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15 novembre 2021

Impact de la pandémie sur le marché de l'édition

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Dans une étude mondiale dont les résultats préliminaires viennent d’être dévoilés, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a compilé l’ensemble des données économiques de 23 marchés de l’édition mondiale. Le but : « montrer la façon dont l’industrie du livre mondiale s’en est sortie pendant l’année de crise 2020 ».

Premier enseignement : l’impact sur les revenus a été mitigé. Les 23 pays ont généré un chiffre d’affaires combiné de 64,4 milliards de dollars en 2020. Nombre d’entre-eux ont enregistré des baisses de revenus par rapport à 2019. Par exemple, le chiffre d’affaires de l’édition a baissé de 31,6% en Turquie, 18,2% au Brésil, 7,3% en Suède, 5,6% en Colombie et 2,2% en Irlande. De l’autre côté, d’autre nations affichent une croissance de leurs revenus éditoriaux en 2020 : notamment le Japon (+10,7%), l’Italie (+8,6%), la Norvège (+4,2%), la Finlande (+3,8%), la Nouvelle-Zélande (+2,5%), le Royaume-Uni (+2%). A noter que la France n’apparaît pas dans le Top 5 des pays ayant enregistrés les ventes les plus importantes (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, Italie). Signalons aussi que les deux tiers des pays cités dans l’étude ont connu une diminution de leurs revenus ainsi que du nombre de titres publiés.

Autre enseignement : la part des ventes en ligne a grimpé sur les marchés mondiaux du livre. Au Royaume-Uni, elles ont généré plus des deux tiers du total de l’industrie de l’édition, à 69,6%. Le chiffre s'élève à 38,7% au Brésil, 37,8% à Malte, 44,1% en Turquie et 37,3% aux Etats-Unis. Cependant, les ventes directes en librairies physiques continuent de générer l’essentiel des recettes du secteur en Espagne (79,2%), en Italie (62,9%) ou encore en Nouvelle-Zélande (61,2%). « Les comparaisons directes avec 2019 ne sont possibles que pour quelques pays, et indiquent tous une augmentation de la part des ventes en ligne », précise l’étude de l’OMPI. A savoir : +6,6% aux Etats-Unis, +7,3% en Norvège, +13,4% au Royaume-Uni ,voire même +43% en Turquie. « Bien que ces augmentations reflètent une tendance à plus long terme, la pandémie et les mesures de confinement ont probablement accéléré cette tendance et peut-être changé les habitudes d’achat de façon permanente », commente l’OMPI.

Dernière observation de l’étude : seulement deux tiers des pays ont enregistré une baisse du nombre de titres publiés en 2020 par rapport à 2019. Parmi ceux-ci, l’Espagne a enregistré la plus forte baisse (-12,8%) devant la France (-9,2% à 97 327 titres publiés), le Royaume-Uni (-7,9%) et la Turquie (-5,8%). A l’inverse, l’Italie a connu une croissance de 25,6%. A noter enfin, qu’à l’exception de la Turquie, tous les pays ont vu la part des publications numériques augmenter.

Source: Livres Hebdo

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13 novembre 2021

Hausse des ventes pour Groupe Arnoldo Mondadori Editore en Italie et en Espagne

Groupe Arnoldo Mondadori Editore Berlusconi

"Ce moment de grâce dans le livre réchauffe le cœur. Je ne parle pas seulement en tant qu'éditeur et lecteur, mais en tant que citoyen de ce pays. Car, malgré que le virus reprend de la vigueur, c'est l'un des signes qui autorisent la confiance et l'optimisme dans une Italie qui à son tour vit un moment de grâce", déclare Marina Berlusconi, la precidente du Groupe Arnoldo Mondadori Editore au Corriere della Sera.

 "En 2021, nous nous attendons à une marge nettement meilleure pour Mondadori également en 2019 - déclare-t-elle- et, net des acquisitions, aucune dette, en effet, des liquidités en caisse. "

Les excellents chiffres des neuf premiers mois viennent d'être publiés, ainsi que ceux de Mediaset, qui en Italie et en Espagne a beaucoup progressé en termes de revenus et de bénéfices, prévoit une année record et a réussi à lancer le projet paneuropéen ». Il revient sur "l'année inoubliable du livre", qui au printemps 2000 était en fait à zéro vente, puis s'est lancé dans une étonnante reprise et clôturera une très forte hausse en 2021. 

Un résultat qui « récompense la stratégie de Mondadori, de plus en plus centrée sur le cœur de métier. Les entreprises investissent et nous avons encore beaucoup investi dans le livre cette année, à commencer par l'acquisition de De Agostini Scuola que l'Antitrust vient d'approuver ». Mais Marina Berlusconi va plus loin. « Oui, je crois que ce nouveau printemps du livre représente quelque chose d'important pour tout le monde. Bien sûr, les chiffres doivent être pesés, certaines analyses sont contradictoires. Mais dans tous les cas, un pays qui lit plus est un pays qui a plus d'avenir".

12 novembre 2021

Acquisition de Findaway par Sportify

Spotify-Findaway-web

Après une diversification entamée dans le podcast, Spotify franchit une nouvelle étape dans son développement en prenant le contrôle d'une entreprise basée dans l'État de l'Ohio et grand spécialiste mondial du livre audio anglophone. Fondé en 2005, Findaway détiendrait aujourd'hui le plus important catalogue de livres audio au monde, et se taillerait une belle part du gâteau que représente le marché mondial du livre audio, estimé par le cabinet de recherche Omdia à 4,8 milliards de dollars en 2021. Il devrait doubler d'ici 2026. En tant que grossiste, producteur et éditeur de contenus audio, Findaway fournit des livres audio aux diffuseurs de référence que sont Amazon (Audible), Apple et Google. Annoncée le 11 novembre, l'acquisition de Findaway par Spotify devrait être finalisée d'ici la fin de l'année, pour un montant qui n'a pas été communiqué.

Dans un communiqué, Spotify indique que cette acquisition "va accélérer [son] entrée dans l'industrie des livres audios, en croissance rapide". L'opération va permettre "de proposer des livres audios à des centaines de millions d'utilisateurs de Spotify" et à la plateforme suédoise de "développer rapidement son catalogue". De quoi rivaliser avec l'offre de livres audio des d'Apple ou d'Amazon.

"Cette acquisition met Spotify en position de révolutionner cet espace à l'instar de la musique et du podcast", a avancé le service de streaming audio par abonnement.

Spotify avait fait des incursions dans le livre audio et propose déjà, sur sa plateforme, de nombreux titres, qui ne sont pas vendus séparément. En 2020, il avait mis en ligne gratuitement une version audio du premier tome de la série littéraire Harry Potter, lue par des célébrités, notamment l'acteur Daniel Radcliffe, qui a incarné le sorcier à lunettes au cinéma.

Source:Chalenges

11 novembre 2021

Lauréate du Prix Cervantès 2021

Cristina Peri Rossi

L’écrivaine uruguayenne Cristina Peri Rossi a reçu le prix Miguel de Cervantes 2021 de littérature en langue espagnole, doté de 125 000 euros (environ 144 800 dollars), selon la décision du jury, rendue publique ce mercredi par le ministre espagnol de la Culture et des Sports , Miquel Iceta. Le jury reconnaît à Peri Rossi « sa carrière comme l’une des grandes vocations littéraires d’aujourd’hui dans une grande variété de genres et son engagement constant pour des questions contemporaines telles que la condition de la femme et la sexualité ». La littérature de Peri Rossi « est un exercice constant d’exploration et de critique, sans pour autant éluder la valeur du mot comme expression d’un engagement sur des questions clés de la conversation contemporaine telles que la condition de la femme et la sexualité », a indiqué le jury, qui Il a également souligné son travail en tant que pont entre l’Amérique latine et l’Espagne qui « doit rester un rappel perpétuel de l’exil et des tragédies politiques du XXe siècle ». Iceta a mis en évidence la multitude de genres que l’auteur a cultivés, bien qu’elle ait choisi un poème, « Ma maison », pour souligner l’amour de Peri Rossi pour la littérature : « Ma maison, c’est d’écrire », dit un vers du lauréat de cette œuvre.

 Un prix que l’uruguayenne Cristina Peri Rossi a reçu avec une grande gratitude et une grande joie qui est devenu le meilleur cadeau pour l’écrivain, selon son éditeur.

« Vendredi 12, elle aura 80 ans et il n’y a pas de meilleur cadeau que cette reconnaissance bien méritée », a déclaré son rédacteur en chef José Ángel Zapatero. « C’est une reconnaissance très méritée », a-t-il déclaré à l’agence de presse EFE Zapatero, qui a publié l’année dernière son dernier ouvrage, « La Insumisa », sous le label Menoscuarto.

« Elle est très heureuse, très excitée et super contente du prix », a ajouté son environnement le plus proche.

Zapatero a assuré que Cristina Peri Rossi est « une excellente conteuse et une magnifique conteuse » et a regretté qu’il ait fallu si longtemps pour reconnaître la valeur de cette femme du boom et post-boom hispano-américain. Auteur de ‘La nef de los locos’ -son œuvre la plus célèbre-, Peri Rossi est aussi une contemporaine d’une génération d’hommes tels que Mario Vargas Llosa, Gabriel García Márquez et Julio Cortázar.

Avant elle, seules cinq femmes avaient remporté le Prix Cervantes, la dernière d’entre elles, Ida Vitale en 2018, également uruguayenne ; après l’espagnole María Zambrano (1988) et Ana María Matute (2010) ; la cubaine Dulce María Loynaz (1992) et la mexicaine Elena Poniatowska (2013).

« C’est la deuxième voix féminine et la troisième voix uruguayenne récompensée par le prix Cervantes. Pour un pays de trois millions d’habitants, c’est une distinction gigantesque », a déclaré la vice-ministre de l’Éducation et de la Culture de l’Uruguay, Ana Ribeiro. Juan Carlos Onetti a été le premier uruguayen à recevoir les Cervantes en 1980.

Source:  Français.es

10 novembre 2021

Carton en librairie pour les Illusions Perdues de Balzac

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Depuis quelques semaines, Balzac fait son grand retour sur les étals des librairies. Une raison à cela: le film de Xavier Giannoli. Sorti le 20 octobre dernier, Illusions perdues a créé un véritable regain d’intérêt pour le chef-d’œuvre du même nom. 

«Il y a un effet cinématographique indéniable, apprend la journaliste Alice Develey du Figaro auprès du Livre de Poche. «Avec la rentrée universitaire, et l’ENS qui l’a mis à son programme, nous avions déjà assisté à d’importantes ventes des Illusions perdues. Mais, là, depuis la sortie du film, nous avons multiplié par 25 les ventes de ce roman par rapport à d’habitude.»

Même son de cloche du côté de Folio : «Nous sommes à 7500 ventes depuis que le film est sorti alors que nous sommes habituellement sur des ventes annuelles de 3000 exemplaires.» 

Cette augmentation du nombre des ventes du livre est similaire à celles d’Eugénie Grandet depuis la sortie du film, le 29 septembre dernier, de Marc Dugain. Une tendance intéressante quand on sait que de l’autre côté du globe, ce dernier livre est un phénomène éditorial. 

«Eugénie Grandet, dans la traduction de Fu Lei, est chaque année réédité entre 150 000 et 300 000 exemplaires en Chine, explique Yves Gagneux, directeur de la maison de Balzac. Ils y trouvent une compréhension de la Chine d’aujourd’hui.»

«Giannoli souligne le côté universel de Balzac», analyse Yves Gagneux. Il lui fait du bien car il le dépoussière.» Illusions perdues raconte les déboires d’un jeune Angoumoisin, Lucien Chardon, qui préfère se faire appeler d’après le nom de sa mère, de Rubempré. Epris d’une femme de la noblesse, le jeune homme, parfait archétype du romantique, va la suivre dans la capitale avant de se faire dévorer, avec splendeur et misère, par les affairistes et autres fripons, magouilleurs qui tiennent le haut du pavé parisien.

«Lucien de Rubempré est perdu quand il arrive à Paris. Il en fait trop, il s’habille comme l’as de pique et il est ridicule. Tout le monde peut se reconnaître là-dedans. Balzac montre le regard des gens, la manière dont on catégorise l’autre...» On retrouve la violence de la comédie des masques, son apparente humanité et son animalité, la contagion du mensonge, le mépris pour le provincial et puis les mœurs dévoyés d’un monde qui s’achète au plus offrant. Est-ce pour cela qu’il y a, selon Yves Gagneux, un hiatus dans l’interprétation de l’œuvre de Balzac. «On en fait un auteur qui décrit un monde passé, or il démonte les mécanismes des relations sociales, l’homme dans la société et l’homme, n’a pas changé.»

Fort de ce retour de flamme pour Balzac, Folio a fait une remise en vente du livre, ainsi qu’Eugénie Grandet, avec l’affiche du film en couverture. «C’est pour le grand public une excellente porte d’entrée dans ces classiques parfois ‘‘impressionnants’’». En effet, le nombre de pages des Illusions perdues (700 pages tout de même) pourrait être dissuasif et pourtant... «Un film peut entraîner de la passion et de l’envie». Et, donc transcender la peur du gros livre.

Signe, s’il en fallait un autre que Balzac n’est pas seulement «à la mode», «on constate depuis des mois une augmentation des ventes», précise-t-on chez Folio. Le film établit de façon durable ce phénomène, ce que confirme aussi le Livre de Poche: «Il y a un effet qui perdure depuis la sortie du film et qui entretient la flamme des ventes.»

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8 novembre 2021

Lauréat du Prix Vendredi 2021

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Le Prix Vendredi 2021, le "Goncourt de la littérature jeunesse", a été décerné le 8 novembre à Sylvain Pattieu pour son roman Amour chrome, premier tome de la série Hypallage, paru à l'Ecole des loisirs en janvier 2021. le deuxième tome, Terrain frère, est sroti le 25 aôut. Ce roman adolescent débute en novembre 2015. Discret et populaire, Mohammed-Ali a 14 ans et vit dans le département de la Seine-Saint-Denis avec ses amis Zako, Lina et Margaux. Le collège, ça roule. Mais il a une vie secrète : il aime faire des graffitis la nuit et il est amoureux d'Aimée, passionnée de foot. Pour attirer son attention, il soigne de plus en plus son apparence et compte l’inviter au prochain match de l’équipe de France.

Sylvain Pattieu vit et enseigne en Seine-Saint-Denis, à l'université Paris 8 en tant qu'historien et membre de l'équipe du master de création littéraire. Il est l’auteur de plusieurs livres: Tourisme et travail, de l’éducation populaire au secteur marchand (1945-1985) (Presses de Sciences Po, 2009), Les camarades des frères. Trotskistes et anarchistes dans la guerre d’Algérie (Syllepse, 2002), Des Impatientes, premier roman, Le bonheur pauvre rengaineEt que celui qui a soif, vienne, et Forêt furieuse, tous quatre publiés par Le Rouergue, Beauté Parade, récit sous forme de comédie sociale (Le livre de poche). Amour chrome est son premier livre jeunesse.

Deux mentions spéciales ont été attribuées. La première à Joëlle Ercomier pour son roman , édité chez Zebulo. Quatre personnages se confrontent à la vérité et à leurs sentiments emmêlés : Kô, 16 ans, un adolescent taciturne qui ne vit que dans l'espoir du retour de son père, sa soeur Sindhu, 13 ans, une fille vive et enjouée, leur mère Nila et Darpan, un étranger énigmatique. L'histoire est inspirée par la découverte en juillet 2015 d'une aile d'avion sur la côte Est de l'île de La Réunion. La seconde distingue Je serai vivante de Nastasia Rugani (Gallimard jeunesse). "Moi, j'aurais préféré ne jamais me rendre sous le cerisier, il y a trois mois, en avril dernier." Trois mois après avoir été victime d'un viol, une adolescente fait sa déposition à la gendarmerie. Elle exprime sa souffrance et sa révolte.

Source:  Livres Hebdo

6 novembre 2021

Rappel des livres de Sally Rooney par les librairies israéliennes

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Trois semaines seulement après que l'écrivaine Sally Rooney (Castlebar, Irlande, 1991) a rendu publique sa décision de ne pas autoriser la traduction en hébreu de son dernier roman, "Où es-tu, beau monde", tous ses livres publiés en anglais ont été retiré des librairies israéliennes. Selon 'The Guardian', la mesure a été adoptée par les deux principales chaînes livresques en Israël, Steimatzky et Tzomet Sefarim , qui possèdent plus de deux cents établissements dans tout le pays. Le travail de l'écrivain irlandais traduit en anglais, la langue majoritaire en Israël, n'est plus disponible sur les sites Web des chaînes de librairies susmentionnées, et ne sera pas disponible dans leurs magasins physiques sous peu.

«La chaîne Steimatzky est un écrin littéraire et un lieu chaleureux et accueillant pour toute œuvre littéraire faite avec amour pour l'écrit. Dès le moment où nous avons découvert le problème, nous avons immédiatement retiré les livres du Web», a déclaré un représentant de Steimatzky au journal britanniqueIl se trouve que Modan, l'éditeur qui a traduit les deux premiers romans de Rooney en hébreu, "Conversations entre amis" (2017) et "Normal People" (2018), détient des parts dans Tzomet Sefarim.

À la suite d'une déclaration publiée par l'auteur irlandais, Yoseph Haddad, PDG de l'organisation d'activisme social Together - Vouch for Each Other, a lancé une campagne encourageant les libraires israéliens à boycotter son travail, et encourageant les citoyens israéliens à contacter les deux chaînes de librairies pour leur demander de arrêter de vendre leurs romans. D'où sa satisfaction après avoir appris la nouvelle : "Je suis très heureux que cette pression ait poussé les deux plus grandes chaînes de librairies en Israël à agir".

Source: ABC

5 novembre 2021

Lauréate de la Grande Ourse 2021

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Après Gilles Bachelet en 2019 et Marie Desplechin en 2020, c’est Lucie Félix qui revêt le costume de la « Grande Ourse 2021 ». En quelques années, en sept albums seulement, cette autrice âgée de 36 ans s’impose comme une figure incontournable dans le paysage éditorial jeunesse. CoucouLa Promenade du petit bonhomme… Des titres évocateurs qui invitent, tout en finesse, les tout-petits sur les chemins hasardeux de la lecture. La clarté percutante de ses images, son jeu d’écriture fait d’enchaînements ludiques et poétiques, l’invitation adressée au lecteur de prendre les rennes du déroulement de l’histoire, font de Lucie Félix une autrice qui s’inscrit dans la grande tradition d’artistes plasticiens qui, tel Bruno Munari, pensent l’album comme un terrain de jeu. Découpages, jeux de lumières, transparences, jeux de doigts… la forme de chaque ouvrage abrite une expérience de lecture inédite, construite de manipulations intimement liées au sujet même du récit. Avec Lucie Félix, la lecture devient une découverte esthétique, un chemin sensible qui engage tout le corps et suscite le désir de recommencer. Étudiés, disséquées, ses ouvrages tracent des narrations originales, maitrisées au cordeau, en laissant toute liberté au lecteur de construire son parcours personnel. La lecture devient un dialogue entre l’œuvre et le lecteur, entre le parent et l’enfant. Un espace de curiosité, d’enrichissement, de rencontres. Un regard nouveau sur l’album pour les plus petits, des mises en scènes soignées, une œuvre dense, font de Lucie Félix la Grande Ourse 2021.

«Mes livres sont des dispositifs expérimentaux, narratifs, poétiques, dont le petit lecteur est le personnage principal. Je les envisage en dialogue permanent avec d’autres pratiques artistiques, arts plastiques, écriture, scénographie… Le jeu, l’enfance, sont au cœur de mon travail», explique l'autrice sur le site du SLPJ.

4 novembre 2021

Lauréat du Booker Prize 2021

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L’auteur sud-africain Damon Galgut a remporté mercredi soir le Booker Prize, prestigieuxprix littéraire britannique, pour son roman «The Promise», qui retrace l’histoire d’une famille blanche dans une exploitation agricole près de Pretoria. 

«Je suis profondément, humblement reconnaissant», a déclaré le lauréat de 57 ans, finaliste pour la troisième fois du Booker Prize. Couvrant la période de la fin de l’apartheid jusqu’à la présidence de Jacob Zuma, « The Promise » retrace la progressive dislocation d’une famille blanche de Pretoria alors que le pays émerge vers la démocratie.

Damon Galgut faisait partie des favoris parmi les finalistes, trois hommes et trois femmes. 

« Ça a été dur », a expliqué la présidente du jury, l’historienne Maya Jasanoff, mais « après beaucoup de discussions nous sommes arrivés à un consensus autour d’un livre » qui « a une originalité et une fluidité de voix incroyables », « un livre dense, avec une signification historique et métaphorique ».

L’auteur a déclaré qu’il voulait accepter ce prix pour « toutes les histoires qui ont été racontées et celle qui ne l’ont pas été », les écrivains, reconnus ou non, « de ce remarquable continent dont je fais partie ». Le New Yorker a qualifié l’ouvrage de « remarquable », tandis que le Sunday Times d’Afrique du Sud a jugé « étonnant de voir combien d’histoire Galgut parvient à mettre dans ce court roman ».

Le vrai sujet du livre est « le temps et comment le temps passe ». Si un message était à retenir, « ce serait que la mortalité est ce qui sous-tend toutes nos vies », « nous vieillissons tous et tout change au fur et à mesure que le temps passe ».Retransmise sur la BBC, la cérémonie a réuni tous les finalistes en personne, après des apparitions par vidéoconférence lors de la précédente édition, en raison des restrictions liées à la pandémie de coronavirus. Y figuraient l’américaine Patricia Lockwood, en lice pour « No One is talking About This », qui met la tragédie d’une vie face à « l’absurdité » des réseaux sociaux, ainsi que deux de ses compatriotes : Richard Powers («Bewilderment », dans lequel un astrobiologiste s’échappe vers des mondes fantastiques alors qu’il aide son fils perturbé) et Maggie Shipstead («Great Circle », qui entraîne les lecteurs dans les parcours entrelacés d’une aviatrice du XXe siècle et une star de Hollywood du XXIe siècle). Était également en lice Richard Powers, qui a remporté le prix Pulitzer dans la catégorie fiction avec « The Overstory » («L’Arbre-monde ») publié en 2018. Les autres finalistes étaient l’écrivain sri lankais Anuk Arudpragasam, 33 ans, avec « A passage North », qui évoque traumatismes et souvenirs de la guerre civile au Sri Lanka et la Britannico-Somalienne Nadifa Mohamed, 40 ans, pour « The Fortune Men », basé sur l’histoire vraie d’un Somalien injustement condamné et exécuté pour le meurtre d’une femme dans le port de Cardiff au pays de Galles en 1952.

Source : Sud Ouest 

3 novembre 2021

Lauréats des Prix Goncourt et Renaudot 2021

Prix Gouncourt et Renaudot

Mohamed Mbougar Sarr décroche le prix Goncourt pour son roman La Plus Secrète Mémoire des hommes, paru aux éditions Philippe Rey (448 p., 22 €). Un récit qui revient sur l’histoire de l’écrivain malien Yambo Ouologuem, premier auteur africain de langue française à recevoir, en 1968, le Prix Renaudot pour Le Devoir de violence. Quelques années plus tard, il est accusé de plagiat, quitte la France et disparaît de la vie publique, au point qu’on le croit mort. Vraiment décédé en 2017, il n’est jamais revenu sur cette gloire fugace autant que fragile. Le livre du lauréat du Goncourt 2021 s’inspire librement de ce destin aussi fascinant que mystérieux. Né à Dakar en 1990, Mohamed Mbougar Sarr est l’auteur de quatre livres.

Le prix Renaudot a été attribué à Amélie Nothomb, romancière belge autrice d’un livre par an depuis 1992. Premier Sang(éd. Albin Michel, 180 p., 17,90 €) est son trentième roman. Il rend un hommage émouvant à son père Patrick Nothomb, diplomate belge mort en 2020. Le roman revient sur les jeunes années du héros, de sa naissance, en 1936, à la prise d’otages de Stanleyville, en 1964, point d’orgue de la crise congolaise du début des années 1960. Chacun des livres d’Amélie Nothomb est un best-seller vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires en France et dans les pays francophones et traduit dans de nombreuses langues. L’écrivaine avait déjà été récompensée en 1999 par le grand prix du roman de l’Académie française pour Stupeur et tremblements.

Enfin, Anthony Palou, journaliste au Figaro et écrivain discret auteur de quatre livres depuis 2000, a reçu le prix Renaudot de l’essai pour Dans ma rue y avait trois boutiques (Presses de la cité, 192 p., 18 €), un vagabondage nostalgique et rassurant dans les échoppes, les boutiques et les bistrots qui, de Quimper à Paris, ont rythmé la vie, les rêves et les souvenirs de l’auteur. Un livre qui est également une réflexion sur la disparition des commerces de proximité.

Source: Le Point

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