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8 novembre 2024

Lancement d'une librairie de contenus en ligne par tonies® France

Pour les fêtes de fin d’année, tonies® France lance sa librairie de contenus en ligne. Plus d’histoires à offrir aux petits auditeurs : telle est la promesse de tonies® France qui lance pour la fin de l’année sa librairie de contenus audio en ligne. Cette librairie met à disposition plus de 50 nouveaux contenus pour les 3 à 9 ans, à acheter sur tonies.com puis à téléverser sur la figurine Tonie Créatif systématiquement livrée avec chaque Toniebox ou sur l’un des neufs autres Tonies Créatifs disponibles à l’achat.

À travers cette nouvelle offre qui cohabitera avec la sortie régulière de figurines, cette librairie digitale permet à tonies® d’enrichir son catalogue notamment à destination des enfants plus âgés. Pour ce lancement, tonies® France s’est associée à Bookwire (Les Incollables…), Zodiak (Martin Mystère…) et Alma Studio la plateforme audio créée par Martin Solveig. D’autres collaborations continueront à enrichir la librairie dans les mois à venir.

La librairie de contenus audio est en ligne depuis le 5 novembre 2024.

Source : Ce que pensent les hommes

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14 septembre 2024

Fermeture d’une librairie à Shanghai et ouverture d’une autre à Washington

Sujets de société, religion ou démocratie: Yu Miao avait fait de sa librairie à Shanghai un lieu de discussions et d'échanges d'idées. Mais en 2018, il a dû la fermer, vaincu par les pressions administratives. 

En Chine, "il y a des sujets considérés comme tabou et sensibles dans l'espace public", confie-t-il à l'AFP dans la librairie qu'il vient juste d'ouvrir à Washington, JF Books, à 12.000 km de l'ancienne.

Dans les années 2010, alors que le gouvernement chinois se montrait plus strict contre les libraires et les chercheurs universitaires, son établissement de Shanghai, Jifeng, s'est retrouvé dans le collimateur des autorités.  Il lui est devenu de plus en plus dur d'organiser des évènements sur certains thèmes, comme par exemple le féminisme. Les autorités lui ont demandé d'en annuler.

"Mais nous ne voulions pas nous auto-censurer sur certains sujets", explique M. Yu, 52 ans, qui n'a pas laissé ces signes de contrariété modifier ses choix de thèmes.

Les pressions se sont toutefois multipliées et en 2017, la librairie Jifeng a eu du mal à renouveler son bail. M. Yu a compris que son "espace vital rétrécissait". Il avait déjà vu des publications, des médias indépendants ou des institutions culturelles mettre la clé sous la porte.

"Le gouvernement chinois voit tous les lieux qui permettent l'accès à des contenus pouvant être perçus comme +politiquement sensibles+ (...), ou qui permettent de se rassembler pour en discuter, comme de possibles menaces sur son contrôle de l'opinion publique", explique à l'AFP Sarah Brooks, directrice pour la Chine d'Amnesty International.

La veille de la fermeture de Jifeng, le courant a été coupé alors que des gens étaient encore dans la librairie.

"C'était pour les empêcher de se rassembler", juge Yu Miao.

Mais au lieu de quitter les lieux, les clients ont allumé leur téléphone portable et installé des lampes de poche.

Dans les halos de lumière, "les gens ont lu de la poésie, chanté, joué de la guitare et du piano", se souvient le libraire. "C'était un moment émouvant".

Des photos de cette soirée d'adieu sont accrochées dans sa librairie à Washington. Dans l'entrée sont exposés des mots écrits à la main par les clients de celle de Shanghai.  Après la fermeture de Jifeng, M. Yu et sa famille ont émigré aux Etats-Unis, où il a repris des études.

L'idée d'ouvrir une nouvelle librairie lui est venue naturellement: "J'avais toujours ce désir de participer à la marche de la société et j'avais aussi au fond de moi ce regret (d'avoir dû fermer à Shanghai)".

Yu Miao a aussi été encouragé par le constat qu'il n'était pas facile de se procurer des livres en langue chinoise dans la capitale américaine. JF Books propose aussi des oeuvres en anglais sur des sujets relatifs à la Chine ou à l'Asie ainsi que des ouvrages d'auteurs asiatiques.

"En plus de livres publiés en Chine continentale, nous avons des ouvrages publiés à Taïwan et à Hong Kong", détaille-t-il. "C'était difficilement imaginable dans la librairie à Shanghai", à cause des contrôles stricts, poursuit-il.

Plus récemment, les tracasseries ont continué, sous une autre forme: son épouse a été provisoirement empêchée de quitter la Chine après un séjour, dit-il.

"Cette expérience était un cauchemar", souligne-t-il. "Nous chérissons vraiment le fait d'être capables de vivre ensemble librement et sans peur" aux Etats-Unis.

Comme à Shanghai, M. Yu a fait de JF Books un lieu de rassemblement et de partage. Les trois premières conférences qu'il organise en septembre, dont l'une avec le poète et écrivain sino-américain Ha Jin, affichent complet. Rayna Zhang, une Chinoise de 35 ans, a poussé la porte de la libraire après en avoir entendu parler sur les réseaux sociaux.

"C'est une façon de se tenir au courant des tendances et de la culture des jeunes au pays", dit-elle.

Pour William Au, 36 ans, "c'est marrant (de trouver à Washington) un lieu qui a l'air d'avoir tenu une place si importante à Shanghai".

Source : Challenges 

8 septembre 2024

Difficultés économiques pour les librairies indépendantes de Strasbourg

Depuis plusieurs années les librairies indépendantes de Strasbourg sont confrontées à de nombreuses difficultés qu’elles peinent à surmonter. Augmentation des charges et baisse de la fréquentation sont autant d'obstacles qui fragilisent ces boutiques de quartier alors que l'Eurométropole a été nommée capitale mondiale du livre.
Depuis son ouverture, il y a cinq ans, la librairie L'Oiseau rare a dû affronter le Covid-19, des travaux interminables sur son bâtiment et l’explosion des charges. Des embûches qui ont creusé ses dettes et qui menacent sa survie.

"On n’a pas réussi à créer une trésorerie solide ce qui aujourd’hui nous fait défaut avec les charges qui augmentent. Nous avons fait des prêts et usé nos découverts, mais nous arrivons à une limite", témoigne auprès de BFM Alsace, Diane Albisser, co-gérante de l’Oiseau rare.

Pour assainir ses finances, la boutique aurait besoin d’environ 25.000 euros. Pour trouver cette somme, les gérantes ont lancé un appel aux dons via une plateforme en ligne. Pour les clients réguliers, la fermeture de la librairie serait une grande perte. "J’aime bien venir ici parce que la sélection des livres a été faite avec beaucoup de cœur", témoigne une habituée.
À quelques pas de l’Oiseau rare, se trouve la librairie La tâche noire. Spécialisée dans le Polar, la boutique était à deux doigts de fermer l’année dernière. Grâce à une collecte de dons, le gérant, Éric Schultz, a réussi à maintenir son activité.

"On va mieux. On n’a plus cette dette qui nous empêchait de fonctionner normalement. Mais on sent tout de même qu’on est toujours à la merci d’une baisse de fréquentation", relate-t-il.

Source : BFM TV

7 septembre 2024

Guillaume Meurice libraire d'un jour à Rennes

Licencié par France Inter en juin pour « faute grave » après des propos polémiques sur Benyamin Netanyahou, Guillaume Meurice va rebondir sur l’antenne de Radio Nova où il animera chaque dimanche l’émission La dernière en direct et en public.

Désormais installé à Rennes depuis quelques mois, l’humoriste peut aussi compter sur la solidarité locale pour retrouver le monde du travail. En bonne samaritaine, la librairie La nuit des temps, située sur les quais de la Vilaine dans le centre-ville, accueillera ainsi Guillaume Meurice le temps d’une journée le vendredi 27 septembre.

« Il passera la journée à découvrir le métier de libraire (qu’il connaît déjà un peu) et pourra vous conseiller, vous encaisser et emballer vos livres », indiquent les deux gérantes de la librairie sur les réseaux sociaux. « Venez le voir, aidez un homme à retrouver le chemin de l’emploi », concluent-elles pleines d’ironie.

Source : 20 Minutes

17 août 2024

Une librairie dans une cave à vin en Allemegne

La librairie Akente Bücher & Wein à Offenburg fait partie de la selection pour le Prix de la librairie allemande.

« Ceux qui aiment la bonne littérature aiment aussi le bon vin », explique la propriétaire de cette libraire  Kirsten Pieper au magazine  Böersenblatt.

Journaliste de formation, elle a fondé en 2016 une cave avec son mari Jochen Basler à Zell-Weierbach, dans le Bade - auparavant, les raisins étaient donnés à la coopérative par les parents de Basler. Lorsqu'en 2022 Christa Peiseler, alors âgée de 70 ans, a décidé d'abandonner sa librairie Akcente à Offenbourg, la spécialiste des lettres, qui a été rédactrice en chef d'un quotidien pendant 15 ans, a pensé : « Une librairie a toujours été mon rêve. Et le domaine viticole ne disposait pas de local de vente. Alors pourquoi ne pas combiner les deux ? J'avais décidé en une semaine et demie. »

Pieper a repris l'inventaire et les étagères de Peiseler, a ouvert un nouveau magasin dans la Langen Strasse et a fondé la librairie Kompakte Bücher & Wein . Sur 50 mètres carrés, il propose « une sélection soigneusement sélectionnée d'œuvres littéraires et de livres pour enfants et jeunes », ainsi que des vins de la cave Pieper Basler. En vue des synergies, le calcul de Pieper a fonctionné : "Nos clients du vin sont aussi des clients de la librairie. Nous utilisons notre cave à vin et la cour intérieure pour des événements." L'ambiance particulière est également appréciée par des auteurs très renommés tels que Michael Köhlmeier et Hanns-Josef Ortheil , qui ont récemment lu. Les lancements réguliers de livres de l'entreprise sont également très bien accueillis : plus de 120 personnes sont venues au dernier lancement de livres d'été. Mais il offre également un forum aux jeunes auteurs prometteurs.

Pieper gère le magasin avec deux employés à temps partiel et deux intérimaires, tandis que son mari se charge des livraisons de livres scolaires. Installée à la frontière française, elle est actuellement en train de mettre en œuvre des projets transfrontaliers avec une librairie partenaire à Strasbourg - Pieper ne manque pas d'idées nouvelles.

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27 mai 2024

Prolongation de la période de mise sous tutelle pour la librairie du Forum du livre à Rennes

Mi-février, la librairie du Forum du livre, située dans le centre commercial de la Visitation à Rennes, était placée en redressement judiciaire. Cette période de mise sous tutelle du tribunal de commerce a été prolongée jusqu’au 24 août. D’ores et déjà, plusieurs repreneurs se sont fait connaître.

« C’est au tribunal d’étudier les offres de reprise, explique François-Regis Sirjacq, le président. Nous sommes soulagés qu’il y ait plusieurs offres. Le tribunal donnera-t-il suite ? Je ne sais pas. Mais cela nous a redonné de l’espoir. Notre degré d’optimisme est meilleur. Le magasin tourne. Les rayonnages sont  

approvisionnés, les clients sont au rendez-vous. On a de l’espoir. »

À Rennes, le Forum du livre est une institution commerciale. Cette grande librairie-papeterie a prospéré sur les quais de Vilaine entre 1985 et 2013 (aujourd’hui devenu Zara). Puis, le commerce s’est installé à son emplacement actuel. Il emploie aujourd’hui 28 salariés.

Source : Le Télégramme

12 avril 2024

Des librairies bientôt ouvertes dans les logements sociaux de quartiers populaires

"Je ne veux pas d'un pays où TikTok remplace les romans, où les influenceurs remplacent les grands auteurs", a déclaré Gabriel Attal à l'Assemblée nationale mardi, interrogé sur la baisse de la lecture chez les jeunes. Ce jeudi, dans un entretien aux Échos, sa ministre de la Culture Rachida Dati a dévoilé un plan pour soutenir le livre et donner accès à la lecture à tous. Elle annonce que des librairies et bibliothèques seront ouvertes dans des logements sociaux au sein de quartiers populaires dans le cadre d'une expérimentation pour promouvoir la lecture. La maire du 7e arrondissement de Paris poursuit son entreprise pour rendre la culture populaire et accessible à tous.

Cette initiative vise en priorité "le logement social dans "les quartiers politique de la ville'" mais aussi les zones rurales, a indiqué Rachida Dati"Ce dispositif nouveau vise à apporter le livre au plus près des publics, en particulier ceux éloignés de la lecture", a-t-elle ajouté. 

Ces nouvelles structures, qui seront mises en place en partenariat avec les bailleurs sociaux et les collectivités, pourront être gérées par des associations ou des sociétés coopératives et participatives (SCOP). Un premier test se déroulera à Rillieux-la-Pape (Rhône), près de Lyon, avec le député Alexandre Vincendet. Cette ville de 32.000 habitants ne compte aucune librairie, précisent Les Échos

Rachida Dati a aussi déclaré avoir demandé aux directions régionales des affaires culturelles (DRAC) de mettre à disposition des centres de loisirs, des associations d'éducations populaires et de toutes les institutions qui en feront la demande des livres pour constituer "un patrimoine commun à tous les jeunes". Un budget d'1,2 million d'euros sera consacré à cette opération spécifique. 

Source : TF1 Info

 

22 mars 2024

Arrivée en France des éditions genevoises Visibles

Lancées en Suisse au printemps 2023 par la chanteuse et animatrice de télévision Licia Chery, les éditions Visibles s’associent à Pollen pour investir le marché français. Jusque-là, seuls Amazon et le centre de distribution suisse OLF diffusaient leur catalogue. Mais, dès le mois de mai, les libraires tricolores pourront proposer les nouveautés de la maison, dont les nouvelles aventures de Tichéri, héroïne de la collection «Mômes d’aujourd’hui».

Les éditions Visibles défendent une ligne éditoriale dans laquelle les enfants sont représentés au maximum. Tichéri, par exemple, est une petite fille noire imaginée par la fondatrice de la maison et par l’illustratrice Queen Mama, en réponse au manque de visibilité de protagonistes «afro-européens» dans la littérature jeunesse. Les aventures de Tichéri permettent d’aborder avec précaution différentes problématiques, des stéréotypes de genre ou ethnique aux abus, en passant par les questions d’immigration ou de harcèlement. La question du handicap sera également abordée avec un poème de Sandrine Bilz, Mes rêves à portée de pieds.

Sur le même registre, la maison lance, pour 2024, la collection «Timoun piti» (littéralement «les tout petits»), pour les enfants de 3 à 5 ans, et qui s’ouvrira sur le titre Un monde en couleurs de Mariam Niagate et Queen Mama. Pour les jeunes de 15 ans, la collection «Tranche de vie», accueillera quant à elle Voyage coloré à travers le cancer de maman, signé Angie Brice Hessbruegge.

Source : Livres Hebdo

8 mars 2024

Face à la dark romance, le grand malaise des éditeurs et des libraires

Depuis quelques semaines fleurissent, dans les rayons des librairies, des emballages produits et des avertissements que l’on imagine plus à leur place dans les magasins pour adultes de Pigalle que dans les enseignes culturelles grand public. A l’origine de cette soudaine poussée de précautions ? Le rajeunissement du lectorat de la dark romance, une littérature mettant en scène des histoires d’amour dans un climat de violence et de relations toxiques entre les personnages. L’irruption de collégiennes, parfois âgées de 11 ou 12 ans, venues entre copines acquérir tel ou tel livre après en avoir entendu parler sur les réseaux sociaux, a conduit les éditeurs à réfléchir sérieusement à la question. Entre volonté de mettre en garde sans donner l’impression de censurer. Entre souhait d’éviter les critiques en ces années MeToo et désir de ne pas tuer la poule aux œufs d’or.
Porté par le déploiement du Pass culture, le marché de la dark romance affiche des performances qui laissent rêveur, concentrées sur quelques titres. Chez BMR, la série Captive de Sarah Rivens a réalisé plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires avec un premier tome vendu à plus de 400 000 exemplaires selon Edistat, ce qui lui a valu de figurer dans le palmarès des best-sellers de L’Express pour l’année 2023. Lakestone, de la même auteure, a rapporté un peu plus de 2,6 millions d’euros depuis janvier. Chez Hugo, la "dark" n’atteint pas les sommets de la romancière phare de la maison, Morgane Moncomble, mais le tome 1 de Borderline de Joyce Kitten paru début janvier s’était écoulé à 10 000 exemplaires en un mois et le tome 2, en librairie depuis le 28 février, bénéficie d’une mise en place équivalente. Hooked d’Emily McIntire, aux Plumes du Web, s’est vendu à plus de 25 000 exemplaires.
Sans cacher leur satisfaction, les éditeurs et les libraires ont vite comprisans obligation légale, mais tenus à une responsabilité mal définie, un brin morale.

Chacun a donc inventé son propre système. Chez Hugo, désormais, tous les titres de dark romance seront distingués par leur tranche noire, un pictogramme "public averti" sur la quatrième de couverture et une mise en garde rédigée par l’auteur en début d’ouvrage. "On a pu avoir des textes qui, par le passé, ont été mis entre de mauvaises mains, d’où ce choix, explique Arthur de Saint-Vincent, le directeur général de la maison. Néanmoins, notre devoir d’éditeur n’est pas de dire si c’est bien ou si c’est mal, mais de donner les clés aux libraires pour que les gens aient conscience de ce qu’ils achètent." Aux Plumes du Web, deux mentions sont prévues : "A partir de 16 ans" et "A partir de 18 ans" pour les textes les plus durs. "Nous sommes en librairie depuis novembre 2022, la question s’est posée très vite, avec des lectrices très exigeantes sur les trigger warning [NDLR : liste d’avertissements en page de garde]. Nous avons préféré afficher clairement les choses, avec l’âge", ajoute Caroline Sobczak, la gérante de la maison.

Mentionner l’âge n’a aucune portée légale, une mineure peut parfaitement acheter les livres en question, l’avertissement sert surtout d’alerte pour les libraires, souvent mal armés pour conseiller leurs clients, en particulier les parents. Même lorsqu’ils sont spécialisés en littérature adolescente, les libraires n’ont pas toujours envie de se plonger dans ces ouvrages, très gros, aux intrigues alambiquées et à l’écriture très inspirée de celle des réseaux sociaux. Qui sont, en outre, publiés à un rythme rapide tant les lectrices de romance sont des "dévoreuses". Résultat, certains de ces titres finissent dans le mauvais rayon. Ou, comme dans cette grande enseigne parisienne, sur la même étagère que l’américaine Danielle Steel, spécialiste du roman d’amour, pas très moderne certes, mais pas exactement à ranger dans le rayon violence ou pornographie.

Pas toujours facile, non plus, de trouver les mots pour mettre en garde des parents, trop heureux que leur fille se mette à lire, parfois en anglais parce qu’elle veut connaître les dernières aventures de son héroïne sans attendre la traduction en français. "De temps en temps, on arrive à glisser : 'Quel âge a la jeune fille à qui est destiné ce cadeau ?', mais beaucoup de gens nous demandent de quoi nous nous mêlons", reconnaît une libraire. Les jeunes lectrices venues seules ne sont pas plus réceptives : "Avec la différence d’âge, nous pouvons vite apparaître comme des censeurs. Si elles nous disent que leurs parents sont d’accord, on ne peut pas faire grand-chose sans le soutien de ces derniers", reconnaît la responsable librairie d’un grand réseau culturel. Le plus souvent, pour ne pas se fâcher avec une partie des clients, ni en heurter d’autres, les libraires rusent. En apposant des stickers bien visibles, mais qu’ils retrouvent parfois arrachés. En positionnant les livres les plus violents en face froide des tables, c’est-à-dire la moins visible en entrant dans le magasin, tout en sachant que ce jeu de chat et de la souris est un peu vain avec des jeunes filles qui savent parfaitement ce qu’elles cherchent. Chez Cultura, toutefois, pour la première fois, L’Ombre d’Adeline, publié le 7 mars, n’est pas en accès libre et n’est remis qu’à la demande. Une manière d’évaluer l’âge de l’acheteuse.

Dans les bibliothèques et/ou médiathèques, le public de ces livres est plus naturellement filtré car les cartes permettant d’emprunter au rayon adulte ne sont délivrées qu’aux plus de 14 ou de 15 ans. "Dans le cas d’une fille plus jeune, je lui dis que ce sont ses parents qui doivent emprunter l’ouvrage, précise une responsable de section jeunesse dans une médiathèque d’Occitanie. Et si l’usagère a plus de 15 ans, je lui montre où il est mais j’en profite pour lui proposer d’autres titres de littérature d’amour : Clémentine Beauvais ou Le Rouge et le Noir." La méthode ne fonctionne pas à coup sûr. L’adolescence est plus que jamais un âge où les conseils d’adulte réveillent l’envie de transgression. "Lorsque j’étais jeune, on lisait Moi, Christiane F., droguée, prostituée… ou L’Herbe bleue sans que personne ne proteste, temporise Ludivine Demol, doctorante en sciences de la communication et de l’information. En revanche, plus que l’âge, ce qui doit différencier les lectrices, c’est : est-ce qu’elles sont accompagnées, est-ce qu’elles peuvent parler de ce qui les choque ?".

Source : L’Express

 

28 février 2024

60 tonnes de livres jetées à la poubelle après la faillite de "La grande librairie"

Des livres comme s'il en pleuvait.. Depuis le 21 février, des milliers d'ouvrages sont envoyés à la benne après la faillite de l'une des plus grandes librairies de la région. Pour débarrasser les lieux, des ouvriers font voler ces écrits depuis l'étage du commerce, pour finir dans des bennes de chantiers, où plusieurs milliers de pages vivent la fin d'une histoire. Il y a à peine deux ans, l'ouverture de "La grande librairie de Sydney Laurent", à Saint-Laurent-du-Var dans les Alpes-Maritimes, laissait augurer de belles promesses pour les passionnés de littérature. Environ 1300 mètres carrés peuplés de 43.000 références. De quoi combler les lecteurs en tous genres. Pourtant, l'établissement a dû mettre la clé sous la porte et ses précieux contenus sont littéralement jetés. Certains voisins ou passantes sont venus récupérer ce qui pouvait l'être ce lundi 26 février, interpellées par la masse métallique qui sert de dernier réceptacle après une ultime voltige.

"C'est impressionnant que l'on puisse tout jeter comme ça dans une benne, il paraît qu'il y en a eu trois comme ça !" s'exclame l'une d'entre elles.

"Je ne comprends pas. Je ne comprends pas que l'on puisse faire cela. Vous regardez les fins de livre, c'est du papier Clairefontaine, dans les Vosges. C'est du français, il y a eu des travailleurs, des arbres coupés, c'est scandaleux, c'est à pleurer" poursuit une autre femme venue avec un cabas pour glaner quelques ouvrages.

D'autres s'interrogent que l'ensemble de ces ouvrages, certainement des milliers, n'aient pas été donnés à des écoles, médiathèques ou associations. "Depuis mercredi en fait, j'ai appris qu'ils jetaient les livres, dans des bennes, des tonnes de bennes. Ça part je-ne-sais-où, au lieu de faire justement des œuvres caritatives ou de les donner à la bibliothèque. C'est complètement honteux", s'insurge une nouvelle personne interrogée par une équipe de France 3 Côte d'Azur.

"La grande librairie" a fait faillite il y a un an. Elle a été placée en liquidation judiciaire, les gérants ont mis la clé sous la porte sans faire un grand ménage. Les ouvrages sont eux restés dans les rayonnages.

Le propriétaire des lieux, Paul Teboul, n'a pas pu louer son local commercial depuis. Un manque à gagner de 200.000 euros pour lui. C'est lui qui a fait mettre les bennes à proximité pour, à contrecœur, vider enfin son bien de ces milliers de livres.

L'administrateur judiciaire est obligé de demander une subvention au Trésor, mais cela met beaucoup de temps, donc il m'a demandé de faire l'avance si je veux libérer vite mes locaux. C'est ce que j'ai décidé de faire.

60 tonnes de livres sont ainsi détruites, ce qui représente quelque 8000 auteurs.

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