Laura Swan, cette inconnue qui domine la rentrée littéraire
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Laura Swan a 23 ans, écrit depuis sept ans et s'impose comme le vrai phénomène de cette rentrée littéraire, se hissant première au classement des ventes devant Mélissa Da Costa, Gaël Faye, Amélie Nothomb avec le tome 2 de « Troublemaker ». Ce titre de romance très attendu par les fans est paru le 21 août en format papier et s'est écoulé à plus de 20.000 exemplaires la première semaine, après avoir été lu 7.000 fois en version numérique depuis le 5 juin.
Vous n'avez jamais entendu parler de Laura Swan ? Sans doute une question de génération ! Comme sa signature ne le dit pas - les autrices de romance puisant souvent leurs noms de plume dans l'univers anglo-saxon - cette jeune femme est née en 2001 à Sassari en Italie. Très vite, elle se passionne pour la lecture via les fanfictions qu'elle découvre sur le web, puis décide à douze ans de se lancer à son tour dans l'écriture. Elle recourt tout naturellement à internet pour obtenir des retours sur ses écrits. Elle est repérée à 16 ans par un petit éditeur, Le Quartier des Ecrivains, qui publie sa première série de livres. Mais comme beaucoup de ses confrères et surtout consoeurs des nouvelles générations, elle ne compte pas sur les maisons traditionnelles pour se faire connaître. C'est sur la plateforme communautaire de lecture en ligne Wattpad qu'elle poste le premier tome de « Troublemaker », qui y est lu plus de dix millions de fois. BMR (la filiale d'Hachette qui se revendique comme « de la romance sans complexe » et édite la star du secteur Sarah Rivens) le sortira dans un deuxième temps en version papier en novembre 2023.
L'autrice, grande admiratrice des manipulations à la Bret Easton Ellis, peut compter sur une solide communauté de fidèles sur les réseaux pour relayer ses titres. L'annonce du tome 2 a fait 573.000 vues sur Instagram et 157.000 sur TikTok alors que l'interview de l'autrice sur le TikTok d'Hachette a obtenu un excellent score de 334.000 visites. Le réseau d'origine chinoise est, plus que jamais, le pilier de ce genre porteur grâce au hashtag #booktok via lequel un public généralement âgé de 16 à 25 ans se recommande des titres en marge des circuits de promotion habituels. Dans le monde, en 2023, le hashtag #romance a cumulé 64 milliards de vues, #darkromance 7,4 milliards et #newromance 3,2 milliards.
Comme de nombreux best-sellers d'un genre qui fait le beau temps dans une profession globalement à la peine, les deux tomes de « Troublemaker » abordent des sujets sombres d'aujourd'hui qui parlent au jeune lectorat, le harcèlement scolaire au sein d'un lycée privé et les violences intrafamiliales notamment. L'intrigue de cette romance psychologique est codifiée à souhait et s'inscrit dans la catégorie des « ennemies to lovers » : deux personnages au départ antagonistes développent une relation amoureuse, en l'occurrence l'héroïne lycéenne June tombe amoureuse du nouvel enseignant qui fut son cambrioleur. Ce « trope » (schéma narratif) plus que classique peut sembler très attendu mais c'est ce qui fait son attrait auprès des amateurs, qui adorent savoir à l'avance dans quel type d'intrigue ils s'engagent…
Source : Les Echos
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