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16 février 2024

Lauréat du prix Landerneau jeunesse

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Publié chez Gallimard Jeunesse, Le bateau rêve, qui explore le monde des songes, a reçu le prix Landerneau album jeunesse, a annoncé jeudi 15 février ce prix littéraire. Cet album suit l'histoire de deux enfants qui tentent de construire une machine à explorer le royaume de la nuit (pour le feuilleter cliquez ici).

"Le bateau rêve est un hymne à l'onirisme, à la beauté qui surgit de nulle part et partout à la fois, où le texte poétique de Séverine Vidal s'allie merveilleusement aux illustrations grandioses de Julien Arnal", a salué le président du jury, Baptiste Beaulieu, cité dans un communiqué transmis par l'AFP jeudi soir.

L'autrice Séverine Vidal et l'illustrateur Julien Arnal recevront une dotation de 6000 euros. De plus, leur album bénéficiera d'une campagne de promotion dans les Espaces culturels E.Leclerc.

Créé en 2013, le prix Landerneau album jeunesse distingue un album en français destiné à des enfants âgés de 3 à 8 ans. Au palmarès, Le bateau rêve succède à l'ouvrage Les gens beaux de Baptiste Beaulieu, distingué en 2023.

Source  : France Info Culture 

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16 février 2024

Relaxe d’une librairie hongroise grâce à une virgule

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L’affaire s’est jouée à une virgule près. En Hongrie, la chaîne de librairie Líra, qui avait entrepris une action en justice pour faire annuler une amende homophobe, a remporté son recours en basant son argumentaire sur la ponctuation d’un texte de loi. Ce dernier fait partie d’une batterie de mesures anti-LGBT initiées le Premier ministre, Viktor Orbán. Le Parlement hongrois a récemment voté une loi interdisant la «promotion de l’homosexualité» dans un but de «protection de l’enfance». Mesure qui a eu un fort impact sur le secteur culturel. Pour les libraires, elle implique qu’ils ne peuvent vendre des livres traitant de questions LGBT que s’ils sont scellés par un film transparent et s’ils ne sont pas inclus dans les sections destinées à la jeunesse.

Mais en juillet 2023, la chaîne de librairie Líra n’a pas respecté la règle, en ne plastifiant pas les romans graphiques Heartstopper d’Alice Oseman. L’histoire d’amour naissante entre Nick et Charlie, deux adolescents britanniques, fait pourtant tomber les ouvrages dans la catégorie de ceux qui «font la promotion des LGBT», au sens de la loi en vigueur. Pour cette raison, l’Office de protection des consommateurs a infligé à la chaîne de librairies une amende de 12 millions de forints (30 000 euros). Contravention contre laquelle l’entreprise a immédiatement intenté un recours en justice.

Devant le tribunal, Líra a basé son argumentaire sur une virgule manquante, qui changerait le sens du texte de loi. Et comme l’a rapporté l’hebdomadaire économique Heti Világgazdaság le 8 février, la chaîne a remporté son procès.

Le texte de loi hongrois dispose que tous les produits destinés aux enfants qui représentent l’homosexualité «doivent être commercialisés séparément des autres produits uniquement dans un emballage scellé». Le législateur n’ayant pas mis de virgule devant le mot «uniquement», la phrase hongroise signifie ainsi que seuls les livres conservés «séparément» doivent être emballés dans un film transparent.

Le juge de la Cour métropolitaine s’est donc fendu d’un jugement laconique en faveur de Líra : «Une virgule est une virgule. Les règles de la langue hongroise sont au moins aussi connues que les lois régissant la législation sur les relations juridiques de la société. Il n’y avait aucun doute dans l’esprit du tribunal quant au sens de la phrase en question et aucune autre interprétation n’a pu être trouvée.»

De cette façon, la cour ne juge pas du contenu de l’affaire, ou de si les livres Heartstopper font, ou non, la promotion de l’homosexualité. L’hebdomadaire hongrois rapporte également que le tribunal a déclaré que, s’il n’y a pas d’infraction, il ne peut y avoir de sanctions, de sorte que les autres cas cités par Líra ne seront pas évalués à l’avenir. Dans les colonnes du média indépendant Telex, Krisztián Nyáry, directeur créatif de Líra, se félicite de cette décision et espère qu’elle aura un impact sur d’autres affaires similaires.

Source :  Libération

 

15 février 2024

Des livres contraires à l'idéologie des talibans interdits en Afghanistan

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Une liste de “livres interdits”, des centaines d’ouvrages saisis : les talibans, au pouvoir en Afghanistan, mènent désormais une chasse aux livres contraires à leur idéologie, rapporte le site Independent Persian. Des responsables de librairies de la capitale, Kaboul, ont été sommés de “s’engager” à ne plus proposer certains titres. Parmi les ouvrages dont les talibans ont interdit l’impression, la publication et la vente figurent des titres traitant de “l’histoire, de la culture, de la philosophie, de la critique de l’islamisme, […] ainsi que des relations internationales, des droits humains et de la démocratie”. Des œuvres d’auteurs afghans ainsi que des traductions en farsi et en pachto de textes étrangers.

“Les talibans tentent de les remplacer par des livres qui promeuvent l’extrémisme religieux, les rituels de purification […], la jurisprudence, les sciences islamiques et les hadiths [recueil des actes et paroles du prophète Mahomet et de ses compagnons], qui n’ont aucun rapport avec la pensée moderne.”

“La surveillance par les talibans des activités des éditeurs […] s’est intensifiée”, s’inquiète Independent Persian, qui ajoute que les talibans ont détenu et passé à tabac Nasser Maqsoodi, le propriétaire d’une maison d’édition, “pour avoir prétendument ignoré leurs ordres”.

“Les talibans veulent uniformiser la société et l’aligner sur la pensée deobandi [du nom d’un mouvement islamique sunnite dont leur mouvement est issu]”, ajoute le média persanophone, citant Mujib Rahman Rahimi, ex-porte-parole du chef de l’exécutif au sein de l’ancien gouvernement afghan.

Mansour Ahmad Hamzah, porte-parole du ministère de l’Éducation, a par ailleurs affirmé, le 15 janvier, lors d’une interview à la télévision nationale afghane, contrôlée par les talibans, que “les contenus qui étaient en conflit avec l’islam [avaient] été retirés de manuels scolaires”.

Au cours des deux dernières années, les talibans ont créé des dizaines d’écoles religieuses dans tout l’Afghanistan, chacune accueillant environ un millier d’élèves. L’expansion de ce réseau d’écoles extrémistes a suscité l’inquiétude des Nations unies. La plupart des kamikazes talibans ont été formés dans les établissements du groupe au Pakistan, mais, depuis que celui-ci a repris le pouvoir à Kaboul en août 2021, la plupart de ces écoles ont été transférées en Afghanistan.

Source: Courrier International

15 février 2024

Les auteurs jeunesse de retour en colonies de vacances et centres de loisirs

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Le Centre national du livre (CNL) renouvelle son dispositif de résidences en colonies de vacances et centres de loisirs pour une 4e édition en juillet et août 2024. Dans le cadre de la manifestation « Partir en livre » promouvant le plaisir de la lecture auprès des jeunes en France, ce dispositif propose un temps de création et de médiation entre auteurs et enfants. L’occasion pour ces jeunes de rencontrer des auteurs contemporains, découvrir leurs œuvres et leur processus de création sous la forme d’ateliers de lecture, d’écriture, d’illustrations et de jeux littéraires.

Initié en 2021 par le CNL, avec la collaboration de la Charte des auteurs et illustrateurs et aidés par la mobilisation de l’Unat et la Ligue de l’enseignement et des Francas, cet événement a réuni 68 résidences d’auteurs jeunesse l’année dernière et 55 en 2021 avec plus de 1 500 enfants et adolescents impliqués.

Près de 60 auteurs seront accueillis en résidences dans les colonies de vacances et centres de loisirs cet été. Le CNL attribuera une bourse de 2 000 euros bruts aux auteurs retenus après dépôts de leurs dossiers sur le portail d’inscription.

Source : Livres Hebdo

14 février 2024

Une première : la bibliothèque personnelle de Darwin entièrement reconstituée

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À  l’occasion de son 215e anniversaire, des chercheurs sont parvenus pour la première fois à reconstituer entièrement la bibliothèque personnelle de Charles Darwin — des revues scientifiques qu’il collectionnait jusqu’aux romans qu’il a lus au cours de sa vie, en passant par ses propres travaux. La liste est si vaste qu’elle ne compte pas moins de 300 pages détaillant 7350 titres répartis dans 13 000 volumes/articles. L’incroyable diversité de la collection montre à quel point le naturaliste était éclectique et féru de lecture.

Darwin est l’un des scientifiques les plus influents de l’histoire, ses travaux ayant bouleversé notre compréhension de la nature. Après sa mort en 1882, la vaste bibliothèque personnelle comprenant ses œuvres et sur laquelle il s’est appuyé pour édifier ses ouvrages scientifiques, a été progressivement dispersée aux quatre coins du monde. Nombre de ses travaux n’ont jusqu’à présent jamais été publiés.

Pendant de nombreuses années, on pensait que sa collection ne comptait qu’environ 1480 livres, car c’est le nombre qui a subsisté au niveau des deux archives principales, notamment celle de l’Université de Cambridge et de Down House (son ancienne résidence, qui est aujourd’hui un musée). Cependant, des chercheurs de l’Université de Singapour ont révélé que cela ne représente que 15 % de la collection. Après 18 longues années d’efforts, 300 pages listant 7350 titres répartis dans 13 000 volumes/articles ont été reconstituées dans le cadre du projet Darwin Online.

Pour la première fois, la bibliothèque personnelle du naturaliste a été entièrement et virtuellement reconstituée, permettant à chacun de découvrir ses œuvres, les références qu’il utilisait ainsi que les histoires et auteurs qui le passionnaient. La taille et la diversité de la collection suggèrent que « la bibliothèque de Darwin est l’une des bibliothèques scientifiques privées les plus vastes et les plus importantes du 19e siècle », ont déclaré les chercheurs dans un communiqué.

Pour rassembler la collection, l’équipe du projet a parcouru des archives dispersées à travers le monde, y compris celles provenant de ventes aux enchères. Les experts ont numérisé des milliers de références et créé 9500 liens vers des copies électroniques. Vous pouvez consulter gratuitement les recueils sur le site du projet, en cliquant ici. Les résultats fournissent un outil indispensable pour les universitaires, les scientifiques et pour l’histoire de la science victorienne.

La bibliothèque de Darwin contient de nombreux ouvrages naturalistes, sur des domaines tels que la biologie et le comportement animal. L’un des articles est par exemple un périodique allemand montrant la première photographie connue de bactéries. D’autres portent des titres surprenants, comme : « L’anatomie d’un poulet à quatre pattes » (« The Anatomy of a Four Legged Chicken »), « Les cochons d’Inde épileptiques » (« Epileptic Guinea-Pigs ») et « La sauterelle haineuse ou du Colorado » (« The Hateful or Colorado Grasshopper »). Des dizaines de milliers d’illustrations de plantes, des squelettes d’animaux, d’oiseaux, de géologie et bien plus encore, sont également présentes dans la collection.

Cependant, le naturaliste ne s’intéressait pas uniquement à la biologie : il lisait apparemment beaucoup d’autres articles et revues de géologie, d’agriculture, de philosophie, de psychologie, de religion, d’art et d’histoire de voyages, ainsi que d’économie et d’investissement. En outre, si plus de la moitié des ouvrages sont en anglais, d’autres sont en français, en allemand, en italien ainsi qu’en néerlandais, en danois, en espagnol, en suédois et en latin.

Cette vaste collection démontre que Darwin possédait une grande ouverture d’esprit et n’hésitait pas à lire et à s’appuyer sur les travaux d’autres scientifiques. « Cela montre également à quel point Darwin était incroyablement éclectique », a déclaré à The Gardian John Van Wyhe, expert en histoire des sciences à l’Université de Singapour et directeur du projet Darwin Online.

La collection personnelle du scientifique réserve aussi d’autres surprises, donnant un aperçu de l’histoire de sa vie et un peu de sa personnalité. Certains livres remontent par exemple à l’époque de sa scolarisation, tels que « A History of England », publié en 1821 par Olivier Goldsmith. On ignorait également qu’il s’était procuré un exemplaire de « Explorations et aventures en Afrique équatoriale » (« Explorations and Adventures in Equatorial Africa ») de Paul B. Du Chaillu, un ouvrage de vulgarisation scientifique sur les gorilles qui a fait fureur après la publication de son célèbre « The Origin of Species ».

Plus étonnant encore, il possédait un exemplaire du livre « Wives and Daughters » (1880) d’Elizabeth Gaskell, l’une des plus célèbres romancières de l’Angleterre victorienne. Le style de l’écrivaine, se rapprochant de celui de Jane Austen et de George Elliot, était particulièrement apprécié du scientifique. Une note y indique d’ailleurs : « ce livre était l’un des grands favoris de Charles Darwin et le dernier livre à lui être lu à haute voix ».

La plupart des ouvrages qui n’ont pas été remis à Cambridge sont les plus anciens et les plus rares, ce qui constitue probablement la raison pour laquelle ils ont été conservés par la famille ou vendus. Ceux-ci incluent par exemple « Chronicon Saxonicum », publié en 1692 par le théologien et juriste britannique Edmund Gibson. Il y avait aussi un exemplaire de « Historia plantarvm vniversalis » (1651) de Johann Bauhin, et bien d’autres encore.

Source  : Trust my Science

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13 février 2024

Rachat du diffuseur numérique e-Dantès par Albin Michel

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Le diffuseur numérique e-Dantès intègre le groupe Albin Michel. Il apportera son expertise en diffusion aux maisons d’édition d’Albin Michel mais continuera aussi d’accompagner ses clients éditeurs actuels comme Bragelonne, L’Atalante, Métailié, Anne Carrière, MxM Bookmark ou encore Alter Real. « Ce rachat va permettre une accélération de notre développement digital en lien avec Adilibre, notre filiale de distribution numérique », se projette Gilles Haéri, directeur général du groupe Albin Michel. 

Fondé en 2012 par Alain Nevant et Stéphane Marsan, e-Dantès compte aujourd’hui une dizaine de collaborateurs et a réalisé un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros en 2023. Maintenant dirigé par Émilie Mathieu et Alexandre Levasseur, le diffuseur numérique se spécialise dans de multiples segments comme l’imaginaire, la romance, le thriller, le développement personnel, l’ésotérisme ou le parascolaire. « Cette étape passionnante marque un moment clé dans la déjà riche histoire d’e-Dantès. Elle consolide notre présence sur le marché de l’édition, renforce notre détermination à investir dans de nouvelles initiatives sur le marché numérique eBook et Audiobook, tout en affirmant notre engagement envers nos différents clients et partenaires », analyse Émilie Mathieu

« Ce rapprochement est une opportunité pour e-Dantès. Il permet de nous maintenir à la pointe de l’innovation sur des enjeux majeurs du futur du livre comme l’IA, l'e-commerce et les nouvelles technologies appliquées au secteur de l’édition. De quoi contribuer activement à l’avenir de notre secteur », complète Alexandre Levasseur.

Source  : Livres Hebdo 

12 février 2024

Préférence des jeunes pour les livres écrits par les humains

Expo-The-Art-of-Brick-2023-11-generiqueLes technologies d’IA générative sont en train de transformer notre façon de vivre et de travailler. Wattpad et l’institut Wakefield se sont intéressés aux évolutions de lecture du côté des lecteurs et des auteurs.La plateforme a donc interrogé plus de 1000 jeunes et 250 auteurs américains. Selon les chiffres communiqués, 90 % d’entre eux estiment que les technologies de narration façonneront l’avenir de la lecture. Toutefois, 92 % pensent qu’il est important que les humains soient impliqués dans l’écriture et la production.

Du côté des auteurs, ils s’interrogent et craignent que les IA affaiblissent « la narration authentique ». En effet, 43 % craignent que l’IA puisse limiter leurs opportunités de monétisation et de publication.58 % d’entre eux reconnaissent certains avantages éditoriaux de l’IA, et 45 % pensent qu’elle pourrait aider à créer des couvertures de livres.

En marge du sujet de l’intelligence artificielle, l’enquête révèle que 65 % de la génération Z et 71 % des millennials aiment les webnovels, les livres numériques et les webcomics. En revanche, moins de la moitié des générations X et Boomer sont d’accord avec cela. Si les jeunes se tournent vers des plateformes comme Wattpad, c’est parce qu’ils y trouvent des contenus qui ne ressemblent pas aux livres édités traditionnellement, comme par exemple des livres axés sur les minorités et les contenus LGBTQ+.

 Source : Idboox

9 février 2024

Hausse des revenus mondiaux de 4 % grâce à la hausse des ventes numériques pour HarperCollins

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Les revenus mondiaux de HarperCollins ont augmenté de 4 % pour atteindre 550 millions de dollars (436 millions de livres sterling) au cours des trois mois clos le 31 décembre 2023, par rapport à la  même période de l'année dernière , principalement grâce à la hausse des ventes numériques, qui ont bénéficié de solides performances des livres audio et de meilleurs taux de retour.  Les chiffres de la société mère News Corp ont montré que le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) a augmenté de 67 % pour atteindre 85 millions de dollars (57 millions de livres sterling), contre 51 millions de dollars (40 millions de livres sterling) l'année précédente. L'éditeur a déclaré que cela était principalement dû à des revenus plus élevés ainsi qu'à une baisse des coûts de fabrication, de transport et de distribution « dus au mix de produits et à l'absence de problèmes de chaîne d'approvisionnement de l'année précédente et de pressions sur les stocks et inflationnistes, en partie compensés par des coûts de personnel plus élevés ». Les résultats du Royaume-Uni n'ont pas été ventilés.  

News Corp a déclaré que les titres clés du trimestre comprenaient The Pioneer Woman Cooks – Dinner's Ready ! de Ree Drummond, The Little Liar de Mitch Albom (publié par Sphere au Royaume-Uni), Tom Lake d'Ann Patchett (publié par Bloomsbury au Royaume-Uni) et My Effin' Life de Geddy Lee.  

Les ventes numériques ont augmenté de 15 % par rapport à l'année précédente « grâce à la forte croissance du marché des ventes de livres audio téléchargeables, ainsi qu'à la contribution d'un nouveau partenariat avec Spotify ». L'éditeur s'était précédemment déclaré " très satisfait des résultats obtenus à ce jour par Spotify".

Les ventes numériques ont représenté 21 % des revenus des consommateurs pour le trimestre, contre 19 % l'année précédente, les livres audio représentant environ la moitié des revenus numériques. Les ventes de backlist ont représenté environ 60 % des revenus des consommateurs au cours du trimestre, contre 57 % l'année précédente.  Le directeur général de News Corp, Robert Thomson, a qualifié les résultats globaux du groupe de "solides" et a déclaré qu'il estimait "qu'il existe de fortes perspectives de croissance future à mesure que les conditions macroéconomiques difficiles s'améliorent sur certains de nos marchés".  

Il a ajouté que News Corp espère « être un fournisseur de contenu essentiel pour les entreprises d'IA générative, qui ont besoin d'un contenu de la plus haute qualité et opportun pour garantir la pertinence et l'exactitude de leurs produits ».  

Il a déclaré : « Nous préférons manifestement la négociation au litige, la cour aux salles d’audience. Mais soyons clairs, à mon avis, ceux qui réutilisent sans approbation volent et sapent l’acte même de créativité – la contrefaçon ne crée pas et le monde de l’IA regorge de contrefacteurs de contenu. 

Source : The Bookseller

8 février 2024

En Allemagne, des bibliothèques face à une "guerre culturelle" d'extrême droite

Bibliothèques Allemangne décradation

Des couvertures endommagées, des messages politiques gribouillés, des pages arrachées: dans une bibliothèque municipale de Berlin, les traces d'actes de vandalisme recouvrent une table entière. Lorsque la bibliothèque de l'arrondissement berlinois Tempelhof-Schöneberg a décidé de rendre publiques les dégradations constatées dans ses rayonnages, c'est avec le sentiment d'avoir affaire à "une attaque contre la démocratie".

Le personnel était habitué à découvrir de temps à autre une croix gammée ou une injure crayonnée dans des livres, explique à l'AFP Boryano Rickum, directeur du lieu. Mais ce qu'il voyait alors "dépassait les bornes".

Il a conservé ces dizaines de livres où, en 2021 et 2022, des insultes ont été griffonnées, des pages délibérément découpées. Leur point commun : ils traitent de l'histoire du féminisme, font une analyse critique des groupes d'extrême droite ou sont des biographies de personnalités politiques écologistes.

En lançant l'alerte, la bibliothèque de Tempelhof-Schöneberg a constaté qu'elle n'était pas un cas isolé.

n 2022, sur des livres d'une bibliothèque de l'université technique (TU) de Berlin, des couvertures des livres traitant de l'extrême droite ont été dégradées. Sur un livre consacré au mouvement antifasciste, le mot "nazis gauchistes" a été griffonné.

Rien ne laisse penser à des opérations coordonnées ou émanant d'organisations politiques. Pour la série d'actes de vandalisme commis à la bibliothèque Tempelhof-Schöneberg, un suspect a été inculpé il y a quelques mois. Il s'agit selon la presse d'un trentenaire ayant agi seul.

"Il semblait s'agir d'une tentative visant à empêcher une discussion critique sur l'extrémisme de droite et le national-socialisme", dit M. Rickum.

Ces gestes témoignent, selon les acteurs visés, d'un climat inquiétant dans le pays où le parti d'extrême droite AfD a connu une progression fulgurante dans les sondages depuis un an.

A Munich, lorsqu'une bibliothèque de quartier a annoncé en juin dernier une lecture de livres pour enfants par deux artistes drag-queens et une jeune auteure transgenre, l'établissement a reçu de nombreux courriels haineux. Le jour de la lecture, des groupes d'extrême droite et des opposants à l'avortement ont manifesté devant la bibliothèque. Au point qu'un manuel d'une soixantaine de pages a été édité l'an dernier par l'association de lutte contre l'extrême droite MBR pour aider les bibliothèques à s'orienter dans "la guerre culturelle menée par l'extrême droite".

En ciblant les bibliothèques, "l'extrême droite tente de modifier les limites de ce qui peut être dit", estime Bianca Klose, présidente de MBR.

Selon Mme Klose, l'AfD, qui compte de plus en plus d'élus locaux, "tente d'utiliser son pouvoir pour influencer la politique d'acquisition des bibliothèques".

Leurs représentants demandent par exemple "pourquoi certains livres ne sont pas dans les collections", notamment ceux des éditeurs de droite.

En Allemagne, les actes de vandalisme contre les livres résonnent d'une façon toute particulière: ils rappellent les autodafés pratiqués par les nazis contre tous les livres qu'ils accusaient "d'esprit non allemand". Peu après leur arrivée au pouvoir en 1933, ces actions visaient systématiquement les ouvrages des écrivains juifs, marxistes ou pacifistes.

A Tempelhof-Schöneberg, la réponse aux attaques "a été de mettre l'accent sur les livres dégradés", explique M. Rickum.

De nombreux auteurs des oeuvres vandalisées ont été invités à discuter de leurs idées et le personnel a créé un groupe de lecture autour de ces oeuvres.

Federico Quadrelli, 37 ans, qui dirige bénévolement ce groupe, le voit comme "un espace où les gens peuvent se rencontrer et parler de sujets importants et actuels".

"La démocratie a besoin de lieux de rencontre, comme les bibliothèques, dit Boryano Rickum. Mais elles ne peuvent pas agir seules: nous avons besoin de la société civile pour sauver la démocratie".

Source : La république des Pyrenées

7 février 2024

Oupoco, une machine à poèmes à partir d'une œuvre de Raymond Queneau

Oupoco, une machine à poèmes

Ce générateur a été créé dans le cadre d’un projet universitaire qui s’appelle OUPOCO (Oupoco pour Ouvroir de Poésie combinatoire) - et vous allez vite comprendre le clin d’œil à l’Oulipo, l’ouvroir de Littérature potentiel. OUPOCO c’est Thierry Poibeau, directeur de recherche au CNRS qui l’a imaginé avec une petite équipe. Mais attention, il ne s’agit pas de n’importe quel générateur de poèmes : Il s’agit d’un générateur de sonnets, une forme poétique très ancienne et très codifiée.  Le projet OUPOCO s’inspire directement d’un livre de Raymond Queneau qui s’appelle Cent mille milliards de poèmes et qui a été publié chez Gallimard en 1961. Il se trouve qu’OUPOCO n’est pas la seule expérimentation numérique qui a été inspirée par cet ouvrage, et s’il y en a eu plusieurs, c'est bien parce que le livre s’y prête particulièrement. Je vais essayer de vous montrer pourquoi. Cent mille milliards de poèmes est un livre très singulier, il faut le manipuler très délicatement. Les 14 vers des 10 sonnets sont inscrits sur des bandes de papier et le lecteur ou la lectrice du livre compose des sonnets à l’envi en déplaçant ces bandelettes avec ses doigts. Queneau écrit dans la préface du livre qu’il a calculé et qu’il y en aurait pour 200 millions d’années pour lire toutes les combinaisons de sonnets possibles et encore, il faudrait lire 24h sur 24. La vraie prouesse de ce dispositif, c'est que quel que soit le sonnet qui finit par être fabriqué, la rime et surtout l’enchaînement grammatical est garanti ! Donc c’est bien plus complexe que les simples poèmes en cadavres exquis que faisaient les surréalistes à l’époque de Queneau…

On rappelle que le poète est membre fondateur de l’OULIPO, ce groupe de recherche expérimental qui a cherché à inventer de nouvelles formes de littératures. Ses membres ont beaucoup imaginé de dispositifs basés sur des jeux de combinaison et de contraintes et puis ils se sont particulièrement intéressés à ce que pouvait faire l’informatique à la langue, à la poésie et à la littérature de manière générale. Et même une initiative de Queneau lui-même avec ses camarades de l’oulipo ! Mais le poète n'a pas été convaincu par cette expérimentation. Il s’est finalement rendu compte qu’il était contre l’aspect mécanique et aléatoire de la sélection automatique. Pour lui, l'œil de la personne qui manipule le livre est essentiel dans le dispositif parce qu’il lui permet de devenir à son tour poète. Il ne s'agit pas seulement de générer des poèmes avec un algorithme pour faire la même expérience que si on lisait le livre, il faut choisir les vers qu’on souhaite voir apparaître dans son sonnet généré.

On peut quand même dire et même si Queneau n’aurait pas été particulièrement d’accord avec ce projet, ni peut-être ses ayant-droits (puisque l’oeuvre est encore soumise au droit d’auteur) - qu’on regrette une édition numérique fonctionnelle officielle parce que le livre est plutôt un objet d’art qu’un livre à lire, il est extrêmement fragile donc on a difficilement accès à ces cent mille milliards de poèmes et ce serait évidemment impossible de tous les imprimer sur du papier... Je dis édition officielle car on trouve quand même quelques versions officieuses sur la toile.

Dans le cadre du générateur de poèmes d’Oupoco, les poèmes de Queneau ont été remplacés par des sonnets du 19e siècle, qui sont à la fois libres de droit et plus variés quant à leur forme et à leur structure. Mais le générateur n’est pas automatique, il fonctionne aussi et surtout grâce aux utilisateurs et aux utilisatrices qui doivent choisir parmi plusieurs contraintes, et ça, c’est une manière de répondre à la méfiance de Queneau ! Ici la personne qui utilise le générateur reste poète puisqu’elle paramètre la machine en faisant des choix qui réduisent l’échantillon des possibles jusqu’à voir apparaître le sonnet généré !

Les utilisateurs peuvent sélectionner le type de sonnets qu’ils souhaitent créer - en tout il y en a 11 différents. Ils peuvent aussi choisir les auteurs et les autrices qu’ils ont envie de voir cités dans le sonnet que le générateur leur offrira à lire (parmi eux Baudelaire, René Vivien, Rimbaud et puis des auteurs moins connus…). Et enfin, ils peuvent choisir un thème (comme la nature, la mort, l’amour, la beauté) et le type de rimes ! Tout ça c’est expliqué sur le mode d’emploi, je vous laisse aller essayer sur le site d’OUPOCO.org et puis je signale que dans le prolongement de ce générateur une boîte à poésie a été créée. La boîte est autonome et alimentée en énergie grâce à une manivelle manuelle suivant toujours ce même principe qui consiste à dire que “Ce n’est pas parce que la génération est automatique qu’il ne faut rien faire”. Une fois le poème généré il s’affiche sur un écran basse résolution intégré au dispositif ! C’est une réalisation qui a été fabriquée en collaboration entre le laboratoire de recherche LATICE où s’est développé OUPOCO, l’informaticienne Marion Ficher et l’atelier Raffard Roussel à Paris où vous pouvez aller voir l'œuvre qui respecte les dimensions du livre de Queneau !

Source : France Culture

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