L’autrice à succès Freida McFadden frappe fort une nouvelle fois. Son dernier roman Le Boyfriend, sorti en librairie mercredi 8 octobre 2025, affiche déjà plus de 56 000 ventes en seulement quatre jours, d’après les chiffres GfK relayés par Le Parisien .
Dans cet ouvrage, l’écrivaine américaine délaisse Millie, l’héroïne de La Femme de ménage, et nous présente Sydney. « Célibataire, Sydney n’a jamais eu vraiment de chance en amour. Jusqu’au jour où elle rencontre Tom. Il est charmant, séduisant, et médecin dans un hôpital. C’est l’homme idéal et Sydney est conquise », décrit le résumé en quatrième de couverture.
Au même moment, plusieurs femmes trouvent la mort à New York. Le suspect : « un homme mystérieux qui entretiendrait une relation avec ses victimes avant de les assassiner. » Sydney commence alors à douter de Tom, qui n’est peut-être pas si parfait qu’elle le croit. Ce nouveau roman, qui promet comme les autres d’être addictif, pourrait lui aussi devenir un best-seller. Comme l’indiquent nos confrères, Freida McFadden a réussi à placer six de ses ouvrages dans le classement des dix livres les plus vendus en France du 6 au 12 octobre. Pour Frédéric Thibaud, le fondateur de City Éditions, le succès de ces livres repose notamment sur le fait que tous les romans de l’écrivaine « mettent en scène des héroïnes de caractère, des femmes très fortes. Il y a toujours ce désir de revanche sociale des femmes sur les hommes ».
Le livre La Femme de ménage va d’ailleurs être adapté au cinéma. Le film sortira le 24 décembre 2025. Sydney Sweeney, Amanda Seyfried et Brandon Sklenar font notamment partie du casting.
À compter d'aujourd'hui, Amazon propose une nouvelle option permettant aux clients d'économiser tout en bénéficiant d'un accès simple et pratique à leur prochaine lecture. Les clients peuvent simplement sélectionner un point de retrait éligible lors du paiement sur Amazon.fr pour bénéficier d'une remise de 5 % sur le prix de vente, en plus de la livraison gratuite, pour leurs achats de livres neufs en format papier. Cette option est disponible pour les livres neufs vendus par Amazon et expédiés vers une sélection de points de retrait situés dans un vaste réseau de plus de 3 000 points de retrait éligibles partout en France, situés dans des commerces qui vendent des livres. Plus de 70 % de ces points de retrait sont situés dans des zones rurales ou des petites villes, ce qui rend ces bénéfices accessibles aux lecteurs de communes comme Mernel (Ille-et-Vilaine), Courrieres (Pas-de-Calais), Soual (Tarn), Drumettaz-Clarafond (Auvergne-Rhône-Alpes) et de nombreuses autres petites villes et villages français. La majorité de ces points de retrait sont des comptoirs d'accueil et des guichets de commerces locaux explique Amazon dans un communiqué de presse.
Dans un contexte où la lecture connaît une forte baisse en France (-6 % par rapport à 2023 selon le Centre National du Livre), Amazon défend un accès facile et équitable à la lecture. Selon une récente enquête Ifop, les Français reconnaissent la contribution d'Internet à leur accès aux livres : 72 % considèrent qu'ils ont accès à une plus grande diversité de livres qu'auparavant et 71 % qu'il est plus facile d'accéder aux livres qu'ils souhaitent lire.
« Depuis 25 ans, Amazon s'engage à offrir à tous les lecteurs en France un accès simple et large aux œuvres littéraires. Nous sommes ravis de proposer désormais ce double avantage d'une remise de 5 % et de la livraison gratuite dans un vaste réseau de points de retrait à l'échelle nationale. Cette initiative reflète notre engagement à long terme pour rendre les livres plus accessibles à tous les lecteurs, où qu'ils se trouvent », a déclaré Géraldine Codron, responsable de la catégorie Livres, Amazon.fr.
La fermeture de Baker & Taylor, distributeur historique auprès de milliers de bibliothèques américaines est programmée. Après l’échec d’un projet de reprise par ReaderLink, l’entreprise vient d'annoncer un plan de liquidation qui entraînera plus de 500 suppressions de postes d’ici la fin de l’année. Un dernier noyau d’employés assurera fin des activités du distributeur jusqu’au 3 janvier 2026.
Pour le secteur, c’est un séisme. Baker & Taylor assurait depuis des décennies la distribution centralisée d’ouvrages, le catalogage, l’équipement et la logistique pour les réseaux publics. Sa disparition va contraindre les bibliothèques à réorganiser en urgence leurs circuits d’approvisionnement, déjà fragilisés par des retards de livraison massifs ces derniers mois. Les acteurs alternatifs que sont Ingram ou Bookazine tentent de se positionner, mais leur capacité à absorber un tel volume reste incertaine, d'après nos confères de Publishers Weekly.
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné depuis novembre 2024 pour atteinte à l’intégrité nationale et dont la condamnation à cinq ans a été confirmée en appel le 1ᵉʳ juillet dernier, a été élu à l’Académie Royale de langue et de littérature française en Belgique.
Cette distinction a été annoncée dimanche 12 octobre par le secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et de littérature française en Belgique, en l’occurrence Yves Namur. Il y succède à feu Michel del Castillo et occupera désormais le fauteuil 37.
Dans un communiqué, l’Académie, qui lui avait déjà remis un prix de littérature francophone en 2007, a déclaré que « Boualem Sansal incarne la haute fonction créative de l’écrivain, indissociable de la liberté nécessaire à son exercice« .
Au premier étage du bâtiment, à quelques mètres seulement d'animaux empaillés, un nouveau lieu est lui aussi au centre de l'attention. En plein cœur du Muséum d'Orléans pour la biodiversité et l'environnement , une bibliothèque a été inaugurée hier.
"Ce n'est pas une bibliothèque de chercheurs, même si bien entendu, les chercheurs sont les bienvenus. On voulait vraiment que ce soit ouvert à tous les publics. Et pour cela, cette bibliothèque est entièrement gratuite. Il y a environ 10.000 livres, des albums jeunesse mais aussi beaucoup de beaux livres, de vulgarisation, sur le vivant et sur toutes les sciences représentées au muséum", explique Dominique Jeuvrey, bibliothécaire et documentaliste du MOBE à Ici Orléans.
Il est possible d'emprunter ces livres avec la même carte que celle utilisée dans le réseau de bibliothèques publiques de la ville. La bibliothèque du MOBE est ouverte les mêmes jours et aux mêmes horaires que le muséum.
6 967 989, c'est le nombre d'usagers inscrits dans les bibliothèques publiques en 2025 selon le ministère de la Culture. Soit une hausse de 11 % par rapport à 2024 et un record battu par rapport à l'année 2003 où 6,93 millions d'inscrits avaient alors été enregistrés. "Cette poussée intervient après une première forte augmentation de 7 % enregistrée entre 2023 et 2024" estime la Banque des territoires ; "en deux ans, les bibliothèques publiques comptent ainsi plus d'un million d'inscrits supplémentaires."
Les bibliothèques universitaires et autres établissements culturel et scientifique, quant à eux, comptent désormais 1 014 545 inscrits soit une baisse de 1 % par rapport à 2024. De leur côté, les autres bibliothèques accueillant du public pour le prêt recensent 278 720 usagers inscrits.
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce regain d'inscriptions notamment l'extension des horaires d'ouverture dans plus de 710 communes. Plusieurs grandes villes ont ainsi décidé d'ouvrir leurs bibliothèques le dimanche attirant ainsi un public qui ne peut s'y rendre pendant les autres jours de la semaine. Autre facteur d'augmentation, la multiplication de dispositifs de prêts et de retours ou la possibilité de rendre les ouvrages dans n'importe quel point du réseau. "À Nantes, où toutes ces mesures ont été mises en place, la hausse de la fréquentation a été de plus de 55 % en deux ans" précise la Banque des territoires.
Les bibliothèques publiques engrangent également un succès après l'opération "Biblis en folie" lancée pour la première fois en 2024 à destination du public le plus large possible. "Premier service culturel de proximité" comme le rappelle le ministère de la Culture, les 16 500 bibliothèques et points d'accès à la lecture gérés par les collectivités irriguent le territoire national.
37 % des Français de plus de 15 ans déclarent s'être rendus en bibliothèque en 2024 contre 30 % en 2023. Plus de 258 millions de prêts ont été enregistrés en 2024 soit 10 millions de plus qu'en 2023.
Après avoir couronné en 2024 la Sud-Coréenne Han Kang, première femme asiatique à recevoir le Nobel de littérature, l'Académie suédoise a remis sa célèbre distinction à László Krasznahorkai, 71 ans, ce jeudi 9 octobre.
L'écrivain hongrois a été récompensé "pour son oeuvre fascinante et visionnaire qui, au milieu d'une terreur apocalyptique, réaffirme le pouvoir de l'art", a expliqué le jury.
Né le 5 janvier 1954 à Gyula, dans le sud-est de la Hongrie, Laszlo Krasznahorkai est surtout lu en Allemagne, où il a vécu pendant des années, et en Hongrie, où il est considéré par beaucoup comme l'un des plus importants auteurs vivants du pays.
László Krasznahorkai est "un grand écrivain épique dans la tradition d'Europe centrale qui s'étend de Kafka à Thomas Bernhard, et se caractérise par l'absurdisme et l'excès grotesque. Mais il a plus d'une corde à son arc, et il se tourne également vers l'Orient en adoptant un ton plus contemplatif et finement calibré", selon l'Académie.
Difficile et exigeant, son style a été décrit par le Hongrois lui-même comme "la réalité examinée jusqu'à la folie". Son penchant pour les longues phrases et les rares coupures de paragraphe ont également valu à l'écrivain d'être qualifié d'"obsessionnel".
Les Walt Disney Studios viennent de remporter une enchère compétitive pour les droits de la série fantastique Impossibles Créatures de l’auteure britannique Katherine Rundell, dans un accord évalué à plusieurs millions de dollars. L’écrivaine, professeure à l’Université d’Oxford, adaptera elle-même les deux premiers tomes en scénarios. Ce projet marque un investissement majeur pour Disney, qui vise à développer une franchise incluant films, produits dérivés et potentiellement des attractions dans ses parcs. Publiée en 2023 pour le premier tome et en 2025 pour le second, Le Roi Empoisonné, la série a connu un engouement comparable à celui de Harry Potter ou Twilight. Katherine Rundell, ayant étudié au St Catherine’s College à Oxford et au All Souls College, est devenue la première auteure britannique de littérature jeunesse depuis J.K. Rowling à dominer simultanément les classements des meilleures ventes au Royaume-Uni et aux États-Unis. Les deux ouvrages publiés ont dépassé les quatre millions d’exemplaires vendus mondialement. Initialement prévue comme une trilogie, la saga s’étendra sur cinq romans, avec des spin-offs et préquelles annoncés. Au Royaume-Uni, pays d’origine de l’auteure, les livres sont édités par Bloomsbury. En France, ils sont publiés par Gallimard Jeunesse. En 2024, Rundell a reçu les prix d’Auteure de l’Année et de Livre Jeunesse de l’Année aux British Book Awards, confirmant son statut dans le paysage littéraire jeunesse.
L’histoire se déroule dans l’Archipel de Glimouria, un monde magique caché. Christopher, un garçon humain, y accède par accident depuis les Highlands écossaises, où il passe ses vacances chez son grand-père. Il rencontre Mal, une jeune habitante de ce royaume, et ensemble, ils tentent de sauver des créatures magiques affaiblies par un déclin de la force vitale qui les anime. Ce récit mêle aventure, écologie et mythologie, avec un dialogue vif salué par la critique.’Disney, qui a surpassé Warner Bros. et Netflix dans les négociations, obtient non seulement les droits sur les cinq tomes, mais aussi un accord de première option avec Rundell et son partenaire créatif Charles Collier via leur société Impossible Films. Basée à Londres, cette entité compte Alexandra Derbyshire (productrice de Paddington 2 et Wonka) et Simon Bax (ancien directeur financier de Pixar et président des opérations chez Fox). Tous les projets littéraires actuels et futurs de Rundell seront priorisés pour Disney.
L’accord a été piloté par David Greenbaum, président de Disney Live Action et 20th Century Studios, avec Daria Cercek, Allison Erlikhman et Clare Reeth. Emily Dayton, directrice des affaires littéraires, a défendu le projet dès le début. Bob Iger, PDG de The Walt Disney Company, et Alan Bergman, co-président de Disney Entertainment, ont supervisé l’opération. Greenbaum, diplômé d’Oxford, a noué un lien personnel avec Rundell lors des discussions à Londres cet été.
Dans une déclaration, Iger a exprimé son enthousiasme : « Quand j’ai lu Impossibles Créatures, j’ai su que cela appartenait à Disney. J’ai été immédiatement attiré par le monde vibrant imaginé par Katherine et les possibilités de collaboration. » Bergman et Greenbaum ont ajouté : « Katherine Rundell a magistralement créé un monde spectaculaire et immersif avec Impossibles Créatures, et sa vision s’accorde parfaitement avec la tradition narrative de Disney. »
Rundell a réagi : « Je suis absolument ravie de m’associer à Disney. C’est un privilège d’écrire ces scénarios et de développer les premiers films de la franchise avec Charles, mon équipe chez Impossible Films, et l’exceptionnelle équipe de Disney. » L’accord a été négocié par Collier pour Rundell, directement avec l’équipe Disney menée par Greenbaum.
Ce partenariat reflète la stratégie de Disney pour diversifier ses adaptations en prises de vues réelles au-delà des remakes, malgré le succès de Lilo & Stitch (plus d’un milliard de dollars au box-office) par exemple. Avec Rundell aux commandes des scénarii, Disney mise sur une saga familiale inspirante, potentiellement étendue à des attractions thématiques. Ce projet positionne l’auteure comme une figure clé dans l’industrie, prête à élargir son univers littéraire au cinéma.Et surtout, cela permet à Disney de s’offrir une seconde grosse franchise de fantasy (après Percy Jackson) pour rivaliser avec Warner (Harry Potter / Le Seigneur des Anneaux), Universal (Dragons) ou encore Netflix (Le Monde de Narnia).
Joseph Incardona, 56 ans, écrivain basé à Genève, a remporté lundi 6 octobre le prix des Deux Magots pour son ouvrage Le monde est fatigué (éditions Finitude), ont annoncé les organisateurs. Au palmarès de ce prix littéraire, il succède à Jean-Pierre Montal, récompensé en octobre 2024 pour La Face Nord. Incardona l'a emporté à l'issue du second tour, à égalité de voix avec Victor Pouchet (Voyage voyage, Gallimard), mais en bénéficiant de celle du président, Étienne de Montety.bUn an et demi après le grinçant Stella et l'Amérique, l'écrivain suisse raconte cette fois l'histoire d'Ève, une sirène professionnelle qui nage dans les plus grands aquariums du monde, de Dubaï à Tokyo. Or sa queue en silicone, longue de deux mètres, cache un corps mutilé à cause d'un accident de la route dont elle cherche le responsable, dans l'espoir de se venger.
Le jury du prix des Deux Magots a adopté pour tradition de délibérer devant un parterre d'invités dans la grande salle de la célèbre brasserie du même nom, située dans le quartier Saint-Germain-des-Prés à Paris. Créé en 1933, le prix est doté de 7 700 euros. Il récompense cette année Finitude, une maison d'édition créée en 2002 à Bordeaux pour promouvoir "une littérature puissante ou décalée, française ou étrangère, d'hier ou d'aujourd'hui".
Une étude inédite de la Sofia présentée ce vendredi 3 octobre lors des journées professionnelles du festival Livres d’en haut, à Lille, objective la part de l’édition indépendante dans les achats de bibliothèques. Si l’échantillon de cette première étude est limité, celle-ci a le mérite d'offrir un premier aperçu des rapports de force entre les bibliothécaires et les éditeurs indépendants. L’organisme de gestion collective a analysé les données d’achat des bibliothèques de titres provenant de 338 éditeurs affiliés à la FEDEI, la Fédération des Éditeurs Indépendants. Sur la période 2020-2023, ces éditeurs ont généré 17,8 millions d'euros de ventes, représentant 1,2 million d'exemplaires vendus à des bibliothèques issues de onze régions métropolitaines et d'une collectivité d'outre-mer.
« Jusqu'alors, nous ne pouvions mesurer la place de l'édition indépendante en médiathèque », a déclaré Dominique Tourte, éditeur et membre du collège d'administration de la FEDEI. « Ce travail permet d'arriver à une forme d'objectivation de cette présence », a-t-il affirmé lors de la table ronde de présentation des résultats.
L'étude, lancée après les 2e Assises de la FEDEI à Bordeaux, en février dernier, intervient après la mise en application de la loi Robert de 2021, qui impose aux bibliothèques des collections « pluralistes et diversifiées » représentant « la multiplicité des connaissances, des courants d'idées et des productions éditoriales ». « Par le renforcement de la place de l'édition indépendante en médiathèque, on arrive à toucher cette diversification », a rappelé Dominique Tourte.
Les 338 éditeurs étudiés représentent 3,9 % du montant total des achats des bibliothèques en France, toutes catégories confondues (municipales, départementales, universitaires, associatives). Cette part, légèrement supérieure à celle observée en librairie selon Geoffroy Pelletier, directeur de la Sofia, affiche une « tendance à augmenter légèrement » sur les quatre années analysées, malgré une stagnation du montant global des acquisitions. Chaque année, ces éditeurs écoulent en moyenne 300 000 exemplaires auprès des bibliothèques, soit environ 950 par structure éditoriale. Le montant médian par éditeur s'établit à 2 000 euros, très en-deçà de la moyenne de 14 000 euros, révélant « une forte concentration au sein même de l'édition indépendante », selon Geoffroy Pelletier.
Les chiffres confirment cette disparité : un tiers des 338 éditeurs concentre 94 % des achats, et les vingt premiers en captent 54 %. « Les dix premiers éditeurs sont des éditeurs jeunesse », a précisé le directeur de la Sofia. L'étude révèle des disparités selon les types d'établissements. Si les bibliothèques municipales demeurent les plus acheteuses en volume, les bibliothèques départementales de prêt (BDP) se distinguent : elles constituent « un marché pratiquement deux fois plus important pour ces 338 éditeurs que pour l'ensemble des autres éditeurs », a souligné Geoffroy Pelletier. Les bibliothèques associatives affichent également « une appétence un peu plus grande pour l'édition indépendante », bien qu’ayant une part de marché global assez faible. À l'inverse, les bibliothèques universitaires restent en retrait, probablement en raison de catalogues « qui intéressent moins les BU », selon l'analyse de la Sofia. La proximité géographique joue un rôle mesuré dans les acquisitions. Les bibliothèques d'une région achètent légèrement plus aux éditeurs locaux qu'à l'ensemble du secteur, mais les écarts restent modestes – à l'exception notable de la Bretagne, où « la part de marché des bibliothèques bretonnes est pratiquement trois fois plus importante » pour les éditeurs régionaux.
« Il y a une vraie diversité d'acquisitions de la part des bibliothèques de région auprès de l'ensemble de l'édition indépendante », a conclu Geoffroy Pelletier.
Pour Jean-Rémi François, vice-président de l'Association des bibliothèques de France (ABF), ces données s'inscrivent dans une réflexion plus large. « Comment chaque bibliothécaire, dans sa pratique quotidienne, peut travailler à la valorisation de ses collections en étant conscient de son rôle à travers l'ensemble de ces acteurs ? », a-t-il questionné devant l’assistance d’une cinquantaine de professionnels dont des libraires et bibliothécaires.
Soazig Cadio, bibliothécaire à la BPI, a insisté sur le rôle économique des 16 000 bibliothèques françaises. « Nous sommes un maillon indispensable à cette dispersion, face à un monde où 90 % de l'édition appartient à une poignée » d’actionnaires, affirme-t-elle.
En moyenne, 15 000 titres différents de ces 338 éditeurs sont acquis chaque année, témoignant d'une « extrême diversité des politiques d'acquisition », selon le directeur de la Sofia. Cette diversité s'explique par « le travail de relais des librairies qui présentent ces livres » et la gestion par les bibliothèques de « la rareté », comme l'a souligné Soazig Cadio. « Les 10 000 œuvres les plus empruntées représentent moins de la moitié des prêts ».
Geoffroy Pelletier a identifié « une marge de progression » tout en tempérant : « Le 3,9 %, c'est la part des 338 éditeurs, ce n'est pas la part de l'édition indépendante dans les bibliothèques ». Reste à poursuivre le travail en affinant la recherche tout en l’ouvrant aux autres structures éditoriales « indépendantes », dont le nombre oscille entre 1 500 et 7 000, selon les sources.