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librairie
5 août 2025

Pop-Up pour célébrer les 90 ans de Penguin dans une librairie londonienne

L’un des lieux littéraires les plus appréciés de Londres organise l’ultime fête d’anniversaire de Penguin Books, et tout le monde est invité. Pour célébrer les 90 ans de la maison d’édition pionnière, Waterstones Piccadilly (la plus grande librairie d’Europe) a mis en place une installation pop-up très spéciale, soigneusement organisée, présentant plus de 1 000 livres issus des archives de Penguin. Née dans les années 1930 d’une frustration face au manque de matériel de lecture disponible pour le public, la maison d’édition Penguin Books n’a cessé d’ouvrir la voie aux amateurs de littérature du monde entier. Il est donc tout à fait normal qu’ils fêtent leur 90e anniversaire en beauté. Occupant tout le rez-de-chaussée du magasin phare, 90 Years of Penguin donnera vie à la riche histoire de la marque, offrant aux rats de bibliothèque et aux bibliophiles la possibilité de « découvrir et d’interagir avec des publications révolutionnaires et diverses » des neuf dernières décennies. L’installation est remplie à ras bord d’une énorme gamme de livres, allant des classiques à reliure en toile aux publications récentes. Les libraires de Waterstones disposeront d’un espace dédié pour présenter les titres qu’ils ont aimés au fil des ans. Les visiteurs auront également la possibilité d’admirer des armoires remplies de souvenirs, de curiosités et d’objets de collection de Penguin. La visite du pop-up shop est entièrement gratuite et une série d’événements passionnants s’y dérouleront tout au long de l’été. De l’enregistrement en direct du podcast Penguin à un quiz sur le thème des Pingouins, il s’agira d’un véritable havre de paix pour les amoureux des livres de la capitale.

Bea Carvalho, responsable des livres chez Waterstone, a déclaré : « C’est avec une grande joie que nous inaugurons cet espace, qui représente un instantané de 90 ans d’excellence en matière d’édition, afin de présenter l’histoire riche et variée de Penguin Books et son étroite collaboration avec Waterstones depuis de nombreuses années. Nous sommes impatients d’accueillir les lecteurs dans notre magasin emblématique pour découvrir 90 ans de Penguin chez Waterstones Piccadilly cet été ».

Le pop-up shop Penguin sera situé au rez-de-chaussée inférieur de Waterstones London Piccadilly. Il sera ouvert de 9h à 21h (du lundi au samedi) et de 12h à 18h (le dimanche) jusqu’au 31 août. Pour en savoir plus et planifier votre visite , cliquez ici.

Source : Secret London

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20 juillet 2025

Risque de fermeture pour l’une des plus vieilles librairies jeunesse de France

Plus vieille librairie spécialisée dans les ouvrages jeunesse de France, la librairie Comptines propose aux enfants des milliers de livres et bande dessinée depuis plus de 50 ans. Sa devanture rouge fait partie du paysage de la rue Duffour Dubergier, située à quelques encablures de la cathédrale Saint-André à Bordeaux.  Pourtant, depuis quelques mois, l'institution bordelaise fait face à de grandes difficultés financières. Elle a été contrainte de se placer en redressement judiciaire.Dans les rayons, Nathalie Ventax a une astuce pour camoufler les trous qui se sont formés de part et d’autre.

“On met beaucoup de livres devant, on les dispose de façon à dissimuler les trous, explique la gérante de la librairie à France 3 Nouvelle Aquitaine. On ressort aussi des choses qui sont moins prisées que l’on n’avait pas vu depuis longtemps en attendant que les cartons arrivent.”

De 10 000 références en moyenne, la librairie n’en propose aujourd’hui que 4 000. C’est l’une des conséquences d’une situation financière qui s’aggrave, depuis près de quatre ans : elle n’a pas pu renouveler ses stocks, faute de trésorerie.

“Toutes nos dettes ne sont pas encore répertoriées, mais on est aux alentours de 180 000 euros", confie Nathalie Ventax.

Ces dettes concernent d’abord les loyers, à raison de 10 000 euros par trimestre que la gérante ne peut plus payer sans mettre la clé sous la porte.

“Il y a aussi les factures des fournisseurs, éditeurs et transporteurs que nous n’avons pas pu régler depuis le mois de janvier”, poursuit la gérante de la librairie.

Face à une chute perpétuelle des ventes depuis 2022, la librairie s'est vue contrainte de demander un placement en redressement judiciaire. La procédure en cours lui a ainsi permis de geler ces dettes, pour quelques mois.

“On a jusqu’à Noël. Si on n’arrive pas à vendre à cette période, ce sera la fin. Il me reste 5.000 euros de trésorerie, qui peut permettre de faire de nouvelles commandes et continuer à faire tourner le magasin,” dit Nathalie Ventax, gérante de la librairie Comptines

Un regret pour les habitués de l’établissement. “Je viens ici depuis 40 ans. Ce que j’aime c’est leur spécialité, je sais que je vais toujours trouver quelque chose, que ce soit des contes anciens que je lisais petite ou des découvertes”, confie une grand-mère.

Ce combat pour survivre, la libraire l’a entamé en 2022. “On a eu un audit pour comprendre ce qui n’allait pas. On a été aidé par la Région, le centre national du libre, une association d’éditeurs pour redresser la barre, mais cela n’a pas fonctionné”, soupire Nathalie Ventax. Une cagnotte en ligne leur a également permis de récolter 7 550 euros.

Si elle passe la période des Fêtes, moment déterminant pour les ventes du secteur, Nathalie envisage des actions fortes pour continuer d’exister : moins de références, moins de personnel, réduire la surface et proposer plus de livres pour adultes voire développer la papeterie et les jeux.

2 juillet 2025

Une « bulle » d'aides aux librairies pendant le COVID critiquée par le Sénat

Dans un rapport intitulé "Soutien de l'État au secteur du livre" présenté par  Claude Raynal, président de la commission des Finances, et Jean-Raymond Hugonet au sénat aujourd'hui, le soutien est  jugé « massif », « pas indispensable » et entraînant « une surrentabilité temporaire » des librairies.

Les données analysées dans ce  rapport montrent que le Centre national du livre (CNL) a doublé ses aides pendant la pandémie de COVID, passant d'environ 22 millions d'euros annuels à 43 millions d'euros d'aides exceptionnelles distribués sur trois ans. Cette mobilisation s'est déployée en trois phases : un plan d'urgence dès le printemps 2020, un plan de soutien jusqu'en 2021, puis un plan de relance en 2021-2022. Les librairies ont été les principales bénéficiaires de ce dispositif. Le fonds d'aide exceptionnelle de 25 millions d'euros a concerné 1 904 établissements, tandis que le fonds de modernisation de 13,3 millions d'euros a accompagné leur transformation numérique et leurs investissements. Résultat : 42 % des librairies ont perçu au moins une aide en 2020, contre 7 à 9 % en période normale.

À l'inverse, les éditeurs ont été moins soutenus, avec seulement 9 % d'entre eux bénéficiant d'aides spécifiques en 2020, soit deux à trois points de plus qu'habituellement. Et l'analyse marque une asymétrie : là où les librairies ont subi des pertes importantes, les éditeurs ont mieux résisté, bénéficiant parfois même d'un report de consommation vers le livre. L'impact économique de ces aides publiques s'avère spectaculaire mais éphémère. Le rapport identifie une « surrentabilité temporaire des librairies » imputable aux dispositifs d'urgence, mais pas seulement. Le parlementaire l'explique également par la conjonction de plusieurs facteurs : en plus des aides spécifiques au secteur, les dispositifs généraux (chômage partiel, fonds de solidarité, PGE), et surtout une hausse conjoncturelle des achats de livres pendant les confinements ont permis d’accroître les revenus des librairies, sur une courte durée. Dès 2022 en effet, « le secteur de la librairie est redevenu moins dynamique que l'ensemble des commerces de détail », note le rapport, signant la fin brutale de cette « bulle » liée notamment aux aides exceptionnelles.

Les acteurs de la filière reconnaissent l'efficacité du soutien : « sans ces aides, de très nombreuses librairies auraient été contraintes à la fermeture », selon le Syndicat de la librairie française (SLF) cité dans le rapport. Le mécanisme d'aide exceptionnelle aux librairies est salué pour son caractère « massif » et son « mécanisme simple d'utilisation ».

Trois ans après, la normalisation reste incomplète. Si les dispositifs d'urgence se sont éteints en 2023, le niveau global des aides CNL demeure supérieur de 3 millions d'euros à celui d'avant-crise. Certains dispositifs temporaires ont été pérennisés, comme « Jeunes en librairies », désormais budgétisé à 2 millions d'euros annuels.

Une préoccupation émerge : le remboursement des prêts garantis par l'État. Alors que les ventes de livres ralentissent, les professionnels s'inquiètent des échéances de remboursement des PGE. Le ministère de la Culture étudie la possibilité de remobiliser un dispositif d'avances remboursables via l'IFCIC (Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles) pour étaler ces remboursements.

Au-delà de l'épisode Covid, le rapport met en lumière les défis structurels de la filière. Avec un taux de marge des librairies limité à 2 % selon le CNL, et un poids salarial représentant 62 % de la valeur ajoutée (contre 55 % pour le commerce de détail), les marges de manœuvre restent étroites.

Source : Livres Hebdo

10 juin 2025

Des livres d'occasion offerts dans les rues de Milan, avec le vélo cargo Libraccio

Le premier vélo cargo de Libraccio arrive à Milan. La chaîne de librairies, référence en matière de livres d'occasion et lauréate de l' Ambrogino d'Oro 2024  a décidé de « témoigner sa gratitude envers la ville en devenant le porte-parole d'une culture circulaire , accessible, inclusive et démocratique », comme indiqué dans une note.

« Libraccio – rappelle-t-on – est né en 1979 au cœur de la ville de Milan, sur les marchés de Piazza Vetra, où est né un modèle visionnaire et durable qui représente encore aujourd’hui un exemple unique sur le marché ».

Jusqu'en décembre , une version spéciale du vélo cargo, baptisée LAMBROgio – grâce à la collaboration avec Repower – traversera certains des endroits les plus caractéristiques de la ville de Milan, des places historiques du centre aux zones récemment réaménagées, pour rendre hommage aux citoyens avec des centaines de volumes d'occasion – y compris des fictions, des thrillers, de la fantasy, de la non-fiction et plus encore – agissant comme ambassadeur de la philosophie de la réutilisation . Le vélo cargo de la marque Libraccio livrera des livres d'occasion directement aux lecteurs de la ville, entre trésors et grands classiques. Les protagonistes seront les histoires des volumes proposés, prêts à vivre une seconde vie , dans une initiative alliant culture et mobilité durable.

« Cette année, nous souhaitions proposer une initiative unique pour nous rapprocher encore plus de notre public et lui témoigner notre soutien . Il y a quelques mois, nous avons reçu l' Ambrogino d'Oro pour notre engagement social envers Milan, une récompense dont nous serons toujours très fiers. Avec ce projet, nous souhaitons rendre la culture encore plus accessible et inclusive , grâce au moyen de transport le plus durable qui soit. Nous sommes certains que nos concitoyens participeront avec enthousiasme et seront heureux de partager cette initiative avec des partenaires qui, comme nous, croient en l'importance de l'économie circulaire », commente Edoardo Scioscia , PDG et membre fondateur de Libraccio.

Source : Il Libraio

31 mai 2025

Reprise de la librairie Doucet par Gilbert

Un nouveau chapitre s’écrit à la librairie Doucet du Mans (Sarthe). Fin février 2025, la librairie tenue depuis 2005 par Marie-Adelaïde et Olivier Dumont, avait été placée en redressement judiciaire.  Trois mois plus tard, une solution a été trouvée pour perpétuer le point de vente réputé au Mans. Le couple de libraire a annoncé ce vendredi 30 mai 2025 que l’histoire de la librairie, qui a fêté ses 90 ans en 2024, allait se poursuivre sous la bannière de Gibert, spécialiste du livre d’occasion.

« Doucet rejoint le groupe Gibert, acteur indépendant de référence dans le monde du livre, pour continuer à se développer avec énergie, tout en restant fidèle à ses valeurs de proximité, d’exigence et de passion », ont-ils écrit.

Cette reprise réalisée sous l’autorité du Tribunal de Commerce du Mans est une étape importante que nous avons choisi d’assumer pour garantir un avenir solide et ambitieux à Doucet, selon Marie-Adelaïde et Olivier Dumont.

Il s’agira du 25e magasin de Gibert et une première implantation dans la région.

« Doucet est une librairie indépendante, profondément ancrée dans son territoire. Elle incarne pleinement les valeurs que nous défendons : proximité, exigence et passion. Nous sommes très heureux d’écrire ce nouveau chapitre à ses côtés », a indiqué de son côté le groupe Gibert par la voix Rodolphe Bazin de Caix, son directeur Marketing et Communication.
Avec ce rachat, de nouvelles offres vont émerger. Dès la rentrée de septembre, la librairie proposera à la vente 20% de produits d’occasion supplémentaires allant des livres aux mangas en passant par de la musique et des films.  Côté services, il y aura la possibilité de retirer les commandes internet en magasin, de bénéficier de la livraison dans le point en vente dès le lendemain. Doucet continuera à proposer un service de rachat de livres à ses clients (mais aussi de CD et DVD) en magasin.

Comme Olivier Dumont l’avait expliqué en février dernier à Actu Le Mans, la demande de placement en redressement judiciaire avait été sollicitée par le couple lui-même afin d’accélérer la reprise à l’heure où il souhaitait partir à la retraite.

« C’est pour faciliter la reprise que l’on a ouvert cette procédure : on utilise le droit pour faciliter l’économie », avait-il résumé. « Notre motivation, c’est l’équipe et la possibilité pour les Manceaux de continuer à avoir plusieurs librairies indépendantes », expliquait-il auprès d’Actu Le Mans.

Désormais, l’heure de la retraite a sonné.

"Nous resterons profondément attachés à cette librairie et vous remercions du fond du cœur pour votre fidélité, votre enthousiasme et votre curiosité qui ont nourri notre engagement pendant toutes ces années”,   déclarent Marie-Adelaïde et Olivier Dumont.
« Nous maintiendrons cet attachement fort et constant pour la librairie indépendante qui conditionne le maintien d’une diversité culturelle particulièrement essentielle dans ces périodes troublées et voulons croire que vous aurez à cœur de suivre cette démarche vertueuse de l’exception culturelle française. »

Source  :  Actu Le Mans

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8 mai 2025

Prix de la meilleure librairie pour enfants et jeunes adultes d’Italie

Il Mosaico di Imola est la librairie lauréate du Prix Gianna et Roberto Denti 2025 , un prix littéraire promu par l' Association des éditeurs italiens (AIE) et Andersen , qui sélectionne chaque année la meilleure librairie pour enfants et jeunes adultes. Le prix, qui en est à sa douzième édition, a été créé pour souligner le rôle et la valeur des librairies – institutions culturelles fondamentales du territoire – et pour rappeler la figure et l’engagement de Roberto Denti (1924-2013), journaliste, écrivain et surtout fondateur, avec Gianna Vitali (1943-2016), de l’historique Libreria dei Ragazzi de Milan. Le jury du prix est composé des éditeurs jeunesse de l'AIE et de la direction du magazine ANDERSEN. Fondée en 2012 par Arianna Di Pietro, Alexia Betti et Antonella Sacco , la librairie Il Mosaico est un point de rencontre pour les citoyens, un lieu où les livres sont au centre, les filles et les garçons , et tout autour il y a des gens qui veulent discuter et se rencontrer.

Voici les raisons du choix du jury : « Pour être devenu un point de référence attentif et accueillant pour la communauté . Pour un engagement constant dans la mise à jour, dans la proposition inclusive et compétente de l'assortiment, et dans la création de nouvelles idées et de nouveaux stimuli dans le plein respect des lecteurs. Pour la capacité à saisir le potentiel d'une structure coopérative en le déclinant dans une gestion prudente et consciente de chaque facette du travail du libraire. Pour le courage et la détermination avec lesquels ils ont montré et montrent qu'ils se tiennent chaque jour aux côtés des enfants et des jeunes. »

Une fois de plus cette année comme une occasion de reconnaître l'importance du libraire, une profession fondamentale pour créer un lien entre le secteur de l'édition et les lecteurs de tous âges » a déclaré Carlo Gallucci , coordinateur de la Commission permanente pour l'enfance de l'AIE. « La librairie lauréate de cette édition a le mérite d’avoir créé un lieu de rencontre où tous les citoyens peuvent se sentir accueillis et continuellement stimulés dans la confrontation et le partage d’idées, grâce à l’amour des livres. »

Le Prix sera décerné le samedi 24 mai lors de la 44e édition du Prix Andersen , qui se tiendra à Gênes dans la Salle du Petit Conseil du Palais Ducal. 

Source : Il Libraio

17 février 2025

Le Gai Savoir en péril : la lutte d’une librairie engagée pour sa survie

Symbole de l’engagement intellectuel en Tunisie depuis 1974, Le Gai Savoir n’est pas une librairie comme les autres. Fondée par des militants de gauche inspirés par la légendaire librairie François Maspero à Paris, elle s’est imposée comme un bastion de la pensée critique et de la diffusion des idées progressistes. Mais aujourd’hui, cet espace unique est en danger.
Entre la flambée des prix des livres, la concurrence du numérique et des foires permanentes, et surtout une réforme brutale sur les chèques de garantie, Le Gai Savoir lutte pour sa survie. Son propriétaire, Badreddine Daboussi, tire la sonnette d’alarme : sans soutien, c’est tout un pan de la culture tunisienne qui risque de disparaître. Fondée le 1er décembre 1974, la librairie Le Gai Savoir est née de la volonté de Moncef Daboussi, un militant de gauche inspiré par l’illustre librairie François Maspero à Paris, symbole des luttes révolutionnaires et intellectuelles des années 1970. Après ses études en Europe, Moncef Daboussi revient en Tunisie avec l’ambition de créer un espace similaire, où les idées progressistes, anticolonialistes et anticapitalistes pourraient se diffuser. Il s’entoure alors de camarades partageant ses idéaux pour fonder une librairie engagée, bien différente des librairies commerciales classiques. Dès que l’on franchit le seuil de la librairie, le ton est donné : sur les murs, les portraits de Georges Abdallah, la photo de Cheikh Imam, ainsi que les drapeaux tunisien et palestinien rappellent immédiatement l’identité militante du lieu. Ici, les livres ne sont pas de simples objets commerciaux, mais des outils de combat et de transmission d’idées. Pendant des années, des habitués – étudiants, chercheurs, journalistes, intellectuels – y ont trouvé bien plus qu’un espace de vente. Entre les rayons, les discussions s’animent sur la scène politique, les nouvelles parutions, ou encore l’évolution du monde de l’édition. Le Gai Savoir est avant tout un lieu de rencontre, d’échange et de réflexion. Contrairement aux librairies ordinaires, dont le principal objectif est la rentabilité, Le Gai Savoir se veut avant tout un espace culturel et intellectuel. Sa mission dépasse la simple vente de livres : il s’agit de transmettre des idées, de créer un lieu d’échange et de ébat, et d’offrir aux lecteurs des œuvres en accord avec une vision engagée du monde.Toutefois, une librairie, même engagée, doit assurer sa pérennité financière. La difficulté réside dans le fait de concilier un modèle alternatif avec des impératifs économiques. Surtout dans un contexte où l’industrie du livre subit des transformations profondes.
Une crise qui s’aggrave depuis des décennies
Depuis plusieurs années, Le Gai Savoir, comme l’ensemble du secteur du livre en Tunisie, traverse une crise. La hausse des prix des livres, notamment importés, pèse lourdement sur les librairies spécialisées, car la dépréciation du dinar tunisien a rendu leur acquisition de plus en plus coûteuse. À cela s’ajoute la concurrence du numérique : la démocratisation du format PDF et des livres électroniques modifie les habitudes des lecteurs, entraînant une baisse des ventes de livres physiques. La prolifération des foires du livre, qui se multiplient à travers le pays, constitue aussi un autre défi de taille. Ces foires, en proposant des prix attractifs tout au long de l’année, faussent le marché en créant une illusion de bons plans permanents au détriment des librairies fixes, comme le déplore Badreddine Daboussi.
Un coup fatal avec la nouvelle loi sur les chèques
Si ces difficultés étaient déjà présentes, la nouvelle loi interdisant les chèques de garantie a porté un coup majeur à l’équilibre financier de la librairie. Jusqu’à présent, les libraires utilisaient ces chèques pour commander des livres auprès des éditeurs et distributeurs, qui acceptaient de les encaisser plusieurs mois plus tard. Cela permettait aux libraires de vendre une partie du stock avant de devoir payer. Avec la réforme, cette pratique est désormais illégale : les chèques doivent être encaissés immédiatement. Ce qui complique considérablement l’approvisionnement en nouveaux livres. Certains éditeurs ont accepté de remplacer les chèques par des traites, mais d’autres ont dû les déposer immédiatement, plongeant la librairie dans une grave crise de liquidités.

En décembre dernier, l’accumulation des paiements dus a mis Le Gai Savoir en grande difficulté. Face à cette situation critique, Badreddine Daboussi a lancé un appel à l’aide à la communauté des lecteurs fidèles pour éviter la fermeture de la librairie.
Les lecteurs fidèles se mobilisent 
« En raison de la détérioration de la situation financière, notamment du changement de la loi sur les chèques, nous vous invitons à soutenir la poursuite de l’activité de la librairie en achetant un livre. Le rêve continue malgré toutes les circonstances. Aidez-vous à le faire vivre ! »
Publié sur la page officielle Facebook de la librairie le 20 janvier, cet appel a déclenché une vague de solidarité. Depuis, les visites de soutien et les achats se multiplient, témoignant de l’attachement du public à cet espace culturel unique.  
Badreddine Daboussi estime que cette loi, bien que visant à réguler le commerce, met en péril les petites entreprises culturelles, incapables de rivaliser avec les grandes surfaces ou les circuits de distribution en ligne. Il plaide pour un assouplissement des règles, notamment en accordant un délai supplémentaire pour régulariser les anciens chèques, afin d’éviter une cascade de fermetures dans le secteur du livre.
À ses yeux, Le Gai Savoir incarne un patrimoine intellectuel qu’il faut préserver. Si rien n’est fait, la disparition de ce type de librairie marquerait un appauvrissement du débat d’idées en Tunisie.
« Je ne suis pas économiste », conclut-il, « mais je suis inquiet. Sans soutien, nous risquons de voir s’éteindre ces espaces où la culture et la réflexion priment sur la rentabilité pure. »

Source : L'Economiste Magrébin

12 décembre 2024

Ouverture d'un bus-librairie à Metz

Le temps presse dans les locaux de Transdev, à Metz Actipole. Les modifications du bus, qui sera bientôt une libraire, doivent être terminées avant vendredi. Fermée à cause d’ un violent incendie qui a touché le bâtiment qui l’abrite, rue Ambroise-Thomas mi-novembre , la libraire Hisler a loué un bus pour en faire un magasin place Jean-Paul II. Il sera stationné au niveau de l’entrée du marché couvert.

Le compte à rebours est lancé depuis que l’enseigne a reçu l’autorisation de la mairie, il y a une dizaine de jours : « Depuis, on a appelé des artisans menuisiers, des graphistes, un électricien et des personnes venues aider », témoigne Juliette Hisler, cogérante.

Le bus appartenait au réseau de transport public de Saint-Avold. Pour le transformer en magasin, les sièges ont été vidés et 90 étagères en bois ont été fabriquées sur-mesure. « Je ne remercierai pas assez les personnes qui ont participé, les artisans qui ont dû mettre de côté des projets pour ça ».

Il sera impossible de passer à côté du véhicule avec son design de couleur bleu, décoré de fournitures de bureau, ainsi que le logo de la libraire. Sans oublier la phrase inscrite sur le côté du bus, pour remercier les pompiers intervenus le soir du feu. Le principe est simple, le bus se posera sur la place, les clients pourront entrer par l’avant, voir la sélection et commander à la caisse au niveau du volant. Ce projet, inimaginable il y a peine un mois, permet de garder la présence de la librairie au centre-ville.

« On ne pourra pas compenser le magasin de 1 000 m², mais on a souhaité motiver l’équipe et garder un lien avec la clientèle », ajoute Juliette Hisler.

L’entreprise a connu de meilleurs jours, peu après l’incendie, elle a été victime d’un cambriolage. Pour la vingtaine d’employés du magasin, le bus permet de fonctionner en roulement et ne pas être en chômage partiel. « Nous avons maintenu notre activité dédiée aux collectivités et entreprises, qui elle est basée à Woippy », détaille la cogérante.

La sélection, comparée aux quelque 100 000 livres du magasin, sera restreinte. « Il y aura les coups de cœur, de la papeterie et des idées de cadeaux », sans le click & collecte pour la période des fêtes de fin d’année. Si le concept s’avère être un pari réussi, la librairie n’écarte pas l’idée d’utiliser le véhicule pour déplacer la libraire dans de commune en commune pour promouvoir l’accès à la littérature. En attendant, le rendez-vous est donné le vendredi 13 décembre de 17 à 19 heures.

Source : Le Républicain Lorrain

10 décembre 2024

Acheter moins pour vendre mieux, le pari gagnant de la « trêve des nouveautés »

Moins acheter ne veut pas dire vendre moins. C'est l'une des conclusions éclairantes tirées par l'Association pour l'écologie du livre dans son retour sur la « trêve des nouveautés ». Conduite entre janvier et juin 2024, cette recherche-action visait à « créer une respiration forte pour les librairies participantes, grâce à la mise à l’arrêt partielle ou totale des achats d’office ». Ce faisant, l'association entendait ouvrir un espace de réflexion collective sur la dépendance de la librairie indépendante aux flux de nouveautés. Pour ce coup d'essai, une vingtaine de librairies, en France et en Belgique, ont ainsi répondu à l'appel, sous des modalités diverses (trêve intégrale, trêve du superflu, trêve mois pairs/impairs…). Parmi leurs inquiétudes initiales, celle de perdre du chiffre d'affaires semble balayée par les résultats de l'expérience, présentés le 9 décembre par l'Association pour l'écologie du livre. Au global, les ventes au comptant de la cohorte « trêve » ont en effet augmenté de 1,7 % sur la période de janvier à juillet 2024 par rapport à l’année précédente, contre +0,1 % pour l'ensemble des librairies de France et de Belgique (chiffres issus de l’Observatoire de la librairie du SLF).

Par ailleurs, si les librairies participantes ont réduit de 16,9 % leurs achats d'office sur la période (contre -3,5 % au niveau national), les achats d’autres nouveautés ont augmenté de 7,8 % et les achats du fonds de 4,9 %. Le chiffre d'affaires sur les nouveautés « fraîches » (de 0 à 3 mois) a baissé, quand celui des nouveautés de plus de 3 mois et du fonds a augmenté, les pauses sur les offices permettant de consacrer plus de temps et d'espace sur les tables à ces deux catégories.
Échanges parfois « rugueux » avec la diffusion

Du côté des réactions, « ces trêves sont passées très inaperçues auprès de la clientèle », commente Mathilde Charrier, libraire et coordinatrice de l'Association pour l'écologie du livre.

Si une partie importante, voire majoritaire, des représentants a bien accueilli l’opération, des tensions fortes sont apparues avec certains d'entre eux. 

«Les relations se sont dégradées avec certains représentants au point qu'ils ne viennent plus, mais c'est une conséquence de la trêve qui finalement nous soulage», a témoigné Olivier Verschueren du Livre aux Trésors (Liège, Belgique).

Informées de la trêve, certaines directions commerciales ont parfois eu des réactions « rugueuses » vis-à-vis des librairies participantes, « posant à demi-mots des menaces sur les remises, ou n’envoyant pas d’invitation pour une réunion de rentrée littéraire », cite le rapport en exemple.

Malgré les difficultés parfois rencontrées, « pour les librairies trêveuses, c'est compliqué de retourner à la normale », affirme Mathilde Charrier.

Afin de continuer à tester collectivement cette autre manière de faire, l’Association pour l’écologie du livre appelle donc les libraires et tous ceux qui le désirent à expérimenter la trêve de mars à avril 2025. Elle espère un doublement au moins du nombre de participantes.

« Nous allons créer des espaces d'échange avec la diffusion et l'édition pour discuter de ce que soulève cette trêve », annonce aussi Anaïs Massola, libraire et présidente de l'Association pour l'écologie du livre, prenant soin de préciser que les enjeux de surproduction sont essentiellement dus « à des logiques de grands groupes éditoriaux et de grosses diffusions ». Un travail collectif est également prévu en interprofession « autour d’une idée de contrat commun, juste et équitable », qui pourrait lier les acteurs des mondes du livre.

Source : Livres Hebdo

 

23 novembre 2024

Vente de livres dans les librairies par ByteDance, société propriétaire de TikTok en 2025

ByteDance, la société à l'origine de la plateforme de partage de vidéos TikTok, a annoncé qu'elle commencerait à vendre des livres imprimés dans les librairies à partir du début de l'année prochaine, publiés sous son label, 8th Note Press. 8th Note Press travaillera en partenariat avec Zando pour publier des éditions imprimées et vendre des exemplaires dans les librairies physiques à partir de début 2025.

Le label proposera des titres de tous les genres, notamment des romans d'amour, des romans romantiques, de la fiction contemporaine et des livres pour jeunes adultes. La société a expliqué qu'elle se concentrerait sur les genres qui se sont avérés populaires auprès des lecteurs de la génération Y et de la génération Z. Leur liste initiale de titres comprend six titres.

Les livres sont On Screen & Off Again de Caitlin Cross, publié le 4 février 2025 ; The Last Man in Paradise de Syed M Masood, publié le 18 mars 2025 ;  To Have and Have More de Sanibel, publié le 15 avril 2025 ; Love to Hate You de Marina Adair, publié le 22 avril 2025 ; The Lost Saint de Rachael Craw , publié le 29 avril 2025 ; et Learning to Fall de Peach Morris, publié le 15 mai 2025.

En juillet 2023, The Bookseller a rapporté que ByteDance avait commencé à approcher des auteurs après avoir déposé une marque auprès de l'Office américain des brevets et des marques pour 8th Note Press en avril de la même année, la décrivant comme une société qui fournira une gamme de services d'édition de livres, notamment des livres imprimés, des livres électroniques et des livres audio.

Selon la description, cela créera également un écosystème dans lequel les « communautés virtuelles » pourront « participer aux discussions, aux évaluations des consommateurs et aux réseaux sociaux ».

Source :  The Bookseller

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