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3 juin 2025

Forte hausses des ventes de livres audio en 2024 aux Etats-Unis

L'enquête sur les ventes de l'Audio Publishers Association, menée par Toluna, montre un retour à une croissance à deux chiffres pour le secteur, avec une hausse du chiffre d'affaires des livres audio à 2,22 milliards de dollars en 2024, soit 13 % de plus que l'année précédente. La croissance des ventes continue d'être tirée par les livres audio numériques, qui ont représenté 99 % du chiffre d'affaires en 2024 et ont progressé de 14 % sur un an. L'enquête consommateurs 2025 de l'Audio Publishers Association, menée par Edison Research, révèle que 51 % des Américains de 18 ans et plus, soit environ 134 millions de personnes, ont écouté un livre audio. On constate une augmentation notable de l'intérêt chez les non-auditeurs : 38 % se disent intéressés par les livres audio, contre 32 % l'an dernier, et le nombre de ceux qui s'y intéressent fortement a presque doublé, passant de 10 % à 18 %.

Le piratage continue d'être une préoccupation et l'Audio Publishers Association travaille activement sur ce problème, notant d'après les données d'Edison que 35 % des auditeurs de livres audio ont écouté un livre audio sur YouTube, contre 27 % en 2023. L'une des principales raisons (76 %) de l'utilisation de YouTube a été citée comme étant la gratuité des produits, qui sont en grande partie piratés.

Une part croissante d'auditeurs cite l'accessibilité comme un facteur clé dans la consommation de livres audio : 72 % déclarent qu'il est important que les livres audio soient disponibles sur leur plateforme d'écoute préférée et 63 % apprécient l'accès via leur application de bibliothèque. La fiction générale représente la plus grande part des revenus par genre et a augmenté de 16 % par rapport aux revenus de 2023. La science-fiction/fantastique, la romance et la non-fiction générale constituent les autres genres les plus importants en termes de revenus. Les plus fortes augmentations annuelles des ventes de genre ont été observées dans les catégories Romance (+ 30 %), Enfants et Jeunes Adultes (+ 26 %) et Science-Fiction/Fantasy (+ 21 %).

La consommation et le nombre de livres audio narrés par l'IA ont augmenté, bien que la volonté d'essayer des livres audio narrés par l'IA ait diminué d'une année sur l'autre, passant de 77 % en 2023 à 70 % en 2025.

 

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22 mai 2025

Publication d’une liste de conseils de lecture avec des livres inexistants par le Chicago Sun-Times

A première vue, c’est une sympathique liste de recommandations de livres qui sent bon l’iode et le sable chaud, comme il en existe tant à l’aube de l’été. Mais vu de plus près, le « Heat Index » (indice de chaleur) publié par le « Chicago Sun-Times » le 18 mai fait frôler l’insolation et l’hydrocution. Car cet article, dicté par ChatGPT ou autre programme d’IA générative, a halluciné des romans qui n’existent tout simplement pas, prêtés à des auteurs existants. Point de « Nightshade Market » de Min Jin Lee recensé dans nos tablettes, ni de « Boiling Point » de Rebecca Makkai ou de « The Rainmakers » de Percival Everett. Au bout de dix occurrences, cinq « vrais » livres : « Bonjour tristesse » de Françoise Sagan, « Beautiful Ruins » de Jess Walter, « Dandelion Wine » (« le Vin de l’été », en français) de Ray Bradbury, « Call Me by Your Name » (« Plus tard ou jamais ») d’André Aciman et « Atonement » (« Expiation ») de Ian McEwan.

Pour le reste, soit les informations ont été mélangées, comme « la Saison des ouragans » de Fernanda Melchor, ici attribué à Brit Bennett, deux autrices dont nous avons vanté les plumes et qui méritent mieux. Soit la machine a carrément inventé des pitchs. Le plus troublant est « The Last Algorithm » (le dernier algorithme) qu’aurait signé Andy Weir, célèbre auteur de science-fiction qui a publié (pour de vrai) le best-seller « Seul sur Mars », adapté au cinéma par Ridley Scott. La promesse du fictif « The Last Algorithm » : « Un programmeur découvre qu’une IA a développé une conscience − et s’en sert secrètement depuis des années pour influencer les événements. » L’intelligence artificielle essaie-t-elle de nous prévenir du cauchemar à venir ?

La fausse liste de lectures d’été est parue deux mois après que le « Chicago Sun-Times », en proie à des difficultés financières, a annoncé une perte de 20 % de ses effectifs après un rachat. Le journal tente de faire amende honorable. Dans un communiqué, la PDG de Chicago Public Media explique : « Cela devrait être un moment d’apprentissage pour toutes les organisations journalistiques : notre travail est valorisé – et précieux – en raison de l’humanité qui le sous-tend. » Le groupe assure travailler pour qu’une telle bourde ne se reproduise jamais, en redéfinissant ses contrats avec des entreprises tierces par exemple.
Cette affaire dystopique en dit long sur la presse et son si fragile équilibre économique. Dans des rédactions vidées par l’avènement d’internet, la chute des revenus publicitaires et le manque d’intérêt général pour le secteur, difficile de trouver encore quelqu’un en mesure d’exercer son métier. Constamment au bord de nouveaux licenciements et menacés de coupes budgétaires, certains journaux survivent comme ils peuvent, à coups de pigistes payés au lance-pierre et d’intelligence artificielle. Dans ce contexte, il n’est pas toujours aisé de maintenir le contrat de confiance avec les lecteurs, qui, après avoir passé une journée au bureau devant des mails écrits par ChatGPT, sont en droit de vouloir lire un journal écrit par un être humain.

Il y a moins d’argent dans la presse, c’est un fait. Nous pouvons essayer d’y sauvegarder quelque chose de gratuit : la décence. Publier une telle liste, en plus de barrer l’accès à une information de qualité aux lecteurs, c’est aussi nier le travail des écrivains, même pas assez respectés pour qu’on cite correctement leurs livres. C’est nier le travail des journalistes littéraires, qui, pour ceux qui subsistent, s’échinent toute l’année à défricher, analyser, critiquer la production éditoriale. Et qui peuvent, le temps venu, dégainer une liste de recommandations sans dommages : cette matière, ils l’étudient toute l’année. Utiliser l’IA, c’est revenir à affirmer que leur travail, tout intellectuel et difficilement quantifiable soit-il, n’a aucune valeur.

Comment fonctionne l’IA générative ? Elle mouline tous les textes existants, calculant quel mot a le plus de probabilités d’apparaître après un autre mot. Elle est, en somme, le cancre qui copie, n’importe comment, sur son voisin. Je pompe donc je suis, comme elle pourrait l’emprunter, ou plutôt le voler, aux Shadoks. Le résultat est parfois éblouissant, parce qu’il s’appuie sur ce que des milliers d’êtres humains ont pensé d’éblouissant. Si la presse, exsangue, n’est plus en capacité de nourrir la bête, ne risque-t-elle pas de tourner à vide ? Peu de livres trouvent aujourd’hui une place dans l’espace médiatique, alors imaginez avec un système qui reprend en boucle ce dont on a parlé ailleurs. Deux péchés graves de l’IA : elle empêche notre connexion entre êtres humains et elle nous fait perdre notre temps. Qu’il s’agisse de corriger une liste inepte ou de chercher un bon bouquin.

Source  : NouvelObs

10 mai 2025

Plus de documents documents américaines abordant la diversité, la lutte contre le racisme ou les personnes transgenres dans les bibliothèques des académies militaires et écoles de guerre américaines

Le Pentagone a ordonné vendredi l’identification et la mise sous séquestre des documents dans les bibliothèques des académies militaires et écoles de guerre américaines qui abordent des thèmes comme la diversité, la lutte contre le racisme ou les personnes transgenres. Cette initiative s’inscrit donc dans la « croisade » du ministère de la Défense pour éliminer tous les contenus et programmes promouvant la diversité. Cela a déjà conduit au retrait de nombreux documents et images de son site internet, notamment ceux sur les pionniers afro-américains comme les pilotes du groupe de chasse des Tuskegee Airmen, qui se sont illustrés durant la Seconde Guerre mondiale.
« Les documents éducatifs qui promeuvent des concepts discordants et une idéologie de genre sont incompatibles avec les missions principales du ministère », indique un mémo destiné aux chefs du Pentagone, aux commandants militaires et à d’autres hauts gradés. Ce document leur demande « d’identifier rapidement tous les documents des bibliothèques potentiellement incompatibles avec sa mission principale », de les mettre sous séquestre pour examen, et « déterminer au final quoi faire de ces documents ».

Source : 20 minutes 

2 mai 2025

Acquisition de l’un des rares altos Stradivarius par la Bibliothèque du Congrès

L’instrument, acheté 30 millions de dollars, sera utilisé lors d’une série de concerts. S’il a fabriqué plusieurs centaines de violons, Antonio Stradivari n’a sorti de son atelier qu’une dizaine d’altos, et chaque vente de l’un de ces précieux instruments représente un véritable événement. La Bibliothèque du Congrès, à Washington, vient d’annoncer avoir acquis le « Tuscan-Medici », fabriqué pour répondre à une commande de Ferdinand de Médicis en 1690 – soit en pleine « période d’or » du luthier de Crémone. Le dernier propriétaire de l’instrument fut Cameron Baird, un philanthrope qui a fondé et dirigé d’importantes institutions musicales aux États-Unis, et qui par ailleurs jouait de l’alto. Après sa mort survenue en 1960, sa veuve l’avait loué à la Bibliothèque afin qu’il soit mis à disposition de musiciens.
Si la Bibliothèque du Congrès a pu acheter cet alto, c’est notamment grâce à un don de 20 millions de dollars du collectionneur David L. Fulton, qui a récemment vendu un violon à un prix record. La famille de Cameron Baird a quant à elle financé les 10 millions de dollars restants. « Nous continuerons à partager cet instrument remarquable avec les États-Unis et le monde entier […] Je suis très reconnaissante aux Fulton et aux Baird pour leur immense générosité », a déclaré la directrice Carla Hayden, dans des propos rapportés par la plateforme The Violin Channel.

L’alto, qui s’appelle désormais « Stradivari Fulton », a rejoint les cinq autres Stradivarius (dont un alto) que possède déjà la Bibliothèque du Congrès depuis une donation de la philanthrope Gertrude Clarke Whittall en 1935. Il sera joué tout au long de la saison 2025-2026, lors d’une série de concerts qui célébreront les cent ans de l’établissement.

Source  : Diapason

24 avril 2025

Don de 160 000 livres aux enfants américains défavorisés par Jeff Kinney

Jeff Kinney a déclaré à USA Today qu'il offrirait 20 000 livres par mois jusqu'à ce qu'il atteigne 160 000 au total aux enfants américains. Cette action se fait en partenariat avec l' association à but non lucratif First Book. C'est une année importante pour Kinney and Abrams Books, qui publie « Journal d'un dégonflé ». Non seulement le vingtième tome approche à grands pas, mais les ventes approchent les 300 millions d'exemplaires. 

« J'adore leur mission et leur philosophie », déclare Kinney, soulignant que First Book veille à proposer des livres variés afin que de nombreux enfants soient représentés. « Beaucoup d'enfants qu'ils aident n'ont jamais possédé de livre. On le voit lorsqu'on donne un livre à un enfant qui n'en a peut-être pas chez lui ; il a du mal à croire qu'il peut le garder et qu'il lui appartient. Parfois, il le serre contre lui par réflexe, car il y tient beaucoup. »

Kyle Zimmer, présidente et directrice générale de First Book, se souvient que « mes propres fils riaient aux éclats lorsqu'ils lisaient les livres de Jeff », a-t-elle déclaré à USA TODAY dans un communiqué.

« C'est le genre de joie et d'amour des livres que nous souhaitons transmettre à chaque enfant », a-t-elle poursuivi. « Nous sommes ravis de collaborer avec Jeff et Amulet/Abrams Books et de consolider notre partenariat de longue date. »

 

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16 avril 2025

L’essor des livres audio dans les bibliothèques américaines

Les livres audio connaissent une popularité croissante dans les bibliothèques publiques américaines, comme le montre une enquête menée en septembre 2024 par l’APA, le Library Journal et le School Library Journal. Près de 500 bibliothécaires ont participé à cette étude, fournissant des données précieuses sur la demande, les budgets et les critères de sélection des formats audio. Les résultats confirment que les livres audio numériques surpassent les formats physiques. Pour les collections adultes, cela représente 70% des circulations d’audio numérique. Cette proportion varie selon la taille des populations desservies : les petites bibliothèques affichent un équilibre 50/50, tandis que les grandes bibliothèques prêtent jusqu’à 90% numérique et seulement 10% physique.
Dans les collections jeunesse, les formats physiques continuent d’afficher une croissance remarquable, avec 54 % des bibliothécaires signalant une augmentation des emprunts. Des innovations comme les Wonderbooks et Playaways semblent stimuler cette tendance, même si les prêts numériques restent majoritaires à 55 %.
Les bibliothécaires indiquent que les livres audio représentent en moyenne 11,8 % des budgets pour les livres audio adultes. La part est de 8,5 % pour les audio livres jeunesse. Pour les collections adultes, 36 % prévoient d’augmenter leurs dépenses, tandis que 41 % estiment qu’elles resteront stables. Les collections jeunesse montrent des budgets majoritairement constants, avec seulement 22 % des répondants prévoyant une hausse. Ces chiffres ne tiennent pas compte des récentes coupes budgétaires annoncées depuis l’arrivée de l’administration Trump. 
Les demandes des usagers et les recommandations professionnelles restent les principaux moteurs des décisions d’emprunt. Les usagers préfèrent clairement les livres narrés par des humains plutôt que les voix générées par l’IA. Le rapport complet est disponible ici.

Source : Idboox

8 avril 2025

70% de la censure de livres aux Etats-Unis provoquée par des élus

Les interdictions se sont multipliées ces dernières années et plusieurs États, du Texas à la Floride en passant par l'Iowa et l'Utah, ont adopté des lois limitant les acquisitions des bibliothèques scolaires.

Dans son nouveau rapport sur l'état des bibliothèques américaines publié lundi, L'ALA a recensé 821 tentatives de censure de livres dans les bibliothèques, les écoles et les universités en 2024. Il s'agit d'une baisse par rapport à l'année précédente, où l'association en avait signalé 1247. La majorité des contestations (70%) proviennent de campagnes organisées ou d'élus alors que seulement 16 % émanent d'un parent, a indiqué l'ALA.

Les livres les plus critiqués, notamment «Genre Queer» de Maia Kobabe et «L'Oeil le plus bleu» de la regrettée Toni Morrison, sont disponibles sur des sites web tels que www.ratedbooks.org et dans des listes compilées par le groupe Moms for Liberty et d'autres militants conservateurs.

«Nous pouvons retracer bon nombre de ces contestations grâce aux listes de livres distribuées par Moms for Liberty et d'autres groupes», a expliqué Deborah Caldwell-Stone, directrice du Bureau pour la liberté intellectuelle de l'ALA.

4 avril 2025

Les livres « exemptés des droits de douane américains »

Mercredi, le président américain Donald Trump a choqué les marchés mondiaux en annonçant une série de droits de douane sur les importations en provenance du monde entier, les marchandises en provenance du Royaume-Uni étant soumises à des droits de douane de 10 %. Les industries et les économies se sont efforcées de décrypter la signification de la directive de Trump, et le secteur du livre ne fait pas exception, les libraires et les distributeurs anticipant des « problèmes majeurs dans les chaînes d’approvisionnement ».

Des documents publiés par la Maison Blanche après l'annonce de mercredi suggèrent toutefois que les livres imprimés pourraient être exemptés des droits de douane américains en vertu du Premier Amendement. Ces  documents tarifaires comprennent une annexe d'exemptions ( disponible en intégralité ici ) qui inclut « les livres, brochures, dépliants et imprimés similaires imprimés en feuilles individuelles, pliés ou non », ainsi que « les dictionnaires et encyclopédies imprimés et leurs publications en série » et « les livres, brochures, dépliants et imprimés similaires imprimés, autres que sur feuilles individuelles ».

Meryl Halls, directrice générale de la Booksellers Association, a déclaré à The Bookseller : « Bien que les livres semblent heureusement exemptés des récents tarifs douaniers américains, l'effet d'entraînement économique perturbateur qu'ils provoquent restera une réelle préoccupation pour la plupart des librairies – s'il exacerbe la crise du coût de la vie et érode davantage la confiance des consommateurs. »

Elle a ajouté : « Les librairies du Royaume-Uni et d'Irlande continuent de jouer dans la cour des grands, offrant une valeur ajoutée exceptionnelle aux économies de destination shopping, aux communautés locales et aux industries créatives nationales, malgré des marges financières de plus en plus faibles pour nombre d'entre elles. Par conséquent, la Booksellers Association continue de faire pression sur le gouvernement pour qu'il aille plus loin et mette en œuvre des réformes plus importantes sur les taux d'imposition des entreprises et les contrats de location afin de renforcer les librairies grâce à des dispositifs de soutien concrets pour les aider à traverser cette conjoncture économique mondiale complexe et à continuer de se concentrer sur ce qu'elles font le mieux. »

On pense que l'exemption des livres des droits de douane fait référence au premier amendement du gouvernement américain sur la liberté d'expression, qui inclut la liberté de recevoir et de diffuser des informations et des idées, y compris par le biais de livres.

Le président Trump a lui-même été un fervent défenseur du principe de la liberté d’expression et, bien qu’il n’existe aucun précédent juridique spécifique ou disposition statutaire créant une exception au Premier Amendement aux tarifs sur les livres, le principe pourrait sans doute être utilisé pour contester les tarifs restreignant la circulation de l’information s’ils étaient imposés.

Certains grands éditeurs contactés par  The Bookseller ont jusqu'à présent refusé de commenter les implications des droits de douane américains, affirmant qu'il était trop tôt pour prédire leur impact. Cependant, les services de distribution et les libraires avertissent que l'incertitude engendrée par les droits de douane rendra plus difficile l'accès des livres aux États-Unis, même si l'exemption est prouvée.

Davinder Bedi, directeur général de BookSource, a déclaré à  The Bookseller : « Le plus gros problème pratique actuellement est l'information. Personne ne sait ce qui se passe. Personne ne dispose des détails les plus précis. Ou alors, les détails les plus précis sont assez difficiles à trouver, s'ils existent. »

J'ai discuté avec plusieurs de nos principaux clients qui expédient régulièrement de grandes quantités de marchandises aux États-Unis, et ils cherchent encore désespérément des informations. Le point positif est que cette quête d'information repose sur une approche très collégiale. Actuellement, les éditeurs, les distributeurs et les transitaires tentent de devenir des experts avec très peu d'informations.

22 mars 2025

Un accès restreint « non fondé » pour les Canadiens à la bibliothèque Haskell

« Incompréhensible » et « antiaméricain ». Quelques citoyens américains sont venus témoigner leur soutien aux Canadiens, vendredi, après que l’administration Trump a annoncé la fin d’une règle non écrite centenaire permettant à ces derniers d’accéder librement à une bibliothèque à cheval sur la frontière entre le Canada et les États-Unis.

« Ça me crève le cœur. Ce que Donald Trump est en train de faire est une tragédie, ça pousse le Canada à devenir un allié de la Chine plutôt que des États-Unis, leur allié de toujours », a déploré Gus, un citoyen américain venu lire un discours enflammé devant la bibliothèque centenaire.

La bibliothèque et salle d’opéra Haskell, à Derby Line, au Vermont, est unique en son genre. La frontière canado-américaine y passe littéralement entre deux rangées de livres pour enfants. Sa porte d’entrée est située à une dizaine de mètres de la frontière sur le territoire américain, mais les Canadiens ont toujours pu y accéder sans devoir se soumettre au préalable à un contrôle au poste-frontière, pourvu qu’ils s’y rendent en restant sur le trottoir d’une petite rue transfrontalière. Des caméras installées du côté américain surveillent les allées et venues depuis plusieurs années. Mardi, la direction a cependant été informée par des responsables américains que cette entente historique ne tient plus. La décision fait suite à une visite récente de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, et de représentants de l’U.S. Border Patrol, qui ont évoqué des risques de sécurité en discutant devant ses dirigeants.

« C’est absolument non fondé », déplore la députée fédérale de Compton–Stanstead, Marie-Claude Bibeau.

« Je veux juste dire que je suis absolument contre cette décision, c’est totalement antiaméricain », dénonce pour sa part Penny Thomas, une Américaine de Newport, au Vermont, venue manifester pancarte à la main devant l’immeuble.

La fin de l’entente historique force l’établissement, qui est entièrement financé par des dons du public, à construire une nouvelle entrée pour les usagers canadiens. Une sortie de secours qui se trouve sur le côté de l’immeuble, sur le sol canadien, sera convertie en porte d’entrée.

« On estime que ça va coûter plus de 100 000 $ », indique la présidente de la fiducie qui chapeaute la bibliothèque, Sylvie Boudreau.

Une campagne de sociofinancement a été lancée, et les administrateurs ont sollicité différents ordres de gouvernement pour obtenir de l’aide financière.

« Vous pouvez aussi encourager la bibliothèque et salle d’opéra en participant à nos activités. Venez voir nos films, nos spectacles, amenez vos enfants. Pour nous, à l’intérieur de la bibliothèque, malgré cette fermeture, c’est business as usual », affirme Mme Boudreau.

Dans le petit village frontalier de Stanstead, où les citoyens passent régulièrement d’un côté à l’autre de la frontière pour faire des courses ou participer à des activités sportives ou sociales, la fin de l’accès libre à la bibliothèque revêt un caractère hautement symbolique.Dans le petit village frontalier de Stanstead, où les citoyens passent régulièrement d’un côté à l’autre de la frontière pour faire des courses ou participer à des activités sportives ou sociales, la fin de l’accès libre à la bibliothèque revêt un caractère hautement symbolique.

« Cette façon de faire témoigne de la coopération et de l’amitié de nos deux pays », dit le maire, Jody Stone, qui reconnaît son impuissance à faire reculer l’administration Trump dans ce dossier. « Peu importe ce que fera cette administration, nous sommes amis pour toujours. Ce n’est pas un homme à lui seul qui va enlever ça. Nous buvons la même eau, partageons le même système d’égouts », souligne le maire.

« Bien que cette nouvelle n’ait aucun sens, elle ne viendra pas miner la merveilleuse relation qui unit nos deux communautés », croit aussi la députée Marie-Claude Bibeau.

Source : La Presse 

18 mars 2025

Suppression de l’agence dédiée au financement des bibliothèques par Donald Trump

Le 14 mars 2025, le président américain Donald Trump a signé un décret exécutif qui prévoit de supprimer sept agences fédérales jugées « inutiles », dont l’Institute of Museum and Library Services (IMLS), l’unique organisme fédéral dédié au financement des bibliothèques et musées aux États-Unis par le biais de subventions, d'un soutien à la recherche et d'initiatives de politique publique.

Cette décision, qui s’inscrit dans une politique générale de réduction de la bureaucratie fédérale de la part de Donald Trump, suscite une vive opposition du secteur, notamment de l’American Library Association (ALA), la principale organisation professionnelle des bibliothécaires, qui a publié un communiqué revendicatif à cette occasion. Selon elle, cette décision mettrait en péril le financement, et donc les dispositifs et services proposés aujourd'hui, des 125 000 bibliothèques du pays.

Avec un budget de 295 millions de dollars en 2024, l’IMLS finance des bibliothèques et musées, en particulier dans les zones rurales et défavorisées qui bénéficient de dispositifs d’alphabétisation, d’accès à internet et d’aide à l’emploi, par exemple. Le décret signé par Donald Trump impose la suppression de toutes ces fonctions non obligatoires et la réduction des services restants au strict minimum légal.

En réponse, l’ALA demande au président Trump d’annuler cette décision et exhorte le Congrès ainsi que les citoyens à défendre le financement des bibliothèques. Elle les invite à contacter leurs représentants politiques et à se mobiliser dans les espaces publics. Dans son communiqué, l’association souligne que « 0,003 % du budget fédéral » est transformé en programmes et services qui suscitent 1,2 milliard de visites en personne chaque année, ainsi que de nombreuses autres visites virtuelles.

Source : Archimag

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