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13 septembre 2021

Hausse spectaculaire des ventes de mangas en France au premier semestre 2021

Chiffre affaire manga france 2021

Jamais le manga ne s'est aussi bien porté en France. Pour la première fois depuis son arrivée dans nos librairies, il y a 30 ans, la BD japonaise représente plus de la moitié des ventes du marché de la BD. Bénéficiant d'une offre toujours plus diversifiée, d'un lectorat au goût plus développé qu'il y a quelques années et d’une plus forte exposition médiatique, le manga semble vivre un nouvel âge d'or en France. Un âge d’or dont Livres Hebdo avait annoncé les prémices dès 2018. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon l’institut d’études GFK, il s'est vendu en France entre janvier et juillet 2021 25,1 millions de mangas, pour un chiffre d'affaires qui avoisine les 186 millions d'euros. En août, selon un rapport de GFK publié jeudi dernier, la croissance se poursuit avec 28,9 millions de tomes vendus. A titre de comparaison, il s'était vendu sur l’ensemble de l’année 2020 un peu plus de 22 millions de tomes, pour un chiffre d’affaires de près de 80 millions d’euros. Les éditeurs sont les premiers surpris.

"Je ne sais plus où donner de la tête", confie Bruno Pham, directeur éditorial d'Akata. "Nos ventes ont bondi. Ça explose à tous les niveaux!" "On réédite des titres comme cela ne nous était jamais arrivé de toute l'histoire de Kana", renchérit Christel Hoolans, la directrice générale de la maison d’édition de Naruto. "On réimprime par millions chaque mois. Je ne sais pas où ça va s'arrêter."

Les confinements successifs de 2020 n’ont pas freiné les ventes, au contraire: "On a eu peur lorsque les librairies ont fermé, mais très rapidement le dynamisme des ventes s'est poursuivi, sans s'affaiblir", se souvient Masahiro Choya, responsable de la collection manga de Panini. "Le lectorat, habitué à des rythmes de parution réguliers et à la commande en ligne, nous est resté très fidèle", poursuit Stéphane Ferrand, directeur éditorial de Véga Dupuis.

Les libraires aussi ont dû s’adapter très vite à cette situation inédite. "En un an, malgré trois mois de fermeture pour cause de Covid, mon secteur manga a quasi doublé. Ça s'est vraiment accéléré sur le second trimestre, avec des mois doubles, voire triples", confirme celui qui se fait appeler sur les réseaux sociaux Le Libraire se cache.

Le phénomène touche toutes les enseignes, même celles qui vendaient peu de mangas. Le manga est aussi boosté par l’émergence de "librairies dans des lieux incongrus grâce à des gens qui ont grandi avec et qui ont moins d’a priori", remarque Stéphane Duval, le fondateur du Lézard Noir, qui édite notamment La Cantine de minuit. Des points de vente qui avaient abandonné le manga, comme les grandes surfaces alimentaires, se sont enfin "redécouvertes une âme de vendeur de livres après le premier confinement, parce que c’était le seul lieu où on pouvait en acheter", ajoute Ahmed Agne, fondateur de Ki-oon. De mémoire d'éditeurs et de libraires, le milieu n'a pas connu pareil dynamisme depuis une vingtaine d'années. "Les chiffres ne sont pas les mêmes, mais on a déjà vécu ce schéma de démultiplication des ventes au début des années 2000", rappelle Stéphane Ferrand. "Il y avait alors peu d’éditeurs et tout d’un coup ça avait explosé avec l'arrivée d'une masse de titres de très bonne qualité comme Yu Gi Oh! (janvier 1999), One Piece (septembre 2000), Naruto (mars 2002), Hikaru no go (octobre 2002), Bleach (mai 2003)..."

Si les éditeurs ont tous constaté ces cinq dernières années un fort renouvellement avec l'arrivée de shōnen d’un nouveau genre comme L'Attaque des TitansThe Promised Neverland, Jujutsu KaisenMy Hero Academia ou encore Demon Slayer et Chainsaw Man, la situation actuelle n'est pas réellement comparable à celle du début des années 2000: "La croissance était structurelle. Il fallait rattraper le marché japonais et développer un catalogue. On a imprimé en France en une décennie l’équivalent de tous les succès japonais des quarante dernières années!", détaille Virginie Daudin Clavaud, directrice générale déléguée de Pika.

Toujours dominé par Glénat (Dragon BallOne Piece), Pika (L’Attaque des Titans), Kana (Naruto) et Ki-oon (Jujutsu KaisenMy Hero Academia), le marché connaît un tel dynamisme que même les éditeurs indépendants (Akata, IMHO, Le Lézard Noir) et les nouveaux venus (Mangetsu, Noeve Graphx) bénéficient de l'embellie actuelle. Tous ont déjà rempli leurs objectifs annuels et doublé leurs chiffres d'affaires. Seul un éditeur est en recul, Ankama.

Cette embellie n’est pas liée au Pass Culture, prévient Ahmed Agne: "L’industrie du manga se porte très bien depuis très longtemps. On vient d’enchaîner six années consécutives avec des croissances à deux chiffres. C’était déjà le secteur le plus porteur du milieu de l’édition. Le pass culture, c’était un bonus sur le bonus. On était déjà à 100% de croissance avant sa généralisation."

La remontada la plus spectaculaire concerne Panini. Longtemps en déshérence, la maison doit sa réussite à Demon Slayer, écoulé à plus de 2 millions de tomes en un an.

La maturité et la stabilité du lectorat est l’une des clefs de ce nouvel âge d’or du manga, souligne Satoko Inaba, directrice éditoriale de Glénat Manga: "La plupart des lecteurs ont à présent déjà lu un manga dans dans sa vie, ce qui n'était pas forcément le cas il y une dizaine ou une vingtaine d'années". Si le cœur de cible reste jeune, aucune génération de lecteurs de mangas n’a décroché, abonde Ahmed Agne: "Ça nous donne un public très complémentaire avec des goûts et des envies de lecture très différents."

Les libraires ont ainsi vu débarquer un public de quadragénaires lecteurs de mangas depuis l’enfance et désireux d’explorer de nouveaux segments du marché, plus adultes, comme le seinen, "qui a augmenté de 25% sur la dernière décennie", note Stéphane Ferrand. À ces lecteurs historiques s'ajoutent "certains parents curieux de comprendre l'engouement de leurs enfants pour le manga, et en librairie nous les orientons vers du contenu seinen", confirme Le Libraire se cache.

Il ne faut pas négliger l'importance auprès des plus jeunes lecteurs des réseaux sociaux (Twitter, Instagram, TikTok), désormais aussi prescripteurs que les libraires, estime Satoko Inaba: "Il y a des influenceurs et des créateurs de contenu spécialisés dans le manga qui font découvrir à toute une génération de lecteurs des séries qu'ils n'auraient pas lues."

Les plateformes de streaming (Netflix, Wakanim, Crunchyroll, ADN) ont enfin créé un cercle vertueux avec les maisons d’édition. "C'est l'avènement du 360", résume Christel Hoolans: "Vous regardez l'anime, puis en attendant l'épisode suivant vous lisez le manga, puis vous enchaînez avec le spin-off. Et c’est la boucle magique qui se met en route." L’Attaque des TitansJujutsu Kaisen et plus récemment Tokyo Revengers en ont tous bénéficié. Chainsaw Man, déjà un gros succès, s’apprête à y faire son entrée.

Le confinement a bien entendu renforcé la position de ces best-sellers. Naruto (boosté par une offre découverte à 3 euros), One Piece (porté par l’excellent arc actuel du "Pays des Wa") et Berserk (marqué par la mort brutale de son créateur Kentaro Miura en avril dernier) continuent de se vendre comme des petits pains. "Beaucoup de personnes qui avaient entendu parler en bien de ces séries et qui n'osaient pas se lancer l'ont fait pendant le confinement", constate Satoko Inaba. Mais l'engouement est tel que tous les types de mangas sont touchés, appuie Ahmed Agne:

"On a énormément de titres atypiques qui arrivent quand même à tirer leur épingle du jeu, comme Les Carnets de l’apothicaire. En période de pandémie et de dépression nationale, on a même réussi à faire un succès avec My Broken Mariko, un one-shot sur le deuil et le suicide. Il y a une appétence pour les titres qui sortent du blockbuster shonen classique. Les lecteurs sortent plus facilement de leur zone de confort. Et ça, c’est quelque chose de nouveau par rapport au marché du début des années 2000."

Autre différence avec le premier âge d'or: les séries du fond de catalogue tiennent la dragée haute aux nouveautés. Pika obtient autant de succès avec les classiques (Fairy TailSeven Deadly Sins et L'Atelier des sorciers) qu'avec ses dernières pépites (Toilet-bound Hanako-kunBlue Lock et Kaguya-sama). Même son de cloche chez Delcourt avec Alice in Borderland et chez Kana avec La Voie du Tablier et Otaku Otaku, "des séries assez improbables qui seraient passées inaperçues il y a quelques années", estime Christel Hoolans.

Même un auteur aussi confidentiel que Inio Asano, maître contemporain des tranches de vie, voit ses ventes exploser chez IMHO avec La Fille de la plage et chez Kana avec Goodnight Punpun et Nijigahara Holograph, dont la réédition s'est écoulée à 3.700 exemplaires en douze semaines: "On n'a jamais fait ça. Certainement pas pour un Asano, et encore moins avec une réédition", se félicite Christel Hoolans. Elle y voit la naissance d’un nouveau marché "très excitant", qui va l'inciter à redonner sa chance à "des auteurs encore peu disponibles en France".

Longtemps synonymes de ventes décevantes, les mangas du patrimoine (EdenBanana FishTomie) sont enfin plébiscités. "Je vends de nouveau énormément de 20th Century Boys, par exemple, ou d'Akira", confirme Le Libraire se cache. La réédition des huit premiers tomes de la saga de Naoki Urasawa totalisent les 70.000 exemplaires vendus, et celles des quatre premiers tomes de Banana Fish les 50.000. Du jamais vu. "Ce retour en force du patrimoine est pour moi l'élément le plus marquant en termes de contenu éditorial cette année", glisse Virginie Daudin Clavaud.

Cet âge d’or n’est pas près de se terminer. "On a recruté une nouvelle génération, et plus fortement que jamais", applaudit Christel Hoolans. "Comme toute personne accro aux mangas, ils ne vont pas s'arrêter d’en lire du jour au lendemain." "Je ne pense pas qu'on soit encore à l'apogée. Ça va continuer à monter", acquiesce Satoko Inaba.

Parmi les futurs blockbusters figurent en octobre Kaiju n°8 (le plus gros lancement du manga en France avec 250.000 exemplaires selon son éditeur Kazé) et un Goldorak made in France (Kana annonce une mise en place de 165.000 exemplaires). Glénat dévoilera début 2022 Sakamoto Days, nouvelle bombe du Shōnen Jump, tandis que Pika prépare pour la même période "de nouvelles éditions très attendues".

Grâce aux produits dérivés, le manga sera enfin bientôt très présent dans notre quotidien: "On est en train de signer un nombre colossal de contrats", annonce Christel Hoolans. "Vous allez retrouver Naruto partout: sur vos vêtements, dans votre cuisine, sur votre skate." Certains redoutent néanmoins un éclatement de la bulle. "Ce qui est certain, c’est qu’il va y avoir un problème logistique", alerte Bruno Pham, qui craint un "engorgement de la production, avec le manque de matière première, les limites de budget chez les lecteurs et la place en librairie de plus en plus réduite".

 "Pour les Japonais, la France est un peu la poule aux œufs d’or. Ils s’étonnent même de certaines séries vendues chez nous. Les éditeurs français achètent énormément, et des choses qu’ils n’auraient pas achetées avant", alerte Stéphane Duval. "Et personne ne va pouvoir faire la promotion de manière équivalente de tous ces titres. Des séries risquent de passer à la trappe et de ne pas se vendre." Et de ne plus être commercialisées, comme ce fut le cas après le premier âge d’or.

Source: BFM TV

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28 août 2021

Chute de 5% des ventes de livres en juin

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Selon les données de Livres Hebdo/Xerfi/I+, le marché du livre se contracte de 5 % en juin par rapport à juin 2020, qui avait enregistré une dynamique exceptionnelle (+22%), avec la réouverture des librairies fermées durant le premier confinement. Mais, par rapport aux six premiers mois de 2019, le cumul exercice s’établit au-delà de +5 %, et par rapport aux six premiers mois de 2020, le bond est de 23,4%.

Sur douze mois, la tendance annuelle continue d’afficher une augmentation vigoureuse pour l’ensemble du marché : +11,1%. Entre juin 2020 et juin 2021, tous les circuits de distribution sont en régression, seules les grandes surfaces culturelles tendent vers une certaine stagnation (-1 %). Les librairies voient leurs ventes reculer à un an d’intervalle de -8 % pour le 1er niveau et -5% pour le 2nd niveau. Rapportée aux résultats d’avant crise, l’activité des librairies reste sur une belle dynamique sur l’ensemble du premier semestre 2021 : +8,2 % pour le 1er niveau et +19,7 % pour le 2nd niveau comparé à 2019.

Les hypermarchés sont à un an d’intervalle à -13 %, mais le rythme d’évolution demeure à la hausse pour le cumul exercice 2021 comparé au cumul exercice 2019 (+1 %).  Si les librairies de 1er niveau connaissent une baisse de leur activité de -8 % en juin par rapport à juin 2020 où elles étaient à +37 % après le premier confinement, la tendance annuelle s'établit à +19,9 %. Même courbe du côté des librairies de 2nd niveau en juin: les ventes en euros courants baissent de 5 % à un an d'intervalle mais la tendance annuelle atteint +26,4 %.  Les grandes surfaces culturelles enregistrent une diminution de 1 % de leur activité en juin par rapport à juin 2020. La tendance annuelle s'établit à +8 %. 

Pour ce deuxièmre trimestre, les ventes enregistrent une forte croissance de 27% en euros courants et de 26% en volume, par rapport à la même époque l’an dernier. Les librairies de 1er niveau et celles de 2e niveau enregistrent une hausse de leur activité respectivement de + 37,1 % et + 46,1 %. Le rayon livres des grandes surfaces culturelles progresse dans de moindres proportions + 25,5 % tout comme celui des hypermarchés + 3,4 %.

Source: Livres Hebdo

25 août 2021

Des livres d'Epicure vendus dans certaines pharmacies italiennes

leggi-che-ti-passaDes dizaines de pharmacies italiennes appartenant au réseau de l'Académie des pharmaciens ont tenté de suivre la devise « lire qui vous dépasse » en plein été, dépoussiérant la pensée « curative » d'Épicure sur la façon d'éliminer la douleur. D'une part, poussé par la demande accrue de médicaments à base de benzodiazépines, d'autre part soutenu par la recherche neuroscientifique qui démontre la validité des arts, y compris la lecture, pour améliorer la santé et apporter le bien-être. ( Https://www. dors.it /documentation/text/202108/report2019OMSartisalute_20210727.pdf )

Et ainsi de suite de nombreux comptoirs, de Rovereto à Palerme en passant par Bologne, Viareggio et Fiumicino (pour ne citer que quelques villes) , une nouvelle édition de la célèbre "Lettre sur le bonheur" dans laquelle le philosophe décline en quatre maximes clés les soi-disant "tétra-drogue" pour vaincre les grandes peurs de l'homme et vaincre la douleur. Une version de l'épître ancienne, soigneusement révisée et rendue accessible à tous, qui comprend également un « Journal du Bonheur » où vous pourrez lister votre liste de petits moments heureux ou de raisons de l'être au quotidien, sur 21 jours.

L'initiative unique, en Versilia et au-delà, a été accueillie avec une curiosité et un intérêt inattendu. Des réactions très positives qui, en août, en pleine saison touristique, ont surpris les deux propriétaires de la pharmacie « Buon Consiglio » au point de faire rebondir leur expérience encourageante de pharmaciens-libraires sur les pages des médias locaux. Tons enthousiastes et bons résultats en termes de ventes (de médicaments et de livres) également pour les autres pharmacies qui ont rejoint le projet et continueront - annoncent-elles - à proposer de la " bibliothérapie ", ou de bonnes lectures à prix modéré, car des économies de escalier, dans des lieux sans doute différents des librairies traditionnelles .

"Nous, pharmaciens - dit le Dr Lorenza Soave, propriétaire de la pharmacie du même nom à Rovereto - écoutons continuellement nos clients et exerçons une influence positive sur eux : l'initiative des livres dans la pharmacie a été un grand succès partout".

En essayant de comprendre combien de pharmacies et parapharmacies en Italie - sur les plus de 300 qui font partie du groupe Academy - ont effectivement rejoint le projet et vendent encore la "Lettre sur le bonheur" jusqu'à épuisement des stocks, nous trouvons la confirmation que l'idée de promouvoir La « bibliothérapie » en tant que « médecine de l'âme » vient de plus loin : elle est sans doute attribuable aux effets secondaires psychologiques de la pandémie, mais aussi à une série de stratégies marketing prudentes (proposées par l'Académie elle-même) pour encourager les ventes et attirer personnes à la pharmacie, quel que soit leur besoin réel de médicaments.

Déjà en 2020, après les données inquiétantes d'Aifa sur la consommation d'anxiolytiques en deuxième phase pandémique - avec la hausse des ventes en moyenne en 2020 de 12% par rapport à 2019 et des poussées de plus de 60% dans certaines régions ( https://www. aifa .gov.it / monitoring-use-drugs-during-epidemic-covid-19 ) - de nombreuses pharmacies du groupe avaient réédité et distribué, toujours au prix symbolique d'un euro, un grand classique tel que " Le Petit Prince" par de Saint-Exupéry . Le succès est immédiat : 20 000 exemplaires papier et 200 000 e-books téléchargés dans toute l'Italie. Et puis les pharmacies relancées en avril dernier, à l'occasion de la Journée mondiale du livre de l' Unesco ( https://www.farmacista-vincente.it/farmacisti-per-unesco/) proposant cette fois ' Alice au pays des merveilles' , un autre roman "adapté à la période difficile que nous vivons". Le virus, en effet, a rendu tout le monde plus fragile et désorienté et alors « pourquoi ne pas vaincre vos peurs en volant avec votre imagination, comme Alice l'a fait dans le terrier du lapin ? », suggère un autre pharmacien de Torchiarolo (Brindisi).

Le cauchemar de la variante Delta aurait pu contribuer à soutenir les ventes d'anxiolytiques même pendant ces vacances d'été puisque Aifa a enregistré de nouveaux rebonds, quoique plus modérés, des ventes de ce type de médicaments depuis mai dernier. Une raison de plus, en somme, pour tenir la promesse de publier et de distribuer un autre best-seller « convenable » en pharmacie comme « Lettre sur le bonheur ».

Nul doute que la lecture, surtout le soir, est capable de concilier sommeil, favorise la détente et, en général, est bonne pour la santé. Mais, pour éviter tout doute, il ne doit pas y avoir de doute sur la différence thérapeutique, loin d'être marginale, entre médicament et livre ou sur la différence entre opérations marketing et initiatives véritablement associatives. Parce que l'Académie des pharmaciens ( https://www.farmacista-vincente.it/ ) née en 2017, est avant tout une école pour apprendre à développer commercialement des pharmacies qui s'est fait connaître dans toute l'Italie pour une formation en ligne sur la façon d'augmenter les ventes " avec des astuces simples" et sans avoir besoin de gros investissements publicitaires.

Dès lors, les lectures qui nous incitent à adopter une bonne approche philosophique de la vie sont les bienvenues (certainement préférables à se gaver de médicaments !) ou le syndrome anxieux.

Source: Fortuneita

24 août 2021

Progression des ventes de livres en Europe et au Brésil au premier semestre 2021

canvasLes marchés internationaux du livre ont fait de la résistance en 2021. Les ventes de livres ont significativement progressé dans plusieurs pays européens au premier semestre, selon une étude de l’institut GfK. Le cabinet s’est penché sur la conjoncture dans sept marchés de l’espace Schengen et sur la situation au Brésil.

Dans la plupart des pays étudiés, les revenus du secteur du livre sur les six premiers mois de l’année ont augmenté d’au moins 10% par rapport à l’an dernier, notamment en Italie (+36,8%), au Belgique (+33,8%), en France (+43,3%), en Espagne (+38,3%), et au Brésil (+33,44%). Parmi les autres marchés, la Suisse affiche une hausse de 11,1 %, tandis que les ventes au Portugal progressent de 18,9%. Selon GFK,  en Allemagne, la croissance est moins forte par rapport au premier semestre 2020 (+4,1%), et en baisse de 4,9% par rapport à 2019. Aux Pays-Bas la hausse des ventes n'est que de 4,3% par rapport à l'an dernier. Ce résultat s'explique par une situation particulière, où de nombreux magasins ont été contraints de fermer temporairement.

L'auteure irlandaise Lucinda Riley a été la star incontournable de l'été avec le 7e tome de sa saga phénomène Les Sept Soeurs, La Soeur disparue (Charleston), tirant les marchés vers le haut : première en Flandre Belge, Suisse et aux Pays-Bas. Clarissa Pinkola Estés, Alessandro Sallusti, Luca Palamara, Maria Dueñas, Guillaume Musso, Hervé le Tellier, Klaus-Peter Wolf et José Luís Peixoto ont dominé les classements des meilleures ventes dans les huit pays.

Source: Livres Hebdo

12 août 2021

Bilan des ventes de livres au Québec en 2020

em_de_kim_thuy___paulines_0Tout au long de l'année 2020, secouée par la pandémie de Covid-19, les Québécois se sont plongés dans la lecture. Au programme, selon la 9e édition du Bilan annuel Gaspard établi par la Société de gestion de la Banque de titres de langue française (BTLF) : beaucoup de romans, de livres pratiques proposant jardinage, cuisine et travaux de rénovation, mais aussi des livres jeunesse (qui représentent près d’une vente sur trois), des ouvrages parascolaires, bien utiles aux enfants lors du confinement, et des livres ésotériques, valeurs refuges en ces temps incertains. Tant et si bien que, malgré une activité à l’arrêt pendant plusieurs mois et la chute brutale des ventes aux collectivités, les librairies du panel, soit 264 points de vente représentant plus de la moitié du marché total, ont conclu l'année en beauté avec une hausse de la valeur des ventes de +2,5% (contre +0,4% en 2019) alors que l’ensemble du commerce de détail québécois accuse une baisse de -0,4 %. Les librairies indépendantes réalisent une performance encore plus surprenante en terminant l’exercice 2020 à +5,2%, précise le Bilan Gaspard. 

Dans le détail, l'année avait commencé sur les chapeaux de roue (+7,3% sur la valeur des ventes à fin février), avant d'être stoppée dans son élan entre mars et mai (-41%) puis de repartir à la hausse à compter de juin, sauvée par la jeunesse (+21%) et la littérature (+35%). Preuve de cet engouement estival, les ventes de livres ont bondi de près de 600% le 12 août 2020 par rapport à une journée "classique", à l'occasion de l'opération annuelle "Le 12 août, J'achète un livre québécois".

Pour traverser cette année compliquée, les Québécois se sont donc tournés massivement vers les romans, la littérature enregistrant une hausse spectaculaire des ventes de +14,5% au-dessus des seuils de 2019. "Du jamais vu depuis que Gaspard a commencé à monitorer le marché en 2012", soulignent les auteurs du bilan. Le Top 100 des ventes 2020 au Québec compte d'ailleurs 31 titres de littérature, parmi lesquels figure, au 4e rang, le best-seller Em de Kim Thuy (Libre Expression). Trois romans de Guillaume Musso et quatre titres de la romancière québécoise Louise Tremblay-d’Essiambre s'y distinguent également. 'autres marchés, de plus petite taille que celui du roman, ont connu une envolée remarquable de leurs ventes en 2020 : +21,2% pour le parascolaire, particulièrement prisé au printemps lors de la fermeture des établissements, + 21,7% pour l'ésotérisme qui affiche la plus forte progression des 22 catégories par rapport à l'année précédente. Cela représente près de 35 000 exemplaires écoulés, avec un Top 5 des ventes tourné vers l'astrologie, les cristaux, les oracles et le tarot.  Avec des ventes en hausse de respectivement +6,2% et +9,5% en valeur, la bande-dessinée et le pratique ont contribué au redressement des ventes en librairie à partir de l'été. Vingt-six ouvrages pratiques (contre 23 en 2019) se sont d'ailleurs inscrits dans le Top 100 annuel, dont plus de la moitié sont des livres de cuisine signés par des stars québécoises des fourneaux (ou de la nutrition) telles que Ricardo, Madame Labriski, Geneviève O'Gleman ou encore Cassandra Loignon. Invités à rester chez eux, les Québécois se sont aussi mis au jardinage (+34,6%) et à la rénovation domiciliaire (+22,9%).

D'autres catégories plongent dans le rouge à l'image des beaux-arts (valeur des ventes annuelles en baisse de -10,8%), de l'éducation (-38,5%), de l'informatique (-16,4%) ou encore des livres de géographie et de tourisme (-51,8%). Dans la colonne des "moins" figure par ailleurs la production de nouveautés mises en marché en 2020, en repli de 15,3 % comparé à 2019. "La perte involontaire de ces 5 151 nouveaux entrants dans l’écosystème aurait dû logiquement entraîner un manque à gagner du côté des recettes de l’industrie, mais il n’en fut rien, puisque les ventes de la cohorte de 2020 ont dépassé par plus de 600K$ celles de 2019", rapportent les auteurs du Bilan Gaspard.

Ainsi, les éditeurs québécois tirent leur épingle du jeu en 2020, avec des ventes en hausse de +4,6% en librairie (+1,2 % en volume), après un résultat de +2,8 % en 2019. Un engouement pour la production locale, encouragé par le gouvernement et par les acteurs de la chaîne du livre, qui se répercute sur le Top 200 des meilleures ventes de l'année où apparaissent 41 titres de littérature québécoise contre 29 l'année précédente.   La production étrangère, elle, fait du surplace en valeur par rapport à 2019, année où les ventes des éditeurs étrangers avaient reculé de -2,0 % par rapport à 2018, et se contracte en volume pour une deuxième année consécutive (-3,8%). Les éditeurs québécois semblent bel et bien consolider leur place dans les librairies de la province face aux éditeurs étrangers dont la part de marché est passée de 52,4% en 2017 à 47,4% en 2020. 

Et pour 2021 ? Les professionnels se veulent optimistes, encouragés notamment par la reprise des ventes aux collectivités avec la réouverture des écoles et des bibliothèques publiques.

Source: Livres Hebdo

 

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21 juillet 2021

Hausse des ventes de livres en catalan en 2020

hausse ventes livres catalan

L'une des rares nouvelles positives de la pandémie de Covid-19 a été une augmentation surprenante de la lecture et de l'achat de livres. "Un cadeau inattendu qui, pour le moment, reste", déclare le président du Grup 62, Josep Ramoneda, pour qui, selon les chiffres qu'il envisage, les ventes de livres en catalan dans tout le secteur au cours du premier semestre de cette année ont augmenté de  "4% par rapport à celui de la même période de 2019".

"C'est une surprise que la pandémie nous ait apportée", insiste le patron de la filiale Grupo Planeta qui regroupe les publications en catalan, qui fixe l'augmentation (dans son cas, pour la même période, de près de 9%) du bonne tenue de la fiction (avec une augmentation de 8,3 %) et de la littérature jeunesse et jeunesse (5 %), par rapport à une baisse des essais, selon lui motivée car « l' essor des livres sur le Procé s'est affaibli ces derniers temps ”.

"Nous sommes à nouveau tombés amoureux des livres et cela a commencé à être détecté il y a tout juste un an et immédiatement après, avec un premier signal définitif dans les ventes du Setmana del Llibre en Català», déclare pour sa part Emili Rosales, directeur de la rédaction de Grup 62. La première des dates coïncide avec l'accueil surprenant qu'a eu le populaire Sant Jordi de verano, le 23 juillet 2020, qui a conduit à la répétition d'un semblable initiative, bien que sans grand impact populaire, le 15 juillet. La Setmana de Llibre Català, malgré son nouvel emplacement dans le Moll de la Fusta contraint de quitter l'avenue de la cathédrale de Barcelone en raison de mesures sanitaires, a surpris avec 25 000 visiteurs et 325 000 euros de ventes. Le chiffre d'affaires à la fois de la campagne de Noël et de celui du 23 avril aurait entériné la tendance.

Le comportement a été si bon que jusqu'à la même année zéro , le plus dur, avec les librairies fermées et sans la célébration de Sant Jordi, il a été réglé avec des résultats positifs. "2020 a été sauvé, malgré tout", admet Rosales, sans toutefois préciser de chiffres. Le livre en catalan a perdu 25 % de ses ventes au milieu de cette année-là . "Dans notre cas, nous avons commencé par réduire les titres de programmes, mais dans la dernière partie de l'année, nous les avions presque tous récupérés." Dans le Grup 62, cela signifie l'édition d'« environ 150 titres par an », ce qui équivaut à « près de 400 » si l'on ajoute ceux des enfants et des jeunes.

Dans ce contexte, Ramoneda assure qu'« un titre sur trois qui se vend aujourd'hui en catalan appartient au Grup 62 ». Et tout cela, à une époque de certains mouvements dans le secteur de l'édition catalan, qui a vu il y a tout juste deux mois Penguin Random House Grupo Editorial acquérir La Magrana, Molino et Serres de RBA (après avoir fait de même avec La Campana en 2019) et Grup Enciclopèdia, Éditorial de Vienne. « Il est encore prématuré de juger ces mouvements ; nous verrons où ils vont… En tout cas, il est important qu'ensemble nous fassions grandir le marché des livres en catalan », fossé Ramoneda.

 Cette année, on a observés des succès inattendu comme  la version catalane contemporaine du classique Tirant lo Blanc , de Màrius Serra (12 000 exemplaires), l'essai politique El fill de xofer , de Jordi Amat (25 000) , ou encore L'infinit en un jonc d' Irene Vallejo (10 000). Entre douleur et espoir , le discours-confession de Jordi Pujol avec Vicenç Villatoro s'est vendu  environ à 5 000 exemplaires, tandis que Xavier Bosch, avec son roman La dona de la seva vida, reste dans la lignée de son inatteignable ligne de best-seller., avec plus de 36 000 unités uniquement en catalan.

Source: El Pais

13 juillet 2021

Marché du livre en croissance au premier semestre 2021 en Italie

Ventes livres Italie

Selon les données présentées par l’Association des éditeurs italiens (AIE) , 15 millions d’exemplaires ont été vendus en librairie entre le 4 janvier et le 20 juin, soit une hausse de 44 % par rapport à 2020. Ces ventes ont généré un chiffre d’affaires de 698 millions d’euros (+42 %). Mieux encore : ces résultats sont en augmentation par rapport à 2019 (+31 % de ventes en volume et +28 % en valeur).

"Le marché du livre ressemble à une vague qui, en s’élevant, entraîne tous les bateaux avec elle, analyse le président de l’AIE, Ricardo Franco Levi, dans un communiqué. Mais ces résultats ne sont pas aléatoires. Ils sont le fruit des effort des éditeurs et de tous les acteurs de la chaîne, qui ont continué à investir et innover même pendant les mois les plus difficiles de la pandémie, mais aussi des décisions du gouvernement et du Parlement qui ont préservé le secteur, principalement en autorisant la réouverture des librairies pendant les confinements et donc en lançant des mesures de soutien au livre."Les librairies physiques, qu’elles soient indépendantes ou qu’elles appartiennent à une chaîne, bénéficient de cette embellie. Elles enregistrent un chiffre d’affaires total de 332,9 millions d’euros, en croissance par rapport à 2020 et 2019. Les ventes en ligne ont explosé, pour s’établir à 327,9 millions d’euros contre 184,6 millions en 2019. Elles représentent désormais 47 % du total des ventes. Ce marché numérique "ne détourne pas les ventes des autres canaux d’achat mais permet au marché de faire un bond en avant", assure l’AIE dans son communiqué. En revanche, la situation est plus difficile pour les grandes surfaces culturelles.

Si tous les segments semblent être en croissance, quelques-uns se portent particulièrement bien. C’est notamment le cas du pratique et des jeux (+302 %), des bandes dessinées (+214 %), des ouvrages sur la politique contemporaine (+ 99 %), de la littérature – avec un intérêt particulier pour Dante – (+94 %) et des biographies et autobiographies (+85 %). Cette hausse du marché ne bénéficie pas seulement aux best-sellers mais à l’ensemble des ouvrages, selon l’AIE, qui dresse par ailleurs la liste des dix meilleures ventes du semestre. Dans ce classement figurent, à la 4e place, la traduction italienne de Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin (Albin Michel, 2018), ou encore Une terre promise de Barack Obama (Fayard, 2020) et le septième volume de la série Les sept sœurs de Lucinda Riley (Charleston), respectivement aux 9e et 10e rangs.

29 juin 2021

Hausse des ventes de livres en Avril 2021 aux Etats-Unis

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 L'Association of American Publishers (AAP) a publié aujourd'hui son rapport StatShot pour avril 2021 reflétant les revenus déclarés pour toutes les catégories suivies, y compris le commerce (livres de consommation), les supports pédagogiques K-12, les supports de cours pour l'enseignement supérieur et l'édition professionnelle . Les revenus totaux dans toutes les catégories pour avril 2021 ont augmenté de 43,7 % par rapport à avril 2020, atteignant 994,1 millions de dollars. Depuis le début de l'année, les revenus ont augmenté de 27,0 %, à 4,1 milliards de dollars pour les quatre premiers mois de l'année. 

 Depuis le début de l'année, les revenus du livre cartonné ont augmenté de 38,0 %, atteignant 1,0 milliard de dollars ; Les livres de poche ont augmenté de 25,4 %, avec 901,7 millions de dollars de revenus ; Le marché de masse a augmenté de 30,1 % à 79,9 millions de dollars ; et Board Books ont augmenté de 12,5 %, avec un chiffre d'affaires de 57,1 millions de dollars. Les revenus des livres électroniques ont augmenté de 14,5 % par rapport aux quatre premiers mois de 2020 pour un total de 368,9 millions de dollars. Le format audio téléchargé a augmenté de 20,1 %, pour un chiffre d'affaires de 252,5 millions de dollars. L'audio physique a augmenté de 3,8% pour atteindre 6,9 ​​millions de dollars.

Source: Association of American Publishers

24 juin 2021

Bilan du marché du livre en France en 2020

Evolution CA edition France 1

Face à la pandémie mondiale et aux fermetures de librairies, le livre a fait plus que résister. A l’occasion de son Assemblée générale tenue le 24 juin, le Syndicat national de l’édition (SNE) a dévoilé les chiffres de l’édition française en 2020, regroupés dans son rapport annuel. Le chiffre d’affaires total des éditeurs s’élève ainsi à 2,740 milliards d’euros sur l’année, accusant un recul de seulement 2,3% par rapport à 2019.

« Marquée par une crise sanitaire, sociale et économique inédite, l’année 2020 témoigne d’une capacité de résilience exceptionnelle du livre en France », commente le SNE dans un communiqué de presse. « Cette baisse, qui apparaît d’autant plus contenue au regard de la fermeture des points de vente physique lors des périodes de confinement, est marquée par de fortes disparités entre les segments éditoriaux », y est-il aussi précisé.

Certains secteurs connaissent en effet de fortes progressions de leurs chiffres d’affaires : la BD (+6%), les mangas (+29%), le parascolaire (+7%) ou la jeunesse (+1%). A l’inverse, le secteur de l’art et des beaux livres, ou encore celui du tourisme connaissent logiquement de fortes baisses de chiffre d’affaires, respectivement de 36 et de 59%. Les ouvrages de documentation chutent de leur côté de 53%, mais ne représentent en volume que 0,03% du marché. Le premier segment éditorial en valeur avec 22,4% de parts de marché, la littérature générale, connaît elle une augmentation de chiffre d’affaires de 2,4%. Le SNE note aussi une hétérogénéité des tendances parfois au sein même des segments éditoriaux. Par exemple, le segment du livre pratique a connu une baisse générale de 7,2%. Mais, en son sein, les livres de santé sont en hausse de 7,5% et les livres de cuisine sont en progression de 15,8% tous comme les livres de jardinage  en hausse de 10% (pour en savoir plus lisez l'article suivant en cliquant ici).   

« Les chiffres de l’édition 2020 sont le reflet de la vie et des préoccupations des Français pendant cette période de crise sanitaire : besoin de lire pour apprendre, comprendre, assurer l’école à la maison, se divertir, cuisiner… », analyse Vincent Montagne, président du SNE. « La fermeture des librairies pendant trois mois et demi aurait pu être un désastre pour notre secteur, mais le rebond exceptionnel de l’été et de la fin de l’année 2020 a témoigné du soutien sans faille des Français au livre et aux librairies. Elle a permis à chacun et de réaliser que le livre et la lecture sont des biens essentiels et constituent des enjeux de société. Nous tous, auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, lecteurs… nous ne pouvons que nous réjouir de la décision du Président de faire de la lecture une grande cause nationale en 2021 », ajoute-t-il.

Autre enseignement du rapport annuel du SNE : le marché de l’édition numérique, tous supports et toutes catégories éditoriales confondus, a progressé de 13,5% par rapport à 2019, générant  236,6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Côté international, l’activité des maisons d’éditions françaises dans le monde s’est contractée en 2020, en baisse de 3,5% à périmètre constant par rapport à 2019. 14021 titres ont vu leurs droits de traduction cédés à l’étranger en 2020.

Notons enfin les répercussions de la crise sanitaire sur la production des maisons d’édition françaises. Le nombre de titres total publiés en 2020 s’élève à 97326 titres, soit une baisse de 9,1%. Plus particulièrement, le nombre de nouveautés publiées a baissé de 15% par rapport à 2019.

12 juin 2021

Le confinement, terreau fertile pour les livres de jardinage

Succès ventes livres jardinage

Un nouveau public est apparu pendant les confinements", explique à l'AFP la directrice éditoriale chez Larousse, Nathalie Viard. "Des débutants se sont mis au jardinage, tandis qu'un public déjà connaisseur est monté en compétence". 

"Le Covid a entraîné un emballement commercial réel", renchérit la directrice du département Art, Nature et Société, des éditions Actes Sud, Anne-Sylvie Bameule. Mais "cette accélération prend place dans un mouvement de progression continu depuis une dizaine d'années". 

"Les ventes de livre augmentent chaque année, en particulier depuis cinq ans. En 2020 nous avons vendu 373.000 livres de jardinage, malgré la fermeture des librairies", indique à l'AFP la maison d'édition Terre Vivante. La moitié des parutions de cet éditeur spécialisé depuis 40 ans dans "l'écologie pratique" concerne le jardinage. 

Selon les chiffres du cabinet GfK transmis par la maison d'édition First, le marché du livre "Nature et jardinage" a augmenté de plus de 10% entre le premier semestre 2019 et celui de 2021. 

Pour Antoine Isambert, des éditions Ulmer, "le public a complétement évolué, motivé par une envie de produire soi-même et de retour à la nature en ville propre à une nouvelle génération".  Cet éditeur "nature et écologie pratique" a vu son chiffre d'affaires augmenter de 7% en 2020, malgré les deux mois du premier confinement pratiquement "à zéro".  Abondamment illustré, "Mon petit potager bio sur 15 m²" (Ulmer) du jeune instagrameur Arthur Motté s'est vendu à 10.000 exemplaires depuis mars 2020. "Mon balcon nourricier en permaculture", de Valéry Tsimba, paru en janvier 2021, compte déjà 6.000 ventes. 

"Ce qu'ils font n'est pas intimidant. Chacun se dit qu'il peut le faire, qu'il vive dans une maison de banlieue ou en appartement", commente le directeur des éditions Ulmer. "En tant qu'éditeur, on rétablit le lien qui a été rompu entre cette nouvelle génération et l'apprentissage du jardinage autrefois transmis par les grands-parents". 

Selon Nathalie Viard, des éditions Larousse, "les horticulteurs sont les nouveaux chefs". "Une nouvelle population, plus jeune et plus urbaine a commencé à s'intéresser aux jardins et nous sommes allés chercher de nouveaux auteurs, des acteurs du jardin qui parlent à cette communauté". 

Larousse a publié en février "Les Leçons de permaculture de ZeProfDortie", dont l'auteur, Jean-Christophe Bar, alias ZeProfDortie, compte quelque 71.600 abonnés sur Youtube.   Dès 2018, "Le Potager du paresseux", sorti chez Tana, de Didier Helmstetter, ingénieur agronome qui cultive son propre jardin, s'est vendu à 50.000 exemplaires (et 11.000 exemplaires pour la version illustrée). 

"On a besoin d'auteurs qui puissent proposer quelque chose de vérifié, expérimenté et éclairé", déclare Suyapa Hammje, la directrice éditoriale de Tana, une maison d'édition "écoféministe". 

Arrivée à la tête du département pratique d'Albin Michel en février 2020, juste avant le confinement, Aurélie Starckmann avait pour objectif, côté jardinage, "un auteur qui soit jeune, connecté et ait envie de transmettre son savoir". Elle se félicite d'avoir trouvé des auteurs qui écrivent "d'une façon différente, plus décontractée et très accessible".  "Un potager au naturel avec Tom le Jardinier" (Albin Michel), instagrameur aux 21.300 followers, paru en avril 2021, s'est déjà vendu à 6.000 exemplaires sur un tirage de 8.000.  Aller chercher les néophytes, c'est la mission de la collection à succès "Pour les nuls", de la maison d'édition First, qui a fait elle aussi son entrée sur le segment du jardinage. "Un potager pour les nuls", signé Philippe Collignon et Charlie Nardozzi, paru en 2016, s'est vendu à 11.600 exemplaires. 

Source: L'Express

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