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2025
4 novembre 2025

Prix Vendredi 2025 : découvrez les deux lauréates de la 9e édition !

Le Prix Vendredi, premier grand prix national de littérature adolescente, a récompensé le mardi 4 novembre 2025 Les frontières écarlates de Solène Ayangma  (publié aux éditions Talents Hauts) à la médiathèque Françoise Sagan (10e).  Situé aux confins de l’Empire de Thyr et du royaume de Bakara, ce récit de fantasy politique et sensible explore les ravages de la guerre et les fractures identitaires à travers le regard de Raia, fille d’un commandant d’armée, capturée par Nyx, une espionne ennemie. Dans la somptueuse cité de Solilem, elle découvre une civilisation raffinée, bien éloignée des préjugés inculqués depuis l’enfance, et une geôlière « bien difficile à haïr ».

Remis pour la troisième fois, le Prix Vendredi des Lecteurs du pass Culture a récompensé Le silence est à nous de Coline Pierré (publié aux éditions Flammarion jeunesse).

Une collaboration entre le Prix Vendredi et le pass Culture a été initiée en 2023, donnant lieu à la création du Prix Vendredi des Lecteurs du pass Culture. Ce Prix est remis par un jury composé de neuf jeunes lecteurs et lectrices issus de différentes régions et bénéficiaires du pass Culture. Dans ce roman, l’autrice met en scène Léo, une adolescente témoin d’une agression au lycée, restée muette face à la violence. Sa rencontre avec Maryam et la force de l’amitié vont peu à peu lui redonner le courage de parler — et d’agir. Entre solidarité et colère, Le Silence est à nous interroge la difficulté à être entendue dans un monde saturé de bruits et d’injustices. 

Premier grand prix national de littérature adolescente en langue française, le Prix Vendredi a été créé en 2017 par les éditeurs du groupe Jeunesse du Syndicat national de l’édition afin de valoriser le dynamisme et la qualité de création de la littérature jeunesse contemporaine. Chaque année, une sélection de 10 ouvrages francophones destinés aux plus de 13 ans, publiés entre le 1er octobre de l’année précédente et le 30 septembre de l’édition en cours, est soumise à un jury de professionnels.

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4 novembre 2025

Laurent Mauvignier, prix Goncourt 2025 pour son roman "La maison vide" et Adélaïde de Clermont-Tonnerre, prix Renaudot pour ”Je voulais vivre»

Les jeux sont faits : si la belge Caroline Lamarche faisait figure d’outsider et Nathacha Appanah, Emmanuel Carrère et Laurent Mauvignier de favoris, c’est ce dernier qui s’est vu décerner, mardi 4 novembre 2025, le plus prestigieux des Prix littéraires francophones pour son roman La maison vide (Minuit).

Vendu à près de 82.000 exemplaires, ce récit familial fantasmé qui conduit le lecteur de la fin du XIXe siècle à l’après Seconde Guerre mondiale a déjà été couronné du prix littéraire Le Monde, du prix Landerneau des lecteurs ainsi que du prix des libraires de Nancy.

Élu dès le premier tour avec 6 voix, l'écrivain de 58 ans succède ainsi à Kamel Daoud, Goncourt 2024 pour son roman Houris. Il l'emporte devant Caroline Lamarche pour Le Bel Obscur (Seuil), Emmanuel Carrère pour Kolkhoze (P.O.L) et Nathacha Appanah pour La nuit au cœur (Gallimard), qui a reçu le prix Femina lundi 3 novembre 2025.

Outre une renommée nationale – et, dans une moindre mesure, à l’étranger –, l’obtention d’un prix Goncourt permet de remporter un chèque de dix euros (symboliques), mais promet à son lauréat ou sa lauréate des ventes par centaines de milliers d’exemplaires.

Le petit frère du Goncourt vient d’emboîter le pas de son aîné : Adélaïde de Clermont-Tonnerre remporte le prix Renaudot pour Je voulais vivre (Grasset), dans lequel elle dresse le portrait d’une célèbre femme à poigne. Un prêtre recueille une petite fille, Anne. Elle deviendra Lady Clarick, une redoutable comtesse calculatrice, connue sous la plume de Dumas comme Milady de Winter. Un énigmatique personnage auquel l’autrice entend rendre justice.

4 novembre 2025

Gonzalo Celorio, lauréat du prix Cervantes 2025

Le jury du prix Miguel de Cervantes de littérature de langue espagnole a décerné à Gonzalo Celorio le prix Cervantes 2025. Attribué par le ministère de la Culture espagnol, ce prix est doté de 125 000 euros. La décision du jury a été annoncée par le ministre de la Culture, Ernest Urtasun, accompagné de la directrice générale du Livre, de la Bande Dessinée et de la Lecture du ministère de la Culture, María José Gálvez, lors d'un événement qui s'est tenu à l'auditorium Jorge Semprún.

Le jury a décerné le prix à cet auteur pour « son œuvre littéraire exceptionnelle et ses contributions intellectuelles, qui ont profondément et constamment enrichi la langue et la culture hispaniques ». Il a également souligné que « depuis plus de cinquante ans, Gonzalo Celorio cultive une voix littéraire d'une remarquable élégance et d'une profonde réflexion, alliant une lucidité critique à une sensibilité narrative qui explore les nuances de l'identité, du développement émotionnel et du deuil. Son œuvre est à la fois un témoignage du Mexique moderne et un miroir de la condition humaine. »

Enfin, il a souligné que « ses livres, empreints d’ironie, de tendresse et d’érudition, tracent une carte émotionnelle et culturelle qui a influencé des générations de lecteurs et d’écrivains. Celorio incarne la figure de l’écrivain accompli : créateur, enseignant et lecteur passionné. Il est l’artisan d’un héritage inestimable qui honore la langue espagnole et la maintient vivante dans sa forme la plus aboutie : celle de la parole qui pense, ressent et perdure. »

 a occupé de nombreux postes universitaires et culturels, notamment celui de secrétaire académique et de directeur de la Faculté de philosophie et de lettres de l'UNAM (1998-2000) ; de directeur du département de littérature de l'Institut national des beaux-arts ; de coordinateur des activités culturelles à l'UNAM (1989-1998) ; et de directeur général du Fonds de culture économique (2000-2002). Il est actuellement professeur de littérature latino-américaine à la Faculté de philosophie et de lettres de l'UNAM, où il est titulaire de la chaire extraordinaire « Maîtres de l'exil espagnol ».

Il est membre titulaire de l'Académie mexicaine de la langue, dont il est le directeur, et également membre correspondant de l'Académie royale espagnole et de l'Académie cubaine de la langue.

Parmi ses œuvres les plus connues figurent les romans « Self-Love », « The Sedentary Journey », « And Let the Earth Tremble in Its Centers », « Metal and Slag » et « Memory Gossip Corners », ainsi que les essais « The Underlines Are Mine » et « Subversive Canons ».

Sa carrière a été marquée par de nombreuses récompenses, dont le Prix de journalisme culturel de l'Institut national des beaux-arts (1986) pour « Los subrayados son míos » (Les soulignements sont à moi) ; le Prix des Deux Océans (1997, Festival de Biarritz) pour « El viaje sedentario » (Le voyage sédentaire) ; le Prix national du roman IMPAC-CONARTE-ITESM (1999) pour « Y retiemble en sus centros la tierra » (Et que la terre tremble en son centre) ; le Prix national universitaire dans le domaine de la création artistique et de la diffusion culturelle (2008) ; le Prix national des sciences et des arts en linguistique et littérature (2010) ; le Prix Mazatlán de littérature (2015) pour « El metal y la escoria » (Métal et scorie). Elle a reçu le prix Xavier Villaurrutia des écrivains (2023) pour « Mentideros de la memoria » (Coins de ragots sur la mémoire). Elle a également été décorée de l'Ordre national de la Culture par le ministère cubain de la Culture en 1996.

Son œuvre, caractérisée par son érudition, sa rigueur stylistique et sa réflexion sur la mémoire, l'identité et la tradition littéraire hispano-américaine, le place parmi les auteurs les plus importants de la littérature mexicaine contemporaine.

3 novembre 2025

Natacha Appanah prix Femina 2025 pour « La Nuit au cœur »

Ce lundi 3 novembre 2025, Natacha Appanah a reçu le prix Femina 2025 pour son roman La Nuit au cœur. Un jury de douze femmes l’a choisi parmi une dernière sélection de cinq romans français, annoncée le 21 octobre.  Dans La nuit au cœur, Nathacha Appanah entrelace les récits de trois femmes confrontées à la violence conjugale, dont un tiré de sa propre vie. À travers une écriture à la fois sobre et poignante, elle explore l’impossible vérité du féminicide et la ténacité de celles qui tentent de survivre à l’amour devenu menace. Le roman s’ouvre sur la voix d’une narratrice qui court pour sauver sa vie — la sienne.

Journaliste et romancière du Dernier Frère ou encore de Tropique de la violence, lauréats de nombreux prix. Nathacha Appanah poursuit une œuvre sensible et engagée, où la lumière affleure toujours au cœur de la nuit.

Dans la catégorie roman étranger, Les éléments de John Boyne (JC Lattès), traduit de l’anglais par Sophie Aslanides, s'est vu décerner le prix.

30 octobre 2025

Grand prix du Roman de l’Académie française pour Yanick Lahens

L'Académie française a décerné ce jeudi son Grand Prix du roman 2025 à l'autrice haïtienne Yanick Lahens pour son ouvrage Passagères de nuit. L'élection a été très serrée : la lauréate a obtenu, au troisième tour, 11 voix contre 10 pour Pauline Dreyfus avec Un pont sur la Seine. Le troisième finaliste était Alfred de Montesquiou avec Le Crépuscule des hommes. Il est dotéde 10 000 euros. 

Elle succède ainsi au Franco-Vénézuélien Miguel Bonnefoy, qui avait remporté le Grand Prix du roman de l'Académie française avec Le Rêve du jaguar, une saga familiale. Née en 1953 à Port-au-Prince, elle est l'autrice de nombreuses oeuvres (romans, essais, nouvelles...), et a obtenu le prix Femina en 2014 pour Bain de lune. Dans Passagères de nuit (Sabine Wespieser), la romancière « rend un hommage d'espoir et de résistance à la lignée des femmes dont elle est issue », a indiqué l'éditeur en présentant le roman. « Toujours avancer sans se retourner » est le mot d'ordre de ces femmes, dont Elizabeth, née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, et Régina, « née pauvre parmi les pauvres » en Haïti un demi-siècle plus tard. Yanick Lahens y raconte notamment l'effroyable réalité vécue par les passagères de nuit sur les bateaux négriers. Ce prix récompense les éditions Sabine Wespieser, une petite maison indépendante qui publie depuis 2002 essentiellement des écrivains de langue française et a déjà obtenu plusieurs prix littéraires.

 

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29 octobre 2025

Le prix Décembre 2025 décerné à Laura Vazquez

Casquette, longs cheveux bruns et yeux sombres. Laura Vazquez, 39 ans, poétesse et romancière, cocréatrice de la revue « Muscle », a imposé son style et surtout son écriture hors du commun en quelques livres. Déjà auréolée du prix Goncourt de la poésie en 2023 pour l’ensemble de son œuvre, l’autrice de « la Semaine perpétuelle » (éd. du Sous-Sol), mention spéciale du prix Wepler 2021, reçoit donc aujourd’hui le prix Décembre, l’un des grands prix d’automne, conçu à sa création comme une sorte d’anti-Goncourt, face à David Dufresne (« Remember Fessenheim », Grasset) et Kevin Orr (« Laure », Seuil).  C’est pour son deuxième roman, « les Forces » (éd. du Sous-Sol), qu’elle se voit ainsi consacrée. Ce livre lui a aussi valu le prix littéraire des « Inrockuptibles » dans la catégorie « roman », il y a quelques jours. Dans la veine de son épopée « le Livre du large et du long » (éd. du Sous-Sol, réédité en poche avec une préface de Yannick Haenel), « les Forces » a l’ampleur d’une Odyssée, d’une geste légendaire, mais écrite dans une langue totalement neuve, à la fois venue du fond des âges et absolument moderne, pour paraphraser Rimbaud. Une écriture ténébreuse et éblouissante, caravagesque. Du côté clair-obscur de la force. On y suit l’itinéraire d’une jeune femme lesbienne, poétesse en devenir, qui rejette le monde dans lequel elle vit, ses normes, ses « phrases mortes », ses désirs formatés par le capitalisme mortifère. Pour se trouver, elle quitte sa famille et, tel Ulysse ou Alice aux pays des merveilles, multiplie les rencontres étranges et décisives, d’un bar lesbien à un immeuble qui abrite des sectes loufoques en passant par une maison pour drogués, Lotophages contemporains. Puisant à des sources aussi diverses que les textes de Wittgenstein, Virginia Woolf, Horace ou du mathématicien Alexandre Grothendieck, Laura Vazquez revitalise la forme classique du roman d’apprentissage pour en faire un manuel de survie poétique.

Elle succède à Abdellah Taïa, récompensé l’an passé pour « le Bastion des larmes » (Julliard), écoulé à près de 20 000 exemplaires, et empoche au passage un chèque de 15 000 euros. Laura Vazquez est encore en lice pour le prix Médicis.

Source : Nouvel Obs

20 octobre 2025

Prix littéraire Les Inrockuptibles 2025 : voici les quatre lauréates

Cette 6e édition de notre prix, parrainée par l’auteur de théâtre, l’acteur et réalisateur Vincent Macaigne, a donc trouvé dans Les Forces l’audace, la prise de risque, la puissance d’une voix singulière, le souffle, l’énergie et la liberté inouïes qui l’imposent comme un véritable geste littéraire ultra contemporain, ce que nous avons toujours voulu récompenser. L’écriture de Laura Vazquez bouscule tout, et surtout tout ce qu’on déteste et qui sont en train de s’imposer dangereusement dans le monde : les conformismes, les doxas et toute forme de bigoterie.

Dans la catégorie premier roman, c’est la révélation de la rentrée, Séphora Pondi, 33 ans, qui l’emporte avec Avale (Grasset) : elle aussi a fait le choix de la contemporanéité, depuis ses thématiques (le regard posé sur le corps), jusqu’à son style très direct, et la forme même de son texte. Enfin, pour le Prix Les Inrockuptibles du roman étranger, le choix s’est révélé tellement difficile entre deux propositions si différentes (une autrice septuagénaire et célébrée, une autre trentenaire et débutante), arrivant ex-aequo au moment de nos votes, que nous avons décidé, exceptionnellement, de ne pas trancher. Avec Je suis fan (Gallimard), sorti en avril dernier et traduit par Marie Darrieussecq, l’Anglaise Sheena Patel signe elle aussi un premier texte travaillé par le monde d’aujourd’hui (réseaux sociaux, polyamour, mixité ethnique, racisme, perte de repères) et le roman d’une nouvelle génération perdue. Quant à Sigrid Nunez, qu’on ne présente plus après les succès de L’Ami et de Quel est donc ton tourment ? (The Room Next Door par Almodóvar), elle nous a encore une fois fascinés avec la virtuosité de Les Vulnérables (Stock), traduit par Mathilde Bach, dans lequel elle tisse autour de la confrontation entre une écrivaine âgée, un perroquet et un garçon dépressif, une dérive narrative autour du temps perdu et du métier d’écrire.

10 octobre 2025

Un nombre record d'inscrits dans les bibliothèques françaises

6 967 989, c'est le nombre d'usagers inscrits dans les bibliothèques publiques en 2025 selon le ministère de la Culture. Soit une hausse de 11 % par rapport à 2024 et un  record battu par rapport à l'année 2003 où 6,93 millions d'inscrits avaient alors été enregistrés. "Cette poussée intervient après une première forte augmentation de 7 % enregistrée entre 2023 et 2024" estime la Banque des territoires ; "en deux ans, les bibliothèques publiques comptent ainsi plus d'un million d'inscrits supplémentaires."

Les bibliothèques universitaires et autres établissements culturel et scientifique, quant à eux, comptent désormais 1 014 545 inscrits soit une baisse de 1 % par rapport à 2024. De leur côté, les autres bibliothèques accueillant du public pour le prêt recensent 278 720 usagers inscrits.
Plusieurs raisons peuvent expliquer ce regain d'inscriptions notamment l'extension des horaires d'ouverture dans plus de 710 communes. Plusieurs grandes villes ont ainsi décidé d'ouvrir leurs bibliothèques le dimanche attirant ainsi un public qui ne peut s'y rendre pendant les autres jours de la semaine. Autre facteur d'augmentation, la multiplication de dispositifs de prêts et de retours ou la possibilité de rendre les ouvrages dans n'importe quel point du réseau. "À Nantes, où toutes ces mesures ont été mises en place, la hausse de la fréquentation a été de plus de 55 % en deux ans" précise la Banque des territoires.
Les bibliothèques publiques engrangent également un succès après l'opération "Biblis en folie" lancée pour la première fois en 2024 à destination du public le plus large possible. "Premier service culturel de proximité" comme le rappelle le ministère de la Culture, les 16 500 bibliothèques et points d'accès à la lecture gérés par les collectivités irriguent le territoire national. 

37 % des Français de plus de 15 ans déclarent s'être rendus en bibliothèque en 2024 contre 30 % en 2023. Plus de 258 millions de prêts ont été enregistrés en 2024 soit 10 millions de plus qu'en 2023. 

Source : Archimag

6 octobre 2025

L'écrivain suisse Joseph Incardona lauréat du prix des Deux Magots

Joseph Incardona, 56 ans, écrivain basé à Genève, a remporté lundi 6 octobre le prix des Deux Magots pour son ouvrage Le monde est fatigué (éditions Finitude), ont annoncé les organisateurs. Au palmarès de ce prix littéraire, il succède à Jean-Pierre Montal, récompensé en octobre 2024 pour La Face Nord. Incardona l'a emporté à l'issue du second tour, à égalité de voix avec Victor Pouchet (Voyage voyage, Gallimard), mais en bénéficiant de celle du président, Étienne de Montety.bUn an et demi après le grinçant Stella et l'Amérique, l'écrivain suisse raconte cette fois l'histoire d'Ève, une sirène professionnelle qui nage dans les plus grands aquariums du monde, de Dubaï à Tokyo. Or sa queue en silicone, longue de deux mètres, cache un corps mutilé à cause d'un accident de la route dont elle cherche le responsable, dans l'espoir de se venger.

Le jury du prix des Deux Magots a adopté pour tradition de délibérer devant un parterre d'invités dans la grande salle de la célèbre brasserie du même nom, située dans le quartier Saint-Germain-des-Prés à Paris. Créé en 1933, le prix est doté de 7 700 euros. Il récompense cette année Finitude, une maison d'édition créée en 2002 à Bordeaux pour promouvoir "une littérature puissante ou décalée, française ou étrangère, d'hier ou d'aujourd'hui".

Source : France Info Culture

14 septembre 2025

Une nouvelle traduction de Marie Stuart de Stefan Zweig plus fidèle au texte de l'auteur

Après deux traductions très remarquées de Magellan et de Marie-Antoinette de Stefan Zweig, Françoise Wuilmart continue, avec Marie Stuart, d’œuvrer à retrouver l’essence même du style de l’écrivain, souvent altérée par les versions précédentes. Les premières traductions, principalement réalisées par Alzir Hella dans les années 1930, ont eu le mérite d’introduire Zweig sur la scène francophone. Mais elles répondent à un « mot d’ordre traductif » très différent de celui qui est en vigueur de nos jours. Hella, traducteur sans réelle formation, mais « quasi-officiel » de Zweig, s’autorise à rendre plus « neutres » les phrases qu’il juge trop « intenses », à couper les références historiques selon lui inutiles et les « métaphores qui fleurissent presque à chaque page ». Zweig lui-même lui laisse « carte blanche » pour ses coupes. Alors Hella gomme les phrases, les édulcore et finit par « acclimater » le texte à sa perception de la culture destinataire ou à son propre style. Françoise Wuilmart, au contraire, adopte une « optique benjaminienne » – c’est-à-dire inspirée de La Tâche du traducteur de Walter Benjamin. Elle s'engage à reproduire le style et le ton qui reflètent le ressenti de l’écrivain, à conserver ses métaphores prégnantes et même ses « redondances », qu'elle considère comme ses marques de fabrique. Son but est de restituer la « saveur originelle » du texte pour faire « sentir et ressentir » aux lecteurs le souffle et l’emportement de l’écrivain : cette « impression que, dans chacune de ses biographies, l’auteur était sur place, qu’il était là comme témoin en chair et en os, caméra au poing ».

C’est en effet la vive impression que procure la lecture de cette version de Marie Stuart, une biographie dans laquelle Zweig explore – comme s’il y était – la vie de l'une des figures les plus énigmatiques de l'histoire, de sa naissance à sa mort tragique. Devenue Reine d’Écosse en 1542, à seulement six jours, puis Reine de France à 17 ans par son mariage avec François II et exécutée – par décapitation à la hache – à 45 ans, Marie Stuart est une personnalité historique aux représentations contradictoires – tantôt meurtrière – accusée de complicité dans l’assassinat de son mari –, tantôt martyre, tantôt « stupide intrigante ou encore céleste sainte ».

Stefan Zweig s’efforce de devenir l’interprète « impartial », mais empathique de ce destin qui entremêle, nous prévient-il dès le départ « le faux et le vrai, le fictif et le réel ». Pour relever ce défi, il choisit deux années décisives de sa vie pendant lesquelles une « pression démesurée » l’oblige à « se dépasser, [à] s’élever au-dessus d’elle-même » jusqu’à se détruire. À 23 ans, veuve du roi François II de France, la Reine, jusque-là prise au sérieux comme politicienne, tombe follement amoureuse d’un jeune prince de 19 ans nommé Lord Darnley.   Zweig considère que c’est un point de bascule qui transforme la vie de Marie Stuart en tragédie. Et c’est en suivant cette pente vers les abysses que l’écrivain examine minutieusement les fameuses « lettres de la cassette », un ensemble de correspondances et de poèmes controversés, attribués à Marie Stuart, et qu’elle aurait écrits en partie au chevet de son deuxième mari mourant. En prenant ces écrits au sérieux et en y portant un regard psychanalytique d’une finesse inouïe, Stefan Zweig, contemporain et admirateur de Freud, y voit la preuve d’une « furieuse détresse ». Écrites « avec maladresse », « par une main qui, on le perçoit, tremble d’agitation en écrivant », ces lettres témoignent, selon lui, d'un « état d'âme surexcité », une transe qui offre un accès unique au « moi intérieur » de la Reine. Loin d’être une simple remise à jour linguistique, la nouvelle traduction de Françoise Wuilmart est une redécouverte de l’œuvre de Zweig, une expérience essentielle qui invite à mesurer l’ampleur d’un destin royal tout en se mettant à l’écoute de son âme, comme un être non pas figé dans l’histoire mais de chair, de sang et de cœur, dont la personnalité résonne avec force aujourd’hui.

Source : Livres Hebdo

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