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2 septembre 2022

Réorganisation de l'édition face à la crise du papier

Comment l'édition se réinvente0

Gare à la surchauffe. Avec une progression de leur chiffre d'affaires de 9,7 % en 2021 par rapport à 2019, selon les statistiques annuelles du Syndicat national de l'édition (SNE), les éditeurs français devraient avoir le sourire. Mais la crise du papier, qui perturbe depuis plus d'un an leurs capacités d'approvisionnement, assombrit singulièrement le tableau. Plus chère, plus rare, plus longue à arriver, la matière première est aujourd'hui l'objet de toutes les convoitises. La crise est plurifactorielle. Elle s'explique pour une large part par le net regain de la production éditoriale. En 2021, le nombre de nouveautés et de nouvelles éditions a rebondi de 12,6 %, à 68 189 titres d'après nos données Livres Hebdo/Electre Data Services. Avec les réimpressions, et notamment celles de séries entières de mangas dopées par le Pass Culture, la progression est encore plus importante en nombre d'exemplaires. D'après le SNE, 554 millions d'ouvrages ont été imprimés l'an dernier, contre 456,7 millions en 2020, soit une hausse record de + 21,3 %. Par son ampleur inattendue, la reprise des achats de livres a créé un déséquilibre entre une offre et une demande habituées à évoluer depuis quinze ans dans un écosystème décroissant. Après avoir atteint son plus haut en 2007 avec près de 50 000 tonnes, la production de papiers graphiques ne cessait depuis lors de reculer, pour tomber sous les 25 000 tonnes en 2019. En toute logique, les papetiers en avaient tiré les conséquences en réorientant une partie de leurs capacités de production vers des segments plus porteurs, comme les papiers et cartons destinés à l'emballage ou le papier pour étiquette.

La crise sanitaire de 2020, en causant le ralentissement général de l'économie et de la production, a perturbé les équilibres en place. Surtout, les acteurs n'avaient pas anticipé l'importance de la reprise de 2021 : exceptionnellement faste en librairie, la première année post-Covid a eu pour conséquence, dans le monde entier, la sursollicitation des filières de papeterie et d'imprimerie graphique. « De surcapacitaire, le marché des papiers graphiques est devenu sous-capacitaire », résume Paul-Antoine Lacour, délégué général de l'Union française des industries du papier, carton et de la cellulose (Copacel).

Le marché paie aujourd'hui les conséquences des réductions passées de capacité de production, la concentration du segment de l'imprimerie entre les mains d'un nombre restreint d'acteurs n'ayant fait qu'amplifier la crise. « Beaucoup de petits imprimeurs avec lesquels nous étions en encore relation au début des années 2010 ont aujourd'hui disparu, note Yannick Dehée, dirigeant de Nouveau Monde. En période de forte demande, les acteurs en place ne peuvent pas absorber l'impression de tous les livres. »

À ces effets de marché sont venus se combiner des facteurs économiques (essor de l'e-commerce très consommateur en carton, forte reprise de la consommation mondiale de bois), mais aussi géopolitiques : la désorganisation du transport maritime international pour cause de Covid-19 a dans un premier temps entraîné l'explosion du coût du container. La hausse du coût de l'énergie, aggravée par le déclenchement de la guerre en Ukraine et la fermeture du robinet de gaz russe, a aussi entraîné avec elle celle du prix de la pâte à papier. Asphyxiés, les imprimeurs répercutent les hausses sur leurs clients éditeurs. Ceux-ci n'ont, à leur tour, d'autre choix que de relever leurs prix, de réduire leur production ou de repenser la fabrication de leurs ouvrages. Matérielle et économique, la crise est aussi humaine : en début d'année, une dizaine d'usines du groupe papetier finlandais UPM ont cessé de tourner, paralysées par une grève historique dans le secteur. Plus structurellement, les transporteurs routiers manquent de chauffeurs et les imprimeurs d'ouvriers qualifiés. Aubin Imprimerie a par exemple produit 7,5 millions de mangas en 2021. Malgré une pénurie de main-d'œuvre, la volumétrie devrait encore augmenter cette année, mais l'entreprise peine à suivre le rythme de la demande. « Aujourd'hui les compétences manquent. Pour tourner à plein régime, nous avons besoin de recruter sept ou huit conducteurs de machine », explique Emmanuel Melki, directeur commercial.

L'enjeu pour le marché de l'édition est maintenant de retrouver son rythme de croisière. Le ralentissement du début de l'année après la période d'euphorie post-Covid est une première étape en ce sens. Selon l'observatoire du Syndicat de la librairie française, les ventes de livres en librairie indépendante ont chuté de 11,7 % au cours des six premiers mois de 2022. Mais le ralentissement, bien réel, reste à relativiser car ces résultats restent en progression de 10,9 % par rapport à la même période en 2019. Faut-il pour autant s'attendre à une reprise durable de la production de papiers graphiques ? À la Copacel, Paul-Antoine Lacour n'y croit pas : « Même si la consommation de livres est dynamique, la tendance demeure structurellement décroissante pour les papiers graphiques dans leur ensemble (presse, publicités, bureautique...). Aucun imprimeur n'est prêt à investir 300 millions d'euros dans une nouvelle machine aujourd'hui. »

Plus que l'appareil industriel, ce sont les manières de travailler que la crise est en train de changer. Les tonnages de papiers étant désormais soumis à des quotas stricts par les papetiers européens, les éditeurs diversifient le profil de leurs fournisseurs. Interrogé par Livres Hebdo, Hachette Livre indique procéder à des approvisionnements complémentaires en Amérique et en Asie. « Des délocalisations de production de livres sont aussi possibles pour soulager le marché », détaille le Groupe.

La fabrication évolue elle aussi. « Les grands groupes sont aujourd'hui dans une logique de révision des prix, mais aussi des grammages de leurs papiers. Il y a des livres qui seront fondamentalement différents demain », affirme Dominique Bordes, fondateur de Monsieur Toussaint Louverture. Last but not least, l'allongement des délais d'approvisionnement, couplé à l'inflation galopante, perturbe le travail des diffuseurs. « Il est compliqué d'anticiper la mise en place d'un livre dont l'éditeur n'a pas déterminé le prix de vente parce qu'il ignore encore, à ce moment, combien lui coûtera le papier », décrypte Charles Candellier, responsable relation éditeur chez UP Diffusion.

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1 septembre 2022

Organisation de la 10ème braderie solidaire par la FNAC

fnac-22

Du 16 septembre au 8 octobre 2022, la Fnac s’engage une nouvelle fois aux côtés de Bibliothèques Sans Frontières avec l’opération « Grande collecte solidaire ». Pour cette dixième édition, 165 magasins Fnac en France deviennent des points de collecte de livres pour BSF. Romans, bandes dessinées, littérature jeunesse… le public est invité à venir déposer ses livres en bon état dans le magasin partenaire le plus proche de chez lui. Cette année, la Grande Collecte Solidaire prend de l’ampleur avec le déploiement simultané de l’opération en Suisse !

L’objectif de cette collecte : donner une seconde vie aux livres, en alimentant des bibliothèques au service de populations défavorisées et éloignées de la culture en France et dans le monde. En neuf ans, ce sont près de 2 millions de livres qui ont été collectés grâce à ce partenariat, soit l’équivalent d’une pile de livres haute comme 145 Tour Eiffel ! Il s’agit de la plus grande collecte de livres de France ! Les livres collectés sont triés puis référencés par BSF en fonction de leur état et de leur sujet avant d’être acheminés en France et dans le monde, vers des bibliothèques, écoles et associations qui n’ont pas les moyens de s’équiper par le biais des circuits traditionnels.

« En France, la Grande collecte solidaire a permis de créer près de 200 bibliothèques au pied des immeubles dans les quartiers populaires, dans des centres d’accueil pour mineurs isolés, dans des associations qui luttent contre l’illettrisme dans les territoires ruraux, ou encore dans des prisons.

Après une année sous le signe de la lecture comme « Grande cause nationale », nous devons poursuivre nos efforts pour permettre à tous de rêver, d’apprendre et de créer du lien grâce à la lecture. » Corentin Poirret, responsable de la « Mission Livres » de BSF.

Lorsqu’ils ne correspondent pas aux besoins des projets de l’association, les livres sont revendus sur le marché de l’occasion. Les bénéfices réalisés participent au financement du tri et de l’envoi de livres sur le terrain, mais aussi au soutien de l’économie locale du livre dans les pays où BSF est amenée à intervenir, grâce à l’achat de livres sur place. BSF renforce le pouvoir d’agir des populations vulnérables en leur facilitant l’accès à l’éducation, à la culture et à l’information. En France et dans plus de 30 pays, l’association crée des espaces culturels et éducatifs innovants qui permettent aux personnes touchées par les crises et la précarité de s’instruire, de se divertir, de créer du lien et de construire leur avenir.

31 août 2022

Record des droits perçus par les auteurs en Espagne durant l'année 2021

Droit auteurs Espagne 2021

Dans quelques semaines, la Fédération des guildes d'éditeurs d'Espagne (FGGEE) publiera le rapport annuel complet pour 2021 et, parmi les données, un chiffre jamais atteint auparavant retiendra l'attention : un an après la pandémie de coronavirus,les paiements de droits d'auteur ont atteint 202,9 millions d'euros. Ce montant avancé par le FGGEE à elDiario.es est un record depuis 2008, lorsque l'industrie a réalisé le chiffre d'affaires le plus élevé du marché interne du livre : 3 185 millions d'euros. Cette année-là, les auteurs ont touché 200,1 millions d'euros, soit 6,3 % des bénéfices. En 2021, près de 8 % du total collecté par l'industrie du livre est allé aux créateurs. Pour chaque livre vendu, l'auteur reçoit généralement 10% du PVP. À partir de 2008, la crise financière diminuant la capacité économique des citoyens, le secteur est entré dans un déclin qui s'est progressivement redressé. Mais cela reste très loin des 3 000 millions d'euros facturés avant l'effusion de sang financière internationale. En 2021, le chiffre d'affaires total du marché intérieur du livre a atteint 2 576 millions d'euros, soit 609 millions d'euros de moins que le chiffre record. Bien qu'étant très loin des bénéfices d'antan, le secteur a distribué plus que jamais des bénéfices à ses écrivains et scénaristes.

Pour les agences littéraires consultées qui représentent les droits des auteurs, l'année au cours de laquelle l'Espagne a été confinée a provoqué ce ciffre historique. C'est en avril de l'année suivante que le solde est prélevé et que les écrivains sont payés pour leurs ventes. L'augmentation du temps de lecture lors du confinement  (les Espagnols sont passés de 47 minutes de lecture par jour à 71 minutes à l'époque de COVID-19) a entraîné une augmentation des ventes d'œuvres littéraires. C'est-à-dire plus d'avantages pour tous les maillons de la chaîne du livre : éditeurs, distributeurs et libraires. Maintenant, nous le savons aussi pour le maillon le plus faible : les auteurs.

Au sein de la maison d'édition Anagrama, ils soulignent que cela pourrait être dû à la hausse des ventes d'auteurs en espagnol. "Ils se vendent vraiment beaucoup mieux que les traductions et ont normalement des pourcentages de droits d'auteur plus élevés que les traductions, ce qui est logique", explique Silvia Sesé, directrice éditoriale d'Anagrama. En fait, les derniers chiffres compilés par le FGGEE indiquent cette préférence : 64,5 % des paiements de droits d'auteur sont allés aux auteurs espagnols. Le montant le plus élevé depuis 2006, lorsque les auteurs espagnols enregistraient 65,6 %

Au sein de l'Association pour le développement de la propriété intellectuelle (ADEPI), ils soulignent  que le fait peut être dû au versement des bénéfices générés en 2020, des avances pour la publication et les ventes de nouvelles fenêtres commerciales en plein essor, telles que le livre audio et le podcast et l'adaptation des livres à d'autres formats audiovisuels tels que les scénarios de films et de télévision et les séries sur les plateformes. En effet, en 2021, 5,2 % de la population déclaraient écouter des livres audio, une augmentation significative par rapport à 2020, où le pourcentage était de 3,1 %. À l'heure actuelle, plusieurs plateformes d'abonnement telles que Podimo, Storytel, Audible, Spotify ou Sonora produisent des livres audio ou adaptent des romans et se battent pour obtenir la meilleure position sur le marché.

"De plus, il est possible qu'en 2021 des avances importantes aient été versées pour aider leurs auteurs à faire face à la crise sanitaire", ajoutent-ils de l'ADEPI. Ils indiquent que le groupe de littérature, malgré le fait qu'ils n'ont pas pu vendre en librairie pendant plusieurs semaines de confinement, a été l'un des moins punis car ils ont pu continuer à travailler. En effet, la vente de livres au format numérique en espagnol a augmenté de 43 % en 2020 par rapport à l'année précédente, la littérature de fiction étant la plus demandée, selon le rapport annuel de Libranda, le principal distributeur de livres numériques. Il y avait aussi des éditeurs qui, avant la réouverture des librairies, répondaient aux commandes directement depuis leur site internet. Puis, avec des commerces actifs depuis juin, les ventes se sont multipliées dans les librairies. À la fin de l'année, ce qui semblait être l'apocalypse s'est transformé en une augmentation de 2,4 % des ventes. "Pour tout cela, beaucoup d'argent a été distribué pour les droits d'auteur", ajoutent-ils dans l'ADEPI.

D'autre part, en 2020, les éditeurs ont dû mesurer l'investissement des ressources au maximum et la publication et la promotion les moins chères sont celles des auteurs espagnols. "De plus, les nouveaux canaux de promotion des livres, loin des médias traditionnels, encouragent davantage les auteurs espagnols", expliquent-ils de l'éditeur Lengua de Trapo. Dans Roca Editorial, c'est arrivé avec Réveillez-moi à la fin de septembre, de Monique Rouanet. Pendant la pandémie, sa directrice éditoriale, Blanca Rosa Roca, a décidé d'offrir une série de titres au format électronique pendant trois semaines. La mesure a servi de promotion et a déclenché la vente de titres comme celui mentionné. « 2020 s'est très bien passé pour nous, bien mieux que 2021, indique-t-il. Le chiffre de croissance de 2021 était de 5,6 %, le plus fort rebond du secteur depuis des années. Jusqu'à présent en 2022, selon les données auditées par GFK, le marché a augmenté de 2,6 %. En tête se trouve la littérature jeunesse, avec 14,7 %.

Comme le souligne Jan Martí, éditeur de Blackie Books, l'augmentation du montant du prix Planeta doit également être prise en compte dans le succès du droit d'auteur. En 2021, il est devenu le prix littéraire le mieux payé au monde , grâce à une augmentation du paiement de 601 000 € à 1 million d'euros. Mais il convient également que les quatre derniers mois de 2020 ont été très bons et que les chiffres se sont maintenus en 2021. « En 2022, nous sommes revenus à la normale et les gens sont déjà repartis en Grèce. En 2020 et une partie de 2021, vous ne pouviez pas sortir, ni voyager et le livre est sorti renforcé », explique Martí. La prédiction n'est pas encourageante pour les écrivains, car il ne semble pas que la bonne nouvelle se répète.

Le romancier Manuel Rico est le président de l'Association collégiale des écrivains et reçoit les données comme "une magnifique nouvelle", à la fois en raison de l'augmentation du droit d'auteur et de la part de marché des auteurs espagnols. L'une des conclusions de ces données est que la pire année de facturation des droits d'auteur survient lorsque davantage de titres d'auteurs étrangers sont vendus. C'est arrivé en 2013 : 158,6 millions d'euros de droits d'auteur ont été distribués et la part étrangère était de 42,9 %.

Les rapports du FGGEE indiquent également que les auteurs espagnols génèrent plus de royalties chez les éditeurs de taille moyenne que chez les grands ou les très grands, où le pourcentage des droits d'auteur sur le chiffre d'affaires total est de 4,9 %. Chez les éditeurs de taille moyenne, il atteint 9,8 %. De plus, c'est chez les éditeurs de taille moyenne que les auteurs espagnols génèrent plus de droits que les étrangers : 68,3 % contre 31,7 %. Dans les grands, les auteurs étrangers représentent 56,5 %. Pour Manuel Rico, l'auteur espagnol est sorti très renforcé après le confinement. Il pense également que de nouvelles fenêtres commerciales, telles que le livre audio, ont contribué à la croissance. Sans oublier la «montée du roman noir et historique d'auteurs espagnols».

Le secrétaire du conseil d'administration de la FGGEE est Antonio María Ávila et il a d'autres points de vue sur l'augmentation des paiements de droits d'auteur en 2021. «Avant la crise financière, l'augmentation de la facturation totale était due au manuel car alors un million de nouveaux étudiants, issus de la migration, ont accédé à l'enseignement.Ce furent de très bonnes années car, en plus, 80 millions d'euros ont été investis dans l'achat de nouveautés pour les bibliothèques espagnoles. Cela a eu un effet multiplicateur sur les ventes. L'argent public multiplie toujours les bénéfices », déclare Ávila.

Il convient également avec les éditeurs que si les bénéfices des auteurs ont augmenté, cela signifie que davantage de littérature a été vendue. « C'est un effet post-COVID-19, un effet positif grâce au temps de lecture. Gardez à l'esprit que pendant la pandémie, à la télévision, les référents qu'ils ont interviewés apparaissaient toujours dans leur bibliothèque à la maison. L'idée qui a été transmise est que ceux qui connaissent le plus utilisent les livres. Cela a été décisif », déclare Antonio María Ávila comme l'une des causes de la promotion des ventes.

 

 

30 août 2022

Le prix Unesco/JIkji Mémoire du monde 2022 remis à une bibliothèque du Caire

Université américaine Le caire

Sur recommandation d’un jury international d’experts, la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, a décerné le 29 août le prix Mémoire du monde 2022 aux bibliothèques de l’Université américaine du Caire en Egypte.

Fondée en 1919, l’université abrite une bibliothèque de livres rares et de collections spéciales dotée d’un laboratoire de conservation et d’un centre de numérisation. Alimentée depuis les années 1950, elle a particulièrement impressionné le jury. « La bibliothèque des livres rares et collections spéciales est un témoignage puissant de la manière dont un patrimoine documentaire bien préservé et accessible peut contribuer à la bonne compréhension de l’histoire et de la culture au sein des régions », a déclaré Audrey Azoulay dans un communiqué datant du 29 août 2022.

Créé en 2004 et financé par la République de Corée, le prix Unesco/Jikji Mémoire du monde vise à encenser les démarches de préservation du patrimoine documentaire ainsi que son accessibilité. La cérémonie de remise du prix aura lieu le 2 septembre à Cheongju, soit le jour du 30e anniversaire du programme Mémoire du monde de l'Unesco.

Source: Livres Hebdo

29 août 2022

Le Paraïs, maison de Jean Giono sauvée par le loto du patrimoine

Maison-Le-Parais-Jean-Giono

Depuis plus de cinq ans, la "Mission Patrimoine", plus connue sous le terme "Mission Bern" , est déployée par la Fondation du Patrimoine. Elle sélectionne chaque année des monuments en péril qui bénéficieront de fonds pour engager leur restauration, et ce, grâce au fameux "Loto du patrimoine". 

Parmi les sites dont les noms ont été dévoilés ce lundi 29 août, il  y a le Paraïs, maison où  Jean Giono vécut avec sa famille de 1930 à 1970. C'est là, dans cette maison près de Manosque (Alpas de Hautes Provences) que l’écrivain réalisera la quasi-totalité de son œuvre et laissera  après sa mort une bibliothèque personnelle comprenant plus de 8  000 ouvrages. Un fonds documentaire important de lettres, photos, manuscrits, papiers privés, objets d’art et mobilier.

En 1985, le Paraïs devient le siège de l’association Les Amis de Jean Giono, qui accueille et guide visiteurs et chercheurs, gère le fonds d’archives et organise des Rencontres Giono chaque été.

La vente dès tickets débute aujourd'hui.

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28 août 2022

Bernard Billot, prix Amadéo 2022

Bernard Billot Prix Amedeo

Bernard Billot est un homme heureux. De tout temps, il a fait ce qu'il aimait, dans le domaine culturel. Sculpteur, acteur, dessinateur, peintre... et aujourd'hui illustrateur de littérature jeunesse. Dans sa "caverne" du Mont-Dore, il crée ses petits dessins, en toute humilité.

"J'écrivais des histoires et je mettais mes petits dessins à moi dessus. Un jour, des gens ont trouvé qu'il étaient bien alors, je me suis à faire des petits dessins pour les autres. Mais au départ, c'était très simple : j'écris une petite histoire. Donc j'ai les images, les personnages, en tête. Je me faisais plaisir. Et ensuite, on m'a confié des textes, a déclaré Bernard Billot à la 1ère Nouvelle Calédonie"

Avec un diplôme d'instituteur en poche, c'est en 2003 que sa passion pour la Calédonie s'exprime. Parution de son premier album jeunesse, Wahi et le grand requin, en 2005, aux éditions Grain de sable. Mais le style Bernard Billot, c'est aussi des scènes de la vie locale. Partie de bingo, marché aux fleurs, cour de récré, conte dans la case ou tout simplement la place des Cocotiers. Connu, reconnu, dans le monde de l'édition et de l'illustration, celui qui est surnommé "Papou" a reçu samedi 27 août, à Boulouparis, le prix Arembo 2022. Une distinction créée il y a sept ans par Claudine Jacques pour l’association Ecrire en Océanie, qui a été attribuée par le passé à Jean Van Mai, Jean-Marie Creugnet, Nicolas Kurtovitch, Frédéric Ohlen ou encore Déwé Gorodé.  Bernard Billot a déclaré  ceci lors de son disours de remise de Prix:

"La commune de Boulouparis décerne le prix Arembo 2022 à un écrivain-illustrateur résidant en Océanie, écrivant en français, notamment pour sa contribution au développement culturel de notre pays ainsi que pour sa capacité à livrer un témoignage sur son époque."

26 août 2022

La rentrée littéraire déjà sur le podium

La rentrée littéraire déjà sur le podium0

La rentrée littéraire entre déjà en force dans les meilleures ventes. Il n'aura pas fallu plus de trois jours à Virginie Despentes et son Cher Connard (Grasset) pour passer en tête du Top 20 GFK/Livres Hebdo des meilleures ventes toutes catégories confondues pour la semaine du 15 au 21 août.

Cinq ans après le dernier opus de la trilogie Vernon Subutex, l'autrice s'est fait attendre et sa version 2.0 des Liaisons dangereuses, tirée à 150 000 exemplaires, ne passe pas inaperçue. Impossible de passer au travers de cette publication dans les médias : couverture des InrocksTélérama, pleines pages dans le Figaro Magazine ou le Journal du Dimanche et en boucle sur les chaînes d'info. Et sur les réseaux sociaux, qu'on l'encense ou le vilipende, il n'a été question que de ce roman épistolaire corrosif qui ouvre le bal de la rentrée littéraire 2022.

Autre sortie attendue qui n'a pas loupé son lancement, le 31e roman d'Amélie NothombLe Livre des sœurs (Albin Michel) démarre fort lui aussi et se hisse déjà à la 3e place des ventes. La Belge, auréolée du prix Renaudot 2021, avec Premier Sang, reste plus que jamais une valeur sûre d'Albin Michel qui a tiré à 200 000 exemplaires son nouveau roman. 

Source : Livres Hebdo 

25 août 2022

La bourse du Hay Festival pour Hanan Issa

Hanan_IssaL'écrivaine, poètesse et artiste de création parlée Hanan Issa a reçu cette année la bourse internationale du Hay Festival.  La bourse aide un écrivain du Pays de Galles à assister à des éditions de festivals au Mexique, en Espagne, au Pérou et en Colombie tout en développant un projet d'écriture ou de recherche. Il est financé par le Conseil des Arts du Pays de Galles.  

Hanan a participé au programme de développement Hay Festival Writers at Work. Son premier pamphlet, My Body can House two Hearts, a été publié par Burning Eye Books en 2019 et son  travail a été joué et publié dans divers endroits, notamment BBC Wales, ITV Wales, Huffington Post, le festival StAnza et Poetry Wales. Elle est co-fondatrice du collectif à micro ouvert Where I'm Coming From et a été nommée Poète nationale du Pays de Galles plus tôt cette année. 

Parmi les anciens récipiendaires de la bourse figurent les écrivains, poètes et journalistes gallois acclamés Mererid Hopwood, Alys Conran, Dylan Moore, Jon Gower, Tiffany Murray, Fflur Dafydd, Owen Sheers, Eurig Salisbury, Jay Griffiths et Jenny Valentine. 

Issa a déclaré: «Je suis incroyablement excité par cette opportunité d'explorer des endroits aussi incroyables et de se connecter avec des écrivains internationaux. J'espère mieux comprendre les traditions littéraires du folklore, des contes de fées et de la poésie des pays que je visite et approfondir mes connaissances sur les contes de mon propre héritage au Pays de Galles et en Irak. 

Cristina Fuentes La Roche, directrice internationale du Hay Festival, a ajouté : « Nous sommes ravis d'accueillir Hanan Issa au sein de la Hay Festival International Fellowship. Hay Festival offre un espace unique aux écrivains, penseurs et publics du monde entier pour partager des idées dans des conversations libres et ouvertes. Depuis notre booktown au Pays de Galles, le festival a maintenant voyagé dans plus de 30 lieux, de la ville historique de Carthagène en Colombie au cœur des villes du Pérou, du Mexique, de l'Espagne et des États-Unis, et nous sommes impatients de partager le travail de Hanan avec ce audience internationale au cours des 12 prochains mois. 

Eluned Haf, responsable de Wales Arts International au Arts Council of Wales, a déclaré: «Nous avons été ravis de soutenir la bourse internationale Hay Festival au cours de la dernière décennie. Il s'agit d'une bourse qui a ouvert d'importantes relations internationales à un éventail d'écrivains brillants du Pays de Galles et a présenté leur travail à de nouveaux publics internationaux.  

«Hanan Issa est un choix fantastique en tant que prochain boursier international du Hay Festival. En tant que poète nationale du Pays de Galles récemment nommée, Hanan est une ambassadrice dynamique de la littérature, du peuple et des valeurs du Pays de Galles et nous savons qu'avec le soutien du généreux réseau du Hay Festival, elle ramènera et partagera ses expériences ici.

Source: The Bookseller

23 août 2022

Un faux manuscrit de Galilée dans les collections de la bibliothèque universitaire du Michigan

Faux manuscrit galilée

La bibliothèque de l'université du Michigan aux Etats-Unis a annoncé que l'un des bijoux de sa collection, un manuscrit attribué à l'astronome italien Galilée était en réalité une contrefaçon. Un réexamen du document a conclu que celui-ci datait du XXe siècle. Le papier jauni laisse entrevoir plusieurs séries de lignes rédigées en italien à la main. La première est le brouillon d'une lettre, la dernière un ensemble de notes faisant référence à des observations télescopiques. Et pas n'importe lesquelles : des observations qui ont permis en janvier 1610 à l'astronome italien Galilée de découvrir l'existence des lunes de Jupiter. Sauf que ces inscriptions manuscrites n'ont rien d'authentique. C'est ce que vient d'annoncer dans un communiqué la bibliothèque de l'université du Michigan aux Etats-Unis. Après avoir mené un réexamen du document, les experts ont conclu que ce dernier était une contrefaçon fabriquée au XXe siècle et n'avait donc pas été rédigé par le célèbre astronome lui-même.

Ce manuscrit constituait pourtant l'un des bijoux de la collection de l'institution américaine. Il a fait son apparition en mai 1934 lorsqu'une maison de ventes, American Art Anderson Galleries, a mis aux enchères la bibliothèque d'un riche collectionneur de manuscrits et d'anciens livres. Parmi les pièces, figurait le fameux document attribué à Galileo Galilei. Authentifié par le cardinal italien Pietro Maffi, il a été acquis par un homme d'affaires et collectionneur de livres, Tracy McGregor, puis légué à l'université du Michigan en 1938 après sa mort. A l'époque, personne n'avait alors eu l'idée de remettre en question l'authenticité de la précieuse pièce. Le brouillon de lettre figurant en tête du document correspond à une présentation d'un nouveau télescope que Galilée a bien réalisée en 1609 auprès du doge de Venise. Une version finale de cette même lettre est d'ailleurs connue dans les archives d'Etat de Venise en Italie. De même pour les annotations astronomiques dont il existe une version finale conservée à Florence.

'est un historien de l'université d'Etat de Georgie, Nick Wilding, qui a commencé à instiller le doute. En examinant une image numérisée du manuscrit en mai 2022, il a jugé que les formes de certaines lettres et le choix de certains mots étaient étranges. Il a également constaté que l'encre utilisée pour chacune des séries de notes était remarquablement similaire.

"C'est supposé être deux documents différents se retrouvant sur une même feuille de papier. Pourquoi tout est exactement de la même couleur brune ?", a-t-il expliqué au New York Times. Il a fait part de ses doutes dans un courrier électronique au curateur de la bibliothèque de l'université du Michigan qui a lancé une enquête interne.

"C'était assez déchirant quand nous avons appris pour la première fois que notre Galilée n'était en réalité par un Galilée", a confié Donna L. Hayward, doyenne par interim des bibliothèques de l'université. Mais l'institution a voulu en avoir le cœur net. "Balayer ça sous le tapis est contraire à ce que nous défendons", a-t-elle justifié.

Après trois mois d'enquête, les experts ont mis en évidence plusieurs éléments confirmant que Nick Wilding avait raison. L'un d'eux concerne le papier. Les fabricants utilisaient autrefois des filigranes pour identifier leur papier. Le soi-disant manuscrit de Galilée comporte ainsi les initiales "AS" ainsi que des lettres "BMO" faisant référence à un site de production à Bergame.

Or, aucun papier comportant le filigrane "BMO" n'est connu avant 1770, année après laquelle il est devenu assez commun. Ce qui suggère que le document ne peut être antérieur à cette date. Par ailleurs, un autre exemple de contrefaçon a été découvert au Morgan Library and Museum avec un papier similaire daté avec certitude de 1790.

L'autre indice concerne la provenance de la pièce. Après recherches, les spécialistes n'ont retrouvé aucune trace de l'existence de ce manuscrit avant les années 1930. Quant à son authentification, elle semble avoir été réalisée en le comparant avec deux autres documents de Galilée conservés à Pise... Qui se sont eux-mêmes avérés être des faux.

A l'origine des contrefaçons : Tobia Nicotra, un faussaire italien très prolifique condamné en 1934 à deux de prison et une amende pour avoir fabriqué de faux manuscrits, y compris des pièces attribuées à Galilée. Selon l'université du Michigan, il est donc tout à fait possible que son précieux document soit une autre œuvre de Nicotra.

"Wilding a conclu que notre manuscrit de Galilée est une contrefaçon du XXe siècle exécutée par le célèbre faussaire Tobia Nicotra. Après que nos propres experts ont étudié ses preuves les plus convaincantes et réexaminé le manuscrit, nous sommes d'accord avec sa conclusion", a annoncé l'institution dans son communiqué.

Source: Géo

23 août 2022

Appel aux dons pour l’acquisition d’un ensemble exceptionnel de Jacques Offenbach par la BNF

Les contes d'Hoffmann

La Bibliothèque nationale de France souhaite acquérir un fonds d’archives de Jacques Offenbach (1819–1880), classé oeuvre d’intérêt patrimonial majeur. Composé d’un ensemble de manuscrits et partitions autographes, de photographies, de livrets annotés et de correspondances, ce fonds d’une grande richesse, tant sur le plan du répertoire musical que sur celui de l’histoire de la scène musicale et des théâtres, est en grande partie inédit. Les manuscrits musicaux autographes qu’il contient couvrent l’ensemble de la période d’activité d’Offenbach, depuis ses premières pièces pour orchestre (1833) et pour violoncelle (1835), jusqu’aux Contes d’Hoffmann (1880), chef-d’oeuvre ultime de ce grand compositeur, le plus joué du XIXe siècle, et dont la popularité, près de 140 ans après sa mort, ne se dément pas. Le fonds proposé à la vente provient des héritiers de Jacqueline Offenbach (1858-1936), fille cadette de Jacques Offenbach. Cas exceptionnel, il a été conservé dans son intégralité. Il est composé en majorité de partitions manuscrites — dont les partitions d’orchestre de sept opéras-bouffes du compositeur parmi lesquelles des pièces phares comme Barkouf (1860), La Grande- duchesse de Gérolstein (1867), La Princesse de Trébizonde (1869) et Les Contes d’Hoffmann (1880).Outre ces oeuvres pour la scène, il contient des oeuvres vocales et instrumentales, certainement la partie de l’oeuvre d’Offenbach aujourd’hui la moins connue. Il offre ainsi un échantillon représentatif de tous les genres musicaux auxquels s’est essayé le compositeur. Il présente aussi différents états d’élaboration des oeuvres (esquisses, brouillons, manuscrits de travail, manuscrits définitifs…), qui permettent de comprendre le processus créatif d’Offenbach. S’y ajoute un bel ensemble de livrets manuscrits pour la plupart annotés, des documents iconographiques ainsi que des documents d’archives relatifs principalement à la gestion de théâtres par Offenbach. Des papiers personnels sont joints, parmi lesquels des lettres envoyées à son épouse Herminie. Ce fonds est également d’une grande richesse par la découverte de documents personnels inédits. On y trouve la baguette, le piano droit Pleyel qu’il conservait dans son bureau, des portaits peints et photograpiques, des archives administratives et comptables de la gestion du théâtre de la Gaîté et des Bouffes– Parisiens, berceau de l’opérette à qui Offenbach aura donné ses lettres de noblesse, ou encore une importante correspondance personnelle. Cet ensemble s’avère primordial à la fois pour enrichir la connaissance de ce compositeur qui a marqué l’essor de la scène musicale et lyrique du Second Empire à Paris et donner un nouvel éclairage sur des années cruciales pour le théâtre lyrique au XIXe siècle et les conditions sociales et économiques de son développement.

Jacques Offenbach est le plus français des compositeurs allemands et la majeure partie des sources conservées en France le concernant est détenue par la Bibliothèque nationale de France : ce fonds compléterait les collections déjà présentes au sein du département de la Musique, composées de manuscrits autographes complets (Le Roi Carotte, concerto militaire pour violoncelle et orchestre) ou jusque alors partiels (Les Contes d’Hoffmann), d’un fonds de 300 lettres autographes du compositeur et d’une iconographie (maquettes de décors et de costumes, photographies...).

L'acquision de ce fonds permettreait  de posséder  à la BNFen intégralité  Les Contres d'Hoffmann en complétant l'acte IV déjà présent dans son catalogue. En effet parmi les documents s'y trouvent, il y a les trois premiers actes des Contes d’Hoffmann.

Pour l'acquérir,  la BnF espère réunir 200 000 € auprès des donateurs pour contribuer à l’acquisition du fonds Offenbach dont le montant est fixé à 1,69 M €.  Pour cela, elle a lancé une souscription qui durera jusqu'à 31 décembre.

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