
Bâtiment construit en 1783 à Lunel (Hérault), l’hôtel particulier Paulet a subi plusieurs reconversions au cours des dernières décennies : hôtel de ville, office de tourisme, bibliothèque municipale et enfin musée Médard depuis décembre 2013, après 18 mois de travaux de rénovation menés par l’ agence nîmoise C+D Architecture, avec le bureau d’études tous corps d’état Grontmij. Le coût, muséographie comprise, s’élève à 1,3 million d’euros HT. « Avec ce musée qui est le premier de la ville, Lunel se réapproprie son patrimoine », observe Joël Moysan, adjoint au maire, chargé de la culture et du patrimoine. Dans ce musée de 671 m², un cabinet des curieux expose en vitrine une partie des ouvrages de la collection Médard suivant différentes thématiques. ans les collections du musée se trouvent aussi les outils des artisans du livre. En témoignent notamment ces plaques servant à la gravure et à la dorure. Louis Médard s’était attaché les services et les talents de plusieurs relieurs montpelliérains et parisiens, dont Simier père et fils pour près de 400 de ses ouvrages. A noter également la diversité des papiers marbrés qui ouvrent et referment chaque livre. La bibliothèque de Louis Médard et son précieux contenu ont été disposés dans une pièce où la température et l’humidité sont contrôlées. Dans son testament, Louis Médard écrit : « Je donne et lègue [mon cabinet] en toute propriété à ma ville natale de Lunel, mais aux conditions expresses […] de maintenir en tous temps le Collège, de ne jamais dénaturer en rien ma collection de livres et d'en faire jouir les habitants de Lunel avec l'aide d'un bibliothécaire. »
« Avec sur les murs blancs des lettres grises de 60 cm, le visiteur entre dans le musée comme dans la page d’un livre », indique l’architecte Laurent Duport, architecte associé à Nicolas Crégut. Ce texte en latin extrait de « L’Enéide » de Virgile a marqué l’adolescence de Louis Médard (1768-1841), dont le portrait figure au seuil de son musée. Ce bibliophile, natif de Lunel, a légué à la ville sa bibliothèque de 4871 volumes datant du XIIe au XIXe siècle. L’ancien escalier avec garde-corps en fer forgé a lui aussi été mis à la page. Outre la démolition et la reconstruction de l’escalier et de la quasi-totalité des planchers, les travaux ont également consisté à réaménager les combles pour y loger l’ensemble des équipements techniques (ventilation, climatisation, chauffage), car le terrain est situé en zone inondable. Une nouvelle toiture protège le tout. Eva Dayot, responsable du musée Médard, apprécie de travailler dans cet ancien hôtel particulier « sans parquet qui craque ».
Source: Le Moniteur
Pour avoir plus de renseignements sur ce musée, vous cousultez son site internet en cliquant ici.