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roman
14 novembre 2024

Fort engouement pour la publication d'un livre intitulé « Le Roman de Marceau Miller »

Le Roman de Marceau Miller signé par le mystérieux Marceau Miller et dont la publication est prévue le 17 janvier aux éditions de La Martinière crée la sensation chez les responsables de droits, autant en France pour le format poche qu’à l’étranger où les enchères s’envolent dans plusieurs pays. Un phénomène devenu rare pour la fiction étrangère.

Après avoir été préempté en Espagne, acquis aux enchères aux Pays-Pas et alors qu'il est sous offre en Allemagne, la cession pourrait atteindre les six chiffres en Italie ce jeudi soir, selon nos informations, tandis que des enchères s’ouvrent pour les droits en poche en France. « Un succès inattendu dans ces proportions », reconnaît l’éditrice Marie Leroy. Comment expliquer cet engouement soudain pour le titre d’un auteur inconnu ? 

Tout commence mi-octobre, lors de la dernière Foire Internationale du Livre de Francfort. Marleen Seegers, l’agent exclusif de La Martinière pour la littérature depuis près de 10 ans, présente alors la quarantaine de pages qu’elle a eues en sa possession une semaine avant. « Alors qu’il n’y a pas eu de grands titres avant la Foire comme cela arrive souvent, j’ai senti une soif pour de bonnes histoires en fiction sur place, où le feelgood japonais et coréen avait un grand succès », explique la fondatrice de 2 Seas Agency.

Malgré le peu d’éléments en la possession de l'agent, l’intérêt de ses interlocuteurs, notamment italiens, l’interpelle. « À Francfort, tout le monde se parle, confie celle qui vit en Californie. Et quand ça commence à buzzer, cela peut aller très loin ».

Après deux refus de préemption de la part de La Martinière, c’est à partir de la semaine suivante, avec le manuscrit en totalité, que le titre glane ses premières cessions. « Dans ce marché devenu très prudent, il est très rare de vendre de la fiction avant parution », explique avec une certaine surprise l’ancienne responsable de droits chez Stock, qui a été personnellement « intriguée par ce texte avec un bon suspense ».  

Ce page turner entraîne le lecteur autour du lac Léman, après la mort d’un romancier qui laisse son dernier manuscrit révélant les mensonges qui ont bâti sa vie. « C’est la parodie grossière d’un mauvais Joël Dicker, commente un scout. Mais le pitch semble prendre », relève-t-il, supposant que l’intérêt est également lié au « mystère » autour de l’auteur, le bientôt fameux Marceau Miller.

« C’est un scénariste notamment pour la télévision qui a déjà écrit des romans sous un autre nom, mais c’est le premier que nous publions », révèle Marie Leroy qui a acheté les droits à un agent au début de l’année 2023 et travaille le texte avec le romancier depuis lors. « Nous souhaitons vraiment avoir les meilleurs éditeurs pour construire l’auteur sur la longueur », confie-t-elle en expliquant que « la fascination autour de l’identité de l’écrivain joue en notre faveur sans qu’on l’ait voulu ».

Heureuse de cette belle histoire avant même la publication de l’œuvre, elle assure « qu’une suite est déjà prévue », alors que la mise en place pour la publication en France « est montée de 6 000 à plus de 10 000 » exemplaires avant même l’annonce aux représentants de l’engouement des éditeurs internationaux et poche, se félicite Séverin Cassan, directeur général de La Martinière, qui annonce un premier tirage à 15 000 exemplaires. De quoi bien lancer sa maison en 2025, année du dixième anniversaire de sa collection de littérature.

Source : Livres Hebdo

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24 octobre 2024

Grand Prix du roman de l'Académie française pour Le Rêve du jaguar de Miguel Bonnefoy

Le Rêve du jaguar de Miguel Bonnefoy, publié aux éditions Rivages, a décroché, jeudi 24 octobre 2024, le Grand Prix du roman de l'Académie française. Il a obtenu, au 3e tour de scrutin, 8 voix contre 7 au roman Les Derniers sur la liste de Grégory Cingal et 7 voix à Cabane d'Abel Quentin. Dans son dernier livre, l'écrivain signe une odyssée au pays de la "Petite Venise", le Venezuela, et plus précisément à Maracaibo sur les traces d'Antonio. Une mendiante muette recueille l'orphelin sur les marches d'une église, sans se douter du destin hors du commun qui attend l'enfant. Élevé dans la misère, Antonio sera tour à tour vendeur de cigarettes, porteur sur les quais, domestique dans une maison close avant de devenir, grâce à son énergie bouillonnante, l'un des plus illustres chirurgiens de son pays.
Le Rêve du jaguar est le récit d'une saga familiale qui se confond avec l'histoire du pays. Le roman, qui flirte avec le conte et le réalisme magique, raconte l'histoire du grand-père de l'auteur franco-vénézuélien. "J'ai toujours entendu le récit du destin de mon grand-père, orphelin de la rue, gavroche et rufian, enfant de la misère et de l'ignorance, qui devint cardiologue et fondateur de la première université de Maracaibo, sauvant ainsi à la fois le cœur des hommes et celui de la connaissance", confie Miguel Bonnefoy.

Source : France Info Culture

24 octobre 2024

Palmarès du prix Les Inrockuptibles 2024

Édouard Louis est le nouveau lauréat du prix littéraire Les Inrockuptibles dans la catégorie roman ou récit. L’auteur est récompensé pour L’effondrement (Seuil). Paru le 4 octobre, le roman vient de dépasser les 8 000 exemplaires vendus selon GFK. Édouard Louis succède à Neige Sinno, sacrée en 2023 pour Triste Tigre (P.O.L) et qui présidait le jury. Quatre autres lauréats ont été sacrés dans les catégories premier roman, roman ou récit étranger, essai et BD. Voici le palmarès du prix Les Inrockuptibles 2024 :

  • le prix du roman français ou étranger pour L’effondrement d’Édouard Louis publié par Seuil,
  • le prix du premier roman ou récit pour Constellucination de Louise Bentkowski  publié par Verdier,
  • le prix du roman ou récit étranger pour Blackouts de Justin Torres  publié par L’Olivier et traduit par Laëtitia Devaux,
  • le prix de l’essai pour Ainsi l’Animal et nous de Kaoutar Harchi publié parActes Sud),
  • le prix de la bande dessinée par Le Roi Méduse 1de Brecht Evens publié par Actes Sud BD
     

Outre Neige Sinno, le jury était composé d’Emmanuel Hoog, Carole Boinet, Vincent Brunner, Jean-Marie Durand, Nelly Kaprièlian, Jean-Marc Lalanne, Gérard Lefort, Pauline Le Gall et Sylvie Tanette.

29 août 2024

Un roman de Tillie Cole, gros succès sur TikTok

Lors de cette rentrée littéraire, l’auteure Tillie Cole se démarque également avec son dernier roman : Mille morceaux de cœur brisé.  Le pitch qui accroche tant les lecteur.ice.s ? Savannah Litchfield, une jeune femme qui supporte difficilement son quotidien depuis la perte de sa sœur, Poppy, disparue il y a quatre ans. Mais lorsque sa thérapeute lui suggère de participer à un voyage autour du monde pour adolescents endeuillés, la jeune fille accepte de partir en s'accrochant au journal de sa sœur qu'elle n'a pas encore lu.  Et l’histoire ne s’arrête pas là. Un autre jeune homme vît la même épreuve : Cael Woods, dont la vie a basculé depuis la mort de son frère aîné, un an plus tôt. Vient alors une rencontre inédite qui viendra tout bousculer : Cael et Savannah trouvent du réconfort l'un chez l'autre et commencent à réparer leurs cœurs brisés, morceau après morceau.

Un roman qui a obtenu sur Amazon la note de 4,4 sur 5 et qui se hisse en top 10 des romans les plus vendus sur la plateforme d'e-commerce.  Sorti en août 2024, le rencontre un vrai succès. On le voit partout sur la Toile. Sur la plateforme TikTok, le roman est devenu le nouveau livre à dévorer en quelques heures. Au total, c'est plus de 11 millions de publications que l’on retrouve sur la plateforme chinoise concernant le roman.  Alors, envie de le découvrir ?

Source : Biba

11 août 2024

Lancement d'une campagne de chats pour la sortie d'un livre en Italie

Depuis le 25 juin "Un gatto per i giorni difficili" (Chats sur ordonance) est sorti dans les librairies italiennes. Ce livre de l'auteur japonais Ishida Syou qui raconte avec délicatesse et humour le lien profond entre l'homme et l'animal, à travers lequel l'âme peut guérir grâce à un amour fait de gestes simples, capable de redonner une touche de magie même dans les moments les plus difficiles. Il se passe dans les hauteurs de Fuyachodori, à l'ouest sur Rokkakudori, en bas de Tomikojidori, à l'est sur Takoyakushidori. On s'y perd facilement dans le dédale des rues du centre de Kyoto. Ici, cachée parmi des immeubles anonymes et des ruelles sombres, se trouve une clinique spéciale. Elle ne peut être trouvée que grâce au bouche à oreille de ceux qui se sentent réellement perdus et qui cherchent de l'aide, une main tendue. Le traitement qu'il propose est en effet unique en son genre : un chat est prescrit à chaque personne, selon les cas. Celui qui confie les soins félins avec un peu de surprise et de scepticisme initial sera un employé lassé de l'oppression, un homme qui ne se sent toujours pas à sa place, une petite fille mélancolique à cause de la relation conflictuelle avec sa mère, un créateur de sacs à la recherche de un nouvel équilibre émotionnel et une apprentie geisha culpabilisée. Leurs vies ordinaires vont être bouleversées par leurs nouveaux amis non-humains : Bi, un métis de huit ans qui adore grignoter du papier ; Margot, un chaton aux yeux vert thé qui déteste les portes closes ; un chaton de quelques mois seulement qui réveillera des souvenirs douloureux ; un couple de chatons qui aiment le jour et la nuit, et en même temps espèrent un avenir vital et courageux ; et enfin, les amoureux des escapades nocturnes Chitose et Mimita. Ce seront eux, avec de petits désastres et un grand besoin de soins, qui changeront la vie des nouveaux propriétaires, leur redonnant l'envie de changer enfin de vie.

Pour la sortie de livre ,  l'éditeur Rizzoli propose d'adopter à distance pendant 6 mois 44 chats  de l'Ente Nazionale Protezione Animali (Agence italienne de protection des animaux). 

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28 juin 2024

La lecture, grande gagnante du Pass culture chez les jeunes bénéficiaires

Le dispositif Pass culture est plébiscité pour l'achat de livres, selon une étude menée en collaboration avec l'Observatoire de la librairie du Syndicat de la Librairie française.  Entre 15 et 18 ans, l'âge du public auquel le Pass culture est destiné, ce ne sont pas les DVD ou les concerts, ni les festivals qui dominent. Ce sont bien les livres : plus de la moitié des utilisateurs ont déjà réservé au moins un livre depuis la mise en place du dispositif, selon cette étude commandée par le gouvernement actuel.

C'est même le premier poste d'utilisation, avec environ 114 euros dépensés par bénéficiaire. Si depuis sa création il y a cinq ans, le Pass Culture a surtout mis en lumière l'amour des jeunes Français pour les mangas - en tête des genres les plus réservés avec près de 40% - la tendance s'inverse depuis le début de l'année. Ce sont désormais les romans et les nouvelles qui dominent le classement, avec 41% contre 30% pour les mangas. Autre enseignement dans l'air du temps : si les 16-19 ans passent plus de cinq heures par jour sur leur écran, plus de la moitié affirme qu'au moins une demi-heure sur ce total est utilisée pour la lecture.

Source  : France Info Culture

30 mars 2024

Un roman policier à 48 mains, l'aventure inédite d'une classe de seconde professionnelle

Depuis la rentrée scolaire, les cerveaux sont en ébullition et en mode "écriture" dans cette classe de seconde, spécialité métiers de la relation client, au lycée privé Saint Paul Bourdon Blanc à Orléans (Loiret). Ces élèves, en filière professionnelle, se préparent à exercer dans des domaines liées à l’accueil mais, pour l’instant, ce sont plutôLe roman policier, né à Orléans, raconte l’histoire de Kriss, 19 ans, qui recherche son meilleur ami Yassir partout dans la cité du Grand Parc, à Bordeauxt des écrivains en herbe.À 48 mains, les adolescents encadrés par leurs professeurs – notamment Catherine Heitz (lettres et histoire et géographie) et Christel Prudhomme (économie gestion option commerce) – ainsi que l’écrivain Mabrouck Rachedi, ont produit un roman collectif. Le mois de mars marque une échéance pour ce projet pédagogique, celui du bouclage du volet "écriture". Leur prose sera éditée par Réparer le langage, je peux. L'association, cofondée par les auteurs Sandrine Vermot-Desroches et Alain Absire, est à l'origine d'un dispositif déployé à Toulouse et en région parisienne.

Le roman policier, né à Orléans, raconte l’histoire de Kriss, 19 ans, qui recherche son meilleur ami Yassir partout dans la cité du Grand Parc, à Bordeaux"Tout porte à croire que le jeune homme a été kidnappé par un quartier rival", indique le résumé du livre. Kriss va alors mener l’enquête en prenant tous les risques.

Divisée en sept groupes, la classe a opté pour le roman policier parce que "plus intéressant". "Les jeunes préfèrent les choses où il y a de l’action", explique doctement Ilayda qui forme un duo avec Eline, pour l'atelier d'écriture. "C’est très intéressant, estime-t-elle. C’est bien de réfléchir. Cela montre que nous, les ados, sommes capables de créer des choses, que l’on n'est pas tout le temps H24 sur les téléphones, qu’on peut, nous aussi, écrire des livres, qu’on a du talent, quoi." À 24, poursuit Ilayda, "c’est mieux pour les idées et cela crée une meilleure relation de classe""Ça nous change les idées", ajoute Eline, une fan de BD, qui dit pourtant ne pas aimer lire. "Ça change des cours, on apprend une nouvelle activité. C’est bien d’écrire un livre que l’on présentera aux autres classes. On peut le mettre en magasin, etc. Ça nous permet d’être en groupe, de communiquer un peu, d’échanger"  Y compris avec leur parrain écrivain : pour ce qui est de ses instructions, "ça va".

Le 9 novembre dernier, lors de la deuxième des cinq sessions animées par Mabrouck Rachedi, ils ont déterminé la teneur des 14 chapitres de leur ouvrage. Le groupe baptisé "Les stars" – formé par Léa, Elise, Lynah et Capucine –, s'est occupé du deuxième et du dernier chapitre. Une pression, qui ne trouble pas outre mesure les adolescentes. "On a fait le début, on fera la fin", résume Lynah, qui souhaite devenir hôtesse de l'air. "Chaque personne y met du sien", nourri par les films vus et les livres lus, répond-elle quand on l'interroge sur cet atelier. Et son rapport à la littérature en général ? "De base, je ne suis pas trop livre. Quand le début est bien, je me lance". "J’aime bien les histoires et tout mais ça dépend", affirme pour sa part Léa, qui veut devenir psychologue. "J’aime bien les chroniques, des histoires sur Internet que l'on trouve sur Wattpad [réseau social dédié à la narration et très prisé pas les jeunes]. Sinon, les livres comme ça [version papier], je lis pas."

Pendant six mois, les interventions de Mabrouck Rachedi, dont le roman jeunesse Banale flambée dans ma cité (Actes Sud jeunesse) est paru en janvier, ont rythmé un processus d'écriture encadré au quotidien par Catherine Heitz. Chacune d’elles a duré trois heures, les deux premières prises sur les heures de français en matinée. Pour la dernière heure d'atelier, en début d’après-midi, la professeure de lettres retrouvait sa collègue Christel Prudhomme.

Mabrouck Rachedi répète à l’envi que "le gros du boulot" est fait par les professeurs et se considère "plus en appoint que moteur""Il y a eu plus de séances faites en dehors de ma présence", souligne-t-il. Catherine Heitz et Christel Prudhomme se souviennent de leurs craintes au démarrage de l'activité. "Nous avons fait un gros boulot en début d’année pour présenter le projet afin de les motiver. Nous étions un peu inquiètes au départ." Et Christel Prudhomme de renchérir : "Nous étions totalement inquiètes parce qu’ils n’adhéraient pas. Je pense qu'ils n’avaient pas écouté et pas compris". Le déclic va se produire avec la découverte du roman collectif réalisé, sous la houlette de Catherine Heitz, l'année précédente.

Le 12 octobre, à la première séance, se remémore Mabrouck Rachedi, il fallait "définir tous les axes de l'histoire". "Il y a eu beaucoup de votes. Ils ont écrit plusieurs petits pitchs et le plus convaincant l'a emporté. C’était une séance assez fluide et nous avons avancé plus vite que je ne l’imaginais". "Quand j’interviens, affirme-t-il, je suis devant une classe intéressée. Et je sais que le gros du travail, c’est d’intéresser la classe. Un travail que je n'ai pas fait. La première séance était incroyable. Je suis beaucoup intervenu [dans ce type d’atelier] et j’ai rarement vu tous les groupes, tout le monde participer (...) Le travail a été fait de façon extraordinaire avant moi. "

"Mabrouck, constate Catherine Heitz qui souligne avec un sourire la modestie de l'auteur, apporte cet œil d’écrivain sur la construction de l’histoire, les rebondissements, le rythme du récit... C’est un métier". Par ailleurs, "cela nous permet, et c'est génial, grâce à toute la motivation qu'il y a derrière, d'aborder en technique de français la narration, le style direct, indirect… Tout ce qui est théorique, pénible à enseigner, ne pose plus aucun problème. Ça a désormais du sens pour eux". De même, l'exercice permet de parvenir à un équilibre : "les élèves, qui ont des difficultés et même un accompagnement spécifique", sont comme des poissons dans l’eau pendant l'atelier. De fait, note Mabrouck Rachedi, "la créativité est en dehors de tout ce qui est critère scolaire : j'ai une idée ou je n'en ai pas. La matière première de l'écrivain, c'est vraiment l'imagination et la capacité à structurer."

"Qu'est-ce qui pourrait alimenter cette histoire ?", lançait le romancier en novembre dernier, félicitant les élèves pour leurs trouvailles tout en déambulant dans la classe avec Catherine Heitz pour discuter avec les différents groupes. "Plus qu’un projet pédagogique, c’est un projet artistiquedans le sens où nous les sortons des sentiers battus. J’essaie de les mettre dans la peau d’un écrivain", précise l'auteur jeunesse qui s'est découvert une facilité "à accompagner les jeunes" dans la création, "à se libérer, voire à se découvrir" et, ici, "à apprendre à travailler ensemble". "C'est plus facile d'écrire tout seul parce qu'on décide des différentes étapes" : pas besoin de négocier ou de discuter avec quelqu'un. "Le plaisir, conclut-il, c’est qu’à la fin, ils en retirent de la fierté. On l’a fait. Nous avons réussi ensemble, ce qui n’est pas facile (...) J'espère que dans cinq, dix ou trente ans, ils regarderont leur roman en se disant : on a fait partie de cette aventure."

Une aventure qui requiert l’engagement du corps professoral et de la direction de Saint Paul Bourdon Blanc. "J’invite mes équipes à se lancer dans des projets parce que je vois bien que mes élèves de lycée professionnel avancent bien en mode projet", confie Sébastien Gomez, le chef d’établissement. "Nous, en tant que directeurs, on est là pour simplifier, trouver des solutions pour leur permettre d’y aller". Son enthousiasme répond à celui de Catherine Heitz, à l’origine de l’activité. "J’aime beaucoup la pédagogie de projet, confie-t-elle. On part sur un an, c’est long. Mais cela permet de déployer des trésors d’inventivité, de maintenir la motivation sur le long terme. C’est très intéressant de voir à la fin, un produit fini et concret. C’est ce qui m’anime. Nous exerçons une profession où nous semons de petites pierres. Mais on ne sait jamais ce qu’on laisse ou ce qu'ils prennent. La pédagogie de projet, c’est vraiment quelque chose qui porte".

Christel Prudhomme n'en pense pas moinsD'autant qu'avec sa matière, ils se retrouvent "au cœur de l'action" puisqu'il y a "une volonté", à travers cette expérience, "d'approcher les matières professionnelles""Une fois que l'œuvre est aboutie, il faut pouvoir la vendre et par conséquent la promouvoir". Ainsi, une autre professeure, Céline Baume, se greffe au projet pour le volet communication. Tout comme Raphaëlle Ridarch, professeure documentaliste, qui a aidé les élèves à trouver l'inspiration, pour leur roman policier, en leur prodiguant des conseils de lecture.

Les enseignantes rappellent l’importance de conduire un projet culturel dans un lycée professionnel. "Ils sont moins rodés à cette culture, à la différence de tous ceux qui passent par le lycée général, qui après partent dans des études classiques, rappelle Catherine Heitz. Nous, les matières générales (le français, l’histoire et la géographie), sont des matières mineures : ce ne sont pas les plus gros coefficients en lycée professionnel". Participer à cet atelier d'écriture a donc un indéniable avantage : "Nos élèves sont décomplexés. C’est encore plus passionnant parce qu’on leur donne justement ce goût, le plaisir peut-être de lire, ou encore de regarder un film et d’être capable d’en faire la critique… "

En novembre, leur deuxième atelier a été mené au pas de charge par Mabrouck Rachedi. L’objectif étant de définir, à la fin de la session, les lignes directrices des 14 chapitres du roman policier. "Quand les objectifs ne sont pas clairs, on ne produit pas. J'aime bien fixer des objectifs." Le but sera atteint en dépit d’une interruption conséquente liée à un exercice incendie. "C’était vraiment cool, s’est réjoui Keyvan, heureux d’avoir eu "une très bonne inspiration" pendant la session. C’est "une très bonne expérience" d’être des apprentis écrivains, commentent encore Keyvan, Lucas et Sofya, membres du même groupe.

En décembre et en janvier, le travail d’écriture s’est poursuivi avec une chasse aux incohérences dans le récit. "La difficulté a été de trancher entre plusieurs bonnes idées, se souvient Mabrouck Rachedi. C’est un crève-cœur mais il faut trancher". La dernière séance du 15 février a été "une séance de calage", précise l’auteur. "Les élèves se sont, encore une fois, posé la question de la cohérence. Ça faisait plaisir de les voir s’interroger eux-mêmes sur le sujet. Avoir un regard critique, c’est aussi être enthousiaste. La critique peut être positive. Ils nous ont impressionnés mais ils se sont aussi impressionnés eux-mêmes". Les 24 aspirants auteurs seront en dédicace en juin.

Source : Franceinfo Culture

6 mars 2024

Publication d'un roman posthume de Gabriel García Márquez après un travail d'archéologue de ses fils

Un roman posthume de Gabriel García Márquez est publié ce mercredi 6 mars en espagnol et le 13 mars en France chez Grasset, une œuvre qui était devenue "indéchiffrable" pour le lauréat colombien du prix Nobel rongé par les pertes de mémoire à la fin de sa vie, selon ses fils Rodrigo et Gonzalo, qui ont dû faire un "travail d'archéologue" pour en rassembler les fragments. Ce court roman inédit, Nous nous verrons en août, est publié à l'approche du dixième anniversaire de la mort le 17 avril 2014 de l'auteur de Cent ans de solitude et de L'amour au temps du choléra, couronné du prix Nobel de littérature en 1982.

Le "livre est devenu un peu indéchiffrable" pour l'auteur dans les dernières années de sa vie, marquées par la maladie et les pertes de mémoire, a expliqué Rodrigo. Sur décision de ses proches, les manuscrits ont été conservés au Harry Ransom Center, une bibliothèque de l'université du Texas, aux Etats-Unis. Les avis des universitaires qui ont lu des fragments de l'oeuvre ont finalement convaincu les deux frères de réunir ces épreuves dans un livre posthume, publié le jour anniversaire de la naissance de leur père, qui aurait eu 97 ans mercredi.

"Lorsque nous avons lu les versions, nous nous sommes rendus compte que le livre était bien meilleur que ce que nous pensions. Nous avons commencé à soupçonner que Gabo avait perdu la capacité d'écrire, mais aussi la capacité de lire" et donc "la capacité de juger" ses propres écrits, a expliqué Gonzalo.

Malgré les rumeurs selon lesquelles le roman n'avait pas de fin, les enfants et ayants-droit de l'écrivain affirment que celui-ci avait entièrement développé l'histoire d'Ana Magdalena Bach avant de mourir.

"Le roman était un peu dispersé dans un nombre indéterminé d'originaux, mais il était complet". C'était "un travail d'archéologie" que de rassembler les parties et d'arriver à une fin, a ajouté Gonzalo.

Rodrigo l'assure, il n'y a pas d'autre roman caché du père du réalisme magique, de sorte que Nous nous verrons en août est le "dernier survivant" de son univers littéraire. La version espagnole est publiée dans plusieurs pays ce mercredi 6 mars. La version française sortira le 13 mars chez Grasset et la version anglaise le 20 mars. Né le 6 mars 1927 dans la ville d'Aracataca, dans le nord de la Colombie, Gabriel García Márquez, journaliste et écrivain, est l'auteur d'une longue liste de nouvelles et de romans, tels que Chronique d'une mort annoncée et Récit d'un naufragé, qui ont bouleversé la littérature latino-américaine.

Source : BFM TV

3 février 2024

Retrait de la vente d'un ouvrage de Planeta pour avoir créé sa couverture avec l'intelligence artificielle

Couverture IA

Une nouvelle controverse liée à l’utilisation de programmes d’intelligence artificielle (IA) pour créer des images secoue aujourd’hui le monde de l’illustration et, accessoirement, également le secteur de l’édition. Cette fois en couverture de l'édition espagnole du roman historique Jeanne d'Arc, de Katherine J. Chen, publié par Destino, le label du groupe Planeta. Plusieurs librairies ont décidé de retirer le livre de leurs rayons et de le rendre à l'éditeur après mercredi dernier l'illustrateur David López , qui a travaillé pour Marvel et DC en tant que dessinateur de bande dessinée pour les séries Captain Marvel et Catwoman , publiées sur le réseau social X. (anciennement Twitter) un message en huit points censé démontrer que la couverture a été conçue par une IA. Il a pointé, par exemple, un perfectionnisme extrême et des incohérences anatomiques. Contacté par ce journal, Planeta assure que la couverture « a été réalisée par une équipe de designers utilisant des programmes de conception courants qui contiennent depuis longtemps des utilitaires d'IA ».

« Il y a beaucoup de preuves. Toutes les images réalisées par l'IA se ressemblent beaucoup, avec un dessin photoréaliste avec des personnes indescriptibles qui répondent à des canons stricts de beauté : petits nez, pommettes saillantes, cous incroyablement longs et les yeux proviennent de deux personnes différentes. De plus, l'IA a beaucoup de problèmes pour dessiner les parties où les cheveux interagissent avec les oreilles. Le visage a une finition très parfaite, mais l'arrière-plan est flou et il n'y a aucune trace de coup de pinceau", explique David López à ce journal. "Cela semble injuste et pernicieux pour les artistes qui sont déjà écrasés, nous n'allons pas l'accepter", a déclaré Alberto Haj-Saleh, libraire de Casa Tomada, l'un de ceux qui ont rejoint la cause avec La Llama Store, Nuevo Nueve, LES Editorial, Fandogamia ou La Imprenta, entre autres.

Au-delà de l'appréciation esthétique de la couverture, ce que dénoncent les illustrateurs, c'est la décision de l'éditeur de se passer d'illustrateur pour la réaliser avec une machine . "Vous nuisez au travail de beaucoup de professionnels, vous les précarisez, vous les sous-estimez parce que vous préférez une solution qui n'a aucune cohérence par rapport au travail d'un professionnel", explique Carla Berrocal , une illustratrice qui invite les autres artistes à ne pas le faire. travailler avec le label jusqu'à ce qu'il ne s'engage pas à abandonner cette pratique.

"Que l'un des éditeurs avec le chiffre d'affaires le plus élevé décide de faire réaliser ses couvertures par une IA n'est pas éthique", ajoute Berrocal. López ajoute à ce sujet : « Je peux comprendre qu'une personne s'auto-édite pour le publier sur Amazon, je comprends dans une certaine mesure qu'elle utilise cette méthode, mais un éditeur comme celui-ci, avec un lancement puissant, pourquoi faites-vous que?"

La rédaction de Planeta assure cependant que son département art et design est composé de plus de 30 professionnels : « Derrière toutes nos couvertures il y a et il y aura toujours une équipe humaine de designers et de rédacteurs qui travaillent et supervisent les idées. , conception et réalisation des couvertures.”

L'autre gros problème pointé par les professionnels du secteur est que les images générées par l'IA sont nourries par le travail des illustrateurs . Grâce à un robot (algorithme utilisé pour analyser le code d'un site Web à la recherche d'informations), l'intelligence artificielle collecte toutes les informations publiées sur Internet, à partir des images qu'un illustrateur télécharge sur sa page pour se promouvoir auprès des produits du domaine public. « En plus de la précarité, nous avons un problème juridique, ces images n'ont pas de droit d'auteur. Beaucoup de gens vont devoir quitter la profession », déclare López. Berrocal, qui ajoute qu'il s'agit d'un « plagiat » car il n'a pas le consentement des auteurs et leur travail est copié pour obtenir un gain financier. 

Le dessinateur et animateur David Rubín , nominé quatre fois pour le prix Eisner, avance le même argument : « C'est une façon de s'entraider dans le secteur et de faire pression pour que cela n'arrive pas, ou qu'au moins il y ait un prix pour l'éditeur qui décide de retirer l'IA", a-t-il écrit sur son compte X , célébrant la décision des librairies de retirer le livre.

Quant aux libraires, ils précisent qu’ils ne sont pas contre l’IA et comprennent que c’est un outil comme l’était Photoshop en son temps . Leur principal problème, disent-ils, est l'utilisation non rémunérée du travail des artistes : « L'intelligence artificielle s'est nourrie du travail de milliers d'illustrateurs pour générer des pastiches imparfaits sans payer de droits d'auteur. Pourra-t-on détecter les livres écrits par ChatGPT ? Non, de la même manière que nous ne pourrions pas détecter un roman plagié... mais s'il devenait public qu'il a été plagié, nous le retirerions de notre magasin", déclare Kike García, de La Llama Store . L'édition de Destination de Jeanne d'Arc n'a pas l'auteur de la couverture en première page, comme le fait habituellement l'éditeur, dénonce Haj-Saleh : « C'est difficile d'identifier couverture par couverture, mais si les alarmes se déclenchent et que cela n’a pas d’auteur accrédité, nous ne garderons pas le livre.

Source : El Pais

13 novembre 2023

Le prix Wepler Fondation La Poste décerné à Elisa Shua Dusapin

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Le prix Wepler- Fondation La Poste 2023, prix littéraire qui récompense des écrivains émergents, a été attribué lundi 13 novembre à la romancière franco-suisseElisa Shua Dusapin pour Le vieil incendie paru aux Éditions Zoé. C'est le quatrième roman de cette autrice de 31 ans, révélée en 2016 par Hiver à Sokcho. L'histoire : après quinze ans d'éloignement, Agathe, scénariste à New York, retrouve Véra, sa cadette aphasique, dans la bâtisse du Périgord où elles ont grandi. Elles ont neuf jours pour la vider. Les pierres des murs anciens serviront à restaurer le pigeonnier voisin, ravagé par un incendie vieux d'un siècle. Véra a changé, Agathe découvre une femme qui cuisine avec agilité, a pris soin de leur père jusqu'à son décès et communique avec sa sœur en lui tendant l'écran de son smartphone.

Avec son livre La Troisième Main paru aux éditions P.O.L Arthur Dreyfus remporte, quant à lui, la mention spéciale du prix Wepler-Fondation La Poste 2023. L'histoire : le journal d'un jeune Bisontin qui, blessé pendant la Première Guerre mondiale, est opéré par un médecin qui expérimente une technique révolutionnaire de greffe. Il se réveille avec une troisième main, s'enfuit et erre entre France et Allemagne en cachant sa particularité. Cette main supplémentaire l'avantage dans son travail, mais effraie sa jeune épouse. Il est embauché dans un cabaret parisien.

Source : France Info Culture

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