utilisera l'IA que d'un écrivain qui gagnera un prix.
Source : RTL
/image%2F1174414%2F20260930%2Fob_00e989_6abcdb0763fed072135281.jpg)
/image%2F1174414%2F20261001%2Fob_de6384_singapour-lecture.jpg)
Le programme vient d’être lancé, en cette fin septembre, par le National library board, une agence publique qui s’occupe du réseau de bibliothèques et du soutien à la lecture, une pratique dont le recul inquiète. Dans les sondages, 90% des habitants des Singapouriens affirment lire régulièrement, notamment des articles en ligne ou des textes sur les réseaux sociaux(Nouvelle fenêtre), mais ils ne sont plus que 28% à ouvrir un livre chaque semaine. Les autorités veulent ramener la population vers des lectures plus longues, plus complexes, pour améliorer la concentration, la pensée critique et l’imagination.
L'idée du National library board est de transformer la lecture en une sorte de jeu, une compétition dans laquelle il y a des points à gagner. Les habitants qui le souhaitent s’enregistrent sur un site internet officiel, et à chaque fois qu’ils ont lu un livre pendant au moins 15 minutes dans la journée, ils le signalent sur cette plateforme.
C'est une déclaration sur l'honneur, il n'y a pas de contrôle par caméra ou via des tests. Quinze minutes de lecture, ce sont 20 points gagnés, et au bout de 1000 points, le gouvernement verse une récompense d'un dollar singapourien, environ 70 centimes d'euro. Ce n’est pas beaucoup, mais les autorités pensent que cela va motiver les participants, qui pourront suivre chaque jour l’accumulation de leurs minutes de lecture, un peu comme ils le font dans des applications de sports, pour suivre l’évolution de leurs performances physiques.
D'autres projets(Nouvelle fenêtre), plus classiques, sont mis en place pour encourager la lecture, notamment dans les écoles. Mais avec son nouveau challenge, le gouvernement tente une approche plus collective. Il a d'ailleurs promis une autre récompense. Si la plateforme enregistre au total 7,5 millions de minutes de lecture dans le pays, il fera un don de 100 000 euros à des programmes d’aide en faveur des communautés les moins aisées.
Source : France Info Culture
L’utilisation institutionnelle de l’intelligence artificielle dans l’industrie du livre nord-américaine a fortement augmenté au cours de la dernière année, même si son adoption individuelle a diminué, selon le deuxième rapport annuel sur l’IA du Book Industry Study Group et de BookNet Canada.
Les données recueillies auprès de 771 professionnels ont révélé que l'utilisation de l'IA au niveau organisationnel chez les éditeurs a bondi à 63 %, contre 48 % en 2025 , tandis que l'utilisation individuelle a chuté de 46 % en 2025 à 38 % aujourd'hui.
Les résultats révèlent une industrie divisée par une ligne de fracture claire : les éditeurs mettent en œuvre l’IA par le biais de politiques et de flux de travail contrôlés, avec une gouvernance étroite, tandis que les personnes qui effectuent le travail se retirent et abordent la technologie avec prudence.
« Le débat autour de l’IA dans l’édition se nuance et s’affine », a déclaré Allison Belan, directrice générale du BISG, dans le rapport. « Les entreprises cherchent de plus en plus à identifier les domaines où ces outils apportent une réelle valeur ajoutée, tout en accordant une importance accrue aux politiques, aux processus maîtrisés et à la gestion des risques. Ces résultats nous offrent une vision plus claire de la situation actuelle du secteur, tant au niveau organisationnel qu’individuel, et mettent en lumière les besoins en matière d’accompagnement et de partage des connaissances. »
Parmi les répondants utilisant l'IA, 72 % ont déclaré qu'elle avait amélioré leur efficacité ou leur productivité. Les usages les plus fréquents de l'IA, tant par les particuliers que par les organisations, concernent les tâches administratives ou opérationnelles (46 % des particuliers et 56 % des organisations) et le marketing (44 % des particuliers et 54 % des organisations). Les organisations sont également plus enclines que les particuliers à utiliser l'IA pour l'analyse ou le reporting de données (41 % contre 36 %).
Les principales préoccupations concernent l'absence de contrôles régissant l'utilisation des œuvres protégées par le droit d'auteur, l'inexactitude des contenus générés par l'IA et la prolifération de livres frauduleux et/ou de mauvaise qualité générés par l'IA qui inondent les principales plateformes de vente au détail.
L'enquête révèle également une certaine prudence face à une adoption plus large. Si 33 % des répondants estiment que le secteur devrait s'adapter aux nouvelles technologies, notamment en adoptant l'IA avec précaution, 79 % estiment qu'il devrait rester informé de l'évolution de l'IA sans pour autant nécessairement s'engager dans sa mise en œuvre ou son adoption. La vigilance prudente semble l'emporter sur un enthousiasme débordant.
/image%2F1174414%2F20260929%2Fob_3ccb5d_daniel-jimenez-jpg.webp%3Fitok%3DlUILDPdM)
Daniel Jiménez Quiroz, cofondateur du festival colombien de BD Entreviñetas, était en visite à Paris le week-end dernier pour le festival Formula Bula. Avec comme objectif de piocher de bonnes idées, mais aussi de partager ses réussites, dont un projet de cartographie de l’écosystème du 9ème art dans son pays financé par l’Unesco. Il a autant d’idées innovantes pour soutenir la bande dessinée dans son pays que de fanzines en risographie et de posters militants dans son sac de voyage. Le Colombien Daniel Jiménez Quiroz conclut cette semaine un rapide tour en Europe, qui l’a mené de Madrid à Angoulême, en passant par le festival Formula Bula à Paris le week-end dernier. Il en a profité pour présenter un imposant roman graphique de 560 pages intitulé Garzón - el duelo impossible d'Alfredo Garzón et Verónica Ochoa, important succès colombien qui cherche preneur à l’étranger, et dont Astiberri a déjà acquis les droits pour l’Espagne.
Mais cette position d’intermédiaire n’est originellement pas la sienne : pour sa seconde visite au festival parisien de la BD indépendante, le volubile Colombien de 39 ans était venu décrire les récents projets de son événement et mieux comprendre le système français lors de la journée professionnelle du Club 99, la Fédération des festivals de bande dessinée et arts associés.
«L’expérience du Club 99 est très intéressante et, je pense, facilement transposable ailleurs, s’enthousiasme-t-il. Mais il faudrait aussi aller plus loin, avec une plateforme internationale de collaboration entre festivals… On ne peut pas se contenter d’avancer seul. »
Toujours regarder plus loin, vers davantage de structuration : voilà le credo de Daniel Jiménez Quiroz, qui le tient en partie de son master en administration et politique culturelle passé à l’Art Institute de Chicago, ainsi que de son expérience passée dans le lent processus de légitimation de la bande dessinée en Colombie.
« Quand j’étais à l’université, j’ai fondé avec des amis la revue Larva, pour promouvoir une production BD locale largement méconnue, se souvient-il. Puis nous avons initié des clubs de lecture, qui ont suscité pas mal d’intérêt et nous ont poussés à créer le festival Entreviñetas en 2010. »
Deux éditeurs et 25 artistes invités, et un vrai succès pour une première édition dans la petite ville d’Armenia, non loin de Bogota.
« On pensait n’en faire qu’une seule édition. Mais face à la demande, nous avons continué et choisi de fonder en 2013 une structure de type organisation à but non lucratif, car cela nous permet d’aller chercher des fonds privés. »
Cette démarche très cadrée est au cœur de la méthode de Daniel Jiménez Quiroz.
« Très vite, nous avons compris qu’il fallait d’abord expliquer aux institutions et à nos potentiels financeurs pourquoi la bande dessinée existe et pourquoi elle est importante, avant même de leur demander un soutien. »
Ce travail préliminaire a été décisif dans un pays où l’industrie du livre est bien moins puissante qu’en France, et dominée par l’influence espagnole.
« Même avec les gouvernements de gauche, plutôt ouverts, il n’a pas été évident de prouver que la BD est partie prenante de l’industrie créative colombienne. Le cinéma et la musique demeurent davantage soutenus, mais nous avons montré le potentiel artistique et commercial d’une bande dessinée. Car elle coûte bien moins cher à produire ! Nous avons des success-stories, il faut les valoriser. »
Ainsi, la scène BD se structurant, la Cour constitutionnelle du pays a fini par intégrer la bande dessinée parmi les œuvres de l’esprit à protéger. Par la suite, cette décision historique a été mise en forme en poster graphique par Entreviñetas, et envoyée à chaque parlementaire pour défendre la TVA à taux réduit sur les BD ! Voilà l’une des actions concrètes et spectaculaires dont se félicite Daniel Jiménez Quiroz, qui est allé encore plus loin : il a décroché en 2023 un financement de l’Unesco, au titre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, une réussite inédite pour acteur de la bande dessinée. Quelque 82 000 dollars ont ainsi été alloués par l’organisation internationale pour le projet « A Mano Alzada » visant à cartographier l’écosystème de la BD colombienne et tracer une feuille de route de développement stratégique.
« Ce label Unesco a tout changé et nous a ouvert de nombreuses portes. »
Désormais, les institutions étatiques et privées sont à l’écoute. La Bibliothèque nationale contribue à la poursuite de l’étude initiale, tandis que la riche Fondation Sura soutient sa déclinaison au Chili. Une marque de confiance essentielle, à l’heure où l’extrême droite est arrivée au pouvoir, coupant 45 % du budget de la Culture.
« Le prix national du roman graphique, qui venait d’être lancé, a été tout simplement annulé… », se désole Daniel Jiménez Quiroz.
Mais ce dernier ne lâche rien : Entreviñetas doit être la rampe de lancement de nombreux projets, tels « Mapatintas », qui vise à soutenir la professionnalisation de collectifs émergents sur le territoire colombien, et pour lequel il a obtenu des financements… franco-allemands ! Ce qui a permis, notamment, à Marina Corro, directrice de Formula Bula, de venir dispenser des formations sur place. La planète BD s’organise, et son centre de gravité pourrait bien se situer de temps en temps en Colombie…