La Foire du livre de Bruxelles 2025 s'est clôturée ce dimanche. Vers 18h45, le président du conseil d'administration (Tanguy Roosen) et le commissaire général (Gregory Laurent) de l'événement littéraire ont tenu un point presse dans l'espace VIP de Tour & Taxis pour dresser le bilan de cette 54e édition.
Selon les premières projections, la Foire aurait battu son record de 2023 (80 000) avec environ 85 000 spectateurs. Soit environ 10 000 entrées de plus que l'an passé. "On a constaté un renouvellement du public. Notamment du côté des familles, beaucoup de jeunes ados, des enfants… On est vraiment satisfaits", se réjouissait évidemment Gregory Laurent.
Les organisateurs ont donc eu raison d'avancer la tenue de leur événement en mars, plutôt qu'en avril, comme l'an passé, pour éviter des congés scolaires et un temps radieux qui auraient précipité certains fans de littérature vers la côte. Parmi les rencontres qui ont attiré le plus du monde, il y avait celle de Lei͏̈la Slimani (samedi, à midi, sur la scène Échappée livre), suivies, dans la foulée, de la conversation entre les sœurs Nothomb : Juliette et Amélie qui ont beaucoup parlé du Japon. Deux heures animées par l'excellente Marie-Madeleine Rigopoulos, ancienne directrice artistique du Festival du Livre de Paris. Il y avait du monde, aussi, à l'espace Slumberland, pour voir Natsumi Aida dessiner en live. La star du shojo manga, autrice de Switch Girl !! a été chaudement acclamée à la fin de sa rencontre, samedi après-midi. Tout comme la Géorgienne Nino Haratischwili dimanche, sur la Place de l'Europe, l'invitée d'honneur avec Daniel Kehlmann.
Parmi les réussites, on notera aussi l'espace German Stories, un stand commun à six pays établi grâce à la Foire du livre de Francfort. Car la langue allemande était à l'honneur cette année. Dans un petit cocon inspiré du Bauhaus où la traduction des rencontres dans les deux langues était optimale. "La Foire a été excellente. Je suis très contente. Nous avons eu constamment du monde. Ce dimanche, le dernier événement avec Bernhard Schlink a été blindé", a réagi Niki Théron, responsable des projets internationaux de la Foire du livre de Francfort. Cette dernière aimerait revenir à Bruxelles l'année prochaine, peut-être sous une autre forme. Pour la première fois, la Foire s'est ouverte à la romance. Les conférences (90 places) et les dédicaces ont fait quasiment le plein, à en croire Marie Kennis, programmatrice du Romance Corner. Ce fut le cas d'Emma Green, Nine Gorman et Mathieu Guibé et Dahlia Blake notamment, dont les places se sont arrachées.
"La plupart des lecteurs étaient assez jeunes, entre 15 et 30 ans. On a très peu d'hommes, mais on en a", a-t-elle assuré.
Même enthousiasme chez les exposants interrogés dimanche en fin de journée. "On a une augmentation d'environ 20 % de ventes en plus, estime Géraldine Henry, éditrice chez Racines. Il y avait plus de monde, selon notre sentiment, que l'an passé. Et puis, on a multiplié les rencontres. Les gens viennent pour rencontrer les auteurs. Ça joue énormément." D'autant que 1252 auteurs étaient présents cette année, autre record.
"Il y a eu beaucoup de monde. Notamment ce week-end. Les dédicaces attirent", confirme Marin Sauveur, libraire pour les éditions Gallimard. C'était le cas en BD de Philippe Geluck. David Foenkinos aussi qui a signé deux fois. Il y avait beaucoup de jeunes par rapport aux rencontres en librairie et ça c'était super. Des jeunes qui n'osent pas entrer en librairie. Ils viennent pour de la romance, de la BD et ils voient des auteurs qui leur disent quelque chose et ils finissent par acheter."Chez Média-Participations (Dupuis, Dargaud, Le Lombard, Le Seuil, La Martinière, L'Olivier, Points…), la directrice de diffusion était, également, enchantée. "Il y a eu plus du monde que l'an passé. Notamment samedi et dimanche. Ça se ressent au niveau des ventes. L'espace Famille nous a ramené du monde. Un chouette public."
Seul bémol, les tags peints dans la nuit de samedi à dimanche sur les murs de Tour & Taxis : "Jean Gol facho", "Milei = Bouchez"… Georges-Louis Bouchez, le président du MR, était, en effet, invité à participer à une rencontre intitulée "Javier Milei va-t-il sauver ou plomber l'Argentine ?" Des menaces ont été proférées avant la rencontre. De nombreux policiers et agents de sécurité étaient présents près de la scène Terremer et Georges-Louis Bouchez a finalement pu parler. "On revendique depuis le début de notre existence la variété des rencontres des auteurs, des autrices, des maisons d'édition et le principe de la liberté d'expression. C'est essentiel", a rappelé Tanguy Roosen, le président du CA de la Foire.