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23 février 2024

Au Québec, des livres prescrits à l'hôpital pour se soigner

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Prescrire un livre en guise de remède. L’idée peut paraître idéaliste, et pourtant elle ne découle pas d’un récit utopique. Le CHU de Québec a lancé début février la deuxième phase de son projet pilote en partenariat avec la bibliothèque de Québec. L’idée est simple : proposer, en complément d’une démarche médicale, des suggestions de lectures adaptées à la situation médicale du patient. Une façon d’aller plus loin dans l’accompagnement et d’aider les patients à se repérer dans la grande quantité de livres spécialisés.

Pour faciliter la démarche des médecins, le CHU a réalisé une sélection préalable de 45 ouvrages dans un carnet nommé “remèdes littéraires”. À l’issue d’une consultation médicale, le patient reçoit, en plus d’une prescription classique, le carnet où sont cochées les propositions de lecture. Il peut ensuite se rendre en bibliothèque pour retrouver les titres.

La sélection a été découpée en quatre grands domaines : nutrition, pédiatrie, psychologie et “soins spirituels”. On y retrouve des ouvrages didactiques et des conseils comme :

  • Oscar et la dame rose d'Éric-Emmanuel Schmitt,
  • Le monde d'Éloi – Une histoire sur... l'autisme de Sophie Martel,
  • Sauver la planète une bouchée à la fois – Trucs et conseils de Bernard Lavallée,
  • Le Guerrier pacifique, de Dan Millman,
  • Le Fou – À la découverte du monde invisible, Lucie Mandeville et Christine Michaud  (pour découvrir les autres livres proposés, consultez le catalogue en cliquant ici).

Le CHU précise que la lecture de ces ouvrages n’est pas un substitut au diagnostic, au traitement ou à la prestation de services par un professionnel de la santé.

La Maison de la littérature ainsi que les bibliothèques Marie-Claire-Blais, Saint-Albert, Monique-Corriveau, Collège-des-Jésuites et Gabrielle-Roy prennent part à ce projet puisqu'elles sont situées à proximité de certains centres de soins du CHU.

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8 décembre 2023

État des bibliothèques publiques au Québec en 2022

Bibliothèques municipales Québec

Après une toute première étude, présentée en 2022, fournissant un portrait global des bibliothèques québécoises, l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ) vient de publier une mise à jour de ces données. Plusieurs critères objectifs, comme les acquisitions, l’accès du public ou les ressources humaines, permettent de prendre le pouls de ces institutions culturelles incontournables. Aux yeux de l’ABPQ, les résultats globaux obtenus dans le cadre de l’étude publiée en 2022 (qui portait sur l’année 2019, parenthèse pandémique oblige) n’étaient pas des plus reluisants, avec une note nationale finale de 66 %. Trois ans plus tard, la situation s’est, en apparence, légèrement ternie, avec une baisse de deux points de pourcentage. Il faut cependant noter que le changement de la méthode de calcul concernant le volet « ressources humaines » a considérablement plombé le total global. En tout, cinq critères y sont examinés à l’échelle provinciale et locale, à savoir les acquisitions (avec une note 84 %), les heures d’ouverture (54 %), la superficie (66 %), les places assises (78 %) et les ressources humaines (30 %).

Pas d’alarmisme : derrière la note moyenne nationale détériorée en raison du raffinement de calcul pour les ressources humaines, se cachent quelques progressions. C’est notamment le cas du côté des acquisitions de documents, qui atteint la bonne note de 84 % (contre 70 % en 2019). Le nombre de places assises a également évolué dans le bon sens (+ 4 points de pourcentage pour atteindre un très honorable 78 %). Quant à la superficie de nos bibliothèques, elle récolte une note passable de 66 % et reste stable. etite anomalie dans le portrait : le score de 30 % obtenu par les ressources humaines, une dégringolade de 35 points de pourcentage. Comment ? On a congédié plus du tiers de nos bibliothécaires ? Que nenni, cette contre-performance s’explique par l’implantation d’une nouvelle méthode de calcul, afin de refléter plus fidèlement la réalité, expliquent les auteurs. Il ne manquait pas moins de 475 bibliothécaires et l’équivalent de 737 techniciens en 2022 pour atteindre le plus haut standard, soit « pour atteindre le niveau d’excellence permettant des services professionnels auprès des citoyennes et des citoyens : gestion de la bibliothèque, soutien à la recherche documentaire, programmation culturelle de la bibliothèque, etc. ». Quant aux heures d’ouverture, elles ont également baissé, à 54 %, conséquence probable de la pénurie de main-d’œuvre et des effets post-pandémiques. La qualité des réseaux bibliothécaires, basée sur les cinq critères pré-énoncés, reste contrastée selon les régions. Celle de Montréal fait office de modèle, avec une note moyenne de 94 %, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec complétant le trio de tête. De l’autre côté du spectre, selon les données recensées, l’Estrie (53 %), la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine ainsi que le Centre-du-Québec étaient en 2022 celles qui traînaient le plus la patte en matière de ressources bibliothécaires.

Source: La Presse

19 juin 2023

Des télescopes en prêt gratuit dans les bibliothèques Montréal cet été

telescope

Les Montréalais qui souhaitent percer les mystères de l’espace et poser leurs yeux sur les astres seront ravis d’apprendre qu’il est possible, cet été, d’emprunter des télescopes dans deux bibliothèques de la ville.

Il s’agit d’une initiative inédite dans la métropole, réalisée en partenariat avec la Fédération d’astronomes amateurs du Québec.

Les précieux appareils – six StarBlast 4.5 d’Orion – peuvent être obtenus dans les bibliothèques Marie-Uguay et Saint-Henri, pour une durée de trois semaines non renouvelable. Pour aiguiller les curieux dans leur quête spatiale, les télescopes seront prêtés avec un manuel d’instruction, un planisphère, un livre d’introduction à l’astronomie et une carte lunaire, détaille la Ville.

Source : Métro 

12 décembre 2022

Création de deux nouvelles maisons d'édition une au Québec et une au Sénégal par Editis

Editis Sénégal

Le géant français de l'édition Editis a annoncé lundi le création d'une maison à Dakar, au Sénégal:  Saaraba. Elle « lancera des ouvrages qui reflèteront les aspirations et centres d'intérêt des Sénégalais », a indiqué Vincent Barbare, futur président de l'entreprise, cité dans un communiqué. Avec quatre premiers titres parus au début du mois de décembre  (Les contes de El Hadj Leeboon, Yulu au pays de la Teranga de Roxane Dogan, Mon cahier ma peau saine et belle, au naturel de Aminata Thior, ainsi que deux cahiers de coloriage, J’apprends les chiffres et J’apprends les lettres), un objectif de 15 à 20 livres par an est envisagé, « avec une diffusion au Sénégal mais aussi en France » dans tous les domaines, y compris la bande dessinée. 

Cette nouvelle structure renforce la présence d'Editis après la création de Nimba en 2020, autre maison d'édition située à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Pour rappel, le Sénégal est le pays d'une maison d'édition qui avait remporté le prix Goncourt 2021, Jimsaan, en co-éditant La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr.

Le groupe a également indiqué lundi avoir fondé au Canada la maison Gründ Québec. Celle-ci doit éditer « des livres pour enfants québécois avec des histoires locales, des créations originales, écrites et illustrées par des talents de la province ».

En parallèle, la filiale du groupe Vivendi, qui appartient au milliardaire Vincent Bolloré, est en cours de cession, avec le nom d'un repreneur qui doit être annoncé prochainement.

 

31 octobre 2022

Possible réduction des heures d’ouverture des bibliothèques à Trois-Rivières

budjet Trois-Rivières

Les bibliothèques pourraient faire partie des services publics impactés par la volonté de la Ville de Trois-Rivières (Québec) de boucler son budget. Des élus ont évoqué que les heures d’ouverture des établissements pourraient être réduites, ce à quoi s’opposent des acteurs du milieu de la culture.

La propriétaire de la librairie L’Exèdre, Audrey Martel, a exprimé son désaccord envers la possible mise en place de cette mesure dans une publication Facebook.

Les bibliothèques municipales sont un lieu d'échange et d'accueil pour les chercheurs, les lecteurs, les retraités, les enfants et les familles, les plus démunis et les nouveaux arrivants en processus de francisation , a-t-elle écrit.

Elle n’est pas la seule à s’opposer à la réduction des heures d’ouverture des bibliothèques. Guy Rousseau, le directeur général de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, l'organisation propriétaire de la Librairie Poirier, estime même qu'il s'agirait d'un manque de vision que de retirer une ressource culturelle à la communauté.

Il a souligné que la Société est préoccupée par l’accès aux bibliothèques depuis de nombreuses années. Au courant des années 1960, l’organisation a mis en place différentes mesures pour s’assurer que toutes les petites municipalités de la région aient accès à une bibliothèque. C'est cette initiative qui a mené à la constitution du Réseau BIBLIO.

Une bibliothèque dans une municipalité c’est essentiel. Ce n'est pas une anecdote, ce n'est pas un événement divers. On pourrait quasiment dire que c’est comme le fondement du développement d’une communauté , a évoqué M. Rousseau.

En étant enseignante au primaire, je trouve que la lecture c’est primordial. Il y aurait sûrement moyen de couper ailleurs que dans ces services-là , a affirmé une citoyenne à la sortie de la bibliothèque Gatien-Lapointe ce dimanche.

On coupe encore dans la culture. Ça me choque , a déclaré une seconde dame qui se trouvait au même endroit.

Les conseillers municipaux n’ont toutefois pas encore voté sur la question de la réduction des heures d'ouverture des bibliothèques. Le dépôt du budget de la Ville est prévu en décembre.

Source: Radio Canada

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15 décembre 2021

Livraison de livres par le Père Noël au Québec

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La nuit de Noël n’est pas encore arrivée, mais ne restez pas surpris si vous apercevez le père Noël dans les rues de Drummondville. Au volant de son camion de livraison, Luc Thomassin décroche les sourires par dizaines à chacun de ses quarts de travail. Chapeau rouge à pompon, petites lunettes noires, gilet rouge et barbe blanche naturelle. C’est suffisant pour Luc Thomassin afin qu’il puisse personnifier le célèbre père Noël. Trois fois par semaine, le sexagénaire à la préretraite livre des bouquins.

«J’ai trouvé la tuque dans le sous-sol de la maison, mais personne ne sait d’où elle provient! J’ai décidé de la porter pendant le temps des Fêtes. J’ai toujours porté la barbe, mais depuis quelques années, elle est blanche et je la laisse pousser un peu plus longue. Ça fait deux ou trois ans que je revêts ma tuque dans cette période de l’année. Ça a du succès», a fait savoir l’homme de 63 ans.

Ce qui est différent cette année, c’est que son patron a décidé de maquiller le véhicule de livraison en traîneau du père Noël. «J’ai décidé d’embarquer dans l’aventure, car depuis 18 mois, c’est plus difficile pour tout le monde. C’est plaisant de voir les gens lui envoyer la main et même prendre des photos quand il est au volant du camion. On ne pensait pas que ça prendrait un tel engouement! Ce sera à refaire l’an prochain», a expliqué Bernard Gagnon, directeur des opérations chez Reliures Travaction.Partout où il passe au Québec, les sourires s’affichent sur le visage des passants. «On m’envoie la main et les gens se prennent en photo avec moi. Tous les ans, un membre du personnel dans une bibliothèque me fait des galettes.Luc Thomassin fait fureur à bord de son camion de livraison de Reliure Travaction. 

«Tout le monde est gentil», a ajouté M. Thomassin qui a œuvré dans le domaine du camionnage pendant 30 ans.

Personnifier le père Noël, ça cause aussi toutes sortes de réactions. Au fil des ans, plusieurs anecdotes sont venues agrémenter son travail de livreur. «Un homme dans un stationnement m’a arrêté pour me dire qu’il avait vu le vrai père Noël quand il était petit et que ce fut le plus beau jour de sa vie. En ma présence, il a ajouté qu’il revoyait le vrai père Noël… ça doit l’avoir marqué, car l’homme pleurait. Une autre fois, j’ai causé un chaos dans une classe d’école primaire quand deux élèves à la fenêtre ont appelé leurs camarades à venir me voir. J’imagine le professeur se demander ce qui se passait», a raconté le sympathique personnage en Reliure Travaction se spécialise dans la reliure de bibliothèque, la réparation et la remise à neuf de livres et d’ouvrages imprimés. Les sœurs Maude et Mélissa Durand ont pris la relève de leur père Normand qui avait acquis l’entreprise dans les années 2000. Reliure Travaction emploie plus d’une cinquantaine de travailleurs dans ses locaux de Drummondville et Labelle.

Source : L’Express

4 décembre 2021

Réouverture la bibliothèque sise sur la frontière Québec/Etats-Unis

Bibliothèque Frontière USA Québec Fermeture

Cette ligne, rappelle Mélanie Aubé, technicienne et directrice par intérim de la bibliothèque et salle d’opéra Haskell, c’est un simple ruban adhésif noir collé en diagonale sur le plancher du petit établissement de Stanstead, en Estrie, qui a le malheur d’être à cheval sur le Canada et les États-Unis. C’est elle qui marque la frontière entre les deux pays. Ce détail géographique, qui donne un charme pittoresque à la bibliothèque, a été la source d’un cauchemar bureaucratique, quand les règles sanitaires pas toujours cohérentes et les entraves aux mouvements transfrontaliers imposés par les administrations douanières canadienne et américaine ont forcé l’établissement centenaire à fermer ses portes au public jusqu’au 2 décembre. 

«Santé Canada nous empêchait d’ouvrir parce que des Américains et des Canadiens auraient pu se mélanger», explique Caroline Fortier, coordonnatrice à la bibliothèque, qui a perdu deux de ses quatre employés depuis le début de la crise sanitaire, dont son directeur.

«Donc, ça posait un problème. Et ç’a pris du temps…»

Pour comprendre la source des problèmes, il faut avoir une idée de la disposition des lieux. Le gros du bâtiment, espèce de manoir luxueux du XIXsiècle, qui abrite une bibliothèque et une salle de spectacle, est sur le territoire canadien. Mais la façade et la porte d’entrée sont aux États-Unis, plus précisément à Derby Line, village du Vermont de 625 habitants.  Pour accéder à la bibliothèque, les Québécois doivent donc entrer aux États-Unis. Les autorités américaines ont toutefois fait une concession pour leur faciliter la vie : ils peuvent s’y rendre sans formalités s’ils restent sur le trottoir qui mène de Stanstead, au bout de la rue Church, jusqu’à la porte d’entrée de la bibliothèque du côté américain. Mais attention : ils ne doivent pas mettre les pieds dans la rue ! La surveillance est assurée par des caméras de sécurité, perchées au sommet de poteaux d’éclairage, à Derby Line. Mais alors, qu’est-ce que la pandémie a changé ? La bibliothèque est restée fermée pendant les premiers mois de la crise, comme toutes les autres bibliothèques. Même les employés n’avaient pas le droit d’y aller. Mais quand les règles sanitaires se sont assouplies, les règles douanières ont pris le relais.  Les employés pouvaient s’y rendre en passant par la porte de la sortie de secours, du côté canadien, mais pas les usagers parce qu’ils devaient passer par la porte d’entrée principale, située aux États-Unis, et que la frontière terrestre canado-américaine était fermée. Lorsque la bibliothèque a été finalement rouverte aux voyageurs non essentiels pleinement vaccinés, le 8 novembre, les citoyens auraient pu, en principe, y retrouver leur accès. Mais non, parce que les Canadiens revenant d’un séjour aux États-Unis devaient fournir un test PCR pour rentrer au pays. Résultat : la bibliothèque est restée fermée ! Un service gratuit de livraison de livres, de magazines, de DVD et de livres audio a toutefois été offert aux membres pendant la fermeture.  N’aurait-elle pas pu être accessible aux Américains, tout en étant fermée aux Canadiens ? À nouveau, non, mais cette fois en raison de la bureaucratie américaine. Les autorités ne voulaient pas permettre à leurs citoyens d’entrer en contact avec des Canadiens. Il n’y en avait pas, direz-vous, puisque ces derniers n’avaient pas le droit d’y mettre les pieds. Mais il y avait les employées, qui sont toutes deux canadiennes.

« Il aurait fallu que les employés soient américains », confirme Mélanie Aubé.

Et c’est ainsi que la bibliothèque, fondée en 1904 pour encourager les rapprochements entre les deux peuples, n’a pu accueillir ses membres pendant 20 mois. Depuis jeudi, l’établissement, qui dessert notamment les villes de Stanstead, de Canton de Stanstead, d’Ogden, de Way’s Mills, d’Hatley et de Bolton, du côté québécois, est enfin rouvert aux usagers, membres en règle doublement vaccinés. Lors de sa première journée, il a reçu 21 personnes.

Source: La Presse

29 novembre 2021

Boom des ouvertures de librairies au Québec

header-imageEncouragées par le renouveau de l'édition québécoise et la consolidation du soutien public, surfant sur un marché du livre dopé par des confinements successifs qui ont massivement bénéficié à la lecture, 16 nouvelles librairies se sont créées en deux ans au Québec. 6 autres sont en projet dans un réseau auparavant très stable. Si 10 créations sont intervenues à Montréal, les autres contribuent à revitaliser des villes moyennes (Sherbrooke, en Estrie) ou petites (Saint-Adèle, dans les Laurentides), voire très petites (Percé, Îles de la Madeleine...). Un phénomène qui conduit l'Association des libraires du Québec (ALQ), dont le nombre d'adhérents a crû de 125 à 138 adhérents en deux ans.

"Il y a en effet un boom des ouvertures de librairies que nous n'avons pas connu depuis les années 1970-1980. Dès avant la pandémie, qui a accéléré le phénomène, le livre redevenait un peu tendance, la librairie avait une bonne image. Mais l'industrie du livre se portant bien aujourd'hui, de nouveaux entrepreneurs estiment qu'elle offre des opportunités. Ils ouvrent surtout des librairies petites et spécialisées, par exemple dans le livre pour la jeunesse ou les littératures de genre. Ils conçoivent des lieux très incarnés, proposant beaucoup d'animations et d'activités, avec la volonté de constituer un espace social qui contribue à revitaliser leur quartier. Le défi, pour l'ALQ, est de les aider à s'installer et à traverser le temps, explique le président de l'Association des libraires du Québec Eric Sinard à Livres hebdo."

Parni les nouveaeu libraire, il y a d'anciens employés de librairies et de l'édition. Mais pas seulement. Le fondateur de la librairie Saga, à Montréal, bilingue et dédiée aux littératures de genre, est un ancien enseignant par exemple.

9 septembre 2021

Pénurie de papier pour les éditeurs tchèques et québecois

Antonín Kočí

Selon éditeurs tchèques interrogés par l’Agence de presse tchèque CTK, le problème de pénurie de papier concerne toute l'Europe et est probablement aussi lié au marché chinois. Pour les grands éditeurs, le problème signifie une perte dans les ventes de l'ordre de millions de couronnes.

Le groupe Euromedia, qui est l'une des plus grandes entreprises opérant sur le marché du livre en République tchèque, est un de ceux qui sont confrontés à ce problème. L'entreprise fait face à la capacité limitée des imprimantes, à la hausse des prix du papier et aux longs délais de livraison après la commande d'impression. « Même les dates de livraison confirmées pour certains titres sont retardées de plusieurs semaines ou mois. Par exemple, les imprimeurs signalent une pénurie de carton, qui est utilisé pour fabriquer les couvertures de livres », relève Antonín Kočí, directeur d'Euromedia Group Publishing.

Par exemple, nous avons un livre, dont on estime la vente à des dizaines de milliers d'exemplaires, et qui sera mis sur le marché un mois plus tard que le délai normal d'impression d'un livre en noir et blanc. Ce seul et unique cas représente pour nous des millions de ventes perdues », explique Antonín Kočí avant de noter : « Nous ne sommes pas en mesure de publier tous les livres que nous aimerions publier cette année. Il se peut que nous ne puissions pas imprimer certains best-sellers avant Noël. »

Ulrika Horáková, du département marketing de la maison d'édition Argo, signale également le report de la sortie de certains titres prévus pour l'automne.

Chez les producteurs de papier, on est plus nuancé sur la situation. « Cette concernant une pénurie de papier d'impression me semble très peu probable », a déclaré à ČTK Miloš Lešikar, de l'Association de l'industrie tchèque du papier. Selon lui, la consommation de papier suit une tendance à la baisse depuis plusieurs années, avec une grosse chute en 2020 en raison de la réduction du besoin des imprimeries. « Cette année, au premier semestre, la consommation de papier et de carton a au contraire augmenté de 7 % en glissement annuel pour atteindre 221 992 tonnes », précise-t-il au journaliste de Radio Prague.

Selon lui, la grande majorité des papiers d'impression du pays sont couverts par les importations. « Les importations sont principalement réalisées par les grossistes en papier. Le problème aujourd'hui réside plutôt dans le fauit que les prix du papier et du carton, qu'ils soient pour l’impression ou d'emballage, ont récemment augmenté », souligne Miloš Lešikar.

Le 19 août, le journal Le Devoir relatait que les éditeurs québécois souffrait d'une explosions des prix de papiers mais également de carton et d'encre. Mais il y a aussi une hausse des coût de  livraison pour les impressions faites en Asie et en Europe. Pour toutes ces raisons, certains éditeurs ont déjà commençé à augmenter leurs comme La Pastèque:

« C’est déjà commencé : j’ai augmenté quelques titres de 1 ou 2 $. Rien de radical — je veux garder des prix très compétitifs — , mais le coût du transport est doublé présentement. Le papier a augmenté. L’impression aussi, c’est phénoménal. Tout a augmenté… »

12 août 2021

Bilan des ventes de livres au Québec en 2020

em_de_kim_thuy___paulines_0Tout au long de l'année 2020, secouée par la pandémie de Covid-19, les Québécois se sont plongés dans la lecture. Au programme, selon la 9e édition du Bilan annuel Gaspard établi par la Société de gestion de la Banque de titres de langue française (BTLF) : beaucoup de romans, de livres pratiques proposant jardinage, cuisine et travaux de rénovation, mais aussi des livres jeunesse (qui représentent près d’une vente sur trois), des ouvrages parascolaires, bien utiles aux enfants lors du confinement, et des livres ésotériques, valeurs refuges en ces temps incertains. Tant et si bien que, malgré une activité à l’arrêt pendant plusieurs mois et la chute brutale des ventes aux collectivités, les librairies du panel, soit 264 points de vente représentant plus de la moitié du marché total, ont conclu l'année en beauté avec une hausse de la valeur des ventes de +2,5% (contre +0,4% en 2019) alors que l’ensemble du commerce de détail québécois accuse une baisse de -0,4 %. Les librairies indépendantes réalisent une performance encore plus surprenante en terminant l’exercice 2020 à +5,2%, précise le Bilan Gaspard. 

Dans le détail, l'année avait commencé sur les chapeaux de roue (+7,3% sur la valeur des ventes à fin février), avant d'être stoppée dans son élan entre mars et mai (-41%) puis de repartir à la hausse à compter de juin, sauvée par la jeunesse (+21%) et la littérature (+35%). Preuve de cet engouement estival, les ventes de livres ont bondi de près de 600% le 12 août 2020 par rapport à une journée "classique", à l'occasion de l'opération annuelle "Le 12 août, J'achète un livre québécois".

Pour traverser cette année compliquée, les Québécois se sont donc tournés massivement vers les romans, la littérature enregistrant une hausse spectaculaire des ventes de +14,5% au-dessus des seuils de 2019. "Du jamais vu depuis que Gaspard a commencé à monitorer le marché en 2012", soulignent les auteurs du bilan. Le Top 100 des ventes 2020 au Québec compte d'ailleurs 31 titres de littérature, parmi lesquels figure, au 4e rang, le best-seller Em de Kim Thuy (Libre Expression). Trois romans de Guillaume Musso et quatre titres de la romancière québécoise Louise Tremblay-d’Essiambre s'y distinguent également. 'autres marchés, de plus petite taille que celui du roman, ont connu une envolée remarquable de leurs ventes en 2020 : +21,2% pour le parascolaire, particulièrement prisé au printemps lors de la fermeture des établissements, + 21,7% pour l'ésotérisme qui affiche la plus forte progression des 22 catégories par rapport à l'année précédente. Cela représente près de 35 000 exemplaires écoulés, avec un Top 5 des ventes tourné vers l'astrologie, les cristaux, les oracles et le tarot.  Avec des ventes en hausse de respectivement +6,2% et +9,5% en valeur, la bande-dessinée et le pratique ont contribué au redressement des ventes en librairie à partir de l'été. Vingt-six ouvrages pratiques (contre 23 en 2019) se sont d'ailleurs inscrits dans le Top 100 annuel, dont plus de la moitié sont des livres de cuisine signés par des stars québécoises des fourneaux (ou de la nutrition) telles que Ricardo, Madame Labriski, Geneviève O'Gleman ou encore Cassandra Loignon. Invités à rester chez eux, les Québécois se sont aussi mis au jardinage (+34,6%) et à la rénovation domiciliaire (+22,9%).

D'autres catégories plongent dans le rouge à l'image des beaux-arts (valeur des ventes annuelles en baisse de -10,8%), de l'éducation (-38,5%), de l'informatique (-16,4%) ou encore des livres de géographie et de tourisme (-51,8%). Dans la colonne des "moins" figure par ailleurs la production de nouveautés mises en marché en 2020, en repli de 15,3 % comparé à 2019. "La perte involontaire de ces 5 151 nouveaux entrants dans l’écosystème aurait dû logiquement entraîner un manque à gagner du côté des recettes de l’industrie, mais il n’en fut rien, puisque les ventes de la cohorte de 2020 ont dépassé par plus de 600K$ celles de 2019", rapportent les auteurs du Bilan Gaspard.

Ainsi, les éditeurs québécois tirent leur épingle du jeu en 2020, avec des ventes en hausse de +4,6% en librairie (+1,2 % en volume), après un résultat de +2,8 % en 2019. Un engouement pour la production locale, encouragé par le gouvernement et par les acteurs de la chaîne du livre, qui se répercute sur le Top 200 des meilleures ventes de l'année où apparaissent 41 titres de littérature québécoise contre 29 l'année précédente.   La production étrangère, elle, fait du surplace en valeur par rapport à 2019, année où les ventes des éditeurs étrangers avaient reculé de -2,0 % par rapport à 2018, et se contracte en volume pour une deuxième année consécutive (-3,8%). Les éditeurs québécois semblent bel et bien consolider leur place dans les librairies de la province face aux éditeurs étrangers dont la part de marché est passée de 52,4% en 2017 à 47,4% en 2020. 

Et pour 2021 ? Les professionnels se veulent optimistes, encouragés notamment par la reprise des ventes aux collectivités avec la réouverture des écoles et des bibliothèques publiques.

Source: Livres Hebdo

 

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