Les livres audio connaissent une popularité croissante dans les bibliothèques publiques américaines, comme le montre une enquête menée en septembre 2024 par l’APA, le Library Journal et le School Library Journal. Près de 500 bibliothécaires ont participé à cette étude, fournissant des données précieuses sur la demande, les budgets et les critères de sélection des formats audio. Les résultats confirment que les livres audio numériques surpassent les formats physiques. Pour les collections adultes, cela représente 70% des circulations d’audio numérique. Cette proportion varie selon la taille des populations desservies : les petites bibliothèques affichent un équilibre 50/50, tandis que les grandes bibliothèques prêtent jusqu’à 90% numérique et seulement 10% physique.
Dans les collections jeunesse, les formats physiques continuent d’afficher une croissance remarquable, avec 54 % des bibliothécaires signalant une augmentation des emprunts. Des innovations comme les Wonderbooks et Playaways semblent stimuler cette tendance, même si les prêts numériques restent majoritaires à 55 %.
Les bibliothécaires indiquent que les livres audio représentent en moyenne 11,8 % des budgets pour les livres audio adultes. La part est de 8,5 % pour les audio livres jeunesse. Pour les collections adultes, 36 % prévoient d’augmenter leurs dépenses, tandis que 41 % estiment qu’elles resteront stables. Les collections jeunesse montrent des budgets majoritairement constants, avec seulement 22 % des répondants prévoyant une hausse. Ces chiffres ne tiennent pas compte des récentes coupes budgétaires annoncées depuis l’arrivée de l’administration Trump.
Les demandes des usagers et les recommandations professionnelles restent les principaux moteurs des décisions d’emprunt. Les usagers préfèrent clairement les livres narrés par des humains plutôt que les voix générées par l’IA. Le rapport complet est disponible ici.
Les interdictions se sont multipliées ces dernières années et plusieurs États, du Texas à la Floride en passant par l'Iowa et l'Utah, ont adopté des lois limitant les acquisitions des bibliothèques scolaires.
Dans son nouveau rapport sur l'état des bibliothèques américaines publié lundi, L'ALA a recensé 821 tentatives de censure de livres dans les bibliothèques, les écoles et les universités en 2024. Il s'agit d'une baisse par rapport à l'année précédente, où l'association en avait signalé 1247. La majorité des contestations (70%) proviennent de campagnes organisées ou d'élus alors que seulement 16 % émanent d'un parent, a indiqué l'ALA.
Les livres les plus critiqués, notamment «Genre Queer» de Maia Kobabe et «L'Oeil le plus bleu» de la regrettée Toni Morrison, sont disponibles sur des sites web tels que www.ratedbooks.org et dans des listes compilées par le groupe Moms for Liberty et d'autres militants conservateurs.
«Nous pouvons retracer bon nombre de ces contestations grâce aux listes de livres distribuées par Moms for Liberty et d'autres groupes», a expliqué Deborah Caldwell-Stone, directrice du Bureau pour la liberté intellectuelle de l'ALA.
La consommation de contenus audio en France poursuit sa progression, dopée par une adoption massive chez les jeunes adultes. C’est ce que révèle la cinquième édition du baromètre annuel « Les Français et le contenu audio », publié ce lundi par Audible, en partenariat avec OpinionWay.
Selon cette étude menée auprès de 3 005 personnes, 62 % des Français ont déjà écouté un contenu audio – podcast, série ou livre audio –, contre 55 % en 2020. La dynamique est encore plus marquée chez les moins de 35 ans : 82 % d’entre eux ont recours à ces formats, et plus de la moitié (51 %) écoutent des livres audio. Ce chiffre grimpe à 55 % chez les 20-24 ans, en hausse de 16 points en cinq ans. Audible observe une mutation des pratiques culturelles, où l’audio ne remplace pas, mais complète la lecture papier et numérique. Ainsi, 72 % des auditeurs déclarent lire autant, voire plus, depuis qu’ils consomment des livres audio. Le format agit comme un levier de découvrabilité : 68 % des répondants indiquent avoir découvert de nouveaux auteurs grâce à l’audio, souvent en dehors de leur spectre de lecture traditionnel.
La redécouverte des classiques bénéficie également de cette tendance (lire ci-après). Des titres comme Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, Les Misérables de Victor Hugo ou 1984 de Georges Orwell réinterprété dans une version originale Audible avec Dali Benssalah, Laëtitia Casta et Lambert Wilson, figurent parmi les contenus les plus écoutés en 2024.
Le segment du livre audio se structure autour de genres variés, avec une croissance notable des catégories Développement personnel, Santé, Parentalité et Bien-être, qui séduisent notamment les moins de 35 ans. Ces derniers privilégient également les romans policiers, thrillers et fictions contemporaines. Par ailleurs, 60 % des auditeurs consomment en audio des titres différents de ceux qu’ils lisent en format papier ou numérique, traduisant une complémentarité croissante entre les supports.
Si un Français sur trois écoute des livres audio (31 %), la croissance est avant tout tirée par les jeunes adultes, confirmant le rôle stratégique de cette cible pour les acteurs du secteur. Audible revendique plusieurs succès en 2024, dont des titres de Joël Dicker (Un Animal Sauvage), Guillaume Musso, ou encore Jean-Baptiste Andrea (Veiller sur elle, Prix Goncourt 2023).
Ce basculement générationnel conforte Audible dans sa stratégie de diversification de l’offre audio. « Les livres audio permettent d’élargir l’audience de la littérature et de démocratiser l’accès à des œuvres complexes, tout en répondant aux contraintes du quotidien », résume Aurélie De Troyer, directrice des contenus Audible pour l’Europe.
La filiale d’Amazon reste leader d’un marché français complètement bouleversé après l’arrivée en fin d’année de Spotify. Les deux géants du web se livrent depuis quelques semaines à un combat de stratégie, Amazon venant d’annoncer l’ouverture de son catalogue Audible à ses abonnés Amazon Music, et de visibilité. Aux États-Unis, l’entrée sur le marché de l’audio de Spotify il y a deux ans et demi avait doublé les perspectives de croissance du secteur lors de sa première année de présence.
Le chiffre d'affaires avait augmenté de 6,3 % en 2022, mais de façon artificielle, le prix des livres ayant gonflé de 7,1 %. Alors qu'entre 2023 et 2024, les prix se sont stabilisés (-0,1 %), tandis que le volume des ventes a lui augmenté de 5,2 %. Les éditions de poche sont les principales bénéficiaires de ce dynamisme. Avec une hausse de 7,3 %, le miniformat représente presque les trois quarts des ventes, confirmant que les amateurs de polar lisent énormément, et massivement des poches, surtout lorsqu'ils sont fauchés. En termes de saisonnalité, juillet s'avère un mois particulièrement propice au noir, vacances obligent, mais le mois de décembre se révèle indétrônable. Les fêtes de Noël représentaient 13 à 14 % des ventes annuelles en 2024, selon que l'on parle de volume ou de valeur, avec un point de plus comparé à 2023. Ces fêtes ont été suivies d'un mois de janvier spectaculaire en 2025, avec une hausse de 2 %, alors que l'on continue de redouter mars et septembre, des mois particulièrement en retrait.
Le top 10 des auteurs de polar en grand format ? Franck Thilliez, numéro 1 avec Norferville, chez Fleuve. Un polar dans le grand nord canadien, plus social et moins scientifique qu'à l'accoutumée, qui voit l'auteur de la série Sharko et Hennebelle faire un vrai pas de côté. En deuxième place, Bernard Minier, avec Les effacées, chez XO. La deuxième enquête de sa nouvelle héroïne espagnole, la flic Lucia Guerrero, nous entraîne en Galice sur les traces d'un mystérieux tueur de travailleuses pauvres, tandis que ce printemps on s'arrache le retour de son autre héros récurrent, Martin Servaz, dans H, qui vient de paraître.
Viennent ensuite les Anglo-Saxons, Stephen King chez Albin Michel, Harlan Coben chez Belfond, et Lisa Gardner, encore chez Albin, une habituée de la liste des best-sellers du New York Times, qui s'offre une puissante percée française depuis un an : elle totalise désormais 2 millions d'exemplaires vendus chez nous. Toujours dans le peloton de tête, Maxime Chattam - Albin Michel encore -, et Michel Bussi, qui fait coup double aux Presses de la Cité avec Les assassins de l'aube et Mon cœur a déménagé. Le destin de Folette. Dans ce top 10, en intégrant les versions de poche, Thilliez reste numéro un, mais avec cette fois son roman précédent, La faille, chez Pocket. On voit Fred Vargas réapparaître avec Sur la dalle chez J'ai lu, Jean-Christophe Grangé talonner ceux-là, en onzième position, avec Rouge karma, paru en mai dernier au Livre de poche. Ces lignes statistiques soulignent que les auteurs-locomotives tractent encore l'ensemble du marché, comme c'est le cas depuis des années.
Des auteurs « fétiches », qui confirment que la curiosité ne l'emporte pas en temps de frilosité économique. Le lecteur garde le nez dans son cache-col, et ne prend pas de risque. On le constate de façon récurrente chez Belfond, maison qui s'est mise au noir il y a seulement cinq ans, avec des textes plutôt littéraires. Carine Verschaeve, responsable éditoriale, explique que c'est même devenu un équilibre entre un « public frileux envers ce qu'il ne connaît pas », et les « best auteurs, comme Harlan Coben, qu'on aime aimer, avec qui on aime être ». Coben arrive 11e des ventes avec Sur tes traces chez Pocket, 17e avec Méfie-toi, le grand format. Cette notion de « confort » que procurent les terrains connus - comme le sont les valeurs refuge en économie -, a connu son âge d'or durant la pandémie. Mais on pensait qu'en sortant de la crise sanitaire, la cote serait aussitôt en décrue ; or les « best auteurs » sont restés « les best », avec, pour les Français, la triplette Thilliez-Minier-Bussi.
Selon Carine Verschaeve, les Suédois appartiennent également à cette catégorie de « lectures doudou », puisqu'il s'agit d'une « littérature relativement codifiée ». Dans les étrangers qui caracolent en tête, on trouve les deux Camilla suédoises : Camilla Läckberg, qui revient nous glacer ce mois-ci avec Mirage (Actes Sud) et Camilla Grebe, qui nous plonge dans Les ténèbres de Mörkret (Calmann-Lévy). On note que le virage radicalement féministe pris par Camilla Läckberg depuis La cage dorée paru en 2019, deux ans après l'affaire Weinstein, lui a possiblement permis de garder la tête du classement des ventes dans un secteur où les lecteurs sont une majorité écrasante de lectrices. La belle ascension cette année de Johana Gustawsson, la Marseillaise installée à Stockholm, avec le titre de cet hiver, Les morsures du silence (Calmann-Lévy), aux accents plus féministes que le précédent, L'île de Yule, est sans doute elle aussi amplifiée par cet ancrage. Dans le classement des meilleures ventes, les Français montent de plus en plus haut. Et l'on peut y voir un effet salon-signatures pour des auteurs qui sont plus présents que les étrangers en région lors d'événements littéraires.
Pour Caroline Lépée, l'éditrice de Guillaume Musso chez Calmann-Lévy, le succès massif des auteurs de polar français est dû en grande partie au fait qu'ils écrivent de plus en plus sur des terrains qu'ils connaissent bien, « ce que font les Américains depuis longtemps ». Elle prend pour exemple le succès de Jean-Christophe Rufin avec son enquêteur à imperméable fripé, Aurel le Consul. Au-delà de la légèreté, qui est rare dans le polar, l'ex-diplomate amène une véritable « connaissance du terrain », sans verser dans le roman d'espionnage brut de décoffrage.
Dans cette veine, Caroline Lépée nous annonce le prochain objectif de la maison : Alexandra Julhiet, en mai, avec La fête de l'ours. Après Car un jour de vengeance, paru en 2023, l'autrice amène « une voix de femme, complète et cohérente », affirme Caroline Lépée, qui ajoute détester dire ce genre de choses. Comprenez que son héroïne pense dans le roman comme une femme réelle, c'est-à-dire « des choses qu'on pense toutes et qu'on n'ose pas dire tout haut ». Un village de montagne, des souvenirs d'enfance qui remontent peu ou mal pour une femme dont l'environnement va tourner à l'absurde lors de rites ancestraux ; une fête où, comme à Bayonne, il vaut mieux être dans la rue à 16 heures plutôt qu'après 23 heures... On a hâte. En parlant de pas de côté, et d'ours, Gallmeister, la maison dont c'est le symbole, affiche un Italien à son tableau de chasse, ce qui est suffisamment rare pour être mentionné. « Piergiorgio Pulixi s'installe comme un auteur poids lourd », nous explique Oliver Gallmeister, le patron qui vient de souffler la vingtième bougie de sa maison. « Avec le cinquième tome de sa série des enquêtes de Mara et Strega, Stella, qui paraît ce mois-ci, on n'est plus très loin des 400 000 exemplaires vendus, ce qui place Pulixi juste derrière Erri de Luca, présent depuis trente ans avec près de 50 livres, et bien devant Elena Ferrante. »
Les éditions Gallmeister, lancées grâce au genre autoproclamé du « nature writing », spécialiste de la littérature des grands espaces américains, qui flaire et publie le deuxième Italien le plus bankable de France, un comble ! Et c'est la preuve que l'agilité, dans le polar, paie. « Les auteurs plus littéraires de nos débuts, comme James Crumley ou Larry Brown, sont plus difficiles à vendre aujourd'hui, assure Oliver Gallmeister. Ce qui fonctionne désormais, ce sont les "high concept thrillers". C'est-à-dire des univers futuristes ou en lien avec la SF, comme les multivers, qui utilisent les recettes du thriller », nous apprend-il. Ainsi la trilogie Wayward Pines de Blake Crouch, disponible en poche chez Totem, s'est vendue à 100 000 exemplaires en douze mois. Alors qu'avec Peter Swanson, auteur de Huit crimes parfaits, Gallmeister n'est plus loin de donner, aussi, dans le cosy crime. Mais version rythmée.
« Il faut sortir de la case », corrobore l'éditeur Aurélien Masson, qui, après ses coups de maître à la « Série noire » suivi d'un passage aux Arènes, arrive chez Plon pour ouvrir totalement le champ des possibles. De fait, « le polar commence à intéresser d'autres lecteurs, nous assure-t-on chez Michel Lafon. On assiste à une démocratisation du genre, un décloisonnement. Les frontières sont en train de tomber, ce qui permet la conquête de nouveaux territoires », s'aventure Maïté Ferracci, directrice éditoriale.
« On pensait, il y a peu, que le genre allait se faire écraser par les séries tv, mais les auteurs ont réussi à passer ce cap et ce sont eux que la télé vient désormais chercher », poursuit Florian Lafani, qui est retourné chez Michel Lafon, après un passage chez Fleuve, pour y développer ce genre en « perpétuel changement ». « Le polar, dans les années qui viennent, ça va être le suspense à la croisée des genres », nous dit-on chez Belfond. Le marché va « aux genres très hybrides », approuve Glenn Tavennec, le directeur du label Verso au Seuil, qui regarde désormais vers la Corée, et mentionne au passage les éditions Sonatine, dont l'hybridation a toujours été l'ADN. Marie Misandeau, cofondatrice et tête chercheuse de Sonatine, nous confirme que « le polar utilise de plus en plus souvent l'enquête pour flirter avec les autres genres ».
Elle évoque la trilogie Dernier meurtre avant la fin du monde, de Ben H. Winters, qui vire au fantastique, comme d'autres le font vers l'horreur ou l'angoisse, tel La dernière maison avant les bois, de Catriona Ward, « la chouchoute de Stephen King ». « Quand Ward écrit ses livres, elle se fait peur toute seule ! On est à la limite du possible. Ce n'est même plus du thriller psychologique, mais de l'angoisse pure. » Marie Misandeau tente « un coup » l'automne prochain : « Un livre qui implique totalement le lecteur ». Un fait divers qui se déroule en Grande-Bretagne est raconté dans la première partie, suivie du même vu par l'enquêteur, puis par le juge. « Même si on connaît tous les codes, on se fait berner », conclut-elle à propos de Coupable ! de Hazel Ward.
Des livres « immersifs », doublés d'un certain retour au « mystère ». Plus besoin de meurtre, ni que ça saigne, « parfois même plus de crime, à peine macabre, on revient aux fondamentaux, à Christie, et au sens du mystère », poursuit la cofondatrice de Sonatine. Les codes changent. Ceux des jeunes adultes débarquent, avec un besoin d'être embarqués émotionnellement, d'immersion plus fort, comme dans les séries. « Il faut oublier le monde ancien, la bascule s'opère », certifie Glenn Tavennec. Et quand le polar « sort de la case », que reste-t-il ? Le mystère.
Le CFC reverse plusieurs fois par an, aux auteurs et aux éditeurs, les droits qu’il perçoit auprès des organisations avec lesquelles il a signé une licence qui les autorise à partager légalement des contenus de presse et de livres.
En 2024, le CFC a ainsi mis en répartition 58,4 M€, soit 3,8 M€ de plus qu’en 2023, au titre des rediffusions des contenus de la presse et du livre effectuées par les entreprises et le secteur pédagogique. 45 % des droits reversés concernes le livre. En voici la répartition :
63% pour le livre scolaire,
20% pour le livre universitaire,
9 % pour livre de loisirs,
8 % pour la littérature générale.
Ses droits ont été perçus pour 47 400 livres français. La répartition pour les éditeur a été la suivante :
9 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 1 000 à 4 000 de leurs publications,
80 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 100 à 1 000 de leurs publications,
312 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 10 à 100 de leurs publications,
1 395 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 2 à 10 de leurs publications,
2 541 éditeurs ont reçu des droits de copie pour 1 seule publication.
53 % des droits proviennent de rediffusions numériques de contenus de livres et de presse
Les montants reversés proviennent des droits dus aux auteurs et aux éditeurs pour les rediffusions de leurs contenus sous format numérique ou papier :
rediffusions de contenus de publications par les entreprises, en interne, à des contacts professionnels extérieurs ou sur les réseaux sociaux & les sites corporate ,
contenus de livres et de presse intégrés dans les supports de cours ou de formation et rediffusés aux élèves, étudiants et stagiaires,
prestations de veille d’information média, web et audiovisuelles BtoB effectuées par des sociétés et plateformes spécialisées dans cette activité,
stockages numériques de contenus de presse effectués par les particuliers sur les smartphones, disques durs externes, clés usb...
53 % des droits reversés en 2024 proviennent de rediffusions numériques et 47 % sont issus de la copie papier. Ces proportions se sont inversées en 4 ans : 52 % pour la photocopie et 48 % pour les rediffusions numériques, en 2020.
Lors du dévoilement du Baromètre du numérique réalisé par le CREDOC, publié par l’Arcep, le Conseil général de l’économie, l’Arcom et l’ANCT, un focus a été réalisé sur le livre numérique.
Selon cette étude, en 2024, 36 % des Français lisent ou envisagent de lire des livres numériques, une proportion inchangée depuis 2020. Par ailleurs, l’écart entre les sexes se réduit pour l’adoption des ebooks: 37 % des hommes sont concernés contre 35 % des femmes, marquant une différence de seulement deux points. Les 12-17 ans et les 18-24 ans sont les grands champions de cette transition. Entre 2020 et 2024, la lecture numérique chez les 12-17 ans a bondi de 16 % à 26 %, tandis que les 18-24 ans ont vu leur taux de lecture d’ebooks augmenter de 27 % à 35 %. Toutefois, cette popularité diminue après l’âge de 40 ans, où les chiffres restent stables.
Les diplômés de l’enseignement supérieur et les cadres adoptent majoritairement le format numérique. En 2024, 45 % des diplômés lisent ou prévoient de lire en numérique, tandis que 51 % des cadres et professions intellectuelles supérieures sont également concernés.
Les habitants de l’agglomération parisienne montrent eux aussi un attrait marqué pour cette forme de lecture, avec 49 % d’adoption.
Malgré ces chiffres, l’attachement au livre papier reste fort. En effet, 78 % des Français le préfèrent dans l’idéal, une tendance encore plus marquée chez les plus âgés : 81 % des 12-17 ans, 83 % des 40-59 ans et 85 % des 60-69 ans privilégient le papier. (voir graphique ci-dessus).
Depuis 2021, le marché du livre québécois ne s'est jamais aussi bien porté. C’est ce que montre le bilan annuel Gaspard publié par la Banque de titres de langue française (BTLF) et dont les premières pages sont proposées en libre accès. Selon l'étude, qui n’inclut pas les données de certaines grandes chaînes de librairies, les recettes des ventes en librairie ont augmenté de +6,9% en valeur et +4,6 % en volume en 2024, soit la deuxième progression la plus importante depuis 2012 (qui n’égale donc pas le bond exceptionnel de +16,3% en valeur en 2021). Cela est dû notamment à l’augmentation des achats effectués par les collectivités (+11,6% par rapport à l’an dernier). Ce dynamisme est aussi à mettre au crédit de l’édition québécoise, dont les ventes progressent de +8,5% tandis que la production étrangère enregistre une croissance plus mesurée de +4,8%. Au total, le chiffre d'affaires généré en 2024 par les 321 points de vente (représentant 119 entreprises) inclus dans le bilan annuel Gaspard s'élève à près de 250 millions de dollars canadiens, soit environ 160 millions d'euros.
Les catégories littérature et jeunesse représentent à elles deux plus de la moitié du marché (53,5%) et font figure de locomotives avec des hausses des ventes respectives de +10,9% et +11,4%. L’initiative du ministère de l'éducation québécois octroyant 300 dollars par classe pour l’achat d’un livre jeunesse de la province explique partiellement cette augmentation. Au sein de la catégorie littérature, l'étude note en particulier le bond de +59,6 % de la littérature sentimentale (la romance) qui, « après la hausse de +53,3 % en 2023, vient doubler ainsi ses ventes en l’espace de deux ans. » Au contraire de la jeunesse, les titres les plus vendus de ce secteur sont principalement écrits par des auteurs américains, notamment Colleen Hoover et Ana Huang. Le livre pratique connaît lui aussi un petit rebond de +2,2% depuis la pandémie tandis que, pour la première fois et après des années de forte croissance, la bande dessinée termine presque à l'équilibre (+0,4%).
Le bilan Gaspard propose également le palmarès des 200 meilleures ventes de 2024 au Québec. Si les deux auteurs en tête des ventes (Marc Lachapelle avec Le Guide de l'auto 2025 édité par L’Homme et Janette Bertrand avec Cent ans d'amour. Réflexions sur la vieillesse édité par Libre Expression) sont québécois, le troisième de ce classement n’est autre que l’écrivain français Guillaume Musso avec son roman Quelqu’un d’autre édité par Calmann-Lévy et écoulé à plus de 400 000 exemplaires en France selon GFK. Les 7 autres livres de se classement sont :
Rue Duplessis. Ma petite noirceur de Jean-Philippe Pleau édité par Lux,
Civilisés de Patrick Senécal édité par Alire,
le tome 2 de Mon premier livre de recettes de Ricardo Larrivée édité par La Presse,
Un animal sauvage de Joël Dicker édité par Rosie & Wolfe,
Là où je me terre de Caroline Dawson édité par Remue-ménage,
Bescherelle. L’art de conjuguer, Collectif édité par Hurtubise,
C'est mon cerveau ! d'Élise Gravel édité par Scholastic.
La BTLF dévoile ici en libre accès les 50 premières places de son top 200 des meilleures ventes de livres au Québec en 2024.
Surprise : le marché des guides touristiques est en net repli. Voilà le principal enseignement des données fournies par GFK pour l'année 2024, cela après deux années d'exceptionnelle embellie au sortir de la crise du Covid-19. En volume, le marché perd 6,3 % et, en valeur, il affiche 3 % de perte par rapport à l'année précédente. Un recul important et surprenant au regard des chiffres de bonne santé de l'industrie du voyage sur la même année, que chaque acteur de l'édition touristique interprète différemment : conjoncture politique instable en France pour les uns, impact de la loi Darcos sur les frais de port du livre pour les autres, incertitudes géopolitiques mondiales et effet JO pour les troisièmes...
« De manière générale, je crois que nous avons tous été surpris par l'ampleur du repli », résume Dominique Bovet, directeur éditorial de Lonely Planet France.
« Mais ses raisons sont extérieures aux mondes du tourisme et de l'édition, et c'est une grande chance », veut croire Philippe Gloaguen, créateur et directeur du Routard.
Cette baisse de régime se reflète avant tout sur la première destination touristique des Français : la France. Les ventes de guides touristiques hexagonaux reculent de 13,1 % en volume (et jusqu'à 37 % pour Paris), et de 10 % en valeur. Devant, les guides Europe résistent un peu mieux (-6 % en volume, -3 % en valeur) et, confirmant la tendance de l'an passé, les guides monde limitent le mieux la casse, reculant de seulement 2 % en volume, et gagnant même 0,6 % en valeur. Des constats qui se vérifient globalement dans les ventes des leaders du marché.
« L'effet météo et la conjoncture difficile en France, couplés aux prix de la destination, ont accéléré le recul des ventes. Le monde, porté par la reprise du tourisme international et des trafics aériens, nous a permis de sauver la mise, et nous continuons à investir dans ce sens : plus sur le monde que sur la France », confirme Philippe Orain, directeur des guides Michelin Voyage et Cultures.
« Malgré la baisse, la France reste évidemment leader de nos ventes avec la proche Europe. Mais l'appétence pour l'Asie, à l'exception de la Chine et de l'Inde, est certaine et surprenante », ajoute Philippe Gloaguen.
La tendance, déjà forte, des voyages en Asie se renforce en effet, grâce à des destinations beaucoup plus abordables que la France et l'Europe. Il se murmure que, pour les périodes de pointe, il est plus économique d'aller une semaine au Japon, vols compris, que dans un camping du sud de la France... Tokyo, Vietnam, Thaïlande ou Indonésie : toutes ces destinations font partie des plus grands succès de l'année des éditeurs.
« Nos deux cartons de 2024 ont été l'Albanie et le Japon, que nous avons dû réimprimer d'urgence au bout de quatre mois. C'est rare que l'on se fasse surprendre ainsi », raconte Dominique Bovet. Surprise japonaise que confirment à l'unisson ses confrères, tout comme la montée en puissance des destinations d'Europe du nord.
« La Norvège a été la grosse surprise de l'année chez nous, et l'Europe du Nord a presque pris le pas sur les destinations traditionnelles d'Europe du sud », glisse Philippe Orain chez Michelin. La Laponie, l'Écosse ou l'Irlande ont aussi fait leur entrée dans le top ventes de plusieurs éditeurs.
Au-delà des mises à jour incessantes des guides, les éditeurs continuent de miser sur les beaux livres et les albums illustrés grand format. Malgré le fort recul des ventes sur le segment (-20 % environ en volume comme en valeur sur les ventes de beaux livres France en 2024) et les risques économiques que le format implique, la bataille reste féroce et l'investissement continu. C'est le cas avant tout du Routard (Randonnées en Europe, 1 000 expériences autour du monde, 30 city-trips en train en Europe...), qui veut transformer l'essai des succès surprises qu'ont été ces dernières années Voyages (140 000 exemplaires écoulés d'après l'éditeur) et Les 50 plus beaux voyages à faire dans sa vie (90 000 exemplaires).
« C'est une stratégie qui vient en complément des guides, une façon de compenser une certaine érosion du marché », analyse-t-on à la direction de Lonely Planet France, maison qui continue (comme les autres) de miser sur des albums illustrés axés sur l'itinérance, le vélo, les micro-aventures, la randonnée... « C'est un segment dynamique du marché qui, même s'il est en recul, pèse toujours lourd en valeur. Nous allons continuer de lancer beaucoup de titres, sur le train, sur l'Asie, sur les vacances en pénichette... », décrypte Hélène Firquet, directrice éditoriale de Gallimard Loisirs. « Le format est propice à l'inspiration, mais c'est une stratégie qui doit être raisonnable et se faire avec beaucoup de sens », ajoute Cécile Petiau, directrice éditoriale pour l'Illustré chez Hachette tourisme, maison qui a édité avec succès Voyager en train avec HOURRAIL fin 2024.
Pour d'autres, l'exercice reste trop périlleux. « Je n'arrive pas trop à voir le modèle économique de l'illustré et du beau livre, pour moi c'est un axe de communication plus qu'autre chose », tempère Louis Auzias, directeur général du Petit Futé, maison qui ne produit que des beaux livres en marque blanche pour le compte d'acteurs du tourisme.
Le tassement général du marché n'empêche en rien ses principales firmes de continuer leur évolution, entre refontes graphiques, mises au point esthétiques ou lancement de nouvelles collections en accord avec des tendances qui perdurent : cyclo/ moto, voyages en train, nature, et toujours itinérance, vélo, micro-aventures et randonnée... Quand Le Routard fait le pari de rééditions de plus en plus serrées de ses guides, Hachette Pratique mise sur la dynamique de ses guides Petaouchnok et Simplissime, sur la nouvelle maquette de ses mythiques Guides bleus (trois titres par an) et sur le lancement fin mars de la collection de carnets « Food Lovers Travel », présentant « la crème de la crème » des adresses dans les grandes villes, d'après Cécile Petiau.
Après un changement de nom l'an passé, les guides Michelin ont, eux, procédé à un changement de taille, avec de nouveaux ouvrages plus légers et nécessitant moins de papier, mais toujours avec le même contenu. Les éditions Michelin, désormais dirigées par Jean-Baptiste Passé, lancent deux nouvelles collections au mois de juin, sans plus de précisions pour le moment. Sa direction indique aussi être très concentrée sur ses chantiers de digitalisation, systématisant la sortie de ses guides en ebook, mais aussi sur le centenaire du Guide vert qui marquera l'année 2026. Certains parient sur des changements plus profonds : Voyages Gallimard refond complètement son offre (voir par ailleurs), quand Glénat ouvre ses guides de randonnée à l'hébergement et aux expériences avec « Mon week-end rando clé en main ». « On amène à nos guides de rando une dimension touristique », raconte Aurore Belluard Lebaigue, directrice adjointe du secteur Livre de Glénat. D'autres se lancent de nouveaux paris éditoriaux à l'instar des guides du Nomade ou des très littéraires guides de L'arbre qui marche, rédigés par des écrivains et qui se « dévorent comme un roman ».Chez Lonely Planet, l'accent est actuellement mis sur la refonte, sur le fond et la forme, de la collection « En quelques jours » s'intéressant aux courts séjours.
« Nous allons rééditer 57 titres dans une nouvelle forme », annonce Dominique Bovet. « Deux nouvelles collections verront également le jour au printemps : l'une sur les plus beaux road trips, l'autre sur un premier guide pour les enfants (lire par ailleurs) », ajoute-t-il. Concomitamment à Lonely Planet, notons que le groupe Editis compte relancer en 2025 sa marque En voyage éditions, avec une collection baptisée « 500 adresses et lieux secrets ».
Du côté du Petit Futé et de ses 840 destinations dans 192 pays, se poursuit la refonte des guides entamée l'an passé, en misant toujours sur le pointu, avec par exemple la relance d'un guide sur la Corée du Nord. Le guide fondé par Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette en 1976 indique avoir bien résisté à 2024 grâce à ses ventes en B2B en agences de voyages, et continue d'enregistrer des tops ventes à rebours de ses concurrents : Philippines, Nouvelle-Zélande, Cap Vert et Ouzbékistan.
L'Observatoire des commerces culturels de proximité des réseaux Maison de la Presse et Point Plus (groupe NAP) a publié ses résultats pour l'année 2024. Elle représente le quatrième réseau de vente de livres. Le marché du livre, bien qu’enregistrant un léger repli de 3 % au niveau national en 2024, reste néanmoins dans une dynamique positive sur le long terme. Depuis 2020, le secteur a connu une croissance continue de +20 à +25 % par rapport aux années pré-Covid. Les livres de poche gardent toutefois la cote avec une progression de +2 %. Pour expliquer ce recul général du livre, l’observatoire met notamment en cause « la concurrence des plateformes en ligne et certaines pratiques déloyales et irrégulières, comme le contournement de la loi Darcos par Amazon », ou encore l’essor du marché de la seconde main. En décembre 2024, le groupe appelait à protéger le modèle économique des commerces culturels de proximité en réponse au projet de création par Amazon d’un service de livraison gratuite de livres dans 2 500 points de vente partenaires.
Parmi les tendances observées, les ventes de best-sellers augmentent de manière significative. Le Top 10 des meilleures ventes au sein des enseignes du groupe NAP a ainsi enregistré une hausse de +15,6 %. L'étude a aussi dévoilé le top 5 des meilleures ventes de livres en 2024.
Les 5 livres les plus vendus dans les magasins du groupe NAP en 2024 :
1 - Norferville de Franck Thilliez publié par Fleuve éditions,
2 - Plus grand que le ciel de Virginie Grimaldi publié par Flammarion,
3 - Tata de Valérie Perrin publié par Albin Michel,
4 - Les Guerriers de l'hiver de Olivier Norek publié par Michel Lafon),
L'érosion de la production de titres observée depuis 2021 est stoppée en 2024 par un rebond de 2,1 %, après une année 2023 marquée par une forte baisse de 5,7 %. Avec 65 535 nouveaux titres, le nombre reste en-deçà du volume de 2022 de 67 386 titres qui avait amorcé véritablement le glissement, après une deuxième partie de la décennie 2010 tournant autour de 68 000 titres chaque année. Si la descente est stoppée, la cause est toute trouvée : l'essor continu et exponentiel de la romance, dans laquelle nombre d'éditeurs se sont lancés ces dernières années. Elle porte l'augmentation globale de 5 % du rayon littérature (selon la nomenclature Dewey utilisée par Electre Data Services pour classer les données). Mais elle n'est pas la seule responsable, en effet on observe une augmentation spectaculaire de l'imaginaire et de la science-fiction (+24 %) et des romans et nouvelles étrangères (+5 %) ou françaises (+4%).
À noter également, après une chute drastique en 2023 de la production jeunesse, un regain de publications (+9%) particulièrement sensible pour ce qui est des documentaires jeunesse et d'éveil, respectivement +18 % et +51 % ! Au total, la littérature représente 40 % de la production de titres globale, avec 26 388 EAN. Autre secteur qui poursuit une augmentation, certes moindre comparée au +16,2 % de l'an dernier, c'est le manga. Malgré un fléchissement des ventes observé depuis deux ans, la production a augmenté de 10 % en 2024. Celle de la BD s'affaisse légèrement, de 1 %. Le secteur du livre d'art et du sport , qui intègre également un doublement de la production de titres sur les jeux vidéo, à 444 contre 220 l'an dernier croit de 5 %.
Au chapitre des domaines qui accusent une baisse, citons encore le cas des sciences appliquées, ou plus communément appelées pratiques, qui poursuit son repli général de 7 % avec une nouvelle chute de 21 % des titres de cuisine et gastronomie. Dans le domaine des religions, qui souffre d'une baisse au global de 10 % des titres, toutes les obédiences sont en chute hormis... Le bouddhisme et l'hindouisme, qui voient le nombre de titres augmenter de 25 %, à 44 unités... Pas de quoi inverser la tendance globale, mais assez pour rappeler que, même dans un marché en mutation, certaines niches savent encore tirer leur épingle du pieux.