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13 mars 2024

Budget prévisionnel de presque 100 millions d'euros pour la future Bibliothèque nationale de France à Amiens

La Bibliothèque nationale de France a annoncé mardi 12 mars son budget prévisionnel concernant son futur site d'Amiens destiné à abriter les collections de journaux. 

"Le budget prévisionnel du projet est fixé à 96,7 millions d'euros courants et s'achèvera avant fin 2029", a-t-elle écrit dans un communiqué.  "C'est un gros budget, qui s'annonce, d'environ 100 millions d'euros. C'est ce qu'on appelle donc un grand projet culturel. Mais tout ne résume pas au budget", a déclaré pour sa part lors d'une conférence de presse à Amiens la présidente de la BnF Laurence Engel.

Elle a dévoilé le projet retenu à l'issue du concours d'architecture. Il est signé du cabinet parisien TVK (Pierre Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler), associé aux Londoniens de Carmody Groarke. TVK est connu pour la rénovation, inaugurée en 2013, de la place de la République à Paris, qui a notamment étendu l'espace réservé aux piétons et drastiquement réduit la circulation automobile.

"Ce projet s'est démarqué par une très grande qualité architecturale qui s'inscrit depuis toujours dans l'histoire et l'identité de la BnF", a estimé la bibliothèque, héritière de celle des rois de France. Celle-ci a mené deux chantiers de très grande ampleur ces 30 dernières années. D'abord la construction de la bibliothèque François-Mitterrand, dans le sud-est de Paris, inaugurée en 1995. Puis la rénovation complète de son berceau dans le centre de la capitale, le site Richelieu, achevée en 2021. Les deux avaient coûté respectivement 1,2 milliard et 261 millions d'euros.

De son côté, la ville d'Amiens doit accueillir, sur l'ancien site de son Hôpital Nord, deux bâtiments. L'un stockera, dans des conditions beaucoup plus favorables qu'aujourd'hui, des journaux et des périodiques (plus de 300 000 titres) aujourd'hui répartis sur plusieurs sites. L'autre accueillera les bureaux et ateliers du Conservatoire national de la presse ainsi créé à Amiens.

Ce Conservatoire "permettra de poursuivre la numérisation de ces documents souvent fragiles et de faciliter leur consultation et leur rayonnement", a indiqué la BnF. "Un nouveau magasin de collections hautement technologique, entièrement robotisé, et fonctionnant sous atmosphère à oxygène raréfié et sans climatisation active, favorisera la meilleure préservation des documents, notamment les plus fragiles", a expliqué la BnF.

Le projet prévoit "une surface utile d'environ 10 000 m², répartis entre un bâtiment de conservation de 6000 m² offrant une capacité de 280 kilomètres linéaires, et près de 2000 m² d'espaces d'ateliers pour la restauration et la numérisation des collections". Laurence Engel, citée dans un communiqué, a salué "une écriture architecturale ambitieuse, incarnée, recherchant l'harmonie avec son environnement urbain, répondant à toutes nos exigences techniques".

Source : France Info Culture

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12 mars 2024

Baisse de la production de livres en 2023

Annoncée depuis mi-2022 par la majorité des éditeurs faisant face à l'inflation et au fléchissement des ventes, la baisse de la production est effective pour la deuxième année consécutive, et cette fois bien sensible. En un an, elle a baissé de 5,7 % à 63 565 titres, retrouvant un niveau jamais atteint depuis 2007, hors année exceptionnelle de 2020. Avant la période Covid, la production a stagné pendant six ans autour des 68 000 titres, portée par l'accroissement exponentiel des mangas. Ce dernier segment, qui a connu en 2023 une baisse de ses ventes (voir Livres Hebdo no 39), a continué sa progression en nombre de titres de 16,2 %, tandis que celui de la BD a diminué de 3,2 %.

Paradoxalement, le roman stagne non loin de son niveau record de 2021, à 10 338 titres. Cette résistance est à mettre au crédit de la néo--romance, en vogue actuellement, car les dernières rentrées littéraires d'hiver comme d'automne ont accusé un déficit de titres similaire au fléchissement global et la littérature dans son ensemble baisse de 5,8 %. Dans le même temps, la production de nouvelles et romans étrangers a légèrement augmenté de 1,9 %, sans retrouver son niveau de 2019 (-5,3 % dans l'intervalle). Hormis ces relatives croissances, l'ensemble des autres segments marquent le pas, tel le livre pratique (-10,2 %). Pénalisé par une réduction de l'offre dans le domaine de la santé -, les sciences humaines et sociales (-11,4 %) ou la jeunesse (-11,6 %).

D'un côté, certains acteurs de la filière ont évoqué une surproduction ces dernières années, qui impacte l'environnement et entraînerait une perte de qualité, puisque les prescripteurs ne sont pas en capacité d'assumer toute l'offre. En plus du surcoût de fabrication, celui des invendus pèse également dans le résultat des distributeurs. Mais ce développement permet une augmentation de l'innovation. Dans sa théorie sur l'économie de l'attention, le prix Nobel d'économie Herbert Simon explique qu'une « abondance d'informations crée une rareté de l'attention et le besoin de répartir efficacement cette attention ». L'économie de la tension, favorisée par de nouveaux outils tels que l'impression à la demande ou le suivi en temps réel des ventes d'ouvrage, peut être vertueuse. À terme, baisse de la production ne veut donc pas forcément dire dépression.

Source : Livres Hebdo

11 mars 2024

Contribution de 11 milliards de livres sterling à l'économie en 2023 par l'édition britannique

  Une étude commandée par la Publishers Association (PA) et menée par le cabinet de conseil en politiques publiques Public First a révélé que le secteur de l'édition britannique a contribué globalement à 11 milliards de livres sterling à l'économie en 2023, soutenant 84 000 emplois.  L'étude prédit également qu'avec le soutien adéquat du gouvernement, l'édition peut apporter 5,6 milliards de livres sterling supplémentaires à l'économie britannique d'ici 2033, soutenant ainsi 43 000 emplois supplémentaires. Dans le même temps, la demande internationale pour l'édition britannique devrait croître encore de 20 % au cours de la prochaine décennie, selon Public First. Cette étude intervient alors que l'AP appelle les politiciens de tous les partis à reconnaître la valeur économique du secteur de l'édition, à l'approche des prochaines élections générales. Pour arriver à ses chiffres, Public First a commencé avec les données sur les revenus du tableau de bord d'analyse de l'industrie de l'Autorité palestinienne, puis a converti les chiffres en valeur ajoutée brute (VAB) en utilisant les ratios de l'enquête annuelle sur les entreprises. Ensuite, l’effet indirect de l’édition sur l’économie à travers les chaînes d’approvisionnement « en amont », y compris les paiements aux imprimeurs et aux auteurs, a été ajouté, puis converti à nouveau en VAB. L'impact des adaptations cinématographiques, des ventes en librairie et des salons du livre/événements littéraires a été inclus. La VAB des seules exportations de produits d’édition a été estimée à 6,5 milliards de livres sterling. Les tendances des dernières années ont été utilisées pour estimer la croissance probable jusqu’en 2033.
Dan Conway, PDG de la Publishers Association, a déclaré : « Le secteur de l'édition est une véritable réussite pour le Royaume-Uni, moteur de la croissance économique, création d'emplois créatifs hautement qualifiés et leader des exportations mondiales d'édition qui contribuent au statut culturel et universitaire de la Grande-Bretagne à l'étranger. Les éditeurs sont le cœur de nos principales industries créatives grâce aux histoires incroyables qu’ils portent à l’écran, sur scène et dans les jeux, et ils soutiennent également le Royaume-Uni en tant que base mondiale de recherche et de développement.
« En tant que pays, nous devrions être immensément fiers de ce que le secteur a accompli, mais nous ne devons pas le prendre pour acquis. À l'approche d'élections plus tard cette année, nous demandons aux politiciens de tous bords de reconnaître la valeur économique de l'industrie de l'édition pour le Royaume-Uni, annoncé aujourd'hui à la veille de la Foire du livre de Londres, mais aussi son immense importance culturelle et académique pour inspirer la prochaine génération de lecteurs, d'apprenants et de dirigeants. Nous devons nous assurer de travailler ensemble pour ouvrir le prochain chapitre de cette histoire à succès et accroître la contribution économique et sociale de l'édition britannique pour le Royaume-Uni.
Un rapport plus large, « Vision pour l'édition : le rôle de l'édition dans le succès du Royaume-Uni », présente 10 priorités clés que la Publishers Association demande au gouvernement de prendre en compte. Il s’agit notamment d’engagements visant à garantir que la croissance de l’IA ne puisse se faire au détriment de la propriété intellectuelle et de la créativité humaine ; défendre vigoureusement le cadre britannique en matière de propriété intellectuelle et de droit d'auteur ; créer un accélérateur d’exportation d’édition ; supprimer les frais de traitement des livres audio, des articles et des livres ; investir dans les bibliothèques et l'alphabétisation ; et faire en sorte que le Royaume-Uni soit le foyer d’une recherche et d’une innovation de premier plan au monde.
Les revenus totaux de l'édition en 2022 s'élevaient à 6,9 milliards de livres sterling , selon le dernier rapport annuel A Year in Publishing , basé sur les ventes nettes facturées des éditeurs,

Source : The Bookseller

10 mars 2024

Numérisation des livres anciens par les Kurdes irakiens

A l'arrière d'une camionnette, Rebin Pishtiwan scanne soigneusement une à une les pages jaunies d'un livre ancien et usé datant de plusieurs décennies, dans le cadre de sa mission de numérisation d'ouvrages et manuscrits kurdes anciens

"Nous cherchons à numériser des livres anciens, rares et vulnérables, afin qu'ils ne disparaissent pas", explique cet homme de 23 ans en explorant la bibliothèque publique de Dohouk, une ville de la région du Kurdistan autonome, dans le nord de l'Irak."Nous cherchons à numériser des livres anciens, rares et vulnérables, afin qu'ils ne disparaissent pas", explique cet homme de 23 ans en explorant la bibliothèque publique de Dohouk, une ville de la région du Kurdistan autonome, dans le nord de l'Irak.

"Préserver la culture et l'histoire du Kurdistan est un travail sacré", dit-il en scannant la biographie déchirée d'un enseignant kurde publiée en 1960.

"Préserver la culture et l'histoire du Kurdistan est un travail sacré", dit-il en scannant la biographie déchirée d'un enseignant kurde publiée en 1960.

A bord de leur petite camionnette blanche, Pishtiwan et ses deux collègues partent une fois par semaine d'Erbil, capitale du Kurdistan, à la recherche de livres "rares et anciens", renfermant des informations sur les Kurdes et remontant à plus de 40 ans, voire des siècles.

A quelque 150 kilomètres de là, ils fouillent dans des étagères en bois de la bibliothèque publique de Dohouk, en quête de joyaux cachés.

Ils choisissent plus de 35 ouvrages en lambeaux, des livres de poésie, de politique, de langue et d'histoire, écrits dans différents dialectes kurdes et certains en arabe.

Pishtiwan tient un livre usé d'anciennes histoires populaires kurdes intitulé Xanzad, du nom d'une princesse kurde du XVIe siècle, et feuillette doucement un fragile ouvrage religieux, passant le bout des doigts sur la calligraphie arabe.

De retour dans la camionnette, équipée de deux scanners connectés à un écran, la petite équipe entame le processus de numérisation qui peut durer plusieurs heures avant de rendre les livres à la bibliothèque.

Longtemps persécutés sous Saddam Hussein, les Kurdes d'Irak ont établi une région autonome de facto dans le nord du pays, reconnue comme telle par la Constitution irakienne de 2005, à la suite de la chute de l'ancien régime après l'invasion américaine de 2003.

Tout au long de leur histoire, de nombreux documents ont été perdus ou détruits, et ceux qui restent sont dispersés dans des bibliothèques publiques et privées, des universités ou des collections privées.

En l'absence d'archives en ligne, le Centre du Kurdistan pour les arts et la culture (KCAC), une ONG fondée par le neveu du président de la région, Nachirvan Barzani, a lancé le projet de numérisation en juillet.

L'équipe espère mettre en ligne ces documents et livres anciens sur le nouveau site internet du KCAC en accès libre à partir d'avril.

Plus de 950 ont déjà été numérisés, notamment une collection de manuscrits datant des années 1800 et appartenant à la principauté kurde de Baban, dans l'actuelle région de Souleimaniyeh.

"L'objectif est de fournir des sources primaires pour les lecteurs et chercheurs kurdes," explique Mohammed Fateh, directeur exécutif du KCAC.

"Cette archive sera la propriété de tous les Kurdes pour les aider à avancer dans notre compréhension de nous-mêmes."

Dans la bibliothèque de Dohouk, que gère Masoud Khaled, de vieux manuscrits et documents remplissent les étagères.

"Nous avons des livres qui ont été imprimés il y a longtemps -- leurs propriétaires ou auteurs sont décédés -- et les maisons d'édition ne les réimprimeront pas", explique le quinquagénaire.

Leur numérisation permettra au final l'ouverture d'une "bibliothèque électronique", s'est-il félicité.

Hana Hirani, l'imam d'une mosquée de la localité de Hiran, a dévoilé un trésor à l'équipe du KCAC -- des manuscrits vieux de plusieurs générations d'une école religieuse fondée au XVIIIe siècle.

Depuis sa fondation, l'école a acquis bon nombre de manuscrits, mais beaucoup ont été détruits lors de la première guerre entre l'Irak et les Kurdes en 1961, selon l'imam.

"Il ne reste aujourd'hui que 20 manuscrits" parmi lesquels des poèmes vieux de plusieurs siècles, dit-il.

L'imam attend maintenant le lancement du site internet du KCAC en avril: "Il est temps de les sortir et de les rendre accessibles à tous."

Source : La République des Pyrénées

9 mars 2024

Isabelle Saporta mise à la porte de Fayard

Isabelle Saporta, présidente de Fayard depuis 2022, a été reçue hier après-midi par la directrice générale d’Hachette Livre, Stéphanie Ferran qui lui a signifié son licenciement dès lors qu’elle refusait de faciliter l’arrivée dans les murs de Lise Boëll, éditrice historique de Philippe de Villiers et d’Eric Zemmour. Comme « l’Obs » l’avait révélé, Lise Boëll est attendue avec le manuscrit du premier livre de Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, prévu au lendemain de la campagne des européennes. L’idée était de lui donner la direction de Mazarine, une petite maison d’édition au sein du groupe Fayard et, surtout, de lui permettre d’utiliser le nom prestigieux de Fayard, notamment pour tous les livres politiques. Il y avait un os : Isabelle Saporta étant mandataire sociale de Fayard, aucune utilisation de la marque ne pouvait se faire sans son accord. Elle n’a pas cédé, refusant de signer les contrats de licence. C’était cela ou être licenciée.

Depuis plusieurs jours, les proches d’Isabelle Saporta disaient que cette dernière avait « la tête sur le billot » et attendait que « la guillotine tombe ». La pression s’était accentuée sur elle en début d’année avec la rumeur d’une arrivée imminente au sein d’Hachette Livre de Lise Boëll, une proche de Vincent Bolloré – qui détient la prestigieuse maison d’édition depuis le rachat du groupe Lagardère par Vivendi en octobre 2023.

Isabelle Saporta étant désormais hors-jeu, ce coup de tonnerre augure un virage éditorial important chez Fayard et laisse de fait la maison d’édition à la merci de son actionnaire breton et de sa protégée. Ils ont déjà ensemble une histoire mouvementée. En 2021, Bolloré, alors propriétaire d’Editis, offrait l’asile politique à Lise Boëll qui avait claqué la porte d’Albin Michel après le refus de la maison d’édition de publier un livre de Zemmour– qui préparait sa candidature à l’élection présidentielle. Editis avait engagé l’éditrice et assuré la distribution de l’ouvrage auto-édité de Zemmour. A la fin de 2023, Editis a été vendu et la présence de Lise Boëll n’était pas désirée par le nouveau propriétaire, Daniel Kretinsky. Qui a de nouveau volé à sa rescousse ? Vincent Bolloré, of course ! Editrice favorite de la « réacosphère », Lise Boëll l’est aussi de Christine Kelly et de Marc Ménant, deux des visages les plus connus de CNews.

L’épilogue de ce bras de fer entre Isabelle Saporta et la direction du groupe confirme qu’il est impossible, au sein de son groupe, de s’opposer aux volontés du milliardaire, plus que jamais investi dans son projet de droitisation de l’opinion. Il sonne aussi comme un avertissement à l’ensemble d’Hachette Livre, qui comprend notamment Grasset ou Stock.

L’arrivée de Lise Boëll n’est pas qu’un problème politique. Plon (Editis), où elle avait été imposée par Bolloré, a vécu un scénario fou entre 2021 et 2023 sous le regard sidéré de tout le secteur : la patronne en place, Céline Thoulouze, avait été rétrogradée pour faire place à Lise Boëll puis la maison, scindée en deux (« Plon A » et « Plon B »), avait vécu une guerre de tranchées. A noter que le passage de Lise Boëll avait été marqué par un audit accablant sur ses méthodes de management et par l’abandon d’un livre enquête consacré à Eric Zemmour.

« Depuis deux ans, les équipes en place dans la maison ont fait preuve de résilience et ont permis à Fayard de retrouver une dynamique, qu’il serait très dommageable tant pour les équipes que pour la maison de dégrader », avaient estimé, le 7 mars, les salariés de Fayard dans un courrier adressé à Arnaud Lagardère. Lesquels craignaient aussi que Lise Boëll crée « un préjudice à l’identité » de la maison d’édition. Un autre coup d’épée dans l’eau.

Source  :Le Nouvel Obs
 

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8 mars 2024

Au bonheur des lettres, soirée solidaire

Après le grand succès des deux premières éditions au Théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris, les plus grands acteurs et actrices, chanteurs et chanteuses, musiciens français sont de nouveau réunis pour un spectacle littéraire et musical autour de correspondances mythiques le 26 mars (cliquez ici pour réserver vos places). Elles et ils liront des correspondances et missives de Romain Gary, Virginie Despentes ou Marguerite Yourcenar et diront la guerre, la passion et les joies de la création. Parmi eux : Ariane Ascaride, Camélia Jordana, Alexandre Tharaud, Pascale Arbillot, Helena Noguerra, Alexis Michalik et Augustin Trapenard !

Les bénéfices de cette soirée unique contribueront à financer les programmes de l’ONG Bibliothèques Sans Frontières en faveur des droits des femmes, en France et dans le monde.

 

8 mars 2024

Face à la dark romance, le grand malaise des éditeurs et des libraires

Depuis quelques semaines fleurissent, dans les rayons des librairies, des emballages produits et des avertissements que l’on imagine plus à leur place dans les magasins pour adultes de Pigalle que dans les enseignes culturelles grand public. A l’origine de cette soudaine poussée de précautions ? Le rajeunissement du lectorat de la dark romance, une littérature mettant en scène des histoires d’amour dans un climat de violence et de relations toxiques entre les personnages. L’irruption de collégiennes, parfois âgées de 11 ou 12 ans, venues entre copines acquérir tel ou tel livre après en avoir entendu parler sur les réseaux sociaux, a conduit les éditeurs à réfléchir sérieusement à la question. Entre volonté de mettre en garde sans donner l’impression de censurer. Entre souhait d’éviter les critiques en ces années MeToo et désir de ne pas tuer la poule aux œufs d’or.
Porté par le déploiement du Pass culture, le marché de la dark romance affiche des performances qui laissent rêveur, concentrées sur quelques titres. Chez BMR, la série Captive de Sarah Rivens a réalisé plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires avec un premier tome vendu à plus de 400 000 exemplaires selon Edistat, ce qui lui a valu de figurer dans le palmarès des best-sellers de L’Express pour l’année 2023. Lakestone, de la même auteure, a rapporté un peu plus de 2,6 millions d’euros depuis janvier. Chez Hugo, la "dark" n’atteint pas les sommets de la romancière phare de la maison, Morgane Moncomble, mais le tome 1 de Borderline de Joyce Kitten paru début janvier s’était écoulé à 10 000 exemplaires en un mois et le tome 2, en librairie depuis le 28 février, bénéficie d’une mise en place équivalente. Hooked d’Emily McIntire, aux Plumes du Web, s’est vendu à plus de 25 000 exemplaires.
Sans cacher leur satisfaction, les éditeurs et les libraires ont vite comprisans obligation légale, mais tenus à une responsabilité mal définie, un brin morale.

Chacun a donc inventé son propre système. Chez Hugo, désormais, tous les titres de dark romance seront distingués par leur tranche noire, un pictogramme "public averti" sur la quatrième de couverture et une mise en garde rédigée par l’auteur en début d’ouvrage. "On a pu avoir des textes qui, par le passé, ont été mis entre de mauvaises mains, d’où ce choix, explique Arthur de Saint-Vincent, le directeur général de la maison. Néanmoins, notre devoir d’éditeur n’est pas de dire si c’est bien ou si c’est mal, mais de donner les clés aux libraires pour que les gens aient conscience de ce qu’ils achètent." Aux Plumes du Web, deux mentions sont prévues : "A partir de 16 ans" et "A partir de 18 ans" pour les textes les plus durs. "Nous sommes en librairie depuis novembre 2022, la question s’est posée très vite, avec des lectrices très exigeantes sur les trigger warning [NDLR : liste d’avertissements en page de garde]. Nous avons préféré afficher clairement les choses, avec l’âge", ajoute Caroline Sobczak, la gérante de la maison.

Mentionner l’âge n’a aucune portée légale, une mineure peut parfaitement acheter les livres en question, l’avertissement sert surtout d’alerte pour les libraires, souvent mal armés pour conseiller leurs clients, en particulier les parents. Même lorsqu’ils sont spécialisés en littérature adolescente, les libraires n’ont pas toujours envie de se plonger dans ces ouvrages, très gros, aux intrigues alambiquées et à l’écriture très inspirée de celle des réseaux sociaux. Qui sont, en outre, publiés à un rythme rapide tant les lectrices de romance sont des "dévoreuses". Résultat, certains de ces titres finissent dans le mauvais rayon. Ou, comme dans cette grande enseigne parisienne, sur la même étagère que l’américaine Danielle Steel, spécialiste du roman d’amour, pas très moderne certes, mais pas exactement à ranger dans le rayon violence ou pornographie.

Pas toujours facile, non plus, de trouver les mots pour mettre en garde des parents, trop heureux que leur fille se mette à lire, parfois en anglais parce qu’elle veut connaître les dernières aventures de son héroïne sans attendre la traduction en français. "De temps en temps, on arrive à glisser : 'Quel âge a la jeune fille à qui est destiné ce cadeau ?', mais beaucoup de gens nous demandent de quoi nous nous mêlons", reconnaît une libraire. Les jeunes lectrices venues seules ne sont pas plus réceptives : "Avec la différence d’âge, nous pouvons vite apparaître comme des censeurs. Si elles nous disent que leurs parents sont d’accord, on ne peut pas faire grand-chose sans le soutien de ces derniers", reconnaît la responsable librairie d’un grand réseau culturel. Le plus souvent, pour ne pas se fâcher avec une partie des clients, ni en heurter d’autres, les libraires rusent. En apposant des stickers bien visibles, mais qu’ils retrouvent parfois arrachés. En positionnant les livres les plus violents en face froide des tables, c’est-à-dire la moins visible en entrant dans le magasin, tout en sachant que ce jeu de chat et de la souris est un peu vain avec des jeunes filles qui savent parfaitement ce qu’elles cherchent. Chez Cultura, toutefois, pour la première fois, L’Ombre d’Adeline, publié le 7 mars, n’est pas en accès libre et n’est remis qu’à la demande. Une manière d’évaluer l’âge de l’acheteuse.

Dans les bibliothèques et/ou médiathèques, le public de ces livres est plus naturellement filtré car les cartes permettant d’emprunter au rayon adulte ne sont délivrées qu’aux plus de 14 ou de 15 ans. "Dans le cas d’une fille plus jeune, je lui dis que ce sont ses parents qui doivent emprunter l’ouvrage, précise une responsable de section jeunesse dans une médiathèque d’Occitanie. Et si l’usagère a plus de 15 ans, je lui montre où il est mais j’en profite pour lui proposer d’autres titres de littérature d’amour : Clémentine Beauvais ou Le Rouge et le Noir." La méthode ne fonctionne pas à coup sûr. L’adolescence est plus que jamais un âge où les conseils d’adulte réveillent l’envie de transgression. "Lorsque j’étais jeune, on lisait Moi, Christiane F., droguée, prostituée… ou L’Herbe bleue sans que personne ne proteste, temporise Ludivine Demol, doctorante en sciences de la communication et de l’information. En revanche, plus que l’âge, ce qui doit différencier les lectrices, c’est : est-ce qu’elles sont accompagnées, est-ce qu’elles peuvent parler de ce qui les choque ?".

Source : L’Express

 

7 mars 2024

Lancement du projet d’installation de bibliothèques mobiles dans les Centres jeunesse ivoiriens

Le ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et des Services civiques, Touré Mamadou a procédé mercredi 06 mars 2024 à l’Agora de Koumassi, au lancement projet d’installation de bibliothèques mobiles dans les centres dédiés à la jeunesse.Ce projet, dénommé Bibliobox est piloté par l’ONG Bibliothèques sans frontières (BSF). Son objectif est de rapprocher les jeunes du savoir, de la connaissance et de la technologie. Le projet s’inscrit dans le Programme jeunesse du gouvernement (PJGOUV 2023-2025). Cette initiative de l’État ivoirien vise à impacter 1 500 000 jeunes d’ici à 2025. Ainsi, le dispositif sera renforcé dans les jours à venir, a annoncé le ministre Touré Mamadou. La phase pilote permettra l’installation de 14 Bibliobox, touchant ainsi 125 000 jeunes en 18 mois, aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Ce projet gouvernemental impliquera la collaboration de plusieurs autres ministères, notamment le ministère de la Culture, le ministère de l’Éducation nationale, le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de l’Enseignement technique.

Le ministre a encouragé la jeunesse ivoirienne à s’inscrire dans la vision du chef de l’État, qui est de l’éduquer et de la rendre indépendante. « La synergie gouvernementale sera au cœur de ce projet », a-t-il ajouté.

De son côté, le président de Bibliothèques Sans Frontières, Patrick Weil, a salué l’engagement de l’État ivoirien et en particulier celui du ministre Touré Mamadou, en faveur du développement culturel. « C’est la première fois qu’un gouvernement africain s’engage à déployer 14 Bibliobox », s’est-il réjoui.

Une Bibliobox est un dispositif de partage de ressources numériques (livres, vidéos, musique, logiciels, photos), permettant une connexion wifi via un smartphone, une tablette ou un ordinateur portable pour télécharger les contenus disponibles.

Source : Agence ivoirienne de presse

6 mars 2024

Publication d'un roman posthume de Gabriel García Márquez après un travail d'archéologue de ses fils

Un roman posthume de Gabriel García Márquez est publié ce mercredi 6 mars en espagnol et le 13 mars en France chez Grasset, une œuvre qui était devenue "indéchiffrable" pour le lauréat colombien du prix Nobel rongé par les pertes de mémoire à la fin de sa vie, selon ses fils Rodrigo et Gonzalo, qui ont dû faire un "travail d'archéologue" pour en rassembler les fragments. Ce court roman inédit, Nous nous verrons en août, est publié à l'approche du dixième anniversaire de la mort le 17 avril 2014 de l'auteur de Cent ans de solitude et de L'amour au temps du choléra, couronné du prix Nobel de littérature en 1982.

Le "livre est devenu un peu indéchiffrable" pour l'auteur dans les dernières années de sa vie, marquées par la maladie et les pertes de mémoire, a expliqué Rodrigo. Sur décision de ses proches, les manuscrits ont été conservés au Harry Ransom Center, une bibliothèque de l'université du Texas, aux Etats-Unis. Les avis des universitaires qui ont lu des fragments de l'oeuvre ont finalement convaincu les deux frères de réunir ces épreuves dans un livre posthume, publié le jour anniversaire de la naissance de leur père, qui aurait eu 97 ans mercredi.

"Lorsque nous avons lu les versions, nous nous sommes rendus compte que le livre était bien meilleur que ce que nous pensions. Nous avons commencé à soupçonner que Gabo avait perdu la capacité d'écrire, mais aussi la capacité de lire" et donc "la capacité de juger" ses propres écrits, a expliqué Gonzalo.

Malgré les rumeurs selon lesquelles le roman n'avait pas de fin, les enfants et ayants-droit de l'écrivain affirment que celui-ci avait entièrement développé l'histoire d'Ana Magdalena Bach avant de mourir.

"Le roman était un peu dispersé dans un nombre indéterminé d'originaux, mais il était complet". C'était "un travail d'archéologie" que de rassembler les parties et d'arriver à une fin, a ajouté Gonzalo.

Rodrigo l'assure, il n'y a pas d'autre roman caché du père du réalisme magique, de sorte que Nous nous verrons en août est le "dernier survivant" de son univers littéraire. La version espagnole est publiée dans plusieurs pays ce mercredi 6 mars. La version française sortira le 13 mars chez Grasset et la version anglaise le 20 mars. Né le 6 mars 1927 dans la ville d'Aracataca, dans le nord de la Colombie, Gabriel García Márquez, journaliste et écrivain, est l'auteur d'une longue liste de nouvelles et de romans, tels que Chronique d'une mort annoncée et Récit d'un naufragé, qui ont bouleversé la littérature latino-américaine.

Source : BFM TV

5 mars 2024

Résistance du marché du livre francophone au Québec

Avec près de 212 millions de dollars canadiens de recettes en 2023, le marché du livre francophone progresse de 2,3% en valeur au Québec avec un recul de 0,8% en volume, à 6 198 849 exemplaires, selon les chiffres de la BTLF publiés mardi 5 mars. Le 12ᵉ bilan annuel de la Société de gestion de la banque de titres de langue française, issu des données de Gaspard, l’outil de suivi des ventes hebdomadaires de livres dans la province, fait état d’une progression de la Littérature adulte (+1,6%) et Jeunesse (+3,5%). Ces deux rayons représentent plus de la moitié (51%) des ventes en librairie. Ces résultats sont au crédit d’une édition étrangère dynamique (4,1%) qui représente 44,6% de part de marché au Québec.

Alors que la littérature locale baisse, pour la deuxième année consécutive, de près de 3%, les ventes de littérature étrangère progressent de près de 6%. Particulièrement spectaculaire, le secteur de la Romance augmente de plus de 53% en un an. Après avoir enregistré un score similaire en 2021 (+52,4 %), elle affichait l’an dernier un gain de +8,9 % dans un marché général de littérature en perte de valeur (-1,8 %). Les nouveautés représentent 36,7% des ventes, dont plus de la moitié (53,4%) au rayon Littérature.

La BD poursuit sa croissance avec 4,9% d’augmentation des ventes en valeur en 2023. La BD européenne est catalysée par le 40ᵉ volume d’AstérixL’Iris blanc, à peine débarqué fin octobre dans le marché et qui décroche en dix semaines de vente le titre du livre le plus vendu de l’année dans Gaspard.

Comme en France, le marché du livre pratique a fléchi en 2023, avec un repli des ventes de 13,6%. Sa part de marché en librairie affiche désormais sa plus faible valeur jamais enregistrée dans nos bilans, à 6,8 %.

Dans le même temps, le marché du livre anglophone au Québec a représenté un peu plus de 51 millions de dollars et 2 201 522 exemplaires vendus. Par rapport à 2018, le prix de vente des livres dans les 239 points de vente (près de 60% du marché) composants le panel de Gaspard a augmenté en moyenne de 16% pour l’édition canadienne et 9,3% pour l’édition étrangère.

Source : Livres Hebdo

 

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