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12 janvier 2025

Toshikazu Kawaguchi en tête du classement Fiction Heatseekers 2024 au Royaume-Uni

Pour la deuxième année consécutive, Toshikazu Kawaguchi a remporté la première place de notre classement annuel Fiction Heatseekers, en tête d'une liste remplie de romans japonais et coréens et de romances et romantismes boostés par BookTok.  Les Fiction Heatseekers, qui figurent dans  la couverture hebdomadaire des classements de The Bookseller , sont les titres les plus vendus d'auteurs qui n'ont jamais atteint le Top 50 officiel britannique. La liste tend à pencher vers les écrivains en début de carrière et émergents, mais comprend souvent aussi des romanciers littéraires sous le radar (en particulier après avoir remporté un prix ou avoir été présélectionnés) et des auteurs numériques avec une empreinte imprimée de plus en plus large, ainsi qu'une poignée d'auteurs classiques dont l'apogée a précédé le lancement du Total Consumer Market de Nielsen BookScan en 1998. 

Si les principales listes de best-sellers de fiction ont tendance à se concentrer sur des mastodontes comme Richard Osman et Colleen Hoover, il convient de noter que ceux qui opèrent en dehors du Top 50 contribuent grandement au marché. En 2024, 37 % (soit 205 millions de livres sterling) des ventes record de fiction de TCM provenaient d'auteurs qui n'avaient jamais figuré dans le Top 50.

Kawaguchi s'empare du sommet avec  Before the Coffee Gets Cold (traduit par Geoffrey Trousselot), qui s'est écoulé à près de 81 000 exemplaires, soit un volume total presque identique aux performances du titre en 2023. Le livre de l'écrivain né à Osaka a été publié pour la première fois au Royaume-Uni en 2019 et est le porte-étendard de la vogue actuelle du cosy fantasy/magical realist japonais et est-asiatique, une tendance qui tend à mettre en scène une combinaison de chats, de librairies ou de cafés. Le schéma de vente hebdomadaire de Before the Coffee Gets Cold a été remarquablement constant au cours des trois dernières années, se vendant normalement entre 1 200 et 1 600 unités avec des pics occasionnels ; en 2024, ce zénith a été une récolte de 3 405 unités au cours de la période de sept jours précédant Noël. Ce rythme soutenu porte ses fruits : Kawaguchi a gagné 4,6 millions de livres sterling grâce au TCM depuis 2019 pour  Before the Coffee Gets Cold et ses quatre séries suivantes, dont 2,9 millions de livres sterling proviennent de ses débuts au Royaume-Uni. 

Deux des compatriotes de Kawaguchi, dont les romans se situent à peu près dans le même espace cosy, se classent dans le top 5 des Heatseekers, avec What You are Looking For is in the Library de Michiko Aoyama (traduit par Alison Watts) en quatrième position avec 52 835 exemplaires vendus, suivi par la traduction par Eric Ozawa de Days at the Morisaki Bookshop de Satoshi Yagisawa avec ses 50 171 exemplaires vendus. Pendant ce temps, la traduction par Shanna Tan de Welcome to the Hyunam-dong Bookshop de l'auteur coréen Hwang Bo-reum se classe à la 14e place avec près de 37 000 exemplaires vendus. 

Kawaguchi est en tête, mais Geneva Lee remporte une entrée sur cinq dans le Top 20 des Heatseekers avec sa série Filthy Rich Vampires, « entre Twilight et Gossip Girl », boostée par BookTok. Au total, l'écrivaine américaine a vendu près de 170 000 exemplaires via BookScan en 2024, bien que cela ait été aidé par des remises importantes, ses quatre livres ici frôlant le seuil de 74,5 % de réduction du prix de vente conseillé par  The Bookseller pour être inclus dans nos classements. 

Le moteur principal d'au moins la moitié du Top 20 des Heatseekers 2024 a été TikTok ; sept des romans ont en fait les mots « TikTok » ou « BookTok » dans les métadonnées de leur titre. Il s'agit notamment des entrées évidentes comme Mile High, sur le thème des ennemis du hockey sur glace devenus amoureux, de Liz Tomforde et la romance cow-boy « torride » Done and Dusted de Lyla Sage (félicitations à l'éditeur britannique de Sage, Quercus, pour avoir conservé les couvertures astucieuses et rétro de Dial Press US qui brisent les genres).        

Il y a aussi les bénéficiaires moins évidents de BookTok, comme Fiodor Dostoïevski. Nous l'avions déjà signalé dans notre Bilan de l'année 2023, mais les Nuits blanches du grand auteur russe ont été pris au sérieux par la plateforme au cours des deux dernières années. Les utilisateurs ont vanté l'histoire d'amour tragique de la nouvelle sur la plateforme, mais les acheteurs de livres ont sans aucun doute également été attirés par le prix de 3 £ des Penguin Little Black Classics, l'édition traduite par Ronald Meyer s'étant écoulée à plus de 54 000 exemplaires l'année dernière. Cette explosion de BookTok a fait sortir Dostoïevski de son total annuel habituel d'environ 500 000 à 750 000 £, ses ventes de TCM dépassant le million de livres en 2024 pour la première fois depuis le début des relevés.

BookTok a également découvert Moi qui n'ai jamais connu d'hommes de Jacqueline Harpman , la dystopie post-apocalyptique de la regrettée auteure belge, initialement publiée en 1995. La dernière édition de Vintage, traduite du français par Ros Schwartz, est sortie en 2019 et a enregistré des ventes TCM de 60 730 exemplaires depuis, dont 71 % ont été générés en 2024, près de 90 % au cours des 18 derniers mois.

Source : The Bookseller

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11 janvier 2025

Le thriller "La femme de ménage" star des librairies dans un secteur du livre en léger recul par rapport à 2023

Le livre le plus vendu de l'année 2024 en France est le premier volet de La femme de ménage, thriller signé Freida McFadden, selon le classement GfK publié vendredi. Édité par J'ai Lu, l'ouvrage a été vendu à 603 000 exemplaires, devant La sage-femme d'Auschwitz, d'Anna Stuart (chez J'ai Lu également), avec 500 000 ventes. Les deux autrices devancent le romancier suisse Joël Dicker, seul francophone du top 3 grâce à Un animal sauvage et ses 425 000 ventes.
Globalement, les acheteurs de livres neufs ont été moins nombreux en 2024 en France : 23 millions de personnes ont acquis au moins un ouvrage, soit un recul de 10% sur un an, selon ce baromètre annuel GfK.

Au total, les consommateurs ont acheté 315 millions de livres neufs, en recul de 3%. En termes de ventes, le chiffre d'affaires du secteur est stable, à 4 milliards d'euros.

Le livre d'occasion représente toujours peu ou prou une vente de livre sur cinq (18% en 2024) et le lecteur de livres numériques reste l'oiseau rare (moins de 5% des ventes).

Les mangas et BD ont le plus souffert après une année faste en 2023, marquées par la sortie de best-sellers comme les derniers Astérix ou Gaston Lagaffe. A l'inverse, la romance reste l'un des rares secteurs en croissance.

Source : France Info Culture

11 janvier 2025

Une bibliothèque temporaire à la Vieille Charité

À partir de mardi prochain, 14 janvier à 15 heures, la bibliothèque du Panier ouvrira ses portes temporairement dans la chapelle de la Vieille Charité. Une solution transitoire qui devrait durer au moins jusqu’en avril, le temps que la Ville de Marseille trouve un nouveau lieu durable d’implantation de la bibliothèque du Panier, le couvent du Refuge qui l’accueillait jusque-là étant devenu impraticable du fait d’infiltrations d’eau récurrentes et de présence de salpêtre. Une substance liée à l’humidité et nocive pour la santé des agents et des usagers que les syndicats avaient pointée du doigt.

« Les collections ont été mises en cartons et leur transfert vers la Vieille Charité est en cours d’organisation », se réjouit Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) au maire chargé de la Culture.
« Il n’a jamais été question, comme je l’ai lu par ailleurs, que la bibliothèque du Panier ferme. Au contraire, elle rouvrira mardi à la Vieille Charité et nous étudions des hypothèses d’implantations durables pour la suite », indique-t-il, convaincu que « la présence d’un équipement de proximité est essentielle » dans le quartier. « Contrairement à l’ancienne majorité, qui trouvait l’Alcazar suffisante », ajoute-t-il. « Les usagers pourront trouver les nouveautés de l’ensemble des collections adulte, jeunesse, documentaires et jeux de société. Il y a un espace aménagé avec une belle mise en avant des bandes dessinées, des séries, des mangas... », précise l’adjoint, qui confirme que l’emprunt de documents sera possible dans les mêmes conditions que dans le précédent lieu « dans lequel on ne pouvait pas laisser les agents et les usagers », assure-t-il.

« Les agents ne sont pas redéployés dans d’autres bibliothèques, ils travaillent à cette bibliothèque éphémère à la Vieille Charité qui permettra, le temps de cette expérience, aux gens qui vont aux musées, de découvrir la bibliothèque et vice-versa », conclut Jean-Marc Coppola.

Source : La Marseillaise

10 janvier 2025

Panique dans l'édition face à l'explosion de l'occasion

Il est l’un des succès de la rentrée littéraire 2024, encore applaudi par la critique, toujours en bonne place dans les librairies et grandes surfaces culturelles. Mais cinq mois après sa sortie, on peut dénicher ce roman sur toutes les plateformes de livres d’occasion avec une forte décote. "En très bon état", "comme neuf", "à offrir", les commentaires varient, pas le prix : autour de 15 euros au lieu des 23 mentionnés sur la quatrième de couverture. Le phénomène n’est pas nouveau, il a longtemps fait le bonheur des bouquinistes et des Gibert où les amateurs allaient dénicher des ouvrages introuvables ou des romans policiers à quelques francs. Mais désormais "l’occas’" se développe à un rythme extrêmement rapide : sa part a doublé en dix ans selon le panéliste GfK et elle représente entre 8 et 9 % en valeur des achats de livres (20 % en volume). Semant, au passage, un vent de panique dans le monde de l’édition. Longtemps, les éditeurs ont jugé le marché de la seconde main marginal. Le livre numérique constituait, selon eux, un danger bien plus sérieux. A tort. "Le livre numérique n’a pas été la menace qu’on prédisait. En revanche, il y a eu une plateformisation du livre d’occasion", note le sociologue Vincent Chabault, qui lui a consacré une longue enquête, Le Livre d’occasion. Sociologie d’un commerce en transition (Presse universitaire de Lyon). Quand ils ont enfin perçu la menace, les éditeurs n’étaient pas équipés pour en évaluer l’ampleur, ni en volume, ni en chiffre d’affaires. Une enquête publiée au début de 2024 par le ministère de la Culture et la Sofia, un organisme paritaire réunissant éditeurs et auteurs, leur a brutalement ouvert les yeux.
Première découverte, l’étendue du phénomène. En 2022, 80 millions d’ouvrages se sont vendus en seconde main, selon GfK, pour 320 millions de neufs. Surtout – et c’est bien plus inquiétant pour le monde de l’édition – 40 à 50 % des offres portent sur des livres présentés comme "en très bon état" et 20 % sur des livres "comme neufs". Plus grave encore, les livres de moins d’un an peuvent représenter jusqu’à 9 % des offres dans certaines catégories, instaurant une opportunité d’achat à moindre coût entre la sortie officielle du grand format et sa version poche. Désormais, plus personne n’en doute : l’occasion grignote les revenus de tous les acteurs de la chaîne du livre, éditeurs, auteurs ou libraires. En particulier dans le domaine de la littérature de genre (roman policier, fantastique ou littérature sentimentale) ou de la bande dessinée franco-belge.
Autre source d’inquiétude : les acheteurs de livres d’occasion sont les mêmes que ceux des ouvrages neufs. En fonction des opportunités, de leurs envies et de leur pouvoir d’achat, ils arbitrent entre l’un ou l’autre. Preuve que la pratique n’est plus marginale mais qu’elle est désormais ancrée dans les habitudes de consommation, 52 % des grands lecteurs (plus de 20 ouvrages par an) ont acheté des livres d’occasion durant l’année écoulée, selon la dernière enquête Ipsos sur les Français et la lecture. Or, parmi ces acquéreurs, les 35-49 ans et les catégories socioprofessionnelles supérieures sont surreprésentés, alors que les inactifs et les étudiants sont, eux, sous-représentés. Des résultats qui bousculent l’idée reçue selon laquelle le livre d’occasion serait un vecteur de démocratisation de la lecture, un accès privilégié pour les "non-lecteurs" trop intimidés par la solennité des librairies ou découragés par le prix.

Mais la véritable surprise est venue d’un autre aspect de l’enquête. Les éditeurs étaient convaincus que leurs concurrents étaient les acteurs en ligne du livre, comme la Fnac, Amazon ou Momox. Ils n’avaient pas perçu l’émergence d’une autre catégorie de vendeurs appelés Leboncoin ou Vinted. "Les gens y bradent le contenu de leurs chambres, de leurs placards, mais ils y vident aussi leurs bibliothèques", note Arnaud Robert, le directeur général de la Sofia. Ces plateformes, plus habituées jusque-là à vendre des vêtements, de l’électroménager ou des meubles, sont devenues des acteurs majeurs dans le livre. A la fin du mois de décembre, Leboncoin hébergeait plus de 10 millions d’annonces pour cette seule catégorie. Et l’après-période des fêtes devrait contribuer à gonfler encore l’offre. Pour obtenir le prix le plus élevé possible, mieux vaut, en effet, ne pas tarder à revendre les cadeaux dont on ne veut pas.
En gommant les frontières entre neuf et occasion, ces nouvelles pratiques fragilisent la loi sur le prix unique du livre. Et la riposte est difficile à imaginer. Lorsque les sites comme Amazon et la Fnac sont devenues des places de marché proposant tant du neuf que de l’occasion, les éditeurs avaient obtenu une modification de la loi, les obligeant à distinguer clairement les offres. Mais le texte était à peine entré en vigueur à la fin de 2021 que, déjà, d’autres questions se posaient. Des grandes enseignes culturelles proposent désormais de "l’interclassement", c’est-à-dire du neuf et de la seconde main dans un même rayon. Elles sont peu nombreuses et leur offre réduite aux stocks apportés par les clients, mais comment expliquer aux lecteurs l’intérêt du prix unique du livre si les libraires, très prescripteurs, semblent s’en exonérer ? "Entre un livre ouvert une fois et un livre neuf, la différence n’est pas très grande. Cela contribue à affaiblir la loi Lang qui a préservé la diversité éditoriale et des points de vente", note Bruno Nougayrede, PDG du groupe Elidia (Editions du Rocher…).

Depuis la publication de l’étude de la Sofia, les propositions se multiplient pour trouver une parade alors que le marché de l’édition a marqué le pas en 2024, avec une croissance au mieux nulle, voire négative. Avec, comme principal objectif, de capter une partie du chiffre d’affaires qui échappe aux acteurs de la filière livres. Même s’il en connaît les obstacles juridiques, Bruno Nougayrede suggère, par exemple, une réflexion sur le pilon : certains livres ne pourraient-ils pas être vendus comme occasion par les éditeurs plutôt que d’être détruits ? D’autres, à l’instar de Stéphanie Le Cam, directrice de la Ligue des auteurs professionnels, voudraient qu’on interroge la raison d’être du maintien d’un taux réduit de TVA sur le livre d’occasion.

A l’occasion du dernier Festival du livre de Paris en avril, Emmanuel Macron s’était dit favorable à une proposition émise par le Syndicat national des éditeurs d’une taxe frappant les plateformes d’occasion qui serait reversée aux créateurs, à la manière de celle en vigueur en matière de streaming musical. Mais ce dispositif se heurte à plusieurs obstacles : comment éviter de pénaliser les acteurs de la solidarité qui se financent en revendant des livres qu’ils ont reçus en dons ? Est-il légal d’introduire une distinction entre acteurs ? Comment redistribuer sans contrevenir à la législation sur le droit d’auteur qui ne prévoit pas de "droit de suite" comme dans l’art contemporain ? Et selon quelle clé de répartition puisque tous les auteurs ne sont pas concernés de la même manière par les ventes d’occasion ?

Une fois le principe posé, les questions restaient nombreuses. La dissolution est ensuite passée par là, des amendements sénatoriaux créant un prélèvement sont tombés avec Michel Barnier et son budget. Pour l’instant, le dossier est encalminé et Rachida Dati, confirmée au ministère de la Culture, n’a jamais caché ses doutes à l’idée d’une taxe. Trop impopulaire. Le marché de l’occasion, lui, prospère.

Source : L’Express 

9 janvier 2025

Ventes record pour Liu Cixin dans les pays anglophones grâce à Netflix

Il est considéré comme une rockstar dans l’Empire du milieu, et pour cause ! Liu Cixin, auteur de 61 ans originaire d’une ville minière, a fait entrer la littérature SF chinoise dans la cour des grands. Et une adaptation récente de son œuvre principale n’a fait que le propulser davantage sous les projecteurs. C’est en 2008 qu’était paru en version originale Le Problème à trois corps, premier tome d’une trilogie du même nom suivi de La Forêt sombre et de La Mort immortelle, avant de débarquer en France en 2016 chez Actes Sud.

En mars dernier, Netflix avait dévoilé l’adaptation en série de ce monument SF en huit épisodes alors que deux autres saisons se préparent actuellement. Si le programme (visionné 26,6 millions de fois en dix jours !) a été nommé aux Emmy Awards 2024, il a également permis au roman de connaître un nouveau succès en librairie : mi-avril, il faisait son retour dans le top 20 des meilleures ventes. Une adaptation en roman graphique a également vu le jour dès avril aux éditions Le Rayon imaginaire, supervisée par Liu Cixin lui-même ! En ce début d’année 2025, le public francophone va cette fois pouvoir découvrir pour la première fois son ouvrage Des Dinosaures et des fourmis, qui débute au Crétacé alors qu’un Tyrannosaurus rex et des fourmis entrent en symbiose…

Le texte paraît quelques années après sa traduction en langue anglaise, alors que le public anglophone s’arrache l’écrivain et ses œuvres de « hard-SF » (c’est-à-dire de science-fiction réaliste). C’est bien simple : grâce à lui et sa passion pour son roman Le Problème à trois corps, Liu Cixin a battu un record historique pour la Chine. C’est dans les colonnes de The Guardianqu’il le confiait au printemps : « Le livre s’est vendu à plus de trois millions d’exemplaires dans le monde anglophone, dépassant le nombre d’ouvrages exportés par la Chine depuis toujours. » Des chiffres auxquels « ne s’attendait pas » ce fan du Voyage au centre de la terre de Jules Vernes, qu’il avait lu en secret dans sa jeunesse malgré la censure du gouvernement chinois.

Source  : Version Femina

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8 janvier 2025

Chiffres clés du livre 2022-2024 en France

Une étude inédite de la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) reposant sur des données recueillies auprès de 15 régions métropolitaines et trois collectivités d’outre-mer, grâce au réseau des structures régionales pour le livre (SRL), met en lumière la diversité des acteurs tout en permettant des comparaisons régionales.   Le contexte post-Covid a profondément influencé ces chiffres, marqués par un dynamisme des structures du livre, variées, mais à l’économie fragile. La crise a servi de catalyseur pour certains projets, tout en modifiant les habitudes des lecteurs. Les librairies, sans surprise, ont vu leur rôle renforcé comme lieux de proximité et d’échanges culturels, malgré des marges faméliques. En 2022, la Fill avait recensé la création de 142 nouvelles librairies. Sur les 1 801 librairies de l'étude, 21 % sont implantées dans des communes de moins de 5 000 habitants, contribuant à réduire les inégalités d’accès à la lecture. La spécialisation est également un facteur clé de différenciation, notamment en BD/manga et littérature jeunesse, qui représentent respectivement 40 % et 18 % des librairies spécialisées.
Malgré cette dynamique, une majorité (53 %) des librairies enregistrent un chiffre d’affaires inférieur à 300 000 euros. Ce contexte pousse à un développement de modèles économiques hybrides, où les librairies jouent un rôle de médiatrices culturelles au sein de leur territoire.

Le paysage éditorial français est marqué par une forte implantation en région : 1 475 maisons d’édition y sont recensées. Près de 28 % de ces structures possèdent un catalogue de plus de 100 titres, témoignant d’un professionnalisme accru et d’une certaine longévité. Les genres travaillés montrent une diversité notable, allant du roman et de la poésie, notamment en Occitanie et dans les Hauts-de-France, au régionalisme et à la littérature jeunesse, cette dernière étant particulièrement dynamique dans le Grand Est grâce à des écosystèmes régionaux dédiés. Cela met en lumière un ancrage territorial fort, favorisé par des dynamiques locales (écoles spécialisées, festivals, collectifs d’auteurs). En termes de chiffre d’affaires, cependant, une majorité (67 %) des éditeurs en région génèrent moins de 75 000 euros par an, soulignant une réalité économique fragile. La diffusion-distribution reste un enjeu stratégique, avec seulement 50 % des maisons confiant cette fonction à des acteurs spécialisés. Cette disparité s’explique souvent par l’absence de grands diffuseurs régionaux.Ce rapport met en évidence les défis auxquels sont confrontés les acteurs du livre en région, avec une structuration nécessaire de la diffusion, une pérennisation des petites maisons d’édition et la transmission des librairies indépendantes au chiffre d’affaires inférieur à un million d’euros. Cependant, il souligne également les opportunités offertes par l’ancrage territorial des structures et les politiques culturelles locales, dans un contexte de baisse des finances publiques et révision du dispositif du pass Culture. La Fill met en valeur avec cette étude l’édition et la librairie indépendante qui s’affirment comme des piliers de la vie culturelle régionale dans un monde marqué par une concentration des géants du numérique.

Utilisant la typologie de l’Association des bibliothécaires départementaux (ABD), construite par catégories de niveau de services  (A, B, C, D et E) la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (FILL) a recensé 15 548 bibliothèques et points-lecture en France (métropole et Outre-mer). La région Auvergne-Rhône-Alpes figure de loin comme la mieux dotée, avec 2646 lieux, loin devant l’Ile-de-France qui n’en compte que 978. La deuxième région la mieux équipée pour la lecture publique est l’Occitanie (1950 lieux). Les territoires d’outre-mer se distinguent dans la plupart des catégories concernant leur durée d'ouverture. Les chiffres les plus remarquables sont observés en Guadeloupe et à La Réunion, où les bibliothèques de catégorie A ouvrent 38 h par semaine. Les taux d’inscrits actifs et d’emprunteurs actifs sont sensiblement plus élevés en Bretagne (respectivement 18 % et 15 %) et en Pays de la  Loire (16 % et 13 %). Ce sont encore la Bretagne et les Pays de la Loire qui se distinguent avec respectivement 2,96 et 2,57 € dépensés par habitant pour l’achat de documents. Les deux régions où les dépenses d’actions culturelles s’avèrent les plus importantes sont la Bretagne (0,61 € par habitant) et Provence- Alpes-Côte d’Azur (0,60 €).

7 janvier 2025

Un robot pour ranger les livres à leur place à la Bibliothèque Nationale du Luxembourg

Celui qui entre pour la première fois dans la salle de lecture de 6.332 mètres carrés de la Bibliothèque nationale du Luxembourg (BNL) au Kirchberg sera probablement subjugué par l’énorme offre de livres: 207.183 publications y sont disponibles sur 2.128 étagères. Les visiteurs peuvent les sélectionner, les consulter et les emprunter.

Cependant, si les livres sont mal rangés ou disparaissent complètement, quelle qu’en soit la raison, un certain chaos peut survenir. Car il devient alors presque impossible pour les autres visiteurs de trouver le livre souhaité dans la salle de lecture. C’est pourquoi les collections doivent être régulièrement contrôlées et inventoriées; un travail qui demande beaucoup de temps et de ressources, surtout dans les grandes bibliothèques, comme c’est le cas à la BNL.

Un robot devrait pouvoir résoudre ce problème, du moins si l’on s’en réfère aux propositions pour le projet baptisé «Bot4Lib». C’est ce qui ressort de l’appel à candidatures pour un partenariat d’innovation que le ministère de la Digitalisation a lancé sur le Portail des marchés publics en collaboration avec le Centre des technologies de l’information de l’État (CTIE) et la Bibliothèque nationale. Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 30 janvier.
Mais de quoi devra être capable exactement le robot qui se déplacera à l’avenir dans la salle de lecture de la BNL? Et comment doit-il être utilisé? Il s’agit de simplifier et d’accélérer l’inventaire; et d’aider ainsi les spécialistes sur place dans leur travail.

Actuellement, les inventaires des livres sont encore réalisés manuellement à la Bibliothèque nationale. Selon l’appel à candidatures, un seul inventaire complet a toutefois été réalisé depuis l’ouverture de la salle de lecture en 2019: entre août 2020 et septembre 2021. Huit personnes ont recensé pendant un mois toutes les publications qui se trouvaient dans la salle de lecture à ce moment-là. S’en est suivie la phase d’analyse des données, qui a duré plus de six mois.

Depuis lors, trois inventaires partiels ont été réalisés, mais il n’y a pas eu d’inventaire complet par manque de temps et de personnel disponible. L’utilisation des nouvelles technologies pourrait donc apporter une aide dans ce domaine. Il ne s’agit donc pas de remplacer l’homme à la BNL, mais de faciliter une partie des activités du personnel déjà en place. Robots et humains travailleraient donc main dans la main.
Et voici à quoi cela devrait ressembler, comme l’indique la lettre du ministère de la numérisation, de la CTIE et de la BNL: un robot autonome équipé d’un système de reconnaissance de documents devra naviguer à travers les 2.128 étagères de la salle de lecture et identifier tous les livres et documents qui se trouvent sur les 9.231 étagères. Cela devrait être possible à l’aide de la vision par ordinateur, c’est-à-dire de la vision automatique. Cette vision par ordinateur utilise à son tour l’intelligence artificielle (IA) pour reconnaître les objets.  Tant les différentes étagères que les livres individuels disposent d’une certaine identification, même si l’identification des livres n’est pas toujours unique. Les étagères sont également marquées d’un code QR et les livres sont munis d’une étiquette RFID, c’est-à-dire un système utilisé pour identifier les articles à l’aide d’une sorte de code-barres. Cela permet d’automatiser le prêt à l’aide de stations en libre-service. Les livres sont classés selon la classification décimale de Dewey (DDK). Cela signifie que chaque document est doté d’un code numérique spécifique, en fonction de son type et de son contenu. Le robot sera capable d’identifier les livres à l’aide de ces codes et d’informations visuelles. Cela permettra d’automatiser le processus d’inventaire. Il n’y aurait donc plus besoin d’un humain pour parcourir toutes les étagères à la recherche de livres manquants ou mal placés. Enfin, le robot doit transmettre les données collectées à un système de gestion. Et c’est là que les humains entrent à nouveau en jeu: les collaborateurs de la bibliothèque nationale peuvent désormais corriger les éventuelles erreurs de classement. Le robot note donc les livres qui ont été mal rangés ou qui manquent.

Cependant, la diversité des livres présents dans la salle de lecture compliquera la reconnaissance visuelle du robot: certaines couvertures de livre sont par exemple constituées de spirales circulaires, d’autres livres doivent être placés dans le sens inverse sur les étagères en raison de leur taille. Un défi parmi d’autres pour le «Bot4Lib» et ses développeurs.

Ceux qui pensent qu’ils verront bientôt un robot circuler dans la salle de lecture de la Bibliothèque nationale devront encore patienter un peu - les candidatures sont encore en cours. Et il est d’ores et déjà certain que le robot «Bot4Lib» effectuera son travail de nuit, c’est-à-dire entre 21 heures et 6 heures. Il n’est donc pas certain que les utilisateurs de la salle de lecture puissent le voir à l’œuvre.

Source : Virgule

6 janvier 2025

Nouveau record de fréquentation pour la BNF

2024 est une année à marquer d'un pierre blanche pour la Bibliothèque nationale de France. Avec 1,7 million de visiteurs accueillis sur l’ensemble de ses sites parisiens (Richelieu, François-Mitterrand, Opéra, et Arsenal), la BnF fait mieux qu'en 2023 avec 200 000 visites supplémentaire. Un succès ne venant jamais seul, cette progression s'est également jouée sur les territoires numériques avec 44 millions de visites sur ses différents sites en ligne (Gallica, RetroNews, bnf.fr...) "L’institution établit ainsi en 2024 un nouveau record historique qui la place parmi les bibliothèques les plus fréquentées du monde" se réjouit la BnF.

Autre motif de satisfaction, les Pass annuels BnF ont été plébiscités par les visiteurs avec plus de 82 000 adhésions enregistrées en 2024.

Dans un entretien récemment accordé à Archimag, Gilles Pécout, président de la BnF évoquait la question de la diversité du public : "la BnF est par vocation une bibliothèque de recherche. Je dois donc m’assurer que les chercheurs y trouvent tout ce qu’ils y cherchent, aussi bien sur nos différents sites qu’à distance (...) Nous savons bien qu’il n’y a pas de contradiction entre le développement de la recherche par la recherche et la démocratisation. La BnF doit aussi être une bibliothèque ouverte à tous : la diversification de ses publics doit s’accompagner de sa démocratisation autour de l’accès à la lecture, notamment pour ceux qui en sont éloignés, à commencer par les jeunes de milieux défavorisés ; c’est pourquoi nous développons nos actions avec les réseaux d'éducation prioritaire."

Au mois de mars 2025, la Bibliothèque nationale de France célèbrera le 30ème anniversaire du site François-Mitterrand.

Source : Archimag

5 janvier 2025

Qui veut la peau de Roger Rabbit publié pour la première fois en France

“Qui veut la peau de Roger Rabbit?” de Gary K. Wolf a été publié aux USA en 1981. Ce polar à succès a inspiré le film culte éponyme en 1988. Là encore, ce fut un carton ! Pour la première fois en France, les éditions Ynnis publient la version en français du roman de Gary K. Wolf ! “Qui veut la peau de Roger Rabbit?” mélange habilement les genres du polar noir et de la comédie loufoque. Il se déroule dans un univers où les humains et les Toons (personnages de dessins animés) coexistent. Wolf crée un monde riche et détaillé où les Toons interagissent avec les humains de manière totalement crédible et amusante. Roger Rabbit est un personnage adorable et farfelu. En contrepoint, le détective Eddie Valiant apporte un contraste intéressant avec son attitude cynique et dure. La dynamique entre eux est l’un des points forts du livre. L’auteur réussit à équilibrer parfaitement l’humour décalé des Toons avec le suspense propre au genre du roman noir. Cela rend la lecture à la fois divertissante et palpitante.
Pour les fans du film, certaines différences entre le livre et l’adaptation cinématographique peuvent être déroutantes ou décevantes. Le ton du roman est légèrement plus sombre et moins comique que celui du film.

Voici le résumé du livre :
L’heure est grave : quelqu’un a tenté d’étouffer le célèbre lapin de bande dessinée Roger Rabbit. Eddie Valiant, un détective privé bourru embauché pour une simple affaire de contrat, se retrouve donc à se poser des questions sur la sécurité de son client. Mais alors qu’il est sur le point de clore son enquête et de partir le plus loin possible de l’étrange milieu des toons, ces personnages dessinés qui vivent parmi nous, un double meurtre le remet sur la piste d’un complot aux ramifications insoupçonnées… aux côtés d’un allié improbable. Quel est le rôle de Jessica Rabbit, le grand amour du lapin, dans cette affaire ? Pourquoi est-ce que tout le monde souhaite s’emparer d’une simple bouilloire de cuisine ? Et surtout : qui veut la peau de Roger Rabbit ?

Pour lire un extrait ou acheter ce livre Cliquez ici.

Source : Idboox

4 janvier 2025

Publication seulement en coédition pour la maison d’édition Plume de carotte

Pour faire face aux difficultés d’ordre économique qu’elle subit, la petite maison d’édition toulousaine Plume de carotte, créée en 2001, a décidé, de publier des ouvrages uniquement en coédition ou partenariats. 

Pour Frédéric Lisak, fondateur de la maison contacté par Livres Hebdo Hebdo, cette décision résulte de multiples facteurs parmi lesquelles les retombées du Covid, « une crise de conscience, politique et de pouvoir d’achat » dans le domaine du livre et ailleurs, ainsi que la surproduction d’ouvrages qui invisibilise les petites maisons d’édition, au profit des grands groupes qui cherchent à « occuper tous les terrains ». « Les places en librairie se font donc plus rares, concède Frédéric Lisak. Les libraires préfèrent mettre en avant des livres qu’ils sont sûrs de vendre et les publics se dirigent plutôt vers des auteurs à succès ». 

Ainsi, pour un éditeur comme Plume de carotte, spécialisé dans les livres dédiés aux questions environnementales et à la relation entre l’Homme et la Nature, l’ensemble de ces éléments entraîne une fragilisation de la production, obligeant son fondateur et ses trois employés à repenser le processus de fonctionnement. 
« Le contexte que nous vivons nous force à réfléchir sur le rôle du livre et la manière de le vendre : normalement, le marché du livre fonctionne sur l’offre, c’est à dire proposer des ouvrages à tout le monde. Aujourd’hui on se questionne quant à l’efficacité de le faire fonctionner sur la demande, c’est-à-dire avec des publics ciblés », explique Frédéric Lisak.

« Notre objectif pour les deux ou trois prochaines années à venir est donc de trouver des partenaires complémentaires avec qui faire des livres qui seront pour eux de véritables outils pour leur réseau, leur communication. » En résumé, des ouvrages conçus comme une réponse à la demande d’un public visé. 

Douze livres basés sur ce modèle sont déjà prévus pour 2025 avec différents partenaires selon l'éditeur : deux beaux-livres avec des parcs naturels régionaux, un cahier de jeux pour enfants avec le Réseau national des conservateurs de parcs naturels, un livre pratique avec l’Association des parcs botaniques de France, etc.

« Un ensemble d’ouvrages, que l’on aurait pas pu produire seul en termes économiques », affirme Frédéric Lisak. Selon lui, « cette logique de partenariat a toujours existé chez Plume de carotte sauf qu'à l'époque c’était en bonus et qu’aujourd’hui, ça en devient le cœur ».  
Bien que nécessaire pour la pérennité de sa maison d’édition, Frédéric Lisak évoque néanmoins certaines inquiétudes concernant ce processus de commercialisation comme « le fait de basculer vers des livres de commande, ce qui casserait totalement la logique mise en place ». Cependant, l'éditeur conserve son optimisme quant à l’avenir de Plume de carotte. Il estime que ce système permet « de publier de belles choses » et que « le bon livre arrive entre les bonnes mains ». 

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