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20 mars 2023

Procès de quatre grands éditeurs contre Internet Archive

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Quand les éditeurs perdent de l’argent, ils s’unissent. Ce 20 mars, démarrent les auditions de quatre éditeurs (Hachette, HarperCollins, Wiley et Penguin Random House) face à Internet Archive, une bibliothèque numérique. Ils reprochent au service en ligne de s’apparenter à "une opération de piratage massive", rapporte NextImpact.

Ces auditions ont lieu à la suite d’une plainte déposée en janvier 2020 par les éditeurs pour non-respect du droit d’auteur, suivie d’une action référée en juillet 2022 pour violation de copyright. Les avocats des éditeurs affirment, dans leur requête, que les "faits incontestés et la loi établie" conduisent à la "conclusion" que la numérisation et le prêt de livres par Internet Archive constituent une violation du droit d’auteur à grande échelle. Dans la plainte, sont notamment recensées 127 œuvres dont celles d’écrivains connus comme Toni Morrison, Malcolm Gladwell ou Ann Patchett.

L’Open Library, appartenant à Internet Archive, fonctionne comme une bibliothèque, mais en ligne. Les livres numériques, appartenant à l’Internet Archive, sont proposés à la suite d’achats ou de dons. Selon le site spécialisé Actualitté, Open Library propose des ouvrages publiés il y a plus de dix ans et ce sont surtout des livres d’étude. Les livres soumis au droit d’auteur ne sont plus disponibles à l’achat et n’ont pas de version numérique commerciale. L’utilisateur peut emprunter jusqu’à dix livres numériques pour deux semaines et ils ne sont consultables que par une personne à la fois.

Quid des revenus supplémentaires pour les éditeurs? Les livres numériques des bibliothèques rapportent une certaine somme aux éditeurs, contrairement aux ouvrages de l’Open Library. En effet, Internet Archive scanne les livres en mode PDF, à partir de ses propres collections imprimées et non pas de celles directement produites des éditeurs.

Les avocats d’Internet Archive rétorquent que la numérisation et le prêt "contrôlé" des livres sont protégés et que les preuves montreront qu’il n’y a "aucun préjudice au marché des éditeurs". L’Internet Archive aurait également tenté de convaincre ces éditeurs de travailler avec l’Open Library, sans succès.

Chaque partie plaignante sera entendue par téléphone et les auditions pourront être suivies publiquement. Internet Archive va alimenter son site en direct et fera un compte-rendu des auditions par la suite.

Source: BFM Tec&co

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22 février 2023

Antoine Wauters et Folio solidaires d'une ONG humanitaire

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La collection Folio a annoncé qu'elle allait reverser à l’association Mehad France l'ensemble des bénéfices réalisés en février avec les ventes de Mahmoud ou la montée des eaux d'Antoine Wauters, réédité chez Gallimard le 9 février 2023. L'ONG française de santé d'urgence secoure actuellement les rescapés des séismes survenus le 6 février à la frontière turco-syrienne, faisant au moins 45 000 morts, alors que la terre a tremblé à nouveau dans la région dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 février.

« Le roman d’Antoine Wauters inspiré par le réalisateur Omar Amiralay et le poète Faraj Bayrakdar, est un hommage aux Syriens, pour qu’à jamais vivent leur culture et leur lumière », souligne le communiqué de Folio. Paru en 2021 aux éditions Verdier, Mahmoud ou la montée des eaux raconte, en vers, l'histoire de la submersion d'un village du nord-est syrien après l'achèvement des travaux du barrage de Tabga en 1973. Souhaitant revoir sa maison d'enfance engloutie, un vieil homme navigue sur l'étendue d'eau et plonge pour retrouver ses souvenirs, ses enfants, sa femme Sarah, ainsi que sa liberté et la paix du pays. Ce livre a été multiprimé : Prix Wepler 2021, Prix Marguerite Duras 2021, Prix du Livre Inter en 2022...

Source : Livres Hebdo 

13 février 2023

L'Afrique, eldorado du livre numérique francophone

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Apparues il y a plus de dix ans en Europe, les plateformes de lecture numérique cherchent désormais à atteindre les millions de locuteurs francophones du continent africain. « On a été pionniers sur la francophonie mais aussi en Europe », se souvient Hélène Mérillon, co-fondatrice de la plateforme Youboox il a dix ans. Ce «Youtube de la lecture » qui « a emboîté le pas de Spotify et Netflix, fondés en 2006 et 1997 » appartient à présent au suédois Nextory. Un poids lourd des « pure players » par abonnement qui affiche plus d'un million de titres numériques disponibles en dix langues, dont 300 000 livres audio et dont les partenariats avec les éditeurs français « représentent 90 % de la production de contenus francophones ».  Désormais DG France de Nextory, Hélène Morillon, explique qu'elle regarde maintenant aussi vers l'Afrique du Nord : « on a signé un partenariat avec l'opérateur Orange Tunisie qui nous aide à nous développer dans le pays 

Le livre papier a besoin de chemins physiquespour atteindre son lectorat. Or ils sont quasi inexistants dans de nombreux pays du continent africain. « Au Sénégal et en Côte d’Ivoire par exemple, le développement de la filière de l’édition est entravée par le faible réseau de libraires et de bibliothèques mais également par l’absence de réseaux de distribution et de diffusion », explique Juan Pirlot de Corbion, le PDG de Youscribe, déployé dans ces deux pays depuis 2019.

Le livre numérique ou audio-numérique bénéficie de voies dématérialisées. Avec son système d'abonnement par micropaiement via les télécoms, entre 15 centimes par jour et 80 centimes par semaine, Youscribe a réussi à s'implanter dans onze pays africains (Burkina Faso, Maroc, Madagascar, Guinée, Mali, Congo, Côte d'Ivoire, Cameroun, Afrique du Sud, Tunisie, Sénégal) et à attirer près de 1 millions d’abonnés du continent africain, soit 90% de sa clientèle. Ce qui lui a valu la mention spéciale de l'entreprise internationale réalisant la meilleure croissance sur le continent lors de la 6édition du Forum sur l'investissement en Afrique, le 7 février dernier.  

La plateforme travaille main dans la main avec le géant des télécoms Orange. L'opérateur français « a une vingtaine de filiales en Afrique », précise Juan Pirlot de Corbion, qui a aussi noué des partenariats avec les opérateurs nationaux tels que MTN et Inwi au Maroc, Moov en Côte d'Ivoire… Youscribe, lancé en 2011 dispose d'1,2 millions d'ouvrages numériques anglais, arabes et français et revendique 8 millions de chiffre d'affaires, « dont 60 % reversés à nos 2000 éditeurs parmi lesquels 400 africains », ajoute le PDG. 

« L’offre en livres audio émanant de l’Afrique francophone n'est pas encore très développée », assure Cécile Palusinski, présidente de l'association La Plume de paon, spécialisée dans le livre audio. « Il y a eu des initiatives au Maghreb. Par exemple, la Tunisie a organisé un festival du livre audio avec l'Institut français en 2021 », poursuit-elle. Diffuseurs et distributeurs, les plateformes agissent avant tout pour le compte des éditeurs qui leur cèdent des droits. Mais certaines d'entre elles produisent leurs livres audio, comme Audible (Amazon) ou Nextory, qui a notamment adapté Impact d'Olivier Norek (Lafon, 2020). Chez Youscribe, les titres audio, intégrés à partir de 2019, font beaucoup espérer : « c'est la catégorie qui se développe le plus en poids relatif, on attend qu'elle représente 20 % des lectures en 2023 », projette Juan Pirlot de Corbion.

Très rares, des productions audio natives et locales émergent aussi. « On a publié La voix du livre qui narre l’histoire d'un livre qui n’a pas été lu pendant 20 ans », raconte Zakia Bouassida, passée par l'École Normale Supérieure de Tunis et formée récemment à l'ingénierie du son. Elle a lancée Livox en Tunisie (décembre 2021) avec son associé Kaïs Haddad, fabricant et distributeur d'équipements industriels. Cette maison d'édition et distributeur d’audiolivres possède maintenant son studio et produit des livres bilingues vendus auprès des plateformes et bibliothèques numériques. La maison a noué des partenariats solides avec les grands acteurs du streaming, notamment Youscribe, Nextory, Bookbeat (Suède), Storytel (Suède), Narra (Canada)... « Sur chaque plateforme nous percevons un pourcentage sur les recettes nettes des ventes  », explique Zakia Bouassida. L'éditrice a choisi de se focaliser « sur les auteurs tunisiens, maghrébins et plus généralement africains », mais n'exclut pas de produire des livres audio arabes-français. Avec ces projets de collections bilingues, Zakia Bouassida vise aussi à « renforcer les dialogues et mettre en valeur les cultures locales de chaque pays ».

Source  : Livres Hebdo 

16 janvier 2023

Marché du livre papier en 2022

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En 2022, les Français ont acheté 364 millions de livres neufs imprimés générant un chiffre d’affaire de 4,3 milliards d’euros (en recul de 2% vs 2021). Sandrine Vigroux responsable GfK commente ces chiffres : « Si l’activité est en repli par rapport à 2021, la dynamique reste bien supérieure aux références pré-Covid19, en nombre d’exemplaires vendus (soit +7%) comme en revenu (+11%). L’édition en France suit la même tendance que certains voisins européens. L’Italie et l’Espagne affichent par exemple une hausse de +19% de leur CA Livre physique ou encore la Belgique +12%. Le mois de décembre reste un mois important générateur de ventes. Il représente 16% du CA 2022. Concernant la littérature générale, les Français ont dépensé 1 051 Millions€ (-2% vs 2021) pour 87 millions d’exemplaires neufs de romans et essais (-1%). La fiction représente 1 livre acheté sur 10. Les romans sont en pleine forme +5% en volume par rapport à 2021. C’est aussi le cas pour les romans historiques et la Fantasy respectivement à +26% et +13% mais sur des volumes moindres. Les livres de non fiction sont quant à eux en recul. En effet, GfK constate un recul de 13%. Enfin, la littérature en Version Originale dépasse le million d’exemplaires vendus (1,2 million, +23% vs 2021). 

Pour GfK, le manga est le dynamiseur de la BD. Il représente plus de 48 millions d’exemplaires vendus (+2%). C’est aussi 1 titre sur 4 parmi les 100 meilleures ventes de l’année. Au global, Littérature générale et BD / Manga concentrent 1€ sur 2 dépensés pour un livre imprimé neuf en France en 2022. La BD Le monde sans fin reste au top des ventes avec 525 000 exemplaires vendus. C’est le titre numéro 1 de 2022 (lire notre article). Toutefois, le Top 10 est en recul de -27% en volumes vendus vs 2021. (voir photo d’ouverture) Le livre poche continue de performer avec 81 millions d’exemplaires achetés en 2022 (+6% vs 2019). Le Fonds ancien (+ de ans) résiste bien. Le CA est quasi stable par rapport à 2022 (-0,4%) avec un nombre de références vendues en légère progression. Le prix moyen des livres a augmenté de 2% sur 1 an et +4% par rapport à 2019.

 La Jeunesse & les livres Pratique présentent un recul relatif. Ces 2 segments avaient été fortement portés par le contexte post Covid-19 et pâtissent aujourd’hui des effets d’historique. Pour exemple, la Cuisine (-18% en volume vs 2021), Albums (-11%) et Lecture Jeunesse (-13%). Aussi, il faut relativiser le recul constaté à fin 2022 et noter que les 2 univers affichent leur 2nd CA le plus important en 10 ans. 

Source  :  Idbook

5 janvier 2023

Histoire étonnante pour un livre exposé dans une bibliothèque en Ecosse

Burns poems exposition

Un volume rare des poèmes de Robert Burns, Chiefly in the Scottish Dialect - plus communément connue sous le nom d'édition Kilmarnock - était dans un état délabré quand il a été sauvé d'un salon de coiffure à Shrewsbury. Le coiffeur n'était pas conscient de la valeur littéraire du livre et avait arraché des pages pour nettoyer les rasoirs. Les trois premiers poèmes manquent et il ne reste plus qu'une page et demie du quatrième.
Cet exemplaire est maintenant exposée dans la salle de lecture de la bibliothèque Carnegie de Dunfermline en Ecosse. Seulement 612 exemplaires de la première collection de Burns ont été imprimés en 1786 et on pense que seulement 84 exemplaires du livre survivent aujourd'hui. Le titre, imprimé par John Wilson de Kilmarnock, a été vendu à l'origine pour trois shillings et le tirage complet s'est vendu en un mois. Le livre fait partie de la  célèbre collection Murison Burns, une collection privée de plus de 1700 livres et éphémères accumulés sur une période de 40 ans par le passionné de Burns John Murison. 
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24 décembre 2022

Faux erratum antinucléaire dans la bande dessinée Le monde sans fin

Le monde sans fin faux erratum

La méthode est audacieuse. Des personnes se faisant passer pour des représentants de l’éditeur Dargaud se sont rendues dans plusieurs librairies sur le territoire pour insérer un faux erratum de deux pages dans la bande dessinée le Monde sans fin  cosignée par Christophe Blain et Jean-Marc Jancovici, selon un article du site Actualitté paru le 22 décembre. Un courriel reprenant le faux erratum a également été diffusé ce jeudi à de nombreux libraires.

Succès de librairie – plus de 540 000 exemplaires auraient déjà été vendus depuis sa sortie fin octobre 2021, selon l’éditeur – cette bande dessinée sur les causes et les conséquences du réchauffement climatique a visiblement irrité certains de ses lecteurs. Qui ont donc décidé d’élaborer un faux document et d’usurper l’identité de l’éditeur afin de convaincre les lecteurs que l’ouvrage propage des «intox».

«Il y a trois jours, nous avons reçu un signalement d’une libraire qui a reçu une telle visite», relate auprès de CheckNews Stéphane Aznar, directeur général de Dargaud. «Trouvant le procédé un peu bizarre, elle s’est tournée vers notre équipe commerciale pour en savoir plus. Cela s’est passé dans la Manche, aux alentours de Flamanville [où se situe une centrale et où est construit un réacteur de type EPR].» «Nous pensions que le sujet était très localisé. Mais très vite, nous avons eu un retour similaire d’une librairie dans la région de Toulouse, puis à Bordeaux, à Paris… On s’est rendu compte qu’il y avait vraisemblablement une action coordonnée et nous avons immédiatement réagi. Nous avons rédigé un communiqué que nous avons adressé à l’ensemble de nos clients sur le territoire pour leur expliquer qu’il s’agissait d’un faux grossier et que, bien entendu, jamais les éditions Dargaud n’auraient été à l’origine d’un tract décrédibilisant un auteur que nous publions. Certains libraires, fort heureusement, ne sont pas tombés dans le piège et ont tout de suite réagi. D’autres, dans une période comme celle de Noël où ils sont très sollicités, se sont laissé berner et ont inséré le document dans le livre…»

Le document en question, également diffusé à plus grande échelle dans un courriel envoyé à un nombre indéterminé de libraires le 22 décembre, se déroule sur deux pages. Emanant d’une prétendue «Commission Environnement» de Dargaud (qui n’existe pas, comme le confirme la maison d’édition), il se présente comme un long désaveu du travail de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, coauteur du scénario. Son contenu : «Jean-Marc Jancovici a maintes fois démontré son formidable talent de vulgarisateur scientifique. Nous devons néanmoins reconnaître son manque de compétences flagrant en sciences humaines. Cette lacune lui fait réduire toute lecture sociale et économique à son point de vue d’ingénieur, alors que le développement technologique ne fait pas tout.» La suite est à l’avenant : «L’orientation générale du livre, malgré son apparente critique de la croissance, est de tendance libérale et plutôt autoritaire, comme vous l’aurez sûrement relevé. Il n’y a pas à s’étonner outre mesure de cette position, étant donné que le think tank The Shift Project, dirigé par notre auteur, est financé par des entreprises influentes comme EDF, Bouygues, Vinci, Michelin… […] C’est à ce titre et donc tout à fait logiquement que ce livre défend la cause du nucléaire, incarnation de l’alliance entre la technique, la science et l’industrie. Pourtant, cela ne justifie pas à nos yeux que Jean-Marc Jancovici use d’approximations, d’intox et de procédés rhétoriques qui ne permettent pas aux lecteurs de se faire une opinion juste et fondée sur les faits.»

Stéphane Aznar souligne le caractère «infamant de ce tract» envers Jean-Marc Jancovici, «qui est un expert climatique qui travaille depuis vingt ans sur ces sujets-là, et qui est reconnu dans le monde entier pour sa capacité d’expertise, de lanceur d’alerte». «Nous ne nous prononcerons pas sur le fond. Nous considérons que tout le monde a le droit de ne pas être d’accord avec les thèses défendues par Jean-Marc Jancovici. En revanche, ce que l’on condamne avec la plus grande des énergies, c’est ce procédé qui consiste à se faire passer pour les éditions Dargaud. C’est une méthode à la fois grossière et indigne de ce que l’on estime être le débat d’idées, légitime dans toute démocratie.» L’éditeur nous précise avoir «porté plainte contre X» ce mercredi, «dès que l’on a eu vent de cette usurpation d’identité».

i les auteurs du faux erratum affirment «[ne pas pouvoir relever] tous les points de la BD qu’il s’agirait de corriger et discuter», ils mentionnent un point sur lequel ils se refusent «à fermer les yeux». A savoir : «La vision des accidents de Tchernobyl et de Fukushima ainsi que sur le nombre de morts et de personnes contaminées par le nucléaire cité page 138», qui représenteraient «un révisionnisme et un négationnisme parmi les plus grossiers du livre».

Les pages en question évoquent les travaux du Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (Unscear), dont le travail est comparé à celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec), «mais pour la radioactivité». Jean-Marc Jancovici résume ainsi les conclusions du rapport de l’agence sur l’accident de 1986 : «Une trentaine de morts à bref délai. Ce sont essentiellement les premières personnes qui ont lutté contre l’incendie… 6 000 personnes qui étaient enfants au moment de l’accident ont développé un cancer de la thyroïde. La chance dans ce malheur c’est que c’est un cancer qui se traite bien. Pour le reste, aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’y a pas eu de conséquences qui sortent du cours normal des choses.»

Jancovici insiste dans la bande dessinée : «C’est une CATASTROPHE. Le stress dû à l’accident et l’évacuation des populations a eu des conséquences dramatiques. Ça aussi, c’est dans le rapport de l’Unscear. La panique et la peur de la radioactivité ont fait plus de dégâts que la radioactivité elle-même.» Dans un propos encadrant un dessin du site avec, au premier plan, un ours marchant dans une forêt, l’ingénieur déclare que «paradoxalement, Tchernobyl est devenu une réserve naturelle où vivent de grands animaux qui avaient quasiment disparu. Pour la vie sauvage, entre le bénéfice amené par l’évacuation des hommes et les inconvénients liés aux radiations, le résultat est sans appel».

Concernant le nuage de particules radioactives, il est précisé «[qu’il] a survolé l’Europe, mais s’est rapidement dilué en s’éloignant de la zone de l’accident. En France, il a été détecté sans aucune conséquence sanitaire. La formule qui a fait mouche, «le nuage s’est arrêté à la frontière», est une simplification maladroite journalistique». Et de préciser qu’il n’y a eu «aucune modification de l’évolution des cancers de la thyroïde».

Le cas de Fukushima est abordé dans la foulée : «Pas d’augmentation du taux de cancer dans la population touchée. Pas d’impact sur les malformations à la naissance ou les effets héréditaires. Pas d’augmentation observable de taux de cancers chez les travailleurs.»

La question du bilan de la catastrophe de Tchernobyl est un sujet sur lequel Libération a déjà eu à écrire, en 1996 («Impossible bilan des maladies»), en 2006 («Un bilan toujours impossible à établir») ou en 2019, dans notre rubrique CheckNews. Nous sommes également revenus sur les conséquences du passage de Tchernobyl au-dessus de la France et sur le récit selon lequel il se serait «arrêté à la frontière».

L’analyse de l’Unscear – accessible en ligne en français – décompte une trentaine de morts survenus en l’espace de quelques semaines parmi les employés de la centrale et les équipes d’intervention. Concernant la mortalité du cancer de la thyroïde, le comité ne parle que de quinze morts reconnus en 2005. Pour les autres pathologies en population générale, l’Unscear déclare «[qu’]il n’existait, vingt ans après l’accident, aucune preuve d’un impact majeur d’une exposition aux rayonnements sur la santé publique». Le comité refuse également de prendre position sur le nombre de décès à venir, faute d’une méthodologie satisfaisante : «Le comité a décidé de ne pas utiliser de modèle pour chiffrer les effets sur les populations exposées à de faibles doses de radiation à cause de l’accident de Tchernobyl en raison des incertitudes inacceptables sur les prédictions». L’Unscear va jusqu’à conclure que «l’accident de Tchernobyl a certes bouleversé des vies, mais du point de vue radiologique, les perspectives concernant la santé de la plupart des personnes sont plutôt positives».

Comme nous le notions en 2019, les précautions de l’Unscear s’expliquent notamment par le manque de confiance dans certaines données fournies par les scientifiques des pays touchés par la catastrophe. Dans un rapport réalisé pour le compte de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), la sociologue Christine Fassert indiquait ainsi que «l’évaluation des conséquences sanitaires dans la situation post-Tchernobyl est caractérisée par des désaccords profonds entre les conclusions des rapports d’organisation internationale (AIEA, UNSCEAR…) et les résultats des scientifiques locaux en Ukraine et au Bélarus». Ces derniers allant jusqu’à estimer le nombre de morts possibles à près d’un million, dans un livre publié par l’Académie des sciences de New York, mais qui n’a pas fait l’objet d’une révision par les pairs avant publication.

Ainsi, notait Christine Fassert, les scientifiques locaux «ont constaté une baisse générale dramatique du niveau de santé des enfants : le nombre d’enfants “pratiquement sains” a diminué de 80 % en 1985 à 20 % en 2000. Mais “ces données locales” ne furent pas reprises par les rapports que nous avons appelés “institutionnels”». Preuve du grand écart statistique : en 2016, l’Ukraine comptait 35 000 personnes sous le statut «époux·se d’un·e victime de Tchernobyl».

Les difficultés méthodologiques, ainsi que cette défiance entre institutions internationales et autorités locales, poussent l’IRSN à écrire sur son site que «trente ans après l’accident, il est impossible de dresser un bilan sanitaire exhaustif. Et pour cause : les résultats disponibles sont limités par la qualité des études épidémiologiques réalisées, la difficulté d’identifier précisément les populations exposées et les incertitudes associées aux estimations dosimétriques. Surtout, la réalisation de bilans sanitaires est rendue extrêmement compliquée par les changements socio-économiques majeurs survenus dans ces régions suite à la chute de l’Union soviétique».

En 2005, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaissait moins de 50 morts attribués aux radiations (liquidateurs et victimes du cancer de la thyroïde compris). Elle estimait toutefois que ce chiffre pourrait s’élever, à terme, à 4 000 décès au sein des populations les plus exposées (200 000 premiers travailleurs et population la plus exposée). En 2006, le Centre international de recherche sur le cancer estimait que Tchernobyl avait causé 3 000 cas de cancers (autres que leucémie, cancer de la thyroïde, cancer de la peau non mélanique) en Europe, soit 0,008 % du total des cancers. En se projetant à l’horizon 2065, le CIRC évaluait à «25 000 le nombre de cas de cancers supplémentaires diagnostiqués (autres que le cancer de la thyroïde) et à 16 000 le nombre de décès dus à cette maladie qui pourraient être attribués aux retombées radioactives de Tchernobyl».

D’autres chiffres ont circulé : 220 000 morts (de 1990 à 2004), ou 50 000 décès de 1986 à 2006… Le total des victimes tournerait autour de 90 000 selon Greenpeace. Enfin, un rapport commandé par les Verts européens, en 2006, estimait que le nombre de cas de cancers fatals dus à la catastrophe serait, à terme, compris entre 30 000 et 60 000. Les écarts s’expliquent aussi bien par les désaccords sur le nombre de victimes chez les populations les plus exposées, l’impact des radiations chez les populations les moins exposées ou encore le territoire étudié (alentours de la centrale ou Europe entière).

Source: Checkneews Libération

7 novembre 2022

Trois femmes récompensées par le Prix Fémina 2022

Femina2022

Les trois Femina (France, étranger et Essai) de cette année récompensent des femmes. Le prix  pour le roman français a été décerné lundi 7 novembre à Claudie Hunzinger pour Un chien à ma table, publié aux éditions Grasset. Synopsis: Un soir, Yes, une jeune chienne, parvient à s'échapper de chez un zoophile et surgit chez un vieux couple formé par Sophie, une romancière, et Grieg, son compagnon. Elle, la narratrice, aime la marche en forêt tandis que lui vit retiré du monde. Une relation forte et enrichissante naît entre Sophie et Yes jusqu'au drame. 

Rachel Cusk se voit récompensée du prix Femina étranger pour la Dépendance. Synopsis: Romancière qui s'est isolée depuis son second mariage avec Tony, M n'écrit plus mais rêve d'accueillir L, un peintre renommé qu'elle admire, pour une résidence d'artiste. Il finit par accepter son invitation mais se présente en compagnie d'une jeune fiancée irritante. La fille de M et son compagnon se joignent bientôt à la fête. Les six adultes cohabitent mais des tensions apparaissent rapidement.
Et le prix Femina Essai échoit à Tombeaux : autobiographie de ma famille, d’Annette Wieviorka (Seuil). Sysnopsis:  D'origine juive, l'auteure de 74 ans relate l'histoire, souvent tragique, de ses ancêtres, des côtés maternel et paternel.

En 2021, les femmes du jury présidé par Josyane Savigneau avaient récompensé S’adapter de Clara Dupont-Monod.

11 octobre 2022

Dépôt du dossier de rachat de Lagardère à Bruxelles

Rachat lagardère commition européenne

Le processus d’achat du groupe Lagardère par le groupe de Vincent Bolloré a franchi une nouvelle étape ces derniers jours à Bruxelles, selon nos informations. Les avocats de Vivendi ont remis à la Commission Européenne le dossier préalable à la notification du service de l’antitrust européen. Le groupe de Vincent Bolloré se refuse pour l’heure à tout commentaire. Selon une source proche du dossier, le document de plusieurs centaines de pages présente le projet d’acquisition du groupe Lagardère par Vivendi et précise les modalités de la cession du groupe Editis, annoncée fin juillet.

Cette étape marque l’entrée en instruction du dossier à Bruxelles. Le formulaire ad ’hoc déposé par les avocats du groupe Vivendi doit être d’abord examiné par les autorités de la concurrence afin de vérifier dans un premier temps sa « complétude ». Si elle constate qu’elle a tous les éléments en sa possession, la Commission publiera officiellement un communiqué pour signifier son examen du fonds du dossier, probablement d’ici la fin du mois.

Fin juillet, peu après l’annonce de la cession d’Editis en quotation-distribution, l’entourage de Vincent Bolloré espérait pouvoir boucler le processus en début d’année 2023.   

Source : Livres Hebdo 

29 septembre 2022

Les livres selectionnés pour le prix UNICEF en audio description sur Youtube

Prix UNICEF Audiodescription

Les livres selectionnés dans le cadre du  Prix UNICEF sont accessible aux enfants aveugles et malvoyants, grâce à l’adaptation audio des ouvrages des catégories 3-5 ans et 6-8 ans, au sein de la collection inédite Kalliope. Ces audiodescriptions sont réalisées par Dune Cherville, avec le soutien de la Fondation VISIO.

Pour cette 7ème édition du Prix, Sandrine Kiberlain s'engage avec l’UNICEF France et la Fondation VISIO pour soutenir la démarche d’accessibilité du projet aux enfants déficients visuels en prêtant sa voix à l’un des livres de la sélection du Prix UNICEF de littérature jeunesse, tout comme d’autres comédiens : Jean-Toussaint Bernard, François Créton, Marie Desgranges, Marie Félix…   (pour y accéder vous pouvez cliquez ici)Si vous voulez entendre la voix de Sandrine Kiberlain, ecoutez le livre "Camile veut une  nouvelle famille".

Vous pouvez participer au vote jusqu"en avril 2023, cliquez ici.

24 juillet 2022

Lauréats du 7e Prix de la bibliothèque verte de l'IFLA 2022

IFLA Green Library Award

Les lauréats du prix IFLA Green Library Award 2022 sont:

  • dans la catégorie « Meilleure bibliothèque verte » : le Conseil de la bibliothèque nationale de Singapour  pour  « la Refonte de la bibliothèque publique de Choa Chu Kang »
  • dans la catégorie « Meilleur projet de bibliothèque verte »:  la médiathèque de la Canopée-la fontaine à Paris pour le porjet « La Médiathèque de la Canopée : une bibliothèque pilote pour le développement durable pour le réseau parisien ».

Une reconnaissance spéciale va à  la Comuna 1 Cultural Center Public Library de  Cali en Colombie pour le projet «The Neighborhood Path». Il a été réalisé avec un minimum de ressources mais a un impact important. En plus du  certificat de recompense que reçoivent tous les vainqueurs,  elle  recevera un chèque 500 € généreusement parrainés par la maison d'édition allemande de Gruyter.

13 août 2022

Une bibliothèque du Michigan menacée de fermeture car elle prête de livres LGBT

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Les électeurs de la petite ville de Jamestown, dans le Michigan, ont voté la non-reconduction d'une subvention à leur bibliothèque de Patmos la semaine dernière. En conséquence de quoi, l'établissement, privé de 84% de ses ressources, pourrait rapidement fermer. Cette décision, prise par 62% des votants, fait suite à des mois de polémique sur la présence, dans les rayonnages de la bibliothèque, de livres d'auteurs gay ou mettant en scène des personnages LGBT.  L'essentiel des critiques prononcées par un groupe communautaire chrétien ultraconservateur portait sur une bande dessinée, signée Maia Kobake, intitulée Gender Queer. Selon l'ancien directeur, interrogé par le site The Hill, la bd autobiographique, plusieurs fois primée, était dans le top dix des livres les plus lus en 2021. Pendant plusieurs mois, les Jamestown Conservatives ont distribué des prospectus et collé des affiches assurant que la bibliothèque était devenue un lieu dangereux pour les enfants et qu'en faisant la «promotion de l'idéologie LGBTQ», elle les «préparait à l'exploitation sexuelle». «Ils protestent contre tous les livres LGBTQ qui sont sur nos étagères. Ils veulent que l'on interdise ces livres, ce qui est inacceptable. Nous, le conseil, nous ne censurerons pas les livres», a expliqué Larry Walton, président du conseil de la bibliothèque à l'Associated Press. En mai dernier, la directrice de la bibliothèque de Patmos, Amber McLain, a démissionné de son poste, invoquant le harcèlement des membres de la communauté. Le directeur par intérim Matthew Lawrence a suivi ses pas, quelques mois plus tard. La bibliothèque pourra fonctionner jusqu'à la fin du premier trimestre 2023 grâce au budget actuel mais une fermeture est ensuite possible. Pour éviter cela, une campagne de collecte de fonds a déjà permis de réunir près de 60.000 dollars. L'objectif est de 245.000 dollars, soit l'équivalent d'une année de financement.

Source: Le Figaro

15 juillet 2022

Cinq livres d'un ex-ministre restitués en France

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"A M. Mandel, ministre des Colonies. Hommage respectueux de l'auteur", écrivit au stylo Jacques Binger le 31 juillet 1938 sur l'une des premières pages de son livre. Quelques centimètres plus bas, le tampon rouge d'une bibliothèque de Berlin, et un autre, bleu : "restituiert" (restitué). 

La biographie "Une vie d'explorateur", qu'il consacra à son père Louis-Gustave, un colonel et administrateur colonial en Afrique de l'ouest, est tombée dans l'oubli. Une édition originale se négocie aujourd'hui une trentaine d'euros sur internet.  Mais l'homme à qui elle avait été offerte, Georges Mandel, fait partie de la mémoire française. De son vrai nom Louis Rothschild, il fut assassiné en juillet 1944 par des miliciens français proches du régime nazi.  Mandel, hostile à toute collaboration avec le régime d'Adolf Hitler, avait avant cela passé quatre années dans des prisons françaises et allemandes. De confession juive, tous ses biens lui avaient été dérobés. 

"Il y avait plus de 11 ou 12.000 tomes dans son appartement, des tableaux", raconte Wolfgang Kleinertz, veuf de Claude, l'enfant unique de Georges Mandel, qui elle-même eut une fille, décédée en 2020. 

Les cinq livres rendus vendredi "ne représentent pas grand chose" de par leur "valeur intrinsèque", dit-il. Mais "ils sont les témoins d'une période où l'on a commencé à brûler les livres, avant de brûler les gens", résume, auprès de l'AFP, cet octogénaire à l'incroyable prestance. 

En janvier 2019, c'est un tableau appartenant à Georges Mandel qui avait été rendu à sa famille. "Portrait de jeune femme assise", du peintre français Thomas Couture, avait été retrouvé parmi des centaines d'oeuvres léguées par le collectionneur Cornelius Gurlit, dont le père Hildebrand, un marchand d'art allemand, est considéré comme une profiteur de guerre. 

Maisne il subsiste aucune trace des sautres oeuvres dérobées  à l'ex-ministre  (deux tableaux de Canaletto, un autre de Gustave Courbet, un dessin de Rodin, une aquarelle de Turner ou encore un tableau d'Utrillo).

Source: L'express

2 juin 2022

Le poème viral 'La lune de Kyiv' transformé en histoire pour aider les enfants d'Ukraine

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Comme le raconte El Pais, en Italie, quelques heures seulement après que Vladimir Poutine a ordonné l'invasion de l'Ukraine déclenchant une guerre dont la fin n'est pas encore en vue, de mobile en mobile et à travers les réseaux sociaux, un poème du grand (et gentil) écrivain et pédagogue  italien Gianni Rodari (1920-1980) a commencé à devenir viral. Son titre est  La lune de Kiev . En voici la traduction: La lune de Kiev sera-t-elle aussi belle que la lune de Rome ? / Est-ce sa sœur ou est-ce elle qui se présente ? /"Je suis toujours le même!" -la lune proteste- / « Ne pense pas que je suis un bonnet de nuit sur ta tête ! / Voyageant dans le ciel, j'éclaire le monde entier, de l'Inde au Pérou, du Tibet à la mer du Nord, et ainsi mes rayons voyagent, sans passeport».

"Dans l'œuvre de l'auteur italien, le message de paix universelle est constant et transversal, ses lecteurs du monde entier le ressentent ainsi », explique Marta Tutone, rédactrice en chef de Liana, l'un des 25 éditeurs indépendants de littérature jeunesse qui fait partie de l'association   ¡ÂLBUM !, édite un album de solidarité avec le poème de Rodari . Il a été traduit par Marta Tutone et Alvar Zaid elle-même et  illustré par l'un des dessinateurs les plus prestigieux et primés de l'éditeur mondial, également italienne Beatrice Alemagna.

L'association ¡ALBUM! avoue n'avoir rien inventé. Après être devenu viral en Italie et avoir commencé à être utilisé dans leurs classes par les enseignants, l'éditeur italien Einaudi Ragazzi a eu l'initiative de transformer cet élan citoyen en un livre de solidarité dans lequel il a réussi à impliquer Alemagna. Coïncidant avec la célébration de la Foire du livre pour enfants et adolescents de Bologne, ils se sont mis d'accord avec Einaudi sur les détails de la publication du livre en Espagne.

Les bénéfices générés par la vente de ce précieux petit album illustré iront à l'ONG Save the Children, notamment — mais pas seulement — pour l'aider dans son travail auprès des enfants réfugiés en Ukraine. "Malheureusement, il existe de nombreux conflits dans ce monde dont les enfants continuent d'être victimes", concède Jubete.

20 avril 2022

La question des bandes dessinées numériques vendues en monnaie virtuelle devant le médiateur du livre

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D’après les informations dont dispose le médiateur du livre, la société Kakao, l’un des principaux acteurs du web en Corée du Sud, s’apprête à lancer en France son application de lecture Piccoma (application disponible depuis mars 2022 sur Google Play uniquement). Lancée en avril 2016 au Japon, Piccoma était la première solution de lecture sans publicité et en plein écran proposée par le marché pour les mangas et les webtoon. Cet acteur envisagerait de proposer aux côtés d’une offre de contenus exclusifs sous le modèle classique de vente de webtoon en gratuit–payant (freemium), une offre de contenus non-exclusifs qui pourrait porter sur des livres homothétiques au sens de la loi du 26 mai 2011.
La question qui se pose ainsi est de savoir si des modèles économiques de micro-transactions sous forme de jetons peuvent être appliqués à des livres numériques soumis à un régime de prix fixe. Pour les livres homothétiques auxquels la loi du 26 mai 2011 est applicable, le modèle d’achat au titre par l’intermédiaire de jetons interroge au regard du cadre législatif applicable. En effet, les jetons sont soit achetés par les utilisateurs, soit distribués par la plateforme de manière gratuite contre des micro-actions réalisées par les utilisateurs telles que : publier un contenu relatif à la plateforme sur les réseaux sociaux, se connecter plusieurs fois par jour sur la plateforme, etc. Si l’on voit bien l’intérêt que représente pour les acteurs de tels modes innovants de commercialisation, on peut aussi se demander comment la forte instabilité qu’elles induisent dans la détermination du prix effectif payé par le lecteur peut se concilier avec le principe du prix unique lorsque celui-ci est applicable. Cela pose la question de la portée concrète qui doit être donnée à ce principe dans un tel cas. Pour les livres homothétiques, la loi du 26 mai 2011 prévoit en effet que le prix de vente au public est fixé par l’éditeur « pour tout type d’offre à l’unité ou groupée », et ce même s’il peut « différer en fonction du contenu de l’offre et de ses modalités d’accès ou d’usage ».

24 mars 2022

Le manga « Kaiju n°8 » dans le métro de Milan

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L'éditeur Star Comics pour promouvoir la sortie du manga Kaiju 8 , dont le premier numéro est disponible en librairie et magasin de BD à partir de cette semaine , a tapissé la station de métro milanaise de Porta Genova avec des images de la bande dessinée de Naoya Matsumoto. Pendant deux semaines, à l'intérieur d'un grand set-up, sur la mezzanine de la station, il sera possible de lire les 14 premiers tableaux de la bande dessinée qui promet d'être le nouveau phénomène manga de cette saison.

Initialement sérialisé au Japon par la maison d'édition Shueisha sur la plateforme en ligne (gratuite)  Shonen Jump+  à partir de juillet 2020,  Kaiju n°8  est ensuite également publié en version papier et, en mars 2021, il s'impose comme le manga du magazine qui atteint le plus rapidement  un million d'exemplaires en circulation  avec la sortie du second tome. Fin 2021, avec la sortie du cinquième, il atteint les 5 millions et demi d'exemplaires. En 2021  , Kaiju n ° 8  a également été nominé pour Manga Taishō 2021 - l'un des prix japonais les plus importants dédiés à la bande dessinée - se plaçant à la sixième place, tandis qu'il a remporté le Next Manga Award dans la catégorie Web la même année.

Kaiju n°8  raconte, dans la tradition du cinéma japonais et des séries sur les kaiju  - les monstres typiques de la science-fiction japonaise, comme Godzilla et Gamera -, l'invasion de la Terre par une série d'êtres géants. Dans ce monde, le Japon est le pays avec le taux d'occurrence le plus élevé de ces calamités, et des équipes de défense spéciales ont été mises en place pour les combattre, dont les membres sont considérés comme des héros nationaux.

D'autres, plus malheureux, se voient plutôt confier le sale boulot, comme l'enlèvement et l'élimination des carcasses massives des kaiju abattus. Un seul de ces individus prend possession d'un monstre, le transformant en homme-kaiju, dont le niveau de puissance et de danger est tel qu'il se retrouve sur la liste noire des mêmes forces de défense avec le nom de code "Kaiju n°8".

Source:  .Fumettologica

24 février 2022

Volés en 1988, cinq volumes du Voyage de La Pérouse de retour à Provins

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Heureux qui, comme La Pérouse, a fait un beau voyage. Ou comme une édition de ses rapports d'expédition, revenue en France après 34 longues années. Volés en 1988, les cinq volumes d'un original du Voyage de La Pérouse autour du monde ont été restitués le 1er février aux archives municipales de la ville de Provins (Seine-et-Marne). Ces précieux ouvrages avaient été dérobés une nuit de décembre des collections provinoise, à la stupéfaction générale. Année après année, l'espoir de retrouver ces livres s'était estompé, tout comme les contemporains du comte de La Pérouse (1741-1788) s'étaient faits à l'idée de la perte de son expédition dans les confins encore mystérieux du Pacifique. Contrairement à l'explorateur français, les volumes perdus de Provins revinrent toutefois à bon port.

Les volumes du Voyage de La Pérouse ne s'étaient pas égarés dans les îles Salomon, à l'image de l'officier de marine et l'équipage de ses navires - livrés au «secret des tempêtes», selon les mots de Chateaubriand. D'un pied moins marin, cette littérature d'exploration s'était contentée de traverser les Alpes et de s'installer, à un moment ou à un autre, en Italie. L'ensemble constitué de quatre tomes et d'un atlas annexe a été fortuitement découvert en 2018, lors d'une saisie réalisée par la police italienne chez un collectionneur. Comme il sied à ces livres de matelot, l'opération a été menée dans le port de Gênes, non loin de la mer et du fracas des vagues ; la Fortune des marins a ses mystères. Informé par les enquêteurs génois, l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels a fait le lien avec les volumes disparus de Provins. Restitués à la France en 2021, les livres ont été formellement identifiés et reconnus par le conservateur en chef du patrimoine de la Ville de Provins, Luc Duchamp, qui a constaté avec soulagement leur bon état de conservation. «L'atlas était complet», s'est-il réjoui auprès d'Actu.fr. L'observation n'allait pas de soi, comme le souligne l'expert : «Après un vol, les volumes de planches sont souvent dépecés pour être vendus séparément.» Seule une page portant un portrait de La Pérouse a été arrachée. Quant aux tampons et étiquettes qui identifiaient les volumes comme bien municipal des archives de Provins, ils ont été effacés après le vol, par des spécialistes qui savaient s'y prendre.

Imprimés en l'An V de la République, soit en 1797, les quatre livres qui constituent le Voyage de La Pérouse autour du monde ont été publiés à l'époque du Directoire par Louis-Antoine Milet-Mureau. Ce travail éditorial, commandé par décret de l'Assemblée constituante, compile les rapports de l'expédition rédigés par La Pérouse, au cours de son périple. Inspirée par l'exploration de l'océan Pacifique par James Cook, la mission scientifique souhaitée par Louis XVI quitte Brest à l'été 1785. Amérique, île de Pâques, Macao, Japon, … les pérégrinations des deux navires, la Boussole et l'Astrolabe, tiennent en haleine et en merveille le public français, lettres après lettres. L'équipage et La Pérouse les déposent à chaque escale. Jusqu'à ce que les courriers cessent, un beau jour de 1788, de parvenir à la métropole. Bel objet de collection pour les connaisseurs en livres anciens, les fervents lecteurs de récits d'aventure et les passionnés d'odyssées littéraires, Le Voyage de La Pérouse de la ville de Provins n'est pas un livre unique. Il n'en reste pas moins précieux. «Il ne s'agit pas d'ouvrages rarissimes, mais ils sont difficiles à trouver en bon état», a précisé Luc Duchamp à nos confrères. D'après le conservateur, le ministère de la Culture devrait numériser l'ensemble provinois après sa restauration. Après quoi les cinq volumes s'en retourneront, plein d'usage et raison, vivre entre les archives, le reste de leur âge.

Bel objet de collection pour les connaisseurs en livres anciens, les fervents lecteurs de récits d'aventure et les passionnés d'odyssées littéraires, Le Voyage de La Pérouse de la ville de Provins n'est pas un livre unique. Il n'en reste pas moins précieux. «Il ne s'agit pas d'ouvrages rarissimes, mais ils sont difficiles à trouver en bon état», a précisé Luc Duchamp à nos confrères. D'après le conservateur, le ministère de la Culture devrait numériser l'ensemble provinois après sa restauration. Après quoi les cinq volumes s'en retourneront, plein d'usage et raison, vivre entre les archives, le reste de leur âge.

Source  : Le Figaro 

 

 

 

28 janvier 2022

Hausse spectaculaire des ventes pour la bande-dessinée en 2021

Ventes BD 2021

« Par Toutatis ! » doit jubiler Astérix. « Dattebayo ! » peut lancer le jeune ninja Naruto. « Pas de pitié pour les nazebroques ! » vocifère sûrement Mortelle Adèle. Publiée en amont du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD), qui devait se tenir à partir de ce 27 janvier et a été reporté du 27 au 30 mars prochain, l'étude GfK Market Intelligence montre que la BD talonne désormais la littérature générale en France.

L'année dernière, un livre sur quatre vendus était un album de bande dessinée (25 %), contre 18 % en 2020 et seulement 12 % en 2012. En volume, le segment de la BD talonne désormais la littérature générale (24 % des ventes, contre 25 et 22 % pour les livres jeunesse). Comme une potion magique, la crise sanitaire semble avoir décuplé l'appétit des fans : les ventes de bandes dessinées ont bondi de 60 % pour atteindre 85 millions d'exemplaires, contre 53 millions en 2020. Le chiffre d'affaires a progressé de 50 %, à 890 millions d'euros en 2021, selon des chiffres de l'institut GfK (voir graphiques).  Les meilleures ventes de l'année ont été le dernier AstérixAstérix et le griffon (large leader avec 1,55 million d'exemplaires), suivi d'un tome de la série de manga Naruto (275 000 exemplaires) et d'un autre manga, Demon Slayer (255 000 exemplaires). Dans le top 5, Astérix est la seule création européenne, devant quatre tomes de mangas japonais. Suivent le dernier Blake et Mortimer, Le Dernier Espadon (6e), et les dernières pitreries de Mortelle Adèle, Tout ça finira mal (7e), qui dépassent chacun les 210 000 exemplaires. Pour les éditeurs, les bandes dessinées sont devenues des machines à cash. Ainsi, le carton du dernier Astérix va doper les profits de Hachette Livre, filiale du groupe Lagardère qui doit faire l'objet d'une offre publique d'achat du groupe Vivendi. Astérix et le griffon s'est vendue quatre fois plus que le dernier Prix Goncourt, La Plus Secrète Mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr (378 000 exemplaires). Quant à Naruto, série imaginée par Masashi Kishimoto, elle fait les beaux jours de son éditeur français Kana, filiale du groupe Dargaud qui appartient au groupe Média Participations de Vincent Montagne. « « Le marché de la bande dessinée a connu une année incroyable. À côté des best-sellers attendus, comme le dernier AstérixBlake et Mortimer ou Largo Winch, des succès surprises, comme Le Monde sans fin de Blain et Jancovici, ont électrisé les ventes en fin d'année », se réjouit Vincent Montagne, également président du Syndicat national de l'édition. La vraie performance vient du manga, à l'hypercroissance portée par des sagas très populaires comme Naruto, One Piece et Demon Slayer. Un très bon filon pour les éditeurs. Il est le premier segment en valeur, devant la BD de genre. Il s'est vendu en France 47 millions de mangas en 2021, pour un montant de 353 millions d'euros… « L'année, excellente pour l'ensemble de l'édition, a été exceptionnelle pour la bande dessinée. Grâce en particulier au pass culture qui a permis à de nouveaux lecteurs de découvrir la librairie. C'est aussi le triomphe des mangas avec des progressions de marché de plus de 100 % ! Le triomphe de l'album de Goldorak ou du tome 1 de Naruto, meilleure vente en 2021 alors qu'il est paru il y a plus de 10 ans, en témoigne », poursuit Vincent Montagne. Les volumes en format japonais pèsent désormais 55 % de toutes les ventes de BD, contre 42 % en 2020. Dattebayo !

Source: Le Point

 

2 février 2022

Succès pour un livre écrit par un enfant de 8 ans aux Etats-Unis

Livre écrit enfant 8 ans

Impossible d’échapper à cette histoire en parcourant la presse américaine : elle est rapportée par tous les grands quotidiens du pays notamment dans le Washington Post et New York Times. Dillon Helbig, 8 ans, une petite vedette. Tout a commencé dans l’Idaho, dans la petite ville de Boise, où Dillon, élève de "second grade", l’équivalent du CE1 en France, passe tout son temps libre à inventer des histoires et les retranscrire dans des carnets en les illustrant avec ses dessins. Sa dernière œuvre : Les aventures de Noel de Dillon Helbig, qui court sur 81 pages et raconte l’histoire d’un enfant, en l’occurrence lui-même, qui se retrouve projeté dans le passé alors qu’il faisait son sapin de Noël, à cause de l’explosion d’une étoile de décoration. Le reste est un grand voyage dans le temps et l’espace, que Dillon a eu envie de partager.

N’ayant ni compte TikTok, ni Instagram, c’est à la bibliothèque municipale qu’il a pensé, celle où il va chaque semaine, depuis qu’il a quatre ans. Il a pris son carnet, s’est dirigé vers la section "livres illustrés" et l’a rangé au milieu des autres sur une étagère. Sa grand-mère, qui l’accompagnait, n’a rien remarqué.

Le duo rentre à la maison et ce n’est que deux jours plus tard que l’enfant confie l’histoire à sa mère. Tous les deux retournent à la bibliothèque mais le carnet n’est plus là. Et il n’a pas été jeté, loin de là : c’est le responsable de rayon qui l’a trouvé, l’a emporté chez lui et a décidé de le lire à son fils de 6 ans qui a adoré et parle du livre le plus drôle qu’il a jamais lu. Après concertation avec Dillon, la bibliothèque a donc décidé de le faire entrer dans ses collections, de lui attribuer une référence et de permettre aux usagers de l’emprunter. Aujourd’hui, la demande est telle, qu’il y a un an d’attente pour l’obtenir !

Source: France Info 

6 janvier 2022

Hausse des prêts de documents numériques par les bibliothèques utilisant Overdrive

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Alors que la pandémie persistait en 2021, les bibliothécaires et les éducateurs ont permis aux lecteurs du monde entier d'emprunter 506 millions de livres électroniques, de livres audio et de magazines numériques, soit une augmentation de 16% par rapport à 2020. En mettant l'accent sur l'équité d'accès aux livres pour tous, les bibliothèques ont atteint des records de diffusion tout en réduisant le coût moyen par titre emprunté. 2021 a également produit une année record de ventes de livres et de revenus pour les auteurs et les éditeurs qui fournissent des livres numériques aux bibliothèques. Les données ont été rapportées par OverDrive , la principale plate-forme de lecture numérique pour 76 000 bibliothèques et écoles dans 94 pays à travers le monde.

« Les bibliothécaires publics et scolaires ont fourni des résultats extraordinaires pour les lecteurs et les étudiants l'année dernière grâce à la curation à des publics spécifiques et aux achats basés sur les données », a déclaré Karen Estrovich, OverDrive Senior Manager for Public Library Content. « Les bibliothèques les plus performantes ont utilisé des programmes d'accès simultané, de coût par utilisation et de lecture communautaire pour maximiser l'accès en augmentant le nombre de livres disponibles dans leurs collections. Le succès des programmes de bibliothèque a été facilité par les guides de bibliothèque locaux personnalisés de l' application de lecture Libby , la fonction coupe-file pour les titres très demandés et l'intérêt considérable pour un contenu diversifié, notamment des romans graphiques et des magazines numériques », a-t-elle ajouté. D'autres données pour l'utilisation numérique des bibliothèques et des écoles en 2021 incluent :

  • Libby a ajouté de nouveaux utilisateurs à un rythme record en 2021 et représente désormais 60% de la façon dont les lecteurs ont apprécié les livres électroniques, les livres audio et les magazines empruntés aux bibliothèques publiques, universitaires et d'entreprise.
  • La diffusion scolaire des livres numériques avec l' application de lecture étudiante Sora a augmenté de 65 %.
  • Les collections numériques des bibliothèques publiques ont permis à 4,7 millions de livres d'être empruntés par les étudiants pour une lecture auto-sélectionnée sur l'application Sora, soit une augmentation de 117%.
  • 121 systèmes de bibliothèques publiques (+19%) dans sept pays ont obtenu un million ou plus de prêts de livres numériques, tandis que quatre systèmes scolaires dans deux pays ont atteint ce cap.
  • 400 applications, sites Web et fournisseurs de services tiers ont bénéficié de l'intégration avec OverDrive, qui a répondu à plus de 15 milliards d'appels d'API prenant en charge plus de 22 000 bibliothèque.

Source: Overdrive

16 décembre 2021

Adoption définitive des propositions de loi relatives aux bibliothèques et aux acteurs de l'économie du livre

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Daus un communiqué de presse, la Ministre de la culture Roselyne Bachelot se félicite de l'adoption définive par le sénat de deux propositions de lois concernant le monde du livre. Ces deux textes avaient été soutenus dès leur dépôt par le Gouvernement, qui a engagé la procédure accélérée, permettant leur adoption en moins d’un an. Ce soutien continu est une des illustrations de la décision du Président de la République de faire de la lecture une « grande cause nationale ».

L'une déposée par Sylvie Robert est  relative aux bibliothèques et au développement de la lecture publique. Premier équipement culturel en France, les bibliothèques font l'objet d'un attachement très fort de la part de nos concitoyens et des élus. Néanmoins, leur importance dans nos vies quotidiennes n’avait jamais trouvé jusque-là une concrétisation politique et juridique dans la loi. Elle  remédie à ce vide juridique. Elle s’attache avant tout à définir les missions de service public des bibliothèques et à fixer dans le droit des principes généraux de leur fonctionnement, tels que la liberté, la gratuité d’accès et la nécessité de collections pluralistes et diversifiées. Elle consolide les responsabilités des conseils départementaux vis-à-vis de leurs bibliothèques.

L'autre déposée par Laure Darcos vise à améliorer l’économie du livre et à renforcer l’équité entre ses acteurs. Ce texte modernise la régulation du secteur autour de trois enjeux : le soutien apporté à nos librairies et le rétablissement d’une juste concurrence sur le marché du livre, en objectivant le coût d’expédition pour les livres commandés sur internet et livrés chez soi, afin de retrouver un prix unique du livre ; l’amélioration de la relation contractuelle entre auteurs et éditeurs ; enfin l’adaptation de la collecte des œuvres numériques.

10 décembre 2021

Plainte contre la loi sur le prêt de e-books en bibliothèque voté par l'Etat du Maryland

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Dans un commuqué de presse, l'association des éditeurs américains annonce avoir déposé une plainte contre le procureur de l'état du Maryland.  Cette plainte concerne la loi contre le prêt en bibliothèque. Celle-ci doit rentrer en vigueur le 1er janvier 2022.  Selon eux, elle donne aux bibliothèques un contrôle sans précédent sur les transactions de droits d'auteur de base qui sont clairement réservés à ceux qui écrivent, développent, investissent, distribuent et rendent publiques l'ensemble inestimable de romans, biographies, des ouvrages historiques et politiques, de la poésie, des bourses d'études et des supports de cours dont la mission est de publier et qui, ensemble, alimentent le divertissement, l'émancipation. Ce qui contredit la loi fédérale sur le Copyring.

« Le Maryland n'a pas le pouvoir constitutionnel de créer une loi fantôme sur le droit d'auteur ou de manipuler la valeur des intérêts de la propriété intellectuelle », a commenté Maria A. Pallante, présidente-directrice générale de l'Association of American Publishers et ancienne directrice du United States Copyright Office. « Il est clair que la loi américaine sur le droit d'auteur régit la disposition des œuvres littéraires dans le commerce et, d'ailleurs, toutes les œuvres créatives de l'auteur. Nous prenons cet empiètement très au sérieux, comme la menace qu'il représente pour une industrie de l'édition indépendante et viable aux États-Unis et pour une économie du droit d'auteur sans frontières. »  

12 octobre 2021

Hausse des ventes pour les comics en France

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Selon une étude GfK pour Livres hebdo, le segment enregistre une hausse de 14,5% de son CA (septembre 2020 et août 2021). Cela représente 45,7 millions d’euros. Le volume des ventes est en hausse de +18%, toutefois, le panier moyen baisse un peu à 13,39€ versus 13,82€. La raison serait les nombreuses opérations de promotion.  Le magazine professionnel note toutefois des tendances divergentes sur les ventes avec « + 24% pour les Super-héros et – 1% pour les Hors super-héros. »

« En revanche, ils sont tous les deux en croissance en volume : Super-héros à +19% et Hors super-héros à +17%. Le genre de super-héros détient plus de 71 % du chiffre d’affaires, alors que le genre hors super-héros glane 28% du chiffre d’affaires. »

Panini Comics est sans conteste l’acteur le plus important avec 54,7% de PDM. 106 livres de l’éditeur caracolent dans le Top 200 de 2020-2021. A la seconde marche du podium, arrive Urban Comics avec 28,05% de parts de marché (-6,25 points versus 2020). Enfin, Delcourt détient 8,67 % de PDM.

Source: Idboox

 

 

21 octobre 2021

Astérix et Obélix en réalité augmentée dans les librairies lors du lancement du nouvel album

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A l’occasion du lancement du nouvel album d’Astérix et Obélix, Astérix et le Griffon, un jeu en réalité augmentée est proposé à partir d'aujourd'hui Vidi Vici le nouveau jeu mobile en réalité augmentée et géo-localisé signé Augmenteo.  Pour la première fois, on peut retrouver les héros en réalité augmentée dans 160 librairies dispersées en France et vvire le lancement du nouvel album. Il permet aux deux héros de débarquer dans le quotidien des Français. Dans le scénario du jeu, le druide Panoramix a concocté une potion magique pour le concours de druide dans la Forêt des Carnutes mais Obélix y fait tomber un ingrédient qui a pour effet de laisser s’échapper des bulles qui emprisonnent les habitants du village. Pour libérer les Gaulois, le joueur devra parcourir les rues et entrer dans les librairies partenaires pour avoir accès à des mini-jeux. Certaines de ces librairies font office de camp romain. L’objectif est de chasser l’ennemi et on peut se réunir à plusieurs pour combattre ces légionnaires.

On peut également intégrer de nouveaux personnages spécialement créés pour le jeu grâce aux cartes NFC disponibles dans les librairies sélectionnées. Ce jeu est disponible en France Métropolitaine, en Belgique, en Allemagne et au Québec. L’application est disponible pour Apple ou Android.

Source: Le Journal du Net

8 novembre 2021

Lauréat du Prix Vendredi 2021

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Le Prix Vendredi 2021, le "Goncourt de la littérature jeunesse", a été décerné le 8 novembre à Sylvain Pattieu pour son roman Amour chrome, premier tome de la série Hypallage, paru à l'Ecole des loisirs en janvier 2021. le deuxième tome, Terrain frère, est sroti le 25 aôut. Ce roman adolescent débute en novembre 2015. Discret et populaire, Mohammed-Ali a 14 ans et vit dans le département de la Seine-Saint-Denis avec ses amis Zako, Lina et Margaux. Le collège, ça roule. Mais il a une vie secrète : il aime faire des graffitis la nuit et il est amoureux d'Aimée, passionnée de foot. Pour attirer son attention, il soigne de plus en plus son apparence et compte l’inviter au prochain match de l’équipe de France.

Sylvain Pattieu vit et enseigne en Seine-Saint-Denis, à l'université Paris 8 en tant qu'historien et membre de l'équipe du master de création littéraire. Il est l’auteur de plusieurs livres: Tourisme et travail, de l’éducation populaire au secteur marchand (1945-1985) (Presses de Sciences Po, 2009), Les camarades des frères. Trotskistes et anarchistes dans la guerre d’Algérie (Syllepse, 2002), Des Impatientes, premier roman, Le bonheur pauvre rengaineEt que celui qui a soif, vienne, et Forêt furieuse, tous quatre publiés par Le Rouergue, Beauté Parade, récit sous forme de comédie sociale (Le livre de poche). Amour chrome est son premier livre jeunesse.

Deux mentions spéciales ont été attribuées. La première à Joëlle Ercomier pour son roman , édité chez Zebulo. Quatre personnages se confrontent à la vérité et à leurs sentiments emmêlés : Kô, 16 ans, un adolescent taciturne qui ne vit que dans l'espoir du retour de son père, sa soeur Sindhu, 13 ans, une fille vive et enjouée, leur mère Nila et Darpan, un étranger énigmatique. L'histoire est inspirée par la découverte en juillet 2015 d'une aile d'avion sur la côte Est de l'île de La Réunion. La seconde distingue Je serai vivante de Nastasia Rugani (Gallimard jeunesse). "Moi, j'aurais préféré ne jamais me rendre sous le cerisier, il y a trois mois, en avril dernier." Trois mois après avoir été victime d'un viol, une adolescente fait sa déposition à la gendarmerie. Elle exprime sa souffrance et sa révolte.

Source:  Livres Hebdo

16 septembre 2021

Restrictions sanitaires : quels effets sur la fréquentation des bibliothèques?

fréquentation bibliothèques restristions sanitairesOn le sait, les bibliothèques ont traversé deux années de restrictions sanitaires : d’abord une fermeture complète au printemps 2020, puis l’application de jauges jusqu’à l’obligation pour les plus de 18 ans de présenter un passe sanitaire. Mais quelles sont les retombées concrètes sur leur fréquentation ?
A Lyon, en comparant janvier-août 2019 (avant la pandémie) à la même période en 2021, la fréquentation dans l’ensemble du réseau a diminué de 52%, et les prêts de 21%. Si l’on compare juillet 2020 et 2021, avec « des horaires d’ouverture d’été à peu près identiques », précise la Ville, la bibliothèque centrale de la Part-Dieu voit sa fréquentation baisser de 15%. C’est 3% pour les prêts. Parallèlement, les bibliothèques de quartier enregistrent une hausse de 7% de la fréquentation et de 4% des prêts par rapport à juillet 2020. Est-ce un effet du passe sanitaire ? Il est devenu obligatoire à partir du 21 juillet à la Part-Dieu, quand les bibliothèques de quartier sont restées à une jauge de cinquante usagers autorisés à entrer. Le 17 août, nouveau contexte : tous les établissements lyonnais passent sous le régime du QR code qui atteste que le visiteur est totalement vacciné ou négatif au Covid. La fréquentation baisse de 32% sur la Part-Dieu et de 25% sur les bibliothèques des territoires par rapport à l’année précédente.
« Cette baisse très importante peut s’expliquer par la généralisation du passe sanitaire, ainsi que par l’ouverture moindre des bibliothèques liée à des mouvements sociaux », analyse la Ville.
Le 18 août et le 28 août notamment, des agents ont en effet fait grève contre l’obligation de présenter un passe en bibliothèque. Le 8 septembre, Laurent Bosetti, l’adjoint au maire, est allé dans leur sens en demandant au gouvernement, dans un tweet, « une exonération du passe sanitaire pour les bibliothèques municipales. »

A Strasbourg, il y a eu davantage de visiteurs cet été par rapport au précédent. Presque 8000 entrées en plus en juillet et un petit 1400 en août. Le 10 août, le passe sanitaire s’étendait à tout le réseau.

«La mise en place du passe sanitaire n’a pas suscité l’effondrement auquel on aurait pu s’attendre », estime Bertille Détrie, responsable du département médiation et communication des médiathèques de la métropole. Quant aux prêts, à Strasbourg, on  remarquait qu’ils n’étaient pas proportionnels à la baisse de la fréquentation : « Les usagers ont continué à emprunter lorsque cela était possible. »
A Nantes, l’activité estivale de prêt reste inférieure à celle de 2018 ou 2019 « d'environ 20% », indique la directrice de la bibliothèque municipale, Agnès Marcetteau à Livres Hebdo. Pourtant, de mars à juin, les prêts physiques avaient rattrapé ceux d'avant Covid (593 487 prêts en 2019 contre 562 920 cette année). Le passe aurait-il plombé les chiffres de prêts ? Elle reste prudente. « Les animations culturelles ont repris cet été ont toutes atteint leur jauge complète », avance-t-elle. Mais c’est mieux que l’été dernier.  L’été 2020, c’était juste après le premier choc de la Covid : les gens n’avaient aucune assurance sanitaire, pas de vaccin, pas de passe, donc évitaient d’aller dans des espaces publics », retrace la directrice. Concernant les prêts, les ressources numériques se sont partiellement substituées aux prêts physiques pendant les périodes de fermeture : la consultation a augmenté de 1,5 à 4 fois en 2020, recense Agnès MarcetteauMais cette année, on revient à une pratique des ressources numériques d’avant Covid. Le public qui vient en bibliothèque aime venir et est très attaché à des documents papiers.»

Les habitudes ne sont pas toujours revenues. Certes, les Bordelais retrouvent leurs bibliothèques : le réseau de Bordeaux a accueilli deux fois moins de visiteurs par rapport à 2019, mais en cette rentrée, c’est seulement 15% de moins dans les établissements de proximité. La reprise contrastée se voit notamment sur la bibliothèque centrale, Mériadeck qui accuse une baisse toujours importante, d’environ 40% : 1 700 visiteurs en moyenne les samedis de septembre en 2019, contre 1 000 depuis la rentrée », décompte Yoann Bourion. Les espaces internet d'habitude bondés sont beaucoup moins remplis. »

Selon  le directeur Yoann Bourion, les familles et les enfants reviennent malgré le passe sanitaire.  Le problème est que le public relevant de l'exclusion sociale est beaucoup moins visible et un gros travail devra être mené du point de vue partenarial. Une solution serait  pour lui  une grande campagne de communication pour rappeler ‘le réflexe bibliothèque.

Selon les chiffres du syndicat Sud donnés dans Archimag, les médiathèques de Brest auraient perdu 33% de leurs usagers en passant de de 54 169 entrées en juillet 2019 à 35 950 entrées en juillet 2021.

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