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4 août 2024

Ardent plaidoyer du pape pour la lecture

Le pape François encourage les jeunes prêtres à lire, dans une lettre publiée dimanche par le Vatican. Il y confie sa préférence pour les tragédies et dit tout le bien qu’ils pense des livres, qui sont dit-il de « véritables compagnons de vie ». « Comment pouvons-nous parler aux cœurs des hommes et des femmes si nous ignorons, mettons de côté ou n’apprécions pas les histoires par lesquelles ils ont cherché à exprimer et dévoiler le drame de leur expérience vécue dans des romans et des poèmes », a questionné le souverain pontife dans une lettre du 17 juillet adressée aux aspirants prêtres.

Dans ce long texte, émaillé de références à des grands noms de la littérature tels que C.S. Lewis, Marcel Proust, T.S. Eliot et Jorge Luis Borges, le pape François affirme que la lecture fait « partie du chemin vers la maturité personnelle » et qu’elle est donc cruciale, non seulement pour ceux qui accèdent à la prêtrise mais pour tous les chrétiens en général.

« Quand la prière elle-même ne nous aide pas à trouver la sérénité intérieure, un bon livre peut nous aider à traverser la tempête jusqu’à ce que nous trouvions la paix de l’esprit »

François a également encouragé à la lecture en notant qu’un bon livre peut tenir éloigné « d’autres choix moins sains » et ouvrir les esprits « piégés par quelques pensées obsessionnelles ».

 

« Dans les moments de fatigue, de colère, de déception ou d’échec, quand la prière elle-même ne nous aide pas à trouver la sérénité intérieure, un bon livre peut nous aider à traverser la tempête jusqu’à ce que nous trouvions la paix de l’esprit », écrit le jésuite argentin âgé de 87 ans, jugeant également que la lecture nécessite plus d’engagement que regarder un film ou la télévision.

Le souverain pontife qui, à 28 ans, a enseigné la littérature dans un lycée jésuite et s’est heurté à la résistance des étudiants quant à certains choix de lecture, estime que même les textes difficiles ou ennuyeux ont de la valeur. Il explique comment il a convaincu ses étudiants, rétifs à lire “Le Cid” et qui préféraient les ouvrages contemporains, de s’ouvrir à une littérature et une poésie plus exigeantes.

« Pour ma part, j’aime les tragédiens, car nous pouvons tous considérer leurs œuvres comme les nôtres, comme l’expression de notre drame personnel », juge-t-il. « En pleurant sur le sort de leurs personnages, nous pleurons essentiellement sur nous-mêmes, sur notre propre vide, nos lacunes et notre solitude ».

Source : Sud Ouest

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18 juillet 2024

Piratage des mangas, une campagne pour remercier les lecteurs lisant légalement

Le piratage des mangas est devenu un problème majeur. Le nombre de sites pirates, principalement de mangas dans différentes langues, s’élève à 1 332. Rien qu’au sein des 10 principaux sites de piratage de traductions anglaises, les lectures pirates mensuelles représentent à elles seules une perte de 800 millions$. Face à cette situation, une action immédiate est nécessaire. Pour sensibiliser le public, l’organisation anti-piratage ABJ lance une campagne publicitaire dans plusieurs pays. En France, le journal Le Monde exprimera sa gratitude envers les lecteurs qui choisissent les versions officielles plutôt que les versions piratées.
Des annonces similaires paraîtront dans d’autres journaux dans le monde : la Repubblica en Italie, EL PAÍS en Espagne et The New York Times aux USA.

Cette approche positive, consistant à dire « Merci de lire les versions officielles », a déjà porté ses fruits au Japon. Grâce à cette initiative, le montant des lectures gratuites, qui était auparavant de 580 milliards de yens, a été réduit de 25 %, atteignant désormais 380 milliards de yens. La campagne mettra en avant des titres de mangas populaires spécifiques à chaque pays. Un code QR dans la publicité. Elle renverra à une chanson de remerciement des personnages du manga, intitulée « Manga x Vaundy Thank You ».

Cette chanson avait déjà été diffusée au Japon en 2023. C’était dans le cadre de la campagne « Thank You for Your Manga Love ».

Une belle façon de célébrer la Journée du manga, qui commémore le lancement en 1841 du plus ancien hebdomadaire de BD satiriques au monde, Punch, au Royaume-Uni.

Cette campagne positive, vise à reconnaître et à remercier. le but est aussi d’encourager au respect des droits.

Source : Idboox

8 juillet 2024

La littérature jeunesse dans les parcs bruxellois

Du 8 juillet au 23 août, les bibliothèques bruxelloises s’associent dans le cadre de l’opération “Lire dans les parcs”. Du lundi au vendredi, des animateurs conteront des histoires aux enfants dans les espaces verts des 19 communes de la capitale, annonce la Ville de Bruxelles lundi dans un communiqué.

Le temps des vacances, des animateurs, munis de leur sélection de livres du jour, iront rencontrer les enfants de 3 à 10 ans qui jouent dans les parcs, les plaines de jeux ou les bacs à sable pour leur proposer des lectures gratuites. “L’objectif est de susciter la curiosité des enfants et de les reconnecter au plaisir de la lecture”, explique l’échevine de l’Instruction publique et de la Jeunesse de la Ville de Bruxelles, Faouzia Hariche. “En allant à la rencontre de la population, nos équipes veulent toucher un public qui n’est pas accoutumé à la lecture. Or, la lecture est un moyen d’enrichir son vocabulaire (…). C’est un puissant levier d’émancipation et d’ascension sociale”, ajoute-t-elle.

Dans les 19 communes, chaque lieu est parrainé par une bibliothèque publique. En cas de mauvais temps, des solutions de secours seront proposées. Le public est alors invité à contacter la bibliothèque partenaire pour se renseigner. L’opération est organisée par le Centre de Littérature Jeunesse de la Ville de Bruxelles, en collaboration avec le réseau des bibliothèques de la Région de Bruxelles-Capitale. Pour connaître le programme , cliquez ici.

Source : BX 1

3 juillet 2024

Rebind, la start-up visant à changer l'expérience de lecture des classiques

À l'étranger, on a parlé ces dernières semaines d'une start-up ambitieuse, Rebind, qui promet de révolutionner l' expérience de lecture elle-même . En effet, pour reprendre la définition du site , il propose « une expérience de lecture électronique pas comme les autres ». Mais qu'est-ce que c'est? Rebind a été fondée par John Dubuque et conçue en collaboration avec John Kaag et Clancy Martin (tous deux professeurs de philosophie aux États-Unis), et agit comme un support technologique pour lire les classiques avec moins d'effort, sans éléments superflus, et en saisir tout le sens. le travail . Ou du moins, c’est ce qui est promis en ligne. Tout cela grâce à un commentateur exceptionnel et à l'utilisation de l'intelligence artificielle .

Ce qui ressort est l'intérêt de Dubuque à rendre accessibles des œuvres de grande valeur culturelle (des classiques écrits avant 1928 et donc dans le domaine public) grâce à l'utilisation de l'intelligence humaine et, par la suite, de l'intelligence artificielle. Parmi les classiques concernés, on retrouve Roméo et Juliette , Le Siècle de l'Innocence mais aussi l' Ancien et le Nouveau Testament .

John Kaag et Clancy Martin ont en effet appelé pendant des mois des experts (les soi-disant Rebinders ) et les ont interviewés pour assimiler leurs connaissances relatives à des travaux spécifiques. Par exemple, John Banville , lauréat du Man Booker Prize en 2005, a été interrogé sur les Dublinois ; Margaret Atwood , auteur du best-seller The Handmaid's Tale , a été auditionnée pour Two Cities . Rebind a entrepris de créer une interface interactive contenant toutes les informations nécessaires pour répondre à toutes sortes de questions posées par les utilisateurs. Toutes les notions ainsi recueillies (relatives à l'œuvre, à l'auteur, au contexte historique, etc.) alimentent ensuite une intelligence artificielle, qui accompagnera les utilisateurs dans ce parcours de lecture interactif . John Kaag compare les commentaires de l'IA aux marginaux notés dans un livre par un lecteur expert.

Outre la possibilité de poser ses questions en direct, Rebind permet à ses abonnés d'écouter les réponses à travers les voix clonées (et manipulées) des (célèbres) Rebinders impliqués. Ce mécanisme vise à ressembler le plus possible à la relation élève-enseignant , et le fondateur l'a lui-même expérimenté en participant à un cours de six semaines dispensé par le professeur Kaag (associé fondateur de Rebind) sur le psychologue William James.

Comme le rapporte toujours le New York Times , Dubuque, une fois son diplôme en philosophie terminé, a continué à étudier en privé avec divers professeurs d'université, essayant de perfectionner ses méthodes d'apprentissage sur des textes classiques en dehors du contexte scolaire. Les « leçons » ainsi suivies sur Être et Temps de Martin Heidegger ont inspiré la création de Rebind.

Source : Il Libraio

29 avril 2024

Diminution des achats de livres en France à cause l'instauration des frais de port

Depuis le 7 octobre 2023, les achats de livres neufs en ligne avec un panier inférieur à 35 euros sont soumis à des frais de port de 3 euros. Cette mesure, pensée pour protéger les librairies physiques françaises, a en réalité déclenché une cascade de réactions contrastées. Les données de l'IFOP montrent un déclin significatif des achats de livres depuis la mise en place de cette initiative, avec 40% des consommateurs qui déclarent réduire leurs dépenses en lecture, une conséquence directe de la pression économique accrue sur leur budget. L'objectif était transparent : stopper la domination d'Amazon.

Amazon a vivement critiqué cette loi, prévoyant une réduction du pouvoir d'achat des Français et un accès restreint à la culture, surtout dans les zones moins desservies par les librairies physiques. En parallèle, l'entreprise a perdu l'avantage de la livraison gratuite pour ses membres Prime sur les commandes de livres. Cependant, certains commerces, comme Fnac et Cultura, semblent un peu mieux résister.

Macron a annoncé une possible taxe sur les livres de seconde main
La Commission européenne a exprimé des doutes sur l'efficacité de la mesure, suggérant l'absence d'un impact positif après son application. En effet, malgré les intentions législatives, seulement 26% des consommateurs se tournent vers les librairies indépendantes plus fréquemment. Selon l'IFOP, 63% des lecteurs disent avoir vu leur pouvoir d’achat impacté par l’instauration des frais de livraison. 

Et visiblement, le gouvernement ne semble pas trop faire attention à ces chiffres. Lors de sa visite au Festival du livre de Paris le 12 avril 2024, le président Emmanuel Macron a proposé l'introduction d'une "contribution" sur les livres d'occasion afin de soutenir le prix unique du livre, en place depuis 1981, et d'améliorer l'aide aux auteurs, éditeurs et traducteurs. Toutefois, les détails de cette mesure restent flous et cela pourraient impacter les jeunes et les étudiants, qui bénéficient grandement du marché de l'occasion pour accéder à la lecture à moindre coût.

Source : Economie Matin

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15 avril 2024

Baromètre des usages du livre en 2024 en France

Le livre numérique a le vent en poupe. Selon les résultats de l’étude, 3 Français sur 4 âgés de plus de 15 ans ont lu ou écouté au moins un livre en 2023. Cela représente 40 millions de lecteurs. Parmi eux, 38 millions ont lu au moins un livre imprimé. 12 millions ont lu un livre numérique. Cinq millions de français ont écouté au moins un livre audio physique et environ 4 millions au moins un livre audio numérique (6,8 millions d’auditeurs en global).  Les grands lecteurs lisent plus de 20 livres par an mais sur quel support ?
Ils sont 22% pour le livre papier, 20% pour le livre numérique et 14% pour le livre audio physique et le même ratio pour l’audio numérique. (Voir la répartition pour les moyens lecteurs et occasionnels dans le graphique ci-dessous). Autre point intéressant, une large majorité lit principalement à la maison et le soir avant de dormir : papier 97%, ebook 78%, audio physique 52%, audio numérique 62%. Enfin, 58% des sondés achètent des livres imprimés neufs et 74% de l’occasion.

La littérature l’emporte avec 95% pour le livre papier, 89% pour le livre numérique, 83% pour l’audio physique et 89% pour l’audio numérique.  La Romance et la Fan Fiction à lire en ligne sont tendance ! En effet, la fan fiction séduit près de 2 millions de lecteurs en 2023. La new romance quant à elle, aura attiré en 2023 plus de 3,4 millions de lecteurs.  Celles et ceux qui aiment ces genres littéraires sont plutôt jeunes et ont moins de 35 ans.

47% des lecteurs de livres numériques et 68% des audio-lecteurs numériques ont un abonnement à une plateforme permettant la lecture et/ou l’écoute de livres. Le potentiel est grand : 50% des lecteurs des livres numériques ou audio numériques non encore abonnés seraient intéressés par une offre. Audible, est la plateforme qui remporte le plus d’abonnés.  Le piratage ne représente « que » 4%. Du coup, 72% des lecteurs se procurent des livres numériques gratuits et légalement. C’est aussi le cas pour 71% des audio lecteurs. Quand ils achètent leurs ebooks, 28% les acquièrent sur les plateformes majeures (Kindle, Apple…) et 20% sur les sites internet des grandes surfaces spécialisées (Fnac / Kobo par exemple). Pour le livre audio, 24% les achètent sur des sites internet de grandes surfaces et spécialisées et 17% sur les plateformes majeures. 

Pour lire des livres imprimés, 61% vont en bibliothèque. 67% empruntent des livres audio physiques.
66% ont recours au prêt numérique en bibliothèque pour l’audio et 48% pour les ebooks. Autre point intéressant, 19% des lecteurs de livres imprimés en empruntent plus de 20 chaque année en bibliothèque. Au final, 50% de l’ensemble de la population a déjà emprunté un livre (imprimé, numérique ou audio) en bibliothèque. Et pour conclure, si 74% des lecteurs recherchent des informations sur les livres avant de les choisir, 57% s’adressent à leur librairie ou leur bibliothèque !

Source : Idboox

11 avril 2024

Lire c'est bien. Lire un texte papier, c'est mieux.

Selon une étude espagnole, lire un texte imprimé sur du papier est meilleur pour la compréhension que parcourir un document numérique. Surtout pour les plus jeunes. L'étude* réalisée par des chercheurs de l'université de Valence, publiée dans la Review of Educational Research, et à laquelle plus de 450 000 personnes ont participé, conclut que dans les écoles primaires et secondaires, la lecture devrait être encouragée, notamment sous forme imprimée. Lire un texte papier améliorerait la compréhension d'un document de manière significative et favoriserait l'acquisition des connaissances. « L'association entre la fréquence de lecture des textes imprimés et la compréhension est beaucoup plus élevée (entre 0,30 et 0,40) que celle que nous avons observée pour les habitudes de lecture numérique (0,05). Cela signifie, par exemple, que si un étudiant passe 10 heures à lire des livres sur papier, sa compréhension sera probablement 6 à 8 fois plus élevée que s'il lit sur des appareils numériques pendant la même durée », ont déclaré dans un communiqué Cristina Vargas et Ladislao Salmerón, coauteurs de l’étude. Comment cela s'explique-t-il ? Dans The Guardian Salméron émet une hypothèse : « l’état d’esprit de lecture ». Selon le professeur, si la qualité linguistique des documents numériques est en général inférieure (réseaux sociaux...), la lecture serait aussi plus superficielle. « Le lecteur ne s'immerge pas complètement dans la narration, ou ne saisit pas pleinement les relations complexes dans un texte informatif. » Comprenez : la lecture en diagonale serait un frein à la compréhension.

Un constat valable pour toutes les habitudes de lecture. En effet, qu’elles soient liées aux réseaux sociaux ou à la lecture informative, la lecture sur écran montre des associations minimes avec la compréhension de texte. « On aurait pu s'attendre à ce que la lecture à des fins d'information (visiter Wikipédia ou des sites web éducatifs, lire des actualités ou encore des livres électroniques) soit plus positivement liée à la compréhension, mais ce n'est pas le cas », indique le professeur Salméron.

Toutefois, selon les chercheurs, à mesure que l'âge augmente, la relation entre lecture et compréhension de textes s'améliore. Une évolution positive que Salmerón explique par la capacité d'attention et de concentration accrue des élèves plus âgés (lycéens et étudiants) : « Nous savons que notre capacité à réguler notre cognition évolue au cours de l'adolescence. Les jeunes enfants ne sont peut-être pas entièrement équipés pour autoréguler leur activité lors de la lecture sur écran. » En d'autres termes, les jeunes enfants sont moins capables de gérer les distractions, telles que les notifications ou encore les vidéos et autres pop-up, qui peuvent accompagner la lecture sur écran.

Enfin, les études révèlent que les jeunes enfants qui s’adonnent fréquemment à la lecture numérique pourraient apprendre moins de vocabulaire académique dans une période critique où ils passent de l’apprentissage de la lecture à la lecture pour apprendre. « Comme les habitudes de lecture numérique ne sont pas aussi rentables que la lecture imprimée, nous recommandons aux enseignants et aux chefs d’établissement de mettre davantage l’accent sur la lecture imprimée que sur la lecture numérique, en particulier pour les jeunes lecteurs », indique Lidia Altamura, doctorante et coautrice de l'article.

Pourtant, malgré ces constats, les chercheurs ne s’opposent pas à la lecture numérique et encouragent la lecture sous toutes ses formes. Lire sur un écran sera toujours mieux que de ne pas lire du tout.

Source : L’ADN Tendance et mutation

 

9 avril 2024

Les français et la lecture en 2024

Le Centre national du livre (CNL) a dévoilé mardi 9 avril 2024 les résultats de son étude Les jeunes Français et la lecture, réalisée par Ipsos. Après trois premières éditions en 2016, 2018 et 2022, les deux institutions ont de nouveau passé au crible la relation des 7-19 ans au livre. Et notent que des tendances émergentes dès 2016 n’ont fait que se confirmer année après année, à commencer par un déclin de la lecture dans le quotidien des adolescents.  Ces résultats sont considérés comme « préoccupants » par Régine Hatchondo, présidente du CNL : « Ils viennent renforcer ma conviction que la place laissée aux écrans dans notre vie quotidienne a de réelles conséquences sur la lecture, en particulier chez les jeunes. Il faudrait une prise de conscience massive pour mettre en exergue les bienfaits de la lecture chez les enfants ».

C’est le point-phare de l’étude : dans les activités pratiquées par les 7-19, la lecture baisse. Si 84% des jeunes lisent pour l'école, leurs études ou leur travail (soit -2 pts vs 2022 et - 6pts vs 2016), chez les 16-19 ans, cette proportion chute à 68% pour les filles (vs 74% en 2022 ; -6 pts) et 59% pour les garçons (vs 68% en 2022 ; -9 pts).

Ce décrochage est encore plus fort dans le cadre des loisirs, puisqu'ils sont 81% à lire au global (soit -2 pts vs 2022), mais à 16-19 ans, ils ne sont plus que 74% à le faire chez les filles (vs 85% en 2022 ; -11 pts) et 50% chez les garçons (vs 65% en 2022 ; -15 pts).

En somme, un jeune de 16-19 ans sur trois ne lit plus du tout dans le cadre de ses loisirs. Quotidiennement, les jeunes passent 10 fois plus de temps sur les écrans qu'à lire des livres, nous apprend ensuite l'étude. Dans l’ensemble de l’échantillon, les adolescents interrogés octroient 2h11 à leurs lectures par semaine, soit 19 minutes par jour. Le livre est devancé par l’écran, qui cumule 3h11 de pratique quotidienne chez les jeunes, et allant jusqu’à 5h10 pour les 16-19 ans.

Un déficit d’attention est aussi notable pendant la lecture : un jeune lecteur sur deux (69% des 16-19 ans) fait autre chose durant ses lectures, notamment envoyer des messages. Parallèlement, 20% des lecteurs loisirs lisent moins de 15 min sans s'arrêter et 27% des non-lecteurs loisirs estiment qu'ils ont aussi du mal à se concentrer (+10 pts).La lecture numérique en forte progression Les précédents rapports observaient l’accroissement de la popularité des livres numériques. Le format séduit désormais 44% des 7-19 ans (+11%), plus d’1/4 des jeunes interrogés en ont lu plusieurs. Le format se révèle particulièrement populaire chez les lecteurs de mangas, à hauteur de 49%. Alors que l’utilisation des tablettes déclinent, la liseuse reste un outil stable de lire, choisi par un lecteur de livres numériques sur 5. Néanmoins, c’est le smartphone qui reste privilégié par 57% des lecteurs. BComme les années précédentes, la bande dessinée reste le genre de prédilection des enquêtés, dépassant d’une courte tête, avec 55%, le manga, qui est plébiscité à 47%. Le CNL remarque une hausse de 7% pour ce dernier, d’une année à l’autre. La moitié des livres lus par goût personnel sont donc des mangas, et à plus forte raison, chez les garçons : le manga représente plus de ¾ de leurs lectures loisirs entre 13 et 15 ans. Les filles privilégient les bandes dessinées et les romans, principalement les romances. La dark romance, qui fait couler beaucoup d’encre depuis l’avènement d’autrices comme Sarah Rivens, a séduit près d’1/5e des jeunes lecteurs, à partir de 16 ans.

La famille s’avère détenir un rôle déterminant dans le choix de lecture des jeunes : 53% des lecteurs loisirs choisissent un livre sur leur conseil. Quand la décision est autonome, les critères de sélection se basent essentiellement sur la couverture, le héros ou le résumé, mais aussi par le biais des réseaux sociaux : 33% des lecteurs loisirs choisissent un livre après en avoir entendu parler sur internet. Seulement 10% des jeunes ont déjà eu envie de lire un livre grâce à une personnalité suivie sur les réseaux. Autre facteur notable : le rôle des adaptations audiovisuelles. 66% des lecteurs loisirs ont déjà eu envie de lire un livre après avoir vu une série ou un film de plateforme. 45% des jeunes déclarent d’ailleurs acheter des livres au moins une fois par mois, principalement sur internet ou en grandes surfaces), et 66% d’interrogés se rendent au moins une fois par mois à la bibliothèque de leur lieu d’études.

Source : Livres Hebdo

 

1 avril 2024

Primordial de lire des livres à votre enfant dès sa naissance, selon les médecins

 

Ce mardi 2 avril est marqué par la journée internationale du livre pour enfants. L’occasion de rappeler combien cette pratique est précieuse pour les tout-petits. Bien plus qu’une simple lecture, partager une histoire avec un enfant va bien au-delà des mots sur papier : c’est une véritable aventure de complicité qui enrichit son apprentissage et éveille ses émotions. Chaque histoire partagée crée un lien unique, renforçant la connexion entre l’enfant et celui qui lui offre ce moment privilégié. La lecture partagée façonne un environnement propice à l’épanouissement cognitif des enfants. En effet, ceux qui ont été régulièrement bercés par les mots dès leur plus jeune âge arrivent à l’école dotés d’un vocabulaire élargi et d’une meilleure compréhension. Cette influence positive pourrait résulter du fait que les livres destinés aux plus jeunes renferment trois fois plus de termes peu communs que ceux entendus dans les émissions télévisées ou dans les conversations quotidiennes entre adultes et enfants, comme le suggère une étude publiée dans le Journal of Child Language en 1988.

De plus, une méta-analyse dirigée par Adriana Bus et son équipe, dévoilée en 1995 dans la Review of Educational Research, révèle un constat clair : 64 % des enfants ayant bénéficié de la lecture partagée se classent parmi les meilleurs lecteurs à l’école, contre seulement 36 % pour leurs pairs n’ayant pas eu cette opportunité.

Naviguer dans la multitude d’options pour choisir des  livres pour votre  bébé peut sembler un vrai casse-tête. Optez pour des histoires colorées et simples spécialement conçues pour les tout-petits, ou revisitez vos classiques d’enfance pour partager des moments empreints de nostalgie. Les livres cartonnés avec des images contrastées en noir et blanc sont parfaits pour stimuler les sens des plus jeunes. Vous pouvez également explorer différents genres, des romans aux magazines en passant par la poésie, pour enrichir son univers littéraire dès le plus jeune âge. Pour lire à votre bébé, adoptez une approche douce et apaisante, que ce soit en le tenant tout contre vous ou en lui lisant à travers la couveuse s’il est hospitalisé. Prenez le temps de lire d’une voix calme, quelques minutes par jour. Encouragez ses explorations en touchant les pages ou en les tournant. Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec la lecture, chantez-lui ou racontez-lui des histoires. L’important est de créer un moment de partage et de complicité.

Source  : Marie France

27 février 2024

Lecture en anglais pour les jeunes européens

C’était il y a huit ans déjà. À l’époque, Marleen Seegers, agente littéraire de l’Américaine 2 Seas Agency, apprenait par les éditeurs hollandais que le lectorat de jeunes adultes - celui-là même qui avait grandi avec YouTube -, développait une sérieuse appétence pour la lecture en anglais. Résultat : aujourd’hui, les nouveaux vingtenaires ne peuvent même plus envisager de lire le nouveau Sally Rooney dans leur langue maternelle.

Publier un livre en traduction néerlandaise est donc devenu compliqué pour les éditeurs. D’autant que le prix du livre traduit est nettement supérieur à la version originale. Pour tenter d’échapper à un faible volume des ventes, certains professionnels tentent même de maîtriser la parution simultanée du livre traduit en néerlandais et de l’original. Qui plus est lorsque l’auteur est une célèbre plume anglo-saxonne. Et le phénomène s’exporte désormais dans l’ensemble des pays nordiques. En réponse à la question « en quelle langue lisez-vous ? », publiée sur le site communautaire Reddit, les lecteurs âgés de 20 à 30 ans et originaires d’Allemagne ou des pays nordiques, affirment ainsi lire l’anglais depuis leur plus jeune âge. Ils estiment non seulement que le choix de livres en anglais est plus important, mais disent aussi préférer lire l’ouvrage dans sa langue originale. Une nouvelle tendance qui séduit toujours plus depuis qu’elle est plébiscitée sur les réseaux sociaux, dont BookTok, où les jeunes lecteurs partagent leurs conseils de lecture. En marge de la Foire du livre de Francfort 2023, un article du Bookseller révélait, en effet, que les ventes de livres à l’export, en 2022, en provenance de la Grande-Bretagne vers l’Europe, avaient connu une croissance de 8 %. Pour l’Allemagne, les chiffres s’envolent même à +27%. Mais cette croissance, l’article le souligne, n’est aucunement bénéfique pour les auteurs, qui gagnent bien moins de redevances à l’exportation, qu’avec des cessions de droits en langues étrangères.

Curieusement, cette tendance a eu un impact positif sur l’activité de Marleen Seegers, qui vend surtout des cessions de droits pour les éditeurs français. Après avoir travaillé cinq ans dans le département de droits chez Stock, Seegers a créé son agence en 2011 aux États-Unis. Celle-ci représente neuf éditeurs français à international, dont Allary Éditions, Les Escales, Éditions de la Martinière Littérature, ou Massot Éditions, et six autres éditeurs français dont Actes Sud, Les Arènes/l’Iconoclaste, ou les Éditions XO.

« Au début de l’activité de l’agence, c'était très difficile de ‘pitcher’ de la non-fiction française. En revanche, pour la non-fiction en anglais, les éditeurs étaient réceptifs. Là maintenant, à cause de la concurrence de livres en anglais, on me demande surtout de parler de mes titres en français » raconte Marleen Seegers. D’après l’agente, les éditeurs feraient désormais davantage fi de la langue anglaise pour favoriser, plus largement, les « bons livres », dont de plus en plus de plumes françaises.  

Seegers retient ainsi la série L’Arabe du futur (Allary) de Riad Sattouf, qui, vendue dans plus de 20 pays, a « ouvert beaucoup de portes pour l’agence ». Plus récemment, une forte demande s’est également faite entendre pour les essais philosophiques de Charles Pépin, dont le dernier, Vivre avec son passé et La Confiance en soi, publié en 2018 et vendu à travers une vingtaine de pays. 

« Le féminisme français a une bonne réputation à l’étranger » ajoute également Marleen Seegers, citant, toujours chez Allary, L’homme préhistorique est aussi une femme de Marylène Patou-Mathis ainsi que Futur.es de Lauren Bastide. Côté fiction, ce sont les livres primés qui rencontrent le plus de succès, à l’instar de La Plus secrète mémoire des hommes (Philippe Rey/Jimsaan) de Mohamed Mbougar Sarr, écoulé à plus 30 000 exemplaires aux Pays-Bas, ou encore Veiller sur elle (L’Iconoclaste) du Goncourt 2023, Jean-Baptite d'Andrea que Seegers vend en tant que sous-agente.

Concernant la hausse de lecture en langue anglaise dans les pays nordiques et en Allemagne, « les éditeurs suivent de près ce que font les Néerlandais », précise Seegers. « C’est un peu le ‘Wild West’ et ils essayent tout. Quand le groupe Singel Uitgeverijen a commencé à publier en anglais, tout le monde a hurlé. Maintenant plusieurs le font ». 

De plus en plus d’éditeurs des Pays-Bas et de Flandre achètent désormais les droits de traduction en néerlandais et en anglais. Parfois, ce sont même trois versions d’un même livre qui sont acquises : celle publiée dans le pays d’origine anglophone, celle traduite en anglais aux Pays-Bas – et qui, assujettie au prix unique, profite au libraire, et celle traduite en néerlandais. « Vu l’importance qu’ont pris les BookTokers, l’éditeur aura tendance à garder la couverture originale ainsi que le titre, mais l’on verra apparaître, en bas de la couverture et écrit en tout petit, ‘édition néerlandaise’ », explique Seegers.  

Alors que cette nouvelle tendance de lecture en anglais a eu l’effet de booster les cessions de droits français en Europe, Seegers a aussi remarqué, « une nouvelle génération d’éditeurs, aux États-Unis, qui lisent dans des langues étrangères ». Un phénomène que l’agente explique par « la création de HarperVia, qui traduit dans toutes les langues » et auprès de qui Seegers a vendu les droits mondiaux anglais, aux enchères, de Mon mari (l’Iconoclaste), de Maude Ventura. Mais aussi par l’ampleur qu’ont pris « les éditeurs indépendants comme Transit Books, dont l’auteur Jon Fosse a gagné le prix Nobel en 2023, Deep Vellum, ou New Directions. »

S’il est encore tôt pour mesurer l’effet réel que la hausse de la lecture en anglais aura sur le marché européen ou sur la vente des cessions en langue française, Seegers affirme que le phénomène fait l’objet de nombreuses discussions entre éditeurs. Et pour cause, lors du dernier salon du livre de Göteberg, les jeunes lecteurs adeptes de BookTok s’affichaient volontiers avec les ouvrages d'Annie Ernaux… en anglais.

Source : Livres Hebdo 

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