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censure
8 avril 2025

70% de la censure de livres aux Etats-Unis provoquée par des élus

Les interdictions se sont multipliées ces dernières années et plusieurs États, du Texas à la Floride en passant par l'Iowa et l'Utah, ont adopté des lois limitant les acquisitions des bibliothèques scolaires.

Dans son nouveau rapport sur l'état des bibliothèques américaines publié lundi, L'ALA a recensé 821 tentatives de censure de livres dans les bibliothèques, les écoles et les universités en 2024. Il s'agit d'une baisse par rapport à l'année précédente, où l'association en avait signalé 1247. La majorité des contestations (70%) proviennent de campagnes organisées ou d'élus alors que seulement 16 % émanent d'un parent, a indiqué l'ALA.

Les livres les plus critiqués, notamment «Genre Queer» de Maia Kobabe et «L'Oeil le plus bleu» de la regrettée Toni Morrison, sont disponibles sur des sites web tels que www.ratedbooks.org et dans des listes compilées par le groupe Moms for Liberty et d'autres militants conservateurs.

«Nous pouvons retracer bon nombre de ces contestations grâce aux listes de livres distribuées par Moms for Liberty et d'autres groupes», a expliqué Deborah Caldwell-Stone, directrice du Bureau pour la liberté intellectuelle de l'ALA.

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17 novembre 2024

700 livres censurés par les écoles de Floride

Le ministère de l’Éducation de Floride a publié une liste de plus de 700 livres « retirés ou abandonnés » des écoles en 2023 et 2024. Les écoles sont désormais tenues de signaler si elles retirent un livre de leur bibliothèque, et le ministère de l’Éducation est tenu de rendre publique cette liste de livres interdits . C'est presque le double du nombre de livres qui ont été retirés l'année précédente, et sur 70 districts scolaires en Floride, 33 avaient des livres interdits.

PEN America, une organisation à but non lucratif qui « sensibilise à la protection de la liberté d'expression », a constaté qu'il y avait un peu plus de 10 000 cas de livres interdits ou retirés sur l'ensemble du territoire américain.  L'organisation a constaté que le plus grand nombre d'interdictions de livres au cours des années scolaires 2023 et 2024 a eu lieu en Floride, avec 4 500 cas, et dans l'Iowa, avec 3 600 cas. PEN rapporte que ces interdictions ont coûté aux districts scolaires  entre 34 000 et 135 000 dollars par an.
Certains des livres de la liste incluent des classiques américains, comme Normal People de Sally Rooney, Beloved  de Toni Morrison , La Couleur pourpre d'Alice Walker  et Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley.  Les livres de Stephen King et de Margaret Atwood ont également été supprimés. Naturellement, les histoires queer et les auteurs LGBTQIA+ ont été touchés de manière disproportionnée. Les titres LGBTQIA+ tels que Juliet Takes a Breath, All Boys Aren't Blue , Beyond Magenta et Wicked de Gregory Maguire ont tous été retirés des écoles. Le rapport « Banned in the USA: Beyond the Shelves » de PEN America indique que sur les 1 091 livres les plus couramment interdits, 39 % contenaient des personnages, des thèmes ou des intrigues LGBTQIA+.

Un projet de loi de Floride rend obligatoire le signalement des livres interdits dans toutes les écoles
Cette décision fait suite à l'adoption du projet de loi 1069 en juillet, qui oblige les districts scolaires à disposer d'un système de signalement, afin que les parents puissent s'opposer à tout ce qu'ils jugent inapproprié pour leurs enfants.

Le ministère de l'Éducation de Floride est ensuite tenu de signaler les documents contestés, ainsi que les raisons spécifiques de l'objection.

Cependant, selon l’organisation dirigée par des parents, Florida Freedom Project, ces informations sont incohérentes. L’organisation affirme que de nombreux districts ajoutent un livre supprimé à la liste publique, le marquent comme « en attente d’un examen interne », mais n’ajoutent ensuite pas le titre à la liste annuelle. Le groupe affirme que des milliers de suppressions et de restrictions ne sont pas signalées.

« Ce rapport, bien qu'il sous-estime largement son impact, indique que le projet de loi HB 1069 a conduit à une augmentation spectaculaire de la censure scolaire, la plupart des cas signalés étant défendus par des groupes d'intérêt conservateurs, et non par des parents individuels », a déclaré le Florida Freedom to Read Project dans un communiqué.

« La censure a lieu ici même en Floride… Des lois comme la HB 1069 donnent du pouvoir aux voix les plus fortes de l’État, et non à la plupart des parents ou des professionnels de l’éducation. »

500 plaintes concernant des livres provenaient d'une seule personne
Le Florida Freedom Project affirme également que 500 plaintes et les retraits ultérieurs de livres des bibliothèques des écoles primaires, secondaires et lycées de Floride ont été déposés par une seule personne.

« Les listes de districts les plus importantes se trouvent à Clay et Indian River. Une seule personne a pris l'initiative de ces destitutions dans chaque district », peut-on lire dans le communiqué de l'organisation.

« Qu'est-ce qui a été perdu ? The Storyteller, un roman qui traite du traumatisme générationnel de l'Holocauste, de Jodi Picoult, a été retiré de tous les « Library Media » d'Indian River en raison du fait que « le matériel décrit ou décrit une conduite sexuelle… ».

« Dans Clay, plus de 70 titres de Stephen King, y compris ses mémoires, On Writing, figuraient parmi la liste des 570 titres soumis par leur seul opposant. »

Le ministère de l'Éducation affirme que « des militants d'extrême gauche font pression sur les Floridiens pour qu'ils s'intéressent à l'interdiction des livres »
Un porte-parole du ministère de l'Éducation de Floride a déclaré dans un communiqué à l'Associated Press qu'aucun livre n'était interdit dans l'État et a défendu la volonté de supprimer les « documents sexuellement explicites » des écoles.

« Une fois de plus, les militants d’extrême gauche font pression sur les Floridiens pour qu’ils interdisent l’accès à des livres. La question qui se pose est plutôt : pourquoi ces militants continuent-ils à se battre pour exposer les enfants à des contenus sexuellement explicites ? »

Source : Star Observer

3 novembre 2024

Censure d'un livre sur la Casamance au Sénégal

L’annonce de la publication de L’Idée de la Casamance autonome – Possibles et dettes morales de la situation coloniale au Sénégal, de Séverine Awenengo Dalberto, chercheuse française au Centre national de la recherche scientifique, a provoqué de vives protestations dans le pays, où l’évocation de ce conflit reste sensible. L’État sénégalais rejette l’autonomie de cette région du Sud. Lors d’un meeting dans la nuit du 1er au 2 novembre à Ziguinchor, capitale de la Casamance, Ousmane Sonko, tête de liste du Pastef aux élections législatives du 17 novembre, a pointé du doigt le livre, son autrice et la France. Le Premier ministre a annoncé qu’il « ne sera pas commercialisé » au Sénégal.

Les éditions Karthala ont regretté « une instrumentalisation politique d’un ouvrage scientifique par des personnes qui n’ont, manifestement, pas pris connaissance de son contenu ». L’autrice a afirmé que son travail était « strictement historique » et « ne vise aucunement à rouvrir les fractures comme certains pourraient le craindre ».
« Si cette Française veut écrire, elle n’a qu’à aller écrire sur la Corse qui demande son indépendance à la France. Elle n’a qu’à écrire sur la Nouvelle-Calédonie qui réclame son indépendance, mais elle n’a pas à écrire sur le Sénégal », s’est-il insurgé. « Ce livre là ne sera pas autorisé au Sénégal, ne sera pas commercialisé au Sénégal », a-t-il poursuivi, mettant en garde contre « un projet de déstabilisation » sur un sujet « qui concerne les Sénégalais ».

« Si la France veut nous donner des archives, elle n’a qu’à nous donner les archives de ses exécutions sommaires au Sénégal pendant la colonisation, des guerres qu’elle a menées ici, des tortures qu’elle a menées, des travaux forcés, c’est ça qu’on attend de la France, qu’elle nous donne les archives de Thiaroye 44, mais pas des archives sur une prétendue autonomie de la Casamance », a martelé le Premier ministre.

L’Alliance pour la République, parti au pouvoir jusqu’à la présidentielle de mars dernier, avait aussi protesté dans un communiqué contre la publication d’un ouvrage qui « remet en question les acquis » sur la paix en Casamance et est « dangereux » pour l’unité nationale.

Source : Maliweb

9 octobre 2024

Des milliers de livres mis à la poubelle par le New College of Florida

La Floride (États-Unis) est un champ de bataille culturelle où les visions progressistes d’un côté et ultra-conservatrices de l’autre s’entrechoquent. Des citoyens sont parfois en rupture et engagés dans une guerre des livres. Longtemps, l’université New College  of Florida de Sarasota a fait partie des plus à gauche en Floride. Mais il y a quelques semaines, lorsque des étudiants passent dans la bibliothèque, ils remarquent des centaines de livres déposés dans des cartons ou à même le trottoir.
Les livres sont pour la plupart emportés par une benne à ordures, emmenés vers une déchetterie pour y être détruits. Des ouvrages qui appartenaient à une association étudiante faisant la promotion des diversités. Sur internet, l’un des administrateurs de la faculté a mis un message sans équivoque. Des étudiants ont tout de même sauvé des dizaines de livres qui ont trouvé place dans un centre communautaire.

Source : France Info

24 septembre 2024

10.000 livres censurés par les bibliothèques scolaires américaine

L'association a annoncé la censure de plus de 10.000 livres dans plusieurs écoles publiques américaines cette année. Un phénomène que Pen America associe à l'influence grandissante des idées conservatrices aux États-Unis. Le constat est alarmant. Sur une année, plus de 10.000 livres auraient été retirés des étagères de bibliothèques d'écoles publiques américaines, d'après un rapport de l'association de défense de la liberté d'expression et des droits des écrivains Pen America. Rendue publique ce lundi 23 septembre et comme le rapportent The Guardian ainsi que le New York Times, l'étude précise que le nombre de censures a triplé entre 2023 et 2024.

Cela fait plusieurs mois, voire plusieurs années, que Pen America met en garde contre une censure intensive de la part des écoles publiques. Circulent ainsi des listes d'ouvrages dont les sujets dérangeraient la frange la plus conservatrice de l'Amérique. Au premier rang desquels, on retrouve Gender Queer, de Maia Kobabe. Un récit autobiographique abordant la non-binarité, connu pour être l'ouvrage "le plus interdit du pays".

En 2022 déjà, USA Today soulignait un "nombre record de 2.571 titres" retirés des bibliothèques scolaires ; des titres dont "la plupart ont été écrits par ou sur des personnes LGBTQ+, des noirs, des autochtones et des personnes de couleur". Et les chiffres ne cessent d'augmenter depuis.

Une conséquence de la mise en place de nouvelles lois dans certains états républicains et visant à interdire des ouvrages plutôt que d'autres, c'est ce qu'affirme Pen America. Ce serait notamment le cas dans l'Iowa ou en Floride, comme le détaille le New York Times, où environ 8.000 livres ont été censurés entre 2023 et 2024. Cela représenterait donc 80% du nombre total d'écrits interdits durant cette période. Parce que l'association Pen America comptabilise tous les livres retirés des bibliothèques d'écoles, y compris ceux qui seront réintroduits à la suite d'une "tentative d'interdiction", le nombre de livres définitivement interdits serait, dans les faits, moins important. Une manière de recenser les "livres bannis" qui ne fait pas l'unanimité du côté des associations de défense de la liberté d'expression.
Selon un autre rapport, publié lui aussi ce lundi 23 septembre par l'American Library Association (ALA), le nombre de 10.000 livres censurés serait alors très largement surestimé. Plus encore, le New York Times rapporte que ce chiffre aurait, en réalité, diminué sur l'année écoulée: " 414 contestations de documents de bibliothèque, impliquant 1 128 titres uniques, du 1er janvier au 31 août 2024. Au cours de la même période de l’année précédente, il a été relevé 695 contestations impliquant 1.915 titres."

Source BFM TV

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24 août 2024

Censure de livres dans les bibliothèques scolaires britanniques

Certains bibliothécaires travaillant dans les écoles britanniques commencent à être confrontés à la censure. 53 d’entre eux ont décidé de participer à une étude de six mois menée par l’Index on Censorship, une organisation majeure de défense de la liberté d’expression à l’international, avec le concours des associations Library and Information Professionnals (Cilip) et The School Library Association. Dans l’échantillon, 28 participants affirment avoir subi des pressions pour faire retirer des livres de leurs rayons, principalement émises par des parents d’élèves. Dans 56% des cas, ces demandes ont abouti à un retrait des ouvrages en question.

Leggatt travaillait depuis environ neuf mois à la John Fisher School, une école catholique pour garçons de Purley, à Londres. Elle aimait l'école et avait le sentiment qu'elle faisait de gros efforts pour être inclusive, même si elle se rend compte aujourd'hui que les membres plus traditionnels du personnel et de l'archidiocèse étaient moins progressistes. Lorsqu'elle a demandé à l'auteur pour enfants Simon James Green de donner une conférence en mars 2022, elle n'aurait jamais imaginé que cela poserait un problème. Elle a envoyé une lettre aux parents pour leur expliquer comment ils pouvaient acheter les livres de Green avant la visite s'ils le souhaitaient, soulignant également que l'événement se poursuivrait dans le cadre des célébrations du Mois de l'histoire LGBT+ et marquerait la Journée mondiale du livre.

« D’une manière ou d’une autre, cette lettre a été retrouvée sur un blog publié en Écosse – un blog catholique d’extrême droite », a déclaré Leggatt à l'Index of Censorship.

Ce blog, Catholic Truth Scotland, n'est désormais accessible que par le biais des archives Web. Il a publié la lettre de Leggatt, ainsi qu'un appel à l'annulation de l'événement et des informations sur les personnes à contacter. Le rédacteur du blog anonyme a qualifié la lettre de Leggatt de honteuse et l'événement de scandaleux, écrivant : « La cancel culture fait fureur en ce moment, alors ne perdons pas de temps à suivre cette « mode » ; c'est une affaire très sérieuse et j'ai déjà entendu l'opinion exprimée par un parent selon laquelle le fait qu'une école catholique organise une promotion aussi flagrante du « mode de vie » LGBT+ équivaut à de la maltraitance envers les enfants. »

L'aumônier de l'école a envoyé des lettres aux parents pour les encourager à boycotter l'événement. Selon Leggatt, certains parents ont retiré leurs enfants de la conférence, mais d'autres ont envoyé des messages de soutien.

« Et puis il est apparu que le diocèse avait demandé à l’école d’annuler cette semaine-là », a déclaré Leggatt. L’école a refusé.

Le comité directeur a tenu une réunion d'urgence le samedi précédant l'événement de lundi, au cours de laquelle il a été décidé de poursuivre la visite. Et puis la situation s'est aggravée.

« Dimanche soir, j'ai reçu un appel de mon directeur pour me dire que le diocèse avait licencié l'ensemble du conseil d'administration », a déclaré Leggatt. La visite a été annulée.

« Je pense que cela a été un choc pour beaucoup d’entre nous d’apprendre que le diocèse avait effectivement utilisé ce pouvoir. »

Une déclaration commune a été publiée par la SLA et le CILIP, et le personnel de l'école s'est mis en grève. Mais la visite n'a pas eu lieu.

L'organisme de surveillance des écoles Ofsted a visité l'école pour une inspection éclair et son rapport a critiqué les tentatives de l'archidiocèse de révoquer les gouverneurs de l'école et a félicité le directeur pour sa gestion des événements.

Dans un article de notre magazine d'été 2024, désormais disponible, Green décrit l'impact de cette débâcle sur lui en tant qu'auteur.

« Je sais par d’autres bibliothécaires qui travaillent dans des écoles religieuses que le comportement de cet archidiocèse était considéré comme inhabituel. En général, on aborde ce genre de choses avec beaucoup de douceur », a déclaré Leggatt, qui a quitté l’école. Et comme d’autres livres de la bibliothèque traitent de sujets beaucoup plus difficiles – comme la grossesse chez les adolescentes et la drogue – le seul problème que les livres de Green posaient, selon elle, concernait les relations homosexuelles.

« Ce que j’ai trouvé vraiment intéressant depuis, en observant la progression de ce qui s’est passé, c’est à quel point cela reflète étroitement ce qui se passe aux États-Unis », a-t-elle déclaré. « On y retrouve les mêmes arguments, les mêmes objectifs changeants et le fait que la plainte initiale émane d’un groupe complètement étranger à l’école. »

En tant que l'une des seules bibliothécaires scolaires à être censurées dans la sphère publique, d'autres bibliothécaires ont contacté Leggatt pour lui faire part de leurs propres démêlés avec la censure. Elle dit qu'une vingtaine de personnes lui ont raconté leur expérience, et que tous les problèmes découlaient de livres sur le sexe et le genre. Ce qui relie souvent ces histoires, dit-elle, c'est que tout est rapidement étouffé. Des bibliothécaires expérimentés lui disent qu'il s'agit d'un phénomène nouveau, différent de tout ce qu'ils ont vu auparavant.

Elle s’inquiète également de l’autocensure, car les bibliothécaires sont nerveux. Dans notre enquête, 89 % des personnes interrogées ont déclaré être au moins un peu inquiètes face à une éventuelle censure, et 30 % ont déclaré être très inquiètes.

Une série d'actes mineurs
L'annulation très publique de Green n'est pas la seule censure qui a eu lieu dans les bibliothèques scolaires. Une bibliothécaire a raconté à Index que dans une école privée à vocation chrétienne, un membre du personnel senior avait retiré tous les livres de Philip Pullman sans explication. Lorsque les élèves lui ont demandé où ils pouvaient trouver À la croisée des mondes, elle a répondu que l'école ne les avait pas.

« J'avais l'impression de ne pas avoir de pouvoir », a-t-elle déclaré, ajoutant qu'elle avait l'impression que ses connaissances et son expérience de bibliothécaire étaient ignorées. « À l'époque, j'avais besoin de ce travail et je n'étais pas en mesure de déranger qui que ce soit. »

Louise, qui travaille dans une bibliothèque fournissant des livres à diverses écoles, a été invitée par l'une d'elles à échanger des livres avec des représentations LGBT+ contre d'autres titres. Bien qu'elle ne le souhaitait pas, elle n'a eu d'autre choix que d'obtempérer.

Elle a décrit comment elle travaillait dans une région à prédominance musulmane, où les cadres supérieurs n’étaient pas issus de la même origine, et elle a pris des mesures proactives pour éviter les confrontations.

« Nous avons tous vu ce qui s’est passé à Birmingham », a-t-elle déclaré, faisant référence aux manifestations qui ont duré des mois devant une école primaire en 2019 contre l’enseignement des relations LGBT+. « Personne ne veut être comme cette école. »

Dans certaines écoles, elle ne prend même pas la peine de proposer des livres en particulier. « Si j'achète des livres pour une école, je dois bien réfléchir à la somme que le directeur est prêt à me verser », explique-t-elle.

9 août 2024

Retrait de 13 livres de toutes les bibliothèques scolaires de l'Utah

Treize livres populaires auprès des jeunes ont été interdits dans toutes les écoles publiques de l’Utah, dans le cadre de la première vague d’une nouvelle loi qui interdit un livre lorsqu’au moins trois des 41 conseils scolaires de l’État déclarent qu’il contient du matériel « pornographique » ou « indécent ». Le fait de permettre à quelques districts seulement de prendre des décisions pour l’ensemble de l’État fait de cette loi l’une des plus restrictives en matière d’interdiction de livres aux États-Unis, selon « PEN America », un organisme qui défend la liberté d’expression et suit les progrès des interdictions de livres dans ce pays. Le Conseil de l’éducation de l’Utah a publié ce mois-ci sa première liste de livres interdits, qui comprend plusieurs romans pour jeunes adultes très populaires de l’auteure Sarah J. Maas, dans la série A Court of Thorns and Rose. Le roman dystopique de Margaret Atwood Oryx and Crake, 2003) et des livres de Judy Blume font aussi partie de la liste. Les deux plus grands districts scolaires de l’Utah, qui sont situés dans des régions conservatrices de l’État, ont mené la charge pour interdire des livres. Le district scolaire de Davis a voté pour interdire les 13 livres de la liste, et le district scolaire d’Alpine en a interdit sept, y compris la série de Maas. Les livres sont toujours disponibles dans les bibliothèques publiques de l’Utah. Les mesures prises par l’État interviennent dans le cadre d’une nouvelle campagne menée ces dernières années par les conservateurs aux États-Unis pour interdire davantage de livres, malgré les inquiétudes des défenseurs de la liberté d’expression, de certains enseignants et de parents.

«Permettre à une poignée de districts de prendre des décisions pour l’ensemble de l’État est antidémocratique, et nous craignons que la mise en œuvre de la loi n’entraîne une diversité réduite dans les rayons des bibliothèques pour tous les habitants de l’Utah », a estimé Kasey Meehan, directrice du programme « Liberté de lire » au sein de l’organisme « PEN America ».

La loi de l’Utah, entrée en vigueur le 1er juillet, exige que les districts scolaires signalent au Conseil de l’éducation de l’État les livres qu’ils ont bannis de leurs bibliothèques scolaires qui correspondraient aux critères fixés par la nouvelle loi. Il est probable que d’autres livres suivront, craint Mme Meehan, du PEN.

Les bibliothèques scolaires publiques doivent se débarrasser de ces livres, qui ne peuvent pas être vendus ou distribués ailleurs, a précisé le gouvernement de l’État.

«Les livres doivent littéralement être jetés : je pense que ça illustre de façon alarmante où l’on est rendu», estime Mme Meehan.

Seul un membre du Conseil de l’éducation de l’Utah peut faire appel d’une décision en demandant à l’ensemble du conseil d’organiser une audience dans les 30 jours suivant l’inscription d’un livre sur la liste d’interdiction pour voter sur l’annulation. Jusqu’à présent, aucun appel n’a été déposé, a déclaré Sharon Turner, porte-parole du Conseil de l’éducation de l’Utah.
Les contestations et les interdictions de livres ont atteint des niveaux jamais vus depuis des décennies aux États-Unis. Les bibliothèques publiques et scolaires ont été inondées de plaintes de citoyens et d’organismes conservateurs tels que « Moms for Liberty ».

De plus en plus d’élus envisagent de nouvelles sanctions – poursuites judiciaires paralysantes, lourdes amendes et même peines d’emprisonnement – pour la distribution de livres que certains jugeraient « inappropriés ».

Cette tendance survient alors que les autorités cherchent à définir des termes comme « obscène » et « nuisible ». De nombreux litiges concernent des livres à thèmes raciaux et/ou LGBTQ+, comme le roman de Toni Morrison The Bluest Eye et les mémoires de Maia Kobabe, Gender Queer. Et même si aucun bibliothécaire ou enseignant n’a été emprisonné jusqu’ici, la menace à elle seule a conduit à une plus grande autocensure.

Source : La Presse

7 juillet 2024

Vague de censures au Brésil

Au Brésil, une vague de censure littéraire déferle, frappant de plein fouet les écoles de plusieurs Etats fédérés. Les ouvrages d’écrivains prestigieux, comme Jeferson Tenório (O Avesso da Pele) et Ziraldo Alves Pinto (O menino marrom), entre autres, sont les dernières victimes de ce mouvement orchestré par des politiciens aux sympathies proches de l’ancien président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, au pouvoir entre 2019 et 2022. Dans ce pays d’Amérique latine, chaque Etat fédéré dispose d’une certaine autonomie, notamment en matière d’éducation. En dépit de son départ de la présidence, Jair Bolsonaro a maintenu son influence à travers des alliés locaux qui partagent sa vision conservatrice.

«Nous n’avons pas encore tenu un registre organisé, mais les cas se sont multipliés», précise João Nery, professeur de communication de l’université à São Paulo, en soulignant l’augmentation des incidents de censure, paradoxalement depuis l’arrivée de Lula au pouvoir, rapporte le magazine brésilien Gama Revista.

En mars, le ministère de l’Education de l’Etat du Paraná, situé dans le sud du pays, a demandé le retrait d’exemplaires de O Avesso da Pele dans les écoles publiques. Quelques jours plus tard, c’était au tour des gouvernements de Goiás (dans le centre) et de Mato Grosso do Sul (dans l’ouest de la région Centre-Ouest) de prendre la même mesure. O Avesso da Pele de Jeferson Tenório, lauréat du prestigieux prix littéraire Jabuti en 2021, présente des problématiques allant du racisme aux violences policières. C’est «l’ouvrage que l’extrême droite tente de censurer», a commenté sur X, Fernanda Melchionna, députée fédérale de l’Etat de Rio Grande do Sul. Les autorités brésiliennes justifient cette mesure en invoquant «l’utilisation de termes jugés inappropriés pour la tranche d’âge des élèves», rapporte le site d’information g1.


La censure de O Avesso da Pele n’est pas un cas isolé. Le 19 juin, O menino marrom de Ziraldo Alves Pinto, un roman pour enfants publié il y a quarante ans et abordant les thèmes de l’inclusion et de la diversité a été interdit temporairement dans l’Etat de Minas Gerais (dans le sud-est du pays) sous la pression de parents conservateurs qui jugeaient son contenu «extrêmement agressif», selon la chaîne CNN Brasil. La suspension visait à permettre à «l’équipe pédagogique de répondre aux questions et aux demandes des parents et autorités», affirment les autorités sur les réseaux sociaux.

Plus récemment, en mai, la suspension temporaire de Cartas para minha avó de Djamila Ribeiro à São Paulo a également provoqué une polémique. Sur un réseau social, l’autrice et philosophe brésilienne a critiqué cette mesure, la qualifiant d’«antidémocratique». Pour les mouvements conservateurs, le contrôle des programmes scolaires est crucial. Les œuvres abordant la diversité de genre ou les questions LGBTQ+ sont systématiquement attaquées, accusées de corrompre la jeunesse et de saper les fondements de la société traditionnelle. La rhétorique de la «protection de l’enfance» sert à légitimer ces attaques. Comme l’explique le psychologue Domenico Hur au magazine brésilien Gama Revista, cette stratégie vise à mobiliser «l’opinion publique et la population». Selon l’expert, cette vague de censure pourrait être liée aux élections municipales au Brésil qui auront lieu en octobre prochain .

Source : Libération

 

29 juin 2024

Un prix récompensant la lutte contre la censure pour les bibliothécaires du Manitoba

L’Association des bibliothèques du Manitoba a annoncé jeudi que Cathy Ching, directrice de la Bibliothèque régionale du Centre-sud, à Winkler, et le reste de son équipe se verront décerner le tout premier Prix du livre sur les droits de la personne. Ce prix vise à récompenser les personnes qui défendent la liberté intellectuelle tout en favorisant la création d'espaces inclusifs et diversifiés dans les bibliothèques du Manitoba.

L'association a déclaré, jeudi, que les gestes de Ctahy Ching et du réseau des bibliothèques du centre-sud contre la censure ont inspiré la communauté et la province, incitant de nombreuses personnes du réseau de bibliothèques à proposer leur candidature pour le prix.

Cathy Ching espère que cette reconnaissance donnera confiance à d'autres établissements pour continuer à faire ce qu'il faut et à tenir tête aux personnes qui veulent supprimer les livres.

Nous sommes heureux que cela nous soit arrivé parce que nous sommes le deuxième réseau de bibliothèques rurales du Manitoba, déclare-t-elle. S'ils s'étaient attaqués à une petite bibliothèque autonome, elle aurait peut-être subi leur pression. 

Certaines bibliothèques du Manitoba ont reçu des injures ou se sont fait voler des livres à la suite de la campagne visant à retirer certains livres sur l'éducation sexuelle pour enfants du réseau des bibliothèques.

L'administratrice de la Bibliothèque de Morden, Gail Hildebrand, affirme que la situation a eu un effet psychologique considérable sur les personnes travaillant à la bibliothèque.

«Nous étions constamment détournés de nos tâches quotidienne.»

, déclare Gail Hildebrand, administratrice de la Bibliothèque de Morden
Tout le travail que nous avons fini par faire, c'était juste d'affiner les politiques et de nous assurer que nous protégions les droits de nos clients et que nous ne permettions pas à une petite minorité de parler au nom de tout le monde, déclare-t-elle.

Source : Radio Canada

24 mars 2024

Incompréhension en Corée du Sud quant à l’interdiction de certains livres dans des États américains

« Violent, anti-police et anti-fasciste », tels sont les arguments avancés par les militants de No Turn Left in Education, une association américaine qui milite contre « l'influence de la gauche dans l'école ».

Ces derniers, et d'autres associations similaires, réclament le retrait des étagères des bibliothèques  du Kentucky ou encore du Missouri et peut-être bientôt de Caroline du Sud   du roman graphique pour adolescent, Le club des livres interdits.

L'un de ses auteurs, Kim Hyun-sook, raconte dans cet ouvrage le combat des Sud-Coréens contre le régime militaire de Chun Doo-hwan dans les années 1980, notamment contre la censure de la littérature. Un sujet parfois encore sensible en Corée du Sud, et pourtant le livre a reçu à sa parution un grand nombre de critiques positives. Succès international et gagnante de prix littéraires, y compris aux États-Unis, Kim Hyun-sook ne comprend pas la censure de son roman.

Son co-auteur Ryan Estreda ironise sur la situation d'une censure d'un livre dénonçant la censure. Les deux auteurs ont fait appel.

Précédemment, d'autres livres sud-coréens traitant par exemple des esclaves sexuelles de l'armée japonaise avaient été et demeurent toujours interdits dans certains États.

Source  : RFI

 

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