De nombreux éditeurs se trouvent pris entre scepticisme et pression pour agir face à l'intelligence artificielle. Un livre blanc de Stefanie Herr () et Okke Schlüter (HdM Stuttgart) propose des recommandations pratiques et des exemples de bonnes pratiques, spécifiquement destinés aux petits et moyens éditeurs. L'étude d' IG Digital de l' Association allemande des éditeurs et libraires montre :
84 % des éditeurs interrogés s’attendent à ce que l’IA soit un facteur de succès décisif dans cinq ans , mais seulement 9 % y attachent actuellement une grande importance.
L'industrie est en phase de transition et aborde l'IA avec prudence . Les principales raisons en sont les incertitudes juridiques , notamment en matière de droits d'auteur , de protection des données et d'acceptation par les lecteurs .
De nombreux employés du secteur de l'édition craignent que l'utilisation de l'IA puisse enfreindre le RGPD ou perdre le contrôle des contenus protégés par le droit d'auteur. Les ressources humaines et financières sont également citées comme des obstacles : « Le principal défi réside dans le manque de ressources (coûts et personnel) des petites entreprises pour utiliser les outils et les processus de manière ciblée. Les applications potentielles [...] sont considérables » (citation d'un participant à l'étude).
Malgré le scepticisme, les exemples de bonnes pratiques démontrent le potentiel de l'IA dans l'édition. Les grandes entreprises de médias utilisent l'analyse prédictive pour aligner plus précisément la diffusion sur la demande. Dans la gestion des métadonnées , l'IA permet de créer automatiquement des fiches d'information, de nommer des catégories thématiques et de générer des mots-clés. Sur les réseaux sociaux, les outils d'IA permettent d'automatiser la création de publications, d'analyser les publics cibles et d'optimiser les délais de publication. L'utilisation de modèles de génération augmentée par récupération (RAG) est particulièrement innovante : les systèmes d'IA sont enrichis par le contenu actuel des éditeurs pour faciliter la recherche ou la sélection de sujets, par exemple.
Pour les éditeurs ayant peu ou pas d’expérience avec l’IA, le livre blanc recommande une approche étape par étape et fournit des conseils sur la manière de démarrer immédiatement et sur la marche à suivre :
Formation d’un groupe de travail sur l’IA composé d’employés dédiés qui développeront une expertise interne en IA et surveilleront les tendances.
Prévoyez du temps pour l'expérimentation : les employés doivent être encouragés à tester régulièrement de nouveaux outils d'IA. Ils doivent prévoir du temps pour cela dans leur agenda.
Définir des objectifs : Établir des lignes directrices et des objectifs clairs pour l’utilisation de l’IA en interne.
Proposer des formations pour acquérir une compréhension de base des applications de l'IA. Les premiers points de contact sont le Digital Knowledge Hub de la Börsenverein et le Media Campus Frankfurt.
Vérification de la structure des données : vos données sont-elles lisibles par machine ? C'est la base de la réussite des applications d'IA.
Lancer des projets pilotes : sélectionner un cas d'utilisation identifié et développer un prototype simple. Même les petits succès, comme la création automatisée de comptes rendus de réunion ou de textes de newsletter, doivent être mis en avant et célébrés.
Le livre blanc souligne l'importance d'agir rapidement et stratégiquement. L'expérience montre que les entreprises qui hésitent le plus longtemps parviennent rarement à mettre en place leurs propres modèles économiques ou à nouer des collaborations significatives. Les auteurs recommandent également de revoir régulièrement sa propre stratégie d'IA, d'impliquer les employés et d'en mesurer la réussite. Les collaborations avec des partenaires du secteur peuvent également favoriser la mutualisation des ressources et le partage d'expériences. « Mieux vaut faire que réussir » : selon le livre blanc, la rapidité et la volonté d'apprendre sont essentielles pour garder une longueur d'avance sur les concurrents extérieurs à votre secteur.
La célèbre Bibliothèque publique d’information (BPI) du Centre Pompidou, fermée depuis le mois de mars, a rouvert ses portes dans le bâtiment Lumière, dans le 12e arrondissement de Paris, ce lundi 25 août. Pour le plus grand bonheur de ses visiteurs, étudiants ou non. Loin de la file d'attente habituelle qui pouvait faire le tour du Centre Pompidou, quelques dizaines de personnes se sont présentées ce lundi midi à l'ouverture de la BPI Lumière, dans le 12e arrondissement de Paris.
"J'habite vraiment à 2 minutes du Centre Pompidou. C'est un peu moins bien pour moi", regrette Zoé, 26 ans, étudiante en histoire de l'art et qui prépare son mémoire. "Mais il y a peu de bibliothèques ouvertes l'été. La BPI est ouverte tout le temps, même les jours fériés. Et aujourd'hui, je viens à la BPI Lumière parce que c'était la bibliothèque qui ouvrait le plus tôt", poursuit-elle.
Avec ses horaires très étendus, la BPI attire de nombreux étudiants. Zoé, qui part en vacances demain, prévoit de rester jusqu'à la fermeture, à 22 heures.
Amaury, 19 ans et étudiant en prépa littéraire, fait aussi partie des premiers à avoir poussé les portes de la nouvelle bibliothèque. "C'est un lieu de travail qui me sert énormément dans mes études, parce que les autres bibliothèques ne proposent pas autant d'amplitude horaire. Puis il y a énormément de ressources. Ça m'a manqué quand elle était fermée, surtout les week-ends", explique le jeune homme.
Avec sa gratuité, l'une des spécificités de la BPI est sa population très variée. Des touristes, des chercheurs étrangers, et même une femme présente lors de l'ouverture de la bibliothèque au Centre Pompidou en 1977, sont présents ce lundi. "Je ne pouvais pas rater ça !", s'exclame-t-elle, plongée dans un cours de langue interactif.
Sacha, 36 ans, venu avec son compagnon, habite, lui, juste à côté de la nouvelle BPI. Il y vient régulièrement pour préparer un projet personnel. "C'est très agréable. La seule différence que je vois avec l'ancienne, c'est que c'est bas de plafond. Et c'est plus propre !"
"C'est comme si on avait construit une nouvelle bibliothèque . Ce lieu a nécessité d'importantes préparations. Il a notamment fallu chercher 10 000 m² dans Paris intra-muros. Trouver le lieu, le faire valider, trouver l'argent, c'était une étape décisive", raconte Christine Carrier, directrice de la BPI.
L'ancienne bibliothèque pouvait accueillir 2 134 personnes précisément, celle-ci, légèrement plus petite, peu en recevoir 1 500. Les horaires restent inchangés et cela, pour la durée des travaux du Centre Pompidou, au moins jusqu'en 2030. Le temps d'élaborer un nouveau projet ambitieux pour cette bibliothèque nationale lorsqu'elle retrouvera ses locaux flambant neufs.
La rentrée littéraire de septembre 2025 compte 484 références, soit 5,45% de plus qu'en 2024 (459 romans). Au mur, des dessins et des suspensions bohème plongent la librairie L’instant, dans le quinzième arrondissement de Paris, au coeur d'un univers chaleureux et boisé. En ce jour caniculaire de l'été, alors que Sandrine Babu, gérante de la librairie, s'occupe de conseiller des clients étrangers venus découvrir la littérature française, Sylvestre, employé depuis trois ans, range plusieurs ouvrages dans des cartons empilés au fond de la boutique. Comme les plus de 3000 librairies indépendantes qui existent en France, Sandrine et Sylvestre se préparent à la rentrée littéraire d'août-septembre 2025. Cette année, à compter du 13 août, 484 références doivent paraître, soit 5,45% de plus qu'en 2024 (459 romans). Pourtant, à côté de la rentrée littéraire, le nombre de nouveautés à l'année, tend à baisser : selon le Syndicat national de l'édition (SNE), il y a 19 % de nouveautés en moins en 2024 qu'en 2019. Une tendance qui s'explique par une prudence éditoriale et une économie plus resserrée. "La production était exponentielle depuis une vingtaine d'années, analyse Anaïs Massola, librairie et créatrice de l'Association pour l'écologie du livre. Mais depuis 2-3 ans, avec la hausse du prix du papier et de l'énergie, on assiste à une diminution de la production. C'est principalement dû à une question de coût, pas à une volonté de moins produire."
Comme chaque mois, mais encore plus pendant l’été, la librairie L'instant passe en rayon ses plus de 7000 livres, et détermine ceux qu'elle va retourner aux éditeurs. Le choix se fait selon plusieurs paramètres, auxquels le logiciel de gestion de livres Tite-Live, très utilisé par les librairies indépendantes, donne accès : le taux de présence de l'ouvrage dans les autres librairies, sa date d’entrée sur les étagères de la librairie et son nombre de ventes.
Le taux de retour de la librairie L'instant, c'est-à-dire le pourcentage de nouveautés reçues par la librairie, invendus pendant une période et ensuite renvoyés au fournisseur, est de 13 %. C'est inférieur à la moyenne des librairies indépendantes, qui se situe aux alentours de 18 %, selon les chiffres Syndicat de la librairie française. "Un retour reste pour nous toujours un échec", admet Sandrine Babu.
Lorsqu'elle retourne un livre, l'éditeur le rembourse au prix de vente initial, sans les frais de port. Une compensation économique agréable certes, mais qui nécessite tout de même de l'organisation logistique et du temps de manutention. Le retour met en action toute la chaîne du livre. Une fois les cartons faits par les libraires, les ouvrages rendus sont acheminés jusqu'à des entrepôts de stockage, gérés par des distributeurs. Ces derniers travaillent en lien avec les éditeurs, en s'occupant de la préparation des commandes, des expéditions et, donc, du stockage. Une fois le livre retourné, deux possibilités s'ouvrent : soit le livre est en bon état et l'éditeur estime qu'il peut encore se vendre, il va alors être réinjecté dans une autre librairie (ou bien gardé en stockage) ; soit le livre est en mauvais état, du fait de son exposition en librairie ou du transport, et alors celui-ci va être envoyé au pilon (autrement dit détruit). "Imaginez un livre que vous recevez, qui est resté plusieurs mois en librairie et qui a pris la poussière, qui a été consulté. Après, c'est très difficile de le remettre en circulation. Si vous envoyez l'équivalent d'un livre d'occasion à un libraire et que vous lui facturez au prix de vente initial, ce n'est pas envisageable", juge pour franceinfo Culture Jean-Marc Levent, directeur commercial aux éditions Grasset.
En 2022, 25 000 tonnes d'ouvrages ont été pilonnées, soit 60 % de l'ensemble des retours, selon des chiffres du SNE. Ces dernières années, les acteurs de la chaîne du livre constatent une accélération des flux aller et retour des ouvrages. Une économie de surproduction qui pousse à publier toujours plus, créant de fait des retours de livres toujours plus rapides. L'ouvrage bascule alors d'un bien culturel à un bien de consommation. "Pour les libraires, c'est difficile de suivre les ouvrages sur le temps long. Ils ont des espaces limités et doivent renouveler leurs offres. Ce n'est pas une plus grosse quantité de production qu'on observe, mais une accélération, qui est une aberration écologique et du temps perdu pour les libraires à faire de la logistique et de la manutention", s'indigne Serendip-Livres, diffuseur-distributeur qui veille à favoriser la bibliodiversité tout en évitant la surproduction.
Une aberration écologique, mais aussi éditoriale. Nombreuses sont les nouveautés qui ne restent que quelques jours sur les tables de nouveautés des libraires, avant d'être rangées ou retournées. Alors, certains acteurs de la chaîne du livre se mobilisent pour allonger les durées d'exposition. Par exemple, à la librairie L'instant, on garde les nouveautés en moyenne entre 5 mois et un an. Pour le diffuseur-distributeur Serendip, la durée de conservation de l'ouvrage est établie dans les conditions générales de vente auprès des librairies. "C'est un usage dans l'interprofession et le seul verrou qui nous reste à l'heure actuelle : tout nouveau livre doit être conservé trois mois minimum avant d'être retourné", expliquent les gérants.
Pour André Markowicz et Françoise Morvan, qui ont lancé la maison d’édition Mesures en 2018, la lutte contre l'accélération des flux est devenue un combat primordial. Ces derniers publient cinq livres par an et travaillent uniquement avec des librairies qui assurent qu'elles garderont leurs livres de manière indéterminée. "On donne aux libraires 40 % du prix de vente, expliquent-ils. Ce sont eux qui décident qu'ils vont défendre ce livre. On ne fait presque jamais de dépôt, et nous n'acceptons jamais les retours."
Les deux gérants de la maison d'édition pointent du doigt, comme beaucoup d'autres indépendants, la surproduction des grands groupes. "Un livre chasse l'autre. Indépendamment de la nature du livre et de sa qualité. Les gros éditeurs pensent qu'ils ne peuvent vivre que de leurs nouveautés." Une dépendance qui s’observe notamment pendant les périodes de rentrées littéraires. "La rentrée littéraire ne se joue pas en librairie, elle se joue dans les réseaux d’information et de communication, affirment les gérants de Serendip. Pour les gros éditeurs, la logique est d’occuper le plus d’espace possible de la table des librairies, pour écraser la concurrence." "Les grands groupes font plus de marketing et de commercial que de création littéraire", assène André Markowicz des Éditions Mesures.
Pour éviter que le livre ne devienne une objet de consommation banal, les acteurs de la chaîne du livre actionnent plusieurs leviers : refuser les retours, garder le livre plus longtemps en librairie, ou encore produire moins mais plus finement. C’est la voie adoptée en majorité par les grandes maisons d'édition. Celles-ci surveillent leur tirage, avec l’aide de logiciels qui calculent au plus près le nombre possible de ventes, leur évitant ainsi la surimpression.
"Les grands groupes ont adopté une politique de chasse au gâchis. Ils gardent leur système de production actuel dans lequel ils sont coincés, mais essayent de le faire mieux et plus précisément.” selon Anaïs Massola, Association pour l'écologie du livre.
Une amélioration soulignée, mais qui ne suffit pas selon l’Association pour l'écologie du livre. “Avec leurs logiques de concurrence et de trésorerie, c’est impossible pour eux de baisser leur production. Ce qu’on leur reproche, c’est de ne pas être lucides là-dessus. S’ils avaient l’honnêteté de dire : notre système ne nous permet pas de basculer dans un environnement plus écologique, alors on commencerait à réfléchir à des solutions, peut-être au niveau étatique. Mais non, ils s’offusquent de notre discours.”
Alors, l’Association s’est mobilisée. De janvier à juin 2024, une vingtaine de librairies ont lancé la trêve des nouveautés, “un bras de fer avec les diffuseurs des grands groupes”. Cette action a consisté en la mise à l’arrêt partielle ou totale des achats d’offices (nouveautés). À la suite de l’expérimentation, l’Association en a conclu qu’il n’y avait pas eu de baisse du chiffre d’affaires significative pendant la période de la trêve. Après des entretiens avec les librairies concernées réalisés par l'Association, il en ressort que le non-achat de nouveautés a permis un rattrapage d’achat de livres de fonds et de récentes nouveautés passées sous silence. Fort de ce constat, l’Association et les librairies partenaires ont renoué la trêve de mars à avril 2025.
Portée par l’association Open Education, présidée par un passionné de lecture et d’inclusion, cette initiative vise à rendre le savoir accessible à tous — même là où les livres et l’électricité manquent cruellement. La Solar Book Box s’adresse aux populations marginalisées, qu’elles vivent en zones rurales ou urbaines. Élèves, étudiants, enseignants ou simples curieux : tous peuvent y trouver des livres physiques ou des livres audio, gratuitement. L’objectif est clair : démocratiser la lecture, là où elle est souvent un luxe.
Chaque boîte est équipée d’un panneau solaire. Une fois la nuit tombée, elle éclaire les lecteurs qui n’ont pas la chance d’avoir l’électricité chez eux. Ce dispositif ingénieux permet aux jeunes de lire, réviser ou rêver, même après le coucher du soleil.
Dans un entretien, Gérard Emile, président de l’association, nous explique comment il voit l’avenir. “Déjà une dizaine de box ont été déployées au Cameroun. Et l’ambition ne s’arrête pas là : l’association envisage d’étendre le concept à d’autres pays, pour que cette lumière — à la fois physique et intellectuelle — rayonne bien au-delà des frontières.”
La Solar Book Box n’est pas qu’un meuble rempli de livres. C’est un symbole d’espoir, une passerelle vers l’éducation, une invitation à la découverte. Grâce à elle, le soleil ne se couche jamais vraiment sur les rêves des lecteurs.
Après Le jour des peintres en 2024, le musée d’Orsay fait cette année sa rentrée avec les écrivains. Rendez-vous le 18 septembre pour entendre résonner les mots de notre temps au cours d’une soirée exceptionnelle. De 17h à 21h30 écrivains contemporains liront au milieu des œuvres quelques pages spécialement choisies de leurs textes, en résonance avec le musée, la peinture, l’art. Un « Jour des écrivains » inédit qui, en conviant au cœur du musée ceux qui écrivent et en y faisant entendre leur voix, sera aussi l’occasion de célébrer la lecture par un autre biais : celui, magnifiquement inspirant, de l’art. Lors de cet événement seront présents : Christine Angot, Pierre Assouline, Nathalie Azoulai, Bertrand Belin, Anne Berest, Claire Berest, Enki Bilal, Arnaud Cathrine, Sarah Chiche, Philippe Claudel, Charles Dantzig, David Foenkinos, Dan Franck, Adrien Goetz, Patrick Grainville, Yannick Haenel, Lola Lafon, Marie-Hélène Lafon, Camille Laurens, Maria Larrea, Diane Mazloum, Véronique Olmi, Christophe Ono-dit-Biot, Véronique Ovaldé, Sylvain Prudhomme, Atiq Rahimi, Éric Reinhardt, Jean-Marie Rouart, Jean-Christophe Rufin, Lydie Salvayre, Jean-Philippe Toussaint, Éric Vuillard et Alice Zeniter.
Le "cliqué-retiré" ne sera bientôt plus qu'un souvenir. À Bernheim villa, l'espace qui remplace la grande bibliothèque en attendant ses nouveaux locaux, on appelait cela des "paniers lecture", avant d'obtenir l'autorisation d'accueillir du public. Impossible d'ouvrir le local de l'Orphelinat aux lecteurs : ici, on trouve de petites pièces emplies d'étagères qui croulent sous les livres. L'abonné fait sa sélection en ligne, avant de venir la récupérer.
"Heureusement, ça touche à sa fin, parce que c'est quand même un service d'urgence dégradé qu'on propose aux usagers, estime Elodie Lalenet, cheffe du service de la conservation et de la valorisation du patrimoine à la direction de la culture de Nouméa. Dès le mois d'octobre, on va ouvrir une nouvelle petite bibliothèque, même si elle reste temporaire et qu'il n'y aura qu'une seule partie des documents qu'on a réussi à récupérer. Au moins, il y aura une salle de lecture." Elle sera installée dans la salle d'exposition temporaire du musée de la ville de Nouméa.
À Rivière-Salée, les ouvrages ont brûlé. À Kaméré, une bonne partie a pu être récupérée : d'abord grâce à l'initiative d'une famille, qui a alerté la municipalité et a permis le sauvetage de près de mille ouvrages. Puis les Nouméens ont ramené leurs emprunts. "Même si c'est un fonds très réduit, il est quand même équilibré, on a de tout : pour l'enfant, l'ado, les adultes, les documentaires, les fictions, du film..." Il y a aussi eu des dons. Et enfin, des commandes ont été réceptionnées. En tout, Nouméa est en possession de 16 000 documents, contre 50 000 avant les émeutes.
"Là où il nous manque des choses, et ça a été cruel, c'est le fonds local. Local et Pacifique, puisque la majeure partie était à Rivière-Salée. Finalement, c'est une littérature qui est peu empruntée parce qu'elle est vraiment méconnue. Difficile à retrouver, sachant qu'on n'avait plus beaucoup de budget, et que certaines choses ne sont plus éditées. C'est pour ça qu'on a lancé un appel aux dons."
Il manque des tomes aux séries, et de quoi étoffer le rayon de littérature jeunesse. "On part à la pêche et on garde la foi. Sur le fonds local, on a eu des très beaux dons. On est très reconnaissants de ce que les gens font pour nous. En ce moment, ce que l'on cherche, c'est vraiment de la littérature jeunesse : calédonienne, du Pacifique et au sens large. Comme Les Chroniques du pays kanak, et une collection intitulée Découverte calédonienne", détaille Elodie Lalenet.
La littérature jeunesse reste la plus empruntée. "Les enfants sont très consommateurs. Ils lisent rapidement, ils viennent reprendre. Pour nous, ce sont aussi des livres qui sont aussi faciles à animer. Notre but, même si on conserve un petit fonds, c'est qu'il soit d'excellente qualité pour que les usagers continuent de reconnaître ce qui faisait tout l'intérêt des médiathèques de Rivière-Salée et Kaméré, avec des collections en parfait état, bien suivies et récentes."
En septembre, les médiathécaires retourneront dans ces quartiers, pour participer au Festival de littérature scolaire calédonienne, organisé dans un collège et une école par la Maison du livre de Nouvelle-Calédonie. En attendant, peut-être, la mise en route de bibliobus.
L'avenir de la bibliothèque Bernheim étant suspendu à des économies drastiques, l'accès au livre pourrait encore se restreindre dans les prochains mois. Un bâtiment flambant neuf d'un côté, un fonds littéraire de l'autre : la réunion des bibliothèques de Nouméa semble une évidence.
Pour encourager la lecture, le gouvernement danois veut supprimer la TVA sur les livres, actuellement à 25%, a annoncé ce mercredi le ministre de la Culture, Jakob Engel-Schmidt. «Le gouvernement propose dans son projet de loi de finances de supprimer la TVA sur les livres», a-t-il dit dans un entretien à l'agence Ritzau.
«Nous devons tout mettre en œuvre pour résoudre cette crise de la lecture qui, malheureusement, se répand ces dernières années», a expliqué le ministre, précisant que la suppression coûterait 330 millions de couronnes (44,2 millions d'euros) par an à l'État. Selon le dernier rapport Pisa de l'OCDE, quelque 24% des élèves danois de 15 ans ne maîtrisent pas les compétences minimales pour comprendre et extraire des informations d'un texte simple, une proportion en hausse de quatre points en dix ans.
À travers l'Europe, le Danemark avait le taux le plus élevé tandis que beaucoup de pays appliquent un taux réduit ou spécifique aux livres. Le Royaume-Uni n'a lui aucune TVA sur les livres. Les professionnels danois de l'édition sont favorables à cette suppression. Combinée avec «une augmentation des achats publics de livres pour les bibliothèques publiques et scolaires, (elle) pourrait renforcer encore davantage la culture de la lecture et garantir l'accès aux livres physiques pour tous les Danois - à la fois enfants et adultes», ont-ils écrit dans un rapport remis fin mai au ministre.
La bibliothèque Gabrielle-Roy de la ville de Québec a reçu l’une des plus prestigieuses reconnaissances internationales pour les bibliothèques publiques, soit la désignation de «Bibliothèque publique de l’année», par la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques. Ce titre de «Bibliothèque publique de l’année» a été attribué dans le contexte du congrès annuel de l’International Federation of Library Associations (IFLA), qui réunit des professionnels des grandes bibliothèques du monde à Astana, au Kazakhstan, et qui se tient jusqu’au 22 août.
De nombreux critères étaient évalués par le jury pour attribuer la reconnaissance, dont, notamment, la qualité de l’architecture, les liens tissés avec la communauté et la culture locale ainsi que l’intégration de nouvelles technologies. Les efforts de développement durable étaient également pris en considération. Après avoir été fermée durant cinq ans pour des travaux de rénovation dont la facture a dépassé les 40 millions de dollars, cette bibliothèque fait la fierté de la Ville, puisque ce sont ces travaux qui lui ont permis de se démarquer lors du congrès. En effet, les améliorations ont permis de favoriser les interactions avec le quartier environnant et ses espaces publics. Le jury a souligné la grande beauté des lieux et l’innovation dans la construction, notamment en matière de développement durable.
Il n’y a qu’à penser à la grainothèque ou au studio d’enregistrement et aux salles réservées à la pratique musicale, qui sont à la disposition des usagers de la bibliothèque.
«Ce prix est une grande fierté pour nous tous, équipes de la Ville, partenaires du projet, et citoyens et citoyennes», a souligné le maire de Québec, Bruno Marchand.
«La bibliothèque Gabrielle-Roy est certes un édifice exceptionnel, mais surtout un carrefour qui rend la culture accessible au plus grand nombre. Lieu d’apprentissage et de rencontre, elle reflète la créativité, l’esprit de collaboration et le sens de la communauté qui définissent son quartier, Saint-Roch, et notre ville. Tant mieux si son design novateur et notre approche tournée vers l’humain peuvent inspirer le reste du monde», a-t-il ajouté.
Les autres bibliothèques finalistes pour cette reconnaissance étaient la New Canaan Library, située dans le Connecticut, aux États-Unis, et la Heping Library, située à Shanghai, en Chine.
En plus de ce prix international, le projet de transformation de la bibliothèque Gabrielle-Roy a reçu le prix Joseph-Beaubien lors du Mérite Ovation municipale 2025, en mai dernier, et le prix Denis-Vaugeois lors du Gala des bibliothèques publiques du Québec, en octobre 2024.
La PEN America a annoncé le 15 août l'octroi d'une subvention de 1,4 million de dollars par la Fondation Mellon pour renforcer son action en faveur de la liberté de lecture, en mettant l'accent sur le soutien aux bibliothèques publiques et aux bibliothécaires. Ce don permettra à PEN America d'étendre ses recherches et analyses innovantes, ses campagnes de sensibilisation et la création de coalitions aux bibliothèques publiques et aux bibliothécaires confrontés à des menaces croissantes pour leur travail, leur sécurité et leur mission principale. Les nouvelles initiatives comprendront :
Recherche et analyse de la censure éducative dans les bibliothèques publiques à travers le prisme de la liberté d'expression,
Campagnes d'éducation publique pour souligner les implications de l'interdiction des livres dans les bibliothèques sur la liberté d'expression,
Ressources et formations en matière de sécurité pour les bibliothécaires qui sont confrontés au harcèlement en raison des livres qu'ils rangent et des programmes publics qu'ils mettent en place.
Cet investissement intervient à un moment crucial, alors que les interdictions de livres atteignent des niveaux historiques, selon les dernières données de PEN America. La PEN America et la Fondation Mellon partagent la ferme conviction qu'un accès public équitable à des histoires et des informations diverses est fondamental pour une démocratie saine et pluraliste.
« Alors que le libre accès aux livres est de plus en plus menacé, le rôle historique des bibliothèques publiques en tant que puissants espaces communautaires favorisant l'empathie et la pensée critique est menacé », a déclaré Jonathan Friedman, directeur général des programmes de liberté d'expression aux États-Unis chez PEN America. « Le droit d'accéder à l'information, aux récits et aux idées d'autrui est l'une de nos valeurs les plus fondamentales et universelles, et nos bibliothèques doivent être libres de le soutenir, en servant de passerelles libres vers l'univers du savoir. En tant que société, nous devons pouvoir aborder des histoires et des idées complexes, mais aujourd'hui plus que jamais, les bibliothèques et les bibliothécaires qui défendent cette valeur démocratique ont besoin du soutien du public. »
Un juge fédéral a invalidé des parties essentielles d'une loi floridienne qui aidait les parents à faire retirer des bibliothèques et des salles de classe des livres jugés répréhensibles des écoles publiques. C'est une victoire pour les éditeurs et les auteurs qui avaient intenté des poursuites après le retrait de leurs livres. Le juge de district américain Carlos Mendoza, à Orlando, a déclaré mercredi que l'interdiction par la loi des documents décrivant des comportements sexuels était excessive.
Le juge Mendoza, nommé par le président Barack Obama, a également expliqué que l'interprétation de la loi de 2023 par l'État était inconstitutionnelle.
Parmi les livres retirés des écoles du centre de la Floride figuraient des classiques comme «La Servante écarlate» de Margaret Atwood, «L'Enfant du pays» de Richard Wright et «Abattoir-5» de Kurt Vonnegut.
«Historiquement, les bibliothécaires gèrent leurs collections en toute discrétion, et non sur la base de décrets d'en haut», a déclaré le juge. Il existe également des preuves que la loi a permis de saisir davantage de livres non obscènes que ceux mentionnés ici.
Après l'adoption de la loi par l'Assemblée législative de Floride, contrôlée par les républicains, les responsables scolaires ont craint que tout contenu à caractère sexuel soit douteux, une conviction renforcée par une nouvelle formation de l'État incitant les bibliothécaires à la prudence. L'année dernière, la Floride a été en tête du pays avec 4500 retraits de livres scolaires.
Selon la décision du juge, les écoles devraient revenir à une jurisprudence de la Cour suprême des États-Unis, selon laquelle le critère est de savoir si une personne moyenne trouverait l'œuvre obscène dans son ensemble ; si elle présente un contenu sexuel de manière offensante ; et si l'œuvre est dépourvue de valeur littéraire, artistique, politique ou scientifique.
Selon la décision du juge, les écoles devraient revenir à une jurisprudence de la Cour suprême des États-Unis, selon laquelle le critère est de savoir si une personne moyenne trouverait l’œuvre obscène dans son ensemble ; si elle présente un contenu sexuel de manière offensante ; et si l’œuvre est dépourvue de valeur littéraire, artistique, politique ou scientifique.
La plainte a été déposée par certains des plus grands éditeurs de livres du pays et certains des auteurs dont les livres avaient été retirés des bibliothèques scolaires du centre de la Floride, ainsi que par les parents d’élèves qui ont tenté d’accéder aux livres retirés.
Parmi les auteurs plaignants figuraient Angie Thomas, auteur de «The Hate U Give» ; Jodi Picoult, auteur de «My Sister’s Keeper» ; John Green, auteur de «The Fault in Our Stars» ; et Julia Alvarez, auteur de «How the Garcia Girls Lost Their Accents». Parmi les éditeurs plaignants figuraient Penguin Random House, Hachette Book Group, HarperCollins Publishers, Macmillan Publishing et Simon and Schuster.