Conçue pour aider les auditeurs à se replonger facilement dans une histoire après une pause prolongée (ou un petit somme !), cette nouveauté propose de courts résumés audio personnalisés, adaptés à votre point d’écoute le plus récent. À l’image du “précédemment dans…” des séries télévisées, l’auditeur n’a qu’à appuyer sur le bouton “Recap”. Situé en haut de la page du livre audio, il entend un résumé de ce qu’il a déjà écouté.
Le premier résumé est disponible après les 15-20 premières minutes d’écoute. Les Recaps sont ensuite mis à jour régulièrement pour correspondre à votre progression. Développée en collaboration avec les éditeurs et utilisant l’IA, cette fonction vise à rendre l’écoute plus fluide et intuitive. Elle encourage ainsi les auditeurs à finir les livres audio qu’ils commencent. Actuellement en phase bêta et disponible sur iOS pour une sélection limitée de titres en anglais, la plateforme prévoit d’étendre la fonctionnalité à l’avenir. Les livres audio nécessitent pour la plupart ce longues heures d’écoute, ce nouveau service sera utile pour ne pas perdre le fil des histoires.
Sarah Ferguson, la mère des princesses Beatrice et Eugenie d’York, fait face à une nouvelle épreuve. L’ex duchesse d’York est également connue pour utiliser sa plume afin d'écrire des contes pour enfants, dont une partie des bénéfices revient à une association caritative. Son prochain roman, « Flora And Fern: Kindness Along The Way », destiné à un jeune public à d’abord vu sa date de parution initialement le 9 octobre être reportée. Alors qu’une nouvelle date de publication était prévue pour le 20 novembre, le livre vient finalement d’être retiré des ventes selon la société d'analyse Nielsen, comme le rapporte le média britannique « BBC ». Cette demande aurait été faite par son éditeur « New Frontier Publishing ». La maison d’édition londonienne ne s’est pas encore exprimée sur le sujet.
Selon le média anglais, il s’agirait d’une raison « tout à fait logique sur le plan commercial » au vu des récents événements qui ont touché Sarah Ferguson et son entourage. Le 30 octobre dernier, son ex-mari, Andrew Mountbatten-Windsor a été destitué de son titre de prince par son frère, le roi Charles III. Une décision notamment due aux scandales liés à sa présence dans l’affaire Epstein. Sarah Ferguson perd également son titre et sa résidence au Royal Lodge où ils séjournaient depuis plus de vingt ans.
En septembre, l’ex-membre de la famille royale avait été destituée de son rôle d’ambassadrice dans un hôpital pour enfants. Une action qui fait suite à la publication par « The Sun » d’un mail datant d’avril 2011, où elle correspond avec Jeffrey Epstein. Quant à la date de sortie de son livre, aucune nouvelle date n’a pour le moment été dévoilée.
Le jeudi 13 novembre, Thomas Schlesser a été couronné du Book of the Year 2025 par la chaîne américaine Barnes & Noble pour son roman Les Yeux de Mona (Albin Michel). Cette distinction, l’une des plus prestigieuses aux États-Unis, récompense chaque année un livre ayant marqué durablement les lecteurs américains. Directeur de la Fondation Hartung-Bergman, Thomas Schlesser devient le premier auteur non anglophone à rejoindre ce palmarès, aux côtés de Percival Everett, James McBride ou Paul McCartney, confirmant le rayonnement international de son œuvre.
En France, Thomas Schlesser a publié en janvier 2024 Les Yeux de Mona, écoulé à 341 000 exemplaires en grand format chez Albin Michel et à 150 000 exemplaires au Livre de Poche (mai 2025). En France, une version beau-livre à 49 euros, parue le 1er octobre 2025 chez Albin Michel et Beaux Arts Éditions, propose le texte intégral illustré de 160 œuvres d’art, dont les 52 chefs-d’œuvre évoqués dans le roman. Elle s’est déjà vendue à près de 2 000 exemplaires. Son roman a été traduit sous le titre Mona’s Eyes par Hildegarde Serle et édité par Europa Editions en 2025 aux Etats-Unis. À travers le parcours initiatique d’une jeune fille guidée par son grand-père dans les musées, Les Yeux de Mona explore la beauté, la transmission et l’éveil au regard.
Les appels au boycottont fait plier l'association propriétaire du festival de BD d'Angoulême (FIBD), qui a annoncé jeudi un nouveau processus de sélection pour le choix du futur organisateur de l'événement, dont sera écarté l'actuel délégataire 9e Art + très critiqué.
« Ce choix n'a manifestement pas recueilli l'assentiment des parties prenantes de l'événement », constate, dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, l'association FIBD qui « décide de rendre caducs les résultats de l'appel à concurrence » et « atteste que 9e Art + ne sera pas reconduit au-delà » de son contrat actuel, expirant en 2027.
L'association va donc « constituer un comité de pilotage destiné à lancer un nouveau processus de sélection », « composé de représentants de l’Association FIBD, des financeurs publics, des professionnels du secteur »
Devant être installé le 18 décembre, ce comité de pilotage devra notamment « définir les orientations stratégiques et les priorités liées au prochain appel d'offres », dont les résultats seront proclamés le 18 juin prochain, précise-t-elle. Le festival d'Angoulême, créé en 1974, est organisé par 9e Art + depuis 2007.
La dernière édition, en début d'année, avait été marquée par une virulente mise en cause de cette société privée, accusée dans l'Humanité magazine d'opacité financière, de « dérives » mercantiles et d'avoir licencié une salariée, en 2024, qui venait de porter plainte pour un viol en marge du festival.
Une information judiciaire est ouverte sur ces faits et la jeune femme conteste son licenciement pour « faute grave ». L''entreprise lui reproche un « comportement incompatible » avec son image devant les prud'hommes.
Le prix Interallié a été remis mercredi 12 novembre à Louis-Henri de La Rochefoucauld pour L'Amour moderne, une exploration des relations sentimentales au XXIe siècle. Ce roman, paru aux éditions Robert Laffont en août, l'a emporté au premier tour face aux trois autres finalistes, Christian Authier pour Comme un père, Fabrice Pliskin pour Le Fou de Bourdieu et Nathan Devers pour Surchauffe.
Le prix Interallié a un jury exclusivement masculin, auquel s'ajoute le lauréat de l'édition précédente. Il s'agissait cette année de Thibault de Montaigu.
L'intrigue du roman couronné suit l'histoire d'un célèbre dramaturge en panne d'inspiration, à qui un producteur propose d'écrire une pièce intitulée L'Amour moderne. L'ouvrage explore les relations amoureuses dans les beaux quartiers parisiens, où cynisme et faux-semblants se cachent sous des apparences élégantes, avec une question de fond : peut-on encore aimer à l'ère moderne ?
"La modernité n'est pas pour moi un vilain mot", expliquait le romancier en octobre dans La Grande Librairie" sur France 5."Pour moi, l'idéal, c'est ce qu'un groupe comme Phoenix a réussi à faire en musique, c'est ce que j'essaye de faire en littérature, c'est d'allier classicisme et modernité."
Écrivain et journaliste, Louis-Henri de La Rochefoucauld, 40 ans, est notamment critique littéraire pour le magazine L'Express. En 2022, il avait décroché le prix des Deux Magots pour son ouvrage Châteaux de sable, un récit imaginant Louis XVI et Marie-Antoinette dans le Paris d'aujourd'hui.
La grâce de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, accordée mercredi 12 novembre par Alger, met fin "à l'arbitraire de son incarcération" en Algérie et "donne sens" au combat pour la liberté d'expression, a estimé son comité de soutien dans un communiqué publié sur le réseau social X. Au cœur d'une grave crise diplomatique entre Alger et Paris, le romancier et essayiste avait été arrêté le 16 novembre 2024, avant d'être condamné en appel en juillet à cinq ans de réclusion pour avoir notamment déclaré que l'Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc. Son comité de soutien appelle également à libérer le journaliste français Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie depuis mai 2024. Suivez notre direct.
Le Premier ministre dit le soulagement de la France. Quelques minutes après l'annonce de la grâce de Boualem Sansal par le président algérien, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fait part du "soulagement" du gouvernement. "Nous souhaitons qu'il puisse rejoindre ses proches au plus vite, être soigné", a assuré le chef du gouvernement, depuis l'Assemblée nationale. Sébastien Lecornu a également remercié tous ceux qui ont contribué à la libération de l'auteur franco-algérien, "fruit d'une méthode faite de respect et de calme".
Un départ en avion vers Berlin. Selon une source officielle allemande à France Télévisions, l'écrivain Boualem Sansal va quitter l'Algérie à bord d'un avion allemand, à destination de Berlin. Lundi, le président allemand avait demandé à son homologue algérier, Abdelmadjid Tebboune, de gracier l'écrivain. Frank-Walter Steinmeier avait également proposé que l'auteur de 80 ans soit transféré en Allemagne pour "y bénéficier de soins médicaux (...) compte tenu de son âge avancé (...) et de son état de santé fragile".
Les proches de l'auteur franco-algérien s'expriment. "J'étais pessimiste mais j'y ai toujours cru", a réagi auprès de l'AFP, la fille de Boualem Sansal, Sabeha Sansal. Kamel Bencheikh, poète et écrivain franco-algérien, ami de Boualem Sansal, a lui aussi réagi sur franceinfo : "C'est extraordinaire, sublime. Je n'attends plus qu'une chose : le recevoir et l'embrasser, comme on le fait d'habitude." La grâce du régime algérien était devenue "inimaginable". "On a espéré de nombreuses fois et c'était toujours la douche froide", a-t-il rappelé.
De nombreuses réactions politiques. "C’est un soulagement immense. C’est, surtout, la Justice qui l’emporte", a réagi l'ancien Premier ministre et président de Renaissance, Gabriel Attal, sur X, après l'annonce de la grâce de Boualem Sansal. "A travers lui, ce sont la liberté d’expression, le refus de l’obscurantisme et de l’autoritarisme qui étaient faits prisonniers", a-t-il ajouté. Le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, s'est, lui aussi, réjoui que l'auteur franco-algérien "retrouve sa liberté, et avec elle, l’espérance de tous ceux qui croient au pouvoir des convictions", a-t-il posté sur le réseau social.
La décision d'un juge autorisant les poursuites judiciaires intentées par des auteurs contre OpenAI pour violation de droits d'auteur révèle « la facilité avec laquelle l'IA générative peut dévaster le marché », selon l'Association des éditeurs (PA). La semaine dernière, un juge fédéral américain a rejeté les tentatives d'OpenAI de faire rejeter les plaintes d'auteurs selon lesquelles les résumés textuels d'œuvres publiées par ChatGPT (qui appartient à OpenAI) enfreignent leurs droits d'auteur. Ce procès, qui se déroule à New York, regroupe les plaintes de plusieurs auteurs, ainsi que de la Guilde des auteurs, déposées devant différents tribunaux.
Dans sa décision, qui a confirmé le droit des auteurs de tenter de poursuivre OpenAI en justice , le juge de district Sidney Stein a comparé Game of Thrones de George RR Martin aux résumés du roman créés par ChatGPT. Le juge Stein a déclaré : « Un observateur perspicace pourrait facilement conclure que ce résumé détaillé est sensiblement similaire à l'œuvre originale de Martin, car le résumé transmet le ton et l'atmosphère généraux de l'œuvre originale en reprenant l'intrigue, les personnages et les thèmes de l'original. »
Cette action collective regroupe 12 plaintes déposées contre OpenAI et Microsoft . Elle soutient que des ouvrages protégés par le droit d'auteur ont été reproduits pour entraîner les grands modèles de langage (LLM) d'intelligence artificielle d'OpenAI et, surtout, que les LLM, dont ChatGPT, peuvent enfreindre le droit d'auteur par le biais de leur résultat, c'est-à-dire le texte produit lorsqu'une question est posée.
Ce procès historique est le premier à examiner si le résultat d'un chatbot IA enfreint le droit d'auteur, plutôt que de se pencher sur la question de savoir si l'entraînement du modèle constitue une infraction.
L'annonce de la poursuite de l'action a été saluée par la PA, qui exhorte le gouvernement britannique à renforcer les règles de transparence et à éviter des batailles juridiques coûteuses de ce côté-ci de l'Atlantique. L'intelligence artificielle pour aider les écrivains à surmonter le syndrome de la page blanche, affirme Nigel Newton, directeur de Bloomsbury.
Catriona MacLeod Stevenson , conseillère juridique et directrice générale adjointe de la PA, a déclaré à The Bookseller : « Les exemples de contrefaçon examinés par le tribunal dans l’affaire OpenAI démontrent la facilité avec laquelle l’IA générative peut ravager le marché des livres protégés par le droit d’auteur et autres contenus créatifs. D’un simple clic, OpenAI peut écrire le prochain tome de la série originale de George R.R. Martin, nous rapprochant ainsi du remplacement des auteurs les plus vendus au monde par un chatbot contrefacteur et de la suppression du rôle essentiel que jouent les éditeurs dans la découverte, la promotion et la diffusion des œuvres originales. »
Elle a ajouté : « Les éditeurs et les auteurs britanniques suivent de près l’évolution du contentieux, notamment en réfléchissant au meilleur moyen de faire valoir leurs droits. Il ne faut pas exclure la possibilité de nouvelles actions en justice pour lutter contre les violations massives de droits d’auteur qui ont eu lieu et qui se poursuivent. Nous exhortons le gouvernement britannique à instaurer des règles de transparence plus strictes, indispensables pour éviter des batailles juridiques coûteuses et permettre aux créateurs de protéger leurs droits. »
Plus tôt cette année, des auteurs ont obtenu 1,5 milliard de livres sterling de dommages et intérêts dans le cadre d'un accord avec la société d'IA Anthropic, en faisant valoir que cette dernière s'était livrée à une violation du droit d'auteur en utilisant des livres piratés provenant de bases de données telles que LibGen pour entraîner ses chatbots.
Dans un jugement mitigé, le juge fédéral William Alsup a statué que la formation par la société d'IA de ses LLM Claude sur des œuvres d'auteurs était « extrêmement transformatrice » et donc « d'utilisation équitable », lorsqu'elle était acquise légalement, mais il a conclu que la détention d'une bibliothèque de livres piratés à des fins de formation constituait une violation du droit d'auteur.
Le gouvernement britannique n'a pas encore publié les résultats d'une consultation menée en début d'année sur l'assouplissement des règles de droit d'auteur afin de faciliter l'entraînement de l'IA sur les œuvres publiées.
Cette semaine a été marquée par le dénouement d'une affaire judiciaire historique en Grande-Bretagne, la société technologique Stability AI ayant repoussé une plainte pour violation de droits d'auteur déposée contre elle par l'agence photographique Getty Images devant la Haute Cour.
Getty a poursuivi la société londonienne Stability AI, l'accusant d'avoir récupéré et copié des millions de ses images – mais la juge Joanna Smith a dû statuer sur des accusations relativement limitées après que Getty a dû retirer une partie de sa plainte, faute de preuves que la formation de Stability AI ait eu lieu au Royaume-Uni.
MacLeod Stevenson, de la PA, a déclaré que le jugement de la Haute Cour était « limité dans sa portée », « s'est fondé sur des preuves insuffisantes » et « ne se prononce absolument pas sur la question cruciale de savoir si la formation, le développement et le fonctionnement d'un LLM constituent une violation primaire du droit d'auteur au Royaume-Uni ».
David Szalay s’est vu attribuer le Booker Prize pour son sixième roman, « Flesh », un récit qui suit le parcours d’un homme hongrois, István, de son adolescence jusqu’à son retour tardif dans son pays d’origine, en passant par son installation à Londres. Le jury, présidé par l’écrivain irlandais Roddy Doyle, a salué un texte « extraordinaire » et « singulier », mettant en lumière son approche ciselée et son regard original sur l’expérience masculine. L’auteur, né à Montréal en 1974 et résidant aujourd’hui à Vienne, a exprimé son émotion lors de la cérémonie, confiant avoir entrepris l’écriture de ce livre après avoir abandonné un autre projet. Il a reconnu avoir ressenti une pression particulière pour mener à bien ce roman, qu’il considérait comme une prise de risque littéraire. « Flesh » s’inscrit dans la continuité de son précédent ouvrage, « All That Man Is », qui avait déjà été retenu dans la sélection du Booker Prize en 2016.
Le prix, doté de 50 000 livres sterling, consacre une carrière marquée par une écriture exigeante et une réflexion approfondie sur l’identité. David Szalay succède ainsi à la Britannique Samantha Harvey, lauréate en 2024 pour « Orbital ». Sa victoire a surpris certains observateurs, qui anticipaient un succès de l’Indienne Kiran Desai, finaliste avec « The Loneliness of Sonia and Sunny », ou du Britannique Andrew Miller, auteur de « The Land in Winter ».
Parmi les autres candidats figuraient également l’Américaine Susan Choi, avec « Flashlight », Katie Kitamura et son roman « Audition », ainsi que Ben Markovits pour « The Rest of Our Lives ». Tous étaient en lice aux côtés d’auteurs confirmés, dont trois avaient déjà été finalistes par le passé. Les six auteurs sélectionnés sont attendus à une réception en présence de la reine Camilla, engagée dans la promotion de la lecture.
Par ailleurs, les organisateurs du Booker Prize ont annoncé le lancement d’une nouvelle distinction destinée à la littérature jeunesse. Ce prix, qui récompensera des œuvres de fiction en anglais pour les lecteurs de 8 à 12 ans, sera décerné pour la première fois en 2027.
«Le festival d’Angoulême est en danger de mort.» Voilà le constat partagé par le Syndicat des éditeurs alternatifs et les anciens Grand Prix du festival dans deux messages quasi simultanés publiés ce lundi sur le site de l’Humanité et dans un communiqué de presse.
Les auteurs d’abord. Dans un appel commun, 20 des plus grands maîtres de la bande dessinée récompensés à Angoulême unissent leurs voix pour dire l’urgence de la situation. Et le besoin d’en finir avec le mandat confié à la société 9e Art +, renouvelé à la tête du festival ce samedi contre l’avis unanime de la profession. «Il est grand temps de tourner la page 9e Art + pour que le festival retrouve, avec de nouveaux opérateurs, les valeurs qui ont construit sa notoriété internationale. Sans un changement rapide et profond, l’édition 2026 risque fort d’être la dernière.» La liste des signataires ressemble à un panthéon de la bande dessinée : Florence Cestac, Régis Loisel, Philippe Dupuy, Charles Berberian, Martin Veyron, Art Spiegelman, Jean-Claude Denis, François Boucq, Chris Ware, Frank Margerin, Jacques Tardi, François Schuiten, Baru, Blutch, Willem, Lewis Trondheim, Riad Sattouf, Hermann (Huppen), Max Cabanes, Anouk Ricard. Par-delà les genres, les écritures, les nationalités et les générations, l’autorité de ces grandes voix-là ne saurait être ignorée puisque c’est le festival lui-même qui, à travers son histoire, les a récompensées. Mais plus rien n’est sûr tant le festival est resté insensible à la tribune signée par 2 300 artistes au printemps.
Quelques minutes avant cet appel, les éditeurs indépendants formulaient leur réponse à l’attribution controversée de l’organisation du festival d’Angoulême à la société 9e Art +, sommée de s’entendre avec la Cité de la BD par l’association du festival. Une réponse qui s’est fait attendre deux jours. Le temps de prendre la mesure de la rebuffade, de guetter aussi la réaction des pouvoirs publics et d’ajuster en conséquence. Comme l’appel des Grand Prix, le communiqué du Syndicat des éditeurs alternatifs (SEA) témoigne d’un mélange de colère et d’inquiétude. Parce que «jamais le danger de voir disparaître la plus importante manifestation de bande dessinée n’a été aussi concret». Le premier responsable de cette situation catastrophique, aux yeux du SEA, c’est le Festival international de la bande dessinée (FIBD) lui-même. Ou plutôt l’association qui préside à sa destinée en en confiant la gestion. «N’ignorant pas complètement les risques qu’il prenait, le FIBD a cru pouvoir s’en tirer par une pirouette en exigeant de 9e Art + qu’il collabore avec la Cité de la bande dessinée, l’autre finaliste de l’appel à projets. C’est en réalité l’inverse qui se joue puisque […] c’est la Cité qui se voit contrainte de s’associer alors même que [son] directeur avait manifesté par courrier son opposition à cet attelage contre-nature. La répartition des pouvoirs au sein de la structure […] serait inévitablement en défaveur de cette dernière.»
Dans les faits, le monstre qu’appelle de ses vœux le FIBD ressemble beaucoup au projet de SAS que le directeur de 9e Art + se proposait de créer, autour de sa société, choquant une grande partie de la profession. Afin de souligner ce qu’il considère comme «une captation évidente par des intérêts privés d’une manifestation qui relève depuis longtemps de l’intérêt collectif», le SEA prend soin de souligner l’existence d’un «courrier de menaces» adressé le 25 septembre aux pouvoirs publics dans lequel le patron de 9e Art +, Franck Bondoux, «les prévient qu’il les attaquera en justice pour faire annuler la procédure et réclamer des dommages et intérêts si 9e Art + n’était pas reconduit». Manœuvre réussie puisque samedi, les pouvoirs publics – sauf l’Etat, précise le syndicat – ont validé «cette combinaison éruptive sans consulter l’interprofession».
En conséquence, les éditeurs alternatifs ne se contentent pas de simplement dénoncer le résultat de l’appel à projets. Augmentant la pression, ils réclament «l’invalidation immédiate d’un résultat insincère» et appellent «les pouvoirs publics à réunir l’ensemble de la profession pour que soit mise en œuvre une réforme profonde du festival». Qui passe nécessairement par un changement radical de gouvernance. Le SEA exige donc la démission de la directrice de l’association du festival, Delphine Groux, la disparition de 9e Art + de l’équation du festival et la reprise des équipes par la future structure. «Sinon les conséquences seront majeures et probablement irréversibles. Dès 2026. Puis en 2027. Et peut-être à tout jamais.»
Le nombre d’éditeurs annonçant boycotter la prochaine édition du festival grossit de jour en jour. Après l’Association, Çà et là, Cornélius, Misma, Denoël Graphics, les éditions Exemplaires et Superloto ont rejoint les rangs. Même le manga s’y met puisque Ki-oon, numéro 2 du marché en France mais indépendant, a annoncé qu’il ne serait pas présent en janvier.
Le prix Wepler, distinction littéraire qui récompense des écrivains émergents, a été attribué lundi 10 novembre 2025 à Bernard Bourrit pour Détruire tout (éditions Actes Sud), roman sur un féminicide en Suisse dans les années 60, paru le 3 septembre 2025. Paru en septembre chez Actes Sud, ce récit offre, selon son éditeur, une « immersion totale » dans l’air du temps pour explorer les circonstances du meurtre d’une femme prénommée Carmen par son petit ami Alain. Il s’agit du premier roman de Bernard Bourrit, 48 ans, auteur de plusieurs essais et de textes courts sur l’art brut, les portraits funéraires ou les reliques, selon le communiqué du prix Wepler, du nom de la brasserie parisienne où il est remis. Un prix qui récompense « une prise de risque romanesque »
Soutenu par la Fondation La Poste, ce prix doté de 10 000 euros est décerné par un jury constitué de libraires, de critiques littéraires et de lecteurs, dont une salariée de La Poste et une détenue, et récompense « une prise de risque romanesque et un style exigeant », selon le communiqué. Le prix Wepler, distinction littéraire qui récompense des écrivains émergents, a été attribué lundi 10 novembre 2025 à Bernard Bourrit pour Détruire tout (éditions Actes Sud), roman sur un féminicide en Suisse dans les années 60, paru le 3 septembre 2025.
La mention spéciale du jury a été décernée à Hélène Laurain pour Tambora (éditions Verdier), évocation par une mère de ses deux filles entre récit, réflexions et poésie. Cette distinction est dotée de 3 000 euros.