Dans un communique de presse paru aujourd'hui, le SLF dénonce le partenariat établi entre le Festival du livre de Paris, filiale du SNE, et Amazon et annonce son retrait de la manifestation. Il se demande : "Comment associer à la grande fête nationale du livre un acteur dont la stratégie conduit à déstabiliser l’écosystème du livre en attaquant le prix unique du livre et le réseau des librairies indépendantes ou encore en cherchant à inonder le marché de faux livres générés par IA, promus par de faux commentaires, rédigés par de faux lecteurs et remontant en tête de faux palmarès ? "
Selon lui, Amazon n’est pas un ami du livre. Il constitue, par sa puissance et ses visées prédatrices et hégémoniques, un risque majeur pour les auteurs et autrices, les éditeurs, éditrices et les libraires. La création et le développement de la lecture ont tout à perdre à voir cet acteur étendre son emprise. Il paraît donc irresponsable, au nom d’intérêts financiers de court terme, d’offrir à Amazon une telle visibilité et honorabilité à l’occasion d’une manifestation qui se veut la vitrine de la création et de l’édition françaises. Si la multinationale américaine, soutien de premier plan de Donald Trump, a de l’argent à dépenser, qu’elle commence par payer ses impôts en France comme le font tous les auteurs, les éditeurs et les libraires.
Le Syndicat de la librairie française a donc décidé de ne pas participer à l’édition 2026 du Festival du livre de Paris. Il incite tous les libraires, professionnels du livre et lecteurs sensibles à la préservation du livre et de son économie à en faire de même.
Cette fois, ce sera la fin. Le 24 mars, Christie’s dispersera à Paris la quatrième et dernière partie de la bibliothèque poétique de Jean-Paul Barbier-Mueller, fruit d’un demi-siècle de curiosité et d’efforts. De ce travail de fourmi lettrée ne subsisteront plus que les énormes catalogues publiés à Genève par la Librairie Droz, parallèlement aux tomes du «Dictionnaire des poètes français de la seconde moitié du XVIe siècle». Des pavés savants où s’entend parfois la voix de l’auteur. Christie’s rappelle ainsi sa description d’un ouvrage de La Fève de la Boderie, pourvu d’un emballage de cuir et de dorures à tout casser.
«J’ai banni depuis belle lurette les exclamations qu’un libraire se doit de multiplier pour survivre (merveilleux exemplaire, somptueuse reliure...) Je contreviens ici à la règle.»
On peut se sentir triste d’une telle dispersion. Pour que de nouvelles collections se forment, il faut cependant que d’anciennes passent à l’encan. C’était en tout cas au XIXe siècle l’avis d’Edmond de Goncourt. Cinq ans presque jour pour jour après la première vente, Christie’s procède ainsi au solde de la liquidation. L’ultime vacation ne correspond pas au jeu voulant que les meilleures pièces figurent toutes au début, l’intérêt allant ensuite decrescendo. Il y aura en mars quelques pièces fabuleuses, parfois même uniques. JPBM aimait ce qui est devenu au fil du temps des «unicum» ou des «hapax», si l’on préfère le grec. Ce sera le cas pour une anthologie de Ronsard publiée à Tours en 1600. Aucun autre exemplaire de ce livre est connu. Pour Ronsard toujours, dont une rarissime lettre autographe se verra proposée à Paris, il n’y a par ailleurs que deux survivantes de ses «Œuvres» dans leur version de 1560. Ronsard sera du reste la vedette du jour. Pas moins de 25 éditions d’époque se verront proposés avec des estimations parfois musclées.
Le reste de la vente comprendra aussi bien le recueil légendaire de la poétesse lyonnaise Louise Labbé que des «minores». Autrement dit les auteurs et autrices (beaucoup de femmes ont écrit en France au XVIe siècle) secondaires, dont parfois nul ne souvient. JPBM éprouvait une grande tendresse pour ces oubliés. Ils étaient à l’origine de son «Dictionnaire», dont le dernier tome a paru à Genève de manière très posthume il n’y a pas si longtemps. Ce monument (entrepris avec l’aide de Nicolas Ducimetière) nous a ainsi permis de découvrir Madeleine Neveu, Catherine Fradonnet ou Scévole de Sainte Marthe. On est curieux de voir qui reprendra le flambeau à Paris en achetant de tels ouvrages. Leur amour dénote en effet une érudition classique qui tend à se perdre,
La librairie Violette and Co, située dans le 11e arrondissement de Paris, a été perquisitionnée il y a une dizaine de jours, a appris franceinfo auprès du parquet de Paris, vendredi 16 janvier, confirmant une information du Nouvel Obs(Nouvelle fenêtre). L'objet de la perquisition : la saisie d'un livre de coloriage pour enfant, From the River to the Sea, accusé par le ministère de l'Intérieur d'avoir "un fort parti pris historique et idéologique", précise le parquet de Paris. Lors de la perquisition menée le 7 janvier, aucun livre n'a été trouvé ni saisi, mais "des auditions seront diligentées", rapporte la même source.
Le parquet précise que cette perquisition a eu lieu dans le cadre d'une enquête confiée au commissariat du 11e arrondissement de la capitale pour "importation de publication destinée à la jeunesse comportant un contenu dangereux pour elle en raison de son caractère pornographique, illégal ou immoral", à la suite d'un signalement du ministère de l'Intérieur. Ce délit est passible d'un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende.
Ce livre de coloriage, édité par la maison d'édition sud-africaine Social Brandit Media, a fait l'objet d'une interdiction d'importation par la commission de presse de la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ), selon les informations du parquet de Paris. De son côté, la librairie affirme sur Instagram n'avoir été informée de l'interdiction à l'importation du livre qu'après la perquisition, alors que "des demandes répétées" avaient été formulées en ce sens.
"Pendant quarante-cinq minutes, la librairie a fait l’objet d’une fouille méthodique : rayonnages inspectés, cartons de livres ouverts un à un, réserves et salle de pause fouillées devant les salarié·es présent·es sur place, choqué·es et impuissant·es", détaille la librairie sur Instagram, dénonçant "une dérive autoritaire inédite et préoccupante".
Elle raconte une "scène particulièrement frappante" avec "des policiers en uniforme, armes à la ceinture, filmant les lieux à l’aide de caméras-piétons et contrôlant une trentaine de cartons de livres à la recherche d’un ouvrage qui ne se trouvait plus en stock", s'inquiètent les gérantes de Violette and Co.
Depuis septembre 2025, la bibliothèque Sorbier a changé de nom pour se parer de celui d’une immense autrice de la Caraïbe, Maryse Condé. Mais l’inauguration en présence de sa famille et des élus a eu lieu ce samedi 22 novembre. Les deux filles de Maryse, Leïla et Aïcha Condé, ainsi que son mari Richard Philcox, un universitaire britannique qui a été aussi son traducteur en anglais, n’auraient pour rien au monde manqué cet hommage. Éric Pliez, maire du 20ᵉ, Laurence Patrice, adjointe chargée de la mémoire, et Patrick Bloche, responsable des questions d’outre-mer ont également assisté à cette inauguration saluant l’œuvre d’une femme qui osait parler de l’histoire de l’esclavage, des identités antillaises et des héritages postcoloniaux avec une liberté et un style inégalé. La cérémonie a été animée par la Docking Cie. Cette troupe a proposé des lectures d’extraits des œuvres de Maryse Condé. Qui était Maryse Condé ?
Après des études à Paris et la naissance de ses enfants, Maryse Condé, née en Guadeloupe en 1937, part enseigner en Afrique. De retour en France, elle soutient une thèse sur la représentation du Noir dans la littérature antillaise, avant de publier des romans puissants comme Ségou (1984), qui revisitent l’histoire de la colonisation et de la traite. Elle a été aussi journaliste à la BBC et a également enseigné aux États-Unis.
Maryse Condé s’est aussi engagée dans des combats mémoriels. Elle a présidé le Comité pour la mémoire de l’esclavage. Elle est décédée le 2 avril 2024 à Gordes, à l’âge de 87 ans, laissant un héritage littéraire inestimable. Un hommage national lui a été rendu le 15 avril 2024 en présence du président de la République à la BnF.
Cette bibliothèque Maryse-Condé est un lieu très vivant de l’arrondissement où se déroulent ateliers créatifs et clubs de lecture. Le quartier ne manque pas de repères mémoriels forts. Il y a le parvis Louis-Delgrès, située dans le 20ᵉ, qui rappelle la figure et le sacrifice de cet officier martiniquais opposé au rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe en 1802. Une rue du quartier porte le nom de Frantz Fanon, le célèbre psychiatre et militant de l’indépendance algérienne. On trouve également dans le 20e un square Toussaint-Louverture, du nom du héros de la révolution haïtienne,
Avec la bibliothèque Maryse Condé, l’arrondissement met en lumière une figure incontournable de la littérature caribéenne. La bibliothèque propose d’ailleurs une sélection de cette autrice guadeloupéenne passionnante, prix Nobel de littérature alternative en 2018. Par ailleurs, une pétition en faveur de la panthéonisation de Maryse Condé est en ligne. Cette démarche est appuyée par le journaliste Harry Roselmack ainsi que la réalisatrice Euzhan Palcy.
Ils coûtent 7,7 millions d'euros mais leur valeur est "inestimable". La Bibliothèque nationale de France (BnF) a annoncé mercredi 17 septembre lancer un appel aux dons pour acquérir près de 900 manuscrits et documents de l'écrivain Marcel Proust, dont ceux liés à sa fameuse "madeleine". Avec cette "souscription exceptionnelle", la BnF espère recueillir les 7,7 millions d'euros demandés par les héritiers d'une nièce de l'écrivain afin d'obtenir cet "ensemble exceptionnel" de documents qui "complèteraient de manière inédite l’important fonds déjà conservé à la BnF", écrit l'institution sur son site.
"La découverte de ce fonds inestimable et inconnu jusqu'alors est un événement pour notre pays. Avec ces pièces nouvelles, la BnF pourra (...) détenir le plus important gisement proustien au monde", a déclaré le président de la BnF Gilles Pécout à l'AFP.
Cette collection est composée de feuillets inédits d'À la recherche du temps perdu, de poèmes, de dessins, d'articles et de lettres. Elle a été présentée mercredi matin au siège parisien de Sotheby's, où elle est proposée en vente par ses propriétaires. Parmi les pièces, figurent des documents révélant le processus d'écriture de l'épisode de la madeleine, l'une des pages les plus célèbres de l'œuvre de Marcel Proust.
Ce dernier écrivait dans Du côté de chez Swan : "Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin, à Combray, quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté (...)."
L'expression "madeleine de Proust" est depuis souvent utilisée pour évoquer des éléments, comme des objets, des sons, des odeurs, qui font ressurgir des souvenirs profonds. La BnF appelle "le grand public à contribuer" à l'acquisition de ces documents inédits en faisant un don avant le 31 décembre prochain.
Samedi 20 septembre et dimanche 21 septembre, de 10hà 18h, le site Richelieu, berceau historique de la BnF, offre une déambulation dans tous ses espaces, musée, salles de lecture, bibliothèques, exposition « Impressions Nabies ». Le public est invité aussi, à une présentation des ateliers de conservation, et des ateliers de restauration, une découverte exceptionnelle des métiers d’art.
Le site François-Mitterrand propose, dimanche 21 septembre, une découverte des salles de lecture et de la bibliothèque avec des chargés de collection, des visites-flash du site, une visite de la collection Charles Cros, une visite des coulisses, une présentation des ateliers de conservation. Les familles avec enfants de 5 à 10 ans peuvent participer à un atelier, Personnalisation d’une maquette de la BnF. Les inscriptions se font sur place dans la limite des places disponibles.
L’Arsenal invite le public, dimanche 21 septembre, à visiter les appartements du 17ème et 18ème siècle, la salle de lecture, la salle des catalogues et le centre de ressources des métiers du livre. Les visiteurs sont invités aussi, à assister à des démonstrations de restauration et de reliure en cuir, en particulier d’un manuscrit médiéval.
Samedi 20 et dimanche 21 septembre, à la Maison Jean-Vilar, antenne avignonnaise de la BnF, le public peut découvrir la bibliothèque, les expositions temporaires et l’espace permanent Les Clés du Festival, consacré à la grande épopée du festival, des origines à nos jours. Cette exposition entend prolonger le geste fondateur de Jean Vilar et du Théâtre Populaire.
C’est un espace de plus de 1 000 m2 dans une galerie accolée aux Champs-Élysées, à Paris, qui offre une plongée dans l’univers de Jean de La Fontaine.
Au début de ce parcours d’environ 1h30, on retrouve l’homme de lettres du XVIIe siècle, interprété par Laurent Stocker de la Comédie Française, dans son bureau, en train de préparer son discours d’entrée à l’Académie française. Le module vidéo prend à partie le public, le personnage s’insurgeant qu’on ne retienne de son œuvre que ses fables (au nombre de 243), plutôt que ses contes ou romans tels que Les Amours de Psiché et de Cupidon.
S’ensuit une pérégrination ludique, pédagogique et immersive dans l’univers du fabuliste, jusqu’à cette pièce aux murs vivants façon Atelier des lumières (Paris XIe) nous plongeant dans trois fables de Jean de la Fontaine avec les codes, visuels et narratifs, des jeunes d’aujourd’hui. Le parcours s’est appuyé sur un comité scientifique dirigé par Tiphaine Rolland, docteure et maître de conférences en littérature française du XVIIe siècle à la Sorbonne, avec Patrick Dandrey, président de la Société des Amis de Jean de la Fontaine et Didier Foucault, historien.
L'objectif dépasse la simple visite. « On se considère comme des passeurs, comme une porte d'entrée dans la culture qui mène vers d'autres chemins », explique à Livres Hebdo Jean Vergès, président et cofondateur de Cité Immersive. « Le but de cette exposition, c'est de donner aux gens l'envie de redécouvrir l'œuvre de La Fontaine et d'acheter en librairie des fables de La Fontaine ».
D’une version poche à 3 euros à des beaux livres à plus de 40 euros en passant par des livrets de coloriages, une sélection d’une vingtaine d’ouvrages est proposée dans la boutique, illustrant le dynamisme éditorial autour de l’œuvre de La Fontaine . Ce modèle économique mise sur l'effet multiplicateur culturel. « Lorsqu'on a consommé un bien culturel, ça n'épuise pas notre besoin. Au contraire, ça ne fait que le décupler », théorise Jean Vergès. Il inaugure ce 6 septembre son deuxième établissement après le succès de la cité des Vikings à Rouen, ouverte en 2024. « Plus de 120 000 visiteurs » ont fréquenté le site normand, devenu « le lieu culturel payant le plus visité de la ville de Rouen », selon l'entrepreneur.
L'entreprise fonctionne exclusivement sur fonds privés (parmi les investisseurs figure notamment l'homme d'affaires Pierre-Édouard Stérin). « On n'a bénéficié d'aucune subvention à ce jour », précise Jean Vergès. « Les projets sont financés à travers des investisseurs privés et des financements bancaires. On fonctionne comme une entreprise privée avec une grosse prise de risque », raconte-t-il.
Le ticket d'entrée s'établit à 19,90 euros plein tarif, 13,90 euros pour les enfants, gratuit pour les moins de six ans. La cité parisienne vise une clientèle mixte : 15 à 20 % de groupes scolaires, 10 à 15 % de public international pour le reste composé de familles françaises et de curieux.
« Les fables de La Fontaine font partie de ces madeleines de Proust qui parlent à tout le monde, qui sont absolument universelles », justifie Jean Vergès. L'entrepreneur mise sur cette notoriété internationale. « Dans les salles de classe d'Iran, de Chine, des États-Unis, du Vietnam, on apprend les fables de La Fontaine », affirme-t-il.
Le concept vise surtout les publics qui « ne se rendent pas classiquement dans les musées ». « Il faut savoir qu'il y a 60 % des Français qui ne vont pas régulièrement au musée. Mais ils viennent chez nous », observe-t-il.
Cité Immersive développe un modèle de franchise sur différents patrimoines locaux. « On travaille déjà sur la cité du champagne à Reims, la cité des Ducs de Bourgogne à Beaune », détaille Jean Vergès, qui ne s’arrête pas là. « On peut imaginer plein de projets : Surcouf à Saint-Malo, le cinéma à Caen, Jeanne d'Arc à Orléans… »
Cette expansion répond à une logique de déconcentration culturelle. « Les thématiques sont illimitées et pas seulement en France », projette l'entrepreneur.
Le projet parisien a été lancé en janvier, avec une production des vidéos en mai et l’installation de décors à partir de fin juin. La cité ouvre pour « une période minimale d'un an » mais Jean Vergès envisage « de rester de manière permanente », et de le développer en itinérance en France et en Europe. Le parcours, traduit en français et anglais, pourrait être décliné dans d'autres langues selon l'affluence touristique.
La maison d'édition francilienne "Ça et là" a dû faire une collecte de dons pour continuer à exister. Alors que son catalogue de bandes dessinées compte plusieurs succès, elle subit la baisse d'activité dans les librairies. L'année aurait dû être belle pour la maison d'édition Çà et Là : celle de ses 20 ans. Mais son existence est menacée. À tel point qu'une collecte a été lancée sur un site dédié pour lui permettre de faire face et de continuer à publier des auteurs.
"La BD a connu de quelques très belles années, récemment notamment, et c'est paradoxal, pendant le Covid. Les gens ont beaucoup lu et beaucoup acheté. Le retour à la normale a été assez violent", raconte Serge Ewenczyk, président et fondateur de Çà et Là.
La baisse d'activité du secteur est d'environ 10%. Si de gros titres comme Astérix permettent aux importantes maisons d'édition de survivre, "les maisons d'édition indépendantes dépendent quasiment exclusivement de l'activité des libraires. Quand les libraires vont mal, on va mal aussi", poursuit-il.
Pourtant, la maison d'édition Çà et Là n'a pas à rougir de son catalogue. Spécialisée dans la traduction de bandes dessinées étrangères, elle a remporté deux Fauves d'or au festival d'Angoulême. Ce prix, sorte de palme d'or dans ce milieu, a récompensé "La Couleur des choses", de l'auteur Suisse Martin Panchaud en 2023, et "Écoute, jolie" Márcia du Brésilien Marcello Quintanilha en 2022. "Mon ami Dahmer" de John "Derf" Backderf a aussi reçu plusieurs prix et un important succès dans les librairies. Ces titres ont permis à la maison d'édition de lui donner un souffle. Surtout que le nombre de publications est volontairement restreint : une douzaine de titres chaque année, soit 200 en l'espace de 20 ans.
"Certaines structures publient énormément de titres, jusqu'à 500 par an. C'est colossal ! Ils ont une autre approche que la nôtre, plus quantitative que qualitative. Ils prennent des parts de marché, occupent de la place dans les linéaires, dans les rayons des librairies", explique Serge Ewenczyk.
Car le boom de la lecture de la bande dessinée a aiguisé les appétits. Environ 6 000 nouveautés sortent chaque année, dont la moitié est représenté par des mangas.
La plupart des titres tombent rapidement dans l'oubli (la moitié des 6 000 nouveautés n'atteint pas les 1 000 exemplaires vendus). Les BD qui marchent bien permettent à d'autres auteurs d'être publiés.
"Dans l'édition, on a coutume de dire que 20% des livres financent 80% des pertes des autres. En réalité, cet effet s'est accentué. Ce sont plutôt 10% des titres", indique cet éditeur.
Ce dernier ne veut pas succomber au phénomène et gardera ce rythme de parution : "On veut vraiment essayer de garder le côté artisanal qui est le nôtre."
Un exemplaire des Fables de La Fontaine relié pour l’impératrice de Russie a été adjugé aux enchères jeudi, à Paris, pour 378.000 euros. Ces quatre volumes faisaient partie de la bibliothèque de Pierre Brossette, un industriel et bibliophile, vendue chez Christie’s. Édités dans les années 1750, avec les gravures de Jean-Baptiste Oudry, ils ont été reliés et coloriés à la main en 1782 pour être offerts à Maria Feodorovna, future impératrice consort de Russie. Cette année-là, le tsarévitch Paul Petrovitch, futur Paul Ier, et son épouse Maria Feodorovna (née Sophie-Dorothée de Wurtemberg), passent à Paris lors d’une tournée européenne. Elle reçoit ces Fables en cadeau (ou elle les a achetées).
« Pour ce qui est d’une édition des Fables de La Fontaine, on ne fait pas mieux », avait affirmé à l’AFP l’un des experts de Christie’s, en présentant cette collection.
Un livre désigné par Christie’s comme « le plus bel exemplaire » du roman « Nadja » d’André Breton, celui relié pour le poète René Char, avec à l’intérieur une lettre manuscrite de Nadja (Léona Delcourt de son vrai nom), est parti pour 352.800 euros. L’exemplaire de « Madame Bovary » dédicacé par Gustave Flaubert à Alexandre Dumas a pour sa part été vendu à 214.200 euros.
À l’occasion des 20 ans de La Horde du Contrevent d’Alain Damasio, nous proposons trois rendez-vous uniques mêlant lecture polyphonique, création musicale live, performance scénique et participation du public, dans l’esprit collectif et indocile de La Volte. Ce marathon sera porté par un noyau de 4 comédiennes et comédiens, accompagnés d’un musicien live, pour une lecture chorale de 6 heures : un tissage de voix alternant intensité dramatique, souffle poétique et moments d’improvisation.
En fin de soirée, une scène ouverte permettra au public – lectrices, lecteurs, autrices, auteurs, musiciennes, musiciens – de prendre part à l’aventure, dans une ambiance libre, bienveillante et expérimentale. Le bar du LMP sera ouvert et propose boissons et restauration. La maison d’édition La Volte, l'Émouvant Immobile et le Lavoir Moderne Parisien organisent cet événement hors normes autour de l’œuvre-culte La Horde du Contrevent. La fondation Stin ‘Akri s’associe à cette initiative.
Ce marathon se déroulera sur trois jours le vendredi 27 juin (de 18h à 24h), le samedi de 14h à 20h) et le dimanche de 11h à 17h.