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9 mars 2024

Isabelle Saporta mise à la porte de Fayard

Isabelle Saporta, présidente de Fayard depuis 2022, a été reçue hier après-midi par la directrice générale d’Hachette Livre, Stéphanie Ferran qui lui a signifié son licenciement dès lors qu’elle refusait de faciliter l’arrivée dans les murs de Lise Boëll, éditrice historique de Philippe de Villiers et d’Eric Zemmour. Comme « l’Obs » l’avait révélé, Lise Boëll est attendue avec le manuscrit du premier livre de Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, prévu au lendemain de la campagne des européennes. L’idée était de lui donner la direction de Mazarine, une petite maison d’édition au sein du groupe Fayard et, surtout, de lui permettre d’utiliser le nom prestigieux de Fayard, notamment pour tous les livres politiques. Il y avait un os : Isabelle Saporta étant mandataire sociale de Fayard, aucune utilisation de la marque ne pouvait se faire sans son accord. Elle n’a pas cédé, refusant de signer les contrats de licence. C’était cela ou être licenciée.

Depuis plusieurs jours, les proches d’Isabelle Saporta disaient que cette dernière avait « la tête sur le billot » et attendait que « la guillotine tombe ». La pression s’était accentuée sur elle en début d’année avec la rumeur d’une arrivée imminente au sein d’Hachette Livre de Lise Boëll, une proche de Vincent Bolloré – qui détient la prestigieuse maison d’édition depuis le rachat du groupe Lagardère par Vivendi en octobre 2023.

Isabelle Saporta étant désormais hors-jeu, ce coup de tonnerre augure un virage éditorial important chez Fayard et laisse de fait la maison d’édition à la merci de son actionnaire breton et de sa protégée. Ils ont déjà ensemble une histoire mouvementée. En 2021, Bolloré, alors propriétaire d’Editis, offrait l’asile politique à Lise Boëll qui avait claqué la porte d’Albin Michel après le refus de la maison d’édition de publier un livre de Zemmour– qui préparait sa candidature à l’élection présidentielle. Editis avait engagé l’éditrice et assuré la distribution de l’ouvrage auto-édité de Zemmour. A la fin de 2023, Editis a été vendu et la présence de Lise Boëll n’était pas désirée par le nouveau propriétaire, Daniel Kretinsky. Qui a de nouveau volé à sa rescousse ? Vincent Bolloré, of course ! Editrice favorite de la « réacosphère », Lise Boëll l’est aussi de Christine Kelly et de Marc Ménant, deux des visages les plus connus de CNews.

L’épilogue de ce bras de fer entre Isabelle Saporta et la direction du groupe confirme qu’il est impossible, au sein de son groupe, de s’opposer aux volontés du milliardaire, plus que jamais investi dans son projet de droitisation de l’opinion. Il sonne aussi comme un avertissement à l’ensemble d’Hachette Livre, qui comprend notamment Grasset ou Stock.

L’arrivée de Lise Boëll n’est pas qu’un problème politique. Plon (Editis), où elle avait été imposée par Bolloré, a vécu un scénario fou entre 2021 et 2023 sous le regard sidéré de tout le secteur : la patronne en place, Céline Thoulouze, avait été rétrogradée pour faire place à Lise Boëll puis la maison, scindée en deux (« Plon A » et « Plon B »), avait vécu une guerre de tranchées. A noter que le passage de Lise Boëll avait été marqué par un audit accablant sur ses méthodes de management et par l’abandon d’un livre enquête consacré à Eric Zemmour.

« Depuis deux ans, les équipes en place dans la maison ont fait preuve de résilience et ont permis à Fayard de retrouver une dynamique, qu’il serait très dommageable tant pour les équipes que pour la maison de dégrader », avaient estimé, le 7 mars, les salariés de Fayard dans un courrier adressé à Arnaud Lagardère. Lesquels craignaient aussi que Lise Boëll crée « un préjudice à l’identité » de la maison d’édition. Un autre coup d’épée dans l’eau.

Source  :Le Nouvel Obs
 

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2 avril 2024

Choc après l'annulation du festival Aye Write de Glasgow suite à l'échec d'une demande de financement

Les festivals Aye Write et Wee Write de Glasgow n'auront pas lieu cette année suite à une demande de financement infructueuse auprès de Creative Scotland. Glasgow Life, qui organise les festivals, organisera plutôt des événements éphémères tout au long de 2024, tout en travaillant également sur une application axée sur un « financement pluriannuel » à partir de 2025, dans le but de ramener les festivals à partir de l'année prochaine. Un porte-parole de Creative Scotland a déclaré à The Bookseller qu'il était en mesure de soutenir environ 30 % des candidatures à son Fonds ouvert en raison d'un financement limité. "Alors que la demande pour ces fonds continue d'augmenter, Creative Scotland continue de plaider pour davantage de ressources pour soutenir la culture et la créativité dans toute l'Écosse", a ajouté le porte-parole.

L'organisme artistique a subi une réduction budgétaire de 6,6 millions de livres sterling imposée par le gouvernement écossais, qui a déclaré que ce financement reprendrait cette année. La perte des festivals a suscité de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, l'auteur Douglas Stuart déclarant sur X : "J'ai vu avec horreur l'Écosse marchander le financement des arts, fermer ses bibliothèques et permettre maintenant l'annulation d'un festival". grand festival littéraire dans sa plus grande ville. L'écrivain Damien Barr a déclaré : "Glasgow est une ville d'histoires et de conteurs. C'est tellement faux que le festival du livre de Glasgow a été annulé à quelques semaines seulement de la fin. Aye Write est l'un des festivals du livre les plus grands et les plus appréciés d'Écosse - il est vital pour les lecteurs. et des écrivains à travers l'Écosse et au-delà. Le romancier Val McDermid a ajouté : « Une véritable perte pour les écrivains et les lecteurs, présents et futurs, non seulement de Glasgow mais de tout le pays. »

Pendant ce temps, l'ancienne Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a déclaré, également sur X, que le résultat était une « très mauvaise nouvelle », ajoutant : « Les livres, la culture en général, sont si essentiels à notre bien-être – et jamais plus que dans les temps troublés dans lesquels nous vivons. aujourd'hui. Les festivals du livre sont des occasions de célébrer les merveilles de la littérature et ceux qui la créent. Nous ne devons pas perdre cela.

Marion Sinclair, directrice générale de Publishing Scotland, a affirmé que « la véritable histoire est le sous-financement des arts ». Elle a reconnu qu'il y avait « une pression énorme sur Creative Scotland » avec « une abondance de candidatures qui arrivent », et a déclaré que l'organisme artistique est incapable de répondre à la demande.

Le timing du résultat de la demande était également un problème pour les festivals selon Sinclair, qui a expliqué que les organisateurs n'avaient pas suffisamment de temps pour faire une autre demande de financement à temps pour les événements de cette année. 

Source : The Bookseller

8 mars 2024

Face à la dark romance, le grand malaise des éditeurs et des libraires

Depuis quelques semaines fleurissent, dans les rayons des librairies, des emballages produits et des avertissements que l’on imagine plus à leur place dans les magasins pour adultes de Pigalle que dans les enseignes culturelles grand public. A l’origine de cette soudaine poussée de précautions ? Le rajeunissement du lectorat de la dark romance, une littérature mettant en scène des histoires d’amour dans un climat de violence et de relations toxiques entre les personnages. L’irruption de collégiennes, parfois âgées de 11 ou 12 ans, venues entre copines acquérir tel ou tel livre après en avoir entendu parler sur les réseaux sociaux, a conduit les éditeurs à réfléchir sérieusement à la question. Entre volonté de mettre en garde sans donner l’impression de censurer. Entre souhait d’éviter les critiques en ces années MeToo et désir de ne pas tuer la poule aux œufs d’or.
Porté par le déploiement du Pass culture, le marché de la dark romance affiche des performances qui laissent rêveur, concentrées sur quelques titres. Chez BMR, la série Captive de Sarah Rivens a réalisé plus de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires avec un premier tome vendu à plus de 400 000 exemplaires selon Edistat, ce qui lui a valu de figurer dans le palmarès des best-sellers de L’Express pour l’année 2023. Lakestone, de la même auteure, a rapporté un peu plus de 2,6 millions d’euros depuis janvier. Chez Hugo, la "dark" n’atteint pas les sommets de la romancière phare de la maison, Morgane Moncomble, mais le tome 1 de Borderline de Joyce Kitten paru début janvier s’était écoulé à 10 000 exemplaires en un mois et le tome 2, en librairie depuis le 28 février, bénéficie d’une mise en place équivalente. Hooked d’Emily McIntire, aux Plumes du Web, s’est vendu à plus de 25 000 exemplaires.
Sans cacher leur satisfaction, les éditeurs et les libraires ont vite comprisans obligation légale, mais tenus à une responsabilité mal définie, un brin morale.

Chacun a donc inventé son propre système. Chez Hugo, désormais, tous les titres de dark romance seront distingués par leur tranche noire, un pictogramme "public averti" sur la quatrième de couverture et une mise en garde rédigée par l’auteur en début d’ouvrage. "On a pu avoir des textes qui, par le passé, ont été mis entre de mauvaises mains, d’où ce choix, explique Arthur de Saint-Vincent, le directeur général de la maison. Néanmoins, notre devoir d’éditeur n’est pas de dire si c’est bien ou si c’est mal, mais de donner les clés aux libraires pour que les gens aient conscience de ce qu’ils achètent." Aux Plumes du Web, deux mentions sont prévues : "A partir de 16 ans" et "A partir de 18 ans" pour les textes les plus durs. "Nous sommes en librairie depuis novembre 2022, la question s’est posée très vite, avec des lectrices très exigeantes sur les trigger warning [NDLR : liste d’avertissements en page de garde]. Nous avons préféré afficher clairement les choses, avec l’âge", ajoute Caroline Sobczak, la gérante de la maison.

Mentionner l’âge n’a aucune portée légale, une mineure peut parfaitement acheter les livres en question, l’avertissement sert surtout d’alerte pour les libraires, souvent mal armés pour conseiller leurs clients, en particulier les parents. Même lorsqu’ils sont spécialisés en littérature adolescente, les libraires n’ont pas toujours envie de se plonger dans ces ouvrages, très gros, aux intrigues alambiquées et à l’écriture très inspirée de celle des réseaux sociaux. Qui sont, en outre, publiés à un rythme rapide tant les lectrices de romance sont des "dévoreuses". Résultat, certains de ces titres finissent dans le mauvais rayon. Ou, comme dans cette grande enseigne parisienne, sur la même étagère que l’américaine Danielle Steel, spécialiste du roman d’amour, pas très moderne certes, mais pas exactement à ranger dans le rayon violence ou pornographie.

Pas toujours facile, non plus, de trouver les mots pour mettre en garde des parents, trop heureux que leur fille se mette à lire, parfois en anglais parce qu’elle veut connaître les dernières aventures de son héroïne sans attendre la traduction en français. "De temps en temps, on arrive à glisser : 'Quel âge a la jeune fille à qui est destiné ce cadeau ?', mais beaucoup de gens nous demandent de quoi nous nous mêlons", reconnaît une libraire. Les jeunes lectrices venues seules ne sont pas plus réceptives : "Avec la différence d’âge, nous pouvons vite apparaître comme des censeurs. Si elles nous disent que leurs parents sont d’accord, on ne peut pas faire grand-chose sans le soutien de ces derniers", reconnaît la responsable librairie d’un grand réseau culturel. Le plus souvent, pour ne pas se fâcher avec une partie des clients, ni en heurter d’autres, les libraires rusent. En apposant des stickers bien visibles, mais qu’ils retrouvent parfois arrachés. En positionnant les livres les plus violents en face froide des tables, c’est-à-dire la moins visible en entrant dans le magasin, tout en sachant que ce jeu de chat et de la souris est un peu vain avec des jeunes filles qui savent parfaitement ce qu’elles cherchent. Chez Cultura, toutefois, pour la première fois, L’Ombre d’Adeline, publié le 7 mars, n’est pas en accès libre et n’est remis qu’à la demande. Une manière d’évaluer l’âge de l’acheteuse.

Dans les bibliothèques et/ou médiathèques, le public de ces livres est plus naturellement filtré car les cartes permettant d’emprunter au rayon adulte ne sont délivrées qu’aux plus de 14 ou de 15 ans. "Dans le cas d’une fille plus jeune, je lui dis que ce sont ses parents qui doivent emprunter l’ouvrage, précise une responsable de section jeunesse dans une médiathèque d’Occitanie. Et si l’usagère a plus de 15 ans, je lui montre où il est mais j’en profite pour lui proposer d’autres titres de littérature d’amour : Clémentine Beauvais ou Le Rouge et le Noir." La méthode ne fonctionne pas à coup sûr. L’adolescence est plus que jamais un âge où les conseils d’adulte réveillent l’envie de transgression. "Lorsque j’étais jeune, on lisait Moi, Christiane F., droguée, prostituée… ou L’Herbe bleue sans que personne ne proteste, temporise Ludivine Demol, doctorante en sciences de la communication et de l’information. En revanche, plus que l’âge, ce qui doit différencier les lectrices, c’est : est-ce qu’elles sont accompagnées, est-ce qu’elles peuvent parler de ce qui les choque ?".

Source : L’Express

 

17 janvier 2025

24H pour créer une bande-dessinée à la Médiathèque de Talant

24h pour créer une bande-dessinée ou un récit graphique. C'est le défi lancé par l'espace culturel L'Escale à Talant (Côte-d'Or). A partir de 19h ce samedi  17 janvier , 20 dessinatrices et dessinateurs en herbe vont rester enfermés durant 24H dans la médiathèque Henri Vincenot. Chacun devra créer une histoire dessinée à partir d'un thème imposé. Thème qui sera dévoilé juste avant le début de ce défi.
C'est la deuxième année de suite que cette médiathèque lance ces 24h de la BD,  et elle n'a eu aucun mal à trouver des candidats. Fréderic Blin a 42 ans, il habite Saint Apollinaire et il se régale à l'avance :  "C'est le plaisir de se retrouver entre amateurs de dessin et de partager ce moment singulier. Il y a le plaisir du challenge, mais aussi de se lever pour voir ce que font les autres, d'échanger des idées, des techniques. Le principe serait de faire 24 planches en 24 heures, mais c'est très exigeant. Alors je pense faire une histoire en 5 à 6 planches."

Ce n'est pas une compétition. Les participantes et participants peuvent s'offrir quelques heures de repos ou de sommeil. Fréderic Blin savoure cette nuit a la médiathèque, moment un peu suspendu : "Il y aura beaucoup de café. Nous sommes aussi des oiseaux de nuit. On peut tenir jusqu'à 3 heures du matin avec de bonnes choses à manger. Il y a ces heures un peu suspendues entre 5 et 8h , et puis ensuite on reçoit la visite de nos proches et du public".

A partir de 10h, l'Escale ouvre ses portes et nous demande de venir déguisés en super-héros pour soutenir les auteurs. Plusieurs animations sont prévues pour rythmer la journée, jusqu'à "la dernière heure" et la remise des planches à 19h. Au bout du compte, pas de classement ou de remise des prix. Toutes les œuvres produites pendant ces 24H seront exposées durant un mois au sein de la médiathèque, aux côtés d'une magnifique expo consacrée aux super héros. Tiens peut être un indice sur le thème de cette année ?

Source : Ici Bourgogne

4 mars 2024

Sylvain Tesson, parrain de "Lire, c'est voyager"

L'écrivain voyageur Sylvain Tesson endosse le rôle de médiateur de lecture pour la sixième édition de "Lire, c'est voyager" ; voyager, c'est lire", une initiative de la Fondation Vinci Autoroutes. Dans le cadre de cette opération, ce célèbre parrain a dévoilé une sélection de quatorze titres, dont deux livres jeunesse, tous publiés dans la collection Folio de Gallimard, qu'il souhaite faire découvrir aux curieux. Ces ouvrages seront partagés gratuitement avec les voyageurs, cet été entre le 6 juillet et le 18 août. En tout, 25 000 exemplaires seront distribués sur dix aires du réseau Vinci Autoroutes, dans des bibliothèques éphémères exposées les vendredis et samedis. Ces œuvres seront accompagnées de fiches de lecture rédigées par l'auteur lui-même, offrant aux lecteurs des conseils personnalisés.

La liste de lecture diversifiée de Sylvain Tesson comprend des classiques tels que La ferme africaine de Karen Blixen, Le souci de la terre de Virgile, Les travailleurs de la mer de Victor Hugo, L'amant de lady Chatterley de D. H. Lawrence, Le lys dans la vallée d'Honoré de Balzac ou encore Total Recall de Philip K. Dick. Elle est également composée de titres contemporains tels que Le grand cœur de Jean-Christophe Rufin, Ci-gît l'amer de Cynthia Fleury et Quai des enfers d'Ingrid Astier. Deux ouvrages jeunesse, Les bisons de Broken Heart de Dan O’Brien et Deux ans de vacances de Jules Verne, en font aussi partie. 

"Je suis heureux d'avoir été choisi comme passeur de lecture dans le cadre de cette belle opération, car j'ai un penchant pour la route et la liberté. Après avoir passé plus de dix ans à explorer le monde, je crois qu'il y a véritablement superposition de la lecture et du voyage ; c'est l'histoire de ma vie. La littérature est par ailleurs un puissant vecteur de transformation des comportements : certaines lectures sont des stimulants, d’autres contribuent à ouvrir les yeux sur la lenteur du monde et le soin apporté aux choses", a réagi Sylvain Tesson à l'annonce de sa nomination, dans un communiqué de la Fondation Vinci Autoroutes.

Cette annonce intervient après la controverse entourant l'écrivain, qualifié d'"icône réactionnaire" à la suite de sa désignation en tant que parrain du Printemps des poètes, une étiquette qu'il conteste.

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28 mars 2024

L’illustration à l’honneur à la Gaieté Lyrique

Après une première édition à Lyon en octobre, l’Illustration Festival se déplace à Paris le 6 avril 2024, pour une journée lors de laquelle l’abolition de la barrière ancestrale entre illustration et art sera belle et bien consommée. Petits, on a tous ouvert au moins une fois un livre pop-up, aussi appelé livre animé ou à système. Vous savez, ces livres qui à chaque page tournée nous font découvrir un paysage, des personnages qui se déploient en 3D, chose qui nous donnait envie de plonger dans ces décors majestueux. Eh bien le rêve devient réalité le temps d’une journée, sous les arches de la Gaité Lyrique

Après plus de 80 numéros, des dizaines d’événements et bientôt vingt ans d’existence, le magazine d’illustration Kiblind se décline désormais version grandeur nature en festival. Après une belle édition aux Subs à Lyon en octobre dernier, c’est désormais à Paris que l’ambition se poursuit. Exposition, masterclass, projections de courts-métrages et ateliers sont ainsi à prévoir, et même un concert ! Le duo Attention Le tapis prend feu ambiancera ainsi la foule, avant de laisser la place à un karaoké géant. (pour découvrir le programme précis de cette journée, cliquez ici).

« L’idée est de créer un rendez-vous annuel et international de l’illustration.» , déclarait Jean Tourette, l’un des fondateurs du magazine à notre micro, lors de l’édition lyonnaise du festival. « Le mot If, c’est pour le champ des possibles qu’offre l’illustration et son incroyable capacité à représenter ce qui existe, mais un peu différemment. Et ce qui n’existe pas. ».

Un festival qui divertit, donc, mais qui fait aussi réfléchir ; qui illustre, finalement, la petite lumière que chacun possède au fond de soi, que certains parviennent à faire briller et que d’autres encore appellent liberté.

Parmi les nombreux et talentueux  invités: l’illustratrice espagnole María Medem, l’illustrateur·rice allemande Raman Djafari, l’illustrateur marseillais Jules Magistry ou encore l’illustratrice parisienne Melek Zertal. Chacun et chacune démontrera en live son processus de création, et d’expression. Un vrai livre pop-up grandeur nature on vous dit.

Source  : Radio Nova
 

30 mars 2024

Un roman policier à 48 mains, l'aventure inédite d'une classe de seconde professionnelle

Depuis la rentrée scolaire, les cerveaux sont en ébullition et en mode "écriture" dans cette classe de seconde, spécialité métiers de la relation client, au lycée privé Saint Paul Bourdon Blanc à Orléans (Loiret). Ces élèves, en filière professionnelle, se préparent à exercer dans des domaines liées à l’accueil mais, pour l’instant, ce sont plutôLe roman policier, né à Orléans, raconte l’histoire de Kriss, 19 ans, qui recherche son meilleur ami Yassir partout dans la cité du Grand Parc, à Bordeauxt des écrivains en herbe.À 48 mains, les adolescents encadrés par leurs professeurs – notamment Catherine Heitz (lettres et histoire et géographie) et Christel Prudhomme (économie gestion option commerce) – ainsi que l’écrivain Mabrouck Rachedi, ont produit un roman collectif. Le mois de mars marque une échéance pour ce projet pédagogique, celui du bouclage du volet "écriture". Leur prose sera éditée par Réparer le langage, je peux. L'association, cofondée par les auteurs Sandrine Vermot-Desroches et Alain Absire, est à l'origine d'un dispositif déployé à Toulouse et en région parisienne.

Le roman policier, né à Orléans, raconte l’histoire de Kriss, 19 ans, qui recherche son meilleur ami Yassir partout dans la cité du Grand Parc, à Bordeaux"Tout porte à croire que le jeune homme a été kidnappé par un quartier rival", indique le résumé du livre. Kriss va alors mener l’enquête en prenant tous les risques.

Divisée en sept groupes, la classe a opté pour le roman policier parce que "plus intéressant". "Les jeunes préfèrent les choses où il y a de l’action", explique doctement Ilayda qui forme un duo avec Eline, pour l'atelier d'écriture. "C’est très intéressant, estime-t-elle. C’est bien de réfléchir. Cela montre que nous, les ados, sommes capables de créer des choses, que l’on n'est pas tout le temps H24 sur les téléphones, qu’on peut, nous aussi, écrire des livres, qu’on a du talent, quoi." À 24, poursuit Ilayda, "c’est mieux pour les idées et cela crée une meilleure relation de classe""Ça nous change les idées", ajoute Eline, une fan de BD, qui dit pourtant ne pas aimer lire. "Ça change des cours, on apprend une nouvelle activité. C’est bien d’écrire un livre que l’on présentera aux autres classes. On peut le mettre en magasin, etc. Ça nous permet d’être en groupe, de communiquer un peu, d’échanger"  Y compris avec leur parrain écrivain : pour ce qui est de ses instructions, "ça va".

Le 9 novembre dernier, lors de la deuxième des cinq sessions animées par Mabrouck Rachedi, ils ont déterminé la teneur des 14 chapitres de leur ouvrage. Le groupe baptisé "Les stars" – formé par Léa, Elise, Lynah et Capucine –, s'est occupé du deuxième et du dernier chapitre. Une pression, qui ne trouble pas outre mesure les adolescentes. "On a fait le début, on fera la fin", résume Lynah, qui souhaite devenir hôtesse de l'air. "Chaque personne y met du sien", nourri par les films vus et les livres lus, répond-elle quand on l'interroge sur cet atelier. Et son rapport à la littérature en général ? "De base, je ne suis pas trop livre. Quand le début est bien, je me lance". "J’aime bien les histoires et tout mais ça dépend", affirme pour sa part Léa, qui veut devenir psychologue. "J’aime bien les chroniques, des histoires sur Internet que l'on trouve sur Wattpad [réseau social dédié à la narration et très prisé pas les jeunes]. Sinon, les livres comme ça [version papier], je lis pas."

Pendant six mois, les interventions de Mabrouck Rachedi, dont le roman jeunesse Banale flambée dans ma cité (Actes Sud jeunesse) est paru en janvier, ont rythmé un processus d'écriture encadré au quotidien par Catherine Heitz. Chacune d’elles a duré trois heures, les deux premières prises sur les heures de français en matinée. Pour la dernière heure d'atelier, en début d’après-midi, la professeure de lettres retrouvait sa collègue Christel Prudhomme.

Mabrouck Rachedi répète à l’envi que "le gros du boulot" est fait par les professeurs et se considère "plus en appoint que moteur""Il y a eu plus de séances faites en dehors de ma présence", souligne-t-il. Catherine Heitz et Christel Prudhomme se souviennent de leurs craintes au démarrage de l'activité. "Nous avons fait un gros boulot en début d’année pour présenter le projet afin de les motiver. Nous étions un peu inquiètes au départ." Et Christel Prudhomme de renchérir : "Nous étions totalement inquiètes parce qu’ils n’adhéraient pas. Je pense qu'ils n’avaient pas écouté et pas compris". Le déclic va se produire avec la découverte du roman collectif réalisé, sous la houlette de Catherine Heitz, l'année précédente.

Le 12 octobre, à la première séance, se remémore Mabrouck Rachedi, il fallait "définir tous les axes de l'histoire". "Il y a eu beaucoup de votes. Ils ont écrit plusieurs petits pitchs et le plus convaincant l'a emporté. C’était une séance assez fluide et nous avons avancé plus vite que je ne l’imaginais". "Quand j’interviens, affirme-t-il, je suis devant une classe intéressée. Et je sais que le gros du travail, c’est d’intéresser la classe. Un travail que je n'ai pas fait. La première séance était incroyable. Je suis beaucoup intervenu [dans ce type d’atelier] et j’ai rarement vu tous les groupes, tout le monde participer (...) Le travail a été fait de façon extraordinaire avant moi. "

"Mabrouck, constate Catherine Heitz qui souligne avec un sourire la modestie de l'auteur, apporte cet œil d’écrivain sur la construction de l’histoire, les rebondissements, le rythme du récit... C’est un métier". Par ailleurs, "cela nous permet, et c'est génial, grâce à toute la motivation qu'il y a derrière, d'aborder en technique de français la narration, le style direct, indirect… Tout ce qui est théorique, pénible à enseigner, ne pose plus aucun problème. Ça a désormais du sens pour eux". De même, l'exercice permet de parvenir à un équilibre : "les élèves, qui ont des difficultés et même un accompagnement spécifique", sont comme des poissons dans l’eau pendant l'atelier. De fait, note Mabrouck Rachedi, "la créativité est en dehors de tout ce qui est critère scolaire : j'ai une idée ou je n'en ai pas. La matière première de l'écrivain, c'est vraiment l'imagination et la capacité à structurer."

"Qu'est-ce qui pourrait alimenter cette histoire ?", lançait le romancier en novembre dernier, félicitant les élèves pour leurs trouvailles tout en déambulant dans la classe avec Catherine Heitz pour discuter avec les différents groupes. "Plus qu’un projet pédagogique, c’est un projet artistiquedans le sens où nous les sortons des sentiers battus. J’essaie de les mettre dans la peau d’un écrivain", précise l'auteur jeunesse qui s'est découvert une facilité "à accompagner les jeunes" dans la création, "à se libérer, voire à se découvrir" et, ici, "à apprendre à travailler ensemble". "C'est plus facile d'écrire tout seul parce qu'on décide des différentes étapes" : pas besoin de négocier ou de discuter avec quelqu'un. "Le plaisir, conclut-il, c’est qu’à la fin, ils en retirent de la fierté. On l’a fait. Nous avons réussi ensemble, ce qui n’est pas facile (...) J'espère que dans cinq, dix ou trente ans, ils regarderont leur roman en se disant : on a fait partie de cette aventure."

Une aventure qui requiert l’engagement du corps professoral et de la direction de Saint Paul Bourdon Blanc. "J’invite mes équipes à se lancer dans des projets parce que je vois bien que mes élèves de lycée professionnel avancent bien en mode projet", confie Sébastien Gomez, le chef d’établissement. "Nous, en tant que directeurs, on est là pour simplifier, trouver des solutions pour leur permettre d’y aller". Son enthousiasme répond à celui de Catherine Heitz, à l’origine de l’activité. "J’aime beaucoup la pédagogie de projet, confie-t-elle. On part sur un an, c’est long. Mais cela permet de déployer des trésors d’inventivité, de maintenir la motivation sur le long terme. C’est très intéressant de voir à la fin, un produit fini et concret. C’est ce qui m’anime. Nous exerçons une profession où nous semons de petites pierres. Mais on ne sait jamais ce qu’on laisse ou ce qu'ils prennent. La pédagogie de projet, c’est vraiment quelque chose qui porte".

Christel Prudhomme n'en pense pas moinsD'autant qu'avec sa matière, ils se retrouvent "au cœur de l'action" puisqu'il y a "une volonté", à travers cette expérience, "d'approcher les matières professionnelles""Une fois que l'œuvre est aboutie, il faut pouvoir la vendre et par conséquent la promouvoir". Ainsi, une autre professeure, Céline Baume, se greffe au projet pour le volet communication. Tout comme Raphaëlle Ridarch, professeure documentaliste, qui a aidé les élèves à trouver l'inspiration, pour leur roman policier, en leur prodiguant des conseils de lecture.

Les enseignantes rappellent l’importance de conduire un projet culturel dans un lycée professionnel. "Ils sont moins rodés à cette culture, à la différence de tous ceux qui passent par le lycée général, qui après partent dans des études classiques, rappelle Catherine Heitz. Nous, les matières générales (le français, l’histoire et la géographie), sont des matières mineures : ce ne sont pas les plus gros coefficients en lycée professionnel". Participer à cet atelier d'écriture a donc un indéniable avantage : "Nos élèves sont décomplexés. C’est encore plus passionnant parce qu’on leur donne justement ce goût, le plaisir peut-être de lire, ou encore de regarder un film et d’être capable d’en faire la critique… "

En novembre, leur deuxième atelier a été mené au pas de charge par Mabrouck Rachedi. L’objectif étant de définir, à la fin de la session, les lignes directrices des 14 chapitres du roman policier. "Quand les objectifs ne sont pas clairs, on ne produit pas. J'aime bien fixer des objectifs." Le but sera atteint en dépit d’une interruption conséquente liée à un exercice incendie. "C’était vraiment cool, s’est réjoui Keyvan, heureux d’avoir eu "une très bonne inspiration" pendant la session. C’est "une très bonne expérience" d’être des apprentis écrivains, commentent encore Keyvan, Lucas et Sofya, membres du même groupe.

En décembre et en janvier, le travail d’écriture s’est poursuivi avec une chasse aux incohérences dans le récit. "La difficulté a été de trancher entre plusieurs bonnes idées, se souvient Mabrouck Rachedi. C’est un crève-cœur mais il faut trancher". La dernière séance du 15 février a été "une séance de calage", précise l’auteur. "Les élèves se sont, encore une fois, posé la question de la cohérence. Ça faisait plaisir de les voir s’interroger eux-mêmes sur le sujet. Avoir un regard critique, c’est aussi être enthousiaste. La critique peut être positive. Ils nous ont impressionnés mais ils se sont aussi impressionnés eux-mêmes". Les 24 aspirants auteurs seront en dédicace en juin.

Source : Franceinfo Culture

13 mars 2025

7 000 nouveaux livres mis à disposition des collégiens

En 2022, une étude du Centre national du livre révélait qu’un adolescent consacre en moyenne 3 h 14 par semaine à la lecture, contre 3 h 50 par jour aux écrans. Conscient de l’enjeu que représente cette baisse des habitudes et pratiques de lecture, le Val d’Oise déploie depuis plusieurs années une politique éducative visant à promouvoir la lecture et la culture auprès des jeunes publics.

À travers son programme d’actions éducatives, le Département a élaboré un partenariat avec l’association « Silence, on lit » pour accompagner les collèges volontaires désirant mettre en place un rituel de lecture. Actuellement, 35 établissements participent à ce dispositif et instaurent un temps collectif quotidien de 15 minutes de lecture individuelle, pour permettre aussi bien aux élèves qu’aux adultes de prendre le temps de lire.

Pour compléter cette initiative et enrichir l’offre de romans et de littérature contemporaine proposée aux collégiens, le Département a doté, entre 2024 et début 2025, les CDI des collèges de 7 000 nouveaux livres. Distribuées sous forme de malle contenant chacune 46 titres, dont des prix littéraires jeunesse et adolescent, ces dotations offriront aux 64 790 collégiens valdoisiens de nouvelles perspectives de lecture.

« La lecture est un plaisir immense dont on oublie trop souvent les bienfaits. Elle stimule l’imagination, nous transporte vers des univers inexplorés et enrichit notre perception du monde. En mettant des mots sur nos émotions, elle affine nos sensibilités, elle nous aide à mieux comprendre et exprimer ce que nous ressentons. Bien qu’elle soit une activité solitaire, elle nous ouvre des horizons infinis et nous rassemble. À une époque où les écrans captivent la jeunesse, il est essentiel de leur rappeler que la véritable liberté réside dans la lecture » souligne Marie-Christine Cavecchi, Présidente du Département.

29 mars 2024

Une pétition pour sauver la Bibliothèque nationale Mariano Moreno en Argentine

Une pétition a été lancée mardi et en quelques heures, elle a réuni plus de 17 000 signatures d’intellectuels, d’artistes, de journalistes ou de chercheurs parmi les plus célèbres du pays. Elle est comme un cri d’alarme pour sauver la Bibliothèque nationale. Cette institution publique, la plus ancienne du pays puisqu’elle a été fondée en 1810, risque dans les jours qui viennent de perdre une bonne partie de ses 915 employés. Le gouvernement de Javier Milei, murmure-t-on, veut en licencier un sur six. Or, la Bibliothèque nationale Mariano Moreno est plus qu’un lieu de dépôt des ouvrages publiés dans le pays : elle rassemble au moins trois institutions en une : un musée du livre, l’école nationale des bibliothécaires et une foule de programmes culturels : On y trouve une radio, un éditeur, des doctorants boursiers, un institut des Droits humains… Une librairie devait même ouvrir. Mais surtout, la BNMM a été dirigée par l’écrivain Jorge Luis Borgés qui en a fait une sorte de personnage de fiction à part entière.

«Nous signataires défendons la Bibliothèque nationale Mariano Moreno dont les projets et le fonctionnement sont fragilisés en ce moment par une attaque gouvernementale systématique a l’égard de la culture, la science et l’éducation».

Donc, les pétitionnaires se situent clairement sur le terrain politique et pour une bonne raison : le président Milei lui-même a fait du secteur culturel argentin une de ses cibles privilégiées pendant sa campagne électorale : il avait qualifié l’Éducation nationale de « ministère de l’endoctrinement » et avait juré vouloir couper les subventions d’État à la culture et à des institutions aussi prestigieuses que l’Institut du cinéma et des arts audiovisuels ou l’institut théâtral national.

Cela dit, ce n’est pas la première fois que le secteur culturel et singulièrement la Bibliothèque nationale sont visés : en 2017 déjà, le gouvernement ultralibéral de Mauricio Macri avait, du jour au lendemain, licencié 240 employés de la BNMM.

Et comment ! Pour la 1ère fois dans l’Histoire moderne de l’Argentine, un mouvement culturel s’est joint à des manifestations syndicales : c’était le 24 janvier et partout dans le pays, la banderole « culture » accompagnait celles des trois principaux syndicats. Un mouvement rassemblé depuis 2022 grâce au #NoAlApagónCultural, « non au blackout culturel » et justement, à l’époque des premières propositions outrancières de Javier Milei alors que les sondages lui donnaient une avance dans les intentions de vote.

Sitôt élu, le ministère de la Culture a été supprimé, comme celui de l’éducation et l’ensemble a été joint à la Santé autour d’un ministère gargantuesque « du Capital humain » confié à l’ancienne journaliste et productrice de télé, Sandra Pettovello.

Les signataires ont donc parfaitement compris le caractère idéologique de ces attaques. Leur texte conclut d’ailleurs : « qu’un pays privé de culture est une autre façon – complémentaire des politiques économiques d’austérité – d’affamer » le peuple argentin.

Source : France Inter

25 mai 2024

Ouverture d'une enquête après des photos montrant des soldats israéliens brulant des livres

L'armée israélienne a indiqué vendredi avoir ouvert une enquête après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une photo et d'une vidéo montrant ce qui semble être des soldats israéliens brûlant des livres à Gaza, et possiblement un exemplaire du Coran. «Une enquête a été ouverte par le pôle criminel de la police militaire», a indiqué à l'AFP l'armée en réponse à une question sur ce cliché. «Le comportement dans la vidéo n'est pas conforme aux valeurs» de l'armée israélienne qui dit «respecter toutes les religions» et «condamne catégoriquement ce type de comportement».

Une vidéo virale, dont l'AFP n'avait pas encore pu vérifier l'authenticité vendredi soir, montre un soldat portant un treillis semblable à ceux en usage dans l'armée israélienne et lançant un livre qui pourrait être un exemplaire du Coran dans un feu. Une autre photo largement diffusée en ligne montre ce qui semble être un soldat israélien posant devant des livres en feu à Gaza. La vidéo et le cliché ont été diffusés sur des télévisions israéliennes. Un journaliste du site d'enquête et de vérification des faits Bellingcat a déterminé que les étagères chargées de livres qui apparaissent en arrière-plan sur la photo correspondent à celles de la bibliothèque de l'université Al-Aqsa à Gaza. 

Source : Le Figaro

29 février 2024

Face à la médiathèque fermée, le beau succès de l'opération "Un livre dans ta boîte aux lettres"

Une initiative destinée à éveiller le goût de la lecture chez les plus jeunes

Plus de 2 500 livres ont été distribués à Nîmes, dnas les quartiers de Pissevin-Valdegour ce mercredi 28 février. De quoi ravir petits et grands. L’initiative lancée par Joël Baptiste et son association Voyages culturels avait été rejointe par de nombreux partenaires. Elle a vu le jour mercredi 28 février, lorsque les livres ont été déposés dans les boîtes aux lettres du quartier Pissevin-Valdegour.

Alors que la médiathèque est fermée depuis le décès du jeune Fayed, cette initiative "donne accès à la culture", se réjouit Azzouz Raouf, directeur du centre social des Mille Couleurs de Pissevin. "La population du quartier est souvent éloignée des livres. On parle beaucoup d’aller vers les habitants. Donc pourquoi pas leur distribuer des livres ?".

Amal Couvreur, vice-présidente du département du Gard et conseillère régionale, salue cette initiative : "C’est une super avancée ! Comme on a l’habitude de parler de ce qui ne va pas dans les quartiers, cette opération est une bouffée d’oxygène pour les élus comme pour les habitants. Le livre n’a pas disparu des quartiers. C’est hyper innovant de se déplacer dans un quartier comme celui-là pour y distribuer des livres. C’est respecter les gens en leur offrant la possibilité d’avoir accès aux livres et à la lecture".

"C’est une super initiative pour réveiller le goût de la lecture chez les petits. Nous avions déjà fait des opérations de livres gratuits, c’est à chaque fois un succès. On espère que cela redonnera le goût de la lecture aux enfants et que ça les décrochera un petit peu des écrans", souligne Lekbir Sriri, coordinateur de l’association Ajronaa.

Il restait à savoir si l’engouement serait présent. Le sourire sur le visage de certains enfants était sans doute le meilleur indicateur de réussite. "Je suis content d’avoir un livre, cela va m’apprendre et me forcer à lire. C’est une bonne initiative car il y a beaucoup d’enfants qui ne pourraient pas lire. J’espère avoir un livre d’aventure", explique Yassine, 12 ans avant de découvrir ses deux livres.

L’opération est une aubaine pour Tesnime, 11 ans, qui "aime lire et découvrir les histoires". Âgée de 9 ans, Selma aussi attendait impatiemment ses ouvrages : "Je suis contente d’avoir un livre aujourd’hui, ça augmente mes possibilités de lecture ! Surtout que je lis toutes les semaines". 

Source : Midi Libre

26 septembre 2024

Dons en faveur des auteurs lors de vos achats à la bourse aux livres

Depuis février 2024, La Bourse aux Livres permet à ses clients de faire des dons en faveur des auteurs lors de leurs achats. Depuis, la plateforme affine son dispositif. Désormais, ces dons sont reversés à la Société des Gens de Lettres (SGDL). Cette institution défend les droits des auteurs et promeut le droit d’auteur au niveau national et international.Renforcer le fond d’aide sociale de la SGDL. Les dons collectés sont affectés au fond d’aide sociale de la SGDL. Elle apporte ainsi, un soutien financier aux auteurs confrontés à des difficultés économiques. Le fond est accessible à tous les auteurs publiés à compte d’éditeur, qu’ils soient membres ou non de la SGDL, et quelle que soit la catégorie éditoriale. La Bourse aux Livres entend poursuivre et renforcer son engagement en explorant diverses initiatives en faveur de la création littéraire. Parmi ces initiatives, on trouve l’instauration de prix littéraires et l’octroi de bourses destinées aux auteurs, consolidant ainsi son rôle de soutien et de promotion de la littérature. 

Source : Idboox

28 février 2024

60 tonnes de livres jetées à la poubelle après la faillite de "La grande librairie"

Des livres comme s'il en pleuvait.. Depuis le 21 février, des milliers d'ouvrages sont envoyés à la benne après la faillite de l'une des plus grandes librairies de la région. Pour débarrasser les lieux, des ouvriers font voler ces écrits depuis l'étage du commerce, pour finir dans des bennes de chantiers, où plusieurs milliers de pages vivent la fin d'une histoire. Il y a à peine deux ans, l'ouverture de "La grande librairie de Sydney Laurent", à Saint-Laurent-du-Var dans les Alpes-Maritimes, laissait augurer de belles promesses pour les passionnés de littérature. Environ 1300 mètres carrés peuplés de 43.000 références. De quoi combler les lecteurs en tous genres. Pourtant, l'établissement a dû mettre la clé sous la porte et ses précieux contenus sont littéralement jetés. Certains voisins ou passantes sont venus récupérer ce qui pouvait l'être ce lundi 26 février, interpellées par la masse métallique qui sert de dernier réceptacle après une ultime voltige.

"C'est impressionnant que l'on puisse tout jeter comme ça dans une benne, il paraît qu'il y en a eu trois comme ça !" s'exclame l'une d'entre elles.

"Je ne comprends pas. Je ne comprends pas que l'on puisse faire cela. Vous regardez les fins de livre, c'est du papier Clairefontaine, dans les Vosges. C'est du français, il y a eu des travailleurs, des arbres coupés, c'est scandaleux, c'est à pleurer" poursuit une autre femme venue avec un cabas pour glaner quelques ouvrages.

D'autres s'interrogent que l'ensemble de ces ouvrages, certainement des milliers, n'aient pas été donnés à des écoles, médiathèques ou associations. "Depuis mercredi en fait, j'ai appris qu'ils jetaient les livres, dans des bennes, des tonnes de bennes. Ça part je-ne-sais-où, au lieu de faire justement des œuvres caritatives ou de les donner à la bibliothèque. C'est complètement honteux", s'insurge une nouvelle personne interrogée par une équipe de France 3 Côte d'Azur.

"La grande librairie" a fait faillite il y a un an. Elle a été placée en liquidation judiciaire, les gérants ont mis la clé sous la porte sans faire un grand ménage. Les ouvrages sont eux restés dans les rayonnages.

Le propriétaire des lieux, Paul Teboul, n'a pas pu louer son local commercial depuis. Un manque à gagner de 200.000 euros pour lui. C'est lui qui a fait mettre les bennes à proximité pour, à contrecœur, vider enfin son bien de ces milliers de livres.

L'administrateur judiciaire est obligé de demander une subvention au Trésor, mais cela met beaucoup de temps, donc il m'a demandé de faire l'avance si je veux libérer vite mes locaux. C'est ce que j'ai décidé de faire.

60 tonnes de livres sont ainsi détruites, ce qui représente quelque 8000 auteurs.

22 janvier 2026

Fermeture des bibliothèques physiques au profit de l’IA par Microsoft

Microsoft a officiellement annoncé la fermeture de ses bibliothèques physiques à Redmond, Hyderabad, Pékin et Dublin. Elle se sépare de centaines de milliers de livres.   Ce service, pilier de la culture d’entreprise depuis des décennies, est sacrifié sur l’autel de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle. La décision, qui a pris effet mi-janvier 2026, s’inscrit dans une stratégie de réduction des coûts et de pivot technologique. Microsoft remplace ses espaces de lecture traditionnels par ce qu’elle appelle le « Skilling Hub », une plateforme d’apprentissage entièrement numérique et « propulsée par l’IA ». Le prêt d’ouvrages papier de techniques et de management, autrefois encouragé par le PDG Satya Nadella, s’arrête.
Microsoft a résilié de nombreux contrats avec des publications de prestige.  Citons par exemple, The Information ou le Strategic News Service, qui fournissait des rapports mondiaux aux employés depuis 20 ans.
Les conférences et séances de dédicaces qui animaient la vie du campus sont supprimées. Le manque à gagner pour les éditeurs de presse et de livre est immense !
Selon une FAQ interne citée par plusieurs sources, Microsoft justifie ce choix par la nécessité de proposer une « expérience d’apprentissage moderne et connectée ».

L’entreprise estime que les outils d’IA (comme Copilot) sont désormais capables de synthétiser l’information plus efficacement que la lecture traditionnelle de rapports ou d’ouvrages longs. Ce mouvement intervient également après une vague massive de 15 000 licenciements fin 2025. La fermeture des bibliothèques est aussi une mesure d’économie budgétaire pour financer les infrastructures coûteuses liées à l’IA générative. La nouvelle a suscité des réactions vives, tant en interne que dans la communauté tech.

« C’était le joyau de la couronne des premiers jours. On y achetait chaque livre sur le PC. C’était un symbole de notre curiosité. »
Steven Sinofsky, ancien président de la division Windows, sur X.

De nombreux vétérans ont rappelé la légende du bâtiment 4 à Redmond, dont on disait que les fondations s’enfonçaient sous le poids colossal des livres de la bibliothèque. Pour eux, c’est un « troisième lieu » de ressourcement qui disparaît.

Des voix s’élèvent pour souligner que les abonnements à la presse spécialisée permettaient d’avoir des informations vérifiées, là où l’IA peut parfois halluciner ou simplifier à l’extrême.
Cette décision de supprimer les bibliothèques chez Microsoft sera t’elle annonciatrice d’une vague de fermeture dans les grandes entreprises ? Quid des bibliothèques universitaires à terme ?

Source :  Idboox

23 janvier 2026

L'Espagne, un nouveau paradis pour la lecture

Une fois de plus, le Baromètre des habitudes de lecture a livré des données très optimistes sur le niveau culturel des Espagnols. Selon l'enquête, 66 % des Espagnols lisent, soit une augmentation de 6,5 points de pourcentage par rapport à 2017. Parallèlement, le niveau de compréhension écrite continue de baisser. Le baromètre révèle en effet d'excellentes données. 66,2 % de la population espagnole lit des livres pour le plaisir. Cela représente 32,7 millions de lecteurs en Espagne, c'est-à-dire des personnes qui lisent au moins une fois par trimestre, simplement par plaisir. Mais ce chiffre pourrait être encore plus optimiste.

« Si l'on inclut ceux qui lisent uniquement pour le travail, le pourcentage de lecteurs atteint 69,8 % de la population. De plus, si l'on inclut ceux qui lisent exclusivement des bandes dessinées, ce pourcentage grimpe à 71,2 % », indique le rapport. On parle donc de plus de 35 millions de lecteurs. Franchement, ça donne envie d'ouvrir une librairie !

À un moment donné, Urtasun a franchi un cap en déclarant : « Plus de 95 % de la population de plus de 14 ans lit quelque chose. » C’était comme célébrer à nouveau l’alphabétisation. N’est-ce pas incroyable que nous sachions encore lire ?

« Plus de 95 % des personnes de plus de 14 ans lisent des contenus divers », a déclaré Urtasun. C'était comme célébrer à nouveau l'alphabétisation.

Le baromètre est, bien entendu, un sondage réalisé par Conecta pour la Fédération espagnole des syndicats d'éditeurs (FGEE), avec le soutien du Centre espagnol des droits de reproduction (Cedro) et la collaboration du ministère de la Culture. L'échantillon est composé de 4 800 personnes.

l y a d'autres bonnes nouvelles, bien sûr. Le pourcentage de lecteurs de loisir a augmenté de 6,5 points entre 2017 et 2025. « La pandémie nous a permis de faire un bond en avant dans l'indice de lecture. Nous sommes presque au même niveau que les lecteurs les plus assidus de l'UE », a déclaré Daniel Fernández, président de la FGEE (Fédération espagnole des associations d'éditeurs). Autre fait marquant : les jeunes sont les plus grands lecteurs. 76,9 % des 14-24 ans lisent. « Les jeunes lisent plus, contrairement à tous les stéréotypes, contrairement à ce qu'on entend souvent », a souligné Urtasun.

Il est regrettable que ces données ne correspondent pas aux résultats en compréhension écrite. Par exemple, dans le dernier rapport PISA, datant de 2022, l'Espagne a perdu trois points en compréhension écrite par rapport à l'année précédente, se situant ainsi en dessous de la moyenne de l'OCDE (474 ​​points contre 476 en moyenne). De même, dans le dernier rapport PISA pour adultes (PIAAC), datant de 2024, le niveau de compréhension écrite des étudiants espagnols a chuté de dix points par rapport à la décennie précédente : leur niveau était inférieur à celui des lycéens de pays comme la Finlande, la Suède et les Pays-Bas.

« En fait, lire, c'est lire des livres (...) Nous imaginons qu'ils ne lisent pas Kant. », dit Oscar Chicharro

Comment est-il possible que la lecture continue de progresser alors que la compréhension écrite ne cesse de décliner ? Interrogé à ce sujet, Óscar Chicharro, responsable du baromètre, a répondu : « C’est vrai, mais nous ne précisons pas non plus ce que lisent les gens. En réalité, lire, c’est lire des livres… Nous imaginons qu’ils ne lisent pas Kant. » Après un rire, il a ajouté : « Parfois, la lecture augmente sans que les achats de livres suivent, ou inversement, car il y a un décalage entre l’achat et la lecture. Tous les indicateurs n’ont pas besoin d’être alignés. » C’est peut-être pour cela que les librairies ferment les unes après les autres.

L'an dernier, interrogé sur le même sujet, un des participants au baromètre a lancé avec humour : « On craint parfois qu'il n'existe deux types de sondages où les gens mentent : ceux sur les habitudes de lecture et ceux sur la vie sexuelle. » Le même phénomène se produit avec les sondages sur l'art. Un jour, le musée du Prado a demandé à ses visiteurs supposés quels artistes de la collection ils reconnaissaient : 10 % ont cité Picasso et 2 % Dalí. Bien sûr, personne n'a pris cette question au sérieux.

Source : ABC

25 janvier 2026

Une œuvre d'art inaugurée à la bibliothèque universitaire de Montpelier

Ce vendredi 23 janvier, au premier étage de la bibliothèque de l’université Paul-Valéry à Montpellier, le silence feutré des livres a servi d’écrin à une inauguration peu ordinaire. En présence d’Anne Fraïsse, présidente de l’université, et des artistes Célia Picard et Hannes Schreckensberger, l’œuvre Texere a été officiellement dévoilée. Pensée à double échelle, elle tisse un lien entre l’espace urbain et l’expérience intime du lecteur. Réalisée dans le cadre du dispositif du 1 % artistique, cette œuvre marque l’aboutissement des travaux de l’Atrium, achevés en 2024. Texere, qui signifie "tisser" en latin, se déploie sur les grands rideaux des trois étages de la bibliothèque universitaire. "Un art d’usage, intégré à la vie quotidienne de l’université", souligne la présidente. Fidèle à la philosophie de l’établissement, l’œuvre s’inscrit dans la continuité des créations majeures qui jalonnent le campus, du Portail de Vasarely au Mur cyclopéen d’Albert Dupin.

"Après un mur, des sièges et un portail, place au rideau", sourit Anne Fraïsse, avant de laisser la parole aux artistes.

Visible depuis le parvis de l’Atrium, Texere se découvre à deux niveaux. Depuis l’extérieur, de larges formes abstraites dialoguent avec la ville. À l’intérieur, depuis les salles de lecture, apparaissent des annotations plus fines : "Le textile ondule au gré de la lumière naturelle, ce qui laisse apparaître des signes. Il faut entrer pour vraiment être en contact avec l’œuvre", explique Célia Picard.

Une expérience en perpétuelle évolution en fonction de la lumière naturelle : "On peut dire que le message change en fonction de la météo", ajoute Hannes Schreckensberger. Pour nourrir ce langage visuel, le duo a puisé directement dans les collections de la bibliothèque. Ligatures, ornements typographiques, esperluettes… autant de signes discrets, témoins de la transmission des savoirs à travers les siècles.

"Nous avons travaillé à partir de textes allant du Moyen Âge à nos jours. En tout c’est 180 signes différents, issus d’une cinquantaine d’ouvrages", précise Hannes Schreckensberger.

Grâce à un système d’ouverture automatisé, les rideaux dessinent chaque jour une configuration nouvelle. Une œuvre vivante, en perpétuel mouvement : "On nous demande souvent s’il y a un message à décrypter, mais il n’y en a pas. Chacun peut raconter sa propre histoire à travers Texere", conclut Célia Picard.

Source : Midi Libre

28 janvier 2026

Proposition de loi visant à instaurer une classification par âge des ouvrages destinés à la jeunesse déposée par le RN

 

 L’idée de la proposition de loi  déposée par le RN à l'assemblée nationale le 27 janvier  est de dupliquer le PEGI (Le Pan European Game Information), adopté pour les jeux vidéo à la littérature jeunesse. Celui-ci permet de signaler les contenus sensibles aux consommateurs européens. L’extension d’un tel système au domaine du livre jeunesse et adolescent répond à une logique de cohérence culturelle et de protection douce, non coercitive des publics mineurs. En Espagne, par exemple, certaines collectivités territoriales ont mis en place des pictogrammes de contenu sur les ouvrages en bibliothèque, sans que cela ne suscite la moindre polémique.

Afin de garantir l’effectivité de la classification proposée, les maisons d’édition seront tenues de remplir, en amont de la publication, une grille d’évaluation normalisée. Ce document permettra de recenser les types de contenus sensibles présents dans les ouvrages. Sur la base des informations relevées par l’éditeur dans la grille, le choix du pictogramme en découlera. Il devra figurer de manière visible sur la couverture en indiquant l’âge recommandé mais aussi les principaux motifs ayant justifié cette classification. Ce dispositif trouvera sa traduction juridique, légale dans le Code du patrimoine, par l’ajout d’un article supplémentaire. Un contrôle a posteriori sera assuré par l’autorité compétente, l’Agence bibliographique nationale. Des sanctions financières pourront être prononcées en cas de manquement manifeste ou répété.

29 janvier 2026

Mort de la romancière samoane Sia Figiel en prison

La célèbre écrivaine samoane Sia Figiel a été retrouvée morte dans sa cellule de la prison de Tanumalala, aux Samoa, le lundi 26 janvier. Elle était en détention depuis 2024 pour le meurtre présumé de la professeure Caroline Sinavaiana-Gabbard.

« On ne peut pas laisser de côté le drame qu’il y a eu il y a deux ans, ça nous a tous secoué… Sia Figiel restera malgré tout un écrivain majeur du Pacifique, qui a touché les gens ici, en Polynésie », estime Christian Robert, fondateur des éditions Au vent des îles.

Découverte par un autre grand de la région, Albert Wendt, Sia Figiel a été traduite en français sous l'impulsion de Marc de Gouvenain chez Actes Sud - La Petite Fille dans le cercle de la lune, L’Île sous la lune, Le Tatouage inachevé – des romans traduits par Céline Schwaller. En 2020, Au vent des îles a édité son dernier roman, Freelove, traduit par Mireille Vignol. 

La violence qui a marqué son enfance transparaissait dans ses romans, où les jeunes filles et les femmes affrontent avec poésie et franc-parler les difficultés de la vie. Relations hommes-femmes, inceste, pauvreté, poids des religions…

« C’était une voix forte, qui brisait les tabous. Elle a été courageuse d’écrire ce qu’elle a écrit aux Samoa. », dit Christian Robert, éditeur, fondateur des éditions Au vent des îles
Pendant huit ans, la documentariste Kimberlee Bassford a suivi le combat de Sia Figiel contre la maladie mentale, jusqu’au drame. Le film Before the Moon Falls sera projeté au Fifo, en sélection officielle, entre le 6 et le 15 février.

Source : La 1ère Polynésie

5 février 2026

Dégâts importants causés par la tempête Christine à la bibliothèque municipale de Pombal

La bibliothèque municipale de Pombal au Portugal a subi des « dégâts importants » à cause de la tempête Kristin, mais une semaine plus tard, les autorités n'ont toujours pas présenté d'évaluation officielle des bibliothèques touchées par les intempéries et n'ont pas non plus répondu aux demandes d'information.

« La bibliothèque a subi d'importants dégâts à l'étage et à l'arrière. Elle présente des fuites et n'a plus de toiture », a déclaré la directrice, Daniela Martins, à l'agence de presse Lusa, ajoutant qu'une fenêtre avait été brisée et que deux autres « grandes fenêtres avaient été projetées », endommageant des ordinateurs sur lesquels elles étaient tombées.

Le responsable a précisé en outre que l'intérieur du bâtiment et l'atelier avaient été détruits, et que seule la partie avant était opérationnelle, desservant la population touchée, qui vient y recharger ses appareils électroniques, accéder à Internet et aux ordinateurs, consulter des documents, des journaux et des livres, ou simplement recevoir des soins et du soutien.

La directrice de la bibliothèque municipale de Pombal a également indiqué savoir que la bibliothèque de Marinha Grande avait également été touchée par les intempéries, étant l'une de celles « qui ont subi le plus de dégâts ».

Le bâtiment a perdu son toit, l'eau s'infiltre donc, et les étagères sont recouvertes de plastique pour tenter de protéger les livres.

Le site web officiel de la Direction générale des livres, des archives et des bibliothèques (DGLAB) ne fournit aucune information concernant le matériel endommagé par les intempéries, ni concernant celui qui est opérationnel pour desservir la population locale, et n'a encore publié aucune évaluation des dégâts.La seule information fournie par cette organisation se trouve sur la page Facebook du Réseau national des bibliothèques publiques (RNBP), datée d'il y a deux jours, qui indique avoir reçu « quelques témoignages sur le soutien apporté par les bibliothèques municipales à leurs communautés, dans le contexte de la catastrophe causée par la tempête Kristin ».

« Qu’il s’agisse de fournir des espaces et des moyens de communication, de faciliter l’accès à l’information ou tout simplement de recharger les téléphones portables, les bibliothèques publiques ne déçoivent pas, même si beaucoup d’entre elles ne le font pas uniquement parce qu’elles ont elles aussi été touchées par la tempête », peut-on lire dans la publication, qui ne précise pas lesquelles.

Selon les informations publiées sur la page Facebook du RNBP, outre la bibliothèque Pombal, les bibliothèques suivantes sont également ouvertes : Castanheira de Pera, Ourém, Leiria, la bibliothèque Padre Manuel Antunes (Sertã), la bibliothèque José Baptista Martins (Vila Velha de Ródão), la bibliothèque municipale d'Alcobaça, la bibliothèque José Soares (Nazaré) et la bibliothèque municipale Gustavo Pinto Lopes (Torres Novas).

Contacté par Lusa, José Correia, de l'Association portugaise des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (BAD), a déclaré qu'il ignorait lui aussi quelles bibliothèques avaient subi des dégâts à cause des intempéries, ajoutant que les seules informations dont il disposait provenaient d'une petite enquête menée auprès de certaines bibliothèques encore en activité.

Cette liste, publiée sur le site web de la BAD, ajoute seulement les bibliothèques de Figueira da Foz et de Batalha à celles fournies par la RNBP.

Source : Diário de Leiria

7 février 2026

Appel urgent à la Région Sicilienne pour la Bibliothèque Historique de Niscemi qui risque de s'effondrer

L'ICOM Italie, l'Association italienne des bibliothèques (AIB) et l'Association nationale italienne des archives (ANAI) lancent un appel urgent à la région sicilienne en faveur de la bibliothèque historique "Angelo Marsiano" de Niscemi, qui risque de s'effondrer à la suite du récent glissement de terrain.

On peut lire dans la note envoyée  à la région sicilienne :  “non seulement elle suscite une grande inquiétude au sein de la communauté nationale et internationale, mais elle relance de manière spectaculaire le thème de la protection et de la gestion de notre patrimoine culturel dans des conditions d’urgence, qu’il s’agisse de glissements de terrain, d’inondations ou de tremblements de terre”

La bibliothèque contient des milliers de volumes et a été gardée jusqu’à aujourd’hui par les héritiers, qui avaient exprimé leur intention de permettre aux chercheurs et aux citoyens d’y accéder. Aujourd’hui, elle se trouve “dans un état très critique car elle est située dans un bâtiment exposé à l’instabilité avec un effondrement progressif vers la vallée. Le risque pour l’intégrité physique des biens de la bibliothèque est donc concret et, semble-t-il, presque irréversible. Des inquiétudes similaires sont exprimées pour la bibliothèque municipale ”Mario Gori", qui est située dans l’actuelle zone rouge et est fermée au public.

Ce cas met en lumière, de manière exemplaire, la question de la sauvegarde du patrimoine culturel dans les situations d’urgence. Lorsqu’un bien est exposé à un danger imminent, ou lorsqu’il est affecté par des facteurs imprévisibles, la rapidité des décisions, l’existence de procédures définies et la disponibilité de lieux sûrs pour un abri temporaire deviennent des facteurs décisifs pour éviter sa détérioration ou sa perte".

Des actions qui, selon la note, “n’auraient pas seulement une valeur contingente mais aussi une valeur structurelle, en aidant à renforcer une culture de prévention et de protection du patrimoine culturel en Sicile”.

ICOM Italia, AIB et ANAI, à travers leurs sections territoriales siciliennes, conformément à leur mission, confirment leur entière disponibilité à offrir leur contribution technico-scientifique et à collaborer à d’éventuelles tables de travail institutionnelles".

Source  : Finestre sull’arte

9 février 2026

À Perpignan, les librairies du centre-ville en guerre contre l'ouverture de Cultura

Ils sont libraires ou spécialisés dans les loisirs créatifs : quatorze commerçants du centre-ville de Perpignan (Pyrénées-Orientales) se dressent contre l’ouverture d’un magasin Cultura, inauguré mi-septembre au sud de la ville, qu’ils estiment abusive et anticoncurrentielle. Saisi en octobre, le tribunal judiciaire doit se prononcer ce 11 février. 

« L’ouverture d’une grande enseigne comme Cultura en zone périphérique doit être analysée en termes d’impact sur les commerces similaires du centre-ville », estime Me Mathieu Pons Serradeil, leur avocat. Au cœur du débat : l’absence de consultation de la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC).
« En saucissonnant le projet pour rester en dessous de la barre des 1000 m2, ils y ont échappé, ce qui nous a privés de toute action. Avant Cultura, l’intégralité des 4 000 m2 de bâtiment était occupée par Décathlon. Une fois l’enseigne de sport partie, le propriétaire l’a scindé en deux avec l’intention d’ouvrir un magasin Intersport de 3 000 m2 et ce Cultura sur 1 000 m2. »

Un Intersport contre lequel la CDAC a émis un avis défavorable « estimant que le bâtiment constituait un seul et même ensemble commercial », pointe Me Pons Serradeil. « C’est l’intégralité de la surface qui devrait lui être soumise, donc y compris Cultura. »

De son côté, l’enseigne Cultura fait savoir au contraire qu’« aucune autorisation préalable de la CDAC n’était nécessaire à l’implantation du magasin situé à Porte d’Espagne, dans la mesure où Cultura est venu rouvrir une partie d’une surface commerciale précédemment existante, autorisée et exploitée par Décathlon. La décision défavorable de la CDAC sur le projet Intersport est sans incidence ».
L’enseigne culturelle rappelle par ailleurs que le magasin a permis de créer 25 emplois, insistant sur « la complémentarité des commerces du centre-ville et de la périphérie » et une facilité d’accès pour les habitants des zones périurbaines, moins coûteuse. Mais au détriment des commerces de centre-ville, estime Me Pons Serradeil qui rapporte que certains de ses clients ont dû licencier, sur fond de baisse d’activité.

Source : Le Parisien

10 février 2026

Dénonciation par Rachida Dati des «pressions» et «dégradations» subies ces derniers mois par les librairies

Mieux vaut tard que jamais. Avant de tirer sa révérence sous peu, Rachida Dati aura eu un mot pour les librairies récemment prises pour cibles : la ministre de la Culture a dénoncé ce mardi 10 février les «pressions» vécues après des actes d’«intimidation et des dégradations», lors de la conférence de présentation du Salon du Livre de Paris qui aura lieu du 17 au 19 avril prochains au Grand Palais.

«Je le redis : la violence n’a sa place nulle part et certainement pas dans des lieux de culture», a clamé celle qui devrait prochainement rendre le portefeuille de la Culture pour se consacrer pleinement à sa campagne pour les municipales parisiennes. «Le livre est l’objet du temps long et de la réflexion. Les libraires sont en première ligne : ils ont et doivent garder un rôle central dans le débat et la circulation des idées», a également souligné la ministre.

Depuis l’automne, les professionnels du livre s’inquiètent de pressions à leur encontre et dénonçaient, dans une tribune publiée en octobre dans le Monde, la multiplication de faits de violence touchant des librairies indépendantes devenues «les réceptacles de tous les débordements idéologiques».

Source : Libération

 

11 février 2026

Hausse du piratage de livre en Italie

L'impact du piratage sur l' industrie du livre est de nouveau au cœur des débats , « qui demeure alarmant, privant les éditeurs d'environ un tiers du marché (30 %, soit 722 millions d'euros, contre 687 millions il y a deux ans) ». À ce chiffre, il faut toutefois ajouter la perte de ventes, difficile à quantifier, due à l'utilisation de résumés et de recueils générés par intelligence artificielle , très répandus : selon la première enquête menée sur ce sujet dans le cadre de la quatrième analyse réalisée par l'institut de recherche Ipsos Doxa pour l' Association italienne des éditeurs sur le piratage dans l' industrie du livre, ces résumés sont utilisés par 12 % de la population de plus de 15 ans, par 58 % des étudiants et par 22 % des travailleurs indépendants.

Les révisions de livres générées par l'IA, en plus d'être répandues, sont conservées dans 45 % des cas (60 % parmi les étudiants universitaires) et souvent (avec des pourcentages entre 20 % et 36 %) partagées avec des connaissances et des amis, ou via des systèmes de communication électronique.

L'étude souligne également que le pourcentage de personnes qui pensent avoir des chances d'être appréhendées et punies pour des infractions liées au piratage est en augmentation, passant de 30 % à 40 %. Cependant, seulement 34 % de la population de plus de 15 ans sait qu'il est illégal de télécharger des contenus protégés par le droit d'auteur sur des systèmes d'IA sans autorisation.

L'étude a été présentée par Nando Pagnoncelli, président d'Ipsos Doxa, lors d'une réunion organisée par Gli Editori , l'accord de consultation entre l'AIE et la Fédération italienne des éditeurs de journaux (FIEG).

Innocenzo Cipolletta , président de l'AIE, souligne : « Parallèlement à la lutte contre le piratage traditionnel et à l'éducation à la légalité, un processus qui implique les institutions – que nous remercions et dont nous demandons le renforcement et l'amélioration –, il est temps d'aborder le problème majeur : l'impact de l'intelligence artificielle . La diffusion de résumés et de réélaborations obtenus grâce à l'IA comme alternatives aux livres, comme le montre cette étude, est déjà largement répandue et pose deux types de problèmes. Le premier concerne la qualité de l'enseignement dans les universités italiennes et les formations professionnelles, qu'il convient de préserver . Le second concerne les dommages que subit déjà considérablement l'industrie du livre, même s'il est encore impossible de les quantifier précisément. L'IA doit être développée et utilisée dans le respect du droit d'auteur , car sans respect de ce droit, il n'y a pas d'industrie culturelle et créative, et sans industrie culturelle et créative, les systèmes d'IA, conçus et développés à partir de contenus éditoriaux, souvent obtenus et utilisés illégalement, n'existeraient même pas. C'est pourquoi il est nécessaire, d'une part, de mener des campagnes d'information pour sensibiliser les Italiens au droit d'auteur. Il est essentiel de sensibiliser les utilisateurs aux problèmes de piratage liés à l'intelligence artificielle et, d'autre part, d'exiger des géants du numérique qu'ils se conforment à la réglementation européenne sur l'IA, notamment en matière de transparence concernant l'utilisation des sources pour l'entraînement des algorithmes – une transparence qui fait actuellement cruellement défaut. Le gouvernement pourrait faire davantage dans ce domaine.

Andrea Riffeser Monti , présidente de la FIEG, ajoute : « Sans une perception sociale claire du piratage comme un crime, toute intervention réglementaire risque d'être inefficace . C'est pourquoi l'information doit être utilisée comme outil de prévention, par le biais de campagnes de communication ciblées expliquant aux citoyens que l'utilisation illicite de contenus est passible de sanctions et que la certitude de la punition est une condition essentielle à la protection de l'information professionnelle. Les dommages causés par le piratage ne sont pas seulement économiques. Il s'agit aussi d'un préjudice démocratique. Un système d'information fragile expose les citoyens à des contenus non vérifiés, réduit la qualité du débat public et affaiblit la confiance dans les institutions . À cette complexité s'ajoute la question de l'intelligence artificielle. Jamais auparavant la question de la source de l'information n'a été aussi centrale. L'IA se nourrit de grandes quantités de données et de contenus : si ces contenus ne sont pas vérifiés, fiables et attribuables à des sources journalistiques qualifiées, le risque est que cette technologie amplifie le piratage, la désinformation et la dégradation de la qualité de l'information. La protection de l'information professionnelle est donc une condition essentielle à un développement responsable de l'IA. Par conséquent, la lutte contre le piratage doit faire partie intégrante des politiques publiques. pour protéger la liberté de la presse , promouvoir le contenu éditorial, réglementer les plateformes numériques et promouvoir une citoyenneté numérique éclairée.

Il convient de noter que l'enquête Ipsos Doxa a été menée en octobre 2025 sur un échantillon total de 3 800 personnes interrogées en ligne (CAWI), ce qui a permis de recueillir des données sur trois groupes cibles : 2 700 adultes (de plus de 15 ans) représentatifs par sexe, âge, zone géographique, taille de la ville, profession et niveau d'études ; 805 étudiants universitaires représentatifs par sexe, âge et zone géographique ; et 785 travailleurs indépendants représentatifs par zone géographique.

Source : Il Libraio

20 février 2026

Hausse du chiffre d'affaire pour Hachette Livre en 2025

Lagardère Publishing, dénomination boursière d’Hachette Livre, dépasse 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, surperformant des marchés du livre en recul en France (+2%), au Royaume-Uni (+3%) et aux États-Unis (+3%). La maison mère Louis Hachette Group affiche un résultat opérationnel ajusté en hausse de 8 %, à 551 millions d'euros.

La branche édition affiche un chiffre d'affaires de 3,001 milliards d'euros, en progression de 4,5 % en données publiées et de 2,7 % en comparable. L'EBITA atteint 308 millions d'euros (+6,6 %), pour une marge de 10,3 %.

En France, la croissance est de +2 % dans un marché en recul de -1,5 % (source GfK). Le segment Illustré a bénéficié du nouvel album d'Astérix (Astérix en Lusitanie, plus de deux millions d'exemplaires vendus d'après le groupe), des livres de coloriage et des titres cuisine. En Littérature générale, les succès sont portés par Dan Brown (Le secret des secrets, JC Lattès), Nicolas Sarkozy (Le journal d'un prisonnier, Fayard), Pierre Lemaitre (Un avenir radieux, Calmann-Lévy) et Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Je voulais vivre, Grasset), lauréate du prix Renaudot 2025. Le segment Éducation a profité de la réforme de la classe de 6<sup>e</sup>.</p>

Au Royaume-Uni, la croissance atteint +3 % dans un marché en léger repli (-0,5 %, source Nielsen), portée notamment par Onyx Storm (Rebecca Yarros), The Hallmarked Man (Robert Galbraith) et Circle of Days (Ken Follett), ainsi que par un nouveau partenariat de distribution avec Bloomsbury.

Aux États-Unis, le chiffre d'affaires progresse de +3 % en comparable (+11 % en intégrant Sterling Publishing/Union Square, acquis en novembre 2024), dans un marché en léger recul (-0,5 %, source AAP). <em>Quicksilver</em> et Brimstone de Callie Hart, ainsi que les rééditions anniversaire de Twilight, figurent parmi les meilleures ventes. Le catalogue soutient également la dynamique, avec la série The Housemaid (Freida McFadden).

En Espagne et en Amérique latine, le chiffre d'affaires recule de -6 %, en partie du fait de la fin de la réforme scolaire nationale amorcée en 2022.

Les Fascicules progressent de +5 %, tirés par Warhammer Combat Patrol (lancé au Royaume-Uni et aux États-Unis) et Disney Novels. Les Jeux de société affichent une hausse de +10 %, avec deux millions d'exemplaires vendus du jeu Skyjo (Blackrock Games) et le lancement réussi de Flip 7 (Catch Up Games)

L'effet de périmètre positif sur la branche édition atteint 98 millions d'euros, intégrant l'acquisition de 999 Games (avril 2025) en sus de Sterling Publishing. Les effets de change ont pesé de -48 millions d'euros, principalement en raison de la dépréciation du dollar américain.

Source : Livres Hebdo

 

 

22 février 2026

Hausse de fréquentation pour les bibliothèques de Nantes depuis leur gratuité en 2021

La bibliothèque de Nantes est un réseau de huit établissements formé de la médiathèque du centre-ville – Jacques-Demy –, des médiathèques Lisa-Bresner, Floresca-Guépin, Luce-Courville et de quatre bibliothèques à Breil-Malville, Chantenay, Erdre-Batignolles et Manufacture. En 2024 et 2025, le réseau a accueilli 780 000 visiteurs par an. C’est l’équipement culturel de proximité le plus fréquenté, en hausse de 57 % entre 2022 et 2024, de même que les prêts de livres, multipliés par deux, avec plus de deux millions de prêts par an, présente Vincent Clavelier, le responsable. Paradoxalement, ceux qui empruntent des livres ici sont aussi ceux qui achètent beaucoup en librairie, une partie de nos lecteurs les font vivre. En juin 2020, pendant le Covid, Jacques-Demy fut le seul lieu culturel à rouvrir. À partir de 2021, le système de gratuité universelle a boosté la fréquentation du réseau nantais. Depuis 2023, les médiathèques Lisa-Bresner, Floresca-Guépin, Luce-Courville ouvrent le dimanche et ça marche bien »,décrit Violaine Godin, directrice de Luce-Courville.

« Certains sont là dès l’ouverture et jusqu’à la fermeture »
À Nantes – comme partout –, les jeunes de moins de 15 ans et les seniors forment l’essentiel des visiteurs. Ils sont demandeurs de livres mais aussi de lien social. Jacques-Demy est un lieu de vie et certains sont là dès l’ouverture et jusqu’à la fermeture : des personnes seules, retraitées ou en précarité, poursuit-il. Les gens apprécient l’offre diversifiée, l’emprunt de livres numériques augmente mais aussi le prêt d’objets (machines à coudre, kits d’astronomie, boîtes à histoire…). Le prêt d’instruments de musique, proposé depuis 2024, a du succès », poursuit-il.
La bibliothèque Erdre-Batignolles, ouverte en mai 2023, a été pensée pour que l’on s’y sente  comme à la maison  », avec des espaces jeux. La médiathèque Luce-Courville connaît aussi une hausse de fréquentation, passant de 1 000 abonnés, avant 2019, à 2 200 en 2025. C’est le seul équipement culturel de Nantes nord, on reçoit des ados seuls ou un public familial qui vient aussi d’Orvault et de Sucé-sur-Erdre, pour des conseils de lectures, l’aide d’un écrivain public comme pour des consultations sociales, parce qu’on travaille avec les assos du quartier (Léo-Lagrange, celles des parents d’élèves, Paq’la Lune, l’Etoile du Cens…) », précise Violaine Godin.
La gratuité universelle est appliquée depuis 2021 à Nantes, quel que soit l’âge, d’où que viennent les personnes, l’accès et la consultation sur place de documents sont livres. L’abonnement est aussi gratuit pour tous, quel que soit votre lieu de résidence.

Source : Ouest France

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