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16 octobre 2020

Offrons un livre à un enfant qui n'a pas

Donnez à lire

Du 17 octobre au 20 novembre 2020, les librairies indépendantes et le Secours populaire français lancent « Donnez à lire », une opération solidaire qui vise à offrir des livres aux enfants et adolescents éloignés de la lecture. Le principe est simple : pendant un mois, les clients des librairies participantes sont invités à rajouter un livre jeunesse à leurs achats et à le remettre à leur libraire. Ce livre est ensuite offert à un enfant ou un adolescent qui n’en a pas ou trop peu. « Donnez à lire » encourage ainsi la pratique de la lecture auprès d’un jeune public qui en est éloigné.
« Bien sûr, il faut se loger, se nourrir, se vêtir, mais avoir des livres, ça peut changer la vied'enfants qui bien souvent récupèrent des choses qui ont déjà servi à d'autres. « Donnez à lire » permet à des enfants d'avoir un livre neuf, vraiment choisi pour eux. »
« Dans nos librairies nous voyons des enfants lecteurs. Nous savons que bien souvent pour que la rencontre ait lieu entre un enfant et un livre, il faut qu’il y ait une proposition » dit Maya Flandin, libraire lyonnaise.

François Busnel devient parrain de la 5e édition de « Donnez à lire », organisée par les librairies indépendantes et le Secours populaire, en partenariat avec France Télévisions. L'objectif de l'opération est simple : donner un livre à un enfant qui n'en a pas. Elle se déroule du 17 octobre au 20 novembre 2020.

Pour savoir si une librairie près de chez vous y participe, consultez la carte suivante en cliquant ici.

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15 octobre 2020

Campagne des libraires américains contre Amazon

Bixed Out

L'association américaine des libraires ABA a lancé une campagne publicitaire contre Amazon, pour alerter sur le danger renforcé que représente pour eux le géant du commerce en ligne en cette période de pandémie. Cette campagne, la première du genre, a été déclenchée à l'occasion des journées "Prime", mardi et mercredi, deux jours lors desquels Amazon propose des offres commerciales attractives. Depuis le début de la pandémie, 35 librairies membres de l'ABA ont mis la clef sous la porte, a indiqué à l'AFP l'association, qui estime que 20% des librairies indépendantes sont menacées de fermeture.

"Quand ces librairies indépendantes ferment, le coronavirus est la cause officielle du décès, mais la comorbidité, pour beaucoup, c'est Amazon", a expliqué l'ABA dans un communiqué.

Baptisée "Boxed out", la campagne joue sur le terme "boxed out" (poussé dehors ou écarté) et le mot "box", qui évoque les cartons de livraison qui pullulent partout où est présent Amazon. Pour Allison K. Hill, directrice générale de l'ABA, la montée en puissance de la plateforme de vente en ligne d'Amazon "occasionne la perte d'emplois locaux, de revenus fiscaux et du tissu social local". Selon l'ABA, en 2019, 104 librairies ont ouvert sur l'année. Jusqu'à présent seules 30 ont vu le jour cette année. La campagne a été lancée sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les librairies elles-mêmes, parmi les 1.750 membres de l'ABA.

Certaines, comme Solid State Books, à Washington, ont recouvert leur devanture d'un revêtement brun géant couleur carton, qui rappelle les boîtes utilisées par Amazon pour ses livraisons.

"Des livres choisis par des gens, pas par un algorithme flippant", dit l'un des slogans inscrits sur la devanture, devant laquelle sont aussi posés des cartons avec d'autres phrases choc.

"Si vous voulez qu'Amazon devienne la seule enseigne au monde, continuez à y faire vos courses", proclame un autre.

Selon les données du bureau du recensement, le chiffre d'affaires des points de vente physiques de livres a baissé de 31% sur les sept premiers mois de l'année 2020. Parallèlement, au deuxième trimestre 2020, internet a représenté 16,1% des ventes de détail, tous produits confondus, un record, en hausse d'un tiers par rapport au premier trimestre, selon la même source.

Source: TV5 informations

14 octobre 2020

40 000 cartes de la British Library librement accessibles via Flickr

britishlibrary_flickr

Après un chantier de sept années, la collection topographique du roi Georges III se dévoile progressivement sur le web.

Sept années auront été nécessaires pour parvenir à la mise en ligne de 40 000 cartes issues de la collection topographique du roi Georges III conservée par la British Library.

Une équipe d'experts en catalogage, en conservation, en restauration et en imagerie de la bibliothèque a travaillé d'arrache-pied pour diffuser gratuitement sur la plateforme Flickr ce patrimoine couvrant quatre siècles : cartes, atlas, dessins d'architecture, caricatures, aquarelles...

"En tant que collection de cartes et de vues construite pendant la période de formation de l'Empire britannique, elle constitue une ressource importante pour étudier la façon dont la Grande-Bretagne a perçu le monde et interagi avec lui pendant cette période" explique la British Library.

On y trouve notamment une carte de la Chine de 1719 réalisée par le jésuite italien Matteo Ripa, une carte de la ville de New York dessinée à la main en 1664, des vues de l'Ontario moderne, au Canada, dessinées par l'artiste Elizabeth Simcoe vers 1792...

La mise en ligne de cette collection se fera en plusieurs vagues. Un premier lot de 18 000 images est d'ores-et-déjà accessible.

Source: Archimag

12 octobre 2020

Le livre audio en Australie

australie-livre-audio

Selon une étude publiée par Nielsen qui sera présentée le 15 octobre lors de  Foire virtuelle du livre de Francfort , 37% des australiens ont commencé à écouter des livres audio au cours de 12 derniers mois et ce sont plutôt des jeunes. (voir le tableau ci-dessous). Les vétérans du livre audio déclarent quant à eux avoir écouté leur premier livre audio il y a 6 ans ou plus.  Plus de la moitié des auditeurs australiens de livres audio interrogés ont déclaré qu'ils pensaient avoir augmenté leur écoute au cours des cinq dernières années, et un sur cinq a déclaré qu'il ou elle avait beaucoup augmenté son écoute.

"Environ un tiers des consommateurs percevant une augmentation de l'écoute disent que cela se fait au détriment de la lecture de livres imprimés, et un cinquième au détriment de la lecture de livres électroniques», indique le rapport.

Le prix des audio books est un frein. 33% des répondants ont déclaré qu’ils ont été attirés par l’offre de livres audio d’Audible qui est le moins cher. Les australiens estiment que le prix des livres audio devrait être situé entre 10 et 11,99 USD, que le format soit physique ou numérique.  

Les livres audio les plus vendus sur le marché australien en 2020 ont été:

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Certains réseaux sociaux sont des leviers d’influence pour l’écoute de livres audio. En effet, 40% des audiolecteurs déclarent qu’ils ont été influencés par une critique sur Youtube. En outre, les avis sur Facebook ont souvent réussi à persuader les gens d’essayer les livres audio, 36% des répondants indiquant que cela avait été un facteur clé.

Source:Publishing Perspectives

9 octobre 2020

Prix du Cercle Montherlant - Académie des beaux-arts 2020 pour un livre sur Courbet

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Le Prix du Cercle Montherlant - Académie des beaux-arts 2020 est décerné à l’ouvrage Courbet. La vie à tout prix de Valérie Bajou publié aux éditions Cohen & Cohen. Valérie Bajou signe ici une monographie de référence sur la vie et l’œuvre du peintre, incluant les dernières découvertes ainsi que les œuvres récemment restaurées. Elle s’est attachée à tracer un portrait tout en nuance de l’artiste qui sut si bien se mettre en scène, manier le scandale et la provocation tout en préservant paradoxalement une vie solitaire et secrète. D’abord conservateur au musée d’Orsay puis au musée Fabre de Montpellier, Valérie Bajou est conservatrice au château de Versailles pour la peinture du XIXe siècle. Auteur d’une thèse sur Fantin-Latour, elle a publié en 1993 une monographie sur Frédéric Bazille, un livre sur Eugène Carrière en 1998, une monographie, Monsieur Ingres en 1999, et, en 2002, l’inventaire après décès du peintre Antoine Jean Gros. Spécialiste de la peinture française du XIXe siècle, elle a participé à plusieurs expositions dans ce domaine ; elle enseigne également à l’École du Louvre.

Créé en 2002, le Prix du Cercle Montherlant – Académie des beaux-arts récompense chaque année un ouvrage d’art de langue française. D’un montant de 10.000 euros, le Prix est réparti depuis 2016 entre l’auteur (8000 euros) et l’éditeur (2000 euros) ; il est entièrement financé par Monsieur Jean-Pierre Grivory, président directeur général de la Société « Parfums Salvador Dali ».

Source: Académie des beaux-arts

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8 octobre 2020

Le prix Nobel de littérature pour la poétesse américaine Louise Glück

Nobel Littérature 2020

Le 113e prix Nobel de littérature a été attribué à la poétesse américaine Louise Glück, jeudi 8 octobre, une récompense surprise attribuée pour son œuvre entamée à la fin des années 1960. Agée de 77 ans, Louis Glück est couronnée « pour sa voix poétique caractéristique, qui avec sa beauté austère rend l’existence individuelle universelle », a annoncé l’académie suédoise en décernant le prix à Stockholm.

Louise Glück, née en 1943 à New York, a fait ses débuts en 1968 avec Firstborn et a rapidement été reconnue comme faisant partie des poètes les plus importants de la littérature américaine contemporaine. Elle a publié douze recueils de poésie et quelques volumes d’essais sur la poésie. « Ses œuvres se caractérisent par un souci de clarté. L’enfance et la vie de famille, la relation étroite avec les parents et les frères et sœurs, est une thématique qui est restée centrale chez elle », a déclaré l’académie. Louise Glück est professeure d’anglais à l’université de Yale.

Averno (2006) est son recueil magistral, une interprétation visionnaire du mythe de la descente aux enfers de Perséphone en captivité d’Hadès, le dieu de la mort. Une autre réalisation spectaculaire est son dernier recueil, Nuit fidèle et vertueuse. En français, la traduction de cette poétesse est restée jusqu’ici confidentielle, faute de parution en volume. Elle se limite à des revues spécialisées. Elle a consacré un de ses poèmes à Jeanne d’Arc en 1976.

Source: Le Monde

7 octobre 2020

Le bureau des auteurs pour aller plus loin que le livre

Bureau des auteurs

Le bureau des auteurs a pour objectif de donner plus de dimension aux livres et au travail des auteurs. Cette plateforme est une sorte de place des marchés pour les entreprises et structures désirant faire intervenir des auteurs dans des colloques, des rencontres ou séminaires.

« Dans cette période particulière, il est essentiel pour Editis de soutenir les auteurs en expérimentant avec eux de nouvelles collaborations. S’engager sur ce chemin, c’est ouvrir le livre sur le monde et nous sommes impatients d’associer les auteurs à cette grande aventure » a déclaré Michèle Benbunan, Directrice générale d’Editis.

Près de 200 auteurs, publiés dans 48 maisons d’édition sont prêts à apporter leur collaboration aux différents demandeurs. Ils sont présentés sur le siteLa plateforme est découpée en deux parties, d’un côté les auteurs sont présentés, de l’autre les 400 thématiques couvertes par le champ de compétences des écrivains sont listées. Les thématiques couvertes sont par exemple : le développement personnel, spiritualité, police – justice, arts, environnement etc. Cette prestation est bien entendu payante pour les entreprises qui sollicitent un auteur. Il faudra payer entre 5 et 10 000 euros selon le format choisi. Bien entendu, les auteurs sont rémunérés pour cette prestation. On ne connait pas la part réservée aux écrivains mais nous espérons qu’elle est conséquente. 

Source: Idboox

6 octobre 2020

Début de publication d'une encyclopédie de plus 800 volumes

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Il fallut une vingtaine d'années à Diderot et d'Alembert pour éditer, entre 1751 et 1772, leur célèbre encyclopédie. L'année 2020 verra la publication progressive d'une autre encyclopédie composée de plus de 800 volumes. Baptisé Sciences, ce projet piloté par l'éditeur ISTE Group a vocation à dresser l'état des savoirs dans une trentaine de domaines : la biologie, les mathématiques, l'agronomie, la cognition, l'énergie, l'architecture...

"À la tête de chaque grand domaine de recherche, un responsable définit des thèmes puis recrute des spécialistes de ces thèmes qui vont eux-mêmes assurer la coordination d’un ou plusieurs ouvrages, avec les auteurs les plus pointus dans ce domaine, des chercheurs et enseignants reconnus dans le monde entier, dont de nombreux Français" explique  Jean-Charles Pomerol, président du conseil scientifique d’Iste qui a présidé l’université Pierre et Marie Curie entre 2006 et 2011.

La publication des premiers titres de Sciences a commencé au mois de septembre 2020 avec la présentation des quarante premiers volumes dont celui consacré aux océans. Elle devrait se poursuivre à un rythme ambitieux : de 100 à 150 titres par an pour atteindre plus de 800 volumes.

"Nous souhaitons être le plus exhaustif possible" précise Bernard Reber, en charge des volumes consacrés aux sciences humaines et sociales. Des mises à jour devraient également voir le jour "au format numérique".

Source: Archimag

5 octobre 2020

Blocage des importations argentines de livres à cause de l'utilisation d'une encre polluante

importations bloquées Argentine

S'il y a plus de 500 exemplaires, il est nécessaire d'analyser l'encre avec laquelle ils sont imprimés à la recherche de matériaux lourds, principalement du plomb. Si le montant est inférieur, un permis officiel suffit pour approuver votre entrée, mais cela prend plus de temps que jamais. Telle est la double tactique dilatoire que le gouvernement argentin a utilisée ces dernières semaines pour arrêter l'importation de livres espagnols. L'hypothèse principale pointe le manque de devises dans le contexte de la crise aiguë que traverse le pays comme une explication derrière une mesure qui ajoute une nouvelle difficulté à la reprise du secteur de l'édition espagnol , qui a son premier client en Argentine: elle concentre le 35,2% de ses exportations, avec un chiffre d'affaires de 73,6 millions d'euros, selon les derniers chiffres officiels, à partir de 2018.
"Cela s'est déjà révélé absurde, tous les tests étaient toujours négatifs ou avec des niveaux non pertinents", explique un distributeur argentin et importateur de divers éditeurs espagnols qui réclament l'anonymat. La référence dans le passé la motive que la mauvaise mesure de contrôle de l'encre a déjà été appliquée par l'Argentine entre 2011 et 2015, ce qui a pris "jusqu'à deux mois pour pouvoir retirer les livres espagnols des navires", se souvient-il.
Les résultats des analyses n'étaient pas non plus une surprise. "Depuis 1995, une directive européenne interdit l'utilisation de plomb et d'autres composants toxiques pour les encres", rappelle Antonio María Ávila, secrétaire de la Fédération des corporations d'éditeurs d'Espagne (FGEE). "C'est clairement une mesure interne pour économiser les devises et protéger son industrie graphique", souligne-t-il, en contraste avec les déclarations dans son pays du président de la Fédération argentine de l'industrie graphique et assimilée, Juan Carlos Sacco, pour qui la réglementation est " biais environnemental »et santé. «En dehors de nombreux objets de collection sont imprimés qui sont vendus dans des kiosques, la restriction vise plus à cela, à protéger l'industrie de l'imprimerie», souligne Pablo Braun, propriétaire de la maison d'édition et de la librairie argentine Eterna Cadencia, informe Federico Rivas.

Bien que la résolution récupère celle de 2010, l'importateur argentin a commencé à déceler une nuance cruciale dans sa demande depuis début juin: «Le permis, si vous importiez moins de 500 exemplaires, était autrefois presque automatique, cela ne prenait qu'une semaine; maintenant ils n'approuvent pas ou ils le font dans un compte-gouttes, en retardant entre deux et trois mois ».
"Notre distributeur nous a recommandé il y a quelques semaines d'arrêter une expédition", admet Joan Tarrida, directrice générale de Galaxia Gutenberg, inquiète car la mesure "vient en pleine préparation de la campagne de Noël et ne fait que rajouter de l'incertitude", dans le contexte des ravages du coronavirus dans le secteur. Dans son cas, 20% des ventes proviennent des exportations, dont l'Argentine représente «près de 7%». Eva Congil, directrice générale d'Anagrama a la même crainte que sa collègue.  le marché argentin représente  «minimum 10%» du chiffre d'affaires. 
Pour Tarrida, "la solution est d'imprimer davantage là-bas, ce que ces mesures recherchent aussi en partie, mais cela implique des problèmes techniques plus importants et un investissement plus important dans la promotion car on lance plus d'exemplaires et on le joue davantage". Pour la direction d'Anagrama, "si vous avez des auteurs argentins dans votre catalogue, vous pouvez faire un peu mieux, mais imprimer là-bas signifie que vous arrêtez d'imprimer ses exemplaire en Espagne lors du tirage initial et, par conséquent, cela affecte votre rentabilité." A Anagrama, pour la campagne de Noël, le pari est de lancer Cristina Morales et Guadalupe Nettel avec force.  devait On devait imprimer  le dernier livre de l'écrivaine  mexicaine, The Only Daughter au Chili, mais finalement il le sera en Argentine».
Un autre détail est la qualité des imprimantes argentines. «Les arts graphiques sont moins puissants que ceux espagnols et rares sont ceux qui peuvent travailler en numérique pour de faibles tirages», admet l'importateur. Et il souligne les surcoûts, "considérablement élevés", de dépasser 500 exemplaires importés, comme la gestion préalable de l'envoi de deux exemplaires pour l'analyse des encres.
Si la situation est complexe pour les éditeurs littéraires, elle est "presque insurmontable" pour les éditeurs de livres pour enfants, selon le même importateur, car "ce sont de très gros tirages, qui sont généralement réalisés sur le marché asiatique en raison des coûts et que, techniquement, les imprimeurs argentins peuvent difficilement assumer ». Braun le confirme: "Ceux qui éprouvent des difficultés sont ceux qui impriment à l'étranger, comme en Chine".
Si les éditeurs espagnols ne peuvent pas se passer du marché argentin, c'est parce qu'il y a "un noyau dur de lecteurs, c'est très stable dans ce pays", estime Congil. Mais il existe un consensus sur le fait que la bibliodiversité en souffrira. «Dans les célèbres librairies de Buenos Aires, il y a de nombreux livres fabriqués en dehors de l'Argentine; Si cela continue pendant longtemps, les œuvres de certains auteurs ne seront pas lues car il n'y a pas d'éditeurs argentins qui peuvent aujourd'hui acquérir ces droits et je doute que les agences littéraires les négocient pour chaque pays car ce serait risqué », pense Tarrida. 

«La dernière fois, les mesures n'ont pas provoqué de catastrophes économiques majeures, mais elles ont profité à de grands groupes comme Planeta ou ce qui est maintenant Penguin Random House Grupo Editorial, car ils impriment ici et mettent beaucoup plus de livres en circulation, la FGEE n'a pas reçu, pour l'instant, de plaintes des rédacteurs en chef, dit Ávila,  bien qu'il rappelle que les mesures argentines "violent toutes les réglementations internationales" et n'excluent pas de "notifier les bureaux commerciaux officiels" et de demander "une certaine gestion diplomatique ».

Source: El Pais

3 octobre 2020

Le projet participatif voulant changer les mentalités

Astra Mortem

Une heure et une minute. C’est le temps qu’il a fallu, mardi 28 septembre, au projet Astra Mortem pour atteindre son objectif de 25.000 euros sur Ulule. Moins de douze heures après son lancement, ce projet de BD résolument punk, imaginé par le populaire YouTubeur Alt236, l’éditeur Sullivan Rouaud et le dessinateur Mehdi Chamsa pour redorer en France le blason de la dark fantasy, avait déjà récolté plus de 101.000 euros, réunis par plus de 1.700 contributeurs.

Ce succès est à la hauteur de l’ambition de ce projet dont la fabrication est un pied de nez à l’édition classique et propose une nouvelle manière, révolutionnaire, de rémunérer les auteurs.

"On peut directement ressentir l’engouement des futurs lecteurs, ce qui n’est pas le cas dans le circuit classique, s’enthousiasme Mehdi Chamsa. C’est très motivant. Ça donne envie de faire la meilleure BD de tous les temps!"

Le trio se dit cependant un peu dépassé par l’engouement autour de la campagne. "On n’avait pas prévu ça, assure Alt 236. C’est dur de percuter. On a fait un live sur Twitch et l’énergie des gens, qui ont eu des super suggestions pour la suite de la campagne, nous a fait du bien." Et de valider leur intuition qu’une alternative à l’édition classique est bien possible: "On a eu que de la bienveillance. C’est fou sur Internet aujourd’hui, commente Sullivan Rouaud. Ça permet de croire au circuit court, de nous aux lecteurs".

Le projet est adossé à Waning Publishing, "maison d'auto-édition et de ténèbres" elle aussi lancée par Sullivan Rouaud et Alt 236 et qui tire son nom d’un mot anglais désignant le croissant déclinant de la Lune. Une métaphore de leur vision de l'édition, qui doit viser la décroissance en ces temps où le marché, saturé, peine à se renouveler et à prendre des risques. Si le financement participatif sur Internet et la micro-édition ont permis depuis des années de faire émerger des talents nouveaux, le projet Astra Mortem est doté d’une dimension supplémentaire.

"On ne vise pas le gros volume. On veut produire des livres qui soient responsables dans leur fabrication et viser les gens qui veulent vraiment ce genre de livres", annonce Alt 236. "Si on ne l’avait pas fait comme ça, le projet n’existerait pas sous cette forme", souligne Sullivan Rouaud. Leur objectif est de pouvoir publier en toute liberté, sans contrainte éditoriale, un type d’œuvre qui a quasiment disparu des librairies: 300 pages noir et blanc de dark fantasy cosmique.

Ce genre, dont sont dérivés de grands succès récents comme le manga Berserk, s’inscrit dans une tradition bien française. De Gustave Doré au XIXe siècle à Métal Hurlant dans les années 1970 en passant par George Meliès dans les années 1900, la France a toujours produit d’ambitieuses œuvres fantastiques ou de SF. Ce patrimoine n’est plus valorisé. A travers Astra Mortem, Sullivan Rouaud et Alt 236 veulent retrouver cette énergie créatrice, mais aussi la souplesse éditoriale d’un Métal Hurlant qui dans les années 1970 a édité des auteurs (Corben, Moebius) dont l’influence a pesé sur certains des films les plus importants de l’histoire, de Star Wars à Mad Max en passant Evil Dead.

"On n’a pas de nostalgie. On n’a pas envie de refaire ces œuvres à l’identique, mais de retrouver la même envie", insiste Alt 236. Pour créer cette "histoire sans borne au niveau de l’imaginaire", "éditorialement punk", ils ont fait appel au dessinateur Mehdi Chamsa, "mutant de l’espace" dont ils veulent faire une star du 9e Art.

"Notre plaisir est d’inventer une histoire où on peut faire ce que l’on veut, qui va convoquer des choses que l’on rêve de voir à l’image et qui vont être exécutées par quelqu’un que l'on admire", résume Alt 236.

Punk, ce projet l’est surtout dans sa manière de rémunérer le dessinateur d’Astra Mortem, bien au-dessus des taux qui ont cours dans l’édition traditionnelle. Si Sullivan Rouaud et Alt 236 toucheront chacun 5% de l’argent récolté lors de la campagne, Mehdi Chamsa en aura lui 25%. Du jamais vu dans l’édition.

"Personne n’acceptera jamais ça, précise Sullivan Rouaud, lui-même éditeur chez Hi Comics, spécialisé dans la BD américaine. Il faudrait se passer soit de la diffusion soit de la distribution, soit de la marge des libraires."

Ce qui serait impossible, tant le succès d’un livre dépend d’eux. "Le monde de l’édition est figé, poursuit Sullivan Rouaud. Chaque répartition ne peut bouger que d’un ou de deux pour cent. La diffusion va prendre de 15 à 16. Le distribution 18 à 20. L'artiste entre 8 et 10. La fabrication entre 10 et 15. Et à la fin il reste 20% de marge pour la maison d’édition, avec laquelle ils vont payer les salaires des gens. Les libraires vont prendre 40% sur le prix de vente d’un bouquin".

La répartition voulue par Sullivan Rouaud et Alt 236 favorise l’auteur, mais laisse à leur société une marge dérisoire de 1,5%. "Clairement, cette boîte n’aura jamais les moyens de payer qui que ce soit, à part un comptable en freelance et les auteurs. Et Waning ne sera jamais en bourse", s’amuse Sullivan Rouaud, qui conserve d'ailleurs son poste d'éditeur chez Hi Comics et s'occupera de Waning Publishing en parallèle.

L’autre combat de Waning Publishing est écologique - et tout aussi irréalisable dans l’édition classique: "à partir de 100.000 euros [récoltés sur Ulule], on replante un arbre pour chaque arbre qui a servi à la construction du bouquin, annonce Sullivan Rouaud. Dans la micro-édition et chez les indés, il y en a qui le font, comme [l'éditeur suisse] Atrabile par exemple. C’est une manière de réduire l’empreinte carbone. Les livres qui passent par la Slovénie et l’Allemagne dans l’édition classique ont une empreinte carbone irrattrapable quand ils arrivent chez nous en France."

Après le succès d’Astra Mortem, la prochaine étape sera de développer les activités de Waning Publishing au-delà de la BD. Ils ont dans leur ligne de mire une œuvre mythique devenue introuvable, Le Necronomicon (1977), premier recueil de l'artiste suisse H. R. Giger, dont les images ont donné naissance à Alien (1979) de Ridley Scott. Le livre sera proposé dans sa version absolue, avec des inédits, sur Ulule, au début printemps prochain.

Source: BFM TV

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