Il est selon les experts « le plus ancien livre de textes liturgiques chrétiens », incluant notamment la Première épître de Pierre ou le livre de Jonas. Écrit en copte sur du papyrus entre le milieu du IIIe et le IVe siècle, un très vieux manuscrit a été vendu aux enchères 3,63 millions d’euros mardi à Londres, a annoncé la maison de vente Christie's. Présenté sous le nom de Crosby-Schøyen, ce recueil est aussi le plus ancien livre appartenant à une collection privée dans le monde. Composé de 51 feuilles (sur les 68 constituant le livre d’origine) préservées aujourd’hui entre des plaques de plexiglas, chaque page contenant entre 11 et 18 lignes écrites sur deux colonnes, ce texte a été rédigé par un scribe unique. Il avait été découvert avec d’autres papyrus et parchemins au début des années 1950 en Égypte et acquis par un collectionneur suisse, Martin Bodmer, avant de changer de mains à plusieurs reprises durant les décennies suivantes.
Ce manuscrit est également « un des rares témoins bien conservés » de l’apparition du livre comme moyen de transmission de textes, selon une technique qui évoluera peu jusqu’à l’invention de l’imprimerie au XVe siècle, a précisé la maison de vente. Il doit son nom à une donatrice américaine Margaret Reed Crosby, ayant permis à l’université du Mississippi de l’acquérir, et au collectionneur norvégien Martin Schøyen, son dernier propriétaire.
Cette vente est toutefois loin des records atteints par certains autres manuscrits anciens, comme le Codex Sassoon, la plus ancienne bible hébraïque, vendu l’an dernier pour 38,5 millions d’euros par Sotheby’s à New York. Ou encore les 30 millions d’euros payés par le fondateur de Microsoft Bill Gates en 1994 pour acquérir le Codex Leicester de Léonard de Vinci.
Cela fait déjà un moment que les passionnés de littérature ont trouvé leur communauté sur TikTok, comme en témoigne la popularité du #BookTok. Mais si ce dernier hashtag compile surtout des ouvrages contemporains adressés à la jeunesse, une nouvelle tendance littéraire étonnante rassemble de plus en plus de d’ados autour d’un auteur en particulier : Franz Kafka. Ainsi, cent ans jour pour jour après sa mort (le 3 juin 1924), l’auteur austro-hongrois reste bien vivant sur la plateforme de courtes vidéos. L’engouement des utilisateurs de TikTok autour de Kafka pourrait être un nouvel argument à brandir contre ceux qui pensent que le réseau social n’a que des effets néfastes sur les jeunes. Signe de la récente montée en popularité de l’auteur auprès de la Génération Z, le hashtag #Kafka fait fureur sur l’application et rassemble plus d’un milliard de clics, rapporte Courrier International.
Entre recommandations de ses œuvres et anecdotes sur la vie de l’auteur, la tendance a pris une telle ampleur que les ventes Folio de livres de Kafka ont été multipliées par trois au mois de mai, d’après France Inter.
Très loin des « feel-good books » et des romances qui peuplent le BookTok, l’admiration pour l’auteur du XXe siècle se fait autour de thèmes plus sombres comme la dépression, la solitude et la difficulté des relations humaines.Des sujets qui résonnent bien avec une génération marquée par la pandémie et de plus en plus ouverte aux conversations sur la santé mentale. Kafka aurait effectivement souffert d’anorexie, d’insomnie, de trouble de la personnalité, en plus de dysmorphie corporelle, selon le New York Times.
Ainsi, les jeunes font plus que seulement apprécier la plume de l’auteur, et sont aussi nombreux à s’identifier à sa personne et aux sujets qu’il aborde. ll suffit de passer en revue les vidéos sur le sujet sur l’application pour s’apercevoir que son ouvrage La Métamorphose connaît un succès particulier, puisque beaucoup d’ados semblent se reconnaître dans l’histoire tragique du personnage principal Gregor.
Commercial à la vie ordinaire, celui-ci se réveille un jour métamorphosé en cafard et doit soudain affronter la solitude et le rejet. Forcé de s’isoler dans sa chambre, les parallèles entre l’histoire de Gregor et celle des ados du Covid-19 sont évidents. Le #KafkaTok établit ainsi un pont entre passé et présent, notamment lorsqu’il s’agit des relations amoureuses. Sur l’application, de nombreuses jeunes filles comparent les textos décevants qu’elles reçoivent de la part de leurs crushs avec les lettres d’amour poignantes écrites par l’auteur à Milena.
« Les filles, ne vous contentez jamais du strict minimum. Rappelez-vous que Franz Kafka a littéralement écrit un livre entier de lettres à sa bien-aimée Milena (...) je ne me contenterai tout simplement pas de moins », écrit une internaute sur une vidéo qui a recueilli des milliers de likes.
Sans trop se prendre au sérieux, la Génération Z reste fidèle à elle-même et évoque la figure de Kafka au second degré à travers de nombreux memes, comme la vidéo devenue virale d’un cafard sur le tapis du Met Gala en 2023.
En espérant donc pour ces jeunes passionnés de Kafka, que l’auteur sera au rendez-vous du bac de philo ou de littérature à venir.
L'année 2024 commence avec un signe négatif pour le livre : au cours des trois premiers mois de l'année, l'édition italienne de toutes sortes, c'est-à-dire les romans et essais vendus dans les librairies physiques et en ligne et dans la grande distribution, est en baisse par rapport aux trois premiers mois de 2023. ,1% en valeur, avec des ventes au prix de couverture de 357,2 millions d'euros. En termes d'exemplaires, la baisse a été de 4,8%, avec des ventes de 23 millions d'exemplaires.
Par rapport aux trois premiers mois de 2019, référence pour la période pré-pandémique, l'augmentation est au contraire de 16,5% en valeur et de 13,1% en exemplaires. Il s'agit des données retraitées par le bureau de recherche de l'Association italienne des éditeurs (AIE) sur la base de l'enquête Nielsen BookScan, mises à jour mensuellement et disponibles en ligne sur la page Études et recherches du site Internet de l'AIE.
C'est précisément sur la base de ces données qu'à l'occasion de la Foire Internationale du Livre de Turin, l'AIE organise le 10 mai à 10h30 à la Sala Blu une discussion sur les perspectives pour l'année en cours intitulée "Le marché du livre au premier mois de 2024” : une opportunité d’approfondir les tendances des premiers mois de l’année et en perspective les thèmes et défis du moment, à commencer par l’internationalisation et la grande occasion pour l’Italie d’être l’invité d’honneur 2024 au Livre de Francfort Équitable . En collaboration avec Aldus Up , le programme européen financé par la Commission européenne à travers Creative Europe.
C'est officiel : Naruto passe le cap des 30 millions d'exemplaires vendus en France ! Annoncé par la maison d'édition Kana dans son communiqué, Naruto a été le numéro 1 des ventes en France durant une décennie, avant d'être rattrapé par son rival One Piece. Malgré sa popularité dans son pays natal, jamais le manga n'a atteint cette place au Japon.
Finis depuis 2016, les tomes 1, 2 et 3 du shōnen font pourtant toujours partie du top 5 des ventes de bandes dessinées japonaises sur le marché français. Au-delà de la reconnaissance qu'il obtient dans l'Hexagone, ce positionnement est notamment dû au prix "cassé" de ces trois premiers volets. Pour rebooster les ventes de l'œuvre en France, les trois tomes sont passés à 3 euros depuis la fin du manga, contre 7,10 euros pour les 69 volumes complétant la collection.
Implantée avec l'arrivée de Dragon Ball d'Akira Toriyama, la "japonisation" en France est un véritable phénomène. Le manga de Kishimoto, apparu lui en 2002, devient rapidement incontournable pour les passionnés de la culture nippone. Au coude à coude avec le pirate au chapeau de paille, il s'incline finalement face à ce dernier.
Avec un peu plus de 38 millions de ventes dans l'Hexagone, le manga d'Eiichiro Oda est définitivement le préféré des lecteurs tricolores, et pas seulement... La renommée mondiale du manga est si grande qu'il semble indétrônable. One Piece, c'est plus de 500 millions d'exemplaires vendus à travers le globe, soit deux fois plus que Naruto. À cela, s'ajoute le fait que l'aventure des mugiwaras n'est toujours pas finie...
Quais du Polar, le grand rendez-vous de la planète polar a, du 5 au 7 avril, plus que jamais agité la presqu’îleQuais du Polar, le grand rendez-vous de la planète polar a, du 5 au 7 avril, plus que jamais agité la presqu’île lyonnaise, fêtant cette année son 20e anniversaire. Des salons du palais de la Bourse ou de l’hôtel de ville, jusqu’au siège d’Interpol, en passant par les médiathèques, musées et théâtres de la métropole, les centaines de bénévoles œuvrant à la bonne tenue du festival ont eu fort à faire pour gérer une édition anniversaire qui de l’avis de sa direction « a battu tous les records, et ce dès le vendredi ». A commencer par les libraires partenaires de la manifestation, qui annoncent 330 000 euros de chiffre d’affaires cumulés sur le week-end, soit une augmentation de 15%, d’après la direction de la manifestation. Du coté de l’insondable programmation grand public, dès les premières heures d’ouvertures du vendredi, ce sont littéralement des kilomètres de files d’attentes qui se dessinaient aux abords du palais de la Bourse, camp de base de Quais du Polar, ou s’enchaînaient les dédicaces depuis les stands des libraires partenaires. 135 auteurs en provenance de toute la planète se retrouvaient à Lyon pour cette édition hors normes : Denis Lehane, Ragnar Jonasson, Guillaume Musso, John Grisham, Maxime Chattam, Jo Nesbø… Inutile de préciser que pour certaines rencontres, comme celle réunissant Michel Aussi, Karine Giebel, Bernard Minier et Franck Thilliez pour un focus sur le polar français contemporain, il fallait arriver très tôt pour espérer avoir une place.
De croisières littéraires en escape game, de murder party en projections dans les cinémas lyonnais : c’est une « foule passionnée, enthousiaste et intelligente » qui s’est pressée entre Rhône et Saône pendant trois jours des plus festifs, résume Hervé Le Corre. Et pour cause, dimanche en fin de journée, la direction de l’association Quais du Polar annonçait un nouveau record de fréquentation à plus de 100 000 festivaliers, et plus de 20 000 participants à la fameuse Grande enquête se tenant dans toute la ville. « L’événement affiche aujourd’hui fièrement la richesse de cette double identité : résolument internationale et profondément lyonnaise », résume l’organisation dans un communiqué envoyé dimanche soir. Et de conclure : « l’avenir nous appartient, rendez-vous en 2025 ! lyonnaise, fêtant cette année son 20e anniversaire. Des salons du palais de la Bourse ou de l’hôtel de ville, jusqu’au siège d’Interpol, en passant par les médiathèques, musées et théâtres de la métropole, les centaines de bénévoles œuvrant à la bonne tenue du festival ont eu fort à faire pour gérer une édition anniversaire qui de l’avis de sa direction « a battu tous les records, et ce dès le vendredi ». A commencer par les libraires partenaires de la manifestation, qui annoncent 330 000 euros de chiffre d’affaires cumulés sur le week-end, soit une augmentation de 15%, d’après la direction de la manifestation. Du coté de l’insondable programmation grand public, dès les premières heures d’ouvertures du vendredi, ce sont littéralement des kilomètres de files d’attentes qui se dessinaient aux abords du palais de la Bourse, camp de base de Quais du Polar, ou s’enchaînaient les dédicaces depuis les stands des libraires partenaires. 135 auteurs en provenance de toute la planète se retrouvaient à Lyon pour cette édition hors normes : Denis Lehane, Ragnar Jonasson, Guillaume Musso, John Grisham, Maxime Chattam, Jo Nesbø… Inutile de préciser que pour certaines rencontres, comme celle réunissant Michel Aussi, Karine Giebel, Bernard Minier et Franck Thilliez pour un focus sur le polar français contemporain, il fallait arriver très tôt pour espérer avoir une place.
De croisières littéraires en escape game, de murder party en projections dans les cinémas lyonnais : c’est une « foule passionnée, enthousiaste et intelligente » qui s’est pressée entre Rhône et Saône pendant trois jours des plus festifs, résume Hervé Le Corre. Et pour cause, dimanche en fin de journée, la direction de l’association Quais du Polar annonçait un nouveau record de fréquentation à plus de 100 000 festivaliers, et plus de 20 000 participants à la fameuse Grande enquête se tenant dans toute la ville. « L’événement affiche aujourd’hui fièrement la richesse de cette double identité : résolument internationale et profondément lyonnaise », résume l’organisation dans un communiqué envoyé dimanche soir. Et de conclure : « l’avenir nous appartient, rendez-vous en 2025 !
Quais du Polar, le grand rendez-vous de la planète polar a, du 5 au 7 avril, plus que jamais agité la presqu’île lyonnaise, fêtant cette année son 20e anniversaire. Des salons du palais de la Bourse ou de l’hôtel de ville, jusqu’au siège d’Interpol, en passant par les médiathèques, musées et théâtres de la métropole, les centaines de bénévoles œuvrant à la bonne tenue du festival ont eu fort à faire pour gérer une édition anniversaire qui de l’avis de sa direction « a battu tous les records, et ce dès le vendredi ». A commencer par les libraires partenaires de la manifestation, qui annoncent 330 000 euros de chiffre d’affaires cumulés sur le week-end, soit une augmentation de 15%, d’après la direction de la manifestation. Du coté de l’insondable programmation grand public, dès les premières heures d’ouvertures du vendredi, ce sont littéralement des kilomètres de files d’attentes qui se dessinaient aux abords du palais de la Bourse, camp de base de Quais du Polar, ou s’enchaînaient les dédicaces depuis les stands des libraires partenaires. 135 auteurs en provenance de toute la planète se retrouvaient à Lyon pour cette édition hors normes : Denis Lehane, Ragnar Jonasson, Guillaume Musso, John Grisham, Maxime Chattam, Jo Nesbø… Inutile de préciser que pour certaines rencontres, comme celle réunissant Michel Aussi, Karine Giebel, Bernard Minier et Franck Thilliez pour un focus sur le polar français contemporain, il fallait arriver très tôt pour espérer avoir une place.
De croisières littéraires en escape game, de murder party en projections dans les cinémas lyonnais : c’est une « foule passionnée, enthousiaste et intelligente » qui s’est pressée entre Rhône et Saône pendant trois jours des plus festifs, résume Hervé Le Corre. Et pour cause, dimanche en fin de journée, la direction de l’association Quais du Polar annonçait un nouveau record de fréquentation à plus de 100 000 festivaliers, et plus de 20 000 participants à la fameuse Grande enquête se tenant dans toute la ville. « L’événement affiche aujourd’hui fièrement la richesse de cette double identité : résolument internationale et profondément lyonnaise », résume l’organisation dans un communiqué envoyé dimanche soir. Et de conclure : « l’avenir nous appartient, rendez-vous en 2025 !
Avec près de 212 millions de dollars canadiens de recettes en 2023, le marché du livre francophone progresse de 2,3% en valeur au Québec avec un recul de 0,8% en volume, à 6 198 849 exemplaires, selon les chiffres de la BTLF publiés mardi 5 mars. Le 12ᵉ bilan annuel de la Société de gestion de la banque de titres de langue française, issu des données de Gaspard, l’outil de suivi des ventes hebdomadaires de livres dans la province, fait état d’une progression de la Littérature adulte (+1,6%) et Jeunesse (+3,5%). Ces deux rayons représentent plus de la moitié (51%) des ventes en librairie. Ces résultats sont au crédit d’une édition étrangère dynamique (4,1%) qui représente 44,6% de part de marché au Québec.
Alors que la littérature locale baisse, pour la deuxième année consécutive, de près de 3%, les ventes de littérature étrangère progressent de près de 6%. Particulièrement spectaculaire, le secteur de la Romance augmente de plus de 53% en un an. Après avoir enregistré un score similaire en 2021 (+52,4 %), elle affichait l’an dernier un gain de +8,9 % dans un marché général de littérature en perte de valeur (-1,8 %). Les nouveautés représentent 36,7% des ventes, dont plus de la moitié (53,4%) au rayon Littérature.
La BD poursuit sa croissance avec 4,9% d’augmentation des ventes en valeur en 2023. La BD européenne est catalysée par le 40ᵉ volume d’Astérix, L’Iris blanc, à peine débarqué fin octobre dans le marché et qui décroche en dix semaines de vente le titre du livre le plus vendu de l’année dans Gaspard.
Comme en France, le marché du livre pratique a fléchi en 2023, avec un repli des ventes de 13,6%. Sa part de marché en librairie affiche désormais sa plus faible valeur jamais enregistrée dans nos bilans, à 6,8 %.
Dans le même temps, le marché du livre anglophone au Québec a représenté un peu plus de 51 millions de dollars et 2 201 522 exemplaires vendus. Par rapport à 2018, le prix de vente des livres dans les 239 points de vente (près de 60% du marché) composants le panel de Gaspard a augmenté en moyenne de 16% pour l’édition canadienne et 9,3% pour l’édition étrangère.
Il y a des lecteurs argentins qui reviennent ces jours-ci aux ouvrages qu'ils ont déjà dans leur bibliothèque ; d'autres qui choisissent d'acheter des livres d'occasion ; certains ont emprunté ; Certains choisissent de télécharger la version numérique piratée. Mais beaucoup ont arrêté d'acheter des exemplaires neufs en librairie, où les ventes ont chuté d'environ 30% en janvier, selon différents acteurs du secteur qui estiment une baisse encore plus prononcée pour février. La crise économique en Argentine , qui est aujourd'hui le pays où l'inflation est la plus élevée, a vidé les poches des citoyens et l'achat de livres devient de plus en plus inaccessible : un salaire minimum dans ce pays d'Amérique du Sud permet d'acheter 13 publications tandis qu'en Espagne, on en achète 63.
Gustavo López, l'éditeur chez Ediciones Lux , a lui-même cessé d'acheter des œuvres de poésie, des romans, des essais... « Nous sommes aussi des lecteurs et nous savons ce que coûte un livre. Bien qu’il s’agisse d’un objet de grande nécessité, nos poches ne sont pas aujourd’hui en mesure de payer le coût d’un livre. López, qui dirige une petite maison d'édition fondée dans les années 1990 dans la ville de Bahía Blanca, au sud de la province de Buenos Aires, affirme que « les derniers mois ont été terribles » pour le secteur : « Les ventes ont chuté énormément et la production les coûts des livres se sont multipliés. Lors de la dernière foire à laquelle nous sommes allés, Edita, nous vendions normalement 200 livres et cette fois nous n'avons pas atteint 60″.
La Chambre argentine du livre (CAL) estime que la baisse des ventes de livres en janvier a été « proche de 30 % », selon Juan Manuel Pampín, président de la chambre et des Ediciones Corregidor. "Le déclin s'accentue encore plus", anticipe Pampín avant la publication du rapport annuel du secteur, qui enquête sur les librairies et les éditeurs en Argentine. L'éditeur exprime l'« inquiétude » largement répandue parmi ses collègues : « Notre industrie arrive en troisième ou quatrième place après le paiement de la nourriture , des services, du loyer, de l'habillement... Nous allons nous retrouver dans une situation complexe.
À la librairie Cúspide, par exemple, l'une des grandes chaînes du pays, les ventes ont augmenté en 2023, mais ont chuté de 18 % en janvier par rapport à l'année précédente. Pour trouver une baisse similaire, il faut remonter à octobre 2020, pendant la pandémie de covid-19 , indique Alejandro Costa, directeur commercial de l'entreprise. Dans les petites librairies, comme Céspedes, à Buenos Aires, la baisse sur un an a été de 30% le premier mois de l'année et sa propriétaire, l'écrivaine Cecilia Fanti, estime qu'elle sera de 45% en février. "La consommation de détail est en chute libre parce qu'elle fait partie du plan d'ajustement du gouvernement et ils ne semblent pas avoir le moindre intérêt pour les politiques liées à la culture et aux industries culturelles", note le libraire.
L'effondrement des ventes de livres est un coup dur pour un pays qui se targue d'avoir l'une des villes avec le plus de librairies sur son territoire : Buenos Aires en compte environ 22 pour 100 000 habitants et dans tout le pays il y en a environ 1 600 au total. Pour l'instant, la fermeture de ces commerces n'apparaît pas comme une menace, selon la Chambre argentine du livre. Certains choisissent même de continuer à les ouvrir. Cúspide, par exemple, a ouvert quatre nouvelles succursales en 2023 et Nativa Libros, qui possédait jusqu'à présent trois magasins à Buenos Aires, a inauguré un nouveau point de vente le 10 décembre, tandis que Javier Milei assumait la présidence. « Heureusement, nous ne manquons pas d’ingéniosité et d’amour des livres. Ouvrir ce nouveau point de vente, dans ce cadre politique et économique, est un acte de foi », déclare Carla Campos, responsable commerciale de la librairie et distributeur.
Les éditeurs et libraires consultés par EL PAÍS sont convaincus que la baisse des ventes est directement liée à la perte de pouvoir d'achat des Argentins en raison de la flambée des prix qui a provoqué la dévaluation de 50% de la monnaie imposée par le gouvernement de Javier . quelques jours après sa prise de fonction. Tout a augmenté en Argentine et les livres ne font pas exception. « Si vous le pouvez, achetez-le maintenant, car le mois prochain, il augmentera encore », telle est la maxime que les clients entendent dans les librairies – et dans n’importe quel commerce –. Les augmentations ont suivi le rythme de l'inflation, qui était de 211,4% en 2023, tandis que les coûts de production ont augmenté encore plus, selon les rédacteurs des petites, moyennes et grandes entreprises consultés. Aujourd'hui, le prix moyen des livres tourne autour de 15 000 pesos (environ 16,5 euros) en Argentine, même si un roman de 600 pages d'un auteur à succès peut atteindre 30 000 pesos, soit le même montant que le cours de sociologie de Pierre Bourdieu . Une personne qui perçoit le salaire minimum dans ce pays sud-américain, qui est devenu 202 800 pesos par mois (environ 220 euros), pourrait acheter, s'il y investissait tout son argent, 13 livres au prix moyen. Avec le salaire minimum en Espagne – 1 134 euros – environ 63 publications pourraient être achetées dans les librairies de ce pays. Au Mexique, un salaire minimum – 7 468 pesos mexicains (405 euros) – suffit pour acheter 28 livres.
« Les prix en euros sont similaires dans les trois pays, la seule grande différence est que les lecteurs argentins, n'ayant pas de cadre de référence, les perçoivent comme quelque chose de cher. Cependant, un livre standard continue de coûter, comme toujours, le même prix qu'un voyage au restaurant ou deux kilos de viande », prévient Carlos Díaz, directeur éditorial de Siglo XXI, une maison d'édition de taille moyenne implantée en Argentine, au Mexique et en Espagne. . « Nous traversons une situation très particulière, avec des augmentations brutales de coûts qui se produisent depuis deux ans, notamment dans le papier, et qui sont devenues complètement déséquilibrées au cours des trois derniers mois. Et les salaires n'accompagnent pas ces augmentations. Les lecteurs ne savent plus ce qu’est un prix raisonnable », explique Díaz.
L'écrivaine argentine Camila Sosa Villada , auteur du best-seller Las Malas , publié chez Tusquets, du Grupo Planeta, a pris pour cible sur Twitter les éditeurs à propos des prix des livres en Argentine : « Voyons, éditeur, si nous baissons le prix des livres. les livres, qui ont également déjà été amortis. A moins qu’ils ne veuillent tuer les auteurs et les éloigner de leurs lecteurs, ce qui me semble très probable au vu des événements récents.» Ce commentaire a provoqué une réaction de la rédactrice en chef Julieta Elffman, qui a demandé de ne pas créer de « confrontations inutiles » entre auteurs et éditeurs, qui « dans des moments comme celui-ci, peuvent être fatales ». L'échange a ouvert un débat : les livres sont-ils chers en Argentine ?
"Pour les argentins, ils coûtent cher", déclare Damián Ríos, rédacteur en chef de Blatt & Ríos, une petite maison d'édition fondée en 2010. "En tant qu'éditeur, je me demande pour qui j'édite : les secteurs de la classe moyenne ne peuvent plus acheter de livres. , sans parler des travailleurs." .
Mais les prix sont inférieurs à ce qu'ils devraient coûter, et cela est dû au fait que les éditeurs argentins n'ont pas traduit les coûts du papier en prix », explique Ríos. Les éditeurs avec lesquels EL PAÍS s'est entretenu conviennent que l'augmentation du prix du papier « n'a donné aucun répit » et estiment que sa valeur représente entre 50 et 70 % des coûts. « Il y a deux grandes usines de papier et il n'y a pas beaucoup de papier car les papiers importés n'entrent pas non plus », explique Ríos.
L'éditeur répartit ensuite les bénéfices de l'ouvrage entre la librairie, qui reçoit environ 45 %, et l'auteur, qui reçoit 10 %.Pablo Braun, propriétaire de la librairie Eterna Cadencia, souligne que les livres sont également devenus chers en dollars et que cela présente un double inconvénient : « Les prix des livres importés en Argentine commencent à être similaires à ceux de la production locale. Cela rend l’importation plus attractive et les éditeurs sont un peu moins protégés. De plus, les éditeurs pouvaient auparavant exporter. Compte tenu de la baisse brutale des ventes, ce serait un palliatif, mais aujourd’hui cela s’est dilué. » Braun précise cependant : « Il est impossible de baisser le prix des livres car il y a beaucoup de coûts. Croire qu’il pourrait être réduit, c’est croire que les éditeurs fixent une prime et les mettent à un prix élevé pour ne pas les vendre, cela n’a aucun sens.»
Pablo Braun, propriétaire de la librairie Eterna Cadencia, souligne que les livres sont également devenus chers en dollars et que cela présente un double inconvénient : « Les prix des livres importés en Argentine commencent à être similaires à ceux de la production locale. Cela rend l’importation plus attractive et les éditeurs sont un peu moins protégés. De plus, les éditeurs pouvaient auparavant exporter. Compte tenu de la baisse brutale des ventes, ce serait un palliatif, mais aujourd’hui cela s’est dilué. » Braun précise cependant : « Il est impossible de baisser le prix des livres car il y a beaucoup de coûts. Croire qu’il pourrait être réduit, c’est croire que les éditeurs fixent une prime et les mettent à un prix élevé pour ne pas les vendre, cela n’a aucun sens.»
Un test décisif pour le secteur sera la Foire du livre de Buenos Aires, qui aura lieu cette année entre le 23 avril et le 13 mai. Pour survivre, les éditeurs de petites et moyennes entreprises, qui éditent 63 % des exemplaires dans le pays, selon la CAL, font le pari de réduire les tirages, « bloqués » à 1 000 exemplaires, ou de reporter les paris les plus risqués en faveur de publications dont la vente est assurée, ce qui rend l'offre plus conservatrice. Certains ont également choisi de créer des collections dans lesquelles le travail manuel prédomine et d’autres, directement, disent qu’ils vont commencer à prier « pour que les choses s’élèvent le plus vite possible ». Les librairies utilisent également des accords avec les banques pour proposer des alternatives de paiement aux clients. «Nous travaillons tous ensemble pour traverser cette période», déclare Carla Campos, de Nativa Libros.
Au mécontentement suscité par la baisse des ventes, l'industrie a ajouté en janvier une autre préoccupation qui a uni une partie du secteur contre le gouvernement de Javier Milei. L’extrême droite a soumis au Congrès en décembre un projet de loi qui, parmi les centaines d’abrogations et de réformes réglementaires proposées, éliminait la loi pour la défense de l’activité du livre, qui établit que les livres doivent avoir un prix uniforme pour la vente au public.
Le rejet par le secteur de ce point de la loi omnibus a été unanime dans un communiqué : « La pluralité et la diversité des librairies est fondamentale (...) Sinon, ce sont les grandes chaînes, les plateformes et les grands magasins qui monopolisent le marché de vente du livre. , éliminer la concurrence, concentrer le marché, déterminer ce qui est lu et, par conséquent, ce qui est publié.
Le projet de loi de Milei a échoué lors du débat législatif et n'a pas encore été discuté. En ce sens, les acteurs de l’industrie poussent un soupir de soulagement, du moins pour le moment. Mais l'inquiétude concernant la baisse des ventes persiste car les mois à venir ne seront pas faciles. "Tout ce que nous sommes en tant qu'industrie de l'édition ne va pas disparaître parce que c'est dans le gène argentin", déclare Braun, "mais l'écosystème du livre et la richesse intellectuelle qu'il génère vont en souffrir".
Le libraire souligne ce qui lui semble évident, à savoir que si l'économie s'améliore, le secteur aussi. Mais il pointe ensuite du doigt un « problème structurel » qui dépasse la situation économique : « Il n’existe pas en Argentine de plan cohérent qui transcende les gouvernements pour encourager les lecteurs. Avec une industrie de plus en plus réduite – avec Netflix, les réseaux sociaux et autres divertissements – la lecture perd.»
24 février 2024, retenez bien cette date. Ce jour-là, Cultura vent des livres jeunesse à 1 euro. Oui, vous avez bien lu, des livres à 1 euro ! Cette opétation est proposée grâce à l'éditeur Lire c’est partir et pas d’entorse à la loi Lang et au prix unique du livre. Cette maison d’édition fondée en 1992 par Vincent Safrat s’est donnée pour objectif de favoriser l’accès à la lecture pour les jeunes. . Depuis 1998, elle édite des livres jeunesse vendus au prix unique de 0,80 € l’exemplaire, sans subvention et sans réaliser de bénéfice mais en couvrant toutes les charges (fabrication, droits d’auteur et d’illustration, personnel et frais généraux). Pour découvrir leur catalogue, cliquez ici.
Une nouvelle controverse liée à l’utilisation de programmes d’intelligence artificielle (IA) pour créer des images secoue aujourd’hui le monde de l’illustration et, accessoirement, également le secteur de l’édition. Cette fois en couverture de l'édition espagnole du roman historique Jeanne d'Arc,de Katherine J. Chen, publié par Destino, le label du groupe Planeta. Plusieurs librairies ont décidé de retirer le livre de leurs rayons et de le rendre à l'éditeur après mercredi dernier l'illustrateur David López , qui a travaillé pour Marvel et DC en tant que dessinateur de bande dessinée pour les séries Captain Marvel et Catwoman , publiées sur le réseau social X. (anciennement Twitter) un message en huit points censé démontrer que la couverture a été conçue par une IA. Il a pointé, par exemple, un perfectionnisme extrême et des incohérences anatomiques. Contacté par ce journal, Planeta assure que la couverture « a été réalisée par une équipe de designers utilisant des programmes de conception courants qui contiennent depuis longtemps des utilitaires d'IA ».
« Il y a beaucoup de preuves. Toutes les images réalisées par l'IA se ressemblent beaucoup, avec un dessin photoréaliste avec des personnes indescriptibles qui répondent à des canons stricts de beauté : petits nez, pommettes saillantes, cous incroyablement longs et les yeux proviennent de deux personnes différentes. De plus, l'IA a beaucoup de problèmes pour dessiner les parties où les cheveux interagissent avec les oreilles. Le visage a une finition très parfaite, mais l'arrière-plan est flou et il n'y a aucune trace de coup de pinceau", explique David López à ce journal. "Cela semble injuste et pernicieux pour les artistes qui sont déjà écrasés, nous n'allons pas l'accepter", a déclaré Alberto Haj-Saleh, libraire de Casa Tomada, l'un de ceux qui ont rejoint la cause avec La Llama Store, Nuevo Nueve, LES Editorial, Fandogamia ou La Imprenta, entre autres.
Au-delà de l'appréciation esthétique de la couverture, ce que dénoncent les illustrateurs, c'est la décision de l'éditeur de se passer d'illustrateur pour la réaliser avec une machine . "Vous nuisez au travail de beaucoup de professionnels, vous les précarisez, vous les sous-estimez parce que vous préférez une solution qui n'a aucune cohérence par rapport au travail d'un professionnel", explique Carla Berrocal , une illustratrice qui invite les autres artistes à ne pas le faire. travailler avec le label jusqu'à ce qu'il ne s'engage pas à abandonner cette pratique.
"Que l'un des éditeurs avec le chiffre d'affaires le plus élevé décide de faire réaliser ses couvertures par une IA n'est pas éthique", ajoute Berrocal. López ajoute à ce sujet : « Je peux comprendre qu'une personne s'auto-édite pour le publier sur Amazon, je comprends dans une certaine mesure qu'elle utilise cette méthode, mais un éditeur comme celui-ci, avec un lancement puissant, pourquoi faites-vous que?"
La rédaction de Planeta assure cependant que son département art et design est composé de plus de 30 professionnels : « Derrière toutes nos couvertures il y a et il y aura toujours une équipe humaine de designers et de rédacteurs qui travaillent et supervisent les idées. , conception et réalisation des couvertures.”
L'autre gros problème pointé par les professionnels du secteur est que les images générées par l'IA sont nourries par le travail des illustrateurs . Grâce à un robot (algorithme utilisé pour analyser le code d'un site Web à la recherche d'informations), l'intelligence artificielle collecte toutes les informations publiées sur Internet, à partir des images qu'un illustrateur télécharge sur sa page pour se promouvoir auprès des produits du domaine public. « En plus de la précarité, nous avons un problème juridique, ces images n'ont pas de droit d'auteur.Beaucoup de gens vont devoir quitter la profession », déclare López. Berrocal, qui ajoute qu'il s'agit d'un « plagiat » car il n'a pas le consentement des auteurs et leur travail est copié pour obtenir un gain financier.
Le dessinateur et animateur David Rubín , nominé quatre fois pour le prix Eisner, avance le même argument : « C'est une façon de s'entraider dans le secteur et de faire pression pour que cela n'arrive pas, ou qu'au moins il y ait un prix pour l'éditeur qui décide de retirer l'IA", a-t-il écrit sur son compte X , célébrant la décision des librairies de retirer le livre.
Quant aux libraires, ils précisent qu’ils ne sont pas contre l’IA et comprennent que c’est un outil comme l’était Photoshop en son temps . Leur principal problème, disent-ils, est l'utilisation non rémunérée du travail des artistes : « L'intelligence artificielle s'est nourrie du travail de milliers d'illustrateurs pour générer des pastiches imparfaits sans payer de droits d'auteur. Pourra-t-on détecter les livres écrits par ChatGPT ? Non, de la même manière que nous ne pourrions pas détecter un roman plagié... mais s'il devenait public qu'il a été plagié, nous le retirerions de notre magasin", déclare Kike García, de La Llama Store . L'édition de Destination de Jeanne d'Arc n'a pas l'auteur de la couverture en première page, comme le fait habituellement l'éditeur, dénonce Haj-Saleh : « C'est difficile d'identifier couverture par couverture, mais si les alarmes se déclenchent et que cela n’a pas d’auteur accrédité, nous ne garderons pas le livre.
Bookshop.org a lancé une nouvelle initiative caritative avec BookTrust, appelée "Read It Forward", dans le cadre de laquelle 10 % de chaque vente d'un livre pour enfants réalisée en février sera reversée à l'association, tout en soutenant également les librairies indépendantes. Lancée le premier jour du mois, à temps pour la mi-trimestre, cette initiative d'un mois vise à encourager les parents, les enseignants, les tuteurs et les éducateurs à envisager d'acheter des livres sur Bookshop.org. L'objectif est « d'inspirer l'amour de la lecture » aux enfants, l'argent récolté par la campagne Bookshop.org étant destiné au travail de BookTrust visant à inciter les enfants à lire, en particulier ceux issus de familles à faible revenu ou de milieux vulnérables.
Lizzie Catford, directrice des livres pour enfants chez BookTrust, a déclaré : « Nous sommes ravis de nous associer à Bookshop.org dans le cadre de l'initiative Read it Forward, une merveilleuse opportunité pour les lecteurs d'avoir un impact significatif. Cette collaboration ne soutient pas seulement les librairies indépendantes, essentielles piliers de notre communauté littéraire, mais contribue également directement à notre mission de favoriser l'amour de la lecture chez les enfants, en particulier ceux qui font face à des défis.
« Chez BookTrust, nous croyons au pouvoir transformateur de la lecture partagée, et les fonds collectés grâce à cette initiative soutiendront notre travail vital en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord. Ce merveilleux partenariat met l'accent sur la force collective des lecteurs, des libraires et des organisations caritatives dans la construction d'un un avenir meilleur en matière de lecture pour tous les enfants. »
Nicole Vanderbilt, directrice générale de Bookshop.org UK, a ajouté : « En février, vous pourrez vous sentir encore mieux en achetant des livres en ligne. Nous sommes extrêmement heureux de lancer une collecte caritative de livres avec BookTrust, marquant notre première collaboration avec eux. Ce mois-ci, nous donnons aux parents et aux éducateurs une raison supplémentaire d'acheter des livres sur Bookshop.org.
"En plus de soutenir les libraires indépendants à travers le Royaume-Uni, nous ferons ce mois-ci un don de 10 % de chaque vente de livres pour enfants à BookTrust, contribuant ainsi à leur mission de développer l'amour de la lecture."