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17 novembre 2017

Une collection unique de livres animés vendue à Bruxelles

Vente livre Pop-up

Baudouin van Steenberghe (1934-2008) était un connaisseur d’art et antiquaire bruxellois réputé, fervent collectionneur de livres pop-up, qui s’ouvrent pour laisser échapper une animation en relief. De son vivant, van Steenberghe a ainsi collectionné plus de 1.500 livres animés, provenant du monde entier. Grâce à cette collection, Bruxelles aurait dû voir la naissance d’un musée des livres pop-up, mais van Steenberghe est décédé en 2008 avant que son rêve ne se réalise.

Le 24 novembre prochain, sa collection prestigieuse et originale sera vendue aux enchères par la maison bruxelloise The Romantic Agony. Parmi les livres, on peut trouver des ouvrages de la main du dessinateur bruxellois Hergé (connu surtout pour ses albums Tintin), du scénariste américain Walt Disney et de l’artiste américain Andy Warhol.

L’un des livres qui partiront aux enchères a été édité il y a près de 500 ans. The Romantic Agony vendra également 1.326 autres lots, dont des manuscrits, des incunables, des livres anciens et des éditions originales. Tous ces lots, ainsi que la prestigieuse collection de Baudouin van Steenberghe, sont visibles pour le grand public du 17 au 23 novembre, au 40 Rue de l’Aqueduc à 1060 Bruxelles.

Source: Flandres Info

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24 août 2017

Moins de clients en librairie au printemps

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Le repli du marché du livre du début d’année s’intensifie au cours du printemps, selon le baromètre Livres Hebdo /I+C à paraître dans notre édition du 25 août ou à télécharger ci-contre. Sur l’ensemble du deuxième trimestre 2017, le recul atteint 5,5% en euros courants si l’on compare avec la même période de 2016. Avec une baisse des prix contenue, les ventes de livres fléchissent également de 5,5% en volume.

Cette mauvaise orientation du marché est principalement liée à une chute de fréquentation des points de vente du livre. En effet, au cours du printemps 2017, un peu plus de la moitié des professionnels du secteur notent une diminution de la fréquentation alors que seulement 20% d’entre eux constatent une hausse de cet indicateur.

De plus, les clients dépensent en moyenne moins qu'au deuxième trimestre 2016, notamment dans les librairies de 1er niveau et les hypermarchés. Le montant moyen d’achat s’établit à 17,50 euros tous circuits confondus au deuxième trimestre 2017, contre 19 euros un an auparavant.

L’ensemble des circuits de distribution est désormais franchement orienté à la baisse. La baisse modérée dans les grandes surfaces culturelles amorcée cet hiver s’accentue au printemps (environ - 3%). Les tensions s’aggravent au sein des librairies, avec des baisses proches de 6% dans les librairies de 1er niveau, et 6,5% dans celles de 2e niveau. La crise du rayon livres dans les hypermarchés perdure : les ventes s’effondrent au printemps, à - 11,5%. 

Source: Livres Hebdo

24 juin 2017

Des livres comme des petits pains

Lire c'est partir

En ce dimanche d'un week-end prolongé de printemps, les petits parisiens du XVIIIe arrondissement se bousculent dans la bibliothèque Jacqueline-de-Romilly pour accéder aux piles de livres qui s'entassent sur le stand de Lire c'est partir, dans le cadre du Salon du livre jeunesse solidaire. Difficile de se frayer un chemin jusqu'aux ouvrages, tant les enfants se jettent dessus. Sans attendre, Sophie s'est plongée dans Neige-Blanche et les sept géants. Paul fait la queue pour faire dédicacer son exemplaire de L'Apprenti mousquetairepar son illustrateur. «Monsieur, je n'ai que deux euros, je reviens avec 40 centimes pour en avoir un troisième!». À 80 centimes d'euro pièce, c'est une aubaine. Dans les foyers de ce quartier à quelques encablures du périphérique, à la frontière de Saint-Ouen, une banlieue défavorisée, Vincent Safrat a fait plus d'un heureux.  chaque salon, environ 2 000 exemplaires s'arrachent. Cet éditeur qui fraye peu avec le milieu littéraire germanopratin a ainsi vendu 2,5 millions de livres en 2016. Le secret de ce trublion de l'édition? Son prix unique défiant toute concurrence, le prix moyen d'un ouvrage jeunesse étant de 7 euros. Ce qui ressemble à un tour de force relève pour lui d'une équation très simple: «60 % du prix d'un livre sert à la distribution.» En se passant des circuits traditionnels et en assurant lui-même la distribution, Vincent Safrat fait chuter drastiquement ses frais. L'impression? Elle coûte 30 centimes pour des livres de poche à couverture souple de moins de 160 pages… Quant à la marge de l'éditeur (15 % en moyenne), elle est inexistante chez Lire c'est partir. Car pour le fondateur de l'association, «tout bénéfice est une escroquerie».

Étrange personnage que ce thaumaturge des lettres qui vend les livres comme des petits pains, au prix du pain. C'est que, pour cet autodidacte d'une banlieue de l'Essonne, la lecture, découverte sur le tard avec L'Éducation sentimentalede Flaubert, a été une véritable révélation. «J'ai l'impression que la lecture peut remplacer les études. D'où mon idée de faire lire ceux qui ne lisent pas.» Après une première expérience dans l'édition, Vincent Safrat commence en 1992 à faire quotidiennement la tournée des maisons d'édition pour récupérer leurs invendus destinés à être détruits. Et les distribue gratuitement tous les week-ends en porte-à-porte dans les cités.«Les remerciements des parents pour leurs enfants me frappent alors. Pour eux, les livres sont synonymes de réussite à l'école.»

Malgré le soutien de certains grands noms du milieu, comme Robert Laffont, les éditeurs demeurent difficiles à convaincre. Quand, en 1998, un ami soldeur lui explique qu'un livre de poche ne coûte guère qu'un franc à fabriquer, Vincent Safrat n'hésite pas une seconde et décide d'imprimer lui-même ses ouvrages. Ce RMiste prend alors le risque de commander 400 000 exemplaires qu'il doit écouler en quatre mois. «Un imprimeur m'a fait confiance et n'a pas eu à le regretter: je n'ai pas eu de retard de paiement!» se souvient l'audacieux entrepreneur. Deuxième déclic lorsqu'il réalise que les écoles manquent de moyens pour s'équiper: elles seront son principal circuit de vente. Il a l'ingénieuse idée, pour contacter les enseignants, de passer par les inspecteurs de l'Éducation nationale, qui, séduits par l'idée, se montrent très coopératifs. Libre aux écoles d'acheter des ouvrages pour leurs élèves ou d'organiser des ventes ouvertes aux parents.

En permanence sur les routes de France, cet entrepreneur hors normes livre lui-même ses cartons pendant cinq ans dans les zones défavorisées, urbaines ou rurales, bénévolement. Ses auteurs, eux, y trouvent leur compte grâce à des tirages importants. Car les œuvres originales, «souvent plus faciles d'accès» (la majorité du catalogue de 130 titres) sont privilégiées par rapport aux classiques libres de droits, qui coûteraient pourtant moins cher.

Non content de son impact social, Vincent Safrat organise aussi des ateliers pour enfants autour d'un ouvrage dans la Cité rose, dans le XIXe arrondissement de Paris, sur le site d'un de ses dépôts ouverts au public. «Il a révolutionné l'économie du marché, car il raisonne autrement», dit de lui, fasciné, l'écrivain Alexandre Jardin, cofondateur de l'association Lire et faire lire. Aujourd'hui, alors que l'association tourne avec douze personnes et six camionnettes, Vincent Safrat se verse enfin un salaire. Sans jamais avoir demandé la moindre subvention aux pouvoirs publics.

Source: Le Figaro

9 juin 2017

Le boom du livre audio aux USA se confirme

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Un nouveau rapport publié par l’Association des éditeurs de livres audio (Audio Publishers Association (APA)) a révélé que 2016 était une bonne année pour les livres audio.  Les résultats montrent une croissance à deux chiffres pour les ventes de livres audio et la production de titre. Les ventes totales ont augmenté de 18,2% par rapport à 2015, pour atteindre 2,1 milliards de dollars, tandis que les ventes unitaires ont encore été améliorées. Selon le rapport, les ventes unitaires ont augmenté de 33,9%, pour s’établir à 89,5 millions.Les ventes sont basées sur des rapports provenant d’environ 20 éditeurs de livres audio.

L’APA extrapole alors ces chiffres, afin d’obtenir une estimation pour l’ensemble du marché. La production de titres des éditeurs du panel était de 50 937 en 2016, soit une augmentation de 43,1% par rapport à 2015.

L’augmentation des ventes a été générée par les téléchargements numériques, qui représentaient 82,4% des ventes. En 2015, les téléchargements numériques représentaient 76,8% des ventes. Les ventes d’audio physique, quant à elles, ont diminué. L’année dernière, les ventes d’audio sur supports physiques comme les CD, représentaient 16,2% du total des ventes audio, en baisse par rapport à 21,8% en 2015.

Une étude réalisée par Edison Research a révélé que 24% des Américains ont écouté au moins un livre audio en 2016, soit une augmentation de 22% par rapport à 2015. D’autres résultats ont montré que près de la moitié des auditeurs audio ont moins de 35 ans et que les auditeurs de livres audio Lisent ou écoutent en moyenne 15 livres au cours de l’année passée. A noter que les smartphones ont augmenté en popularité en tant que périphérique de choix pour l’écoute de livres.

Source: Idboox

8 juin 2017

Forte croissance des ventes de livres numériques en Amérique Latine et en Espagne

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La croissance des ventes de livres numériques aurait été en 2016 de 110% en Amérique Latine et de 41% en Espagne, indique un rapport publié le 30 mai par le cabinet d'études espagnol DosDoce.com et la filiale espagnole de la plateforme de distribution de livres numériques allemande Bookwire. Intitulé "Rapport Bookwire sur l'évolution des livres électroniques en Amérique Latine et en Espagne", cette étude a été réalisée à l'occasion des 4e Rencontres internationales des distributeurs digitaux qui se tiendront le 8 juin à Madrid et qui regroupent une quinzaine de pays.

La croissance spectaculaire de 110% des ventes d'ebooks en Amérique Latine s'explique "par une forte augmentation de l'offre (...) et une présence de catalogues forts à destination des lecteurs des principaux marchés hispanophones (Mexique, Colombie et le marché hispanophone américain)", assurent les auteurs du rapport.

Quant à l'Espagne, cette hausse de 41% pourrait provenir du nombre croissant de livres numériques achetés à l'étranger. Sur la vente totale d'ebooks, 51% ont été achetés hors territoire espagnol dont 34% en Amérique Latine. Les ventes de livres numériques pourraient ainsi atteindre pour la première fois les "deux chiffres", soit 10% des ventes totales en 2016, fait valoir le rapport de DosDoce et Bookwire.es. "Ce chiffre inclurait les ventes de livres scolaires en format numérique ainsi que les ebooks autoédités ou éditées par les maisons généralistes", peut-on lire.

Les auteurs du rapport pointent également une légère diversification quant à la distribution malgré la place centrale d'Amazon, Kobo et Apple qui concentrent à elles seules 93% des ventes de livres numériques. "Les ventes dérivées des plateformes [qui fonctionnent] par abonnement, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne, en Espagne et au Mexique atteignent 5% des ventes totales", constatent les auteurs du rapport.

Source:  Livres Hebdo

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23 mai 2017

Le livre numérique en hausse en Russie

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En Russie, les coûts d’impression des livres papiers ont explosé depuis l’année dernière.  Résultat, les ventes de livres numériques augmentent fortement et vont continuer d’augmenter selon spécialistes. Selon les statistiques fournies par le ministère de la science et de l’éducation Russe, en 2016, la lecture journalière de livres imprimés équivalait à seulement 12 minutes par jour, soit 2,3% de la consommation totale de médias. C’est l’un des plus bas chiffres enregistrés dans l’histoire moderne de la Russie. Dans le même temps, le marché du livre numérique dans la même a augmenté de 60%, d’une année sur l’autre, à environ 2,7 milliards de roubles (42 millions de dollars). Selon les données de l’agence fédérale pour la presse et la communication, le volume du trafic Internet dédié aux livres et aux applications mobiles spécialisées dans la lecture, à Moscou, a augmenté de sept fois en 2016 et dépassé 135 téraoctets, ce qui équivaut au téléchargement de 2,5 millions de livres numériques. Autre chiffre, 28% des acheteurs de livres dans les librairies moscovites, se sont identifiés comme lecteurs d’ebooks. Les Ebooks restent le seul créneau en hausse pour le marché du livre russe. Actuellement, la part du numérique oscille entre 3 à 4 % en termes de valeur.

Dans le même temps, en volume, le segment double presque chaque année. Le segment est trusté par la plateforme litRes et par Bookmate qui ne vend que des abonnements. Selon les prédictions de Sergey Anuriev, directeur général de litRes, les ventes d’ebooks continueront de croître de 30 à 50% par année au cours des cinq prochaines années, sauf si le piratage augmente. Selon S. Anuriev, la croissance du livre numérique s’explique principalement par une numérisation continue de la fiction et de la science-fiction en Russie. Dans ce dernier cas, les ventes de science-fiction au format ebook dépassent déjà les ventes de livres imprimés. Selon les prédictions de l’Association russe des éditeurs sur Internet, le volume du marché du livre électronique en 2017 atteindra 4,3 milliards de roubles (75 millions de dollars US) et 6,4 milliards de roubles (113 millions de dollars) en 2018.

Source: Idboox

1 janvier 2016

Des livres au poids à la bibliothèque

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La bibliothèque de Saint-Jory (Haute -Garonne) propose, à partir de ce mercredi 6 janvier 2016 des livres en soldes (les  lundi et mercredi de 9 heures à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30 mais ais les mardi, jeudi et vendredi de 16 h 30 à 18 h 30). Certes, les soldes d'hiver sont le rendez-vous de tous les amateurs de bons plans et de produits moins chers, mais l'originalité de la bibliothèque de Saint-Jory est de proposer des livres à 2,50 € le kilo ! Dans tous les domaines, romans policiers, histoire, géographie, revues, romans terroirs, littérature, albums enfants, BD jeunesse, etc., il suffit de choisir, de faire peser et on repart avec des livres à faible coût. Les documents élagués de la bibliothèque sont vendus afin d'aider à répandre le goût de la lecture et à donner une deuxième vie aux livres. 

Source: La Dépêche de Midi 

11 novembre 2015

Une vente de livres pour le Téléthon

Vente livres Téléthon

Deux associations partenaires du réseau des bibliothèques de la communauté de communes de Vallet  (Loire Atlantique) organisent chacune une collecte et une vente de livres au profit du Téléthon. A Vallet, l’association Les Bénévoles d’Imagémo organise pour la 4e année consécutive une collecte et une vente de livres au profit du Téléthon. Romans, livres enfants, BD, documentaires en bon état seront collectés les dimanches 15 et 22 novembre de 10 h 30 à 12 h.

La vente se tiendra à la médiathèque de Vallet sur deux jours elle aussi : de 0,50 € à 5 € le livre samedi 5 décembre de 10 h à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h et dimanche 6 décembre de 10 h 30 à 12 h, pendant le week-end du Téléthon.

Source: L'hebdo de Sévre et Maine

18 septembre 2015

Une librairie physique dédiée à l’autoédition

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P.J. Boox va ouvrir ses portes à Fort Myer en Floride (USA) au mois d’octobre. Cette librairie physique est dédiée spécifiquement aux auteurs indépendants et aux petits éditeurs.  Créée par l’auteur Patti Brassard Jefferson, le concept est assez innovant puisqu’elle propose aux écrivains de louer des rayonnages de sa librairie pour exposer et vendre les livres publiés. L’espace loué coûte 60 dollars à payer tous les trois mois et ce loyer inclus, le marketing et la création d’évènements dans la librairie. Chaque étagère contient 10 livres qui sont réapprovisionnés en permanence dès qu’il y a une vente. L’auteur peut louer jusqu’à 4 étagères. L’auteur peut aussi, moyennant finances (25$), organiser ses propres évènements pour des signatures ou des lectures et privatiser la librairie.

Lorsqu’il y aura des ventes, les auteurs conserveront 98% des royalties pour les ventes en magasin et 80% pour les ventes effectuées via le site web de la librairie (ebook et livres imprimés) .

Source: Idboox

10 septembre 2015

Un notaire jugé pour avoir voulu vendre un manuscrit de Chateaubriand

Manuscrit Chateaubriand

Pascal Dufour, 58 ans, notaire à Paris doit comparaître ce jeudi matin devant le tribunal de Paris pour avoir cherché à vendre le seul manuscrit intégral connu des  Mémoires d'outre-tombe. Le parquet, qui a délivré une citation directe, voit dans cette démarche un abus de confiance au préjudice des descendants de l'écrivain dont le jeune Hugo disait, avant de pleinement se satisfaire de sa propre personne: «Je veux être Chateaubriand ou rien». En 1836, le vicomte a entamé la rédaction de ses fameux Mémoires, dont il semble pressentir qu'ils passeront à la postérité. À cours de fonds, il en cède pour 156.000 francs plus une rente viagère, les droits à une société qui n'a qu'un seul but: éditer l'ouvrage une fois achevé, c'est-à-dire après la mort de l'auteur. Les éditeurs, MM. Delloye et Sala, reçoivent une copie du manuscrit inachevé. Le châtelain de Combourg en garde une, qu'il enrichira jusqu'à son dernier soupir. Par sécurité, une troisième copie est déposée chez un notaire, Me Cahouet, dans une caisse forte - il faut trois clés pour ouvrir celle-ci, respectivement en possession de l'officier ministériel, de l'éditeur et de l'auteur. En 1847, une version très augmentée lui est substituée: 3 514 feuillets répartis en 42 portefeuilles. Fidèle à sa réputation de joyeux drille, Chateaubriand écrit: «Voici tous mes manuscrits compris généralement sous le nom de Mémoires. Ils commencent par ces mots (…) et finissent par ceux-ci: «Il ne me reste qu'à m'asseoir au bord de ma fosse après quoi je descendrai hardiment le crucifix à la main devant l'Éternité».

À la mort du grand homme, en 1848, son chef d'œuvre est publié, puis la société éditrice est dissoute, puisqu'elle n'a plus d'objet. Une seule des dernières volontés de l'écrivain, consignées dans son testament, n'a pas été respectée: les diverses versions des manuscrits n'ont pas été «brûlées sans être lues». Celle du notaire, que MM. Sala et Delloye ont consultée afin de s'assurer de quelques passages des Mémoires, n'est désormais plus protégée par la cassette aux trois serrures: elle reste à l'étude, ne suscitant longtemps l'intérêt de personne. Me Cahouet passe la main à son clerc, Jean Dufour. Son fils Napoléon lui succède. Puis son petit-fils Jean. Puis son arrière petit-fils Léon. Puis son arrière arrière petit-fils Pascal, celui-là même qui est convoqué au tribunal. Car ce dernier, en 2013, a voulu céder le manuscrit que son aïeul Napoléon avait pris soin de faire relier, et dont la valeur est estimée à un demi-million d'euros. Son existence, connue comme le loup blanc, attire à son étude chercheurs et thésards, ce qui donne bien du souci au notaire. Lequel se rapproche d'un commissaire-priseur ami, afin d'organiser une vente publique, et d'obtenir le permis d'exporter, le cas échéant, les feuillets noircis à la plume d'oie et annotés de la main de Chateaubriand. À aucun moment Me Dufour ne tente de vendre discrètement son trésor à quelque collectionneur fortuné. 

C'est là qu'intervient le parquet, mis au courant du projet immédiatement stoppé. Pascal Dufour a beau expliquer qu'il a plusieurs fois approché, en vain, la Bibliothèque nationale pour lui céder le manuscrit, qu'il est persuadé d'en être le légitime propriétaire, qu'il a prévenu, par politesse, de lointains descendants de l'auteur, rien n'y fait. Pour le ministère public, il y a un potentiel abus de confiance (délit passible de 3 ans de prison), le manuscrit est placé sous scellés, et l'on part à la recherche des ayants droit de l'écrivain, mort veuf et sans enfant. On en trouve, en la personne de Guy de La Tour du Pin Verclause, descendant du frère aîné de Chateaubriand, retenu par les services du procureur comme victime présumée de Me Dufour, mais qui ne porte pas plainte. L'histoire est farceuse: la propre épouse du notaire, née de Castelbajac et cousine des la Tour du Pin Verclause, est elle aussi une descendante du vicomte qui voulait explicitement que ses manuscrits fussent incinérés, et non qu'ils revinssent à quelque hérédité biologique. L'avocat de Pascal Dufour, Me Patrick Maisonneuve, estime que son client n'a commis aucun délit, pour la bonne raison que s'il existait un autre propriétaire du manuscrit, ce ne seraient ni l'État ni la famille de la Tour du Pin Verclause, mais la maison d'édition Sala et Delloye, dissoute au XIXe siècle. Les pages concernées seraient ainsi devenues, en jargon juridique, des res derelictae (choses abandonnées), certes ornées de l'écriture de Chateaubriand, mais res derelictae tout de même dont les Dufour fils, père, grand-père et arrière grand-père étaient libres de disposer comme bon leur semblait. «Ce que j'écris n'est pas à moi. Je suis une chose publique», professait Hugo, comme s'il voulait tenir d'outre-tombe la main de la justice, au moment où elle se penche sur le manuscrit de son modèle.

Source: Le Figaro

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