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2020
1 octobre 2021

Bilan contrasté pour l’édition espagnole en 2020 et 2021

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L'année 2020, l'année de la pandémie et des mois de confinement à domicile, de couvre-feux et de capacités réduites et de réunions limitées, a été paradoxale pour le secteur de l'édition en Espagne. D'une part, elle a perdu 26% de ses exportations, qui vont surtout vers l'Amérique latine, région durement touchée par la crise, passant de 530 millions à 391 millions de ventes à l'étranger en un an. Mais en revanche, les ventes de livres sur le marché espagnol ont progressé de 0,8%, atteignant 2 439 millions d'euros, malgré les mois de fermeture des librairies, qui constituent le principal canal de commercialisation. Et jusqu'à juin 2021, les ventes en Espagne ont connu une surprenante croissance de 15%, c'est la plus élevée depuis longtemps. Cela prouve qu'en plus de la réouverture des librairíes et l' augmentation de  2% des indices de la lecture, que lire est à la mode.

Ce sont les chiffres que le président de la Fédération des éditeurs d'Espagne, Patrici Tixis, a dévoilé aujourd'hui à Madrid lors de la présentation du salon Liber, la grande vitrine du secteur du livre espagnol, qui se tiendra du 13 au 15 octobre dans le Pavillons Ifema - l'année dernière il n'y avait qu'une édition en ligne - et dans lesquels, rappelons-le, un tiers des exportations annuelles sont joués, c'est donc, dit-il, "la grande opportunité dans le secteur de l'édition étrangère et ainsi consolider la reprise à l'intérieur " .

"En 2020 avec trois mois d'économies fermées et d'isolement absolu du commerce international, le commerce extérieur a chuté de 26%, nous avons beaucoup souffert, il faut essayer de reprendre ce pouls. C'est vrai que sur le marché intérieur les choses se sont très bien passées pour nous, mais l'exportation est essentielle pour maintenir le pouls de l'industrie de l'édition. » Et il remarque que l'édition virtuelle de 2020 leur a montré que la numérisation leur a donné la possibilité d'accéder à beaucoup plus de professionnels et cette année une partie importante du salon sera également numérique.

"Le rythme des exportations de ces premiers mois reprend le pouls des mêmes mois de l'année 2019, nous pouvons probablement clôturer 2021 conformément à cet exercice", a déclaré avec optimisme le président de la Fédération des corporations d'éditeurs, qui voit encore quelques nuages. dans la hausse des coûts des transports de fret, qui ont crû de 33 % et qui, admet-il, « risquent de retarder un peu cette reprise ».

C'est pourquoi n'oubliez pas qu'ils travaillent avec l'ICEX, l'organisme gouvernemental de promotion des exportations, pour explorer de nouveaux marchés et participeront à la Foire de Sharjah, aux Émirats arabes unis, la plus grande foire du livre pour enfants et adolescents en Asie, et explorent « La Marché indien et marchés asiatiques pertinents". "18% de nos exportations se font déjà en dehors de l'Union européenne et de l'Amérique latine, vendant des droits sur ce que nous faisons. Il y a une créativité très importante dans l'industrie de l'édition espagnole, les éditeurs et les auteurs ont un très haut niveau de compétitivité qu'il doit permettre à l'export de s'étendre », a conclu Tixis.

Source : La Vanguardia

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28 août 2021

Chute de 5% des ventes de livres en juin

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Selon les données de Livres Hebdo/Xerfi/I+, le marché du livre se contracte de 5 % en juin par rapport à juin 2020, qui avait enregistré une dynamique exceptionnelle (+22%), avec la réouverture des librairies fermées durant le premier confinement. Mais, par rapport aux six premiers mois de 2019, le cumul exercice s’établit au-delà de +5 %, et par rapport aux six premiers mois de 2020, le bond est de 23,4%.

Sur douze mois, la tendance annuelle continue d’afficher une augmentation vigoureuse pour l’ensemble du marché : +11,1%. Entre juin 2020 et juin 2021, tous les circuits de distribution sont en régression, seules les grandes surfaces culturelles tendent vers une certaine stagnation (-1 %). Les librairies voient leurs ventes reculer à un an d’intervalle de -8 % pour le 1er niveau et -5% pour le 2nd niveau. Rapportée aux résultats d’avant crise, l’activité des librairies reste sur une belle dynamique sur l’ensemble du premier semestre 2021 : +8,2 % pour le 1er niveau et +19,7 % pour le 2nd niveau comparé à 2019.

Les hypermarchés sont à un an d’intervalle à -13 %, mais le rythme d’évolution demeure à la hausse pour le cumul exercice 2021 comparé au cumul exercice 2019 (+1 %).  Si les librairies de 1er niveau connaissent une baisse de leur activité de -8 % en juin par rapport à juin 2020 où elles étaient à +37 % après le premier confinement, la tendance annuelle s'établit à +19,9 %. Même courbe du côté des librairies de 2nd niveau en juin: les ventes en euros courants baissent de 5 % à un an d'intervalle mais la tendance annuelle atteint +26,4 %.  Les grandes surfaces culturelles enregistrent une diminution de 1 % de leur activité en juin par rapport à juin 2020. La tendance annuelle s'établit à +8 %. 

Pour ce deuxièmre trimestre, les ventes enregistrent une forte croissance de 27% en euros courants et de 26% en volume, par rapport à la même époque l’an dernier. Les librairies de 1er niveau et celles de 2e niveau enregistrent une hausse de leur activité respectivement de + 37,1 % et + 46,1 %. Le rayon livres des grandes surfaces culturelles progresse dans de moindres proportions + 25,5 % tout comme celui des hypermarchés + 3,4 %.

Source: Livres Hebdo

24 août 2021

Progression des ventes de livres en Europe et au Brésil au premier semestre 2021

canvasLes marchés internationaux du livre ont fait de la résistance en 2021. Les ventes de livres ont significativement progressé dans plusieurs pays européens au premier semestre, selon une étude de l’institut GfK. Le cabinet s’est penché sur la conjoncture dans sept marchés de l’espace Schengen et sur la situation au Brésil.

Dans la plupart des pays étudiés, les revenus du secteur du livre sur les six premiers mois de l’année ont augmenté d’au moins 10% par rapport à l’an dernier, notamment en Italie (+36,8%), au Belgique (+33,8%), en France (+43,3%), en Espagne (+38,3%), et au Brésil (+33,44%). Parmi les autres marchés, la Suisse affiche une hausse de 11,1 %, tandis que les ventes au Portugal progressent de 18,9%. Selon GFK,  en Allemagne, la croissance est moins forte par rapport au premier semestre 2020 (+4,1%), et en baisse de 4,9% par rapport à 2019. Aux Pays-Bas la hausse des ventes n'est que de 4,3% par rapport à l'an dernier. Ce résultat s'explique par une situation particulière, où de nombreux magasins ont été contraints de fermer temporairement.

L'auteure irlandaise Lucinda Riley a été la star incontournable de l'été avec le 7e tome de sa saga phénomène Les Sept Soeurs, La Soeur disparue (Charleston), tirant les marchés vers le haut : première en Flandre Belge, Suisse et aux Pays-Bas. Clarissa Pinkola Estés, Alessandro Sallusti, Luca Palamara, Maria Dueñas, Guillaume Musso, Hervé le Tellier, Klaus-Peter Wolf et José Luís Peixoto ont dominé les classements des meilleures ventes dans les huit pays.

Source: Livres Hebdo

12 août 2021

Bilan des ventes de livres au Québec en 2020

em_de_kim_thuy___paulines_0Tout au long de l'année 2020, secouée par la pandémie de Covid-19, les Québécois se sont plongés dans la lecture. Au programme, selon la 9e édition du Bilan annuel Gaspard établi par la Société de gestion de la Banque de titres de langue française (BTLF) : beaucoup de romans, de livres pratiques proposant jardinage, cuisine et travaux de rénovation, mais aussi des livres jeunesse (qui représentent près d’une vente sur trois), des ouvrages parascolaires, bien utiles aux enfants lors du confinement, et des livres ésotériques, valeurs refuges en ces temps incertains. Tant et si bien que, malgré une activité à l’arrêt pendant plusieurs mois et la chute brutale des ventes aux collectivités, les librairies du panel, soit 264 points de vente représentant plus de la moitié du marché total, ont conclu l'année en beauté avec une hausse de la valeur des ventes de +2,5% (contre +0,4% en 2019) alors que l’ensemble du commerce de détail québécois accuse une baisse de -0,4 %. Les librairies indépendantes réalisent une performance encore plus surprenante en terminant l’exercice 2020 à +5,2%, précise le Bilan Gaspard. 

Dans le détail, l'année avait commencé sur les chapeaux de roue (+7,3% sur la valeur des ventes à fin février), avant d'être stoppée dans son élan entre mars et mai (-41%) puis de repartir à la hausse à compter de juin, sauvée par la jeunesse (+21%) et la littérature (+35%). Preuve de cet engouement estival, les ventes de livres ont bondi de près de 600% le 12 août 2020 par rapport à une journée "classique", à l'occasion de l'opération annuelle "Le 12 août, J'achète un livre québécois".

Pour traverser cette année compliquée, les Québécois se sont donc tournés massivement vers les romans, la littérature enregistrant une hausse spectaculaire des ventes de +14,5% au-dessus des seuils de 2019. "Du jamais vu depuis que Gaspard a commencé à monitorer le marché en 2012", soulignent les auteurs du bilan. Le Top 100 des ventes 2020 au Québec compte d'ailleurs 31 titres de littérature, parmi lesquels figure, au 4e rang, le best-seller Em de Kim Thuy (Libre Expression). Trois romans de Guillaume Musso et quatre titres de la romancière québécoise Louise Tremblay-d’Essiambre s'y distinguent également. 'autres marchés, de plus petite taille que celui du roman, ont connu une envolée remarquable de leurs ventes en 2020 : +21,2% pour le parascolaire, particulièrement prisé au printemps lors de la fermeture des établissements, + 21,7% pour l'ésotérisme qui affiche la plus forte progression des 22 catégories par rapport à l'année précédente. Cela représente près de 35 000 exemplaires écoulés, avec un Top 5 des ventes tourné vers l'astrologie, les cristaux, les oracles et le tarot.  Avec des ventes en hausse de respectivement +6,2% et +9,5% en valeur, la bande-dessinée et le pratique ont contribué au redressement des ventes en librairie à partir de l'été. Vingt-six ouvrages pratiques (contre 23 en 2019) se sont d'ailleurs inscrits dans le Top 100 annuel, dont plus de la moitié sont des livres de cuisine signés par des stars québécoises des fourneaux (ou de la nutrition) telles que Ricardo, Madame Labriski, Geneviève O'Gleman ou encore Cassandra Loignon. Invités à rester chez eux, les Québécois se sont aussi mis au jardinage (+34,6%) et à la rénovation domiciliaire (+22,9%).

D'autres catégories plongent dans le rouge à l'image des beaux-arts (valeur des ventes annuelles en baisse de -10,8%), de l'éducation (-38,5%), de l'informatique (-16,4%) ou encore des livres de géographie et de tourisme (-51,8%). Dans la colonne des "moins" figure par ailleurs la production de nouveautés mises en marché en 2020, en repli de 15,3 % comparé à 2019. "La perte involontaire de ces 5 151 nouveaux entrants dans l’écosystème aurait dû logiquement entraîner un manque à gagner du côté des recettes de l’industrie, mais il n’en fut rien, puisque les ventes de la cohorte de 2020 ont dépassé par plus de 600K$ celles de 2019", rapportent les auteurs du Bilan Gaspard.

Ainsi, les éditeurs québécois tirent leur épingle du jeu en 2020, avec des ventes en hausse de +4,6% en librairie (+1,2 % en volume), après un résultat de +2,8 % en 2019. Un engouement pour la production locale, encouragé par le gouvernement et par les acteurs de la chaîne du livre, qui se répercute sur le Top 200 des meilleures ventes de l'année où apparaissent 41 titres de littérature québécoise contre 29 l'année précédente.   La production étrangère, elle, fait du surplace en valeur par rapport à 2019, année où les ventes des éditeurs étrangers avaient reculé de -2,0 % par rapport à 2018, et se contracte en volume pour une deuxième année consécutive (-3,8%). Les éditeurs québécois semblent bel et bien consolider leur place dans les librairies de la province face aux éditeurs étrangers dont la part de marché est passée de 52,4% en 2017 à 47,4% en 2020. 

Et pour 2021 ? Les professionnels se veulent optimistes, encouragés notamment par la reprise des ventes aux collectivités avec la réouverture des écoles et des bibliothèques publiques.

Source: Livres Hebdo

 

11 août 2021

Forte hausse des bénéfices chez HarperCollins

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HarperCollins a enregistré un bénéfice record et 19% de croissance du chiffre d'affaires de l'exercice 2021, selon la société mère résultats annuels Nouvelles Corp . L'éditeur a déclaré des revenus de 1,98 milliard de dollars américains (2,7 milliards de dollars australiens) au cours de l'année se terminant le 30 juin, en hausse de 319 millions de dollars américains par rapport à l'année précédente. Les acquisitions d'un éditeur européen et du segment Livres et médias de Houghton Mifflin Harcourt (HMH) ont contribué respectivement 32 millions de dollars américains  et 23 millions de dollars américains à la croissance des revenus. Les ventes numériques, qui représentent 22 % des revenus grand public, sont en hausse de 16 %.

L'EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) a augmenté de 42 % à 303 millions de dollars américains, principalement en raison de la hausse des revenus, et partiellement compensée par des coûts de personnel plus élevés et les coûts associés à l'acquisition de HMH.

Localement, Jim Demetriou, PDG de HarperCollins ANZ, a déclaré à Books+Publishing : "HarperCollins ANZ a connu une année exceptionnelle en ligne avec l'activité mondiale et a été couronnée par le prix ABIA Book of the Year with Phosphorescence by Julia Baird".

À l'international, « la croissance du chiffre d'affaires est principalement due à de fortes ventes en backlist, notamment la série de titres « Bridgerton » de Julia Quinn, The Guest List de Lucy Foley et The Boy, the Mole, the Fox and the Horse de Charlie Mackesy, et le succès de nouveaux titres tels que The Order de Daniel Silva et Code Name Bananas de David Walliams », a déclaré News Corp.

Source: Books and Publishing

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21 juillet 2021

Hausse des ventes de livres en catalan en 2020

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L'une des rares nouvelles positives de la pandémie de Covid-19 a été une augmentation surprenante de la lecture et de l'achat de livres. "Un cadeau inattendu qui, pour le moment, reste", déclare le président du Grup 62, Josep Ramoneda, pour qui, selon les chiffres qu'il envisage, les ventes de livres en catalan dans tout le secteur au cours du premier semestre de cette année ont augmenté de  "4% par rapport à celui de la même période de 2019".

"C'est une surprise que la pandémie nous ait apportée", insiste le patron de la filiale Grupo Planeta qui regroupe les publications en catalan, qui fixe l'augmentation (dans son cas, pour la même période, de près de 9%) du bonne tenue de la fiction (avec une augmentation de 8,3 %) et de la littérature jeunesse et jeunesse (5 %), par rapport à une baisse des essais, selon lui motivée car « l' essor des livres sur le Procé s'est affaibli ces derniers temps ”.

"Nous sommes à nouveau tombés amoureux des livres et cela a commencé à être détecté il y a tout juste un an et immédiatement après, avec un premier signal définitif dans les ventes du Setmana del Llibre en Català», déclare pour sa part Emili Rosales, directeur de la rédaction de Grup 62. La première des dates coïncide avec l'accueil surprenant qu'a eu le populaire Sant Jordi de verano, le 23 juillet 2020, qui a conduit à la répétition d'un semblable initiative, bien que sans grand impact populaire, le 15 juillet. La Setmana de Llibre Català, malgré son nouvel emplacement dans le Moll de la Fusta contraint de quitter l'avenue de la cathédrale de Barcelone en raison de mesures sanitaires, a surpris avec 25 000 visiteurs et 325 000 euros de ventes. Le chiffre d'affaires à la fois de la campagne de Noël et de celui du 23 avril aurait entériné la tendance.

Le comportement a été si bon que jusqu'à la même année zéro , le plus dur, avec les librairies fermées et sans la célébration de Sant Jordi, il a été réglé avec des résultats positifs. "2020 a été sauvé, malgré tout", admet Rosales, sans toutefois préciser de chiffres. Le livre en catalan a perdu 25 % de ses ventes au milieu de cette année-là . "Dans notre cas, nous avons commencé par réduire les titres de programmes, mais dans la dernière partie de l'année, nous les avions presque tous récupérés." Dans le Grup 62, cela signifie l'édition d'« environ 150 titres par an », ce qui équivaut à « près de 400 » si l'on ajoute ceux des enfants et des jeunes.

Dans ce contexte, Ramoneda assure qu'« un titre sur trois qui se vend aujourd'hui en catalan appartient au Grup 62 ». Et tout cela, à une époque de certains mouvements dans le secteur de l'édition catalan, qui a vu il y a tout juste deux mois Penguin Random House Grupo Editorial acquérir La Magrana, Molino et Serres de RBA (après avoir fait de même avec La Campana en 2019) et Grup Enciclopèdia, Éditorial de Vienne. « Il est encore prématuré de juger ces mouvements ; nous verrons où ils vont… En tout cas, il est important qu'ensemble nous fassions grandir le marché des livres en catalan », fossé Ramoneda.

 Cette année, on a observés des succès inattendu comme  la version catalane contemporaine du classique Tirant lo Blanc , de Màrius Serra (12 000 exemplaires), l'essai politique El fill de xofer , de Jordi Amat (25 000) , ou encore L'infinit en un jonc d' Irene Vallejo (10 000). Entre douleur et espoir , le discours-confession de Jordi Pujol avec Vicenç Villatoro s'est vendu  environ à 5 000 exemplaires, tandis que Xavier Bosch, avec son roman La dona de la seva vida, reste dans la lignée de son inatteignable ligne de best-seller., avec plus de 36 000 unités uniquement en catalan.

Source: El Pais

15 juillet 2021

Tentative de kidnapping d’une autrice par l’Iran

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Les procureurs fédéraux ont inculpé quatre agents des services de renseignement iraniens pour complot visant à kidnapper un auteur et militant des droits humains de Brooklyn. Les quatre – Alireza Shavaroghi Farahani, Mahmoud Khazein, Kiya Sadeghi et Omid Noori, tous vivant en Iran – sont accusés d'avoir comploté pour kidnapper un journaliste, auteur et militant des droits humains de Brooklyn qui a critiqué le régime iranien.

L'auteur n'a pas été nommé dans les documents judiciaires, mais Masih Alinejad a déclaré à NBC News qu'elle était la cible. Un responsable de l'application des lois connaissant bien l'affaire a également identifié l'auteur comme étant Alinejad.

"Je suis visé depuis plusieurs années mais c'est la première fois qu'un complot aussi audacieux est ourdi et déjoué", a déclaré Alinejad par e-mail mardi soir.

Les procureurs ont déclaré que le gouvernement iranien avait ordonné à ses partisans d'enlever l'auteur pour la ramener en Iran. Farahani est un responsable du renseignement iranien qui vit en Iran, et Khazein, Sadeghi et Noori sont des agents du renseignement iranien qui travaillent pour lui, a déclaré le ministère de la Justice. Les documents d'accusation indiquent que les hommes ont engagé des enquêteurs privés, en déformant qui ils étaient et ce qu'ils voulaient, pour surveiller l'auteur à Brooklyn en 2020 et 2021. 

L'identité de leur victime n'est pas précisée dans le document du ministère de la Justice, mais elle s'est elle-même fait connaitre : il s'agit de Masih Alinejad, née en Iran en 1976 et en exil aux États-Unis après plusieurs menaces envers sa liberté.

Journaliste, Alinejad a aussi publié un livre, The Wind in My Hair : My Fight for Freedom in Modern Iran (Le Vent dans mes cheveux : mon combat pour la liberté dans l'Iran moderne), paru en 2018. Elle y revient notamment sur un mouvement social, lancé après qu'elle a posté un autoportrait sans son voile islamique.

« J'ai été prise pour cible à de nombreuses reprises, ces dernières années, mais c'est la première fois qu'un plan audacieux comme celui-ci est stoppé par les autorités », a commenté Alinejad auprès de NBC News. Le gouvernement américain assure que l'autrice était sous surveillance, à Brooklyn, son lieu de résidence, et que les agents avaient prévu de la transporter en bateau au Venezuela, « un pays qui entretient de bonnes relations avec l'Iran ».

Saeed Khatibzadeh, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a affirmé que les accusations des États-Unis étaient « infondées et ridicules », a rapporté l'agence iranienne ISNA. « Inventer pareille histoire n'est pas anodin de la part des États-Unis. Puisque l'histoire de ce pays est riche d'assassinats, d'enlèvements et de sabotages dans d'autres pays », a-t-il poursuivi.

13 juillet 2021

Marché du livre en croissance au premier semestre 2021 en Italie

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Selon les données présentées par l’Association des éditeurs italiens (AIE) , 15 millions d’exemplaires ont été vendus en librairie entre le 4 janvier et le 20 juin, soit une hausse de 44 % par rapport à 2020. Ces ventes ont généré un chiffre d’affaires de 698 millions d’euros (+42 %). Mieux encore : ces résultats sont en augmentation par rapport à 2019 (+31 % de ventes en volume et +28 % en valeur).

"Le marché du livre ressemble à une vague qui, en s’élevant, entraîne tous les bateaux avec elle, analyse le président de l’AIE, Ricardo Franco Levi, dans un communiqué. Mais ces résultats ne sont pas aléatoires. Ils sont le fruit des effort des éditeurs et de tous les acteurs de la chaîne, qui ont continué à investir et innover même pendant les mois les plus difficiles de la pandémie, mais aussi des décisions du gouvernement et du Parlement qui ont préservé le secteur, principalement en autorisant la réouverture des librairies pendant les confinements et donc en lançant des mesures de soutien au livre."Les librairies physiques, qu’elles soient indépendantes ou qu’elles appartiennent à une chaîne, bénéficient de cette embellie. Elles enregistrent un chiffre d’affaires total de 332,9 millions d’euros, en croissance par rapport à 2020 et 2019. Les ventes en ligne ont explosé, pour s’établir à 327,9 millions d’euros contre 184,6 millions en 2019. Elles représentent désormais 47 % du total des ventes. Ce marché numérique "ne détourne pas les ventes des autres canaux d’achat mais permet au marché de faire un bond en avant", assure l’AIE dans son communiqué. En revanche, la situation est plus difficile pour les grandes surfaces culturelles.

Si tous les segments semblent être en croissance, quelques-uns se portent particulièrement bien. C’est notamment le cas du pratique et des jeux (+302 %), des bandes dessinées (+214 %), des ouvrages sur la politique contemporaine (+ 99 %), de la littérature – avec un intérêt particulier pour Dante – (+94 %) et des biographies et autobiographies (+85 %). Cette hausse du marché ne bénéficie pas seulement aux best-sellers mais à l’ensemble des ouvrages, selon l’AIE, qui dresse par ailleurs la liste des dix meilleures ventes du semestre. Dans ce classement figurent, à la 4e place, la traduction italienne de Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin (Albin Michel, 2018), ou encore Une terre promise de Barack Obama (Fayard, 2020) et le septième volume de la série Les sept sœurs de Lucinda Riley (Charleston), respectivement aux 9e et 10e rangs.

6 juillet 2021

Le livre dans les régions françaises en 2020 et 2021

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"Moral en baisse, remise en question de certaines pratiques professionnelles, recours plus ou moins bien vécu au numérique pour que vive la littérature malgré tout" : voilà comment la Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) résume le deuxième volet de son rapport sur le monde du livre face à la pandémie. Cette nouvelle compilation d’enquêtes menées en 2021 auprès de 80 acteurs et actrices du livre dans neuf régions françaises est baptisée "Faire, défaire, tenir".

Dans la lignée de 2020, la première moitié de l’année 2021 a été éprouvante pour les acteurs du monde du livre en région. Pour les auteurs, la forte baisse des droits d’auteurs et des à-valoir se poursuit. Certains constatent une chute de 70% de leurs revenus annuels. "J’ai reçu une avance sur droits d’autres en janvier pour mon nouveau livre, mais sinon, j’ai zéro revenu car il n’a pas d’invitations, pas de salons", explique une actrice et traductrice de la région Grand-Est. Des auteurs déplorent également le problème des embouteillages de manuscrits chez les éditeurs et des reports de publications.

Du côté des maisons d’édition, "après le grand élan de solidarité interprofessionnelle lors du premier confinement, la loi du plus fort a repris ses droits au moment du déconfinement de mai 2020. Les petites structures éditoriales, écrasées par la puissance de feu des grandes maisons et de leurs diffuseurs, devenues invisibles en librairie, n’ont pas vraiment bénéficié de la frénésie d’achats de livres au printemps 2020 et au moment des fêtes de fin d’année", résume le rapport de la Fill. Les écarts se creusent donc entre les grandes maisons en surchauffe d’activité et les petits éditeurs qui jouent leur survie. Par exemple, les éditeurs de Normandie déclarent en moyenne une baisse de chiffre d’affaires de 40%.

Un point positif du rapport : les librairies. Après la mobilisation nationale pour leur réouverture et le débat sur leur caractère essentiel ou non, elles ont bénéficié d’une visibilité inattendue, et les bilans des libraires en région sont souvent excellents. "Un bon bilan, une fin d’année de dingue et une clôture à fin mars 2021 à +20%", se réjouit une libraire de Bourgogne-Franche-Comté. "C’est l’année du siècle et la première fois qu’on peut se partager des dividendes. La trésorerie est florissante. Depuis le début de l’année, tous les mois sont en positif", lance même une libraire jeunesse de la région Paca.
La suite du nouveau rapport de la Fill s’intéresse à la réinvention des manifestations littéraires, aux adaptations des bibliothèques à la situation sanitaire mouvante, aux "invisibles de la crise", ainsi qu’à la solidarité interprofessionnelle.
« En 2020, le nombre de prêts a baissé de 41 % en section adulte, de 34 % en section jeunesse et de 50 % en section discothèque/vidéothèque. De janvier à avril 2021, nous avons observé une baisse de 30 % des prêts en section adulte, une hausse (!) des prêts de 14 % en jeunesse et une baisse de 35 % des prêts en discothèque/vidéothèque », constate cette bibliothécaire de Bourgogne-Franche-Comté. Ce coup d’arrêt inquiète les équipes des bibliothèques, la pression des tutelles
pouvant être forte aujourd’hui et les taux de fréquentation et de prêts scrutés à la loupe. Il va falloir accepter la perte d’une dynamique qui était positive depuis 10 ans (hausse de la fréquentation du public, du nombre de prêts…), regrette cette bibliothécaire de Bourgogne-Franche-Comté. Ce coup de frein brutal est d’autant plus difficile que nous sommes dans une logique de résultats. Il faudra peut-être changer de paradigme et travailler autrement. »

La formation est un enjeu majeur pour le développement des bibliothèques, afin de suivre l’évolution et les attentes du public. Pendant la crise sanitaire, les médiathèques départementales ont vu cette mission bouleversée, le format « formation à distance » s’imposant à toutes et tous. Après quelques tâtonnements au départ, la mise à niveau des ressources informatiques et la nécessité de se former à cette forme particulière de pédagogie, un premier bilan dressé dans deux médiathèques départementales d’Occitanie ouvre de nouvelles perspectives pour leur offre de formation, avec un changement de posture du formateur ou de la formatrice permettant de « faire vivre les biens communs du savoir ». Voici les propos d'Isabelle Sentis et Delphine Girard, responsables de la formation dans les médiathèques départementales de l’Hérault et de l’Aveyron,

« La première fois que j’ai parlé de formation à distance, on m’a dit “mais, ça ne marchera pas… les bibliothécaires du réseau n’ont pas la culture du numérique ici, ils ne savent déjà pas se servir d’Internet, et puis, et puis…” et en réalité, quand on a proposé les premières formations, il y avait du monde, et peut-être pas forcément ceux qu’on croyait… Malgré un contexte général défavorable en 2020, nous avons organisé 44 jours de formation (506 participations). Et pour 2021, entre janvier et avril, 11 jours de formation, exclusivement en distanciel (143 participations). Il est important de pouvoir se former en équipe sur ces questions-là. Ça demande du temps. On a fait une demande de formation de formateurs à distance qui débutera avant l’été et se terminera en septembre. »

L’enquête complète est à retrouver à cette adresse.
24 juin 2021

Bilan du marché du livre en France en 2020

Evolution CA edition France 1

Face à la pandémie mondiale et aux fermetures de librairies, le livre a fait plus que résister. A l’occasion de son Assemblée générale tenue le 24 juin, le Syndicat national de l’édition (SNE) a dévoilé les chiffres de l’édition française en 2020, regroupés dans son rapport annuel. Le chiffre d’affaires total des éditeurs s’élève ainsi à 2,740 milliards d’euros sur l’année, accusant un recul de seulement 2,3% par rapport à 2019.

« Marquée par une crise sanitaire, sociale et économique inédite, l’année 2020 témoigne d’une capacité de résilience exceptionnelle du livre en France », commente le SNE dans un communiqué de presse. « Cette baisse, qui apparaît d’autant plus contenue au regard de la fermeture des points de vente physique lors des périodes de confinement, est marquée par de fortes disparités entre les segments éditoriaux », y est-il aussi précisé.

Certains secteurs connaissent en effet de fortes progressions de leurs chiffres d’affaires : la BD (+6%), les mangas (+29%), le parascolaire (+7%) ou la jeunesse (+1%). A l’inverse, le secteur de l’art et des beaux livres, ou encore celui du tourisme connaissent logiquement de fortes baisses de chiffre d’affaires, respectivement de 36 et de 59%. Les ouvrages de documentation chutent de leur côté de 53%, mais ne représentent en volume que 0,03% du marché. Le premier segment éditorial en valeur avec 22,4% de parts de marché, la littérature générale, connaît elle une augmentation de chiffre d’affaires de 2,4%. Le SNE note aussi une hétérogénéité des tendances parfois au sein même des segments éditoriaux. Par exemple, le segment du livre pratique a connu une baisse générale de 7,2%. Mais, en son sein, les livres de santé sont en hausse de 7,5% et les livres de cuisine sont en progression de 15,8% tous comme les livres de jardinage  en hausse de 10% (pour en savoir plus lisez l'article suivant en cliquant ici).   

« Les chiffres de l’édition 2020 sont le reflet de la vie et des préoccupations des Français pendant cette période de crise sanitaire : besoin de lire pour apprendre, comprendre, assurer l’école à la maison, se divertir, cuisiner… », analyse Vincent Montagne, président du SNE. « La fermeture des librairies pendant trois mois et demi aurait pu être un désastre pour notre secteur, mais le rebond exceptionnel de l’été et de la fin de l’année 2020 a témoigné du soutien sans faille des Français au livre et aux librairies. Elle a permis à chacun et de réaliser que le livre et la lecture sont des biens essentiels et constituent des enjeux de société. Nous tous, auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, lecteurs… nous ne pouvons que nous réjouir de la décision du Président de faire de la lecture une grande cause nationale en 2021 », ajoute-t-il.

Autre enseignement du rapport annuel du SNE : le marché de l’édition numérique, tous supports et toutes catégories éditoriales confondus, a progressé de 13,5% par rapport à 2019, générant  236,6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Côté international, l’activité des maisons d’éditions françaises dans le monde s’est contractée en 2020, en baisse de 3,5% à périmètre constant par rapport à 2019. 14021 titres ont vu leurs droits de traduction cédés à l’étranger en 2020.

Notons enfin les répercussions de la crise sanitaire sur la production des maisons d’édition françaises. Le nombre de titres total publiés en 2020 s’élève à 97326 titres, soit une baisse de 9,1%. Plus particulièrement, le nombre de nouveautés publiées a baissé de 15% par rapport à 2019.

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