Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Biblioworld

Publicité
Biblioworld
Publicité
Biblioworld
Publicité
Archives
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 343 268
Publicité
31 octobre 2025

Publication d'une charte sur l'intelligence artificielle par la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF)

La «Charte sur l’intelligence artificielle» a été publiée le 31 octobre par la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF). « Le secteur du livre et la société dans son ensemble se trouvent à un tournant : l’IA offre à la fois d’importantes opportunités et de sérieux défis », a déclaré l’EIBF dans un communiqué de presse. L’EIBF reconnaît « que les technologies d’IA peuvent offrir aux libraires efficacité, innovation et soutien opérationnel ». Parallèlement, l’IA soulève « de sérieuses préoccupations concernant le droit d’auteur, la transparence, la responsabilité et la durabilité environnementale ». L'EIBF souligne qu'une protection solide du droit d'auteur et des droits des auteurs est fondamentale pour préserver la diversité culturelle, l'innovation et une concurrence loyale. 

Selon l'annonce, la Charte met en avant les principes directeurs suivants : 

  • Le droit d'auteur est le fondement de l'écosystème du livre. La protection de la propriété intellectuelle demeure essentielle à la pérennité des auteurs, des éditeurs et des libraires.
  • L’innovation fondée sur le respect des droits. Les œuvres créatives protégées par le droit d’auteur permettent des développements technologiques, y compris les systèmes d’IA eux-mêmes.
  • Gouvernance et responsabilité. L’EIBF soutient la loi européenne sur l’IA comme base pour une IA digne de confiance, mais souligne l’importance d’une application effective et d’un suivi continu.
  • Une IA éthique et centrée sur l'humain. Les développeurs d'outils d'IA générative doivent divulguer les sources de données utilisées pour entraîner leurs modèles afin de garantir la transparence et le respect des droits d'auteur. 
  • Transparence pour les consommateurs. Les lecteurs doivent pouvoir identifier les contenus générés par l'IA grâce à un label clair et standardisé, élaboré à l'initiative du secteur. 
  • Responsabilité environnementale. Les développeurs et fournisseurs d'IA doivent assumer la responsabilité de l'impact environnemental de leurs systèmes, conformément aux objectifs environnementaux plus larges. 
  • Une concurrence loyale et un soutien aux PME. Les mesures et initiatives politiques doivent tenir compte des réalités des petites et moyennes entreprises, qui constituent la majorité du secteur européen du livre.

Le président de l'EIBF, Fabian Paagman, explique : « Avec cette charte, l'EIBF réaffirme son engagement à promouvoir l'innovation tout en respectant les droits des auteurs, en garantissant la transparence pour les consommateurs et en soutenant une industrie du livre compétitive et durable. Nous nous réjouissons de travailler en étroite collaboration avec nos collègues de l'ensemble du secteur du livre pour défendre ces valeurs communes. » 

Source : Boersenblatt

Publicité
30 octobre 2025

Grand prix du Roman de l’Académie française pour Yanick Lahens

L'Académie française a décerné ce jeudi son Grand Prix du roman 2025 à l'autrice haïtienne Yanick Lahens pour son ouvrage Passagères de nuit. L'élection a été très serrée : la lauréate a obtenu, au troisième tour, 11 voix contre 10 pour Pauline Dreyfus avec Un pont sur la Seine. Le troisième finaliste était Alfred de Montesquiou avec Le Crépuscule des hommes. Il est dotéde 10 000 euros. 

Elle succède ainsi au Franco-Vénézuélien Miguel Bonnefoy, qui avait remporté le Grand Prix du roman de l'Académie française avec Le Rêve du jaguar, une saga familiale. Née en 1953 à Port-au-Prince, elle est l'autrice de nombreuses oeuvres (romans, essais, nouvelles...), et a obtenu le prix Femina en 2014 pour Bain de lune. Dans Passagères de nuit (Sabine Wespieser), la romancière « rend un hommage d'espoir et de résistance à la lignée des femmes dont elle est issue », a indiqué l'éditeur en présentant le roman. « Toujours avancer sans se retourner » est le mot d'ordre de ces femmes, dont Elizabeth, née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, et Régina, « née pauvre parmi les pauvres » en Haïti un demi-siècle plus tard. Yanick Lahens y raconte notamment l'effroyable réalité vécue par les passagères de nuit sur les bateaux négriers. Ce prix récompense les éditions Sabine Wespieser, une petite maison indépendante qui publie depuis 2002 essentiellement des écrivains de langue française et a déjà obtenu plusieurs prix littéraires.

 

29 octobre 2025

Le prix Décembre 2025 décerné à Laura Vazquez

Casquette, longs cheveux bruns et yeux sombres. Laura Vazquez, 39 ans, poétesse et romancière, cocréatrice de la revue « Muscle », a imposé son style et surtout son écriture hors du commun en quelques livres. Déjà auréolée du prix Goncourt de la poésie en 2023 pour l’ensemble de son œuvre, l’autrice de « la Semaine perpétuelle » (éd. du Sous-Sol), mention spéciale du prix Wepler 2021, reçoit donc aujourd’hui le prix Décembre, l’un des grands prix d’automne, conçu à sa création comme une sorte d’anti-Goncourt, face à David Dufresne (« Remember Fessenheim », Grasset) et Kevin Orr (« Laure », Seuil).  C’est pour son deuxième roman, « les Forces » (éd. du Sous-Sol), qu’elle se voit ainsi consacrée. Ce livre lui a aussi valu le prix littéraire des « Inrockuptibles » dans la catégorie « roman », il y a quelques jours. Dans la veine de son épopée « le Livre du large et du long » (éd. du Sous-Sol, réédité en poche avec une préface de Yannick Haenel), « les Forces » a l’ampleur d’une Odyssée, d’une geste légendaire, mais écrite dans une langue totalement neuve, à la fois venue du fond des âges et absolument moderne, pour paraphraser Rimbaud. Une écriture ténébreuse et éblouissante, caravagesque. Du côté clair-obscur de la force. On y suit l’itinéraire d’une jeune femme lesbienne, poétesse en devenir, qui rejette le monde dans lequel elle vit, ses normes, ses « phrases mortes », ses désirs formatés par le capitalisme mortifère. Pour se trouver, elle quitte sa famille et, tel Ulysse ou Alice aux pays des merveilles, multiplie les rencontres étranges et décisives, d’un bar lesbien à un immeuble qui abrite des sectes loufoques en passant par une maison pour drogués, Lotophages contemporains. Puisant à des sources aussi diverses que les textes de Wittgenstein, Virginia Woolf, Horace ou du mathématicien Alexandre Grothendieck, Laura Vazquez revitalise la forme classique du roman d’apprentissage pour en faire un manuel de survie poétique.

Elle succède à Abdellah Taïa, récompensé l’an passé pour « le Bastion des larmes » (Julliard), écoulé à près de 20 000 exemplaires, et empoche au passage un chèque de 15 000 euros. Laura Vazquez est encore en lice pour le prix Médicis.

Source : Nouvel Obs

28 octobre 2025

Opération exclusive à la librairie Caumes de Millau pour la sortie du tome 20 des "Sisters"

Mercredi 29 octobre 2025, la librairie Caumes des Livres, située en plein cœur de Millau, ouvre ses portes dès le matin pour une journée spéciale dédiée aux fans de la célèbre série de bandes dessinées "Les Sisters". À l’occasion de la sortie du tome XX intitulé "Moi d’abord !", 50 exemplaires pré-dédicacés par l’auteur William Maury seront mis à disposition des premiers arrivés. Une aubaine pour les collectionneurs et les amateurs de cette série humoristique et familiale, qui raconte le quotidien trépidant de Wendy et Marine, inspirées des propres filles de l’auteur.

Né le 12 juin 1969 à Millau, William Maury est un auteur et dessinateur autodidacte, reconnu pour son style à la fois drôle et touchant. Après des débuts dans l’illustration pour des magazines régionaux et la publication de sa première BD, "Alban de Montcausson", il connaît un succès retentissant en 2007 avec la création de la série "Les Sisters".

Inspirée de la vie de ses deux filles, cette série humoristique et familiale a conquis des millions de lecteurs, avec plus de 5 millions d’exemplaires vendus.

Source : Midi Libre

27 octobre 2025

Boycott du Salon national du livre tunisien par l’Union des éditeurs tunisiens

L’Union des éditeurs tunisiens a tiré la sonnette d’alarme, dans un communiqué publié dimanche 26 octobre 2025, sur la situation critique que traverse le secteur du livre en Tunisie. Réunis en assemblée générale, hier samedi, les membres de l’organisation ont exprimé une profonde inquiétude face à la dégradation continue des conditions d’exercice du métier d’éditeur, dans un contexte marqué par un désengagement manifeste  du ministère des Affaires culturelles et par une politique de marginalisation à l’égard du livre et de ses acteurs.

L’organisation a particulièrement fustigé la décision du ministère d’écarter l’Union de l’organisation de la cinquième édition de la Foire nationale du livre tunisien, prévue du 8 au 18 janvier 2026. Cette décision, prise sans concertation, est perçue comme un déni du rôle fondateur et partenaire de l’Union dans la création de cette manifestation. L’Union rappelle en effet que la Foire nationale du livre tunisien est une initiative qu’elle a lancée en 2018 et qu’elle a organisée, depuis, en partenariat avec le ministère, à travers quatre éditions couronnées de succès.

Selon les éditeurs, le choix unilatéral de la date et de la direction de la prochaine édition compromet non seulement les chances de réussite de la foire sur le plan culturel et commercial, mais risque également de nuire aux intérêts des maisons d’édition participantes. Ils soulignent que ce mode de gestion témoigne d’une volonté d’exclusion plus large, qui s’est traduite ces derniers mois par la mise à l’écart de l’Union de plusieurs commissions et consultations culturelles, notamment celles relatives aux achats nationaux de livres et aux participations tunisiennes dans les grandes foires internationales.

Face à cette politique de marginalisation systématique, l’Union des éditeurs tunisiens a annoncé la suspension de la participation des éditeurs à la prochaine Foire nationale du livre tunisien. Elle a également appelé le président de la République, Kaïs Saïed, à intervenir d’urgence pour sauver le secteur du livre et de l’édition, rappelant son attachement reconnu à la culture et à la lecture.

L’Union a enfin décidé de maintenir son assemblée générale en état de réunion permanente afin de suivre l’évolution de la situation et de prendre les décisions nécessaires. Tout en réaffirmant sa volonté de dialogue avec les institutions et les partenaires du monde culturel, elle appelle à l’élaboration d’une politique nationale globale de soutien à l’édition, garantissant les droits de l’auteur, de l’éditeur et du lecteur, et assurant la place du livre au cœur de la vie culturelle tunisienne.

Source  : Business News

Publicité
24 octobre 2025

Miss Marple et Hercule Poirot adapté en Monsieur Madame

La plus grande autrice d’enquêtes policières s’invite chez les plus petits. Pour la première fois, Agatha Christie va voir quatre de ses plus célèbres romans policiers être adaptés pour les enfants. Pour ce faire, les romans vont être adaptés dans l’univers des Monsieur Madame. 

Pour cela, les personnages iconiques de l’univers de Roger Hargreaves vont s’associer aux deux célèbres enquêteurs Hercule Poirot et Miss Marple issus de l’imagination de l’écrivaine britannique. Les deux premières adaptations sont disponibles dans les librairies britanniques ce jeudi 23 octobre et les deux autres le seront en février 2026 ; à ce stade, aucune traduction française n’est pas encore annoncée.

Miss Marple : Muddle at the Vicarage (Miss Marple : Confusion au presbytère) et M. Poirot : Mischief on the Nile (M. Poirot : Malice sur le Nil) sont deux histoires inédites évidemment inspirées de Meurtre au presbytère et Mort sur le Nil, deux œuvres parmi les plus connues d’Agatha Christie. Ces nouvelles versions s’adaptent à leur public, ajoutant une touche humoristique et un ton bien plus léger afin de plaire aux jeunes enquêteurs. Il n’y a évidemment aucun meurtre dans ces deux volumes, de quoi rassurer les parents.

James Prichard, l’arrière-petit-fils d’Agatha Christie et également président et directeur général de la succession d’Agatha Christie, s’est réjoui de cette collaboration avec la BBC : « Ces réinterprétations intelligentes et très drôles des histoires de mon arrière-grand-mère, qui incluent certains de mes personnages préférés (dans des circonstances plutôt suspectes !), raviront certainement les fans des deux auteurs », confie-t-il.

Adam Hargreaves, le fils du créateur des Monsieur Madame, est en charge de cette drôle de collaboration. Celui qui a repris le flambeau en 1998 à l’illustration et à la réalisation des problèmes s’est également réjoui de cet improbable crossover : « Ce fut un réel plaisir et un défi fascinant de réunir les mystères intemporels d’Agatha Christie avec le monde ludique des Monsieur Madame. »

Ce partenariat entre les deux univers fait partie du programme d’anniversaire d’Agatha Christie Limited, société en charge des droits littéraires de l’autrice britannique. L’année 2026 marquera notamment les 50 ans de la mort de l’écrivaine, mais également d’autres dates clés comme les 100 ans de la publication du roman de Hercule Poirot, Le Meurtre de Roger Ackroyd, ou encore les 50 ans de la sortie de Meurtre au sommeil, l’ultime roman publié par Agatha Christie.

Source : Huffpost

23 octobre 2025

Augmentation des prix pour la bande-dessinée

Il résiste encore et toujours à l'envahisseur, mais pas à la hausse des prix. Astérix en Lusitanie, 41e album du Gaulois moustachu, paraît en librairie jeudi 23 octobre et sera vendue à 10,90 euros. Longtemps, le prix d'un Astérix est resté sous la barre psychologique des 10 euros, un luxe que pouvait se permettre une série qui écoule plusieurs millions d'exemplaires à chaque sortie. Mais l'inflation, la hausse de la tonne de papier, de l'énergie et un effet de rattrapage par rapport aux autres biens culturels ont fini par pousser l'éditeur à une hausse graduelle : Astérix et le Griffon était encore à 9,90 euros en 2021, L'Iris blanc à 10,50 euros en 2023. Une tendance lourde dans le marché de la BD qui inquiète lecteurs, éditeurs et libraires. Trouver une BD à moins de dix euros dans les rayonnages de votre libraire, même au rayon jeunesse, relève désormais de la gageure.

"On a résisté le plus longtemps possible, commente Anne-France Hubau, directrice générale des éditions Delcourt, un des poids lourds du secteur. Comme pour les autres prix psychologiques, comme la baguette à un euro, ce n'est plus possible." C'est même une autre barrière tarifaire, à la hausse celle-là, qui a été enfoncée.

"L'origine du mal, c'est la sortie des Indes Fourbes en 2019", pointe Florent Salvador, libraire au Comptoir de la BD, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Une star au dessin : Juanjo Guarnido (Blacksad). Une star au scénario : Alain Ayroles (De Capes et de crocs). Une fabrication luxueuse, un grand format et un prix XXL aussi : 34,90 euros. "Ça devait être en deux volumes au départ, glisse Anne-France Hubau. On a finalement choisi un façonnage exceptionnel. C'était un album cadeau. Le prix, concerté avec les auteurs, n'a jamais été un frein." Du jamais-vu à l'époque.

"J'en ai commandé trente, histoire de voir, se souvient Thomas Belhassen, de la librairie BD16 à Paris. Au final, j'en ai vendu 600." Les tribulations du héros Don Pablos de Ségovie se sont écoulées à 300 000 exemplaires à ce jour, un carton.

"Une fois la barre psychologique des 30 euros enfoncée, les autres éditeurs se sont engouffrés dans la brèche."

Deux des deux plus gros succès de l'année 2024 ? Ulysse et Cyrano, à 34,90 euros, et La Route, à 29,95 euros. Le diptyque le plus classieux de 2023-24 ? 1629, deux tomes de 120 pages à 35 euros pièce. L'essai le plus vendu depuis 2020, tous supports confondus ? Le phénoménal Monde sans fin (27 euros à sa sortie en 2021, 31 euros aujourd'hui) signé Christophe Blain et Jean-Marc Jancovici, 24 réimpressions, et un million d'exemplaires vendus (sans compter les vingt versions étrangères).

"Ces livres nous permettent de toucher un nouveau public, qui ne lisait pas de bande dessinée." dit Anne-Laure Hubau, directrice générale des éditions Delcourt à franceinfo.
Les chiffres sont indéniables : en 2015, la BD représentait 9% du chiffre d'affaires global de l'édition. Neuf ans plus tard, c'est 16%(Nouvelle fenêtre). Mais libraires et auteurs crient à la gentrification. "Ce genre de tarif ne devrait être réservé qu'à des livres évènements, s'inquiète Lloyd Chéry, rédacteur en chef de Métal Hurlant, par ailleurs scénariste de BD de science fiction comme Vertigéo. Je réfléchis à faire inscrire une clause dans mon prochain contrat pour empêcher que le prix s'envole. A ce tarif-là, on va perdre définitivement le public populaire."
Un changement de public qui se traduit aussi par la répartition des points de vente. "Pour Goldorak [un hommage d'auteurs français au célèbre personnage japonais, sorti en 2021 et vendu à plus de 350 000 exemplaires], on a fait le gros des ventes sur les librairies et les espaces culturels Leclerc, illustre l'auteur Denis Bajram sur Twitch(Nouvelle fenêtre). Mais j'étais choqué qu'on n'ait pas des piles à l'hypermarché du coin. On m'a expliqué que le bouquin était trop cher, alors que les romans de Musso eux aussi à 25 euros y avaient avaient droit."

Dans ces rayonnages, on trouve quand même quelques albums, comme ceux d'Olivier Sulpice, PDG des éditions Bamboo, s'est fait une spécialité de proposer des BD à prix serrés avec des séries en "48CC", le format historique de la bande dessinée franco-belge, comme Les Petits Mythos ou Les Sisters. Pas de recette miracle derrière tout ça : "On n'utilise que quelques formats d'albums, on ne publie pas de gros pavés... énumère-t-il. On essaye d'être au max à 19,90 euros, quitte à ce que je demande à mes auteurs de comprimer leurs histoires. Souvent, je leur montre qu'ils peuvent couper 10 pages sur 80." Une formule qui marche en poussant au maximum les canons de la BD à l'ancienne, à rebours de la mode consistant à lâcher formats et pagination pour proposer des livres-objets toujours plus beaux.

D'où des prix d'appel entre 11 et 12 euros, qui demeurent compétitifs. Chez Delcourt, on concède une hausse de 6 à 7% pour les albums jeunesse en 15 ans, largement en dessous de l'inflation, quand le coût de fabrication des albums a grimpé de 20% rien que depuis la crise du Covid-19. "L'acheteur de BD a indéniablement gagné du pouvoir d'achat depuis vingt ans, appuie Louis Wiart, co-auteur d'Economie du livre. Ça s'explique par la stratégie des éditeurs qui ont intégré la concurrence d'autres loisirs, comme les nouveaux médias ou les jeux vidéos." La preuve, avec le prix d'un album de Tintin, qui n'a quasiment pas augmenté en euros constants, entre 1952 (480 anciens francs de l'époque, soit 12,33 euros d'aujourd'hui) et 2025 (12,50 euros). Pour sa série jeunesse Révolutionnaires, Xavier Fourquemin a veillé à ce que le prix de son album soit le plus abordable possible (cinq tomes à 12,95 euros).

"Ça fait partie de mon histoire personnelle. Quand j'ai commencé à acheter des albums, je prenais les Lucky Luke avec couverture souple de chez Dupuis, qui étaient à 17 francs, quand les cartonnés de chez Dargaud en coûtaient 33. Moi j'ai grandi avec la BD populaire. Je me déplace souvent en festival, où je rencontre des familles. Je mesure le coût que représente l'achat d'un album à chaque enfant."
Pourtant, l'image d'Epinal d'une BD populaire ne résiste pas à l'épreuve des faits. Le spécialiste du marché Xavier Guilbert a exhumé la plus ancienne étude du Centre national du livre sur les lecteurs, datant de 1995, qui brossait un portrait robot du mordu de BD, "très impliqué culturellement, un gros lecteur". Un gros lecteur dont le porte-monnaie n'est pas extensible.

"Mon panier moyen n'a pas bougé, il est toujours à 35 euros. Mais quand un client prenait trois albums à ce prix là, aujourd'hui il n'en a que deux, au mieux." dit Thomas Belhassen, libraire chez BD16 à franceinfo
A ce moment précis, Julien, un fidèle de la librairie dépose sur la caisse l'intégrale du comics The Weather Man, petit format, couverture souple, et certes 584 pages. "Ça fera 36 euros." "36 ? J'aurais dit plutôt 25-27... Je le prends quand même, mais je pense que d'autres le reposeront !" Confirmation auprès de Benoît Pollet, patron des éditions Glénat : "Le prix moyen de l'objet vendu chez nous est passé de 14 euros en 2020 à 16,4 euros en 2024."

La parution d'un nouvel Astérix ou d'un gros titre attendu n'a plus l'effet de locomotive qu'il avait par le passé, met en garde Florent Salvador, le libraire de Boulogne-Billancourt. "Toutes les grosses sorties ont lieu en même temps, au dernier trimestre [le mois de décembre concentre à lui seul 25% des ventes d'albums, selon les chiffres de l'institut GFK(Nouvelle fenêtre)]. Le client prend un Astérix, un Largo Winch, le Blake et Mortimer et il a atteint son budget. On ne peut pas lui faire découvrir autre chose." Aucun retour en arrière n'est possible, même si les choses se calment sur le marché du papier. "Un éditeur ne baisse jamais ses prix, reconnaît Olivier Sulpice de chez Bamboo. A moins qu'un nouvel entrant débarque avec une politique agressive." Le journaliste et scénariste Lloyd Chéry l'appelle de ses vœux :

"Il faudrait un Xavier Niel de la bande dessinée." explique Lloyd Chéry, rédacteur en chef de "Métal Hurlant" à franceinfo
La politique agressive du milliardaire a permis à la France d'avoir les offres box+télé les moins chères d'Europe via ses offres à prix cassé. "Mais où faudrait-il encore rogner sur la chaîne de livre ? Peut-être produire moins de bouquins, mais mieux, réfléchit à voix haute Lloyd Chéry. Que la promesse soit à la hauteur des attentes du lecteur." Ou encore de s'inspirer de ce qui se fait du côté de la littérature générale, avec la coexistence de deux offres, les grands formats et les poches.

Le poche en BD, ce n'est pas nouveau. Des tentatives sporadiques ont eu lieu depuis les années 1960, sans grand succès et sont désormais limitées à la période estivale. "On a besoin d'une offre ample, conséquente et permanente pour toucher ce lectorat", appuie Benoît Pollet, qui a sorti une douzaine de titres à dix euros pièce(Nouvelle fenêtre) avec des résultats encourageants. Pour lui, les deux formats peuvent coexister, comme en littérature. "L'examen des relevés de ventes des poches montre que ça ne cannibalise pas les ventes du grand format, même pour un titre qui s'est très bien vendu comme Ces jours qui disparaissent, de Thimothée Le Boucher."

Un livre de poche a grosso modo la même dimension qu'un manga... locomotive du marché ces dernières années. Son lectorat a de quoi redonner espoir aux décideurs de la bande dessinée franco-belge en quête de relais de croissance : le lecteur de manga dépense désormais en moyenne plus que celui de BD classique (46 euros annuels contre 42) alors que les mangas sont nettement moins chers. Cerise sur le gâteau, les études sociologiques montrent que ce format touche nettement plus les CSP- et les jeunes, selon les chiffres du Centre national du livre (CNL)(Nouvelle fenêtre).

"C'est la preuve qu'il y a un marché pour la BD en poche." souligne Benoît Pollet, directeur général des éditions Glénat sur franceinfo.
Reste que la bande dessinée franco-belge ne fera pas l'économie d'une introspection sur la direction qu'elle a prise il y a deux ou trois décennies. "La gentrification de la BD, elle vient aussi des auteurs, remarque Denis Bajram. On a voulu devenir adulte, contre les titres qui nous avaient amenés à faire ce métier." Des titres plus intellos pour des lecteurs plus intellos ? "J'ai le sentiment qu'à partir des années 1980, on a laissé tomber le public jeunesse, les ados, les histoires d'aventure au premier degré, regrette Xavier Fourquemin. Les mangas ont pris notre place." Outre le fait que les chiffres des éditeurs montrent un vortex où disparaissent les lecteurs entre 16 et 25 ans, les études du CNL(Nouvelle fenêtre) montrent que les gens ne lisent pas de BD boudent le neuvième art plus par manque d'intérêt qu'en raison du prix des ouvrages. Conclusion fataliste de Denis Bajram : "On était la télévision, on est en train de devenir le théâtre subventionné... sans les subventions."

21 octobre 2025

100 000 dollars pour la Library Foundation of Los Angeles

Le célèbre cinéaste Guillermo Del Toro s’est joint à la Library Foundation of Los Angeles pour une soirée mémorable en l’honneur du pouvoir de la narration et de l’importance des bibliothèques publiques. Le film Frankenstein : Guillermo Del Toro en conversation avec Ken Sanders à Union Station a attiré des amoureux des livres, des cinéphiles et des sympathisants des bibliothèques pour une nuit de conversation, d’inspiration et de passion partagée pour la littérature. Cette soirée faisait partie du Rare Books LA Weekend, un événement de deux jours célébrant les livres anciens, les cartes, les gravures et les arts du livre à Union Station Los Angeles. Présentée par Netflix en partenariat avec Rare Books LA et la Library Foundation, la soirée a mis en lumière l’esprit de collaboration des communautés littéraires et artistiques de Los Angeles.

Lors de l’événement, Del Toro a parlé de sa profonde admiration pour Frankenstein de Mary Shelley, qui a inspiré son adaptation cinématographique à venir, qui sortira au cinéma le 17 octobre et sur Netflix le 7 novembre. Il a évoqué le pouvoir durable des livres et des bibliothèques en tant que sanctuaires de l’imagination et de la mémoire, soulignant leur rôle dans l’épanouissement de la créativité, de l’empathie et de la communauté.

M. Del Toro a annoncé un don personnel de 50 000 dollars, ce qui a permis à la soirée de bienfaisance, qui s’est déroulée à guichets fermés, de récolter un total de 100 000 dollars au profit de la bibliothèque publique de Los Angeles. Ces fonds serviront à soutenir la mission de la Fondation de la bibliothèque, qui consiste à renforcer les bibliothèques de la ville, et notamment à assurer le rétablissement à long terme de la Palisades Branch Library, qui a été détruite lors des incendies de forêt de janvier.

Source  : Secret Los Angeles

20 octobre 2025

Prix littéraire Les Inrockuptibles 2025 : voici les quatre lauréates

Cette 6e édition de notre prix, parrainée par l’auteur de théâtre, l’acteur et réalisateur Vincent Macaigne, a donc trouvé dans Les Forces l’audace, la prise de risque, la puissance d’une voix singulière, le souffle, l’énergie et la liberté inouïes qui l’imposent comme un véritable geste littéraire ultra contemporain, ce que nous avons toujours voulu récompenser. L’écriture de Laura Vazquez bouscule tout, et surtout tout ce qu’on déteste et qui sont en train de s’imposer dangereusement dans le monde : les conformismes, les doxas et toute forme de bigoterie.

Dans la catégorie premier roman, c’est la révélation de la rentrée, Séphora Pondi, 33 ans, qui l’emporte avec Avale (Grasset) : elle aussi a fait le choix de la contemporanéité, depuis ses thématiques (le regard posé sur le corps), jusqu’à son style très direct, et la forme même de son texte. Enfin, pour le Prix Les Inrockuptibles du roman étranger, le choix s’est révélé tellement difficile entre deux propositions si différentes (une autrice septuagénaire et célébrée, une autre trentenaire et débutante), arrivant ex-aequo au moment de nos votes, que nous avons décidé, exceptionnellement, de ne pas trancher. Avec Je suis fan (Gallimard), sorti en avril dernier et traduit par Marie Darrieussecq, l’Anglaise Sheena Patel signe elle aussi un premier texte travaillé par le monde d’aujourd’hui (réseaux sociaux, polyamour, mixité ethnique, racisme, perte de repères) et le roman d’une nouvelle génération perdue. Quant à Sigrid Nunez, qu’on ne présente plus après les succès de L’Ami et de Quel est donc ton tourment ? (The Room Next Door par Almodóvar), elle nous a encore une fois fascinés avec la virtuosité de Les Vulnérables (Stock), traduit par Mathilde Bach, dans lequel elle tisse autour de la confrontation entre une écrivaine âgée, un perroquet et un garçon dépressif, une dérive narrative autour du temps perdu et du métier d’écrire.

18 octobre 2025

Des livres "rares et précieux" du XVe siècle exposés pour la première fois à Grenoble

Bibles, récits de voyage, pièces de théâtre… La Bibliothèque d’étude et du patrimoine de Grenoble dévoile au public, depuis le 20 septembre et jusqu'au 22 mars 2026, quelques-uns de ses ouvrages les plus rares et exceptionnels. Elle expose une cinquantaine d’incunables, ces livres imprimés avant 1501, soit quelques décennies seulement après l’invention de l’imprimerie par Gutenberg.

"Avant, vous aviez des livres manuscrits qui répondaient à certains codes et avec très peu d’images. Et puis d’un coup, les imprimeurs ont découvert les possibilités offertes par l’imprimerie. Et voyez : il y a un travail de composition sur la page qui associe de l’image et du texte", explique Floriane Wanecq, responsable de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine.

Ils sont précieux non seulement parce qu’ils sont rares, mais aussi parce que c’est un témoignage de la vie d’une époque, explique Floriane Wanecq, responsable de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine.
Ces ouvrages, jamais présentés auparavant, retracent la véritable révolution qu’a représentée l’apparition du livre imprimé dans la seconde moitié du XVe siècle.

"L’imprimerie apparaît à une époque où l’on va connaître de grands bouleversements et des découvertes. Il y a Christophe Colomb qui découvre l’Amérique en 1492. La société est mouvante, et l’imprimerie fait partie de ce changement", souligne Morgane Geffroy, chargée d’action culturelle.

La collection d’incunables, conservée à Grenoble, est l’une des plus importantes de France. Plus de la moitié des ouvrages proviennent du monastère de la Grande Chartreuse, confisqués lors de la Révolution française.

"Ils sont précieux non seulement parce qu’ils sont rares, mais aussi parce que c’est un témoignage de la vie d’une époque et de la façon de penser des hommes du XVe siècle. C'est aussi pour cela qu'ils sont notre patrimoine", ajoute Floriane Wanecq.

À l’issue de l’exposition prévue le 22 mars 2026, ces livres retourneront dans les réserves pour plusieurs décennies, afin de garantir leur préservation.

Source : France 3 Rhône-Alpes

Publicité