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21 avril 2024

Réouverture d'une bibliothèque-musée unique, l'Inguimbertine à Carpentras

Une bibliothèque-musée unique en France, l'Inguimbertine, a ouvert ce week-end à Carpentras (Vaucluse), en Provence, offrant une immersion dans un monde où dialoguent livres et tableaux, jeux vidéos et manuscrits du Moyen-Age, dans un majestueux bâtiment du 18e siècle.

"Nous avons cherché à croiser les savoirs, +donner à lire+ dans le musée et +donner à voir+ dans la bibliothèque+", expliquent notamment les architectes de l'Atelier Novembre qui ont piloté l'aménagement de cette institution dans l'ancien hôtel-Dieu de cette ville du Sud de la France. De la précieuse stèle antique de Taba, découverte à Memphis en Egypte et prêtée quelques mois au British Museum, à des manuscrits rares, comme une Bible vaudoise sur un parchemin illuminé dont seuls sept exemplaires existent au monde, en passant par des tableaux persans, la richesse des collections "est considérée hors échelle pour une ville d'un peu plus de 30.000 habitants", remarque le directeur du musée, Jean-Yves Baudouy. Le fonds de l'Inguimbertine compte près de 100.000 livres papier ou numérique en prêt pour le grand public, mais aussi 1.200 tableaux, 500 statues et 3.400 manuscrits dont des centaines enluminés à la main. Un trésor que cette ville doit à son passé d'Etat pontifical (du 13e au 18e siècle), où les papes résidèrent un temps, mais surtout à l'un de ses enfants, Malachie d'Inguimbert (1683-1757). Ainé d'une famille nombreuse, il devient prêtre et part à Rome pendant 26 ans. Il entre au service d'un cardinal, qui deviendra le pape Clément XII. Nommé évêque dans sa ville natale, cet humaniste, convaincu que le savoir se transmet autant par l'image -dessins, tableaux-, que par l'écrit, ouvre au public sa bibliothèque-musée dès 1745. Pour lui, une bibliothèque n'accueille pas uniquement des livres mais doit être "le temple des muses" (arts), un concept plus commun en Italie qu'en France.  Il flotte d'ailleurs dans le musée actuel un air italien, car à l'époque, rappelle M. Baudouy, Carpentras et le Comtat Venaissin, cet Etat rattaché à Rome, "ont été une terre de transmission de la culture italienne vers la France".

Dans le nouveau musée situé dans l'ancien hôtel-Dieu, que d'Inguimbert fit construire pour soigner les pauvres, le visiteur, après avoir gravi l'escalier d'honneur, est replongé dans l'atmosphère de cette bibliothèque du 18e siècle. Dans une salle à la lumière tamisée, les livres anciens tapissent les murs dans des caissons d'époque, ornés de tableaux.  Les manuscrits précieux peuvent être feuilletés virtuellement. Une partie de la collection des dessins d'animaux et des livres de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637), astronome et scientifique provençal parmi les plus réputés de son époque en Europe, est aussi exposée. D'Inguimbert les avait achetés car l'homme d'église, dans l'esprit des Lumières, avait soif de connaissances dans tous les domaines. 

Plus loin, les visiteurs découvrent les beaux livres de Casimir Barjavel, ex-maire de Carpentras au XIXe siècle, auteur également d'une importante donation.  De précieux objets religieux juifs rappellent aussi l'importance de cette communauté dans cette cité connue pour sa synagogue rococo. Une aile est consacrée aux beaux-arts, avec entre autres une insolite section comportant des copies d'oeuvres célèbres, encouragées à une époque par l'Etat français pour les faire connaître au public en région. Y est accrochée une copie de la Joconde envoyée "par le gouvernement de la République". Mais l'originalité du lieu tient aussi à sa médiathèque multimédia au rez-de chaussée, ouverte depuis 2017. Outre les livres, albums musicaux et films, elle compte un piano à queue, des peintures et objets précieux. Ici, "le jeu vidéo côtoie des oeuvres d'art telle qu'un globe de Blaeu de 1622", conçu à Amsterdam, se réjouit le maire divers gauche Serge Andrieu.

Elu en 2020 face à l'extrême droite qui convoitait pourtant de longue date Carpentras, il mise sur un accès à la culture le plus large et démocratique possible pour lutter contre les inégalités sociales dans une région où les crises économiques ont imprimé leurs marques. Aujourd'hui, un public nombreux et divers fréquente déjà la médiathèque de l'Inguimbertine avec plus de 130.000 visiteurs en 2023.  Beaucoup se réjouissent de la nouvelle partie musée, qui finalise un projet à 36 millions d'euros entamé il y a 15 ans.

"C'est très beau, c'est contemporain et ça ramène aussi à des temps anciens; même quand les gens parlent, le lieu reste calme, donne du calme", témoigne Wassim Benhammadi, auto-entrepreneur de 19 ans.

Morjiane Bouhid, 20 ans, venue d'une ville voisine, s'émerveille: "la beauté des oeuvres me donne envie de regarder, encore et encore".

 

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20 avril 2024

McDonald’s, un grand de l'édition en France

Le chahut des collégiens emplit la salle de restaurant. Livreurs et clients se bousculent aux caisses automatiques dans un brouhaha incessant. Une journée ordinaire dans un fast-food parisien. Pas franchement l’endroit idéal pour ouvrir un livre. Mais n’allez pas le dire à McDonald’s. Depuis huit ans, l’enseigne se vante d’être l’une des entreprises les plus engagées en matière de lecture. Elle affirme même être devenue l’un des premiers distributeurs de littérature jeunesse en France. En partenariat avec Hachette, McDonald’s a fait le pari en 2015 de glisser des albums dessinés dans ses Happy Meal.

Le chahut des collégiens emplit la salle de restaurant. Livreurs et clients se bousculent aux caisses automatiques dans un brouhaha incessant. Une journée ordinaire dans un fast-food parisien. Pas franchement l’endroit idéal pour ouvrir un livre. Mais n’allez pas le dire à McDonald’s. Depuis huit ans, l’enseigne se vante d’être l’une des entreprises les plus engagées en matière de lecture. Elle affirme même être devenue l’un des premiers distributeurs de littérature jeunesse en France. En partenariat avec Hachette, McDonald’s a fait le pari en 2015 de glisser des albums dessinés dans ses Happy Meal. Les enfants qui commandent cette formule à 4 euros ont ainsi le choix entre « un jouet ou un livre » offert avec le repas. Ce 29 mars, le cadeau offert par McDonald’s est un coloriage à plier de la marque Omy. Le livre, lui, est un album sur « l’esprit sportif » de la romancière Virginie Grimaldi, illustré par Margaux Zinsner. Un livre ? Plutôt inattendu dans une pochette-surprise. Depuis longtemps, les plus jeunes qui vont chez McDonald’s ont pris l’habitude de se voir offrir un cadeau ludique. C’est l’un des piliers de la stratégie commerciale inventée par le génial publicitaire Roy Bergold, aujourd’hui à la retraite. Alors ni les enfants ni leurs parents n’ont le réflexe d’aller vers le livre. La preuve ce jour-là : petit sondage effectué, le pliage l’emporte.

«C’est plus marrant », se justifie l’un des enfants réfugiés à l’étage du restaurant, où il finit sagement

L’an dernier, la chaîne de fast-food a écoulé plus de 18 millions de livres dans ses menus pour enfants.

Ou quand une expérience sociale rencontre une stratégie marketing : « Nous avons appliqué la même recette que pour les fruits », explique un porte-parole. Ces trois dernières années, l’enseigne a organisé des ateliers de lecture et des distributions de livres chaque premier mercredi du mois.

D’après le roi du Big Mac, près d’un enfant sur quatre choisirait l’album offert avec son repas. Un taux de réussite faible, quoique meilleur qu’en début d’opération, où seuls 9 % des enfants repartaient avec le livre. Une position qui le place parmi les grands acteurs de l’édition jeunesse, au point d’être présent chaque année au Salon du livre jeunesse de Montreuil. Le partenariat passé par Nawfal Trabelsi, ancien directeur de McDonald’s France, et Arnaud Nourry, ex-PDG d’Hachette, n’a pas changé depuis 2015. « Nous prenons en charge la relation avec l’auteur et l’illustrateur, la conception de chaque collection annuelle et la réalisation des livres », explique Sarah Koegler-Jacquet, directrice générale de la branche jeunesse de l’éditeur. De son côté, McDo imprime les albums et les distribue via sa puissante machine logistique. Chacun y trouve son compte. La chaîne de fast-food la première, qui a senti le vent tourner pour son image : en investissant tôt dans le livre, elle répond à la pression pour supprimer le plastique de ses jouets, ce qu’elle fait en 2021.

« La marge négociée avec Mc­Donald’s n’est pas mauvaise », glisse un bon connaisseur chez Hachette. Même écho dans le secteur de l’édition, où l’on regrette en revanche que les auteurs jeunesse, plus confidentiels, ne soient pas mis à l’honneur. « Ils ont fait le choix de prendre des auteurs connus », explique le romancier Alexandre Jardin, qui a participé à la première collection, suivi par Marc Levy, Katherine Pancol…

son repas.

Source : Challenges

19 avril 2024

Le Aye Write de Glasgow sauvé par un don de 65 000 £

Le Aye Write Festival de Glasgow a confirmé que des événements autonomes et une version à plus petite échelle du festival Wee Write auront lieu cette année suite à un don inattendu de 65 000 £. Selon The Bookseller, le don a été effectué par  la Colin Weir Charitable Foundation  (organisme qui soutient des groupes communautaires et de petites œuvres caritatives basés en Écosse). Il a été effectué peu de temps après l'annonce de l'annulation du festival au début du mois. Le financement permettra d’organiser des événements éphémères en 2024 et au cours de la nouvelle année. Les événements confirmés incluent Damian Barr et James Ley en conversation avec Jackie Wylie le 30 avril à la Mitchell Library, la présentation "How To Solve A Murdle" de GT Karber le 16 mai à Waterstones Sauchiehall Street et Val McDermid en conversation avec Nicola Sturgeon MSP le 21 mai. au vieux marché aux fruits. Lionel Shriver se produira le 26 mai au Waterstones, Sauchiehall Street, David Nicholls le 14 juin au Glasgow Royal Concert Hall tandis qu'Alan Cumming se produira avec Forbes Masson le 8 août au Glasgow Royal Concert Hall. Le programme Wee Write se poursuivra à l’automne de cette année, à plus petite échelle. De nombreuses activités seront également proposées aux enfants et aux jeunes à l'occasion de son 10e anniversaire. Plus de détails seront disponibles dans les mois à venir.

Glasgow Life a déclaré qu'elle souhaitait remercier «la fondation, les auteurs, les éditeurs et les membres du public qui ont aidé ou proposé de soutenir Aye Write».

Bailie Annette Christie, présidente de Glasgow Life, a déclaré : « Aye Write est un festival très apprécié, comme en témoigne l'effusion de soutien de ces dernières semaines. Le don généreux de la Colin Weir Charitable Foundation signifie qu’elle peut continuer à avoir un impact positif sur les Glasgowiens et les habitants de toute l’Écosse.

Un porte-parole de la fondation a déclaré : « Nous sommes heureux de pouvoir soutenir Aye Write dans l’organisation d’un programme de grands événements en 2024. Il était impensable qu’Aye Write soit réduit au silence jusqu’à l’année prochaine. Heureusement, grâce au don, ce ne sera pas le cas.

Glasgow Life continue de développer une demande de financement pluriannuelle auprès de Creative Scotland pour les futures éditions des festivals. Si cela réussit, Le Aye Write Festival reviendra intégralement en 2025, 2026 et 2027. 

Les billets sont maintenant en vente sur le site Web du Aye Write Festival et pour financer les futurs festivals et aider à soutenir l'alphabétisation, visitez ayewrite.com . 

18 avril 2024

Le Réalgar sélectionné au Prix Goncourt 

La première approche remonte en janvier. Daniel Damart, le gérant de la maison d’édition stéphanoise le Réalgar est contacté par le délégué général de l’académie Goncourt. Immédiatement, il envoie donc le livre repéré : Le Pair, de Catherine Litique. A ce moment-là, “je n’y crois pas du tout”, explique-t-il. Mais trois mois plus tard, le Réalgar est bel et bien sélectionné pour concourir dans la catégorie du premier roman au prix Goncourt. Daniel Damart reste quand même lucide, il concède : “ce n’est pas le Goncourt du roman qui lui est décerné généralement début novembre”. Ça n'en reste pas moins un prix important, à la fois “pour la notoriété de l’auteur que pour le nombre de livres vendus”. Mais la compétition est rude. Le Réalgar s’oppose aux grandes maisons d’édition que sont : Seuil, Grasset et Calmann-Lévy (deux fois). 

Catherine Litique est une autrice que l’éditeur décrit comme “très discrète”. Originaire des Vosges, elle habite dans les Deux-Sèvres. Son premier roman, Le Pair, est un roman psychologique. Daniel Damart le résume sobrement en “une lettre qu’une femme adresse à la fin de sa vie à son frère”. “Son” frère était un résistant lors de la Seconde Guerre mondiale, et sera capturé par les Allemands puis exécuté. “Les personnages sont plus ambivalents qu’il n’y paraît”, conclut l’éditeur. 

La maison d’édition et le distributeur surveillent attentivement les ventes du livre. Le Pair est paru en septembre 2023, alors depuis, ils ont pu constater une augmentation des vents. Mais “ce n’est pas une explosion”, affirme Daniel Damart. Initialement, il avait tiré 500 exemplaires du roman, pour le moment, il tente alors d’écouler les stocks. Tout en espérant remporter le prix, puisque si c’était le cas, “ça se compterait en milliers ou dizaines de milliers”. 

“Il est très difficile pour une petite maison d’édition de faire parler de soi ou d’être sur la table des libraires”, confesse Daniel Damart, donc le prix Goncourt “est un éclairage plutôt sympathique”. Fin de l’attente : le 14 mai, lors de la remise du prix. 

Dans ce concours, le Réalgar s’oppose donc, entre autres, aux éditions Grasset. Ce dernier ouvrage s’intitule Rapatriement et a été rédigé par Eve Guerra, que Daniel Damart connaît très bien “puisque j’avais publié son premier livre”, explique-t-il. “Ce qui me fait dire quelque part que j’ai un livre et demi dans la sélection du prix Goncourt”, conclut l'éditeur en riant. 

Source  : RCF

18 avril 2024

Chasse à l’arsenic dans la bibliothèque universitaire de Strasbourg

À la veille d’être intronisée Capitale mondiale du livre durant une année (ce sera le 23 avril 2024), Strasbourg (Bas-Rhin), la ville où s’était installé Gutenberg, l’inventeur de l’imprimerie au XVe siècle, part à la chasse des ouvrages de ses bibliothèques empoisonnés… à l’arsenic. De l’autre côté du Rhin, les bibliothèques allemandes ont entamé une vaste campagne pour mettre hors de portée leurs livres colorés au célèbre vert de Schweinfurt, ou vert de Paris. Ce pigment, très prisé des éditeurs au tournant du XVIIIe siècle, a aussi longtemps servi de mort au rat.

La bibliothèque universitaire de Bielefeld a ainsi retiré 60 000 ouvrages de ses rayons, plutôt faciles à repérer avec cette couleur verte caractéristique. Ces livres du XIXe siècle doivent être testés pour évaluer la présence d’arsenic dans le fameux pigment et évaluer les risques comme le déclenchement de malaises, vomissements ou diarrhées.

Une partie des fonds des bibliothèques historiques strasbourgeoises a été constituée au temps où Strasbourg était une capitale impériale allemande, après l’annexion en 1870. D’où l’inquiétude du personnel de la Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg (BNU) qui oriente ses recherches parmi ses 3,5 millions d’ouvrages.

« Nous allons commencer par travailler à partir d’une liste existante de 260 titres déjà identifiés », explique Jérôme Schweitzer, conservateur à la BNU. « Le public ne peut pas être en contact direct avec nos livres anciens sans que notre personnel ne l’ait d’abord en main », rassure-t-il. « Celui-ci fera un repérage pour faire remonter tout livre de couleur vert émeraude qu’il observerait. »

La BNU prévoit de placer les livres incriminés dans des boîtes après numérisation pour le public. « L’idée sera de ne plus avoir à les manipuler mais ils resteront des éléments de patrimoine », insiste Jérôme Schweitzer.

Source : Le Parisien

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17 avril 2024

L’État sénégalais acquéreur de la bibliothèque de Léopold Sédar Senghor

Ce sont précisément 344 ouvrages divisés en 194 lots qui devaient être mis à la vente ce mardi. Et c’est à la demande du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, que ces enchères ont été reportées explique l’ambassadeur du Sénégal en France El Hadj Magatte Seye, au micro de Guillaume Thibaut : « Au-delà même de ce patrimoine-là, nous estimons que Senghor lui-même est un patrimoine : un patrimoine sénégalais, un patrimoine africain, un patrimoine universel. Éviter qu'il y ait une dispersion était essentiel. C'est pourquoi le président de la République du Sénégal, Monsieur son excellence Bassirou Diomaye Faye, a donné ses instructions, avec bien sûr le soutien des autorités françaises – ça aussi, il faut le mentionner -, ce qui a permis, aujourd'hui, de surseoir cette vente pour permettre à l'État du Sénégal de négocier l'acquisition des ouvrages de la bibliothèque du président Senghor. »

Pièce centrale de la maison de l’ancien président Sénégal à Verson, cette bibliothèque est riche d’ouvrages rares, certains, comme par exemple Paroles de Jacques Prévert, Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire, sont dédicacés par leurs auteurs.

En octobre 2023, à la demande de l’ex-chef de l’État Macky Sall, une première vente aux enchères a été bloquée. L’État du Sénégal a ainsi acquis pour 240 000 euros des objets de Léopold Sédar Senghor. Médailles, des décorations officielles, stylos plumes : 41 pièces ont rejoint les collections de l’État sénégalais. L’ambition de l’État sénégalais, indique El Hadj Magatte Seye, est donc d’acheter la collection de livres et de venir compléter ce patrimoine pour créer un musée dédié à l’œuvre et à la vie de Léopold Sédar Senghor : « L'objectif est de pouvoir exposer tout ce patrimoine-là, qui a appartenu au président Senghor, dans un musée. Je crois que dans le contexte mondial que nous vivons, où il y a beaucoup de stigmatisation, où il y a une montée des communautarismes, celui qui a théorisé la civilisation de l'universel, le rendez-vous du donner et du recevoir, mérite qu'on revisite son œuvre. C'est aujourd'hui la direction vers laquelle nous allons avec l'acquisition de tout ce patrimoine ayant appartenu au président Senghor. »

L’État sénégalais et l’hôtel des ventes de Caen en charge de la vente se sont donnés deux semaines pour trouver un accord.

Source : RFI

16 avril 2024

Licenciement d'Isabelle Saporta par Hachette Livre

Le numéro un français de l'édition Hachette Livre a annoncé mardi avoir procédé au licenciement d'Isabelle Saporta, qui était à la tête des Editions Fayard, en raison de "différends stratégiques".

"Hachette Livre regrette les différends stratégiques qui l'ont amené à mettre un terme aux fonctions d'Isabelle Saporta comme PDG des Editions Fayard", a indiqué le groupe dans un communiqué.

La procédure de licenciement avait été lancée en mars à cause du refus de Mme Saporta de céder la marque Fayard à une autre maison de Hachette (groupe Vivendi), Mazarine. Or, en février, Hachette Livre avait annoncé le recrutement comme directrice générale de Mazarine de Lise Boëll, l'éditrice derrière les succès de librairie de l'ancien candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle, Eric Zemmour.

Mme Saporta, 48 ans, souhaitait que le nom de Fayard n'apparaisse en aucun cas sur les livres édités par Mme Boëll, avec qui ses désaccords politiques sont de notoriété publique.

D'après des sources internes à Fayard, Hachette Livre ne lui avait laissé que deux choix: signer l'accord pour laisser Mazarine exploiter la marque Fayard ou être licenciée.

Mme Saporta elle-même était arrivée à la tête de cette maison en juin 2022 au terme d'une crise déclenchée par le départ de l'ancienne patronne, Sophie de Closets, dans un climat de défiance et de dénonciation de pressions politiques.

Citée dans le communiqué de Hachette, Mme Saporta "remercie chaleureusement les auteurs et ses équipes de l'extraordinaire travail accompli ensemble" chez Fayard et estime "avoir fait progresser cette maison en s'appuyant sur son héritage patrimonial, culturel et moral".

Hachette Livre est passé fin 2023 sous le contrôle de Vivendi, groupe du milliardaire Vincent Bolloré, accusé par de nombreux rivaux de vouloir se servir de ses maisons d'édition pour promouvoir un projet politique très à droite.

M. Bolloré, qui s'en défend, expliquait en mars aux députés: "Je n'ai aucun projet idéologique, je suis tout doux et débonnaire".

16 avril 2024

Hommage national à Maryse Condé

« Elle vivait dans l’amour inconfortable de la Guadeloupe. Dans l’attachement intranquille à la France. Elle était de France à sa manière », a déclaré le chef de l’État dans un discours en hommage à l’écrivaine Maryse Condé, à la Bibliothèque nationale de France Richelieu. « Elle vivait en République à sa manière. Sans récuser son passé de lutte, sans démentir non plus tout à fait ce que son destin de femme portait irréductiblement d’espérance républicaine. Une belle enfant de la République, comme la belle enfant de la migration des cœurs surmontant la malédiction et l’assignation », a-t-il poursuivi à l’occasion de cet hommage national.

L’autrice guadeloupéenne de « Ségou » ou de « La Vie sans fards », morte à 90 ans, a été l’une des grandes voix de la littérature francophone, explorant dans ses romans, son théâtre et ses essais l’histoire de l’Afrique et de sa diaspora, l’héritage de l’esclavage et les identités noires.
« Elle, Maryse Condé, qui interrompait Bernard Pivot sur le plateau d’Apostrophes avec un : « est-ce que je peux protester ? » D’une infinie révolte, d’une infinie malice, d’une infinie douceur », a souligné Emmanuel Macron.

« Maryse Condé n’écrivait ni en français, ni en créole. Elle écrivait en Maryse Condé », selon le président. « Maryse Condé vivait en aimant la Guadeloupe d’un amour doux-amer. (…) Maryse Condé vivait sans rien céder. Sans tricher, sans chercher à plaire. En continuant à écrire et à cuisiner, la littérature à l’estomac. Du haut de son autorité espiègle, de son humour féroce, riant d’elle-même et dictant ses phrases comme on dicte des recettes », a-t-il ajouté.


Cet hommage national a réuni de nombreux membres du gouvernement, dont le Premier ministre Gabriel Attal et la ministre déléguée aux Outre-mer, Marie Guévenoux, et des personnalités de la culture, des religions ou des Outre-mer, comme le secrétaire perpétuel de l’Académie française Amin Maalouf, ou le député guadeloupéen Christian Baptiste.

Source : Le Parisien

15 avril 2024

Plus de 100 000 personnes ce week-end au Festival du livre de Paris 2024

Organisé pour la troisième fois au Grand Palais éphémère, avant de s'installer au Grand Palais en avril 2025 après sa réouverture à la suite de travaux, le Festival du livre de Paris 2024 a attiré 103 000 visiteurs de vendredi 12 à dimanche 14 avril, ont annoncé ses organisateurs. L'événement avait cette année le Québec, province francophone du Canada, comme invité d'honneur.

Sur les 103 000 visiteurs, 45% étaient âgés de moins de 25 ans (pour cette tranche d'âge, l'entrée était gratuite), tandis que l'achat de livres est en progression de 6%, ont encore indiqué les organisateurs. Parmi les moments forts de cette édition, la "Grande Dictée des Jeux" organisée sur le Champ-de-Mars avec trois épreuves d'orthographe, sur les thèmes "plus vite", "plus haut" et "plus fort", à 100 jours des JO de Paris.

Le Festival du livre de Paris avait attiré 102 000 visiteurs en avril 2023. La manifestation avait succédé en 2022 au Salon du livre de Paris, créé en 1981 et qui ne correspondait plus aux souhaits de plusieurs éditeurs à cause de son gigantisme à Paris Expo Porte de Versailles, immense parc des expositions. La dernière des 39 éditions sous l'ancien format avait attiré, en mars 2019, 160 000 visiteurs.

Source : France Info Culture

15 avril 2024

Baromètre des usages du livre en 2024 en France

Le livre numérique a le vent en poupe. Selon les résultats de l’étude, 3 Français sur 4 âgés de plus de 15 ans ont lu ou écouté au moins un livre en 2023. Cela représente 40 millions de lecteurs. Parmi eux, 38 millions ont lu au moins un livre imprimé. 12 millions ont lu un livre numérique. Cinq millions de français ont écouté au moins un livre audio physique et environ 4 millions au moins un livre audio numérique (6,8 millions d’auditeurs en global).  Les grands lecteurs lisent plus de 20 livres par an mais sur quel support ?
Ils sont 22% pour le livre papier, 20% pour le livre numérique et 14% pour le livre audio physique et le même ratio pour l’audio numérique. (Voir la répartition pour les moyens lecteurs et occasionnels dans le graphique ci-dessous). Autre point intéressant, une large majorité lit principalement à la maison et le soir avant de dormir : papier 97%, ebook 78%, audio physique 52%, audio numérique 62%. Enfin, 58% des sondés achètent des livres imprimés neufs et 74% de l’occasion.

La littérature l’emporte avec 95% pour le livre papier, 89% pour le livre numérique, 83% pour l’audio physique et 89% pour l’audio numérique.  La Romance et la Fan Fiction à lire en ligne sont tendance ! En effet, la fan fiction séduit près de 2 millions de lecteurs en 2023. La new romance quant à elle, aura attiré en 2023 plus de 3,4 millions de lecteurs.  Celles et ceux qui aiment ces genres littéraires sont plutôt jeunes et ont moins de 35 ans.

47% des lecteurs de livres numériques et 68% des audio-lecteurs numériques ont un abonnement à une plateforme permettant la lecture et/ou l’écoute de livres. Le potentiel est grand : 50% des lecteurs des livres numériques ou audio numériques non encore abonnés seraient intéressés par une offre. Audible, est la plateforme qui remporte le plus d’abonnés.  Le piratage ne représente « que » 4%. Du coup, 72% des lecteurs se procurent des livres numériques gratuits et légalement. C’est aussi le cas pour 71% des audio lecteurs. Quand ils achètent leurs ebooks, 28% les acquièrent sur les plateformes majeures (Kindle, Apple…) et 20% sur les sites internet des grandes surfaces spécialisées (Fnac / Kobo par exemple). Pour le livre audio, 24% les achètent sur des sites internet de grandes surfaces et spécialisées et 17% sur les plateformes majeures. 

Pour lire des livres imprimés, 61% vont en bibliothèque. 67% empruntent des livres audio physiques.
66% ont recours au prêt numérique en bibliothèque pour l’audio et 48% pour les ebooks. Autre point intéressant, 19% des lecteurs de livres imprimés en empruntent plus de 20 chaque année en bibliothèque. Au final, 50% de l’ensemble de la population a déjà emprunté un livre (imprimé, numérique ou audio) en bibliothèque. Et pour conclure, si 74% des lecteurs recherchent des informations sur les livres avant de les choisir, 57% s’adressent à leur librairie ou leur bibliothèque !

Source : Idboox

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