L'Association of American Publishers (AAP) a publié aujourd'hui son rapport StatShot pour décembre 2024 reflétant les revenus déclarés pour le commerce (livres grand public), les presses religieuses, le matériel de cours pour l'enseignement supérieur et l'édition professionnelle. Le chiffre d'affaires total de toutes les catégories depuis le début de l'année a augmenté de 6,5 %, atteignant 14,2 milliards de dollars. Les revenus du mois de décembre 2024 ont diminué de 4,3 % par rapport à décembre 2023, s'établissant à 904,6 millions de dollars.
Les revenus du commerce ont augmenté de 6,0 %, à 9,5 milliards de dollars depuis le début de l'année. Les revenus des livres à couverture rigide ont augmenté de 6,8 %, à 3,5 milliards de dollars ; les livres brochés ont augmenté de 3,0 %, avec un chiffre d'affaires de 3,2 milliards de dollars ; les livres grand public ont baissé de 13,3 %, à 122,9 millions de dollars ; et les reliures spéciales ont augmenté de 4,3 %, avec un chiffre d'affaires de 231,7 millions de dollars.
Les revenus du livre électronique ont augmenté de 1,6 % par rapport à 2023, pour un total de 1,0 milliard de dollars. Le format audio numérique a augmenté de 23,8 %, pour atteindre 1,1 milliard de dollars de revenus. L'audio physique a diminué de 37,4 %, pour atteindre 8,7 millions de dollars.
En 2024, le marché du livre pour enfants et jeunes adultes en Italie représente 258,2 millions d'euros, clôturant avec une légère baisse (-0,2%) après la croissance de l'année précédente . Si l'on considère également les bandes dessinées pour enfants et jeunes adultes, on arrive à une valeur de dépenses de 276,8 millions d'euros, avec une baisse par rapport à l'année précédente de 0,4%. Les exemplaires achetés ont été de 22,9 millions (-0,6%), dont 24,2 en incluant les bandes dessinées (-0,8%).
Derrière ces chiffres, qui confirment la centralité absolue du secteur au sein de l'édition italienne , il y a de profonds changements dans les comportements de lecture et de consommation culturelle des plus jeunes, l'un des sujets de discussion que l'Association des éditeurs italiens entend aborder cette année à la Foire du livre pour enfants de Bologne , prévue du 31 mars au 3 avril dans la capitale émilienne . Confirmé pour la cinquième année consécutive le partenariat pour l'organisation de BolognaBookPlus, l'initiative pour l'édition généraliste qui se déroule les mêmes jours.
« En Europe, comme aux États-Unis, nous assistons à un double mouvement qui remet profondément en question l’industrie du livre et les chercheurs », explique le président de l’AIE, Innocenzo Cipolletta . « D’un côté, une forte diffusion des livres dédiés aux enfants d’âge préscolaire , avec un engagement décisif des adultes de référence pour les accompagner à la lecture dans cette tranche d’âge, de l’autre, une difficulté à maintenir les filles et les garçons ancrés dans le livre dans les années suivantes , lorsqu’ils commencent à lire de manière autonome. ".
Depuis plus de 35 ans, le programme du Droit de prêt public (DPP) verse aux écrivains canadiens une somme d’argent en reconnaissance de l’utilisation de leurs livres (imprimés, numériques et audios) dans les bibliothèques publiques du pays.
En février 2025, ce sont 18 465 écrivains canadiens (sur un total de 21 250 personnes inscrites) qui se sont partagé 14 789 469 $, comparativement à 18 247 écrivains recevant au total 14 696 212 $ l’an passé. Le mot «écrivain» ici inclut les auteurs, les directeurs de rédaction, les traducteurs, les photographes, les illustrateurs et les narrateurs.
Les sommes sont versées pour des ouvrages dans les catégories suivantes: essai, fiction, poésie, théâtre, littérature jeunesse et ouvrage savant. Pour être admissibles, les livres doivent figurer dans le catalogue d’une bibliothèque publique. Le DPP échantillonne huit catalogues de bibliothèques publiques selon la langue officielle. Cette année, 96 282 titres étaient admissibles, mais seulement 85 875 ont été trouvés. En raison du plus grand nombre de livres trouvés, la grille de paiement a de nouveau été légèrement modifiée à la baisse. Si le livre trouvé est inscrit depuis cinq ans ou moins, il rapporte 61,47 $. S’il est inscrit depuis 6 à 10 ans, ça donne 49,18 $. De 11 à 15 ans, ça vaut 43,03 $. Un titre inscrit depuis 16 à 25 ans rapporte 30,74 $ chaque fois qu’il est trouvé. Le paiement minimum se chiffre toujours à 50 $. Le paiement maximum se maintient encore à 4 500 $. En 2025, le paiement moyen par auteur est 801 $. Tout versement de plus de 500 $ est accompagné d’un relevé d’impôt T4A.
Selon la présidente de la Commission du droit de prêt public, Catherine Leroux, «le DPP se situe au plus beau carrefour qu’on puisse imaginer, là où se rencontrent les personnes qui aiment les livres, celles qui les diffusent et celles qui les créent. Il permet d’honorer la créativité des autrices et auteurs, d’affirmer la valeur de leur travail pour la population, et de reconnaître la relation qui les unit.»
Créée sous l’égide du Conseil des Arts du Canada, la Commission du Droit de prêt public établit les politiques et les critères du programme. Elle regroupe des auteurs, traducteurs, bibliothécaires et éditeurs francophones et anglophones de par le pays. Chaque membre est nommé pour un mandat de quatre ans. La présidente Catherine Leroux vit à Montréal. Charles Leblanc, de Saint-Boniface, représente les écrivains francophones en milieu minoritaire. La date limite pour inscrire un nouveau titre est le 1er mai 2025. À noter que vous ne pouvez inscrire que des titres publiés au cours des 5 dernières années.
Le Syndicat des librairies francophones de Belgique a rendu public le bilan de 2024 consacré aux chiffres des librairies indépendantes. Au nombre de 43 dans la région et membres du SLFB, celles-ci ont réalisé un chiffre d’affaires 2,76% supérieur à celui de l’an dernier, qui dépasse les 33 millions d’euros. Cette hausse témoigne néanmoins d’une activité qui demeure relativement fragile : les ventes de livres en volume n’ont augmenté que de +0,61% tandis que les ventes destinées aux collectivités, qui représentent 20 % de l’activité, ont baissé de -4,58%.
Parmi les secteurs porteurs, sans grande surprise, la littérature domine le marché avec une part de près de 30 %. Derrière elle, on retrouve la bande-dessinée (18,7 %) et la jeunesse (14,3 %). Parmi les livres les plus vendus, Jacaranda de Gael Faye (Grasset) fait office de tête de pont, suivi par l'auteur et médecin légiste belge Philippe Boxho publié chez Kennes avec trois livres différents au sein du classement des meilleures ventes. Par ailleurs, en 2024, quelque 209 000 références différentes ont été vendues : si 30 % des ouvrages écoulés sont des nouveautés de moins de trois mois, 35 % des livres datent de plus de deux ans. Le rapport réaffirme ainsi la nécessité et l’utilité éditoriale des librairies indépendantes.
Ces chiffres sont à mettre en perspective avec les résultats en décroissance de la librairie indépendante française. Selon l'Observatoire de la librairie du SLF, le chiffre d'affaires des librairies a fléchi de -0,9 % en dans l 'Hexagone 2024, tandis que les volumes ont plus nettement reculé (-2,4 %).
Après deux années record en 2021 et 2022, et dans un contexte macroéconomique difficile, le marché de la bande dessinée en France marque pour la deuxième année consécutive un recul (-9% en volume / -4% en valeur par rapport à 2023). Cependant, ce « retour à la normale » se fait dans le cadre de la nouvelle dimension prise par la bande dessinée en France. En effet, le marché en 2024 s’établit à 837 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit une progression de 50% par rapport à l’année de référence 2019. Autre point intéressant, la BD représente 22% du marché total du livre en France.
L’une des raisons qui pourrait expliquer cette baisse continue depuis deux ans serait peut-être la hausse des prix. Par exemple, la BD jeunesse enregistre une hausse de prix de 5% avec un prix moyen de 12.30€. La BD de genre c’est +4% avec un prix moyen de 19.80€. Le manga enregistre une hausse de 3% avec un prix moyen de 8.60€. De plus, par rapport au livre la BD enregistre la plus forte hausse de prix avec +5% vs 3% pour le livre avec une inflation à 2%. Résultat, si on prend l’exemple de la BD jeunesse, le segment baisse de 11% en CA avec une baisse en nombre d’exemplaires de 15%.
Les mangas continuent de dominer le marché. Ils représentant plus d’une bande dessinée vendue sur deux. Cette prédominance s’explique par leur popularité croissante, notamment parmi les jeunes lecteurs. Toutefois, ce segment est aussi en baisse. Il s’est vendu 36 millions d’ex. C’est -9% vs 2023 et on note un recul du CA de 6% (309 millions€). Toutefois, GfK estime que hors Gaston et Astérix, le manga est de loin le principal responsable de la baisse des ventes. (voir graphique ci-dessus).
Malgré leur absence du top 10, les comics ont enregistré une évolution positive en 2024.
Cette croissance est portée par des opérations « petits prix » et par l’élargissement de l’offre au-delà des super-héros traditionnels. Les lecteurs montrent un intérêt croissant pour des histoires variées et des genres différents au sein des comics. En 2024, il représente 2 millions d’ex vendus c’est +5% vs 2023. Alors que certains best-sellers marquent le pas, ce qui explique en grande partie la contraction du marché, les ventes dynamiques de nouvelles séries (tant en manga qu’en bande dessinée jeunesse) et l’importance croissante des one-shots (souvent au prix plus élevé) au sein des BD de genre laissent envisager des perspectives encourageantes pour l’avenir.
Cependant, le top 10 des meilleures ventes en 2024 illustre la richesse et la diversité de l’offre éditoriale. (voir le détail ci-dessus) On y trouve des créations sous le signe de l’hybridation comme Instinct, des titres pour la jeunesse comme Mortelle Adèle, des adaptations littéraires comme La Route, ainsi que des séries classiques telles que Blake & Mortimer et Lucky Luke.
Les plus grands succès en manga comme One Piece et Spy x Family figurent également dans ce classement.
Pour finir, bien que le marché de la bande dessinée en France ait connu un recul en 2024, il continue de montrer des signes de vitalité et de croissance à long terme. La diversité et l’innovation dans l’offre éditoriale, combinées à l’attrait durable des mangas, permettent d’espérer un avenir prometteur pour ce secteur culturel incontournable.
Originaire des Abruzzes, Donatella Di Pietrantonio est l’une des plus grandes romancières italiennes contemporaines. «L’Âge fragile» a été récompensé par le prix Strega et le prix Strega Giovani (équivalents italiens du prix Goncourt et du prix Goncourt des Lycéens). Ses précédents romans ont été couronnés de succès : «La Revenue» (2018), traduit dans plus de 30 pays, a obtenu le prestigieux prix Campiello, «Bella mia» (2014) a reçu les prix Brancati et Vittoriano Esposito Città di Celano, et «Mia madre è un fiume» le prix Tropea.
Lucia n’a jamais quitté son village des Abruzzes. Pourtant, trente ans plus tôt, elle y a été témoin d’un crime terrible. Aujourd’hui, sa fille Amanda, partie étudier à Milan, est de retour auprès d’elle. Mais la jeune femme ne quitte pas sa chambre et s’enferme dans un silence inquiétant. Impuissante face à la détresse d’Amanda, Lucia est soudain confrontée à ses souvenirs douloureux : le drame qu’elle a tout fait pour oublier resurgit…
Entre passé et présent, le roman de Donatella Di Pietrantonio explore la fragilité des relations familiales et le lien puissant avec cette terre des Abruzzes où se mêlent la beauté et la sauvagerie de la nature. (Présentation des éditions Albin Michel). Pour découvrir un extrait, cliquez ici.
Vous pouvez lire Le Chant des oubliées depuis le 13 janvier. Paru l’été dernier aux États-Unis, ce livre intitulé The Women en version originale, a explosé ses ventes dès sa sortie. Au total, ce sont plus de 800 000 exemplaires qui ont été vendus selon Grazia. Des chiffres si impressionnants qu'il a été élu "meilleur roman historique" lors de la cérémonie des Goodreads Choice Awards 2024, mais aussi "It-Book" de l'année.
Le Chant des oubliés nous plonge au cœur de la guerre du Viêt-Nam, à travers les yeux de Frankie McGrath, une infirmière âgée de 20 ans qui décide de rejoindre l'armée pour porter secours aux soldats blessés. Là-bas, elle y découvre les horreurs de la guerre et la dure réalité de son rôle. Au fil de l’histoire, Frankie tisse des liens étroits avec d'autres femmes infirmières, comme Etta, une vétérante désabusée, et Barb, une amie pleine d'énergie. Mais une fois de retour chez elle, elle réalise qu'elle ne voit plus son pays de la même manière. Il est divisé, insensible aux sacrifices des femmes qui ont servi, et à ses propres traumatismes. Et là, "le combat ne fait que commencer...".
L'autrice, Kristin Hanna, a, elle aussi, été marquée par la guerre du Viêt-Nam. Dès les années 90, l'idée d'écrire un livre sur ce conflit sanglant trotte dans sa tête, mais "elle n’était pas prête à plonger dans cette époque". C'est pendant la pandémie qu'elle décide de sauter le pas, en s'appuyant sur des témoignages authentiques, de vétérans et d'anciennes infirmières. Et ce fut un véritable succès ! Ce dernier est même noté 5/5 sur le site de la Fnac.
"Je suis tellement heureuse que tant de lecteurs parmi vous aient lu ce livre qui rend hommage aux infirmières ayant servi pendant la Guerre du Viêt-Nam", avait-elle déclaré sur son compte Instagram.
Près de 7,9 millions d’exemplaires en 2024. Voilà ce qu’une maison d’édition aurait vendu si elle avait publié les dix auteurs francophones du palmarès publié par le Figaro Littéraire hier. Ce serait phénoménal, car cela représente 400.000 exemplaires de plus qu’en 2023. Les best-sellers se portent bien. Le poids de ce top 10 est considérable.
«Si une seule maison d’édition publiait ces dix auteurs, celle-ci aurait réalisé un chiffre d’affaires de 112 millions d’euros et représenterait 23 % du chiffre d’affaires du marché ! », remarque Archchana Varatharajah, de l’institut GfK, notre partenaire pour établir ce classement. Elle souligne que les ventes en volumes ont progressé par rapport à 2023 : le top 10 auteurs représentait 7,5 millions d’exemplaires pour un poids de 17 %. « On notera qu’en 2024 les ventes se sont davantage concentrées autour du top 10 auteurs », ajoute-t-elle.
Voici ce top 10 :
1162 730 exemplaires pour Mélissa Da Costa,
1 104 096 exemplaires pour Guillaume Musso,
984 144 exemplaires pour Morgane Moncomble,
946 787 exemplaires pour Virginie Grimaldi,
863 740 exemplaires pour Joël Dicker,
689 112 exemplaires pour Franck Thilliez,
540 967 exemplaires pour Marie-Bernadette Dupuy,
540 628 exemplaires pour Sarah Rivens,
528 292 exemplaires pour Valérie Perrin.
525 478 exemplaires pour Michel Bussi.
Mélissa Da Costa est l'autrice française qui a vendu le plus de livres en 2024. Comme en 2023, l'autrice de 34 ans truste la première place du classement. Rappelons alors que l'année dernière, elle était la première femme à arriver en tête de ce palmarès. En 2024, elle a vendu 1 162 730 exemplaires, en publiant notamment Tenir Debout, chez Albin Michel, dans lequel elle raconte l'intimité d'un couple brisé par un tragique accident de moto. Depuis 2019, Mélissa Da Costa s'est imposée comme l'une des autrices les plus talentueuses de France. Après avoir publié Tout le bleu du ciel en 2019, qui raconte l'histoire d'un jeune homme condamné par un Alzheimer précoce, elle a enchaîné les best-sellers, ayant alors publié huit romans en tout.
Si des stars du polar comme Joël Dicker, Franck Thilliez ou encore Michel Bussi s'imposent dans ce classement, deux très jeunes autrices se démarquent également : Morgane Moncomble et Sarah Rivens. À seulement 28 ans, la première occupe la troisième place de ce classement. Elle doit notamment son succès à sa saga de "new romance", Seasons, publiée chez Hugo Publishing entre 2023 et 2024. Cette saga compte alors quatre tomes : Un automne pour te pardonner, Un hiver pour te résister, Un printemps pour te succomber, et Un été pour te retrouver. Ces derniers vont alors sortir progressivement en poche, à partir du 5 février 2025. Quant à Sarah Rivens, à seulement 25 ans, l'écrivaine algérienne s'est imposée comme l'une des stars francophones de la "dark romance", grâce à sa saga, Captive. Elle est alors devenue l'Algérienne la plus lue de l'histoire avec 9 millions de lecteurs, et a aussi obtenu le prix Babelio en 2023. Son autre saga, Lakestone, a aussi connu un grand succès, si bien que la sortie du deuxième tome est attendue pour le 23 avril 2025.
The Gruffalo a croqué Harry Potter. En effet, Julia Donaldson dépasse JK Rowling pour devenir l'autrice britannique dont les livres sont les plus vendus durant l'année 2024 depuis que des statistiques précises ont commencé à être établies. Donaldson a écoulé un peu plus de 3,1 millions d'exemplaires en 2024 sur le marché total des consommateurs selon Nielsen BookScan, soit plus de deux millions d'exemplaires de plus que Rowling au cours des 12 derniers mois. Cela porte les ventes à vie du co-créateur du Gruffalo à 48,6 millions d'exemplaires, contre 48 millions pour Rowling.
Rowling reste cependant de loin la meilleure auteure de tous les temps en termes de valeur, ayant gagné 390,5 millions de livres sterling grâce au TCM à ce jour, soit 150 millions de livres de plus que Donaldson. Les deux écrivaines et Jamie Oliver (208,7 millions de livres sterling) sont les seuls auteurs à avoir franchi le seuil des 200 millions de livres sterling de BookScan.
Comme le révèle Review of the Year: Authors, revue publiée par The Bookseller, Donaldson a de nouveau conservé sa couronne d'auteur à succès du Royaume-Uni. Au cours de la dernière décennie, Donaldson a régulièrement dépassé Rowling en termes de volume de 1,5 à 2 millions d'exemplaires selon BookScan, grignotant ce qui semblait auparavant être l'avance insurmontable de Rowling en termes de volume. Donaldson devrait désormais remporter la course pour devenir le premier auteur à vendre plus de 50 millions d'exemplaires via le TCM, un record qu'elle atteindra très probablement à la fin de l'été de cette année.
Donaldson est également en passe de franchir la barrière des 250 millions de livres sterling en TCM en 2025 ; avec un peu de vent favorable, Rowling devrait devenir le premier auteur à franchir le seuil des 400 millions de livres sterling cette année.
Les ventes des deux auteurs ont été remarquablement constantes au fil des années, mais cela aide aussi que leurs carrières coïncident à peu près avec le lancement de BookScan en 1998 : le premier livre de la série, Harry Potter à l'école des sorciers (Bloomsbury), a fait ses débuts en juin 1997, et, bien que Donaldson soit publiée depuis 1993, ses ventes ont explosé avec le lancement de The Gruffalo (Macmillan Children's) d'elle et de l'illustrateur Axel Scheffler en 1999.
Mais ce sont deux bêtes différentes (fantastiques) aux caisses. Bien que ses livres soient extrêmement bien vendus, Rowling a réalisé une bonne partie de ses ventes grâce à certains des titres les plus vendus de l'histoire et à une série des plus grands événements éditoriaux du 21e siècle. Elle a vendu 13 éditions différentes à plus d'un million d'exemplaires via BookScan, et 11 de ses livres ont dépassé les 10 millions de livres. L'édition originale à couverture rigide de Harry Potter et l'Ordre du Phénix de 2003 (Bloomsbury) est son best-seller sur les deux tableaux, avec un peu moins de 34 millions de livres pour 3,1 millions d'exemplaires.
Pour Donaldson, le rythme est plus lent et plus régulier. Trois de ses titres ont atteint un volume à sept chiffres, le Gruffalo de poche de 1999 se vendant à 1,47 million d'exemplaires. Cette édition est aussi sa plus grosse recette, avec 7,4 millions de livres, aucune autre n'ayant dépassé les 5 millions de livres. Mais Donaldson a eu un nombre record de 110 livres qui ont franchi la barre des 100 000 exemplaires du TCM, contre 63 pour Rowling ; 179 ouvrages de Donaldson ont dépassé les 50 000 exemplaires via BookScan, contre 92 pour Rowling.
Donaldson a également publié 430 éditions de plus que Rowling, ce qui n'est pas surprenant étant donné que le modèle de livres illustrés de Donaldson implique généralement plusieurs nouveaux titres par an qui peuvent être transformés en une variété de formats. Le Gruffalo a enregistré 156 ventes d'éditions différentes via BookScan, y compris des versions à rabats en feutre, à rabats relevables, à marionnettes à doigts, à puzzle, à autocollants, à aimants, à livres sonores et à pousser, tirer et glisser.
Le rythme plus lent et plus régulier de Donaldson lui permettra-t-il de combler l'écart et de remporter la course à la valeur TCM de tous les temps ? Eh bien, si les tendances de vente des trois dernières années devaient se poursuivre, au cours desquelles Donaldson a dégagé en moyenne 4,9 millions de livres de plus que Rowling par an, Donaldson serait en tête du classement de tous les temps dans un peu plus de 30 ans. Nous reviendrons sur cette question en 2055.
L'année 2024 a été marquée par une dynamique de croissance et de créativité pour les plateformes d'autoédition. Celles-ci enregistrent dans l'ensemble des résultats financiers positifs et une forte augmentation du nombre de publications. Amazon Kindle Direct Publishing (KDP), Kobo Writing Life (KWL), Librinova, Bookelis ou encore BooksOnDemand (BoD) ont su s'adapter aux nouvelles attentes des auteurs et des lecteurs, en offrant des services de plus en plus diversifiés. La médiation des auteurs et la recherche de nouveaux talents restent des enjeux majeurs pour ces acteurs du secteur.
Dans l'ensemble, l'année 2024 a été fructueuse pour les différentes plateformes d’autoédition. Selon Lara Boso manager chez KWL, la plateforme clôt l'exercice avec une augmentation de 9 % de son chiffre d'affaires par rapport à 2023. À l’échelle internationale et à périmètre constant (sans ajouter les nouveaux pays dans lesquels la plateforme a été lancée en 2024), KWL enregistre une croissance de 16 %.
Avec un chiffre d'affaires en forte progression, atteignant 2,5 millions d’euros pour 2024, tous les feux sont également au vert pour Librinova. Un bilan que Charlotte Allibert, la directrice générale, se réjouit de partager : « Cette année a été particulièrement marquante pour nous, car elle a célébré les 10 ans du lancement de Librinova et a confirmé que l'autoédition est plus que jamais un secteur en plein essor. »
Bookelis, de son côté, affiche une stabilité notable par rapport à l'année dernière, avec un chiffre d'affaires global comparable à celui de 2023. Amazon KDP n'a pas souhaité communiquer sur l’évolution de son chiffre d'affaires, tout comme BoD, qui note cependant un grand nombre de nouvelles parutions, bien qu’il reste identique à celui l’année précédente.
En 2024, BoD enregistre 2 500 nouveaux titres (hors livres à titre privé sans ISBN). Un chiffre stable par rapport à 2023, contrairement à la tendance générale des plateformes qui connaissent une forte augmentation du nombre de nouvelles créations. De son côté, KWL a accueilli 5 000 nouvelles publications, ce qui représente une hausse de 20 % du nombre d'œuvres créées. Bookelis constate également une forte croissance de la création de titres, avec 3 350 ouvrages autoédités en 2024 (+8 %).
De son côté, Librinova connaît une croissance significative du nombre de nouveaux titres (+20%) mais observe en parallèle une diminution des ventes en librairie. Une baisse compensée par une augmentation importante des impressions d'exemplaires d’auteurs (+30 %) vendus lors d’événements publics de plus en plus fréquents, ainsi que par forte hausse des ventes de services de communication (+25 %), analyse Charlotte Allibert. À l'inverse, chez Bookelis, Émilie Le Coguiec responsable marketing/communication, signale une nette progression des ventes en librairies pour certains auteurs.
En 2024 le défi des plateformes est resté le même : trouver de nouvelles plumes et faciliter leur mise en avant, comme l’explique Géraldine Codron, responsable de la catégorie livres, chez Amazon : « Nous souhaitons également valoriser le travail d'auteurs indépendants à travers le concours d’écriture annuel Les Plumes Francophones, qui récompense le meilleur de l'autoédition en langue française ». Fin 2024, Léonie Bloom a reçu le prix des Plumes francophones ainsi qu’une dotation de 10 000 euros pour son roman Le Petit Vieux qui a fait le tour du monde (3 fois).
Une stratégie partagée par la plateforme Kobo. Cette dernière a relancé en novembre dernier « Le mois de l'écriture », un défi de 21 jours accompagné d'un appel à manuscrits.
Si la créativité est au beau fixe dans l’autoédition, certains genres dominent le marché. Parmi les plus populaires, la romance s'impose chez Kobo, Bookelis et Amazon KDP. On note également une surreprésentation du thriller et du roman feel-good chez Kobo et de la fantasy chez Bookelis.
Des tendances corroborées par Géraldine Codron, chez Amazon KDP : « En France, les auteurs indépendants qui écrivent dans les genres fantasy, romance et thriller continuent de gagner en popularité dans notre classement des meilleures ventes. Des auteurs tels que Jupiter Phaeton, Laurence Chevallier et Sébastien Theveny figurent parmi les auteurs les plus lus qui publient dans ces genres via KDP ».
Pour maintenir leur progression et attirer de nouveaux talents, les plateformes s’accordent à choyer leurs auteurs. Géraldine Codron souligne : « Les auteurs qui publient via KDP conservent leurs droits d'auteur, gardent le contrôle créatif, distribuent leurs ouvrages dans le monde entier et en plusieurs langues, en version numérique et imprimée, et perçoivent des redevances pouvant atteindre 70 %. ». En effet, depuis 2014, les auteurs utilisant KDP et ayant choisi de rendre leurs livres disponibles via Kindle Unlimited ont cumulé plus de 3,5 milliards de dollars de revenus via la lecture de leurs ouvrages.
Émilie Le Coguiec, chez Bookelis, évoque quant à elle les bénéfices de la participation de la plateforme à la conférence des auteurs indépendants organisée par Jupiter Phaeton le 12 et 13 novembre 2024 à l’espace Saint-Martin à Paris. Un événement qui a permis selon elle des échanges fructueux avec les auteurs.
Pour 2025, Noémie Machner, en charge du marketing et de la communication chez BoD, souhaite de son côté « proposer un accompagnement personnalisé et optimisé pour les auteurs à fort potentiel commercial ». À l’image de Bookelis qui a établi cette année « un partenariat proposant un service de promotion des livres avec une approche plus professionnelle et accessible », développe Emilie Le Coguiec responsable Marketing/Communication de la plateforme.
Pour assurer la médiation de leurs œuvres, les plateformes ont, cette année encore, mis en place plusieurs actions. En 2024, KWL a mené trois opérations promotionnelles, avec des listes de nouveautés envoyées par e-mail aux lecteurs. La plateforme a également lancé Kobo Plus en Suisse au printemps dernier, créant ainsi de nouvelles opportunités pour les titres autoédités.
Chez Librinova, la médiation a permis à la plateforme de signer d'importants contrats avec de grands éditeurs. En 2024, Jardin nomade de Claire Elder, lauréate du prix des Étoiles, signait chez JC Lattès, Les cerisiers fleurissent aussi la nuit de Garance Solveig chez Charleston, et La douceur du piment rouge de Laurie Heyme chez Michel Lafon, entres autres.
Cette année, plusieurs évolutions ont permis de maintenir le cap. BoD a ainsi opéré un profond remaniement de ses services, avec la refonte totale de son site Internet et l'optimisation de ses formules « Impression », « Publication », « Plus » et « Premium ». Depuis 2024, la plateforme propose également des services de jaspage sur demande, particulièrement populaires dans les genres fantasy, young adult et romance. Par ailleurs, « BoD accompagne désormais les auteurs dans la production et la diffusion de livres audio, et prévoit de poursuivre ses efforts pour réduire les délais d'impression et améliorer ses capacités de production », développe Noémie Machner.
En parallèle, de nouvelles initiatives ont été lancées en 2024. Librinova, par exemple, a développé des ateliers d’écriture animés par des auteurs à succès tels que Laura Manel, Carène Ponte et Sophie Astrabie. De son côté, Bookelis se concentre sur le renforcement de sa stratégie de vente de livres numériques. Enfin, d'autres comme KWL souhaitent « pérenniser les succès de 2024 », comme l'explique Lara Boso, chez KWL. La plateforme mise en partie sur son expansion à l’international pour y parvenir.