A l'initiative de l'ecole CESAN, et sous la direction artistique de Sophie Dusigne et Donatien Mary, les étudiants de 3e année relèvent le défi de réaliser un livre jeunesse destiné à l'édition, de la conception du projet à la réalisation graphique, en exactement 101 heures. La contrainte dévoilée au premier jour : mettre en scène, s'approprier ou détourner une ou plusieurs fables de La Fontaine. Durant toute la durée de l'événement, du lundi au vendredi, les portes de l'école sont restées ouvertes jour et nuit, et dans l'heure suivant la fin de l'épreuve, les projets réalisés ont été accrochés. Le jury composé de Nadja (auteure), Fanny Michaëlis (auteure), Camille Gautier (éditrice aux éditions Thierry Magnier), Raphaële Botte (auteure et journaliste aux editions Playbac) et Mikhael Allouche (auteur et responsable pédagogique du Cesan) a récompensé les trois projets qui ont retenu leur attention:
Prix de l'Arbre Perché (prix du Jury) :Lounis Ould-Khaled
Prix du Ramage (prix du scénario) : Caroline Lee
Prix du Plumage (prix du graphisme) : Emma Geisert
L'événement s'est clôturé dans la soirée du vendredi après la remise des prix et avec de quoi festoyer après cette semaine studieuse.
La bibliothèque de Fondation Japon de Madrid nous offre des tomes de manga à tous ses visiteurs. Les tomes sont d'occasion, un peu anciens.Vous pouvez trouver une toute espèce de genres : Shôjo,Jôsei, Shônen, Seinen, BLet des mangas pour des adultes. Ils sont rangés dans des bacs par genres et par la présence ou non de furiganapour faciliter la lecture à des étudiants de japonais de niveaux distincts.
Passez par la bibliothèque pendant les heures d'ouverture et emportez-en autant que vous souhaiter.
La housse SolarKindle est disponible en France depuis hier. Elle est commercialisée sur le site de Amazon et coûte 79, 90€.
Elle est développée par l’entreprise SolarFocus et est conçue pour le Kindle 4 exclusivement, et se compose d’une coque rigide dans laquelle on insère le Kindle, d’une connexion directe à l’appareil à la batterie intégrée, d’une couverture équipée de panneaux solaires, et d’une lampe LED qui permet de lire la nuit.
La Publishers Association (Association des Éditeurs britanniques) demande au gouvernement d'abolir le taux de TVA de 20 % sur les livres électroniques en faisant pression sur le Chancelier de l'Echiquier George Osborne. Cela permettra d'aligner la TVA du numérique sur celle du livre imprimé.
Selon une déclaration de la PA, il faut "une action urgente" pour réduire le taux de TVA, puisque le marché du livre électronique grandit "exponentiellement". On devrait traiter des livres électroniques "également" des livres imprimés puisqu'ils possèdent "les mêmes avantages éducatifs, culturels et sociaux".
La déclaration souligne aussi que les librairies électroniques britaniques- seraient à mieux de rivaliser avec d'autres entreprises opérant des pays dans l'UE, tels que la France et le Luxembourg, qui sont allés contre l'avis de l'UE en baissant la TVA sur les livres électroniques à 5 % et à 3 % respectivement.
Guidé par une situation budgétaire difficile, l’arrondissement du Sud-Ouest (Dorval, Canada), comme on sait, a annoncé un changement de mandat pour la bibliothèque Georges-Vanier. À la fin de l’année, on procédera à la fermeture de la section pour adultes. L’annonce a été mal accueillie par des citoyens, qui ont initié une pétition pour inciter l’administration municipale à faire marche arrière. L’arrondissement a décidé de revoir le mandat de la bibliothèque située sur la rue Workman dans la Petite-Bourgogne. À compter de janvier, elle consacrera son action uniquement à la jeunesse – la clientèle des 0 à 13 ans.
La collection adulte sera répartie dans les trois autres bibliothèques de l’arrondissement: Marie-Uguay, Saint-Charles et Saint-Henri. On prévoit que la suppression de postes et les activités regroupées sur un seul étage entraîneront des économies de 135 000$. La bibliothèque continuera cependant d’offrir les services de base aux adultes incluant la réservation de documents par internet et le retour universel de documents. Mais, comme l’on fait valoir des citoyens lors de l’adoption des prévisions budgétaires pour l’année 2012, une bibliothèque n’est pas qu’un simple guichet où l’on emprunte des documents. L’endroit constitue aussi un milieu de vie, un lieu de rencontre, d’échange. D’autres ont insisté sur l’importance de conserver une mixité de la clientèle dans le but de continuer à favoriser les contacts bénéfiques entres les jeunes lecteurs et les adultes.
Les signataires de la pétition, qui circule sur internet, demandent donc que ce projet soit abandonné.
«Les résidents âgés de 14 ans et plus n’auront plus le loisir de la consultation de revues, documents, journaux, CD et DVD», déplorent-ils.
«En tant qu’adultes de la Petite-Bourgogne nous nous sentons dépossédés d’une ressource essentielle à notre développement culturel», peut-on lire dans le texte de la pétition.
La chapelle et les parties attenantes de l'ancien hôpital de Pleurtuit ont été transformées en une magnifique médiathèque, qui ouvrait ses portes mardi matin. Pour une première matinée d'ouverture, ce fut un succès puisque quarante passages et cent quarante-trois prêts ont été enregistrés en deux heures.
Les habitués de l'ancienne bibliothèque ont découvert avec plaisir ces nouveaux espaces lors des visites guidées par Carole Bon, médiathéquaire, et ses collègues, tandis que de nouveaux abonnés réalisaient leur inscription à l'accueil. Tous se sont vus offrir un sac en tissu arborant le logo de la médiathèque pour transporter plus facilement les documents empruntés.
La médiathèque propose plus de douze mille livres, deux mille CD et six cents DVD, ainsi que quarante-quatre abonnements à des journaux et magazines. Chaque abonné peut emprunter sur sa carte quatre livres pour quatre semaines, une revue pour quatre semaines, deux CD pour deux semaines, et un DVD pour deux semaines.
Des chercheurs du MIT ont décidé de mettre les capacités des objets connectés au service des personnes handicapées. Parmi la multitude de projets en gestation dans leurs laboratoires, une équipe de chercheurs du Media Lab a développé la FingerReader, une bague connectée qui permettra aux malvoyants de lire des livres non retranscrits en braille. La Finger Reader se place sur l’index. Grâce à une caméra miniature, il suffit ensuite de déplacer son doigt le long de la ligne de texte sur un livre ou un écran. La caméra détecte le texte et le lit ensuite à voix haute. La taille des caractères doit être au minimum de 12 points. Les chercheurs du MIT ont pensé à tout puisque les capteurs identifient les mots même si l’utilisateur dévie son doigt de la ligne et lui indique comment repositionner correctement son index. La caméra reconnait également lorsqu’une phrase est terminée. La bague se met à vibrer à la fin et au début de chaque phrase. Cette bague connectée fonctionne avec des livres papier mais aussi avec des ebooks sur une liseuse. Pour le moment, la fluidité de la voix n’est pas très engageante mais la FingerReader n’est encore qu’un prototype comme le précise les personnes à l’origine du projet sur le blog du MIT Lab. Cependant, elles étudient la possibilité de la commercialiser dans un avenir proche et la Finger Reader fera certainement l’objet de nombreuses améliorations avant sa sortie.
A l'image du café suspendu en Italie, l'opération "Livre suspendu" du Livre sur la Place a permis d'offrir ce vendredi 2 février 400 romans aux bénéficiaires de l'AARS, Association accueil et réinsertion sociale. Elle choisit trois romans, dont "Veiller sur elle" de Jean-Baptiste Andrea.
"Etant lectrice, c'est un joli cadeau" sourit Rosa. Sharon, elle aussi, tient en main le Goncourt 2023 et découvre la dédicace : "En vous souhaitant bonne lecture, avec toute mon amitié, Jean-Baptiste Andrea". "Oh la la, c'est gentil !" lance-t-elle.
Rosa, Sharon mais aussi Violette, Rayniah, Philippe, Pascal et d'autres ont passé du temps ce vendredi devant les tables de la Boîte à Cuisine à Nancy, où étaient présentés quelques 400 romans offerts grâce à l'opération "Livre suspendu" du Livre sur la Place. Initiée lors de l'édition 2022 du salon littéraire de Nancy et reconduite en 2023, l'opération se calque sur le café suspendu cher aux Napolitains.
"C'est une action philanthropique", rappelle Sarah Polacci, commissaire générale du Livre sur la Place. "On invitait les clients des bars quand ils venaient prendre un café à en payer un deuxième. Le café restait en suspens, en attente d'être offert à quelqu'un qui pousserait la porte de ce bar et n'aurait pas les moyens de se payer un café. J'ai imaginé la même chose avec le livre suspendu : les gens qui fréquentent le Livre sur la Place sont des amoureux du livre et quand on aime les livres, on aime les offrir."
Les visiteurs ont donc été invités à acheter en double le livre de leur choix et c'est ainsi que 400 livres ont été collectés en deux éditions et remis aux bénéficiaires de l'AARS, Association accueil et réinsertion sociale de Nancy. "Les gens ont tellement de préoccupations au quotidien que le livre passe en second plan", souligne Denis Bernard, deuxième vice-président de l'AARS, "redécouvrir un livre, découvrir une histoire, c'est quand même important pour les gens qui sont éloignés de tout."
264. C'est le nombre de librairies que compte l'Occitanie. Auxquels il faut ajouter 265 maisons de la presse et 46 grandes surfaces spécialisées (type FNAC ou Cultura). Pour mettre le chiffre en perspective, l'étude commanditée par Occitanie Livre & Lecture, bras armé de la Région Occitanie sur la filière, rappelle que le Syndicat national de la librairie dénombre 3.500 librairies indépendantes en France. Pour savoir où en est le secteur de l'économie du livre, Occitanie Livre & Lecture a en effet initié deux études, sur le secteur de l'édition et sur celui de la librairie indépendante (réalisées en 2023 sur les données de septembre 2022 à juin 2023, respectivement par le réseau de consultants Axiales et l'organisme Book Conseil). Elles révèlent un poids de l'économie du livre en légère augmentation pour les librairies. Alors que la région est composée à 90% de territoires ruraux, ces derniers accueillent 35% des 264 librairies, dont 50% dans les seuls départements de Haute-Garonne, Hérault et Gard (avec respectivement 55, 42 et 32 librairies). Toutefois, c'est dans le Gers, les Hautes-Pyrénées et le Tarn que la proportion de librairies par habitant est la plus importante (16, 15 et 26 librairies). Un ratio qui est d'une librairie pour 22.630 habitants pour l'ensemble de l'Occitanie.
« Ces chiffres ne sont pas surprenants : un gros pourcentage sur les métropoles et des niches sur les territoires ruraux qui fonctionnent bien car les librairies sont des références culturelles sur des zones où il y a peu d'offre, commente Jérôme Sion, vice-président de Occitanie Livre & Lecture. Notre cheval de bataille, c'est le développement en milieu rural. L'un des modèles est celui de la librairie de Saint-Gaudens (Haute-Garonne, ndlr) qui est devenue un lieu phare de la culture sur le territoire. Ou celle de Sarrant (Gers, ndlr) qui fait de la restauration. Une petite librairie s'est montée dans le cœur de Perpignan autour du polar, et une autre vient de se créer à Auvillar (Tarn-et-Garonne, ndlr). »
45% des librairies sont généralistes, et 25% spécialisées. Les rapporteurs de l'étude affirment que « dans l'ensemble, les librairies sont solvables », avec notamment une petite performance régionale : un taux de retour moyen déclaré de 13,7% quand il est de 20 à 22% ailleurs en France. Deux librairies totalisent à elles seules 48% du chiffre d'affaires cumulé : si l'étude ne donne pas de nom, Occitanie Livre et Lecture confirme qu'il s'agit bien (logiquement) des libraires montpelliéraine et toulousaine Sauramps et Ombres blanches. Le livre pèse pour 88% du chiffre d'affaires total des librairies régionales, et les établissements occitans ont enregistré une hausse générale de leur chiffre d'affaires de l'ordre de 12,4% entre 2021 et 2022. Un chiffre qui recouvre des disparités économiques, notamment une fragilité des librairies réalisant entre un et deux millions d'euros de chiffre d'affaires, dont la rentabilité est mise à mal par des loyers, des masses salariales et des stocks importants, avec des marges commerciales en baisse. Côté emploi, la filière occitane affiche 237 équivalents temps plein, dont 66% de femmes et 84% de CDI, l'étude précisant qu' « un salarié travaille en moyenne 36,7 heures par semaine pour 1.851 euros brut ».
En termes d'aides publiques, les librairies d'Occitanie ont reçu 1,8 million d'euros de subventions cumulées en trois ans (dont la moitié de la Région) pour 647 projets accompagnés au bénéfice de librairies généralistes pour 79% du total des aides. Enfin, 53% des librairies régionales déclarent disposer d'un site internet et 73% d'un site marchand. En 2023, parmi les répondants de l'enquête, seuls 33 ont précisé utiliser une plateforme collaborative, la plus citée étant Placedeslibraires.fr...
Selon l'enquête, les libraires placent en haut du podium des questions de formation, la gestion des stocks, à égalité avec la communication. Viennent ensuite l'animation de rencontres littéraires puis la gestion-comptabilité. Parmi les principaux enjeux de la librairie évoqués, on trouve l'ancrage dans les territoires et donc leur desserte et l'attractivité des points de vente, mais aussi la fidélisation de la clientèle. L'éditrice gardoise du Diable Vauvert, Marion Mazauric, se réjouit néanmoins de constater que « 40% des commandes en librairies sont liées à la volonté de consommer localement, ce qui signe une certaine fidélité des lecteurs ».
En 2021, 22 librairies avaient été créées ou reprises dans la région, et Adeline Barré, responsable du secteur Librairie au pôle Economie du livre de Occitanie Livre & Lecture, fait observer que « ces dernières années, il y a eu moins de fermetures que de créations de librairies, donc pas de crise des vocations ! ». Ce qui fait dire à Marion Mazauric que « l'étude confirme ce qu'on savait : les libraires sont des acteurs du lien social et après le Covid, on a observé un retour de dynamique dans la création de librairies ».
Les libraires affichent une vision « majoritairement positive » de l'avenir, indique l'étude, précisant que « les nombreuses ouvertures observées depuis deux ans en inquiètent certains mais en rassurent d'autres qui y voient une des forces de ce métier dans une nouvelle irrigation du territoire et dans un renouveau de la profession ».
A Montpellier, le groupe de librairies Sauramps est orphelin de direction générale depuis le début du mois de février : Florence de Mornac, qui avait pris le poste en avril 2023, a choisi de partir, « pour raisons personnelles », affirme à La Tribune Jean-François Sportes. Le directeur général du groupe Hugar (holding de l'architecte François Fontès, qui compte notamment l'entreprise Amétis, spécialisée dans le développement de logements locatifs sociaux et acquéreur du groupe de librairies en 2017) assure l'intérim en attendant l'arrivée du nouveau directeur général, un professionnel de la librairie, « identifié Sauramps dont la date d'arrivée n'est pas arrêtée ».
Le groupe, qui emploie aujourd'hui 65 ETP, compte cinq librairies à Montpellier (le vaisseau-amiral place de la Comédie, le centre commercial d'Odysseum, le Musée Fabre et l'université Paul Valéry) et Alès (Gard). François Fontès évoque « un bilan d'exploitationcorrect ».
« Le bilan 2023 n'est pas encore clôturé mais en 2022, Sauramps a réalisé un chiffre d'affaires de 16,5 millions d'euros, avec un résultat d'exploitation à l'équilibre, confirme Jean-François Sportes. 2022 comme 2023 sont des années de transition en raison de la fermeture du magasin d'Odysseum (en janvier 2023 en raison d'un loyer trop élevé, NDLR). Ce qui va avoir un impact sur le chiffre d'affaires en 2023, mais le pop-up de 130 m2 a bien fonctionné, avec un chiffre d'affaires de 500.000 euros en dix mois et de faibles charges d'exploitation. On atterrira au-dessus des 10 millions d'euros. »
La librairie d'Odysseum rouvrira « au plus tard le 16 août 2024 » (avec quelques mois de retard, donc) à l'emplacement de l'ancien Zara, sur 1.400 m2. François Fontès annonce, en marge des rayons livres, « beaucoup d'objets connectés, des arts graphiques et une offre jeunesse », Jean-François Sportes précisant l'ajout d'un corner événementiel « pour tisser du lien avec les industries culturelles et créatives de la région ». Dans un contexte tendu pour bon nombre de commerces, « la filière librairie a marqué le pas en 2022 et 2023, après une bonne année 2021 post-Covid, mais les boutiques du groupe autres qu'Odysseum, dont celle d'Alès qui réalise un chiffre d'affaires de 1,5 à 2 millions d'euros, permettent de résister à l'érosion du chiffre », assure Jean-François Sportes.
A Carpentras dans le Vaucluse, la fréquentation de la bibliothèque-musée Inguimbertine a encore augmenté en 2023. D’après les chiffres communiqués par la direction, 135 196 personnes ont franchi les portes de l’établissement qu’abrite l’Hôtel Dieu, soit une hausse de 14 % par rapport à 2022.
La bibliothèque-musée Ingiumbertine doit son nom à son fondateur, l’évêque Monseigneur d’Inguimbert qui vécu à Carpentras de la fin du XVIIe au milieu du XVIIIe siècle et créa ce lieu hybride. Car à l’origine, l’Inguimbertine, (qui est situé boulevard Albin Durand) abritait les archives municipales anciennes ainsi qu’une bibliothèque de lecture publique et quatre collections muséales.
Ce n’est qu’en 2010, en raison de la vétusté des locaux que la municipalité prend la décision d’installer l’Inguimbertine dans l’ancien hôpital Hôtel Dieu. Aujourd’hui, des manifestations culturelles y sont régulièrement organisées.
51 % des auteurs de bandes dessinées en Espagne gagnent moins de 20 000 euros par an. 78 % des créateurs sont des hommes, 20 % sont des femmes et 2 % sont non binaires. Telles sont quelques-unes des données fournies par la publication Le Livre blanc de la bande dessinée en Espagne , une étude présentée ce jeudi et réalisée par l' Association espagnole du secteur de la bande dessinée , avec le soutien du ministère espagnol de la Culture et de l'Action culturelle. Le document analyse la situation du secteur et propose une série d'initiatives pour promouvoir la production de bandes dessinées dans le pays. L'étude révèle plusieurs chiffres sur le profil du créateur de la bande dessinée. 67% du total est concentré dans la tranche d'âge comprise entre 33 et 52 ans et 71% ont des études universitaires, tandis que 58% ont suivi une formation artistique spécialisée. Le rapport souligne également que seuls 21 % des créateurs indiquent que l'intégralité de leurs revenus provient de leur activité liée à la bande dessinée. Quant aux langues dans lesquelles les bandes dessinées sont écrites, l'espagnol domine avec 94 %, suivi du catalan avec 22 %, du basque avec 8 %, ainsi que du galicien et du valencien avec 4 %. Les données ont été obtenues grâce à la participation de plus de 650 professionnels du secteur.
Alejandro Casasola, président du secteur de la bande dessinée, a expliqué qu'il s'agit de l'étude « la plus ambitieuse » réalisée jusqu'à présent dans ce secteur, qui compte 1 000 artistes espagnols actifs, qui génère 1 500 emplois directs et qui abrite plus de 50 labels. éditeurs spécialisés et plus de 200 librairies spécialisées. « Nous étudions la possibilité de répondre au besoin de mettre en place des aides spécifiques, nous travaillons déjà à son lancement en 2025 (...) La bande dessinée nécessite un traitement et une approche spécifiques. Nous en sommes très conscients et nous sommes déterminés à le soutenir clairement », a déclaré le ministre de la Culture, Ernest Urtasun, lors de la présentation du livre.
« La bande dessinée doit être considérée comme l'un des grands atouts du secteur éditorial espagnol. Il génère plus de 130 millions de chiffre d'affaires et l'année dernière nous avons publié plus de 4 000 nouveaux articles », a déclaré Óscar Valiente, directeur adjoint du secteur et directeur de Norma. Tout au long de ses plus de 250 pages, ce livre blanc se concentre également sur d'autres points comme l'amélioration des liens avec d'autres industries culturelles, c'est-à-dire « permettre » la « communication intersectorielle » et le financement des institutions publiques pour que la bande dessinée espagnole entre sur les marchés des droits audiovisuels.
Selon Valiente, bien que ce secteur soit « en croissance », il « se heurte à la terrible réalité » selon laquelle les artistes doivent exercer leur métier dans des « conditions dignes » : « Nous avons un marché vaste et puissant, mais dépendant du contenu. ce n’est pas ce que nous développons dans notre pays. Seuls 5 % des auteurs ont reçu une aide publique.
"Vivre de la production nationale pour la vendre sur notre marché intérieur est compliqué", a déploré Valiente. Lors de l'événement, María José Gálvez, directrice générale du Livre, Bande dessinée et Littérature, a également reconnu que ce livre blanc était « nécessaire » car il propose une radiographie réalisée avec « rigueur et profondeur » par plus de 650 professionnels.
Les crayons et les feuilles ont fait partie de l’enfance de Valentina Toro, comme tous les enfants. Mais, pour elle, ils avaient une autre dimension. Cette Colombienne, native de Medellín, a vu le jour avec une maladie rare : le syndrome de Holt-Oram. Cette mutation génétique affecte le développement du cœur et des membres. Valentina a donc grandi, mais pas ses bras ni ses mains. Pourtant, cela ne l’a pas empêché de vivre de sa passion, « raconter des histoires ».
« Le dessin a toujours fait partie de moi. Déjà au collège, je dessinais tout le temps, même pendant les cours de mathématiques. Mon mode d’apprentissage passe par le dessin. Mon père est aussi illustrateur, donc c’était un exemple. J’ai fait des études de design graphique puis un master d’écriture créative. Depuis toute petite, je voulais dessiner pour raconter des histoires ».
Valentina remplira alors des tas de carnets avec des croquis et des personnages plus fantaisistes les uns que les autres. Jusqu’au jour, où une histoire, son premier livre, a pris forme pour un devoir scolaire. « Je suis allée à l’ancienne librairie de El Retiro [ville où vivent ses grands-parents, à une heure de route de Medellín, NDLR] avec la maquette de mon livre que j’avais fait pour l’école. J’ai laissé l’exemplaire à la directrice. Elle voulait le lire. Le hasard a voulu qu’une personne de Bogota, qui travaillait dans une maison d’édition, s’y soit intéressé. Elle l’a emporté à Bogota. Plus tard, j’ai reçu un appel pour annoncer la publication de mon livre. » Son premier livre est publié alors qu’elle est encore étudiante. Elle n’avait pas vingt ans.
Ce que Valentina décrit comme un hasard, certains y verront le destin, d’autres de la chance. La jeune Colombienne y voit le fruit d’un travail de longue haleine. Lors de son premier rendez-vous avec la maison d’édition, les choses sont rapidement devenues sérieuses. « Ils ne savaient pas à quoi je ressemblais et encore moins que j’étais atteinte du syndrome Holt-Oram. Quand ils m’ont vue, ce fut le déclic. Pour eux, c’était une autre raison de m’engager. À l’époque, j’étais très gênée, je ne voulais pas qu’on parle que de ça. Car souvent, les gens ne lisaient pas mes histoires. Ils voulaient seulement voir l’artiste qui avait surmonté son infirmité. Et non l’auteure qui travaille durant des mois pour écrire et illustrer un livre. Pour moi, ne pas avoir de bras était normal. Je voulais seulement être illustratrice. »
Mais, Valentina a changé d’avis. Dix ans plus tard et après la publication de neuf livres en Amérique latine, son projet professionnel a évolué. « Aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte que tous mes personnages parlent de la différence, du fait d’être étrange, bizarre. De manière inconsciente, mes histoires sont toutes liées à cette différence qui peut être physique ou dans la personnalité. C’était ma manière de raconter comment on vit dans un corps hors normes. Finalement, je raconte aux enfants comment s’accepter. »
D’ailleurs, à aucun moment de l’entretien, Valentina Toro ne parle de « handicap ». Elle est consciente que « les autres » peuvent être heurtés par son apparence. Mais, elle n’en fait pas une obsession. Elle dédie son temps et énergie à sa passion. Elle vient de développer de nouveaux produits comme une peluche à l’effigie d’un de ses personnages. Elle le tient dans ses bras lorsqu’elle explique son projet « Una en cien mil » (Une sur cent mille).« Ce projet fait référence au nombre de personnes affectées par ma maladie. C’est une manière d’affirmer ma différence et d’en faire une force. Ma différence est un super pouvoir. D’ailleurs, ce pin’s, que je porte, représente ma main avec mes trois doigts ».
Si des critiques ou des regards malveillants ont croisé le chemin de Valentina Toro durant sa carrière d’illustratrice professionnelle, elle n’en laisse rien paraître. En 2013, elle a publié son premier livre illustré Les Péripéties de Violette ; en 2014, Violette et le pinceau enchanté ; et en 2016, L’Oiseau d’ébène. L’illustratrice a également publié l’édition mexicaine de son livre en 2019 : Mon monstre et moi, publié chez Planeta de Libros. Dans ce roman, elle raconte le quotidien d’une petite fille qui n’a pas beaucoup d’amis, mais un monstre qui commence à l’accompagner dans sa vie quotidienne. « Mes livres servent de refuge aux enfants de 8 à 13 ans qui ne se reconnaissent pas dans les histoires classiques. Mes personnages aident ceux qui sont effrayés, perdus ou qui se sentent seuls ».
Ce générateur a été créé dans le cadre d’un projet universitaire qui s’appelle OUPOCO (Oupoco pour Ouvroir de Poésie combinatoire) - et vous allez vite comprendre le clin d’œil à l’Oulipo, l’ouvroir de Littérature potentiel. OUPOCO c’est Thierry Poibeau, directeur de recherche au CNRS qui l’a imaginé avec une petite équipe. Mais attention, il ne s’agit pas de n’importe quel générateur de poèmes : Il s’agit d’un générateur de sonnets, une forme poétique très ancienne et très codifiée. Le projet OUPOCO s’inspire directement d’un livre de Raymond Queneau qui s’appelle Cent mille milliards de poèmes et qui a été publié chez Gallimard en 1961. Il se trouve qu’OUPOCO n’est pas la seule expérimentation numérique qui a été inspirée par cet ouvrage, et s’il y en a eu plusieurs, c'est bien parce que le livre s’y prête particulièrement. Je vais essayer de vous montrer pourquoi. Cent mille milliards de poèmes est un livre très singulier, il faut le manipuler très délicatement. Les 14 vers des 10 sonnets sont inscrits sur des bandes de papier et le lecteur ou la lectrice du livre compose des sonnets à l’envi en déplaçant ces bandelettes avec ses doigts. Queneau écrit dans la préface du livre qu’il a calculé et qu’il y en aurait pour 200 millions d’années pour lire toutes les combinaisons de sonnets possibles et encore, il faudrait lire 24h sur 24. La vraie prouesse de ce dispositif, c'est que quel que soit le sonnet qui finit par être fabriqué, la rime et surtout l’enchaînement grammatical est garanti ! Donc c’est bien plus complexe que les simples poèmes en cadavres exquis que faisaient les surréalistes à l’époque de Queneau…
On rappelle que le poète est membre fondateur de l’OULIPO, ce groupe de recherche expérimental qui a cherché à inventer de nouvelles formes de littératures. Ses membres ont beaucoup imaginé de dispositifs basés sur des jeux de combinaison et de contraintes et puis ils se sont particulièrement intéressés à ce que pouvait faire l’informatique à la langue, à la poésie et à la littérature de manière générale. Et même une initiative de Queneau lui-même avec ses camarades de l’oulipo ! Mais le poète n'a pas été convaincu par cette expérimentation. Il s’est finalement rendu compte qu’il était contre l’aspect mécanique et aléatoire de la sélection automatique. Pour lui, l'œil de la personne qui manipule le livre est essentiel dans le dispositif parce qu’il lui permet de devenir à son tour poète. Il ne s'agit pas seulement de générer des poèmes avec un algorithme pour faire la même expérience que si on lisait le livre, il faut choisir les vers qu’on souhaite voir apparaître dans son sonnet généré.
On peut quand même dire et même si Queneau n’aurait pas été particulièrement d’accord avec ce projet, ni peut-être ses ayant-droits (puisque l’oeuvre est encore soumise au droit d’auteur) - qu’on regrette une édition numérique fonctionnelle officielle parce que le livre est plutôt un objet d’art qu’un livre à lire, il est extrêmement fragile donc on a difficilement accès à ces cent mille milliards de poèmes et ce serait évidemment impossible de tous les imprimer sur du papier... Je dis édition officielle car on trouve quand même quelques versions officieuses sur la toile.
Dans le cadre du générateur de poèmes d’Oupoco, les poèmes de Queneau ont été remplacés par des sonnets du 19e siècle, qui sont à la fois libres de droit et plus variés quant à leur forme et à leur structure. Mais le générateur n’est pas automatique, il fonctionne aussi et surtout grâce aux utilisateurs et aux utilisatrices qui doivent choisir parmi plusieurs contraintes, et ça, c’est une manière de répondre à la méfiance de Queneau ! Ici la personne qui utilise le générateur reste poète puisqu’elle paramètre la machine en faisant des choix qui réduisent l’échantillon des possibles jusqu’à voir apparaître le sonnet généré !
Les utilisateurs peuvent sélectionner le type de sonnets qu’ils souhaitent créer - en tout il y en a 11 différents. Ils peuvent aussi choisir les auteurs et les autrices qu’ils ont envie de voir cités dans le sonnet que le générateur leur offrira à lire (parmi eux Baudelaire, René Vivien, Rimbaud et puis des auteurs moins connus…). Et enfin, ils peuvent choisir un thème (comme la nature, la mort, l’amour, la beauté) et le type de rimes ! Tout ça c’est expliqué sur le mode d’emploi, je vous laisse aller essayer sur le site d’OUPOCO.org et puis je signale que dans le prolongement de ce générateur une boîte à poésie a été créée. La boîte est autonome et alimentée en énergie grâce à une manivelle manuelle suivant toujours ce même principe qui consiste à dire que “Ce n’est pas parce que la génération est automatique qu’il ne faut rien faire”. Une fois le poème généré il s’affiche sur un écran basse résolution intégré au dispositif ! C’est une réalisation qui a été fabriquée en collaboration entre le laboratoire de recherche LATICE où s’est développé OUPOCO, l’informaticienne Marion Ficher et l’atelier Raffard Roussel à Paris où vous pouvez aller voir l'œuvre qui respecte les dimensions du livre de Queneau !
Une assurance de ne pas se laisser tromper. Ce livre a bien été écrit par un humain, et non en quelques heures par une intelligence artificielle : c’est la promesse d’un label auquel est associée la maison d’édition Librinova, qui permet l’auto-édition. Librinova a annoncé lundi dans un communiqué s’être associée au Label Création humaine, une société lancée en 2023 pour certifier qu’une œuvre (écrite, audiovisuelle ou musicale) était bien issue d’un cerveau humain.
Ce service, proposé pour la première fois aux auteurs de Librinova à partir de la mi-janvier, et qui cherche à attirer d’autres éditeurs, permettra d’apposer l’étiquette sur la couverture d’un livre si l’auteur le souhaite.
De plus en plus de livres auto-édités, notamment sur la plateforme Kindle Direct Publishing d’Amazon, sont écrits par un logiciel d’intelligence artificielle générative. Librinova et Label Création humaine estiment qu’il y en a « plusieurs milliers » en France. Rédigés en un temps record, ils souffrent souvent de graves erreurs factuelles, comme le fait régulièrement l’IA générative.
La famille de Léon Gautier, un Français ayant participé au Débarquement du 6 juin 1944, a dénoncé en décembre une biographie publiée sur Amazon par une certaine « Grace Shaw », pleine de contre-vérités. Publié deux jours après la mort de ce héros de la Libération, en juillet 2023, il affirmait entre autres qu’il avait été prisonnier en Allemagne.
A une trentaine de kilomètres de Séoul, la ville de Suwon vient d'inaugurer un immense centre commercial d'une superficie de 331 000 mètres carrés qui s'étend sur 16 étages. Particularité : ce temple de la consommation abrite une bibliothèque qui occupe quatre étages soit une hauteur de 22 mètres. Dotée de plus de 36 000 livres, l'établissement est déjà considéré par les réseaux sociaux comme la bibliothèque la plus Instagrammable en raison de son caractère spectaculaire. Pour le Groupe Starfield qui gère le centre commercial, il s'agit "d'un espace culturel et émotionnel pour se détendre, se rencontrer et se connecter autour des livres".
Pour autant, l'aspect bling bling de la bibliothèque ne fait pas l'unanimité parmi les Coréens.
"Ce n'est pas une vraie bibliothèque" explique un internaute.
"Je suis Coréenne et le pays manque ridiculement d'infrastructures culturelles, à tel point que c'en est gênant" renchérit une habitante. "Quel est l'intérêt de ces fausses bibliothèques touristiques qui n'ont aucun sens ? J'en ai plus qu'assez. Il n'y a pratiquement aucune bibliothèque nulle part qui ne soit pas une bibliothèque pour enfants ou une pièce miteuse se faisant passer pour une bibliothèque. Construisez de vraies bibliothèques."
Il n'a pas été sacré Grand Prix, mais le fauve d'or décerné à son nouveau roman graphique, Monica, est un beau lot de consolation pour Daniel Clowes. Le dessinateur américain de 62 ans raconte la vie d'une femme, de sa naissance dans les années 1960 à sa mort. Le récit, fragmenté en neuf histoires, alterne les époques et les styles graphiques. Loin de se réduire à un exercice de style virtuose, cette bande dessinée qui brouille les pistes se révèle être la plus personnelle de l'auteur, grand connaisseur de l'histoire de la bande dessinée. Ce prix devrait enfin faire connaître Daniel Clowes à un plus large public, comme l'espère son éditeur, Guy Delcourt.
«Le tirage va être démultiplié, c'est une évidence. Mais je suis ravi, c'est une œuvre exigeante. Ça fait partie des œuvres où il faut inciter le lecteur à passer le cap de la lecture, à ne pas être rebuté par un certain niveau de complexité et de sophistication. Un prix, c'est parfait pour ça, ça déclenche l'envie.»
Daniel Clowes, qui vit à Oakland en Californie, n'a pas pu faire le déplacement jusqu'à Angoulême où le Festival va fermé ses portes ce soir, au terme d'une édition qui a attiré un public de nouveau très nombreux.
Le Fauve spécial du jury a été remis à la Française Sophie Darq pour Hanbok, le Fauve de la série à l'Espagnol Alvaro Martinez Bueno et l'Américain James Tynion IV pour The Nice House on the Lake, ou encore le Fauve révélation au Français Matthieu Chiara pour L'Homme gêné. Le Fauve d'honneur a été décerné à la mangaka japonaise Moto Hogio pour l'ensemble de son oeuvre. Le Prix du Public France Télévisions 2024 a été remis à l’espagnole Bea Lema pour son bouleversant roman graphique "Des maux à dire". Le prestigieux Grand Prix de la Ville d'Angoulême avait été remis mercredi à la Britannique Posy Simmonds, pionnière du roman graphique, dont les deux grands succès sont Gemma Bovery (1999) et Tamara Drewe (2007). Pour connaître les prix jeunesse lisez l'article suivant en cliquant ici).
Le Grand Prix de Poésie Robert Ganzo 2023 est attribué à Gérard Macé ! Le prix lui sera remis à Saint-Malo cette année, lors du festival Etonants Voyageurs au Palais du Grand Large de Saint Malo, le dimanche 28 mai..
« Aux salles de lecture qui rappellent trop la lampe et l’étude, à la salle des catalogues où je me suis perdu deux ou trois fois, oubliant presque aussitôt ce que j’étais venu chercher, j’ai toujours préféré la bibliothèque des rues. Avec l’illusion que j’allais trouver là, dans ce dédale à ciel ouvert, un fil d’Ariane et le fin mot de ma propre histoire. Avec l’espoir de rencontrer la chance, cette passante éphémère dont on rêve à chaque instant d’emboîter le pas. » Gérard Macé, Colportage, Gallimard, 2018
Auteur d’une œuvre inclassable et éclectique qui embrasse la poésie, la fiction, l’essai et la photographie, Gérard Macé témoigne dans ses textes d’une vision unique, profondément animée par le vivant et mêlant invention, rêverie et souvenirs. D’une plume onirique, il interroge les liens complexes unissant l’homme au monde vivant, générant d’infinies résonances.
Au nom du poète vénézuélien Robert Ganzo (1898-1995), le Grand Prix de Poésie Robert Ganzo, décerné par la Fondation Robert Ganzo sous l’égide de la Fondation de France, couronne chaque année un poète francophone d’importance, un aventurier du verbe et de la vie, un passeur d’émotions et de défis, un arpenteur de grand large et d’inconnu. Depuis son lancement en 2007, le Grand Prix de Poésie Robert Ganzo est décerné annuellement à Saint-Malo, par un jury d’écrivains, à l’occasion du festival international du livre et du film « Étonnants Voyageurs ». Dotée d’un montant de 10.000 euros (la plus forte dotation pour un prix de poésie), cette récompense distingue, pour un recueil ou l’ensemble de leur œuvre, des auteurs de poésie « en prise avec le mouvement du monde, loin du champ clos des laboratoires formalistes et des afféteries postmodernes ».
La Cour d'appel du 5e circuit des États-Unis a confirmé mercredi l'ordonnance d'un tribunal inférieur visant à bloquer temporairement une loi du Texas qui obligerait les vendeurs de livres aux bibliothèques scolaires à évaluer leurs livres sur le caractère explicite à caractère sexuel. La décision du tribunal jette encore plus d'incertitude sur l'avenir de la loi controversée de l'État – House Bill 900, ou READER Act – qui interdit aux écoles d'acheter des livres considérés comme « sexuellement explicites » et les oblige à acheter auprès de vendeurs qui évaluent leurs livres en fonction du nouvel État. des lignes directrices.
Alors que les partisans du HB 900 affirment qu'il protégera les enfants de l'accès au matériel pornographique dans les bibliothèques scolaires, les critiques ont déclaré qu'il porte atteinte à la liberté d'expression des entreprises et que sa mise en œuvre est déraisonnablement coûteuse.
Plusieurs libraires – dont BookPeople à Austin – et associations de bibliothèques ont poursuivi plusieurs agences d’État en juillet, arguant que le HB 900 était trop lourd et coûteux pour les entreprises. L'arrêt temporaire permettra la tenue d'une audience au cours de laquelle un juge décidera de la constitutionnalité de la loi. En accordant l'audience, la cour d'appel a affirmé sa conviction que le procès des libraires avait de fortes chances d'aboutir. En septembre, un juge de district américain a fait droit à l'appel des libraires visant à suspendre l'application de la loi, décision dont la Texas Education Agency a presque immédiatement fait appel.
En vertu de la loi, les libraires auraient dû envoyer leurs évaluations à la Texas Education Agency avant le 1er avril pour se conformer, une tâche qui, selon beaucoup, n'était pas réalisable. Les plaignants avaient également fait valoir que la loi violait leurs droits à la liberté d'expression du premier amendement, puisque l'État peut être en désaccord avec l'évaluation d'un fournisseur et la modifier.
Le tribunal a rejeté plusieurs arguments avancés par l’État pour s’opposer aux allégations de liberté d’expression, notamment le fait que la tâche d’évaluation des livres est simplement ministérielle et non une expression d’opinio Les audiences se sont déjà révélées controversées, a écrit le tribunal.
"La loi exige que les vendeurs entreprennent des analyses contextuelles, pesant et équilibrant de nombreux facteurs pour déterminer une note pour chaque livre", a écrit le tribunal. « Équilibrer une myriade de facteurs qui dépendent des normes communautaires est tout sauf la simple divulgation d’informations factuelles. »
Cette décision était une excellente nouvelle pour Charley Rejsek, PDG de BookPeople.
« Ils ont reconnu que cette loi, telle qu'elle est rédigée, nous obligerait à consacrer du temps et des efforts à nos activités habituelles », a déclaré Rejsek. "Ce n'était bon pour aucune entreprise."
Rejsek a ajouté que l'évaluation des livres avant la date limite du 1er avril "était complètement impossible à réaliser".
La Texas Education Agency n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires. En vertu de la loi – rédigée par le représentant Jared Patterson, R-Frisco – les vendeurs vendant des livres aux districts scolaires devraient évaluer le contenu sexuellement pertinent ou sexuellement explicite. HB 900 stipule également qu'il est interdit aux écoles d'acheter des livres auprès de vendeurs qui n'utilisent pas le système de notation et qu'elles ne sont pas autorisées à acheter des livres sexuellement explicites.
« Ici, la loi exige que les vendeurs entreprennent un processus factuel consistant à peser et à équilibrer les facteurs pour évaluer le matériel de bibliothèque », a écrit le tribunal dans sa décision. "Ce processus est hautement discrétionnaire et n'est ni précis ni certain."
Le marché du livre a été à peu près stable en France en 2023, année qui a vu la romance décoller, tandis que le manga refluait, selon des chiffres publiés vendredi par l'institut GfK. D'après cet institut qui est la référence pour les ventes de livres, 351 millions de livres neufs ont été achetés dans l'année, soit 4% de moins qu'en 2022. Mais le chiffre d'affaires a légèrement progressé, de 1% à 4,3 milliards d'euros. Le livre a suivi l'inflation globale, avec une hausse des prix aux alentours de 5% dans les deux cas.
D'après GfK, 25,9 millions de personnes en France (âgées de 10 ans et plus) ont acheté des livres en 2023. C'est 7% de moins qu'en 2022. La littérature reste le premier segment du marché, avec 28% des livres achetés, devant la bande dessinée (23%), les livres jeunesse (21%), et les livres pratiques (8%). «Le bilan de la rentrée littéraire 2023 est très positif: +4% en exemplaires achetés et +21% en ventes moyennes au titre», commente une analyste de GfK citée dans le communiqué, Sandrine Vigroux.
En littérature, le genre qui progresse est la romance, avec un doublement des exemplaires vendus, et du nombre de titres qui dépassent 10.000 exemplaires. Elle représente 7% du marché du livre en 2023, et un livre sur neuf en littérature. Le genre remet au goût du jour ce qu'on appelait péjorativement autrefois les «romans à l'eau de rose», avec des intrigues plus osées et des thèmes plus sombres. Il attire très majoritairement des lectrices, et les grands succès sont signés d'autrices. Ses vedettes sont l'Américaine Colleen Hoover (dont «Jamais plus» a été le cinquième livre le plus vendu en France en 2023) et l'Algérienne Sarah Rivens (avec «Captive», dont le tome 1 est 22e, et le tome 2 est 26e).
Le marché a été tiré à la baisse par le reflux de la bande dessinée, qui avait connu des années 2021 et 2022 exceptionnelles. Le manga, en particulier, a reculé de 11%, à 39,6 millions d'exemplaires. GfK souligne que la France reste un marché «dynamique» pour le livre, par rapport à ses voisins européens. «Les Français achètent autant que les consommateurs italiens et britanniques réunis», indique cet institut allemand d'études de marché.
Une librairie d'Exeter (Angleterre) s'est associée à des poètes locaux pour répandre l'espoir dans la ville. Bookbag, une librairie indépendante appartenant à Charlie et Malcolm Richards, a d'abord commencé à exposer dans sa vitrine des poèmes abordant les thèmes de l'amour, de la solidarité et de l'espoir. L'idée, conçue par la libraire et poète Bookbag Sirisha Damarla, s'est désormais étendue au-delà de la librairie et s'est étendue aux vitrines des cafés, des boulangeries et des commerces indépendants d'Exeter. Les poèmes exposés sont inédit et ont été écrits par des poètes de la communauté Bookbag By Night et du groupe local Roots Resistance, dont Aaliyah Kara et Ocean Tawiah, jusqu'au barde d'Exeter Ceri Baker. Des poètes primés comme Salena Godden, Louisa Adjoa-Parker et John Wedgewood-Clarke ont également participé, ainsi que Mohammed Moussa "Le poète de Gaza". La boutique a demandé à chaque poète de partager des œuvres qui représentaient pour eux un « espoir ».
Richards a commenté : « Merci à chaque poète pour sa générosité en partageant ses paroles, à chaque lieu hôte qui a fait de ce spectacle un spectacle à l'échelle de la ville, à Sirisha Damarla et Davina Quinlivan, et à Patrick May qui a donné de son temps pour les concevoir.
Les poèmes peuvent être consultés dans leur intégralité ici .
Le jury du Prix Littéraire 30 Millions d’Amis – composé de Teresa Cremisi, Didier Decoin, Président de l’Académie Goncourt, Irène Frain, Michel Houellebecq, Frédéric Lenoir, Didier van Cauwelaert, Frédéric Vitoux de l'Académie française, Joël Dicker, et la présidente Reha Hutin – était réuni dans le salon Goncourt du restaurant Drouant à Paris. Ces personnalités reconnues ont choisi de récompenser Cédric Sapin-Defour pour son roman « Son odeur après la pluie » paru chez Stoc) et Tom Mustill pour son ouvrage pour son essai « Comment parler baleine » paru chez Albin Michel.
« Ce prix représente beaucoup pour moi, réagit le lauréat. Cela me touche. Ce livre, c'est une histoire d'amour entre deux espèces différentes, un homme et son chien. Si à la fin de la lecture du livre, on appréhende le chien ou tout autre animal comme un être à part entière, c’est formidable ».
La Fondation 30 Millions d’Amis a attribué à Cédric Sapin-Defour un chèque d’une valeur de 3000 euros et à Tom Mustill, un chèque de 1000 euros, qu’ils devront reverser en intégralité à une association de protection animale de leur choix. 14 autres ouvrages étaient en lice : Chercher Sam de S. Bienvenu (éd. Anne Carrière), La course du loup de K. Ekman (éd. Denoël), Varlam de M. Prazan (éd. Rivages), Okavango de C. Férey (éd. Gallimard), Parle-moi de T.C Boyle (éd. Grasset), Ecatepec de C. Brunel (éd. Alma), L'instruction d'I. Sorente (éd. JC Lattès), L'inconscient des animaux de F. Burgat (éd. Seuil), Sangliers, géographies d'un animal politique de R. Mathevet et R. Bondon (éd. Actes Sud), Un billet pour l'arche de R. Nesbit (éd. Autrement), La folie des chats de C. Béata (éd. Odile Jacob), Chanteurs d'oiseaux de J. Boucault et J. Rasse (éd. Les arènes), Eloge de l'alouette de F. Grembert (éd. Arléa) et Pourquoi j'ai choisi d'avoir un chien (et pas un enfant) de H. Gateau (éd. Albin Michel).
En 2022, le prix avait été décerné au roman Le dernier des siens de Sibylle Grimbert (éd. Anne Carrière) et à l’essai Au nom des requins de François Sarano (éd. Actes Sud).
À Sablons, en Gironde, Le Village du livre, plus grande librairie d'Europe, spécialisée dans la livraison de livres anciens, a subi les crues de plein fouet. Une centaine de milliers de livres ont été détruits par la montée des eaux, rapporte France Bleu Gironde. L'immense librairie, qui s'étend sur un hectare, a vécu la plus grande inondation de son histoire. L'eau est parfois montée jusqu'à 80 cm.
"C'est la première fois que l'on perd des livres dans une inondation", déplore Didier Rodriguez, gérant du Village, dont les bâtiments sont bordés par la rivière l'Isle. Les employés avaient pourtant mis en hauteur les ouvrages les plus proches du sol mais cela n'a pas été suffisant, une centaine de milliers de livres sont irrécupérables sur les huit millions de livres qui composent le stock de cette librairie.
"Ils vont être jetés pour faire de la pâte à papier", explique Didier Rodriguez.
Pour le moment le montant des dégâts n'a pas encore été évalué. L'heure est à l'inventaire désormais.
"Rien n'est informatisé de ce côté-là, on va devoir enlever les références une à une, à la main", se désole Andréa, employée dans la librairie. Un travail fastidieux qui va s'étaler sur plusieurs mois, selon les estimations du gérant.
Le prix Médicis du roman francophone 2023 a été décerné au Canadien Kevin Lambert pour son roman Que notre joie demeure, aux éditions Le Nouvel Attila. L’annonce a été faite ce jeudi 9 novembre 2023 depuis le restaurant La Méditerranée, place de l’Odéon à Paris. Il l’a emporté au deuxième tour avec six voix contre quatre à la Marocaine Salma El Moumni, avec Adieu Tanger (Grasset). Les autres candidats retenus étaient Dominique Barbéris pour Une façon d’aimer (Gallimard), Lisette Lombé pour Eunice (Seuil), Richard Morgiève pour La Fête des mères (Joëlle Losfeld), Éric Reinhardt pour Sarah, Susanne et l’écrivain (Gallimard), Neige Sinno pour Triste tigre (P.O.L.) et Elisa Shua Dusapin pour Le Vieil Incendie (Zoé).
De son côté, le prix du roman étranger a été remporté ex-aequo par la Sud-Coréenne Han Kang pour Impossibles adieux et la Portugaise Lidia Jorge pour Misericordia. Elles ont obtenu quatre voix au septième tour toutes deux. Et le prix des essais a été remporté par Laure Murat pour Proust, roman familial. Elle a réuni une majorité absolue au premier tour.
Rakuten Kobo note un temps de lecture en hausse. Pour l’année 2023, l’enseigne constate une augmentation de 29% du temps de lecture chez ses clients par rapport à 2022. La majorité préfère débuter sa lecture aux alentours de 18H. Août est le mois où les lecteurs ont passé le plus de temps à lire sur liseuse. Les lecteurs compulsifs ont beaucoup lu au mois de janvier. La fiction est le genre littéraire le plus plébiscité par les lecteurs, loin devant les autres segments littéraires.
Parmi les bestsellers ebooks, les écrivains français ont la côte. Dans le top 3 on trouve Fils de personne de Jean-François Pasques. Les sept sœurs Atlas l’histoire de Pa Salt de Lucinda Riley et Harry Whittaker etLe Silence et la Colère de Pierre Lemaître. Pour les livres audio, le top 3 se découpe ainsi : à la première place, on trouve Le Silence et la Colère, suivi de Les Sept sœurs. En troisième position La Faille de Franck Thilliez qui remporte la médaille de bronze!
Le premier des deux manuscrits d'un roman qui fit scandale il y a un siècle, Le Diable au corps de Raymond Radiguet, a été vendu aux enchères pour 352.800 euros, a annoncé la maison Christie's mercredi. C'est la seconde fois que son propriétaire tentait de vendre cette pièce de l'histoire de la littérature française. La première, en 2015, il avait échoué, le prix de réserve n'étant pas atteint. L'acheteur est un collectionneur privé qui a tenu à rester anonyme, a précisé Christie's France. L’écrivain prodige Raymond Radiguet, tué à 20 ans en 1923 par la fièvre typhoïde, a laissé deux romans qui ont marqué la littérature du XXe siècle. Le Diable au corps, publié six mois avant sa mort, est le premier et le plus connu. Inspiré de l'expérience de l'auteur, il raconte les amours entre un adolescent et la jeune épouse d'un soldat lors de la Première Guerre mondiale. Cette histoire dramatique, qui fit scandale, aura été adaptée dès 1947 au cinéma par Claude Autant-Lara, avec un couple d’acteurs légendaire, Micheline Presle et Gérard Philipe.
Le manuscrit mis en vente est un premier jet sur un ensemble de 13 cahiers d'écolier, soit 241 pages, que noircit Radiguet en août 1921 à Lège-Cap-Ferret (Gironde). L'héroïne se prénomme encore Alice, comme la jeune femme tombée amoureuse de Radiguet, alors qu'elle deviendra Marthe dans la fiction. Certains passages restent inédits, d'autres diffèrent du texte finalement retenu. Par exemple, Radiguet commença son roman par une phrase finalement barrée: «À l'âge où l'on n'est plus assez suffisamment un enfant et, cependant, rien d'autre, je geignais à l'idée d'une promenade à faire, comme si j'étais le cheval qui eût dû nous porter dans la voiture». Ces cahiers proviennent du legs de Roland Saucier, bibliophile avisé qui dirigea la librairie Gallimard de 1921 à 1964. Un second manuscrit du même roman, sa mise au net, appartient à la Bibliothèque nationale de France depuis 1983, grâce à un legs. Lors de la même vente, une édition originale d'un ouvrage de Thomas et William Daniell qui montre des vues de l'Inde dans les années 1790 et 1800, Oriental Scenery, a été vendue pour 604.800 euros, très loin au-dessus de l'estimation supérieure, à 150.000 euros. Enfin, une édition de 1615 de la deuxième partie du Don Quichotte de Miguel de Cervantès a été adjugée pour 252.000 euros.