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9 juillet 2026

Avant Japan Expo, les éditeurs indépendants de mangas inquiets pour leur avenir

Fermeture de librairies spécialisées, surproduction, invisibilisation de certains titres… En pleine crise du livre, les éditeurs indépendants de mangas subissent de plein fouet le rétrécissement du marché.

« Je ne suis pas d'un grand optimisme. On est à un moment pivot », alerte Christophe Geldron, patron de NaBan. Les grands éditeurs s'en remettront. Mais pour les petits, ça va être très dur. On risque de devenir de plus en plus invisibles. »

Avec près de 250 tomes par mois en librairie, « le marché est inondé», souligne l'éditeur, avant d’ajouter : « On se retrouve dans la même situation que lors de la précédente crise du manga en 2008-2010. L'erreur des gros éditeurs à l'époque avait été, pour compenser le chiffre d'affaires baissant des grosses séries, de multiplier les titres pour garder un même chiffre d'affaires global. Ça peut créer une crise sévère dans le manga : pas juste un problème de gestion, mais un problème de trop-plein. »

Les premiers effets de cette surproduction se font déjà sentir sur leur quotidien. « Les librairies ne peuvent pas tout prendre et sont obligées de faire des choix. Les mises en place commencent à être divisées par deux, note Benoît Maurer de IMHO. Sur le premier tome de Ranpo Amnesia de Shintaro Kago en 2025, on avait obtenu une mise en place de 962 exemplaires. On en avait vendu 1200. Pour le deuxième tome, en juin dernier, on était sur une mise en place à 413 »

«Les taux de retour ont aussi explosé, ajoute Stéphane Duval du Lézard Noir. Ça dure depuis plus d'un an. J'essaie donc de modérer mes mises en place. Mais je n'ai pas vraiment de solution en ce moment. Ce qui nous tue, ce sont les écarts de paiement entre le moment où tu achètes les droits, tu fais fabriquer et tu es payé. Avant, tu pouvais attendre 18 mois. Maintenant, ça devient tendu. » Sans compter les pertes liées à l'annulation du FIBD 2026. « Les 4 000 euros de stand ne m'ont pas été remboursés », dénonce-t-il.

Pour dégager de la trésorerie, Le Lézard Noir travaille désormais à échéance courte, et non plus sur deux ou trois ans : « Je n'ai pas acheté de nouvelles séries depuis le début de l'année. »

Mais dans un an, « la question des nouveautés à intégrer au catalogue se posera ». Chez IMHO, seulement sept titres seront publiés cette année. « L'année prochaine, il n'y a pas l'ambition d'aller plus loin », précise Benoît Maurer, qui s'autorise aussi des réimpressions ciblées pour ses best-sellers comme La Fille de la plage d'Isio Asano.

Constituer un catalogue s'avère de plus en plus difficile dans ce contexte. « Il faut arriver à prendre des titres que les gros éditeurs n'ont pas réussi à avoir et dont on soupçonne le potentiel commercial, explique Christophe Geldron. C'est très sporadique. En face, il y a des gens qui prennent tout et nous empêchent d'éditer certains titres. Avant, tout le monde faisait des offres énormes sur les gros titres. Maintenant, cette compétition s'est banalisée. Ils vont maintenant aussi sur les petits titres. »

La solution serait la vente directe. « Aller dans les salons comme Japan Expo nous permet de vendre deux fois moins tout en faisant le même chiffre d'affaires qu'en librairie. C'est parfois très salutaire pour nous», indique Christophe Geldron. Il s'appuie aussi sur son site pour vendre. «On va y être obligés pour arriver au palier des 200 exemplaires qui permettent d'équilibrer un projet », complète Stéphane Duval. Les lecteurs sont prêts : IMHO a déjà constaté ces derniers mois une augmentation des ventes sur son site.

De l'avis de ces éditeurs, cette crise est bien partie pour durer. « Je ne la vois pas s'améliorer, assure Stéphane Duval. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas optimiste pour nous. On a de la ressource. Je viens du disque. J'ai connu les crises à répétition dans les années 2000. Ce qui m'inquiète un peu pour mes collègues indés, c'est que certains auront du mal à survivre ou alors ils devront être absorbés par un groupe parce qu'ils n'auront plus le choix

«Ça va faire mal. Tout dépendra de ce qui va se passer dans les six prochains mois pour les libraires», prévient Christophe Geldron. Malgré le contexte difficile, NaBan ne se laisse pas abattre. L'éditeur terminera quoiqu'il arrive la publication du classique du shôjo Le Poème du vent et des arbre de Keiko Takemiya, prévu en dix tomes. « Depuis que j'ai commencé NaBan, je me suis toujours dit que je finirai avec le catalogue au complet. Pour aller au bout de tout. Et ne pas frustrer les gens.

Source : Livres Hebdo

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8 juillet 2026

Le coup de pouce de la bibliothèque municipale d’Argeliers aux pompiers de Bize-Minervois

Le dimanche 5 juillet, la présidente de la bibliothèque municipale d’Argeliers, Patricia Palahi, a remis un chèque de 200 € à l’Amicale des sapeurs-pompiers de Bize-Minervois.

Cette somme correspond au bénéfice de la buvette tenue, la veille, par les bibliothécaires, à l’occasion du marché hebdomadaire. Accueillis par le chef de centre, le capitaine Pierre Rieux, les bénévoles ont eu droit à une visite guidée des installations.

Elles ont pu découvrir les réalités du quotidien des sapeurs-pompiers, notamment les difficultés rencontrées pour la gestion des effectifs, composés en grande majorité de volontaires.

Ce don, particulièrement apprécié, constitue une aide précieuse pour l’acquisition de petits matériels d’intervention ou l’amélioration du cadre de vie à la caserne. En ce début d’été, alors que les secours sont sur tous les fronts, ce geste de solidarité mérite d’être salué.

Source :  L'Indépendant

7 juillet 2026

La bamboche des librairies dans toutes les librairies indépendantes

On pousse la porte et on repart avec un livre, partout en France... et à Barcelone. Un mouvement collectif  initié par Céline dessine n'importe quoi qui vise à soutenir les libraires. Les librairies se plient en 4  pour vous faire vivre une belle journée festive ! Venez, on va bambocher parce qu'une librairie vivante c'est une ville qui lit.

Une journée, le samedi 11 juillet où tout le monde va rendre visite à une librairie indépendante, pour flâner et choisir un livre. Dans le contexte actuel où beaucoup de librairies ferment, cette journée est essentielle. C'est une fête populaire de la lecture qui invite tout le monde a se recommander des livres.

Je vous résume en bref ce qui s'est passé en 2 jours : Mes posts sur la Bamboche des librairies font + de 60 000 vues cumulées et ça n'arrête pas, il y a des story toutes les 2 minutes, il y a eu un article dans LYON FEMME ( Lyon Femmes : L'actu des Lyonnaises d'aujourd'hui et de demain ), j'ai envoyé à des tonnes de médias un communiqué, j'ai fait une affiche pour vous, il y aura  probablement un article dans le Progrès à venir, article dans Grains de sel à venir, sûrement d'autres articles ailleurs, Bruno Sanches a relayé car il est trop chou, Klaire fait Grrr aussi.

 

5 juillet 2026

Fermeture définitive de la FNAC de Bagnols-sur-Cèze ses portes à la fin de l’été

C'est un secret de Polichinelle depuis plusieurs jours. Sur les réseaux sociaux, les Bagnolais relayaient des rumeur sur une possible fermeture de la boutique de La Fnac. La nouvelle est désormais officielle le franchise; baissera définitivement le rideau le 31août prochain. Une information confirme par le groupe Fnac-Darty. A la sortie du centre commercial, plusieurs clients habitués ou occasionnels, ne cachaient pas leur déception.

"Chaque année, je commande les livres scolaires de mes enfants. C'est pratique car il y avait du choix et les livraisons étaient toujours rapides", regrette Florence, un catalogue des articles soldés de la Fnac glissé sous son bras gauche. Maintenant, je vais me retrouver à commander sur Amazon, ce que je voulais à tout prix éviter."

Source : Midi Libre

4 juillet 2026

Une bibliothèque numérique grâce à des tablettes pour une commune rurale des Hauts-de-France

Inutilisées depuis plusieurs années, des tablettes achetées par la mairie de Crouy-Saint-Pierre, dans la Somme, vont être transformées en bibliothèque numérique. À partir de la rentrée, les habitants pourront les emprunter pour accéder gratuitement à des milliers d'ouvrages de la Bibliothèque nationale de France. Oubliées au fond d'un tiroir de la mairie de Crouy-Saint-Pierre (Somme), des tablettes inutilisées depuis 2020 retrouveront une fonction à la rentrée prochaine. Elles constitueront une bibliothèque numérique que les habitants du village pourront emprunter pour accéder à des milliers d'ouvrages. Achetées grâce à une subvention de 5 000 € du conseil départemental de la Somme pour former les seniors à l'informatique, ces dix tablettes sont rapidement devenues inutiles.

"On est un petit village. Les personnes qui en avaient besoin ont appris les bases, puis se sont procuré leur propre matériel pour continuer à pratiquer", explique le maire, Régis Sinoquet.

Avec le renouvellement du conseil municipal, de nouvelles idées ont émergé. L'une d'elles, proposée par l'adjoint Guillaume Denaux, consiste à transformer ces tablettes en liseuses numériques. Il assurera la gestion du projet.
"C'est une façon d'ouvrir la lecture sous une autre forme aux habitants de la commune", estime le maire. Dans ce village où la médiathèque la plus proche se trouve à une dizaine de minutes en voiture, cette bibliothèque numérique vise à faciliter l'accès à la culture, notamment pour les personnes les moins mobiles, comme les personnes âgées ou les jeunes qui ne disposent pas toujours d'un moyen de transport.

Au-delà de la question de l'accès aux services en milieu rural, le dispositif s'inscrit dans la continuité des formations numériques organisées par la commune. Les habitants qui ont appris à utiliser ces tablettes pourront désormais s'en servir pour lire des livres numériques. Une initiation sera proposée avant la rentrée afin de découvrir Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.

"Si les dix tablettes partent directement le jour du lancement, ce sera bien. Ça voudra dire que ça fonctionne", explique Régis Sinoquet, mairie de Crouy-Saint-Pierre.
Le site internet donne principalement accès à des œuvres tombées dans le domaine public, essentiellement des ouvrages anciens. "Mais quand on a épuisé tous les ouvrages anciens, on a déjà passé plusieurs heures de lecture", euphémise Régis Sinoquet. Le maire n'exclut toutefois pas de proposer, à terme, un budget pour acquérir quelques livres numériques plus récents, "sous réserve que le conseil municipal l'approuve". Son objectif est aussi de sécuriser les appareils afin d'empêcher tout téléchargement illégal.

Les habitants ont déjà été informés de cette future bibliothèque numérique par la mairie. Ils découvriront les formalités d'usages lors d'une réunion dans le courant de l'été. Avant même son lancement, le projet suscite l'intérêt : plusieurs maires de communes voisines ont déjà pris contact avec Régis Sinoquet pour en savoir davantage sur cette initiative, qui pourrait faire des émules dans d'autres villages ruraux.

Source : France 3 Hauts-de-France

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3 juillet 2026

Sauramps en liquidation judiciaire après 80 ans d'existence

8h30 ce vendredi matin, les employés de cette institution mythique de Montpellier, vieille de 80 ans, étaient inquiets à leur arrivée au tribunal de commerce. Et l'attente sera probablement longue car les dossiers à examiner sont nombreux, plus de 80. Et celui de Sauramps sera le 47e.

Cette audience, 3 semaines après l'annonce du redressement judiciaire de la librairie qui compte deux magasins, un à Montpellier et un à Alès, dans le Gard, doit décider du sort du groupe Sauramps et donc des employés.

À 10h, pour la première fois depuis 1946, les portes du magasin Sauramps de Montpellier sont restées closes.
Employés, syndicalistes et membres du CSE de Sauramps se sont armés de patience dans les couloirs du tribunal. Car la première audience de leur dossier, à savoir leur passage devant les juges, a eu lieu en fin de matinée.

Apparemment, cela se passe en deux temps. Un premier passage devant le tribunal, puis une audience à huis clos avec uniquement le membres concernés par l'affaire.
Arnaud Bresson, membre du CSE du groupe Sauramps
"L'attente, c'est angoissant, la possible fin de l'aventure, c'est angoissant. Et ce qui est très pénible, c'est de ne rien savoir, le flou depuis des semaines. Et on se prépare au pire" poursuit Arnaud Bresson.

Il faut dire que le secteur du livre est en crise et qu'aucun repreneur ne s'est manifesté à l'issue du redressement judiciaire.
Peu avant midi, la décision est tombée. La justice comme le patron de Sauramps, François Fontès, ont acté la liquidation judiciaire du groupe. C'était aussi la demande du mandataire judiciaire qui a plaidé pour un règlement rapide du dossier "afin de lever l'épée de Damoclès qui pèse sur les salariés depuis des mois".

Même si les salariés étaient préparés à cette issue quasi inéluctable, ils étaient tous très affectés au prononcé de la décision. C'est la fin d'une institution culturelle à Montpellier. Ou pas ? Le propriétaire de Sauramps, François Fontès, travaillerait avec le Conseil régional Occitanie et la métropole de Montpellier à un nouveau concept, avec une reprise partielle des salariés, c'est ce qu'il a déclaré à France 3 Occitanie, ce vendredi midi.

3 juillet 2026

Ouverture de bibliothèque Umberto Eco à Bologne avec avec plus de 32 000 ouvrages provenant de sa maison-atelier

Dix ans après la disparition d’Umberto Eco, Bologne ouvre ses portes à l’un des plus importants fonds bibliographiques d’auteur de l’époque contemporaine. La Bibliothèque Eco a en effet été inaugurée. Ce projet met à la disposition de la communauté scientifique, des étudiants et du grand public la collection personnelle du sémiologue, écrivain et professeur qui a profondément marqué l’histoire culturelle de l’Université de Bologne et la recherche internationale dans le domaine de la sémiotique et des sciences de la communication. L’ouverture de la bibliothèque intervient quelques semaines après la clôture du grand colloque international que l’Alma Mater a consacré à Umberto Eco, un événement qui a rassemblé des centaines de chercheurs, d’universitaires et d’experts venus du monde entier. L’inauguration de cette collection constitue ainsi une nouvelle étape dans le parcours par lequel l’université célèbre l’héritage intellectuel de l’un de ses professeurs les plus éminents, en offrant un nouvel espace dédié à l’étude, à la recherche et à la mise en valeur de son legs. La Bibliothèque Eco a vu le jour grâce au don des héritiers du chercheur et rassemble, dans cette première phase, plus de 32 000 volumes provenant de sa maison-atelier de Milan. Il s’agit d’une collection d’une valeur extraordinaire qui, une fois complétée par le transfert des livres conservés dans la maison de campagne de Monte Cerignone, dans les Marches, constituera l’une des plus importantes bibliothèques d’auteur contemporaines.

L’importance du projet ne réside pas seulement dans l’ampleur numérique du patrimoine livresque, mais surtout dans la possibilité de reconstituer la méthode de travail d’Umberto Eco à travers sa bibliothèque personnelle. Les livres retracent en effet le parcours intellectuel du chercheur, documentent ses sources, les intérêts culturels qui ont accompagné sa production scientifique et littéraire, ainsi que les relations intellectuelles qui ont nourri des décennies de recherche.

Chaque volume représente une pièce d’une mosaïque qui permet de comprendre la manière dont Eco construisait sa pensée, abordait les disciplines, établissait des liens entre différents domaines du savoir et entretenait un dialogue constant avec la culture internationale. La collection devient ainsi un témoignage direct de son activité de chercheur et constitue une ressource d’une grande valeur pour tous ceux qui souhaitent approfondir son approche interdisciplinaire.

La relation entre Umberto Eco et Bologne constitue l’un des éléments centraux de cette initiative. C’est en effet à l’université de Bologne que le sémiologue a mené une partie fondamentale de sa carrière universitaire, contribuant à la formation de générations d’étudiants et de chercheurs et consolidant le rôle de l’Alma Mater en tant que référence internationale en sémiotique et en sciences de la communication.

Au cours de sa carrière universitaire, Eco a contribué de manière décisive au développement d’un environnement de recherche capable d’attirer des chercheurs de nombreux pays, en favorisant les échanges entre différentes disciplines et en promouvant une approche innovante de l’étude des langages, des médias et des phénomènes culturels. L’arrivée de sa bibliothèque au sein de l’université représente donc le prolongement naturel d’un lien tissé au fil des ans et destiné à se poursuivre, notamment grâce à l’ouverture de la collection au public.

Le choix de confier la bibliothèque à l’Université de Bologne revêt une signification qui va au-delà du simple transfert d’un patrimoine livresque. Grâce au don des héritiers, en effet, un outil de travail qui a accompagné l’ensemble de l’activité du chercheur devient un bien partagé, destiné à soutenir de nouvelles recherches, de nouvelles études et de nouvelles occasions d’approfondissement. Pour la communauté universitaire et pour la ville, il s’agit de l’acquisition d’un patrimoine culturel d’une importance extraordinaire, qui conserve la valeur matérielle des livres mais surtout la valeur immatérielle représentée par les liens, les parcours de lecture et les relations entre auteurs et disciplines qui caractérisaient le travail quotidien d’Eco. Le nouveau siège de la Bibliothèque Eco se trouve dans l’aile du XXe siècle du Palazzo Poggi, avec un accès depuis la Piazza Puntoni 2. Bien qu’insérée dans un contexte différent de celui de la résidence privée du chercheur, la collection a été organisée en conservant une grande partie de la structure conceptuelle d’origine qui caractérisait la bibliothèque personnelle d’Eco. L’aménagement des espaces a en effet été conçu pour respecter la logique qui guidait l’organisation des livres dans la maison du chercheur. La bibliothèque s’articule autour d’une série de salles thématiques qui permettent aux visiteurs et aux chercheurs d’explorer les principaux axes de sa pensée, en offrant une clé de lecture qui va au-delà de la simple classification bibliographique. La disposition des volumes n’est pas le résultat d’un catalogage conventionnel, mais représente la reconstitution fidèle du système élaboré au fil des ans par Umberto Eco pour organiser son univers de références culturelles. Pour parvenir à ce résultat, un travail approfondi d’étude et de documentation de la bibliothèque d’origine a été mené. L’ensemble de la collection a en effet été recensé étagère par étagère, en enregistrant avec précision l’emplacement de chaque ouvrage, les séquences thématiques et les associations entre auteurs, sujets et disciplines. Une intervention complexe qui a permis de transférer vers le nouveau site non seulement les livres, mais aussi le système de relations qui en définissait la signification au sein de l’expérience d’étude de leur propriétaire. Ce travail de reconstitution a permis de préserver les critères d’organisation par auteur qui caractérisaient la bibliothèque d’origine. Parmi ceux-ci, le principe du « bon voisin », théorisé par Aby Warburg et partagé par Umberto Eco lui-même, revêt une importance particulière : selon ce principe, la proximité physique des livres sur les rayons favorise l’émergence de liens inattendus, suggère de nouvelles pistes de recherche et stimule le dialogue entre différentes disciplines. Parallèlement à ce principe, la bibliothèque conserve également l’ensemble des relations interdisciplinaires, des renvois entre les textes et des affinités thématiques qui faisaient partie intégrante de la méthode de travail du chercheur. Ainsi, le patrimoine bibliothécaire n’est pas présenté comme une simple collection de volumes, mais comme une représentation concrète de l’atelier intellectuel d’Umberto Eco. La possibilité de conserver cette structure organisationnelle offre aux chercheurs un outil précieux pour comprendre non seulement quels livres Eco lisait et consultait, mais aussi la manière dont il établissait des liens entre différents auteurs, disciplines et traditions culturelles. La bibliothèque devient ainsi un témoignage vivant de son parcours intellectuel et de son activité de recherche.

Son ouverture au public marque en outre un tournant significatif dans l’histoire de la collection. Née comme bibliothèque privée destinée à l’usage personnel de l’un des plus grands intellectuels italiens du XXe siècle et des premières années du nouveau siècle, elle assume aujourd’hui une nouvelle fonction publique, devenant un patrimoine culturel partagé.

Étudiants, chercheurs et universitaires pourront ainsi accéder à une collection qui a accompagné pendant des décennies le travail quotidien d’Eco et qui constitue un témoignage direct des sources utilisées pour ses recherches et pour sa production scientifique et littéraire. Parallèlement, le public intéressé pourra également découvrir de plus près l’un des aspects les moins visibles de la personnalité de l’érudit, en entrant en contact avec le lieu où prenaient forme les idées, les intuitions et les liens destinés à devenir des essais, des romans et des contributions universitaires. L’inauguration de la Bibliothèque Eco confirme en outre le rôle de l’Université de Bologne dans la protection et la mise en valeur du patrimoine culturel contemporain. Le choix de préserver non seulement les volumes, mais aussi l’organisation originale de la collection restitue en effet une dimension authentique du travail intellectuel d’Eco, offrant une expérience d’étude qui préserve intacte la complexité de sa méthode. Avec l’arrivée des ouvrages conservés dans la maison de Monte Cerignone, la bibliothèque s’enrichira encore davantage, élargissant ainsi un patrimoine déjà considéré aujourd’hui comme l’une des plus importantes bibliothèques d’auteurs contemporains. L’ensemble du fonds constituera une ressource destinée à alimenter de nouvelles recherches et de nouvelles perspectives d’étude, tout en maintenant vivant le dialogue avec la pensée et l’œuvre d’Umberto Eco. La Bibliothèque Eco sera accessible tant pour la consultation des ouvrages que dans le cadre de visites guidées. L’accès se fera exclusivement sur réservation, en envoyant une demande à l’adresse e-mail bibliotecaeco@unibo.it.

Source : Finestre sull'arte

2 juillet 2026

Acquisition pour 9 millions d'euros du fonds Camus par la BNF

Des manuscrits originaux, des essais, des lettres, des photographies... Le remarquable fonds d'archives consacré à Albert Camus a fait son entrée en grande pompe, jeudi 2 juillet, dans les collections nationales. "Ce qui rend le fonds extraordinaire, c'est son volume, 250 boîtes soit 50 mètres linéaires, et la qualité des documents qu'il conserve", a souligné Guillaume Fau, directeur du département des manuscrits à la Bibliothèque nationale de France (BNF). "Le deuxième trésor du fonds, après le manuscrit de L'Etranger, c'est celui du Premier Homme, retrouvé dans la voiture où Camus a trouvé la mort", poursuit-il.

Le fonds d'archives comporte aussi des œuvres théâtrales, des agendas, des articles de presse et une partie de la correspondance privée de l'écrivain, notamment avec André Malraux et Simone de Beauvoir. Des documents qui révèlent, par exemple, sa surprise lorsqu'il reçoit le prix Nobel en 1957. Des trésors jusqu'ici conservés par la bibliothèque municipale Méjanes, à Aix-en-Provence, depuis la signature d'une convention de dépôt des archives d'Albert Camus, en avril 2000. La fille de l'écrivain, Catherine Camus, y a régulièrement fait des ajouts, notamment d'éditions traduites en langues étrangères. L'Etat souhaitait depuis longtemps acquérir ces archives.

"C'est un moment particulièrement important et émouvant. C'était une priorité que ce fonds reste en France", a déclaré la ministre de la Culture, Catherine Pégard, lors d'une conférence de presse. "Cette acquisition, pour le montant de 9 millions d'euros, représente l'une des plus importantes dans le domaine littéraire", a-t-elle ajouté.

Le fonds, accessible dès maintenant aux chercheurs, sera présenté au public lors d'une exposition prévue en mars 2027 à la BnF pour célébrer le 70e anniversaire du prix Nobel d'Albert Camus. Le président de la BNF, Gilles Pécout, a annoncé qu'un travail de numérisation du fonds serait réalisé afin de le valoriser et de le rendre accessible au plus grand nombre.

Source : France Info Culture

2 juillet 2026

Le marché du livre papier et numérique belge en 2025

L’Association des éditeurs belges (ADEB) et le PILEn (Partenariat Interprofessionnel du Livre et de l’Édition numérique) publient les chiffres-clés de l’édition en Belgique (FWB. )  Comme pour la France, le marché du livre est un peu en déclin (lire les chiffres pour la France). Premier constat, 50% des éditeurs de FW-B déclarent un CA situé entre 30 000 € et 2 millions €. Pour eux, l’année 2025 accuse une perte de plus de 10 % de leur chiffre d’affaires.  L’année 2025 dessine un paysage contrasté. Si le marché du livre global poursuit son recul, l’activité des éditeurs belges francophones parvient à maintenir une relative stabilité. Ce tour de force repose sur un pilier majeur : la croissance continue de l’édition numérique. En 2025, le marché global du livre de langue française en Belgique a reculé de 1,8 % en valeur, atteignant un chiffre d’affaires de 272,23 millions d’euros. Ce repli est légèrement plus marqué qu’en France, où la baisse s’établit à -1 %.,En effet, seuls trois domaines tirent leur épingle du jeu. La littérature générale (+4,8 %) progresse fortement, portée de manière spectaculaire par le succès phénoménal des thrillers psychologiques de l’autrice américaine Freida McFadden. Les beaux-arts (+5,1 %) affichent une santé étonnante malgré la baisse du pouvoir d’achat. Les ouvrages de loisirs et vie pratique (+1 %) progressent, la baisse des livres de cuisine étant compensée par l’engouement pour le coloriage pour adultes.

À l’inverse, les sciences humaines et techniques (-7,8 %), les bandes dessinées (-6 %). Ces deux catégories sont pénalisées par le reflux du marché des mangas en manque de nouvelles séries phares. Les livres jeunesse (-2,7 %) enregistrent les plus fortes diminutions de l’année. Du côté des canaux de distribution, la désaffection des Grandes Surfaces Alimentaires se confirme de façon spectaculaire avec un effondrement de -17,7 %. Représentant 14 % du marché en 2016, ce canal n’en pèse plus que 5,6 % en 2025.

Cette tendance lourde est accentuée en Belgique par la fermeture des enseignes Cora. Les librairies indépendantes (niveaux 1 et 2) résistent mieux (-0,6 %). Elles maintiennent leur part de marché à 39,4 %.

Malgré la morosité du marché de détail, le chiffre d’affaires global des éditeurs belges francophones (qui englobe les ventes papier, le numérique et la cession de droits) s’élève à 324,94 millions d’euros, limitant son recul à seulement -1,38 %.

Cette résilience s’explique par une véritable performance de l’édition numérique. Ce format compense en grande partie le plongeon des ventes de livres papier.
En effet, le livre imprimé a enregistré une baisse de -5,2 % (le recul le plus important pour ce format depuis 2016), s’établissant à 222,18 millions d’euros.

Focus : Le livre numérique, véritable amortisseur de crise
Le rapport 2025 montre aussi le rôle stratégique et salvateur du format numérique. En progression soutenue de +10,6 %, l’édition numérique franchit un cap historique pour atteindre 92,88 millions d’euros (contre 83,96 millions d’euros en 2024).

Désormais, le numérique représente 28,5 % de l’activité totale des éditeurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le livre numérique consolide sa place de moteur de croissance à côté du papier (68,37 %) et des cessions de droits (3,04 %). Cette réussite numérique n’est pas uniforme mais s’avère le fruit d’une stratégie de niche particulièrement payante. L’essentiel de la croissance numérique se concentre de manière écrasante sur ce segment. Sur les 8,9 millions d’euros de croissance globale générés par le numérique, les sciences humaines en représentent 7,8 millions d’euros.  Ce genre (qui inclut également les ouvrages juridiques) poursuit avec succès sa bascule vers le support dématérialisé, une transition menée sans perte de chiffre d’affaires global depuis 2016.

Le rapport pointe également de nouvelles dynamiques positives sur le support numérique pour les ouvrages scolaires, la littérature générale, ainsi que le secteur parascolaire et de la vie pratique.

À l’opposé, certains genres restent structurellement attachés au papier. L’activité numérique des bandes dessinées (-4,3 %) et des livres jeunesse (-4,65 %) recule cette année, bien que leurs volumes globaux restent supérieurs aux niveaux d’avant 2021. De même, l’édition scolaire en langue française reste très peu alimentée par le numérique et s’avère atone depuis dix ans, la légère croissance du secteur scolaire belge (+2 %) étant presque exclusivement portée par les manuels imprimés en langue néerlandaise produits par des éditeurs francophones. L’année 2025 confirme que la numérisation des catalogues, en particulier dans les secteurs professionnels et académiques comme les sciences humaines, constitue une formidable stratégie de défense pour l’édition belge francophone.

Alors que la production papier souffre de la baisse du pouvoir d’achat et d’une hausse du prix moyen du livre inférieure à l’inflation, le virage numérique permet aux éditeurs de maintenir leurs positions économiques et d’amortir la crise structurelle qui frappe le livre imprimé.

Source : Idboox

1 juillet 2026

Don de livres aux bibliothèques de Saint-Denis à la Réunion par la FNAC après sa fermeture

La fermeture de la FNAC à La Réunion permettra finalement à des milliers de livres de poursuivre leur histoire. L’enseigne a fait don d’un important stock d’ouvrages à la Ville de Saint-Denis afin d’enrichir les collections des médiathèques. Dans un premier temps, ces livres seront intégrés au Réseau de Lecture Publique de la commune. Une partie viendra également compléter le fonds jeunesse du dispositif « Silence, on lit ! », destiné à encourager la lecture chez les plus jeunes.

À terme, ces ouvrages pourront aussi être mis à disposition des communes de la CINOR, des mairies annexes, puis d’autres réseaux de lecture de l’île, afin de toucher un public toujours plus large.

La Ville de Saint-Denis salue ce geste de la FNAC, qui permettra à des milliers de livres de continuer à être lus, empruntés et partagés, tout en facilitant l’accès à la culture pour les habitants.

Source : Radio Free Dom

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