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26 février 2026

Le phénomène « KPop Demon Hunters » bientôt dans les librairies françaises

En collaboration avec Random House Children’s Books et Netflix, Les Livres du Dragon d’Or et Pocket Jeunesse (Edi8) inaugurent une collection jeunesse tirée du film phénomène KPop Demon Hunters, diffusé sur la plateforme américaine. Deux premiers ouvrages sont attendus début mars, avant la parution de deux autres titres au printemps. Il fait un carton planétaire. Sorti sur Netflix en juin 2025, l’anime KPop Demon Hunters, porté par Maggie Kang, Chris Appelhans, s’est hissé au rang de long-métrage le plus regardé de la plateforme avec plus de 541 millions de vues en à peine 100 jours de diffusion. Une performance appelée à se prolonger en librairie ? C’est en tout cas le pari que souhaite relever Random House Children’s Books, filiale de Penguin Random House, qui, au terme de plusieurs mois d’enchères, a décroché les droits de création et d’édition des ouvrages liés à l’univers du film, en partenariat avec Netflix, publiant ainsi ses deux premiers titres dès le 31 décembre 2025.

Dans un premier temps, Les Livres du Dragon d’Or publieront l’album Kpop Demon Hunters – Pour les fans !, tiré à 50 000 exemplaires, puis Kpop Demon Hunters – Le livre officiel de posters, dont le premier tirage est annoncé à 30 000 copies. Pensés comme des ouvrages d’appel, ces deux titres visent à capter immédiatement la communauté de fans tout en installant la visibilité de la licence en librairie. Au printemps, ces premières parutions seront complétées par un roman adapté du film, à paraître chez Pocket Jeunesse en version brochée ainsi qu’en édition collector. Un roman graphique, édité par Les Livres du Dragon d'Or, viendra également étoffer l’offre, tandis que plusieurs albums et livres d’activités enrichiront progressivement la gamme afin de toucher un public plus large. Mais quels éléments du film laissaient présager un tel potentiel d’adaptation ? « Il y a évidemment l’intérêt porté à la Corée du Sud et à la musique K-pop, mais aussi un côté très "girl power" avec trois héroïnes super badass. Le narratif est aussi articulé autour de la famille que l'on se crée, que l’on choisit, ce qui tend par la même occasion à faire valoir le pouvoir de l’amitié », cite Adélaïde Klein. Outre ces axes majeurs, l’intrigue mise sur deux autres ressorts : la question de l’acceptation de soi, incarnée par une héroïne contrainte au secret, et le trope « ennemies to lovers », sous-genre de la romance, entre le « girl band » et son pendant masculin.

« C’est une équation idéale pour une adaptation en livre parce qu’il y a une manne à histoires super forte et stimulante de créativité »,renchérit la directrice du pôle jeunesse et illustré .

Avec ce nouveau rendez-vous éditorial, les éditeurs misent sur le fait, qu’à l’instar du film, les livres toucheront un public large et diversifié. Et que cette proposition cross-média pourra faire patienter les fans de la première heure, déjà dans l’attente d’un second film, envisagé pour 2029.

Source : Livres Hebdo

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27 février 2026

Pagaille dans le secteur de l'édition sud-coréen causée par les livres écrits par l'IA

Selon le Korea Times , dans les librairies et bibliothèques traditionnelles de Corée du Sud, les lecteurs sont de plus en plus susceptibles de tomber sur des livres à l'écriture maladroite, aux arguments décousus, et même aux images « étranges » sans rapport avec le contenu.

Sur les plateformes de livres en ligne, ce phénomène est encore plus marqué : de nombreuses publications présenteraient des couvertures, des titres et un contenu similaires, comme si elles avaient été écrites automatiquement.

Même aujourd'hui en Corée, de nombreux petits éditeurs peu connus peuvent publier plus de 100 titres en un seul mois – une vitesse incroyable sans le soutien de l'IA.

« Ces dernières années, le nombre de livres créés par l'IA a considérablement augmenté », a déclaré un représentant d'Aladin Communications , l'un des plus grands libraires en ligne de Corée du Sud.

Par ailleurs, selon l'Agence coréenne de promotion de l'industrie de l'édition, le nombre d'éditeurs indépendants dans le pays a fortement augmenté, passant de 5 580 à 6 800 entre 2019 et 2023.

L'essor des petits éditeurs a fait de l'IA l'outil idéal pour produire du contenu en masse à un coût quasi nul.

Selon le Korea Times, Luminary Books est cité en exemple. Rien qu'en 2025, la maison d'édition a publié 9 000 titres, couvrant des domaines aussi variés que l'économie , la mode et l'alimentation – une ampleur presque inimaginable sans le soutien des technologies numériques. Ce rythme effréné de publication de livres suscite une vive réaction de la part des experts et du public en Corée du Sud. Nombreux sont ceux qui craignent que la production de masse, avec son intervention technologique profonde, n'érode « l'éthique de l'édition ».

Park Yong Soo, PDG de l'Association des éditeurs coréens (KPA), a déclaré au Korea Times : « Je crains que la montée en puissance de la littérature générée par l'IA n'érode la confiance des lecteurs dans les livres. »

Face à cette situation, certains éditeurs ont renforcé leurs règlements internes. Communication Books , maison d'édition spécialisée dans les classiques traduits et les essais , a publié des directives spécifiques à l'intention des auteurs après avoir reçu des questions de lecteurs se demandant si leurs livres avaient été écrits par une intelligence artificielle. Conformément au nouveau règlement de Communication Books, les phrases générées par l'IA ne peuvent pas être directement insérées dans les manuscrits ; toute infraction sera considérée comme du plagiat. De plus, l'auteur est seul responsable des erreurs découlant du contenu créé avec l'aide de l'IA et ne peut pas mentionner l'IA comme co-auteur. Si l'IA est utilisée comme outil de soutien, cela doit être indiqué dans la préface ou les notes.

Source : vietnam

3 mars 2026

Une proposition de Jean-Philippe Vetter, l'ouverture de de la bibliothèque universitaire 24h/24 à Strasbourg

Le vendredi 27 février, Jean-Philippe Vetter, candidat de la droite et du centre aux élections municipales à Strasbourg, a tenu une conférence de presse sur le thème « sécuriser les parcours de vie ».Dans l’optique d’offrir aux 60 000 étudiants de la ville des conditions pour « bien étudier », le conseiller municipal d’opposition depuis 2014 entend ouvrir les portes de la Bibliothèque nationale universitaire (BNU) de Strasbourg sans aucune interruption, 24h/24.

« Comme dans les pays anglo-saxons, développe-t-il, car tout le monde n’a pas le luxe d’avoir un appartement calme et confortable pour étudier. » S’il n’y parvient pas, M. Vetter prévoit de se rabattre « sur une médiathèque », en ciblant tout particulièrement la médiathèque André Malraux.

Source : Actu Strasbourg

4 mars 2026

Retrait d'Amazon du Festival du livre de Paris du Livres de Paris

Amazon a annoncé mercredi 4 mars son retrait du Festival du livre de Paris, pour ne pas contribuer à une "polémique absurde" avec le Syndicat de la librairie française (SLF) qui a décidé de ne pas y participer en raison du partenariat entre le festival et le géant du e-commerce. L'évènement est prévu du 17 au 19 avril au sein du Grand Palais.

"Nous regrettons profondément cette manœuvre partisane du SLF qui, en s'appuyant sur des allégations infondées et trompeuses, confisque l'événement à son profit et le détourne de sa légitime ambition - à savoir la célébration de la lecture, des lecteurs et des auteurs", a répondu mercredi un porte-parole d'Amazon, dans une déclaration transmise à l'AFP. Aussi, "pour éviter de contribuer à cette polémique absurde, Amazon a décidé, d'un commun accord avec le Festival du livre de Paris, de se retirer de cette édition", a-t-il ajouté.

Entre Amazon et le secteur de la librairie en France, les tensions sont vives, notamment autour de l'interprétation d'une loi qui, depuis octobre 2023, impose des frais de port de 3 euros minimum pour toute expédition de livres neufs. Amazon France estime notamment que cette disposition lui permet de livrer gratuitement dans ses casiers ("lockers"), tandis que les représentants du secteur considèrent que le géant essaye de contourner la loi.

Le Festival du livre de Paris, qui réunit quelque 1 200 autrices et auteurs ainsi que 450 maisons d'édition, avait accueilli 114 000 visiteurs en 2025.

Source : France Info Culture

9 mars 2026

Dan Brown nommé chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres le 14 mars

L’écrivain américain Dan Brown sera à l’honneur à Paris le 14 mars 2026, où il recevra la médaille de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, a appris RTL. Cette distinction, décernée par le ministère de la Culture, salue le parcours d’une personnalité dont l’œuvre a marqué le monde des Arts et des Lettres, en France comme à l’international. L’histoire d’amour entre Dan Brown et la France s’est nouée autour de ce livre phénomène, qui entraîne le lecteur dans une enquête haletante au cœur de Paris, du Louvre à l’église Saint-Sulpice. Adapté au cinéma avec Tom Hanks, Da Vinci Code a également inspiré des circuits touristiques dans la capitale, toujours prisés aujourd’hui.

L’auteur sera aussi l’invité d’honneur des Grandes rencontres Hachette, organisées du 13 au 15 mars au palais Brongniart, à l’occasion des 200 ans du groupe. Son dernier roman, Le secret des secrets, paru en septembre 2025, connaît déjà un large succès, avec plus d’un demi-million d’exemplaires vendus en France et 4 millions dans le monde.

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11 mars 2026

Après 156 ans d'existence, liquidation de Hoepli, librairie et maison d'édition italienne

Après 156 ans d'histoire, la maison d'édition et librairie Hoepli va être liquidée . L'assemblée générale des actionnaires, après des semaines de rumeurs, de spéculations et d'inquiétudes de la part des employés et d'autres personnes, a décidé cet après-midi de « dissoudre volontairement la société et de la placer en liquidation à la suite d'un examen approfondi et douloureux de sa situation générale ». Cette décision met un terme à une histoire qui est aussi celle de Milan, à tel point que ces derniers jours, le maire Beppe Sala s'est adressé directement aux propriétaires, leur demandant de prendre des décisions qui ne soient pas préjudiciables aux employés et invitant les deux branches familiales rivales à régler leurs différends à l'amiable. 

Le communiqué de presse indique : « L’analyse approfondie, tant actuelle que prévisionnelle, des résultats d’exploitation négatifs, corrélés aux performances attendues du marché de l’édition et du livre, et l’impossibilité persistante de mettre fin au conflit interne préjudiciable ont fait de la liquidation volontaire la seule solution juridiquement appropriée pour éviter la dispersion des actifs de la société et assurer, dans la mesure du possible, leur meilleure protection. » La procédure de liquidation a été confiée à l’avocate Laura Limido , afin de « garantir une liquidation impartiale et efficace, dans le respect total des droits des créanciers, des employés et de toutes les parties intéressées , dans le but de préserver la valeur des actifs de la société et de garantir la protection maximale des parties concernées. »

Source : La Repubblica

18 mars 2026

Signature d’un partenariat entre le Conseil d’État et la BnF

Dans un communiqué de presse, le Conseil d’État et la Bibliothèque nationale de France anonce avoir signénune convention de partenariat. Cette convention fait la bibliothèque du Conseil d’État un « pôle associé » de la BnF.

Signé par Didier-Roland Tabuteau, vice-président du Conseil d’État, et Gilles Pécout, président de la Bibliothèque nationale de France, ce partenariat inaugure une coopération entre les deux institutions, qui s’inscrit dans le cadre d’un programme de numérisation et de valorisation concertées en sciences juridiques, avec pour objectif de développer une collaboration scientifique et culturelle durable au bénéfice des publics des deux établissements.

À travers cette convention, les deux institutions entendent renforcer le signalement, la valorisation et la diffusion des collections patrimoniales de la bibliothèque du Conseil d’État, développer leur valorisation numérique sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, conduire des projets scientifiques et culturels communs et améliorer la visibilité de ces ressources au sein des réseaux nationaux de coopération documentaire.

19 mars 2026

50 000 £ dans le cadre du fonds Airbnb pour le festival du livre de Wigtown

Le festival littéraire de Wigtown en Ecosse a reçu une subvention de 50 000 £ dans le cadre du programme « Best of British » d’Airbnb. Wigtown figurait parmi les lauréats de ce programme doté d’un million de livres sterling, lancé par Airbnb en partenariat avec Visit Britain afin de « dynamiser l’hospitalité locale, stimuler le tourisme dans les communautés du Royaume-Uni et célébrer les traditions et les expériences qui rendent les voyages en Grande-Bretagne uniques et inoubliables ».

Ces dernières années ont été difficiles pour des événements comme ce festival de 10 jours, en raison de la pandémie de Covid-19 et de la crise du coût de la vie. Le festival a ajouté qu'avec la reprise du nombre de visiteurs,  il est « essentiel qu'ils puissent investir dans l'amélioration de l'expérience des visiteurs et des infrastructures ».

Ce nouveau financement permettra d' embellir la ville avec des décorations et des guirlandes supplémentaires, et de créer un parcours poétique pour célébrer le centenaire du poète Alastair Reid, originaire de la région. Il contribuera également à l'élaboration de suggestions d'itinéraires pour des excursions d'une journée dans la région et à l'amélioration des infrastructures du festival. 

Isla Rosser-Owen, directrice générale de Wigtown Festival Company, a déclaré : « Nous sommes ravis de figurer parmi les lauréats du programme Best of British Fund d’Airbnb. Depuis plus de 25 ans, le Wigtown Book Festival rassemble les passionnés de littérature dans la ville écossaise du livre, accueillant chaque année près de 20 000 visiteurs et contribuant à hauteur de 4,3 millions de livres sterling à l’économie locale. Ce financement nous permettra de redynamiser le festival pour 2026 et les années suivantes, et de consolider la place de Wigtown parmi les destinations culturelles les plus emblématiques du Royaume-Uni. »
« Ces fonds serviront à donner à la ville une ambiance encore plus festive pour nos visiteurs d'automne, à attirer davantage de monde dans la région et à les inciter à prolonger leur séjour. Cette initiative est particulièrement bienvenue en cette période d'incertitude qui touche les événements artistiques et communautaires, notamment dans les zones rurales économiquement fragiles comme la nôtre. Des subventions comme celle-ci sont essentielles pour nous permettre de continuer à jouer un rôle moteur dans la régénération économique et la promotion des arts. »

Luke Impett, responsable des partenariats et des relations extérieures chez Airbnb Royaume-Uni, a déclaré : « Félicitations au Wigtown Book Festival, lauréat du prix Best of British Fund d’Airbnb. En tant que Ville nationale du livre d’Écosse, Wigtown a créé un événement exceptionnel, réunissant lecteurs, écrivains et la communauté locale dans une démarche qui célèbre à la fois la culture et le territoire. »  

« C’est exactement le genre d’initiative passionnée et menée par la communauté que le fonds Best of British a été créé pour soutenir, contribuant à préserver les traditions locales tout en incitant davantage de personnes à découvrir et à vivre des destinations incroyables à travers le Royaume-Uni. »

Le festival de cette année se déroule du 25 septembre au 4 octobre.

Source : The Bookseller

21 mars 2026

Fermeture de son site de vente en ligne par the Works (équivalent de Cultura au Royaume-Uni)

L'enseigne The Works (équivalent de Cultura au Royaume-Uni) a cessé immédiatement ses activités en ligne afin de se concentrer davantage sur ses magasins physiques. L'enseigne a déclaré être passée à un site web « non transactionnel », précisant que plus de 90 % de ses ventes étaient réalisées dans ses magasins physiques, et qu'elle prévoyait d'en ouvrir 100 autres. 

Suite à cette nouvelle, le cours de l'action a bondi de 18,7 %, soit 6,9 pence, pour atteindre 43,8 pence.

Le groupe a indiqué que des « difficultés opérationnelles » rencontrées par deux prestataires logistiques tiers différents avaient « considérablement affecté » les performances de son site de vente en ligne au cours des deux dernières années.  L'ampleur de ces difficultés «dépassait les progrès» réalisés dans le développement de sa boutique en ligne. 

L'enseigne The Works, qui vend des livres, des articles de loisirs créatifs, de la papeterie et des jouets dans plus de 500 magasins au Royaume-Uni, a déclaré que son site web servirait désormais de « vitrine » pour ses magasins et sa marque. 

Dans une communication aux investisseurs, la société a déclaré : « Compte tenu de ces problèmes, de la contribution relativement faible et décroissante du canal aux revenus et de ses performances déficitaires, le conseil d'administration a évalué un large éventail d'options et a déterminé que le canal n'est plus viable, la solution optimale étant de passer à un site web non transactionnel. »

Source :  This is Money

27 mars 2026

Un don remarquable à la bibliothèque municipale de Toulouse

Alors que beaucoup visent le profit, une Toulousaine a préféré le partage des savoirs. Une ancienne professeure agrégée de lettres vient de donner un exemplaire des Essais de Montaigne, détenu, depuis des générations, dans sa famille. Son souhait est que le plus grand nombre ait accès à cet exemplaire, vieux de 370 ans, de ce classique de la littérature française. C'est dans cette optique, que son ancienne propriétaire a effectué cette donation à la bibliothèque municipale de Toulouse (Haute-Garonne).

"Montaigne a écrit et publié ce texte en 1580, mais c'est un texte qui a été très évolutif, déjà de la vie de l'auteur qui est mort en 1592 en continuant à annoter ses exemplaires pour de nouvelles éditions. C'est une très belle impression, une très belle mise en page avec un très beau frontispice gravé représentant le portrait de l'auteur. C'est vraiment une belle édition", explique Magali Vène, directrice de la bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse à France 3 Occitanie.
L'ouvrage a été édité en 1657, soixante-cinq ans après la mort de Montaigne. A ce jour, seuls dix-huit autres exemplaires de cette édition sont consultables dans des bibliothèques publiques en France.

La donatrice préfère rester anonyme mais on peut imaginer l'émotion qu'elle a pu ressentir lors de ce don.

"Cette donatrice, qui a été très discrète, nous a quand-même dit que les Essais avaient une importance pour elle dans la mesure où ce livre était dans sa bibliothèque familiale depuis très longtemps. Elle était tombée au concours de l'agrégation sur Montaigne et quand elle a réussi ce concours ses parents lui ont offert ce livre familial.", explique Magali Vène,directrice de la bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse.
L'ouvrage étant vieux de 370 ans, il nécessite quelques soins même si sa couverture, sa reliure et ses pages sont en bon état.
L'exemplaire reçu va devoir subir une sorte de quarantaine en étant placé dans une salle avec un taux d'hydrométrie de 40 % afin de stopper les moisissures accumulées au fil des siècles.
Chaque page de l'ouvrage sera ensuite aspirée pour éviter qu'il n'y ait une infestation possible aux autres livres présents dans la bibliothèque municipale. À l’issue de ces précautions, l'ouvrage pourra enfin être consulté par le public. L'exemplaire récemment donné complétera ainsi la belle collection des Essais de Montaigne, à disposition à la bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse. Parmi cette collection se trouve un ouvrage dont les annotations manuscrites pourraient être attribuées à l'auteur lui-même.

"La communauté scientifique s'est beaucoup intéressée à ces notes parce qu'elles sont très savantes, elles sont très particulières. On a pu se dire qu'elles étaient peut-être de la main de Montaigne, pour le moment ce n'est pas tranché", explique Magali Vène, directrice de la bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse.

 

31 mars 2026

Poursuite d'OpenAI en justice par Penguin Random House

Une affaire fascinante pour l'ensemble du secteur créatif : le groupe d'édition Penguin Random House a porté plainte contre OpenAI devant le tribunal régional de Munich. Il allègue que les droits d'auteur de son auteur et illustrateur, Ingo Siegner, sur le contenu de sa série de livres « The Little Dragon Coconut » (cbj) ont été violés. L'Association allemande des éditeurs et libraires se félicite de cette action en justice. 

Selon un communiqué de presse de Penguin Random House, ChatGPT reproduit, sous une forme reconnaissable, des contenus d'œuvres protégées par le droit d'auteur d'Ingo Siegner, même en réponse à des requêtes simples. Les œuvres de Siegner sont publiées par PRH-Verlag cbj. Le chatbot génère également des illustrations du personnage « Coconut le petit dragon » pratiquement identiques à l'original. De plus, ChatGPT « propose de manière proactive des suggestions pour la création d'un manuscrit prêt à imprimer, notamment des illustrations de couverture et des résumés enfreignant les droits d'auteur, ainsi que des instructions précises pour la publication sur les plateformes d'autoédition. »

Le groupe d'édition dispose de preuves irréfutables que les œuvres d'Ingo Siegner ont été utilisées illégalement pour entraîner le système d'IA et sont désormais présentes dans le modèle sous forme de « mémorisation » . Cela revient à stocker du contenu protégé par le droit d'auteur que le système peut ensuite reproduire à la demande de l'utilisateur.

Du point de vue du groupe d'édition Penguin Random House, la publication décrite constitue également une reproduction et une diffusion publique non autorisées . PRH considère donc que les droits d'auteur de son auteur et illustrateur, Ingo Siegner, ainsi que les droits exclusifs d'utilisation et d'exploitation de son éditeur cbj , sont violés.

Un autre volet de la plainte vise à garantir la transparence pour les lecteurs . Des mesures de protection appropriées devraient empêcher l'utilisation du nom d'un auteur humain pour un contenu généré en grande partie par une intelligence artificielle.

"Par cette action en justice, nous souhaitons contribuer à la protection efficace des droits d'auteur à l'ère de l'intelligence artificielle et à la garantie de conditions équitables pour les professionnels de la création." explique  Carina Mathern, membre du conseil d'administration du groupe d'édition Penguin à Boersenblatt.

La plainte a été précédée d'une mise en demeure exigeant la divulgation d'informations – à laquelle OpenAI n'a pas répondu malgré un délai imparti, selon Penguin Random House. La plainte a donc été déposée auprès du tribunal régional de Munich le 27 mars .

« La créativité humaine est et reste au cœur de notre travail d'éditeurs », déclare Carina Mathern, éditrice et membre du conseil d'administration du groupe d'édition Penguin Random House : « C'est pourquoi nous sommes avant tout attachés aux intérêts de nos auteurs et créateurs. »

Le groupe d'édition se montre globalement ouvert aux opportunités offertes par l'IA : « Parallèlement, la protection de la propriété intellectuelle demeure notre priorité absolue. Par cette action en justice, le groupe Penguin Random House souhaite contribuer à la protection effective des droits d'auteur à l'ère de l'intelligence artificielle et garantir des conditions équitables aux professionnels de la création . »  

L'intelligence artificielle ne doit pas se développer au détriment des créateurs de contenu. Ceux qui utilisent des œuvres protégées par le droit d'auteur doivent garantir des solutions transparentes, équitables et conformes aux licences." , explique Peter Kraus vom Cleff, directeur général de l'Association allemande des éditeurs et libraires
Il s'agit de transparence et de licences.
Dans un communiqué publié simultanément, l'Association allemande des éditeurs et libraires décrit la plainte comme « une étape importante vers la réglementation urgente de l'IA générative ».

Pour Peter Kraus vom Cleff , directeur général de l'Association allemande des éditeurs et libraires, le procès intenté contre OpenAI démontre que le conflit autour du droit d'auteur à l'ère de l'IA n'est plus une question marginale. « De plus en plus de créateurs et de titulaires de droits engagent des poursuites judiciaires contre l'utilisation de leurs œuvres. »

L’application des droits est souvent particulièrement difficile pour l’industrie du livre, car les entreprises spécialisées en IA divulguent rarement les outils d’entraînement utilisés sans licence.  « Il est donc d’autant plus important que les tribunaux définissent clairement où commence l’appropriation illicite, notamment en ce qui concerne les questions de mémorisation », explique Kraus vom Cleff : « L’IA ne doit pas se développer au détriment des créateurs de contenu. Toute personne utilisant des œuvres protégées par le droit d’auteur doit garantir des solutions transparentes, équitables et sous licence . »

 

5 avril 2026

Une opération inédite de transcription de livres en braille

Enfin du choix pour les lecteurs malvoyants et non-voyants. C'est l'objectif du Centre de Transcription et d’Édition en Braille (CTEB) de Toulouse avec l'opération "Livre en braille à la demande". Un dispositif inédit qui s'étend sur tout le mois d'avril 2026, durant lequel les lecteurs peuvent demander la transcription en braille de l'ouvrage de leur choix. D'après l'association, en France, seuls 6% des livres sont adaptés aux déficients visuels, et seulement 4% sont retranscrits en braille.

"Les non-voyants ont accès à un pourcentage très faible des sorties nationales. On a une volonté de rendre cette littérature accessible, on fait 200 livres par an. C'est très peu, ce qui nous oblige à faire des choix assez drastiques", explique Benjamin Sanchez, transcripteur au CTEB.

À l'heure des nouvelles technologies, et même si l'on estime que seuls 15% des non-voyants et malvoyants lisent le braille, c'est un projet qui compte pour l'association. "C'est autant important d'avoir accès à des livres en braille qu'à des livres "en noir". Il y a de l'audio, du numérique, mais on est très attaché au papier et comme n'importe quel lecteur peut préférer un livre papier au livre audio, on pense que c'est important que chacun puisse y avoir accès", détaille Benjamin Sanchez.
Au-delà de la charge de travail et du volume représenté par la retranscription en braille, un autre obstacle existe : le coût.

"Plus on fait de livres, plus on perd de l'argent. Un livre, ça nous coûte entre 700 et 900 euros à faire, et on le vend au prix libraire entre 11 et 22 euros. Donc ça fait entre 700 et 900 euros de perte par livre. Mais à la fois, c'est aussi notre mission de faire des livres et c'est pour ça que l'association existe, pour rendre la littérature accessible à tous", conclut Benjamin Sanchez.

Pour subsister sur le plan économique, le Centre de Transcription et d’Édition en Braille a dû diversifier ses activités, et produit aujourd'hui toutes sortes de documents en braille : des relevés bancaires, des cartes de visite, mais aussi des menus ou encore de la signalétique. Il peut également s'appuyer sur de nombreux bénévoles.

Source  : France 3 Occitanie

12 avril 2026

Pas d'exemplaires vendus en un an pour la moitié des livres publiés en Espagne

Les données ont été révélées par le dernier Congrès des libraires : 49,4 % des titres disponibles dans les librairies espagnoles ne se vendent pas à un seul exemplaire au cours de l’année. Et ce nombre ne cesse d'augmenter depuis des années. L'Espagne publie plus de 90 000 livres par an, soit environ 27 nouveaux titres par jour. Le marché est en pleine expansion, mais il est devenu un brouhaha assourdissant que presque personne n'écoute.

Pourquoi tant de livres sont-ils publiés ? « Certains titres ne sont pas publiés pour être vendus, mais pour occuper de la place sur les étagères », explique l’éditeur Enrique Redel.

Les grands groupes lancent de nouveaux titres à fort taux de rotation : la semaine suivante, ils sont déjà remplacés par un autre. Qui gagne ? Peu. Seuls 4,5 % des titres se vendent à plus de 100 exemplaires par an. Plus de 40 % des ventes proviennent de deux groupes : Penguin Random House et Planeta.

Le nouvel auteur a la tâche encore plus difficile : des avances de plus en plus faibles, des tirages moyens inférieurs à 4 000 exemplaires et à peine 10 % des revenus sur le prix de vente.

Source : El Pais Exprés

14 avril 2026

Lancement de My Smart Book, e-librairie proposant de dialoguer avec son livre grâce à l'IA

C'est lors du premier jour du Festival du livre de Paris, le vendredi 17 avril, que My Smart Book ouvrira son premier dialogue avec les lecteurs. La plateforme est une librairie numérique où l'intelligence artificielle permet d'interroger un livre à partir de son seul contenu, accessible sur tous les écrans iOS et Android. Joints par Livres Hebdo lors d'une visioconférence, les deux cofondateurs Emmanuel Marie-Cardine et Stéphane Amiot présentent un projet qu'ils ont observé et affiné pendant six à huit mois.

« On veut insérer l'IA dans le monde du livre tel qu'il existe aujourd'hui, de manière éthique. Si quelqu'un achète un livre et souhaite l'interroger, la réponse doit être présente dans le livre, et pas ailleurs », pose d'emblée Stéphane Amiot.

Le concept repose sur une idée simple : permettre au lecteur d'interroger le contenu d'un ouvrage qu'il a acheté, depuis l'application My Smart Book, sans jamais sortir du livre. Le lecteur bloqué à une page, peut ainsi demander un résumé des chapitres précédents, poser une question sur un personnage ou une notion, ou encore, en fiction, aller plus loin. « En fiction, vous allez pouvoir dialoguer avec un personnage, avec Madame Bovary par exemple, comme si elle était devant vous », illustre Emmanuel Marie-Cardine. Les livres compatibles avec la fonctionnalité sont commercialisés sous la dénomination Smart Book, à condition que l'ouvrage soit principalement composé de texte, l'analyse d'image n'étant pas encore prise en charge.

« L'e-book peut être une solution aux problématiques écologiques et économiques de l'édition, un moyen d'emmener le livre encore plus profondément dans notre population, surtout chez les jeunes », affirme Stéphane Amiot, pour qui rendre l'expérience de lecture plus ludique reste une clé pour redonner le goût des livres aux nouvelles générations.

Une IA ancrée dans la chaîne du livreTous deux issus de l'édition, Interforum Editis et Media Participations pour Emmanuel Marie-Cardine, Hachette pour Stéphane Amiot, les deux associés ont construit My Smart Book autour d'un constat : des projets de livres interrogeables par IA existent déjà, mais ils fonctionnent sur des fichiers non protégés, souvent piratés. My Smart Book entend se distinguer en restant dans le cadre légal de la chaîne du livre. Au lancement, la plateforme s'appuie sur Ipagine Éditions pour proposer un catalogue de quelque 450 000 titres, sans surcoût lié à l'IA par rapport au prix éditeur habituel.

« 100 % des réponses générées par notre chatbot sont issues du livre. On est dans le complet respect des droits d'auteur, des licences et des DRM fournis par les éditeurs », affirme Emmanuel Marie-Cardine.

Techniquement, la base vectorielle est hébergée sur les serveurs de la plateforme, une connexion Internet est donc nécessaire. La plateforme est par ailleurs en cours de certification par EDR LAB, développeur de l'application de lecture.

« Pour le prix d'un e-book, vous avez un Smart Book », résume le cofondateur, pointant la différence avec la Kindle : « Chez Amazon, vous pouvez juste lire votre livre. Chez nous, vous pouvez lire votre livre et discuter avec. »

Un lancement progressif de My Smart Book sera l'une des trois seules librairies en France à ne proposer que du numérique, sans papier. La plateforme prévoit de constituer sa propre collection de classiques afin d'être également éditeur.

« Ces livres seront vendus avec l'IA incluse, il faut les vendre au moins deux à trois euros pour financer la partie chatbot », précise Emmanuel Marie-Cardine. Le modèle économique reste celui d'une librairie classique, la marge constituant la rémunération de la plateforme, avec un objectif de six à sept millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici trois ans.

Une première levée de fonds a déjà été réalisée, une deuxième, d'un million d'euros, est envisagée pour le second semestre afin d'accompagner le développement.« On n'est pas une entreprise qui va se mettre en déficit les deux ou trois premières années. Une levée de fonds n'interviendra que si notre première phase sur le marché français a réussi, et pourquoi pas ensuite s'élargir à l'Europe et à l'international », tranche Stéphane Amiot. Au Festival du livre, stand A31, les visiteurs pourront tester l'application dès le 17 avril, un classique de la littérature sera offert à l'inscription. « On espère que l'ensemble de l'écosystème du livre nous suivra dans cette aventure », conclut le codirigeant."
  Source : Livres Hebdo

14 avril 2026

Les jeunes Français et la lecture en 2026

La lecture des jeunes est globalement stable par rapport à 2024 (84% lisent pour l’école, les études ou le travail ; 81% lisent pour leurs loisirs) selon les résultats de la cinquième édition de l'étude « Les jeunes Français et la lecture », réalisée par Ipsos bva pour le Centre National du Livre . Elle est toujours bien moins importante chez les 16-19 ans, qui restent nombreux à ne pas lire du tout (plus d’1/3 d’entre eux). Pour les loisirs, la lecture décroît avec l’âge, notamment chez les garçons : 76% d’entre eux lisent à 13-15 ans (écart de 15 pts comparé aux garçons de 7-12 ans) ; 56% à 16-19 ans (écart de 35 pts comparé aux garçons de 7-12 ans). Par ailleurs, la lecture des jeunes reste fragmentée, à différents niveaux selon l’âge : 21% font autre chose pendant qu’ils lisent à 7-9 ans ; 45% à 13-15 ans ; 67% à 16-19 ans. Et sur les derniers livres lus pour l’école, les études ou le travail, les adolescents sont beaucoup moins nombreux que les plus jeunes à les comprendre, les aimer ou les lire facilement.
Pour leurs loisirs, les jeunes passent toujours 10 fois plus de temps sur les écrans qu’à lire des livres
Les jeunes consacrent 18 minutes par jour à la lecture loisir (-1 min. vs 2024, -8 min. vs 2016), avec une diminution du temps de lecture sur des catégories inhabituelles (les 7-12 ans, les filles et CSP+) et une baisse de la lecture régulière chez tous, quand ils passent quotidiennement 3h01 sur les écrans (hors lecture de livres numériques ou écoute de livres audio) et jusqu’à plus de 5h à 16-19 ans. Sur écran, ils lisent peu (16% lisent des livres) et regardent majoritairement des vidéos courtes (56%). Ils passent aussi du temps sur les réseaux sociaux (56% des 7-9 ans ; 72% des 10-12 ans ; 99% des 16-19 ans) et, pour certains, y consacrent au moins 1h par jour (notamment sur TikTok, Instagram et Snapchat).

Quand ils lisent pour leurs loisirs, ils se tournent prioritairement vers les BD, les mangas et les romans Malgré une légère baisse, la bande dessinée (regroupant les albums de BD, les mangas et les comics) reste le premier choix des jeunes pour leur lecture loisir, suivie par les romans, en hausse (+4 pts). Au sein des romans qu’ils lisent, les romans d’aventure, les livres de SF et la romance ont leur préférence, notamment la dark romance chez les filles de 16-19 ans (57%, +7 pts). Si les conseils de proches (surtout de leur mère), la couverture, le héros ou le résumé restent les premiers déclencheurs de lecture, une adaptation sur écran (28%), des publications en ligne (28% ; 32% chez 13-15 ans ; 51% chez les 16-19 ans) et la facilité de lecture (22%) pèsent également. Et pour leurs achats de livres, ils se tournent de plus en plus vers l’occasion (+5 pts vs 2024), quel que soit leur âge, mais en particulier les 7-12 ans (+7 pts). Ils aiment toujours fortement les moments de lectures partagées, néanmoins cette transmission parentale diminue
Une grande partie des jeunes a bénéficié d’une histoire lue par les parents, notamment par la mère (89%), et cette lecture partagée est jugée très positivement par tous. Néanmoins, en 10 ans, cette lecture partagée régulière a diminué et, désormais, même les jeunes de 7-9 ans, qui en sont les premiers destinataires, en bénéficient moins fréquemment (-8 pts vs 2024). D’ailleurs, la figure d’exemple des parents en matière de lecture a également reculé en 10 ans : 18% des jeunes déclarent que leurs parents ne lisent pas de livres eux-mêmes (surtout leur père), quand ils n’étaient que 7% à l’affirmer en 2016. Ils lisent avant tout pour se détendre, se faire plaisir et s’occuper, mais ils préfèrent souvent faire autre chose… sur écran. Pour la première fois, la détente arrive en tête des motivations de lecture, devant le plaisir et le fait de chercher à s’occuper, en forte progression (+8 pts vs 2024 et 2022). La préférence pour d’autres activités est le premier frein à la lecture, accompagnée chez les non-lecteurs d’un manque d’intérêt.
Pour Régine Hatchondo, présidente du CNL : « Il est de notre devoir commun de réaffirmer la place centrale de la lecture dans nos vies. Lire est un temps essentiel, un temps pour soi, qu’il faut absolument préserver. 

14 avril 2026

Jon Klassen, lauréat du prix de littérature jeunesse Astrid Lindgren

Un ours placide a perdu son chapeau et interroge tous les animaux qu'il croise pour le retrouver. Cette histoire plus subtile qu'il n'y paraît et ses illustrations à la fois statiques et énigmatiques ont séduit des milliers d'enfants dans le monde. L'illustrateur et auteur canadien Jon Klassen, 44 ans, auteur de "Je veux mon chapeau" (I Want My Hat Back)a été récompensé mardi du prestigieux prix Astrid Lindgren (ALMA) pour la littérature jeunesse. "Grâce à sa narration subtile et évocatrice, tant par les mots que par les images, Jon Klassen nous ouvre de nouvelles perspectives sur notre place dans l'univers", a détaillé le jury dans un communiqué.

Après son premier ouvrage, paru en 2011, Jon Klassen a développé son univers dans Ce n'est pas un chapeau puis On a trouvé un chapeau, mettant cette fois en scène un poisson et des tortues. "Avec précision, émotion et un humour inventif, les défis de la vie, faits d'incertitude et d'espoir, sont dépeints à travers un jeu de couleurs et de formes", a ajouté le jury, soulignant que ses "récits brillants se distinguent par leur élégance naturelle et leur profondeur ambiguë".

Le deuxième opus de Jon Klassen, paru en 2012, avait déjà remporté une récompense américaine renommée de littérature jeunesse, la Médaille Caldecott, et son équivalent britannique, la Médaille Kate Greenaway, toutes deux décernées par des bibliothécaires professionnels.

Source : France Info Culture

16 avril 2026

Départ de 115 auteurs de Grasset pour dénoncer le limogeage d'Olivier Nora

115 écrivains, dont Virginie Despentes, Frédéric Beigbeder, Bernard-Henri Lévy ou Vanessa Springora, ont annoncé leur départ de chez Grasset contrôlé par le groupe de Vincent Bolloré pour dénoncer le limogeage de son président Olivier Nora dans une lettre publiée aujourd'hui à minuit dont le texte a été publiée par le Monde en voici des extraits :

"Son licenciement est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création. Une fois de plus, Vincent Bolloré dit « je suis chez moi et je fais ce que je veux » au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent.  

Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias. Nous sommes pleinement solidaires des équipes, des autrices et des auteurs qui ne peuvent encore se prononcer."

Un séisme absolu pour cette maison d’édition qui perd ainsi toute sa valeur en vingt-quatre heures et sera confiée à Jean-Christophe Thiery, un proche de Vincent Bolloré. 

7 mai 2026

Vie difficile pour les créateurs de bandes dessinées britanniques malgré des records de ventes

Près de 90 % des créateurs de bandes dessinées qui tirent des revenus de l'édition traditionnelle ne gagnent pas le salaire minimum vital national grâce à leur travail, selon un nouveau rapport, et 13 % d'entre eux dépendent des aides sociales. Le rapport d'étude sur les créateurs de bandes dessinées au Royaume-Uni, publié aujourd'hui par le Comics Cultural Impact Collective, l'Association of Illustrators et la Society of Authors (SoA), révèle une grande précarité financière parmi les créateurs, malgré le succès commercial record du secteur.

Les chiffres de NielsenIQ BookScan inclus dans le rapport montrent que le marché britannique de la bande dessinée a atteint 78,7 millions de livres sterling en 2025, soit une augmentation de 13,9 % par rapport à 2024. Les bandes dessinées pour enfants et les romans graphiques ont généré 25,9 millions de livres sterling, soit une hausse de 28,7 %, ce qui représente la meilleure année de ventes jamais enregistrée pour cette catégorie au Royaume-Uni.

Le rapport décrit un secteur où « les créateurs de bandes dessinées prospèrent, bien souvent, peinent à survivre », citant les bas salaires, la hausse des coûts, la multiplicité des emplois et la menace de l'IA parmi les défis auxquels ils sont confrontés. Il recommande le développement de formations professionnelles spécifiques à la bande dessinée, la création de ressources d'orientation pratiques et la reconnaissance de la bande dessinée comme forme d'art culturel dans les politiques publiques britanniques.

Hannah Berry, créatrice de bandes dessinées primée et ancienne lauréate du prix de la bande dessinée britannique, qui a dirigé le projet, a déclaré : « C'est un secteur qui a besoin d'une attention urgente, et enfin – au milieu d'une passionnante ruée vers l'or artistique, scintillante de potentiel pour que de nouvelles œuvres brillantes atteignent de nouveaux publics ravis – il pourrait bien l'obtenir. »

Anna Ganley, directrice générale de la SoA, a ajouté : « Les créateurs de bandes dessinées ne sont pas épargnés par la menace de l’IA, et ce rapport nous rappelle une fois de plus l’urgence d’une action gouvernementale pour protéger nos industries créatives de renommée mondiale. Les créateurs de bandes dessinées sont un pilier de nos industries créatives et doivent être reconnus et soutenus comme tels. »

Josie Dobrin, présidente de l'Association des illustrateurs, a déclaré : « La bande dessinée est un secteur en pleine expansion de notre industrie créative, pourtant ce rapport démontre clairement que de nombreux créateurs ne profitent pas de cette croissance. Il est urgent de combler le fossé entre un marché florissant et la réalité des bas salaires, de la précarité de l'emploi et des pressions croissantes que subissent de nombreux auteurs de BD. »

Le rapport complet est disponible en ligne

Source : The Bookseller

8 mai 2026

Lecture dans le jardin de l'Abbaye de Tournay

 

Avec l'événement "Samedi, je lis à l'abbaye de Tournay, les moines transforment le 6 juin leur jardin en havre de lecture et d'échanges littéraires.

"Historiquement, nous participons au 1/4 d'heure de lecture national en mars. Mais nous avons voulu aller plus loin, explique Frère Martin, un des fers de lance de la librairie de l'abbaye. Tout au long de l'année, nous recevons beaucoup de gens qui aiment bien lire dans notre jardin. Nous avons donc décidée; d'une journée pour les accueillir et les inviter à s';emparer de ce parc, muni de leur plaid ou de leur siège pliant. L'idée qu'ils se posent, mais puissent aussi à échanger sur leurs lectures, autour du pique-nique par exemple. C'est un évènement culturel, pour lire, mais il sera aussi possible de méditer, de prier, juste d'observer les rites et les offices qui créent une ambiance. A 13 heures, il y aura une lecture de contes pour les enfants, en profitant de l'acoustique des lieux."

Un évènement grand public qui consacre la transformation de la librairie de l'abbaye.

"Depuis trois ans, le magasin, où se vendent nos compotes de fruits, est devenu une librairie indépendante à; part entière, détaille frère Martin, heureux de mettre à profit ses études de lettres au service des visiteurs. Désormais, on réalise nos propres commandes. Majoritairement, il s'agit encore d'ouvrages religieux, mais on a aussi un tiers de notre stock constitué; de livres pour tous, des romans et même quelques BDs."

Un nouveau service ouvert tous les jours sauf le lundi matin qui comble une page blanche puisqu'une librairie ne se trouve à proximité. "On a beaucoup de vacanciers, des curieux qui viennent, explique frè;re Martin. Au-delà du religieux, les abbayes sont, historiquement des lieux culturels, avec des dimensions littéraires, artistiques. On retrouve avec cette librairie cet esprit qui s'était un peu dilué;. Quelque part, c'est important d'offrir l'acces. J'essaie aussi de conseiller les visiteurs de par mes lectures. On prend les commandes de tout le monde, y compris sur Instagram, à toute heure de la journée. Ca commence à se savoir. On a des Tournayais qui viennent et reviennent, même si ce sont parfois les plus proches qui sont les derniers à; faire les quelques pas vers nous.

Source  : La Dépêche du Midi

10 mai 2026

Hommage à Borges durant le Salon du livre de Buenos Aires

Quarante ans après la mort de Borges , survenue à Genève le 14 juin 1986, son œuvre littéraire et son imagination sont au cœur du Salon du livre qui se tient dans la capitale argentine, avec le lancement de nouvelles éditions de ses œuvres et d'études biographiques, ainsi que des expositions et des débats sur son héritage et sa pertinence aujourd'hui. Juste après l'entrée principale du salon, les visiteurs découvrent l'exposition « Borges : National et Universel ». On y trouve des couvertures de journaux et de magazines des années 1960 aux années 1980, présentant l'auteur d'El Aleph. Sous vitrine, des exemplaires de ses livres traduits dans de nombreuses langues, dont le français, l'italien, le portugais, le chinois, l'arabe et le bengali, sont exposés. Face à cette exposition, une installation propose un parcours à travers un labyrinthe , motif récurrent dans l'univers de Borges. Tout en écoutant la voix de l'écrivain, les visiteurs déambulent dans des couloirs sinueux jusqu'à atteindre le centre de l'espace, où un écran diffuse un entretien avec lui. « Le labyrinthe », dit-il alors, avec son hésitation caractéristique, « est un symbole de perplexité, de désarroi face à la vie. Je me sens souvent perplexe ; je dirais même que je suis constamment en proie à l'émerveillement. » Si le visiteur parvient à s'échapper du labyrinthe, il débouche sur une salle qui intègre Borges à la tendance des expositions immersives. Quelques pas plus loin, se trouve une exposition d'illustrations consacrées à l'auteur, organisée par l'Association argentine des illustrateurs .

« 40 ans sans Borges. 40 ans avec Borges » : tel était le titre d'un événement organisé au salon du livre par la maison d'édition Penguin Random House, qui présentait sa nouvelle édition des œuvres de l'écrivain en trois volumes, désormais classés par genre : Nouvelles complètes , Essais complets et Poésie complète . « Borges n'écrit pas une œuvre s'inscrivant dans une littérature existante ; il invente et écrit une littérature, une idée de littérature qui n'existait pas avant lui », a déclaré l'écrivain et professeur Martín Kohan lors de l'événement, s'appuyant sur les idées développées par Alan Pauls dans *Le Facteur Borges *. « C'est une littérature qui a créé ses propres lecteurs. C'est là une part du génie et de la force de Borges », a-t-il ajouté.

Là aussi, la professeure et chercheuse Magdalena Cámpora a constaté la différence de format entre les trois volumes publiés par Penguin : le recueil d’essais est le plus épais, avec le plus grand nombre de pages. « Borges a consacré sa vie entière à réfléchir à la genèse de la littérature », a-t-elle déclaré, soulignant la difficulté de classer ses textes par genre : certains écrits peuvent être considérés comme des essais, des poèmes ou des nouvelles. Ou encore comme n’appartenant à aucune de ces catégories.

Bien que le nouveau volume des Essais complets comprenne même les premiers ouvrages de Borges ( Inquisitions, La Taille de mon espoir et La Langue des Argentins ), qu'il a par la suite reniés et exclus de ses Œuvres complètes , ainsi que certaines de ses conférences ( Sept nuits ), il ne contient pas ses nombreux prologues ni les articles publiés dans des revues (telles que Sur, El Hogar et autres) qu'il n'a jamais rassemblés en livres. Autrement dit, sa production essayistique est encore plus abondante. Le volume de Poésie complète , quant à lui, confirme la tension entre l'œuvre de Borges et les genres : bien qu'il inclue Le Faiseur , il est dépourvu des textes en prose qui ouvrent ce recueil.

En réponse aux critiques qui accusaient Borges d’être « européaniste » ou « étrangisant », Kohan affirmait que peu d’écrivains avaient réfléchi « avec autant de finesse et d’intelligence aux stratégies de la marginalité ». « Lorsque Borges considère la marginalité de la culture argentine, il ne cherche pas à l’abandonner », ce qui reviendrait à valider la prédominance du centre européen, « mais il s’intéresse plutôt à la force de cette marginalité. Borges crée un centre à partir des marges, des confins », expliquait-il, citant l’interprétation de Beatriz Sarlo . « Il ne l’a pas fait en cultivant le folklore », car « promouvoir une autochtonie folklorique, c’est ratifier la perspective centrale », la hiérarchie centre-périphérie.

Contrairement à certaines idées reçues qui qualifient Borges d'élitiste, Cámpora a souligné la participation de l'écrivain à des publications populaires de son époque. « Dans ses écrits, il ne fait aucun compromis ; il est convaincu que quiconque le lit peut le suivre. Il propose une relation d'égal à égal sur le plan intellectuel, avec un grand respect pour ses lecteurs », a-t-il déclaré. Et il a lié cette caractéristique « à un élan égalitaire dans la culture argentine, où chacun a le droit d'accéder à la culture ».

Durant le Salon du livre, qui s'acheve ce lundi, plusieurs ouvrages consacrés à l'écrivain né en 1899 ont été présentés, notamment Borges et El eternauta : l'origine secrète de la grande odyssée spatiale argentine (Éditorial Claridad), de Martín Hadis ; et Borges. La Collection , une publication d'Alejandro G. Roemmers et Alejandro Vaccaro qui propose un millier d'images liées au créateur de Fictions : photos, manuscrits, lettres, objets et brochures, entre autres.

Parmi les études présentées, la plus remarquable est sans doute la biographie de Lucas Adur , *Jorge Luis Borges : Une destinée littéraire* (Cátedra). Professeur et chercheur, Adur explore avec minutie la vie de l'écrivain et examine d'un œil critique l'histoire personnelle construite par Borges lui-même – marquée par des « omissions, des inexactitudes et une certaine mythification » – afin de restituer toute sa complexité, la pluralité des hommes et des écrivains qu'il fut. « De l'adolescent fasciné par la Révolution russe et l'avant-garde, qui se sentait plus européen qu'argentin », détaille-t-il dans le prologue, « au vieux poète aveugle, un classique vivant qui semblait avoir tout lu, en passant par le jeune homme qui arpentait les faubourgs de Buenos Aires en quête d'une poésie propre à Buenos Aires, la vie de Borges fut une perpétuelle réinvention de lui-même. »

Source : El Pais

9 mai 2026

Hausse des ventes pour HarperCollins au premier trimestre 2026

Les excellentes ventes continues de « Heated Rivalry » de Rachel Reid et d'autres titres de sa série « Game Changer » ont permis à HarperCollins d'enregistrer une hausse de 8 % de son chiffre d'affaires au cours du trimestre clos le 31 mars 2026, a annoncé la société mère News Corp. Le chiffre d'affaires a atteint 555 millions de dollars, contre 514 millions de dollars à la même période en 2025, tandis que les bénéfices ont bondi de 14 % pour s'établir à 73 millions de dollars.

Les ventes de titres numériques ont progressé plus rapidement que celles des titres imprimés, enregistrant une hausse de 11 %, grâce notamment à une augmentation de 17 % des ventes de livres numériques. Les ventes numériques ont représenté 26 % du chiffre d'affaires du trimestre, soit une progression de 1 % par rapport à l'année précédente. Outre les ventes des ouvrages de Reid, le chiffre d'affaires du trimestre a bénéficié de 6 millions de dollars provenant d'acquisitions récentes.

Au cours des neuf premiers mois de l'exercice fiscal qui se termine en juin, les ventes ont augmenté de 4 %, pour atteindre 1,72 milliard de dollars, mais les bénéfices ont chuté de 7 %, à 230 millions de dollars.

Le PDG de News, Robert Thomson, n'a pas eu grand-chose à dire sur le trimestre en cours, se contentant de prédire de fortes ventes pour les nouveaux livres de JD Vance, Ann Patchett, Alex Aster, Sarah A. Parker et Dana Perino.

Comme à son habitude, Thomson a beaucoup à dire sur l'IA. « Nous sommes une entreprise spécialisée dans les données d'entrée pour l'IA, et cela s'est reflété dans notre récent accord avec Meta, qui complète notre partenariat avec OpenAI », a-t-il déclaré aux analystes lors d'une conférence téléphonique.

News Corp poursuit les négociations d'accords en matière d'IA « avec des entreprises qui reconnaissent la valeur de notre origine et qui devraient avoir un impact positif sur notre chiffre d'affaires et notre rentabilité », a-t-il ajouté. « Nous prévoyons également de recevoir notre juste part du produit de l'accord de 1,5 milliard de dollars conclu avec Anthropic dès la fin de cette année, un résultat qui garantit l'intégrité de la propriété intellectuelle et profite aux auteurs et aux éditeurs. »

Il a également lancé un avertissement aux entreprises technologiques et autres organisations qui refusent de conclure des accords. « Par ailleurs, nous surveillons de près plusieurs sociétés numériques douteuses qui récupèrent illégalement notre précieux contenu et le revendent sans scrupules », a-t-il déclaré. « Nous avons ces entreprises malveillantes dans notre viseur et comptons les poursuivre avec vigueur. Il est important de noter que nous estimons que les entreprises qui achètent sciemment ce contenu volé à ces trafiquants sont également coupables », faisant apparemment référence aux entreprises technologiques qui pillent les sites web pirates pour s'emparer du contenu des livres.

Sur un plan plus pratique, la directrice financière Lavanya Chandrashekar a déclaré que HC testait actuellement « l'IA pour la traduction ainsi que pour la création de livres audio ».

Source : Publishers Weekly

12 mai 2026

Livres générés par l’IA achetés par des bibliothèques allemandes selon des scientifiques

Aujourd’hui, les ouvrages documentaires générés par l’IA, contenant des erreurs et s’appuyant sur des sources fabriquées, représentent un problème croissant pour la société du savoir. Un responsable chargé de l’« Open Science » a récemment publié un appel à l’aide à ce sujet. Fin avril, Stephan Wünsche, documentaliste spécialisé en musique à la bibliothèque universitaire de Leipzig, a publié un article intitulé « Comment vendre des inepties en ligne (rapidement) » . Il y déplore le nombre croissant d’ouvrages dans les collections des bibliothèques qui donnent l’impression d’être des ouvrages spécialisés de référence.
Documentation technique générée par l’IA présentant des lacunes de contenu alarmantes En réalité, il s’agissait de publications générées par intelligence artificielle, présentant de graves lacunes de contenu et, dans certains cas, des auteurs fictifs. Elles provenaient souvent de plateformes d’autoédition, telles que Flip-Flop-Verlag, basée à Munich ou tredition, basée à Ahrensburg. Des ouvrages de ce type ont été retrouvés dans des bibliothèques de Leipzig, Dresde, Weimar et Hanovre, entre autres.
M. Wünsche utilise plusieurs exemples pour illustrer comment les fonds publics ont été dépensés dans des cas particuliers et ce que les bibliothèques ont acquis comme ouvrages prétendument scientifiques. Dans un ouvrage présenté comme scientifique sur Johann Sebastian Bach, son fils Johann Christian est déclaré être son père. Le texte confond également d’autres liens familiaux au sein de la famille Bach.
Un ouvrage consacré au compositeur Salomon Jadassohn mentionne les bibliothèques municipales de Leipzig comme un projet de collecte de son œuvre complète. Il affirme également qu’une grande partie du patrimoine de Jadassohn y est gérée. Ces deux affirmations sont erronées. De plus, l’auteur présumé fait référence à des sources inexistantes. Plusieurs revues spécialisées avaient déjà tiré la sonnette d’alarme concernant certains titres. M. Wünsche part du principe que l’IA génère ces livres d’apparence scientifique dans le cadre d’un processus accéléré. La publication s’effectue ensuite via une plateforme d’auto-édition. Des pseudonymes tels que « Valentin Fuchs », « Robert H. Hummel » ou « Sophia Weller » sont utilisés comme noms d’auteurs.
Les auteurs acquièrent leurs connaissances en matière de création et de commercialisation de livres grâce à des cours en ligne spécialisés. Ils vendent leurs publications via des plateformes en ligne et les catalogues des bibliothèques. Leurs revenus proviennent d’une part du prix de vente.
Pour Stephan Wünsche, le problème dépasse le simple gaspillage de fonds publics dans l’achat d’ouvrages universitaires de piètre qualité. Il craint que de nombreux étudiants ne repèrent pas les erreurs factuelles contenues dans ces livres, et que des informations erronées ne se retrouvent ainsi dans leurs travaux et leurs recherches. À terme, cela pourrait ébranler la confiance dans le système scientifique.
« tredition » promet une rectification et des contrôles plus stricts sur l’IA
Mais le flot de faux titres générés par l’IA représente également un risque pour les scientifiques reconnus. Des plateformes comme « tredition » sont aussi utilisées par de véritables chercheurs, car la publication d’ouvrages en elle-même n’engendre pas de coûts élevés. Ces coûts sont principalement liés aux services complémentaires. Après tout, eux aussi dépendent de circuits de publication abordables.
Les articles défavorables concernant des plateformes comme « tredition » pourraient inciter les bibliothèques à les considérer avec suspicion et à éviter systématiquement les ouvrages provenant de certains fournisseurs. Cela pourrait également nuire à des auteurs et universitaires reconnus.
La Bibliothèque nationale allemande recense actuellement plus de 112.000 ouvrages issus de la plateforme d’autoédition tredition, principalement des romans et des guides pratiques. Dans un entretien accordé au journal Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), Sandra Latußeck, PDG de tredition, a annoncé son intention de mettre en place un nouvel outil de vérification. Cet outil permettra de détecter dans les publications les schémas d’intelligence artificielle, les incohérences de sources et les irrégularités de contenu.
Elle a précisé que les ouvrages cités par Stephan Wünsche « n’auraient pas dû être publiés sous cette forme ». L’auteur a depuis été interdit de publication et ses œuvres ne sont plus disponibles.
Par ailleurs, les auteurs seront désormais tenus de fournir des informations sur eux-mêmes. Les publications des deux dernières années feront l’objet d’un contrôle rétroactif.
La Deutsche Druck- und Verlagsgesellschaft mbH (ddvg) est une société d’investissement dans les médias détenue par le Parti social-démocrate allemand (SPD). Matthias Linnekugel, directeur général de ddvg, a également souligné que les « faux livres » générés par l’IA ne constituaient « pas un élément souhaité du modèle économique ». Selon la FAZ, la société d’investissement médiatique du SPD détient 9,9 % des parts de « tredition ».
Le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) a mentionné qu’après tout, les sociaux-démocrates sont parmi les plus fervents défenseurs d’une réglementation stricte de l’IA, incluant un étiquetage obligatoire et la lutte contre la « désinformation ». Le SPD bénéficierait également indirectement de la vente de ces faux titres. Le directeur de la société ddvg a toutefois expliqué que la participation de ddvg dans « tredition » était un investissement purement financier et que le groupe n’avait aucune influence sur la stratégie ou la gestion de l’entreprise.

Source : Epoch Times

13 mai 2026

Demande d'annulation du dispositif régional des manuels scolaires en Île-de-France par le rapporteur public

Le Tribunal administratif de Montreuil a tenu, le 6 mai, l'audience dans le litige qui oppose les Éditeurs d'Éducation à la Région Île-de-France. Selon les deux parties, le rapporteur public a conclu à l'annulation de la décision régionale d'éditer ses propres manuels scolaires numériques, au motif d'une atteinte au libre jeu de la concurrence. Si le jugement définitif reste à venir — les conclusions du rapporteur public ne liant pas les magistrats —, elles constituent un signal fort dans un contentieux qui cristallise depuis l'an dernier les tensions entre la collectivité territoriale et les acteurs privés de l'édition scolaire.

En 2019, la Région Île-de-France a proposé aux lycées franciliens de migrer vers des manuels numériques, via la plateforme Pearltrees — outil d'agrégation et d'édition de ressources pédagogiques acquis par Corel puis exploité dans le cadre d'un partenariat public. Cinquante pour cent des établissements ont opté pour le numérique. La Région a ensuite produit, en partenariat avec l'Éducation nationale, une cinquantaine de manuels libres, conçus par des enseignants et des inspecteurs, aujourd'hui utilisés par quelque 250 000 lycéens et 15 000 enseignants, selon la collectivité territoriale. Ce dispositif, dont la Région revendique un taux d'adhésion de 96 % parmi les enseignants formés, a cependant exclu de facto les manuels commerciaux du marché régional — déclenchant la procédure contentieuse engagée par les Éditeurs d'Éducation. Le rapporteur public a distingué deux questions. Sur la compétence, il a reconnu que la Région était habilitée à produire des manuels scolaires, leur fabrication répondant à un intérêt public local. Le ministère de l'Éducation nationale avait d'ailleurs déposé un mémoire en ce sens, considérant l'édition de manuels numériques comme une internalisation légitime de la production de ressources pédagogiques, relevant du pouvoir d'organisation du service public. Sur la concurrence, en revanche, le rapporteur public a retenu que le dispositif portait atteinte au libre jeu du marché. La Région conteste cette analyse et annonce une note en délibéré : elle fait valoir qu'elle n'a jamais imposé les manuels libres, que les éditeurs commerciaux continuent d'être référencés sur demande des équipes pédagogiques, et que sa démarche relève d'une innovation pédagogique supérieure, non d'une éviction délibérée.

L'annulation recommandée serait assortie d'un effet différé à la fin de l'année scolaire et d'une injonction imposant le retrait des manuels libres de la plateforme dans un délai de trois mois. La Région juge ce calendrier inapplicable, invoquant les contraintes de la commande publique et l'impossibilité de fournir des outils équivalents avant septembre 2026 à l'ensemble des lycées concernés. Les Éditeurs d'Éducation, de leur côté, se déclarent prêts : plus de 800 titres existent déjà au format imposé par la plateforme régionale, et les manuels commerciaux utilisés avant la rentrée 2025 seraient immédiatement disponibles. Dans son communiqué, la Région indique qu'elle plaidera, si nécessaire, pour que toute décision d'arrêt ne soit pas applicable dès la rentrée prochaine.

Au-delà du litige, l'affaire soulève des questions structurelles sur le marché du manuel scolaire, déjà fragilisé par la numérisation et la baisse des dotations aux familles. Les Éditeurs d'Éducation défendent la valeur ajoutée de leurs ouvrages — « colonne vertébrale des apprentissages », « fil conducteur » et « architecture lisible des savoirs » — face à ce qu'ils qualifient de <em>« contenus fragmentés et déstructurés ». Ils s'appuient sur une consultation OpinionWay de mars 2025, selon laquelle 84 % des enseignants jugent négativement le choix exclusif du format Pearltrees, 74 % estiment la plateforme inadaptée à leurs pratiques et 72 % à ceux de leurs élèves. La Région rétorque que 75 % des manuels numériques des éditeurs n'étaient pas ouverts par les utilisateurs, et souligne l'intérêt spécifique des manuels libres pour les 15 % de lycéens en situation de handicap ou présentant des troubles « dys ». Le jugement définitif est attendu dans les prochaines semaines.

Source : Livres Hebdo

17 mai 2026

Jusqu’à - 15 % de chiffre d’affaires dans les librairies au premier trimestre 2026 en Occitanie

Baisse des ventes et des fréquentation;: alors que s' ouvert la Comédie du livre, à Montpellier, le premier trimestre a été rude pour les librairies, en particulier en Occitanie. Les petites librairies, plus souples, tiennent mieux le choc.             

"On a vraiment l'impression que même quand les gens ont envie d'un bouquin, ce n'est pas leur préoccupation principale", observe Alexandre Syssau, patron de la librairie de l'Avenir à Sommières. "C'est évidemment lié; au contexte et cela se ressent sur le panier moyen et la fréquentation, même le samedi, jour de marché;. Sur les ventes de livres, je dirais qu'on est à moins 15%. On compense sur la papeterie et les achats de bibliothèques."

Même ressenti pour Stéphane Savajols à; la librairie Le Papyrus, de Marvejol ;: "Je pense que les gros libraires historiques souffrent davantage car ils ont plus de charges en termes de salaires, de loyers en ville. Nous, petits indépendants, nous résistons mieux grâce à la diversification de nos activités ( papeterie, cadeaux, point relais). Cela et la fidélité de la clientèle limite notre baisse de chiffre à 5% sur le premier trimestre alors que certains confrères qui ne font que du livre sont à 15%." Le  Lozérien pointe: "la concurrence rude d';Amazon et l'explosion du livre de seconde main. "Des associations en proposent à la vente et le nombre de salons de l'occasion augmente.
Pour Alexandre Syssau, le phénomène est aussi lié à "une trop grande masse de sorties (plus de 6;000 par mois,), qui noie les bons livres dans la masse. Les gens se tournent naturellement vers l'occasion qui concerne maintenant des livres sortis depuis parfois moins de trois mois."
  En Occitanie, le chiffre d'affaires cumulé des libraires s'est effondré de 15% en deux ans (61 millions d'euros contre 70 en 2023). "On est 3 à;4% au-dessus de la perte de CA observé au niveau national", précise Marc Bernard, chargé; de mission économie du livre à l'Agence unique Occitanie culture, un organisme financé; par la Région et la Drac et qui épaule et conseille les professionnels dans leur installation et leur activité. Le nombre de points de vente (278) a toutefois continué à augmenter légèrement ces derniers mois avec encore une douzaine de créations, notamment dans l'Hérault (6) et les PO (4), en particulier dans le tissu rural et périurbain.

"On a observé une vague de créations pendant et juste après la pandémie Covid puis ça s'est stabilisé, précise Marc Bernard .Notre région fait partie des mieux pourvues en librairies avec la Bretagne et l'Auvergne. Cela laisse peu de zones blanches."

Selon l'économiste, la crise structurelle qui secoue actuellement le monde du livre, sur fond de rachat et de concentration des éditeurs, va privilégier "un nouveau modèle de librairies avec peu de charges et un stock de livres réduit pour gagner en souplesse".

Certains observateurs pointent du doigt le prix unique du livre en France qui, à force de surprotéger le livre et les points de vente, finirait par aggraver la chute du marché;. Chez nous, le développement de la version électronique serait notamment freinée; par un prix très proche de celui du papier lors de la première année d'édition. Au Royaume-Uni, le numérique représente un tiers du marché.

Selon certaines études, un quart des Français envisagent de réduire encore leurs dépenses culturelles en 2025. "Les petites structures comme les nôtres ont des fonds de roulement qui permettent de compenser momentanément avec la trésorerie, conclut Alexandre Syssau, à Sommières. On arrive encore à se payer. Mais si le tourisme n';est pas au rendez-vous cet été;, l'impact se fera sentir également."

"Le monde de l'auto-édition est secoué par une grande mutation, ajoute Stéphane Savajols, fataliste. Il faut faire le dos rond en espérant des jours meilleurs.

Source : Midi Libre

18 mai 2026

Légères hausses de ventes au premier trimestre pour les éditeurs américains

Les ventes des plus de 1 416 éditeurs qui communiquent leurs revenus au programme StatShot de l'Association des éditeurs américains ont progressé de 0,9 % au premier trimestre 2026 par rapport à l'année précédente. Le chiffre d'affaires de ces éditeurs a atteint 2,9 milliards de dollars. Pour 2026, l'AAP a regroupé les ressources pédagogiques pour les niveaux préscolaire à terminale et celles destinées à l'enseignement supérieur en une seule catégorie : l'éducation. Au cours du trimestre, les ventes de cette nouvelle catégorie ont progressé de 3,2 %. Les ventes de livres pour enfants et jeunes adultes ont également augmenté de 2,6 % sur la période.

Toutes les catégories, à l'exception des livres pour adultes et des ouvrages religieux, ont enregistré des hausses de ventes au cours du trimestre, les livres professionnels/savants et les titres des presses universitaires affichant tous deux des augmentations de 5,7 % au cours du trimestre.Pour 2026, l'AAP a regroupé les ressources pédagogiques pour les niveaux préscolaire à terminale et celles destinées à l'enseignement supérieur en une seule catégorie : l'éducation. Au cours du trimestre, les ventes de cette nouvelle catégorie ont progressé de 3,2 %. Les ventes de livres pour enfants et jeunes adultes ont également augmenté de 2,6 % sur la période.

Les ventes de livres religieux, stables depuis plusieurs années, ont reculé de 1,4 % au cours du trimestre, tandis que celles du segment le plus important du secteur, celui des livres pour adultes, ont légèrement diminué de 0,5 %. Ce recul est entièrement imputable aux faibles performances des ventes de livres documentaires, qui ont chuté de 7,8 % sur la période, compensant ainsi une hausse de 5,5 % des ventes de romans.

Dans le secteur des ouvrages documentaires pour adultes, les ventes ont chuté dans tous les principaux formats, à l'exception des livres audio numériques, dont les ventes ont progressé de 9,2 %. Les ventes de livres reliés ont enregistré la plus forte baisse, de 15,6 %, tandis que celles des livres de poche grand format ont reculé de 4,7 %. Les ventes de livres numériques ont quant à elles diminué de 13,6 % au cours du trimestre et représentent la moitié des ventes de livres audio numériques.

Les ventes de livres audio numériques ont enregistré la plus forte hausse dans le segment de la fiction pour adultes, avec une augmentation de 23,3 %, tandis que les ventes de livres numériques, toujours supérieures à celles des livres audio numériques, ont reculé de 3,4 %. Ces deux formats ont représenté à eux deux 39 % des ventes de fiction pour adultes au cours du trimestre, contre 38,2 % un an auparavant. Du côté des formats imprimés, les livres de poche ont réalisé un bon trimestre avec des ventes en hausse de 12,1 %, tandis que celles des livres reliés ont progressé de 1,5 %.

La hausse de 2,6 % enregistrée dans le segment jeunesse/jeunes adultes est entièrement attribuable à une augmentation de 16,8 % des ventes dans la catégorie relativement restreinte des ouvrages documentaires. Les deux formats les plus importants, le livre de poche et le livre relié, ont enregistré des ventes respectives de 23,2 % et 9,1 %. Les ventes de romans jeunesse/jeunes adultes ont légèrement reculé de 0,7 % au cours du trimestre. Les ventes de livres de poche, le format le plus répandu, ont diminué de 2,1 %, tandis que celles des livres reliés ont chuté de 6,5 %. La progression des ventes de livres à reliure spéciale et des deux formats numériques a permis d'atténuer les baisses enregistrées pour les livres reliés et les livres de poche. La baisse de 1,4 % des ventes de livres religieux s'explique par un recul de 4,3 % des ventes de livres reliés, qui représentent de loin le format le plus important du segment, soit 59 % du chiffre d'affaires du trimestre. Les ventes de livres de poche ont progressé de 1,3 %, mais ne constituent qu'un quart des ventes de livres reliés. Les formats numériques restent minoritaires dans le secteur religieux, ne représentant que 11,7 % des ventes totales. 

Pour la première fois, StatShot a ventilé son chiffre d'affaires par format dans le secteur professionnel. Les formats numériques représentent 52,8 % des ventes du trimestre, contre 50,5 % un an auparavant. Parmi les différents segments de la division, les ventes d'ouvrages commerciaux ont progressé de 13,2 %, celles des ouvrages médicaux de 4,9 % et celles des livres juridiques, techniques, scientifiques et autres de 4,2 %. Dans le segment de l'éducation combinée, les ventes numériques ont généré 77,6 % des revenus au cours du dernier trimestre, contre 75,9 % il y a un an.  

Source : Publishers Weekly

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